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Vivement l'Ecole!

Le brevet des collèges 2021 commence lundi, sans aménagements liés au Covid

26 Juin 2021 , Rédigé par Sud-Ouest Publié dans #Education

Le brevet des collèges 2021 commence lundi, sans aménagements liés au Covid

Quelque 860 037 candidats sont inscrits en France métropolitaine et dans les départements et régions d’Outre-mer pour passer ce diplôme national du brevet (DNB) lundi et mardi.

Après le bac, le brevet des collèges : les élèves de troisième vont plancher lundi et mardi sur cet examen, qui est le seul à ne pas avoir été aménagé cette année malgré le Covid-19 et qui en fait « un peu stresser » plus d’un.

Quelque 860 037 candidats sont inscrits en France métropolitaine et dans les départements et régions d’Outre-mer (DROM) pour passer ce diplôme national du brevet (DNB). D’un côté, la série générale avec 782 215 candidats et de l’autre la série professionnelle avec 77 822 candidats. Alors que le baccalauréat, l’épreuve anticipée de français ou encore les BTS ont connu des aménagements pour s’adapter à l’année scolaire bousculée par le Covid, rien de tel pour le brevet, ce qui suscite quelques inquiétudes.

« Depuis des mois nous demandions des aménagements aussi pour le brevet, sur les programmes et les sujets », souligne Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU, le premier syndicat du secondaire. « Là on fait comme s’il n’y avait pas eu de conséquences sur les collèges alors qu’on sait qu’il n’y a pas eu de fonctionnement normal sur l’ensemble de l’année ».

En effet, des cours ont eu lieu en hybride dans les collèges des 15 départements les plus touchés par le Covid. « Sans compter les classes fermées et les enseignants absents partout en France », rappelle Mme Vénétitay. « Les correcteurs vont se retrouver face à des candidats qui n’ont pas toujours traité tout le programme », craint-elle. Pour certains élèves, les cours en pointillé de cette année scolaire n’incitent pas à l’optimisme.

« Année un peu bâclée »

Hannah, 14 ans, collégienne en troisième à Paris, compte les jours qu’il lui reste pour réviser. « Je suis bonne élève mais je suis quand même un peu stressée car avec le confinement, l’année a été un peu bâclée par certains profs », lance-t-elle. Sa crainte ? « Tomber sur un sujet de maths qu'(elle) n'(a) pas balayé ». « On a eu beaucoup de polycopiés en fin d’année pour les dernières notions », raconte-t-elle.

Margot, élève de troisième dans un autre établissement à Paris est, elle, moins stressée. « J’ai déjà plus de 400 points donc je ne suis pas particulièrement inquiète mais ce n’est pas pour autant que je ne travaille pas, je révise jusqu’au dernier moment », affirme-t-elle.

Les épreuves écrites de français, mathématiques, histoire-géographie, sciences et vie de la terre (SVT) et physique se dérouleront lundi et mardi. L’épreuve orale doit s’étaler entre le 3 mai et le dernier jour des épreuves écrites.

Sur le volet sanitaire, les candidats formellement identifiés comme cas contacts ou positifs au Covid-19 ne seront pas autorisés à se présenter aux centres d’examen avant la fin de leur période d’isolement, a souligné le ministère de l’Éducation. Leur absence aux épreuves sera justifiée par un cas de force majeure et ces candidats seront donc convoqués aux épreuves de remplacement organisées les 13 et 14 septembre.

L’an dernier, le taux de réussite à cet examen décerné uniquement sur les notes obtenues au contrôle continu en raison du Covid-19 et des restrictions sanitaires imposées pour limiter la propagation du virus, avait progressé de quatre points à 90,5 %.

Cette année, « dans la mesure où les épreuves de philosophie et du grand oral étaient maintenues pour le baccalauréat, c’était compliqué de ne pas faire passer celles du brevet », reconnaît Jean-Rémi Girard, président du syndicat Snalc (secondaire), selon qui cet examen a le rôle « de premier examen passé dans la vie de l’élève ». « Le brevet marque la fin d’une partie de la scolarité, le retirer serait une erreur », concède aussi Sophie Vénétitay.

Sud-Ouest (avec AFP)

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Filles-garçons. Blanquer: objectifs quantifiés (voire quotas) pour les spécialités ? - Par Claude Lelièvre

26 Juin 2021 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre

Transformer les cours d'école : un enjeu environnemental et social – Le  Blog du CAUE 34

Interrogé jeudi dernier par les délégué-e-s aux droits des femmes et à l'égalité des chances de l'Assemblée nationale, Jean-Michel Blanquer s'est dit prêt à fixer des objectifs quantitatifs pour les spécialités. Des objectifs en intention, qui n'engagent pas à grand-chose ? Ou des objectifs mis en œuvre impérativement, des quotas 

Jeudi dernier, Jean-Michel Blanquer a souligné qu'un rapport du « Groupe de travail sur l'égalité filles garçons installé dans le comité de suivi de la réforme du lycée » sera publié le 9 juillet et a annoncé qu'il était prêt à « fixer des objectifs quantitatifs pour les spécialités ». « Politiquement j'y suis prêt. On peut préparer des décisions prochaines pour du volontarisme en matière d'orientation. Dans les prochains jours des actions placeront le ministère à l'avant garde de cette action. On va avoir une nouvelle étape ».

Cela a déjà été tenté dans le passé plus ou moins lointain, sans grand succès, si on se borne à fixer des ''objectifs''. Doit-on (et peut-on) passer à une autre « étape » (comme dit le ministre), qui serait celle des quotas ? Mais cela est douteux et serait fort aventureux.

En réalité, si l'on veut réaliser une avancée décisive, et renoncer à piétiner comme on le fait depuis plus d'une génération, le mieux serait de prendre sérieusement en compte le  très intéressant rapport de l'Inspection générale sur « Les inégalités scolaires entre filles et garçons dans les écoles et les établissements » rendu public en mai 2013. 

Ce rapport a indiqué fort opportunément que « la focalisation initialement portée sur l'orientation et principalement sur celle des filles a durablement marqué les politiques d'égalité entre filles et garçons [..]. L'effort a porté jusqu'ici sur la diversification des choix d'orientation. Mais cet effort a rencontré ses limites en intervenant assez tard dans le processus d'orientation, en fin de collège, au moment où les représentations stéréotypées sur les métiers et les formations qui y conduisent sont déjà construites. Enfin il a ciblé prioritairement sur les filles, envoyant un message ambigu. Est-il plus dérangeant que les filles n'aillent pas assez en séries scientifiques, ou que les garçons évitent les séries littéraires ? Que les filles désertent les séries industrielles, ou les garçons les services ? Qu'il n'y ait pas assez d'ingénieures ou de puériculteurs ?» (pages 42-43). 

Enfin ce rapport a également souligné à juste titre que « l'enseignement primaire a été l'angle mort » des politiques de réduction des inégalités scolaires (même si, ici ou là, de très intéressantes initiatives ont pu avoir lieu) ». 

Certaines des orientations de la convention interministérielle signée en février 2013 (par le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon et la ministre du Droit des femmes Najat Vallaud-Belkacem) allaient dans ce sens. Cette convention annonçait en particulier « la création d'un programme ''ABCD de l'égalité'' qui s'adresse à l'ensemble des élèves de la grande section de maternelle au CM2 et à leurs enseignants, et vise à déconstruire des stéréotypes de genre ».

Et il était aussi d'ores et déjà dûment prévu dans cette convention interministérielle (compte tenu en particulier du peu de progrès, en trente ans, dans les manuels scolaires quant aux stéréotypes véhiculés) qu' « une documentation pédagogique, coproduite par le ministère du droit des femmes et le ministère de l'éducation nationale sera mise à la disposition des enseignants sous forme physique et numérique ».

Il était aussi d'ores et déjà projeté (et c'était aussi indéniablement une nouveauté ), « une formation à l'égalité pour les enseignants : un module spécifique ''lutte contre les stéréotypes de genre dans les pratiques professionnelles'' sera prévu dans le cahier des charges des futures écoles supérieures du professorat et de l'éducation ». Et la formation continue n'était pas oubliée : « cette thématique sera également déclinée dans la formation continue de l'ensemble des personnels de l'éducation nationale […]. Des outils de formation en ligne seront établis et mis à disposition sur les sites disciplinaires et généralistes du MEN ». Tout cela ouvrait indéniablement des perspectives. 

Hélas, trois fois hélas,  le programme ''A,B,C,D'' est retiré sous l'injonction directe  du nouveau Premier ministre Manuel Valls qui cède quasi entièrement devant des intégristes de toutes natures (catholiques intégristes du mouvement de la ''Manif contre le mariage pour tous'' ou musulmans . Et le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, en poste depuis quatre ans, n'est pas revenu là dessus

Claude Lelièvre

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Tango Gotan Project...

25 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Julio Cortazar...

25 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Il avait commencé à lire le roman quelques jours auparavant. Il l’abandonna à cause d’affaires urgentes et l’ouvrit de nouveau dans le train, en retournant à sa propriété. Il se laissait lentement intéresser par l’intrigue et le caractère des personnages. Ce soir-là, après avoir écrit une lettre à son fondé de pouvoir et discuté avec l’intendant une question de métayage, il reprit sa lecture dans la tranquillité du studio, d’où la vue s’étendait sur le parc planté de chênes. Installé dans son fauteuil favori, le dos à la porte pour ne pas être gêné par une irritante possibilité de dérangements divers, il laissait sa main gauche caresser de temps en temps le velours vert. Il se mit à lire les derniers chapitres. Sa mémoire retenait sans effort les noms et l’apparence des héros. L’illusion romanesque le prit presque aussitôt. Il jouissait du plaisir presque pervers de s’éloigner petit à petit, ligne après ligne, de ce qui l’entourait, tout en demeurant conscient que sa tête reposait commodément sur le velours du dossier élevé, que les cigarettes restaient à portée de sa main et qu’au -delà des grandes fenêtres le souffle du crépuscule semblait danser sous les chênes.

Phrase après phrase, absorbé par la sordide alternative où se débattaient les protagonistes, il se laissait prendre aux images qui s’organisaient et acquéraient progressivement couleur et vie. Il fut ainsi témoin de la dernière rencontre dans la cabane parmi la broussaille. La femme entra la première, méfiante. Puis vint l’homme le visage griffé par les épines d’une branche. Admirablement, elle étanchait de ses baisers le sang des égratignures. Lui, se dérobait aux caresses. Il n’était pas venu pour répéter le cérémonial d’une passion clandestine protégée par un monde de feuilles sèches et de sentiers furtifs. Le poignard devenait tiède au contact de sa poitrine. Dessous, au rythme du coeur, battait la liberté convoitée. Un dialogue haletant se déroulait au long des pages comme un fleuve de reptiles, et l’on sentait que tout était décidé depuis toujours. Jusqu’à ces caresses qui enveloppaient le corps de l’amant comme pour le retenir et le dissuader, dessinaient abominablement les contours de l’autre corps, qu’il était nécessaire d’abattre. Rien n’avait été oublié : alibis, hasards, erreurs possibles. À partir de cette heure, chaque instant avait son usage minutieusement calculé. La double et implacable répétition était à peine interrompue le temps qu’une main frôle une joue. Il commençait à faire nuit.

Sans se regarder, étroitement liés à la tâche qui les attendait, ils se séparèrent à la porte de la cabane. Elle devait suivre le sentier qui allait vers le nord. Sur le sentier opposé, il se retourna un instant pour la voir courir, les cheveux dénoués. À son tour, il se mit à courir, se courbant sous les arbres et les haies. À la fin, il distingua dans la brume mauve du crépuscule l’allée qui conduisait à la maison. Les chiens ne devaient pas aboyer et ils n’aboyèrent pas. À cette heure, l’intendant ne devait pas être là et il n’était pas là. Il monta les trois marches du perron et entra. À travers le sang qui bourdonnait dans ses oreilles, lui parvenaient encore les paroles de la femme. D’abord une salle bleue, puis un corridor, puis un escalier avec un tapis. En haut, deux portes. Personne dans la première pièce, personne dans la seconde. La porte du salon, et alors, le poignard en main, les lumières des grandes baies, le dossier élevé du fauteuil de velours vert et, dépassant le fauteuil, la tête de l’homme en train de lire un roman.

Julio Cortazar, “ Continuidad de los Parques ”, Fin d’un jeu (1956), traduit de l’espagnol par C. et R. Caillois, Gallimard, 1963.

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Mise en place d'une option français et culture antique en 6ème - Ou quand JM Blanquer copie-colle Najat Vallaud-Belkacem

25 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Changer le paradigme de la communication politique - Revue Politique et  Parlementaire

EXTRAITS

Une circulaire de rentrée pour le grand public 

A qui est destinée la circulaire de rentrée 2021 ? Le texte , fort court, reprend surtout des éléments de communication. Il contient peu d'annonces. Les principales sont la mise en place d'une option français et culture antique en 6ème, qui rappelle des souvenirs, et le retour de Pix. Après des circulaires de rentrée  2019 et 2020 qui étaient très contraignantes pour les enseignantes, le texte de 2021 semble s'adresser plutôt au grand public  ou aux électeurs...

(...)

La mise en place d'une option français culture antique en 6ème

Il y a pourtant des annonces. La première est la mise en place d'une option français et culture antique en 6ème "notamment dans les collèges les plus défavorisés". On n'a pas plus de précisions sur le contenu et le déploiement de cette option qui rappelle la réforme du collège menée par N Vallaud Belkacem.

(...)

EPS et lecture en élémentaire

Deux mesures concernent l'école primaire. "Dans le premier degré, la mise en place des 30 minutes d'activité physique quotidienne, qui se déploie dans de très nombreuses écoles, a vocation à être généralisée", ce qui reste imprécis. Ca ne l'est pas plus pour le " Quart d'heure lecture qui doit être instauré ou développé partout où c'est possible".

(...)

Il y aurait un grand intéret à développer une véritable politique de mixité sociale dans les collèges et lycées pour relever le niveau des élèves. Mais cette politique semble incohérente avec deux politiques ministérielles dont la circulaire ne parle pas : la réforme de l'éducation prioritaire avec l'objectif de supprimer les Rep et le développement d'établissements publics internationaux pour les plus favorisés.

Le reste de la circulaire reprend la communication grand public du ministère.

François Jarraud

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Education à l’environnement : «Une base que chaque enfant doit pouvoir toucher du doigt grâce à l’école»

25 Juin 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Environnement

Qu'est ce que l'éducation à l'environnement ?

Encore le fruit d’initiatives personnelles, cette pédagogie centrée sur le respect de la nature, connaît un intérêt croissant de la part des établissements. Au collège Saint-Pierre de Jarnac, les enfants sortent de classe pour chausser des bottes.

Visseuse en main, des collégiens entreprennent de fixer des planches sur le toit de leur poulailler. Objectif : rendre la construction, installée dans la cour de l’établissement scolaire plus résistante à la pluie. Un peu plus loin, leurs camarades moins bricoleurs tentent de communiquer avec les poules. Cet après-midi au collège Saint-Pierre de Jarnac (Charente), pas de cours de maths ou de français. Les élèves de sixième passent l’après-midi en plein air, à désherber leur jardin potager et à déguster à l’aveugle des plantes aromatiques. Pour les guider, des animateurs de l’association Les Jardins Respectueux, qui intervient dans plusieurs établissements scolaires dans le département pour sensibiliser et éduquer les élèves à l’environnement et au développement durable.

«L’aspect ludique permet d’assimiler pas mal d’informations», glisse Rémi Marcotte, architecte paysagiste de formation et fondateur de l’association. Au programme par exemple, la construction d’un composteur, pour valoriser les biodéchets de la cantine. De plus en plus d’écoles, collèges et lycées mettent en place ce type d’initiations, encore rares il y a quelques années : début 2020, un peu plus d’un tiers des établissements de l’académie de Poitiers proposait un projet d’éducation au développement durable, contre un quart en 2017. Non prévu au programme, l’enseignement à l’environnement dans les collèges reste disparate et «essentiellement le fruit d’initiatives spontanées», relevait en 2014 une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). La situation a depuis évolué, affirme le ministère de l’Education nationale, qui a signé en mai un accord de partenariat avec le ministère de la Transition écologique, qui vise une «démultiplication» de l’éducation au développement durable de la maternelle au lycée.

«Plus on commence tôt, mieux c’est»

Pour Christian Bonnin, président des Jardins Respectueux, il est important de débuter l’éducation à la nature dès le plus jeune âge : «plus on commence tôt, mieux c’est, car la sensibilité à l’écologie des enfants est bien plus importante que celle des adultes.» Une façon pour les animateurs d’espérer avoir un impact sur le long terme, «même en dehors de l’école». «L’éducation à l’environnement est une base que chaque enfant doit pouvoir toucher du doigt grâce à l’école», abonde Orane Larbi, éducatrice à l’environnement. «Ce qui me fait extrêmement plaisir c’est quand des enfants nous disent qu’ils ont construit un petit jardin chez eux avec leurs parents.»

Les élèves semblent très réceptifs : «Plus les gens agiront comme nous, plus la planète sera en bonne santé», résume une sixième, qui assure ne plus supporter les comportements «irresponsables» de certains. «Quand je vois les autres jeter des déchets par terre je m’empresse d’aller les ramasser pour les mettre à la poubelle !», se vante la pré-ado entre deux animations. Mathias – qui depuis le début de l’atelier poulailler se promène avec une poule sur la tête – a de son côté convaincu ses parents d’installer un composteur à la maison. Sa camarade Adèle s’est, elle, convertie à la consommation en circuit court : «On peut manger ce qu’on a cultivé au collège et ramener quelques aliments chez nous, alors qu’en grande surface, on ne sait pas forcément d’où ça vient…», commente la jeune fille.

Au-delà de la sensibilisation nécessaire aux enjeux écologiques, Svenja Lhez, professeure d’allemand qui a contribué à la création de ce projet – qui a valu au collège d’obtenir le label E3D (label obtenu lorsqu’un établissement s’engage dans une démarche de développement durable) délivré par l’Education nationale en début d’année – voit aussi dans ces ateliers en extérieur l’occasion d’«apprendre différemment, en ne restant pas assis toute sa journée sur une chaise jusqu’à 17 heures». Un moyen aussi pour les collégiens de gagner en autonomie : «certains élèves qui s’autocensurent lors de travaux théoriques se découvrent et se révèlent sur ce genre de travaux pratiques», remarque Adrien, professeur de physique-chimie. Pour l’équipe encadrante, les ateliers n’ont pas vocation à transformer les élèves en Greta Thunberg en puissance. Simplement à initier une prise de conscience, sans culpabilisation, pointe Marie Lozac’h, membre de l’association : «C’est un peu comme des graines qu’on sème, ça germe ou pas dans l’esprit des élèves !»

Aurore Savarit-Lebrère

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21 novembre 2017: JM Blanquer "tuait" le front républicain. En direct, applaudi par Marine Le Pen...

25 Juin 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Politique

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Racisme d’État (1/2): un nouveau «front républicain»

Le 21 novembre 2017, le front républicain est mort en direct à l’Assemblée nationale. Un nouveau front républicain s’est formé quand les députés ont ovationné debout le ministre de l’Éducation nationale : celui-ci a fait l’unanimité, ou presque, non plus au nom de l’antiracisme pour faire barrage à l’extrême droite, mais avec le Front national, contre un syndicat qui combat le « racisme d’État ».

SUD Éducation 93 avait en effet annoncé pour la mi-décembre un stage de formation syndicale, sous le titre : « Au croisement des oppressions : où en est-on de l’antiracisme à l’école ? » « Deux ateliers « en non-mixité raciale » sont également au programme », précise Mediapart, « le premier portant sur “les outils pour déconstruire les préjugés de race, de genre et de classe”, le second sur le “ récit d’expérience des enseignant.es racisé.es”. »

On sait que la non-mixité, sexuelle et surtout raciale, fait polémique depuis le printemps 2016, d’abord avec les réunions féministes de Nuit Debout (mais qui s’indigne réellement de la non-mixité d’associations comme La Barbe ?) puis surtout après les journées de Paroles non-blanches, lors des mobilisations estudiantines à l’université Paris-8 contre la loi Travail : celles-ci avaient déjà suscité une question au gouvernement, et la condamnation de la ministre de l’Éducation nationale de l’époque.

Une fois encore, le Printemps républicain et le site d’extrême-droite Fdesouche ont lancé l’offensive : depuis des années, la « fachosphère » étend son influence avec des rhétoriques qui se réclament de la République comme de la laïcité. La censure se réclame désormais de la démocratie. La scène se répète, à propos du Camp décolonial contre le racisme d’État, et du Festival Nyansapo organisé par le collectif afroféministe Mwasi. C’est vrai aussi, dans le monde universitaire, sur des thèmes proches – même s’il n’y est pas question de non-mixité, autour du colloque sur l’intersectionnalité qui a failli être censuré au printemps 2017 à l’ESPE de l’académie de Créteil, ou de celui sur l’islamophobie qui l’a bien été à l’université Lyon-2 en septembre 2017.

Durant la séance de questions au gouvernement, Jean-Michel Blanquer commence par déclarer : « Tous les hommes naissent libres et égaux en droit. C’est l’article 1er de la Déclaration du 26 août 1789 qui je pense est à l’origine de l’engagement de tous les membres de cette Assemblée. » Autrement dit, c’est l’union sacrée autour de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « Tout ce qui met en cause ce fondement de notre République, de notre histoire républicaine, est évidemment très grave. »

Cécile Rilhac, députée LREM, a uniquement interrogé le ministre sur la non-mixité ; celui-ci n’en dit mot dans sa réponse. Il préfère s’en prendre au vocabulaire (quitte à se tromper au moment de citer) : « ces ateliers qualifiés (j’ouvre les guillemets) de “non-racialisés” – et de “racialisés” aussi d’ailleurs (je ferme les guillemets). L’expression même utilisée est absolument scandaleuse. Elle ne peut pas avoir sa place dans l’Éducation nationale. »

C’est une des caractéristiques du débat français : depuis des années, la classe politique confond les mots et les choses. On passe son temps à rejeter le mot « islamophobie » au lieu de combattre le racisme anti-musulman. On prétend s’engager contre le racisme en décidant, à défaut d’autres actions, de supprimer le mot « race » de la Constitution ou du droit français – alors que c’est une arme contre la discrimination raciale. Et cela, au moment même où s’en saisissent des antiracistes, souvent des personnes racisées, que Libération qualifiait en une, le 3 avril 2016, de « nouveaux antiracistes ».

Le ministre lutte pareillement contre un lexique : « On parle de “non-mixité raciale”, on parle de “blanchité”, on parle de “racisés”, c’est-à-dire les mots les plus épouvantables du vocabulaire politique sont utilisés au nom soi-disant de l’antiracisme alors qu’en fait ils véhiculent évidemment un racisme. » Les images montrent d’ailleurs, au passage, les quelques figures « non-blanches » de l’Assemblée nationale, comme pour appuyer la logique color-blind d’un discours républicain indifférent aux différences raciales.

Dès lors qu’il s’agit d’un stage antiraciste organisé par SUD Éducation, et non de journées du Front national, l’évidence pourtant n’a rien d’évident ; c’est bien pourquoi il faut l’affirmer avec force, « évidemment », contre ces nouveaux racistes que seraient les nouveaux antiracistes. Dans sa question, Cécile Rilhac était beaucoup plus modérée, puisque, si elle « condamn[ait] la méthode », la députée de la majorité rappelait l’importance du « combat contre le racisme », mais aussi le droit des enseignants d’« exprimer leur point de vue en toute liberté » ; « en même temps », elle mettait en garde contre « une forme d’hystérisation et d’instrumentalisation de cette polémique par une partie de l’extrême droite et de la fachosphère ».

Le ministre n’a pas cette exigence : ce n’est pas le risque de récupération qui l’inquiète, et il n’évoque pas davantage la liberté des enseignants. Il est d’ailleurs significatif que le ministre ne se soucie pas du risque de discrimination syndicale : le mot discrimination n’apparaît pas dans sa réponse. Sur le racisme, il n’a qu’une chose à dire : «  puisque ce syndicat a décidé de parler aussi de racisme d’État, j’ai décidé de porter plainte pour diffamation à l’encontre de SUD Éducation 93. »

Alors que la question n’avait pas été interrompue par des applaudissements, la conclusion de la réponse transforme les applaudissements nourris en ovation, Marine Le Pen en tête : « Nous devons avoir l’unanimité de la représentation nationale contre cette vision de l’homme. » Quand l’ennemi principal, c’est « l’antiracisme politique », le Front national est au cœur du pacte républicain.

Eric Fassin

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Un deuxième billet proposera une discussion du vocabulaire contesté : non seulement les mots racisés et blanchité, mais aussi antiracisme politique, politiques de racialisation et de la race, et racisme d’État.

Post Scriptum (15 décembre 2017) :

Il semble que les images de l'intervention de Jean-Michel Blanquer sur LCP aient changé depuis l'écriture de ce billet : http://www.lcp.fr/la-politique-en-video/ateliers-non-mixtes-de-sud-education-93-sur-le-racisme-detat-jean-michel. En particulier, on n'y voit plus aujourd'hui, à la fin de son intervention, Marine Le Pen parmi les premières à se lever pour ovationner le ministre. Heureusement, ces images que j'avais commentées sur Twitter (https://twitter.com/EricFassin/status/933421710703058944) y figurent toujours (https://twitter.com/LCP/status/932984363033116673).

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"C'est insupportable" : les profs de philo dénoncent la numérisation des copies du bac

25 Juin 2021 , Rédigé par France bleu Publié dans #Education, #Baccalaureat

"C'est insupportable" : les profs de philo dénoncent la numérisation des copies du bac

Près d'une semaine après l'épreuve de philo, les profs dénoncent les conditions dans lesquelles ils doivent corriger les copies. Cette année, elles sont toutes numérisées, ce qui engendre de nombreux problèmes.

"Le progrès technique est-il un progrès pour l'Humanité ?" La question était posée en 2016 aux bacheliers à l'épreuve de philosophie. La réponse cette année est concise : "Certainement pas."

Les profs de philo s'énervent contre la numérisation des copies. Plus de papier cette année, les feuilles des élèves ont été scannées par le rectorat et mises en ligne sur une plate-forme. Une opération qui a retardé la mise à disposition des copies et le temps de correction donné aux correcteurs. 

La numérisation est aussi entachée de couacs :"Les copies sont, par exemple, mal classées. Les pages 7 et 8 arrivent avant les pages 1 et 2, détaille Alexandra Renault, prof à Bourg-lès-Valence. Certains collègues n'ont pas eu l'entièreté des copies, c'est-à-dire que certaines feuilles n'ont pas été numérisées. D'autres feuilles ont été mal numérisées, c'est-à-dire qu'il y a des morceaux qui manquent."

Des corrections plus laborieuses

Des problèmes remontés aux administrateurs de la plate-forme, qui pallient au fur et à mesure le problème. La correction en ligne est aussi plus laborieuse. Impossible de comparer les copies entre-elles car le logiciel ne peut pas toutes les afficher en même temps. "Il faudrait un écran qui fait 3 mètres sur 5" ironise Alexandra Renault, penchée sur son ordinateur portable.

Pour s'y retrouver, elle a décidé d'écrire chaque note sur un papier. "Je classe les copies par sujet et quand j'ai fini de corriger un sujet, je pourrai visualiser l'ensemble des notes pour éventuellement en modifier certaines pour les harmoniser". Certains ont aussi abandonné l'idée d'annoter les copies en ligne, car la procédure prend trop de temps

S'ajoutent à cela des copies bâclées, arrêtées en cours de route car les élèves ont pris l'épreuve à la légère. Si leur note au bac est inférieure à leur moyenne en cours d'année, elle ne sera pas prise en compte. Une décision ressentie comme un coup de poignard par certains enseignants. "On passe l'année à apprendre des choses aux élèves, à les faire progresser. Et tout ça a été balayée d'un revers de main. C'est n'importe quoi". 

"Sincèrement, on pète les plombs", assène à bout Alexandra Renault. Pour dénoncer cette situation, certains professeurs ont décidé de faire grève et de ne plus corriger les copies.

François Breton, France Bleu Drôme Ardèche

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Les ministères de l’Éducation et du Travail mènent des attaques brutales contre les lycées professionnels

25 Juin 2021 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education

Le lycée professionnel va être rénové pour mieux former aux métiers d'avenir

Le financement public de l’apprentissage, qui participe à l’abaissement du "coût du travail", est attribué massivement aux entreprises sans aucune contrepartie.

Des attaques multiples et brutales
 
L’enseignement professionnel initial public est la cible d’attaques récurrentes depuis de nombreuses années. Certain·es le considèrent trop coûteux, quand d’autres le prétendent éloigné des besoins des entreprises -voire pire, le discréditent en le qualifiant de “pourvoyeur de chômeurs et chômeuses”. Alors que l’apprentissage est plébiscité dans les médias et présenté comme LE modèle d’excellence, l’enseignement professionnel public est sous-financé, sous-doté, et connaît depuis plus de 20 ans des réformes qui diminuent le temps de formation des élèves et appauvrissent leurs savoirs et savoir-faire.
 
Aujourd’hui, c’est le projet global et l’objectif émancipateur de l’enseignement professionnel public qui sont plus que jamais menacés par le gouvernement.  Répondant ainsi aux exigences des organisations patronales, les ministères du Travail et de l’Éducation mènent des attaques brutales contre ce modèle de formation unique, pourtant envié en Europe, qui scolarise 650.000 jeunes en France. 
 
Le big-bang de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel (LCAP)
 
Cette loi bouleverse de fond en comble l’organisation de l’apprentissage en le livrant au secteur marchand notamment par l’arrivée du financement au contrat (sorte de tarification à l’acte). Cela exacerbe sa mise en concurrence directe avec l’enseignement professionnel sous statut scolaire. Par ailleurs, cette loi permet aux élèves de rentrer en apprentissage tout au long de l’année. Elle transforme ainsi l’enseignement professionnel public en une sorte de sas vers l’apprentissage, et crée les conditions du développement du mixage des parcours et des publics. Simultanément, en faisant passer de 23 à 13% la part de taxe d’apprentissage pouvant revenir aux lycées professionnels et technologiques, la loi réduit d’autant leur financement.
 
Elle impose aussi aux organismes de formation de publier leurs résultats via la plateforme InserJeunes. Ce site discrédite les formations scolaires et constitue un instrument de propagande au service de l’apprentissage. En donnant la main dans les CPC aux branches professionnelles sur la définition des diplômes, leur contenu et les parcours de formation, la LCAP permet surtout de développer l’employabilité immédiate. La consécration des compétences au détriment des savoirs et savoir-faire affaiblit la qualification et sa reconnaissance dans le monde du travail. Le contexte sanitaire difficile que nous traversons a pourtant révélé l’importance des formations professionnelles sous statut scolaire pour appréhender les incertitudes de l’emploi et sécuriser les parcours professionnels des jeunes.
 
Transformation de la voie professionnelle (TVP): vers une formation au rabais
 
Au cœur de la TVP, la baisse drastique des heures d’enseignement disciplinaire conduit à un appauvrissement des contenus de la formation. De plus, le regroupement des secondes, en familles de métiers, organise la déqualification des élèves en enseignant des compétences transversales génériques. Alors condensée en 1ère et Terminale, la préparation à un diplôme reconnu par les professionnels est amputée d’une année. Ce dispositif n’est pas mis en place dans les formations par apprentissage accentuant de fait la concurrence. C’est aussi un leurre pour les familles et les élèves qui n’ont qu’un choix contraint d’orientation à l’issue de cette année de seconde.
 
La TVP permet une réduction des postes et une mise en concurrence des enseignantes et enseignants, mais produit aussi une perte de sens du métier. En imposant des dispositifs utilitaristes, la réforme modifie en profondeur le métier dans l’objectif de transformer les enseignantes et les enseignants en simples exécutantes et exécutants. La mise en place de Parcoursup a exclu des poursuites d’études dans le supérieur un bon nombre de jeunes provenant des lycées professionnels. La non-augmentation des places en BTS ne permet pas l’élévation du niveau de qualification. Agissant ainsi, le ministre restreint, de fait, l’avenir des jeunes, notamment de celles et ceux, peu qualifiées et qualifiés, qui sont les premières victimes de la crise économique. 
 
L’apprentissage: une solution en trompe-l’œil
 
Le gouvernement et le ministre Blanquer brandissent l’apprentissage comme un système magique pour lutter contre le chômage des jeunes -argument qui ne résiste ni aux faits ni aux nombreuses études sur le sujet. L’insertion immédiate des jeunes dans l’emploi est fortement corrélée à la conjoncture économique et aux besoins des territoires. L’apprentissage limite aussi les possibilités de poursuites d’études des jeunes. Pourtant, l’élévation du niveau de qualification est un élément crucial pour résister aux crises économiques et pour une entrée durable dans l’emploi. L’apprentissage répond aux besoins immédiats des entreprises et des organisations patronales dans leur quête de main-d’œuvre précaire et à coût réduit. De plus il est discriminatoire, notamment à l’égard des filles et des jeunes issues et issus de l’immigration. Malgré ces réalités le gouvernement persiste à injecter des milliards pour le développer. Parmi les 7 milliards d’euros dévolus au plan “1 jeune 1 solution”, 4 milliards lui sont dédiés. Alors que le chômage des jeunes a bondi de 16% au 3ème trimestre 2020, ce plan n’a pas les effets escomptés puisque peu de nouveaux contrats ont été signés. Ce financement public massif de l’apprentissage qui participe à l’abaissement du “coût du travail” est attribué massivement aux entreprises sans aucune contrepartie. 
 
Pour nous CGT Éduc’action, CNT-FTE, SNALC, SNUEP-FSU, SUD Éducation, il y a urgence à mettre en œuvre un plan de financement ambitieux permettant de renforcer et de développer le service public de la formation professionnelle initiale sous statut scolaire. C’est un outil indispensable pour augmenter le niveau de qualification de l’ensemble de la population, pour sécuriser les parcours scolaires et professionnels des jeunes et pour répondre aux nouveaux enjeux de société qui s’ouvrent à nous.
 
Par Isabelle VuilletCo-secrétaire générale de la CGT Educ’action
Erwan ChaslesSecrétaire fédéral à la voie professionnelle pour la CNT-FTE
Guillaume LefevreSecrétaire national à l’enseignement professionnel pour le SNALC
Sigrid GerardinCo-secrétaire générale du SNUEP-FSU
Jean-Charles HellequinCo-secrétaire de SUD Education
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24 Juin 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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