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Vivement l'Ecole!

« Trois ans après sa mise en œuvre, nous nous inquiétons des effets de la réforme de l’apprentissage »

24 Mai 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Le droit du travail en apprentissage (alternance)

EXTRAITS

Des chercheurs et enseignants en lycée professionnel estiment, dans une tribune au « Monde », que la loi du 5 septembre 2018, dite « loi Pénicaud », déstabilise les petits centres de formation des apprentis (CFA), les lycées professionnels et le parcours de certains apprentis.

Tribune. La réforme de l’apprentissage initiée en 2018 par le ministère du travail et le ministère de l’éducation nationale propose de passer d’une logique de gestion publique à une logique de marché. Cette réforme « libère l’offre de formation en apprentissage et ouvre la possibilité aux entreprises de lancer leur propre centre de formation d’apprentis (CFA) », selon les mots du ministère. Le ministère du travail propose d’ailleurs un « kit » pour aider à cette réalisation. L’une de ses conséquences est d’avoir conduit à la mise sur le marché de plusieurs centaines de nouveaux CFA, avec une multiplication de CFA d’entreprise. Près de trois ans après sa mise en œuvre, nous nous inquiétons des effets de cette réforme déjà visibles sur l’offre de formation, le parcours des jeunes et le lycée professionnel.

(...)

Mise en concurrence des CFA

Auparavant régulé par les régions, qui accréditaient l’offre d’apprentissage selon les besoins de l’emploi local et restaient soucieuses d’une cohérence d’ensemble en vue de limiter la concurrence entre les établissements, l’apprentissage est aujourd’hui dérégulé, libéralisé. Les CFA peuvent désormais proposer des formations identiques à celles d’un autre CFA voisin et des lycées professionnels. Les conséquences de cette mise en concurrence sont lourdes et conduisent à une rivalité entre les établissements dans une logique marchande sur les territoires.

Pourtant, les élèves de l’enseignement professionnel ne se ressemblent pas et ne sont pas tous potentiellement des apprentis. Les singularités des parcours des élèves liées à leurs modes de socialisation (par exemple entre les enfants de petits indépendants et les enfants d’ouvriers) ont historiquement conduit à la création d’une multiplicité d’établissements adaptés depuis le XIXe siècle : les écoles d’apprentissage (détachées de l’usine), les écoles saisonnières de l’enseignement agricole, les collèges d’enseignement technique (ancienne dénomination des lycées professionnels) ou encore les écoles professionnelles prestigieuses qui préparent aux Arts et métiers (Boulle, Estienne, Diderot, etc.). Il s’agit d’autant d’institutions destinées à des publics hétérogènes. En ouvrant la concurrence, les récentes politiques publiques risquent de déstabiliser ce système construit dans un empan temporel long.

(...)

Reconfiguration du lycée professionnel

Ajoutons que l’apprentissage a reçu un tel soutien de la part des pouvoirs publics, que celui-ci s’étend aux lycées professionnels dans un modèle kafkaïen. Désormais, dans une même classe, deux publics bien différents se côtoient : ceux plutôt volontaires pour une scolarisation à plein temps ponctuée par des Périodes de formation en milieu professionnel (PFMP), et des apprentis. Ces deux publics présents aux mêmes cours, mais à des moments différents car les apprentis ont une scolarisation de l’ordre de 50 %, mettent les enseignants devant des difficultés insurmontables (organisation scolaire, évaluations…) et les élèves dans une situation inconfortable.

(...)

Liste des signataires : Laure Minassian : sociologue, spécialiste de l’enseignement professionnel ; Mariem Siala : enseignante en lycée professionnel et formatrice ; Nasr Lakhsassi : professeur en lycée professionnel et militant au Snuep-FSU ; Guy Brucy : professeur en science de l’éducation, spécialiste de l’histoire de l’enseignement professionnel ; Ugo Palheta : sociologue, spécialiste de l’enseignement professionnel ; Christian Sauce : professeur retraité de lycée professionnel ; Prisca Kergoat : sociologue, spécialiste de l’enseignement professionnel.

A lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous (abonnés)

https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/05/25/trois-ans-apres-sa-mise-en-uvre-nous-nous-inquietons-des-effets-de-la-reforme-de-l-apprentissage_6081351_3224.html?xtor&&M_BT=35093862765056#x3D;EPR-33281056-[education]-20210525-[_titre_1]

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Peio Serbielle... Mikel Laboa... Kalakan...

24 Mai 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Juliette Kahane...

24 Mai 2021 , Rédigé par christophe

69

Je n’écoutais pas vraiment ce que disait Paul, à l’autre bout du téléphone. Sa voix survoltée me chatouillait le tympan, mais à cet instant-là j’entrais dans le jardin du Luxembourg, côté rue d’Assas, et deux filles venaient de s’arrêter net devant moi, saisies par l’urgence de s’embrasser. Très jeunes, dix-huit ou dix-neuf ans. Dragon rouge et noir tatoué dans la nuque de celle qui me tournait le dos, enlaçant son amie dont je ne voyais que les jambes robustes, bien plantées dans le sol. Aucune ostentation dans leur étreinte, aucune pose. Seules au monde, elles s’entredévoraient tendrement.

Je les contournai, me demandant depuis quand c’était devenu assez courant – dans ce quartier parisien du moins – de voir deux femmes s’embrasser en public pour qu’on ne s’en étonne plus.

Pour que je ne m’en étonne plus, devrais-je dire. Ma marraine était lesbienne. Ses préférences sexuelles, dans le milieu pourtant assez bohème où j’ai été élevée, provoquaient la gêne et les silences. On ne disait pas « lesbienne », d’ailleurs. On parlait peut-être d’« amours saphiques » – et, surtout, on s’arrangeait pour éviter le sujet. Cette marraine qui m’avait été attribuée se nommait Andrée Pragane mais tout le monde l’appelait Ibis, y compris Jean Genet, qui publia plus tard leur correspondance sous le titre Lettres à Ibis. Ibis avait des yeux très pâles noyés derrière d’épaisses lunettes de myope, de maigres et plats cheveux blond polaire, coupés au bol, des cils presque incolores et un long corps dégingandé qui justifiait son surnom. Sa voix était douce, d’une douceur voilée qui me mettait mal à l’aise. Elle nous donnait des cours de danse classique, écrivait des contes pour enfants et avait eu un fils. Mais lorsque son amante, une petite femme brune et énergique, la quitta, ce fut comme si toute cette pâleur et cette douceur avaient fomenté la tristesse qui l’accabla alors.

Je l’avais complètement oubliée, Ibis, comme la plupart des personnages disparus de mon enfance. Il faut ces deux filles enlacées pour que je me souvienne d’elle – tandis que Paul, mon vieux pote Paul, continue de soliloquer. Vieux pas au sens de l’âge, bien sûr : Paul a la quarantaine, je pourrais être sa mère et on ne se connaît que depuis cinq ou six ans. Pourtant elle est aussi simple, cette amitié, aussi évidente que si elle existait depuis très très longtemps.

À deux jours du colloque qu’il organise avec deux autres enseignants de Nanterre, plusieurs participants sont injoignables et c’est un peu inquiétant, développe-t-il tandis que les deux amoureuses me dépassent, bras dessus bras dessous. Je les regarde s’éloigner sous le couvert des arbres, vers la trouée lumineuse du grand bassin. En revanche, ajoute Paul, finalement Samuel Rothberg va venir. Il s’est décidé à la dernière minute – ce qui est, semble-t-il, assez son genre. Il embarque à Kennedy Airport dans la soirée et sera avec nous vendredi.

A priori rien d’étonnant, donc. Rien d’extraordinaire. Si ça se trouve il prend l’avion pour Paris tous les mois, l’innocent M. Rothberg.

Mais cette fois-ci, ce qui différencie radicalement cette fois-ci de toutes les autres où Rothberg a pu parcourir le même trajet, c’est qu’on me l’annonce à moi. Que quelqu’un, un ami qui n’est en rien lié à mon passé, sinon par curiosité intellectuelle et professionnelle, m’informe de son arrivée comme si elle concernait d’une façon quelconque ma propre vie, réelle et présente. Et m’évitant de lui demander pourquoi l’écrivain américain n’est pas mentionné dans le programme du colloque, mon archange annonciateur anticipe : comme il n’avait pas répondu à notre invitation, précise-t-il, on en avait conclu que Rothberg n’était pas intéressé.

Juliette Kahane - 69

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Grand oral : un marché balbutiant pour une myriade de coachs et de cours particuliers

24 Mai 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Grand oral : un marché balbutiant pour une myriade de coachs et de cours particuliers

EXTRAITS

Ici un « Pass grand oral » à 190 euros pour se « préparer à la prise de parole » devant le jury d’enseignants. Là des coachs « spécialistes du grand oral du bac et de sa notation » proposent leurs services pour « obtenir les meilleures notes (…) à partir de 240 euros ». Et là-bas, un stage de dix heures « pour arriver serein le jour J ! » est facturé 250 euros… Depuis que le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a confirmé début mai que l’épreuve de grand oral du baccalauréat aurait bien lieu à la fin du mois de juin, comme celle de philosophie, la communication des acteurs privés du coaching et du soutien scolaire pour s’y préparer a repris sur Internet et les réseaux sociaux.

Dès le début de cette année scolaire fortement perturbée par la crise due au Covid-19, entreprises et autoentrepreneurs spécialisés dans le conseil aux élèves se sont mis en ordre de marche pour tirer leur épingle du jeu de cette épreuve phare du nouveau bac. Au grand dam d’une partie de la communauté éducative attachée au service public.

Alors, le « grand Ô », un boulevard pour le privé ? Pas tout à fait, cependant, ou pas encore. « Les élèves que j’accompagne se comptent sur les doigts d’une main », raconte Paul Vialard, coach en art oratoire et formateur. « Nous n’avons pour l’instant que quelques demandes mais ça va venir, plus l’échéance se rapprochera », veut croire de son côté Sandra Le Grand, du site Yapuka.org.

« Vous allez être étonné : cette préparation au grand oral ne fonctionne pas », tranche plus simplement Sophie Laborde-Balen, fondatrice du cabinet Tonavenir.net. Si la demande de conseils aux élèves et familles est forte sur le sujet de l’orientation dans le supérieur, « bouleversée par la réforme du lycée », le « Pass grand oral » que proposent ses 45 « conseillers » répartis en France, n’a pour l’instant trouvé… qu’un seul preneur.

(...)

En attendant un hypothétique réveil des inscriptions à leurs ateliers et autres stages de préparation au grand oral, certains coachs peuvent compter sur la vente en librairie de la myriade de « guides de préparation » qu’ils ont parfois contribué à écrire. Parmi les ouvrages qui s’en sortent bien figurent Le Guide du grand oral, de Stéphane de Freitas (Le Robert, 2020), déjà vendu à plus de 10 000 exemplaires. Mais aussi la série Mission grand oral (Nathan, 2021), pilotée par Olivier Jaoui, qui représente, en mai, 14 % des ventes du secteur « parascolaire lycée », contre 7 % en février selon les chiffres de l’éditeur.

Séverin Graveleau

Article complet en cliquant ci-dessous

Cet article paraît dans « Le Monde de l’éducation ». Si vous êtes abonné au Monde, vous pouvez vous inscrire à cette lettre hebdomadaire en suivant ce lien.

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Les petites mains de l'Education nationale...

23 Mai 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Les petites mains de l'Education nationale...

Animateurs dans les écoles : «Avec le Covid, on se transforme en gendarmes sanitaires»

Parce que les professeurs ne sont pas seuls à faire tourner l’école, «Libération» donne la parole aux métiers de l’ombre, eux aussi touchés par la pandémie. Parmi eux, les animateurs.

Depuis le début de la pandémie de Covid-19 en France, l’école est au cœur des préoccupations et, avec elle, élèves et enseignants. Mais dans l’ombre, des travailleurs permettent à la machine de continuer à fonctionner, tout en pâtissant eux aussi de conditions d’exercice dégradées. Cette série d’articles sur «les petites mains de l’Education nationale» vise à les mettre en lumière. Premier épisode : les animateurs.

«Déjà que c’était une profession pas du tout valorisée, là on est encore plus oubliés», lâche Dimitri. Animateur depuis dix ans, il dirige un Accueil de loisirs associé à l’école (Alae) à Toulouse. Et y chapeaute une équipe de six personnes chargées de s’occuper des enfants le matin avant la classe, durant la pause méridienne et après la classe, en organisant des ateliers photo, des jeux sportifs, des sensibilisations au tri des ordures… «Ça fait huit ans que je bosse dans la même école et c’est de loin la pire année que j’ai passée», poursuit celui qui est aussi porte-parole du collectif Toulouse animation en lutte.

Comme pour beaucoup de métiers, le Covid est venu chambouler le quotidien des animateurs périscolaires. «On est régis par la direction départementale de la cohésion sociale, alors quand un protocole sanitaire de l’Education nationale sort, la DDCS doit aussi nous en envoyer un. La plupart du temps depuis un an, ces protocoles sont pondus le jeudi. On n’a que le vendredi pour s’organiser, c’est compliqué de nous demander en un jour de changer tout un fonctionnement», indique Jérôme, directeur adjoint d’un centre de loisirs en Seine-et-Marne.

Telle activité sportive se retrouve allégée afin d’éviter aux enfants de suffoquer sous leur masque, telle autre se tient tantôt en intérieur tantôt en extérieur au gré des directives, tel atelier qui réunissait deux classes est finalement fractionné car il faut éviter les brassages d’élèves, etc. «On se transforme en gendarmes sanitaires, on perd la qualité d’animation», prévient Dimitri.

«On est à l’usine»

Le midi, en particulier, peut être pénible à gérer. «On est à l’usine en ce moment, juge Jérôme. On doit faire manger 200 enfants, espacés : c’est très compliqué parce qu’on n’a pas une grande cantine. On les fait passer en deux services et on presse les premiers pour manger parce que le deuxième service arrive. Pour que ça aille vite, on fait le boulot de la restauration : on sert les assiettes, on les ramasse, on reste entre les deux services pour dresser les tables avec les dames de cantine.»

Alors que les enseignants bénéficient régulièrement de tribunes médiatiques pour porter leurs revendications – afin de renforcer le protocole sanitaired’être prioritaires pour la vaccination ou encore d’obtenir davantage de remplaçants –, les animateurs encaissent dans une certaine indifférence. Pourtant, chaque midi, ils doivent officier dans des réfectoires au milieu de dizaines d’enfants sans masques. Les autotests, récemment déployés – plus ou moins correctement – dans les établissements scolaires ? «Les enseignants, les Atsem [agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles, ndlr], les services civiques en ont eu, et pas nous», souffle Dimitri.

Les animateurs dépendant des communes et non du ministère de l’Education nationale, le gouvernement renvoie la responsabilité aux collectivités locales de s’en préoccuper. «Les grosses communes, départements ou régions ont plutôt tendance à appliquer les règles, mais les petits employeurs s’en foutent», assure Julien Quintin, représentant du Snuter-FSU dans l’Oise, syndicat représentant les agents des collectivités territoriales.

Reconnaissance du métier

Ces professionnels de l’enfance ont de maigres salaires (nos interlocuteurs émargent autour de 1 000 euros net par mois, 1 300 pour un directeur) et des horaires contraignants, généralement de 7h30 à 8h30, puis de 11h30 à 14 heures et enfin de 16 heures à 18h30. Or «souvent les gens n’ont pas le temps de rentrer chez eux et restent [à l’école] sur le temps de l’après-midi. Ils en profitent pour préparer les activités du soir et du lendemain, bénévolement, parce qu’ils veulent proposer des activités de qualité aux enfants», atteste Julie, adjointe d’animation.

Si le Covid complique le travail, il est seulement «venu renforcer des problématiques déjà existantes, estime-t-elle. On est considérés comme les gentils clowns qui font les gardiens pour les enfants, mais on a un vrai travail éducatif. On les écoute, on leur parle, on les soigne, on veille sur eux. Et tout ça passe à la trappe». De quoi pousser la profession à revendiquer une amélioration de ses conditions de travail, avec notamment des horaires moins morcelés, des effectifs plus conséquents et un meilleur salaire. Une meilleure reconnaissance, en somme.

Elsa Maudet

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Johnny Cash...

23 Mai 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... John Steinbeck...

23 Mai 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Des souris et des hommes - John Steinbeck - Folio - Site Folio

À quelques milles au sud de Soledad, la Salinas descend tout contre le flanc de la colline et coule, profonde et verte. L’eau est tiède aussi, car, avant d’aller dormir en un bassin étroit, elle a glissé, miroitante au soleil, sur les sables jaunes. D’un côté de la rivière, les versants dorés de la colline montent en s’incurvant jusqu’aux masses rocheuses des monts Gabilan, mais, du côté de la vallée, l’eau est bordée d’arbres : des saules, d’un vert jeune quand arrive le printemps, et dont les feuilles inférieures retiennent à leurs intersections les débris déposés par les crues de l’hiver ; des sycomores aussi, dont le feuillage et les branches marbrées s’allongent et forment voûte au-dessus de l’eau dormante. Sur la rive sablonneuse, les feuilles forment, sous les arbres, un tapis épais et si sec que la fuite d’un lézard y éveille un long crépitement. Le soir, les lapins, quittant les fourrés, viennent s’asseoir sur le sable, et les endroits humides portent les traces nocturnes des ratons laveurs, les grosses pattes des chiens des ranches, et les sabots fourchus des cerfs qui viennent boire dans l’obscurité.

Il y a un sentier à travers les saules et parmi les sycomores, un sentier battu par les enfants qui descendent des ranches pour se baigner dans l’eau profonde, battu par les vagabonds qui, le soir, descendent de la grand-route, fatigués, pour camper sur le bord de l’eau. Devant la branche horizontale et basse d’un sycomore géant, un tas de cendre atteste les nombreux feux de bivouac ; et la branche est usée et polie par tous les hommes qui s’y sont assis.

Au soir d’un jour très chaud, une brise légère commençait à frémir dans les feuilles. L’ombre montait vers le haut des collines. Sur les rives sablonneuses, les lapins s’étaient assis, immobiles, comme de petites pierres grises, sculptées. Et puis, du côté de la grand-route, un bruit de pas se fit entendre, parmi les feuilles sèches des sycomores. Furtivement, les lapins s’enfuirent vers leur gîte. Un héron guindé s’éleva lourdement et survola la rivière de son vol pesant. Toute vie cessa pendant un instant, puis deux hommes débouchèrent du sentier et s’avancèrent dans la clairière, au bord de l’eau verte.

ls avaient descendu le sentier à la file indienne, et, même en terrain découvert, ils restaient l’un derrière l’autre. Ils étaient vêtus tous les deux de pantalons et de vestes en serge de coton bleue à boutons de cuivre. Tous deux étaient coiffés de chapeaux noirs informes, et tous deux portaient sur l’épaule un rouleau serré de couvertures. L’homme qui marchait en tête était petit et vif, brun de visage, avec des yeux inquiets et perçants, des traits marqués. Tout en lui était défini : des mains petites et fortes, des bras minces, un nez fin et osseux. Il était suivi par son contraire, un homme énorme, à visage informe, avec de grands yeux pâles et de larges épaules tombantes. Il marchait lourdement, en traînant un peu les pieds comme un ours traîne les pattes. . Ses bras, sans osciller, pendaient ballants à ses côtés.

John Steinbeck - Des souris et des hommes

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Pourquoi les profs de primaire sont-ils classés « professions intermédiaires » et ceux de secondaire « professions intellectuelles » ?

23 Mai 2021 , Rédigé par L'instit'Humeurs Publié dans #Education

Pourquoi les profs de primaire sont-ils classés « professions intermédiaires » et ceux de secondaire « professions intellectuelles » ?

EXTRAITS

Cette année encore, en remplissant la fiche d’inscription de mon fils au collège, j’ai souri quand je suis tombé sur la feuille demandant de renseigner la profession des représentants légaux.

J’ai beau connaitre depuis des années cette catégorisation, je ne m’y fais pas. En partageant cette photo sur les réseaux sociaux, j’ai pu constater que cette différence de traitement entre professeurs des écoles et professeurs de secondaire suscitait toujours autant d’émoi (chez les profs de primaire, mais pas seulement).

Quant aux explications, on allait de « c’est à cause de nos salaires, c'est reconnu que notre salaire nous classe dans une catégorie inférieure aux autres cadres A » à « c’est à cause de la réforme du gouvernement Jospin, du coup l’OCDE a déclassé les profs des écoles de la catégorie des cadres ! », en passant par « c’est le formulaire de 1970 », « c’est le statut de 1950 » et j’en passe.

Forcément, ça m’a donné envie de comprendre pourquoi, en 2021, je fais partie des professions intermédiaires alors que mon pote Ludo, prof de physique, exercice une profession intellectuelle.

Spoiler : l’Insee évolue moins vite que l’Education nationale. Ce qui n’est pas peu dire.

1954, l’Insee invente les CSP

Quand l’Insee crée les catégories socioprofessionnelles, en 1950, l’idée est de « classer l’ensemble de la population, ou tout au moins l’ensemble de la population active, en un nombre restreint de grandes catégories présentant chacune une certaine homogénéité sociale ». Pour cela elle classe les individus « selon leur situation professionnelle en tenant compte de plusieurs critères : métier proprement dit, activité économique, qualification, position hiérarchique et statut », et utilise ces données par exemple pour des enquêtes de consommation marchande, recours aux biens culturels, mobilité sociale, mortalité.

A cette époque, les instituteurs sont recrutés très différemment des professeurs de secondaire. Les « écoles normales primaires » qui forment les instituteurs recrutent prioritairement parmi les élèves de troisième des « cours complémentaires » (placés entre l’enseignement primaire et l’enseignement primaire supérieur, ils donneront en 1959 les collèges d’enseignement général, CEG, joint aux CES en 1975). A l’issue d’un concours les élèves recrutés reçoivent à l’école normale primaire une formation d’une durée de 4 ans incluant le passage du baccalauréat. Les professeurs du secondaire, eux, doivent pour enseigner être titulaires de l’agrégation ou du CAPES, créé en 1950, lequel demande une licence et y ajoute une formation de deux ans.

On comprend que la création en 1954 des CSP par l’Insee distingue les instituteurs, moins qualifiés, des professeurs de secondaire. Il y a 9 CSP, les instituteurs sont classés dans la catégorie 4, « cadres moyens », les professeurs du secondaire dans la catégorie 3, « cadres supérieurs ».

Pendant une trentaine d’années, cette catégorisation restera, au point qu’on continue aujourd’hui à parler de CSP alors qu’elles n’existent plus depuis 1982.

(...)

Lucien Marboeuf

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Revue de Presse Education... Le ministre - Supérieur - Débats et ressources...

23 Mai 2021 , Rédigé par christophe

Revue de Presse Education... Le ministre - Supérieur - Débats et ressources...

Temps très calme sur l’actualité éducative en France…

Le ministre

Dans Ouest France, le ministre Jean-Michel Blanquer s’approche du record de longévité. “Ministre de l’Éducation nationale depuis le 17 mai 2017, Jean-Michel Blanquer est proche de battre le record de longévité du ministère. Resté quatre ans, trois mois et 26 jours dans les années 1960, Christian Fouchet détient toujours ce record.”

Il se permet une petit interview dans la Nouvelle République : “L’Europe à l’école : interview de Jean-Michel Blanquer et Clément Beaune. “Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, et le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Clément Beaune, veulent mettre plus d’Europe dans l’enseignement.

Et pendant ce temps, Le Monde annonce : “Covid-19 : les notices de 43 % des autotests commandés par l’Education nationale sont erronées. “Trois jours après le lancement de la campagne de distribution des autotests aux lycéens, un courriel du ministère de l’éducation nationale a été envoyé aux chefs d’établissement, les alertant sur une erreur dans leur mode d’emploi, a révélé RTL jeudi 13 mai. « Si vous êtes négatif, cela veut dire que la Covid-19 a été détectée », est-il écrit à tort sur la notice.

« L’erreur, qui a été rectifiée, concerne effectivement 43 % des commandes actuelles, et les tests Panbio destinés aux professeurs du secondaire », a confirmé au Monde le ministère de l’éducation nationale. Pour rattraper la situation, le ministère a envoyé des courriers électroniques aux équipes enseignantes avec un lien vers une notice rectifiée, fait savoir RTL.

Le dessin de Fabien Crégut

Et Ouest France revient sur “l’organisation du bac pour cette année. Bac 2021. Les « évaluations ponctuelles » annulées pour les élèves du Cned. “Les candidats au bac qui suivent les cours du Centre national d’enseignement à distance (Cned) dénonçaient, depuis des mois, une « inégalité » de traitement par rapport aux élèves scolarisés dans des établissements sous contrat qui avaient obtenu l’annulation des évaluations communes. Soulagement pour les élèves de terminale qui passent le bac en candidat libre via le Centre national d’enseignement à distance (Cned). Un décret paru au Journal officiel, le 7 mai dernier, annule les « évaluations ponctuelles », y compris celle d’éducation physique et sportive, au profit des notes obtenues durant l’année figurant dans le livret scolaire.

Tandis que Le Monde évoque “Les élèves de la voie professionnelle dans le flou des aménagements du bac”

“Seules les deux meilleures notes des épreuves d’enseignements généraux seront prises en compte pour valider le baccalauréat professionnel. Les examens professionnels restants, parfois évalués en contrôle terminal, seront, eux, organisés sans aménagement particulier.

L’Étudiant s’intéresse au bac à l’étranger : “Dans certains pays confinés, les déplacements ne sont pas autorisés alors que les épreuves terminales du bac sont en présentiel. Ils s’inquiétaient de l’absence de réponse, voire de «considération», du ministère de l’Éducation nationale face à leurs inquiétudes. Les élèves de terminale des lycées d’enseignement français dans des pays étrangers confinés sont à présent fixés sur leur sort. Pour les candidats qui ne sont pas autorisés, dans leur pays de résidence, à se déplacer dans leur centre d’examen pour passer leurs épreuves terminales du baccalauréat, des aménagements ont été fixés par l’Éducation nationale.

Dans un article réservé aux abonnés de Libération, Marguerite de Lasa s’exclame “Baccalauréat : «L’épreuve de philosophie est devenue un simulacre, une mascarade». “Prendre en compte la meilleure des deux notes entre écrit de philo et contrôle continu pour le bac ? Cette mesure, annoncée par Jean-Michel Blanquer, le 5 mai, atterre des professeurs de philosophie, qui dénoncent une épreuve vidée de sa substance.

Vousnousils revient sur la polémique : “Le Grand oral doit-il être repensé ?” Publié par Chloé Le Dantec

Des associations d’enseignants demandent la suppression du Grand oral du bac, et reprochent à l’épreuve d’être discriminatoire. Explications. Dans un communiqué, l’APSES (Association des professeurs de Sciences économiques et sociales) demande la suspension du Grand Oral pour le baccalauréat 2021, et une « refonte » de cette épreuve pour les années suivantes, parlant d’une « machine à piéger les élèves et à accroître les inégalités sociales de réussite scolaire. »

Supérieur

Dans Le Monde “Inquiétude sur les effets de la crise sanitaire sur Parcoursup : l’enseignement supérieur sans boussole face aux candidatures Par Soazig Le Nevé et Violaine Morin. “Le tri est compliqué par la crise sanitaire et la réforme du lycée. Les enseignants du supérieur s’inquiètent d’une probable baisse de niveau des étudiants.” “Comment départager les candidats de terminale au terme de cette année scolaire bouleversée par la crise sanitaire ? Comment évaluer leur niveau à l’entrée dans l’enseignement supérieur, quand la majorité d’entre eux n’ont pas suivi l’ensemble de leurs cours, souvent donnés à distance, ou n’ont pas rendu tous leurs devoirs ? Ces questions agitent les enseignants du secondaire, qui ont rempli les dossiers de leurs élèves sur Parcoursup, comme ceux du supérieur, qui sont en train d’en éplucher le contenu.

La jauge d’accueil à l’université sera relevée à 50% dès le 19 mai, annonce Vidal, annonce l’AFP agence repris par le Figaro Etudiant. “Les universités pourront accueillir 50% des étudiants à partir du mercredi 19 mai, contre 20% jusqu’à présent, afin d’organiser des sessions de préparation au rattrapage, a annoncé ce mercredi la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. Interrogée sur Sud Radio sur l’évolution de la jauge dans les universités, la ministre a indiqué qu’on passerait «à 50% à partir du 19 mai», soit «un siège sur deux».”

Les Échos mentionne le bilan de la “Sélection à l’entrée en master : quatre ans après la réforme, des résultats en demi-teinte. “La réforme de la sélection à l’entrée en master a accru la réussite des étudiants, souligne le ministère de l’Enseignement supérieur. Mais elle a réduit les possibilités de poursuites d’études parmi les diplômés de licence.

Et du coup, L’Étudiant publie “Master : le droit à la poursuite d’études est modifié dès la rentrée 2021. “Depuis la réforme de 2017, la sélection en master se fait en M1 et non en M2 et un droit à la poursuite d’études a été créé. Dans le cas où vous ne seriez reçu dans aucun master alors que vous avez validé votre licence, vous pouvez ainsi engager une démarche de poursuite d’études auprès des services rectoraux sur le portail trouvermonmaster.gouv.fr. Le rectorat doit alors vous faire des propositions de formation.”

L’Étudiant toujours : “Sciences Po: stupeur pour les excellents candidats recalés sur Parcoursup”

Des élèves de terminale recalés ne comprennent pas les nouveaux critères d’admission de Sciences Po qu’ils jugent opaques. Certains soupçonnent même l’institut de ne pas avoir lu leur dossier.”

Débat et Ressources

Le Café s’interroge : “Les jeunes français nuls en EMI ?

Alors que les jeunes passent en moyenne 35 heures par semaine sur Internet, comment traitent-ils l’information ? Pisa 2018 a posé plusieurs questions à des jeunes de 15 ans de 76 pays ou territoires. S’il y a bien un lien entre enseigner l’EMI et faire face à la désinformation, les jeunes français sont encore en dessous de la moyenne OCDE pour détecter la vraie de la fausse information sur Internet.”

«Plutôt que de s’attaquer à la méritocratie, luttons contre le naufrage éducatif»

FIGAROVOX/CHRONIQUE – “Face aux critiques récentes formulées à l’encontre de la méritocratie, le chroniqueur Olivier Babeau défend cette notion qu’il juge indispensable. Il faudrait pallier les défaillances du mérite plutôt que de remettre en cause son bien-fondé, argumente-t-il.

Et toujours dans Le Figaro : “Les médiocres résultats de l’enseignement à distance. “Avec le confinement, des millions de très jeunes enfants, de collégiens et de lycéens se sont retrouvés à travailler sur écran. Avec des résultats contrastés, notamment selon l’âge.” “À une autre époque, pas si lointaine pourtant, à peine deux ans, il était convenu chez les professionnels de l’éducation que l’apprentissage par le biais unique des écrans n’était pas profitable à des étudiants avant… le stade du master. Pour des jeunes gens déjà matures, donc, et avancés dans leur projet professionnel. Les étudiants de première ou deuxième année étaient encore trop jeunes et avaient tendance à décrocher, entendait-on de la part d’universitaires qui avaient créé des licences à distance. L’éducation passe nécessairement par une alternance entre distanciel et présentiel, assuraient-ils.

RFI : “L’enseignement de la guerre d’Algérie en France: entre histoire et mémoire”

Dans son rapport sur la colonisation et la guerre d’Algérie, l’historien Benjamin Stora appelle à accorder davantage de place à l’histoire de la France en Algérie dans les programmes scolaires français. Cette histoire, si elle n’a jamais été éludée à l’école de la République, s’est problématisée et politisée au fil du temps. Son traitement suscite passions et controverses. Pourquoi ?

TraAM Documentation : La place du professeur documentaliste dans l’enseignement de l’oral

Dans le cadre du projet TraAM Documentation 2020-2021, les référentes des académies de Bordeaux, Guyane, Lille, Nantes et Rennes ont travaillé en collaboration sur une production concernant la place du professeur documentaliste dans l’enseignement de l’oral que vous pouvez découvrir ci-dessous :

Le Monde publie une tribune d’Eric Mesnard, Professeur d’histoire et de géographie, formateur à l’Inspe de Créteil sur “Mémoires de l’esclavage : « L’histoire enseignée doit prendre en compte la complexité et la variété des héritages »

“A l’occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, le professeur d’histoire et formateur Eric Mesnard interroge la place à l’école de l’enseignement de l’esclavage en 2021.

 La Netscouade de l’Étudiant “Formation des enseignants au numérique : l’héritage inattendu de la crise sanitaire”

PARTENARIAT. La formation des professeurs était un angle mort du débat sur la transformation numérique des universités. Par manque de ressources, de temps ou d’intérêt. Le confinement a précipité les choses et la formation au numérique s’est imposée en urgence. Évolution salutaire : les questions pédagogiques prédominent désormais sur les questions techniques.

Bernard Desclaux

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Sortir... Divas D'Oum Kalthoum à Dalida - Institut du Monde Arabe/Paris

23 Mai 2021 , Rédigé par France Musique - IMA Publié dans #Art, #Musique

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