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Vivement l'Ecole!

L'école est-elle le "talon d'Achille" de la réponse française au Covid-19 ?

3 Avril 2021 , Rédigé par Europe 1 Publié dans #Education

Le talon d'Achille

Signataire d'une tribune alertant sur le risque que fait peser la situation sanitaire dans les écoles sur notre réponse à l'épidémie de Covid-19, l'infectiologue Gilles Pialoux était l'invité d'Europe 1, samedi. Dénonçant une période politique de "déni", il a rappelé que leur réouverture devrait se faire avec une solide politique de dépistage.

ANALYSE

L'école, "c'est un lieu de transmission, quel qu'en soit le sens" : tel est le constat de l'infectiologue Gilles Pialoux, samedi sur Europe 1, à propos de la situation sanitaire dans les établissements scolaires. Signataire d'une tribune publiée mardi dans Le Monde, celui-ci justifie le temps pris par le gouvernement pour fermer de nouveau les écoles par "une période politique où le déni concernant l'école est assez massif". Chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital de Tenon, à Paris, le spécialiste pointe par ailleurs des protocoles sanitaires "déconnectés" de la réalité du terrain. Il estime aussi que le dépistage sera la clé au moment de la réouverture des écoles, collèges et lycées.

"Un talon d'Achille"

Si au début de la pandémie, une large part des scientifiques s'accordaient à dire que les enfants jouaient un modeste rôle dans la circulation du coronavirus, Gilles Pialoux rappelle que les choses ont rapidement progressé. "On est dans une nouvelle épidémie, ou une épidémie dans l'épidémie", dit-il, évoquant notamment l'apparition de variants.

"Les Anglais viennent de sortir une étude sur 12 millions d'adultes en Angleterre", poursuit-il. "Pendant la première vague en Angleterre, il n'y avait pas de corrélation entre le fait d'avoir un enfant scolarisé et le fait que les parents aient davantage le Covid ; par contre, lors de la deuxième vague, qui inclut d'ailleurs probablement une partie de variant anglais, il y a eu une augmentation du risque pour toutes les tranches d'âge 0-11 ans et 12-18 ans", explique l'infectiologue. "Il y a donc probablement eu une errance scientifique au début, puis une deuxième phase qui est celle du déni politique."

Quoi qu'il en soit, poursuit-il, les établissements scolaires sont "un talon d'Achille" dans notre réponse à l'épidémie. "Après, la discussion n'est pas de savoir qui contamine qui et de chercher à faire une sorte de 'Cluedo familial'. Si l'enfant est contaminé dans le milieu familial et qu'il va en milieu scolaire, par définition, il participe à la circulation du virus."

Une réouverture qui passera un dépistage accru

À la "doctrine de non-fermeture des écoles", brandie jusqu'ici par l'exécutif, s'ajoute des décisions qui, selon le professeur Gilles Pialoux, se sont inscrites en dissociation totale avec les données scientifiques. Maintien des cantines, des classes, reprise de l'éducation physique en lieux clos… "Les protocoles sanitaires sont souvent déconnectés de la faisabilité et du terrain", déplore l'infectiologue, évoquant notamment le casse-tête de la ventilation des classes dont ont témoigné de nombreux professeurs.

À compter de samedi, les établissements scolaires ferment leurs portes, et ce, pour trois semaines, avec pour objectif de contribuer à faire plier la courbe des contaminations. Mais qu'en sera-t-il lors de leur réouverture ? "Ca passera par le dépistage", assure Gilles Pialoux, qui estime que la France a raté sa stratégie de "tracer, isoler", à la différence de l'Espagne et l'Allemagne.

En France, "le ministre (de la Santé, Olivier Véran, NDLR) avait annoncé 300.000 tests par semaine, or on a probablement testé autour de 0,4% des enfants du primaire et on sait peu de choses du lycée et du collège puisque là il s'agit de tests PCR", développe l'infectiologue. "On a un déficit de marqueurs pour ouvrir et fermer. Or, la décision de rouvrir doit reposer sur des arguments scientifiques et épidémiologiques."

Europe 1
Par Pauline Rouquette
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Un an après le premier confinement, l’Éducation nationale n’a toujours pas formé pleinement ses enseignants à l’école numérique.

3 Avril 2021 , Rédigé par Télérama Publié dans #Education

Un an après le premier confinement, l’Éducation nationale n’a toujours pas formé pleinement ses enseignants à l’école numérique.

Écoles fermées : les profs sont-ils prêts pour l’enseignement à distance ?

Un an après le premier confinement, l’Éducation nationale n’a toujours pas formé pleinement ses enseignants à l’école numérique. Si certains établissements scolaires, expérience aidant, s’y sont préparés, d’autres s’avèrent désemparés… Quelles conséquences pour les élèves?

Crèches, écoles, collèges et lycées fermeront leurs portes à la fin de la semaine, vient d’annoncer le président de la République. C’est le grand retour de l’enseignement à distance et son cortège d’outils déconcertants (classes virtuelles du Cned, Discord, Klassroom…) qui sont brusquement entrés dans nos vies il y a un an – et n’ont pas laissé que de bons souvenirs. C’est probablement aussi le retour des parents au bord de la crise de nerfs, des tout-petits en mal d’école et des combines d’ados pour rester au fond du lit tout en bernant leurs profs. Et les enseignants, dans quel état d’esprit abordent-ils cette nouvelle période : sont-ils prêts à reprendre le distanciel ? Y ont-ils été préparés ? Éléments de réponses.

Le gouvernement n’a pas déployé de stratégie nationale visant à préparer l’ensemble des enseignants à l’école à distance. Ceux-ci n’ont pas reçu du ministère de l’Éducation ou de leur académie respective de consignes ou documents listant les mille et une choses à connaître afin d’enseigner dans une France strictement confinée. Pour une raison simple, expliquent les syndicats : depuis la réouverture des écoles à la mi-mai 2020, le ministre de l’Éducation, droit dans ses bottes, tient fermement sa position, « martelant que le virus circule très peu à l’école, laquelle doit rester ouverte coûte que coûte. Une fois ce préalable posé, comment voulez-vous qu’il enjoigne le corps enseignant à préparer le scénario de l’école à distance ? En conséquence, rien n’est anticipé, ni au niveau national, ni à celui régional, affirme Ghislaine David, secrétaire générale et porte-parole et du Snuipp-FSU, le premier syndicat des enseignants du premier degré.

(...)

Marc Belpois

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Avant le confinement des élèves, le nombre de classes fermées pour cause de Covid a explosé

3 Avril 2021 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education

Avant le confinement des élèves, le nombre de classes fermées pour cause de Covid a explosé

11.272 classes sont fermées ce vendredi 2 avril, un chiffre qui a plus que triplé par rapport à la semaine précédente

CORONAVIRUS - Le nombre de classes fermées en raison de cas de coronavirus a plus que triplé en une semaine, passant à plus de 11.000, a annoncé le ministère de l’Éducation nationale ce vendredi 2 avril, quelques heures avant la fermeture des écoles pour plusieurs semaines.

Sur l’ensemble du territoire, 11.272 classes sont fermées sur 528.400, soit 2,1% du total, selon un calcul de l’AFP effectué à partir des données communiquées par le ministère dans un communiqué. La semaine précédente, le nombre de classes fermées était de 3256.

229 établissements scolaires sur 61.500 gardent portes closes (soit 0,37% du total), dont 187 écoles, 27 collèges et 15 lycées. Les académies les plus touchées en termes de fermeture de classes sont celles de Versailles, Créteil, Nancy-Metz.

Ces fermetures en série sont le résultat du durcissement du protocole sanitaire mis en place le 26 mars, qui prévoyaient la fermeture de la classe dès la détection du premier cas de Covid-19, et non plus de trois.

Plus de 28.000 contaminations chez les élèves

Dans le détail, 28.738 élèves (contre 21.193 il y a une semaine) ont été contaminés sur un total de 12,4 millions, soit un taux de 0,23%. Parmi les personnels, le nombre de personnes contaminées est en hausse de 0,24%, de 2.515 à 2.771.

Sur le front des tests salivaires dans les écoles, sur 340.200 proposés, 244.944 ont été réalisés et se sont révélés positifs à 0,45%. La semaine précédente, sur 320.285 tests proposés, 200.404 avaient été réalisés et s’étaient révélés positifs à 0,49%.

Pour tenter de faire ralentir l’épidémie, le président Emmanuel Macron a annoncé mercredi que les crèches, écoles, collèges et lycées allaient être fermés dès vendredi soir et les vacances scolaires de printemps unifiées sur tout le territoire à partir du 12 avril.

La semaine du 5 au 12 avril, les cours pour les écoles, collèges et lycées se feront à la maison, sauf pour les enfants des soignants et de quelques autres professions, de même que les enfants en situation de handicap. Elle sera suivie de deux semaines de vacances à partir du 12, pour toutes les zones, avant une rentrée le 26 en présentiel dans les écoles et en distanciel pendant une semaine de plus dans les collèges et les lycées.

Huff Post/AFP

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Clermont-Ferrand - Najat Vallaud-Belkacem rend hommage à Jean Zay

3 Avril 2021 , Rédigé par France Bleu Pays d'Auvergne Publié dans #Education

Clermont-Ferrand - Najat Vallaud-Belkacem rend hommage à Jean Zay
Clermont-Ferrand - Najat Vallaud-Belkacem rend hommage à Jean Zay

EXTRAITS

Sortie de sa période d'isolement après avoir contracté le coronavirus, la candidate socialiste a repris sa campagne électorale en passant sa journée à Riom, puis à Clermont-Ferrand. Une campagne singulière sur fond de crise sanitaire et d'incertitudes.

Najat Vallaud-Belkacem a démarré sa journée puydômoise par une halte en début d'après-midi à Riom pour un hommage à Jean Zay. Ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-Arts du gouvernement de Léon Blum, il fût extrait de la prison riomoise par des miliciens français le 20 juin 1944, avant d'être exécuté dans un bois près de Cusset. Et son corps jeté dans une crevasse de la montagne bourbonnaise. Un hommage plein de symbole pour l'ancienne ministre de l'Education nationale accompagnée pour l'occasion par députée Christine Pirès-Beaune et l'historien Michel Vernin, membre de l’association des Amis de Jean Zay & Jacques Carré.

Najat Vallaud-Belkacem a rejoint la capitale auvergnate dans la foulée. Cette fois c'est le maire Olivier Bianchi qui a fait office de guide. La première séquence était consacrée à des jeunes accompagnés par la Mission Locale de Clermont-Ferrand et à des étudiants. Direction ensuite la maison des sports transformée en "vaccinodrome". Le candidate socialiste s'est longuement entretenue avec les personnels de santé mobilisés dans une chaleur étouffante. L'occasion de l'interroger sur la légitimité de  maintenir ces élections dans un tel contexte sanitaire. 

(...)

Par Eric Le Bihan, France Bleu Pays d'Auvergne

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Ecole à la maison : « La continuité pédagogique, c’est un peu la cinquième roue du carrosse »

2 Avril 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

L'Ontario pourrait faire des cours en ligne une option permanente |  Coronavirus : Ontario | Radio-Canada.ca

EXTRAITS

La fermeture des établissements scolaires pour trois semaines signifie pour les parents d’élèves le retour de la « continuité pédagogique » à la maison. Beaucoup ont déjà eu l’occasion de l’expérimenter, amèrement, ces derniers jours, avec la multiplication des fermetures de classes.

(...)

« Tous les repères se trouvent modifiés »

La majorité des parents d’élèves ayant accepté de témoigner sur Lemonde.fr des premiers jours de cette « continuité pédagogique », dans laquelle tout parent d’élève basculera à compter du 6 avril, avait déjà expérimenté l’école à la maison, il y a un an, tout en télétravaillant. Mais la redécouverte des acrobaties d’organisation pour faire coïncider vie professionnelle, vie scolaire et vie de famille est parfois ardue. Cinq jours à tenir, seulement, avant une période de vacances scolaires anticipée…

« Après avoir fait ses devoirs, il joue, lit, s’ennuie, me parle, et je n’arrive ni à l’écouter ni à me concentrer sur mon travail », résume Pauline Albouy, chargée de mission à Rodez, obligée de télétravailler depuis la fermeture de la classe de CM2 de son fils. Elle décrit par le menu son emploi du temps déjà bouleversé par les réunions en visio, les repas à préparer, les sollicitations de son fils pour travailler ou jouer : « C’est un tourbillon mental, dur pour nous deux. Tous les repères se trouvent modifiés. » Or, ce tourbillon arrive après un an d’ambiance sanitaire morose, de télétravail imposé. « D’absence de projet et d’énergie, pour nous aussi les adultes, complète Hélène (qui a souhaité conserver l’anonymat, comme tous ceux dont seul le prénom apparaît), mère en région parisienne. Difficile, dans ce contexte, de trouver les ressources pour aider mon fils : il est démotivé par les cours à distance, et je l’aiguillonne de plus en plus mollement »

(...)

« Elles ont presque leurs habitudes »

Mais que leur poste leur permette de télétravailler ou qu’ils bénéficient du chômage partiel pour garder leurs enfants, les parents d’élèves doivent, une fois de plus, revêtir un tant soit peu les habits de professeur pour assurer la « continuité pédagogique ». « Malgré les difficultés, on a un peu d’expérience maintenant ; mars 2020, ce n’est pas loin », explique Nadine Le Guen, kinésithérapeute en Loire-Atlantique. « L’organisation se met en place plus facilement avec nos filles, dont l’école élémentaire a fermé lundi, relate-t-elle. On essaie de ne pas leur en demander trop, comme l’année dernière. Mais elles savent que le matin il y a école à la maison, qu’il faut s’installer à son bureau, etc. Elles ont presque leurs habitudes… »

(...)

« Le collège n’a pas su se préparer ! »

Dans ce document, la juridiction rappelle qu’en 2020, si « la mobilisation du service public du numérique éducatif (…) avait été réelle et rapide », le numérique avait été massivement utilisé par les enseignants « pour les fonctions de communication, sans que la pédagogie évolue sensiblement pour s’adapter à l’enseignement à distance ». En cause, entre autres, le manque d’espaces numériques de travail dans le premier degré, mais aussi et surtout la « faible acculturation au numérique » de certains professeurs.

De quoi expliquer en partie les témoignages plus cinglants, comme celui de Blandine, parente d’élève lilloise : « Je suis en colère, ma fille en 6e, dont la classe a fermé lundi, n’a qu’une heure de cours en visio par jour, moins de devoirs qu’en temps normal. Elle s’ennuie donc à côté de moi qui télétravaille (…). En une année, le collège n’a pas su se préparer pour basculer rapidement à l’enseignement à distance ! J’espère que ça va changer la semaine prochaine. » D’autres parents se plaignent d’un suivi scolaire pour le moins aléatoire selon les différents enseignants de leurs enfants, du manque de remplaçants, de l’équipement informatique des établissements qui fait défaut pour assurer une continuité pédagogique digne de ce nom…

(...)

Séverin Graveleau

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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Claude Debussy...

2 Avril 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Patrick Chamoiseau...

2 Avril 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Livre: Le Conteur, la nuit et le panier, Patrick Chamoiseau, Seuil, Cadre  rouge, 9782021417685 - Leslibraires.fr

Cette la-ronde ouverte ici, que j’imagine couronnée de flambeaux, animée de tambours, dansante ainsi que le veut le quadrille, est pour moi l’espace de transmission non d’une ordonnance ou d’une vérité, mais d’une expérience encore en train d’aller, l’onde questionnante d’une pratique d’écriture. Nous ne sommes ni dans l’exposition d’une certitude quant à la littérature ni dans un atelier de recettes narratives, nous sommes dans l’instance d’une circonfession esthétique.

Une écriture créative, une écriture gardée vivante, sup‑ pose un état poétique et un esprit de création mis en œuvre dans une langue (ou dans une configuration particulière de langues). Mais cette démarche, même scrutée de très près, ne révèle rien, et ne peut rien révéler, de cet instant particulier où la création se produit dans la langue.

L’instant-création est un mystère impraticable.

Tomber en état d’écriture est une fréquentation de ce mystère.

Patrick Chamoiseau - Le conteur, la nuit et le panier

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Pascal Plantard, anthropologue : « A la faveur de la crise, parents et enseignants ont connu un rapprochement inédit »

2 Avril 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Pascal Plantard, anthropologue : « A la faveur de la crise, parents et enseignants ont connu un rapprochement inédit »

EXTRAITS

La bascule dans l’enseignement à distance, pour freiner l’épidémie, a modifié les pratiques et les relations entre enseignants, parents et élèves, estime l’anthropologue. Des changements à avoir en tête, à la veille d’un reconfinement scolaire

(...)

De tous les débats qui agitent les « salles des profs », celui sur l’utilisation du numérique compte parmi les plus clivants, opposant souvent « anciens » et « modernes ». La crise sanitaire a-t-elle contraint les enseignants à faire leur mue numérique ?

Nos données de 2019 – antérieures au Covid-19, donc – montraient qu’un quart des enseignants était acculturé aux technologies numériques, qu’une moitié en faisait un usage simple, et qu’un quart n’en faisait pas (ou très peu) usage. L’enquête de 2020 a révélé que les 50 % médians ont basculé vers une utilisation bien plus importante du numérique. Parmi leurs motivations, la crainte de perdre le contact avec les élèves est citée prioritairement.

Reste un quart d’enseignants en vraie difficulté. S’il est très difficile de savoir ce qui se passe dans leurs classes, on identifie chez eux des « conflits de légitimité » : l’évolution rapide, forcée de leur métier les paralyse.

A-t-on évalué la manière dont ils ont réussi à faire cours à distance, en 2020 ?

La communauté scientifique est mobilisée sur ce sujet. On s’est rendu compte que l’enseignement à distance, en France, a connu deux phases. Une première phase de stricte reproduction de la forme scolaire, de mars aux vacances de printemps 2020, durant laquelle les enseignants ont voulu reproduire, mais à distance, l’organisation de la classe, la succession des cours, les contenus… Et ce en imaginant que les familles pourraient suivre, ce qui n’a pas été le cas. Par la suite, une seconde phase plus structurée les a vus mettre en œuvre ce que nous appelons la « scénarisation des cours ». Un enseignement radicalement différent. C’est un autre progrès à l’œuvre.

La crise les a aussi poussés à écouter les propositions des élèves. C’est ainsi que des « réseaux de jeunes » comme Snapchat ou Discord sont devenus des « réseaux de classe », en particulier pour communiquer avec les élèves les plus isolés, en risque de décrochage. Cette incorporation pédagogique des pratiques des élèves est un autre effet de la crise.

La capacité des enseignants à travailler en ligne a donc globalement progressé. Mais que sait-on de la capacité des élèves ?

Il est très difficile, aujourd’hui, d’être péremptoire sur le niveau des élèves. Laissons aux chercheurs le temps de l’évaluer. Ce que l’on sait, c’est que les élèves ont vécu des situations hétérogènes ; certains ont été très bien accompagnés [par leurs enseignants], quand d’autres témoignent de situations d’abandon ayant duré plusieurs semaines.

(...)

Quels conseils donneriez-vous aux parents pour aborder cette période sans école ?

Ne faisons pas du numérique un sujet de conflit permanent : c’est le principal conseil que je donnerais aux parents. Au-delà du suivi scolaire, intéressez-vous aussi à ce que font vos enfants avec leurs écrans. C’est compliqué, sans doute, surtout quand ils sont adolescents. Avoir un temps d’« écran partagé » en famille implique de le négocier, mais c’est aussi le rôle des parents. Partagez votre cyberculture, vos expériences des environnements numériques : voilà comment on peut recréer du lien entre les générations. Et il me semble qu’on en a, aujourd’hui, particulièrement besoin.

Mattea Battaglia

Entretien complet à lire en cliquant ci-dessous

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Quand la fachosphère cible les universitaires

2 Avril 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Université

Petit guide de la Fachosphère – Anti-K

Les affaires de chercheurs intimidés ou menacés pour leurs prises de position se multiplient. Une arme bien rodée dont use et abuse l’extrême droite pour tenter de dicter son agenda.

Ils se sont retrouvés avec une cible collée dans le dos, désignés «complices de l’islam radical». Pourquoi ? Avoir signé une simple pétition appelant à la démission de Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur qui avait déclaré mi-février que «l’islamo-gauchisme gangrène la société dans son ensemble et l’université n’est pas imperméable». «Islamo-gauchisme» : le mot était lâché, déclenchant une série de polémiques et livrant les partisans présumés de cette notion aussi éthérée que fantasmée à la vindicte. Et notamment à celle de l’extrême droite.

Lancée, dans la foulée des déclarations de Vidal, par des membres du personnel de l’enseignement supérieur et de la recherche, la pétition a très vite recueilli des milliers de soutiens et en comptait 23 000 lors de sa remise à Matignon, le 25 mars. Tous dénoncent «l’intention dévastatrice» de leur ministre accusée de «diffamer une profession et, au-delà, toute une communauté». Mais l’affaire dépasse vite le champ des idées avec la (re) publication, le 21 février sur un blog, de la «liste des 600 gauchistes complices de l’islam radicale (sic) qui pourrissent l’université et la France». Si ce site obscur n’est pas particulièrement politisé, le texte qui accompagne la fameuse «liste», toujours en ligne, comporte tous les stigmates de l’extrême droite. «Cette liste contient les noms des personnes, toutes payées par l’Etat donc par l’impôt des Français, souvent fonctionnaires, pour effectuer d’hypothétiques recherches qui n’intéressent qu’eux-mêmes et la sphère gauchiste plus ou moins radicale, s’épanche l’auteur. Ces recherches […] servent à développer les théories qui ont pour unique but de faire avancer l’islam et par conséquent le radicalisme islamique à l’université en particulier et en France en général.» L’homme, qui a visiblement agi sous son vrai nom, a également pris soin de mettre des liens comportant CV et contacts de certains signataires.

«Fausses informations»

L’affaire a été immédiatement prise «très au sérieux» par le CNRS, qui a saisi le procureur de la République. Contacté par Libé, il indique n’avoir pas eu de remontées de menaces supplémentaires à ce stade. Des universités, comme celle de Toulouse, se sont décidées à offrir la protection fonctionnelle aux chercheurs visés et à porter plainte«L’extrême droite utilise les réseaux sociaux, Internet, pour faire circuler des fausses informations, accoler à des personnes bien réelles des opinions qui ne sont pas les leurs et, in fine, en faire des gens supposément dangereux qu’il faudrait presque attaquer…» dénonce Christophe Voilliot, cosecrétaire général du Snesup-FSU, contacté par Libé. Le syndicaliste regrette que Frédérique Vidal n’ait pas soutenu les chercheurs en question plus vigoureusement.

Le sociologue Eric Fassin, également signataire de la pétition, a pour sa part dénoncé une «chasse aux sorcières» lancée par la ministre Vidal et «relayée par la fachosphère». Le chercheur a lui-même été menacé de mort récemment par Didier Magnien, une ancienne figure de la mouvance néonazie, comme l’a révélé Mediapart. «Je vous ai mis sur ma liste des connards à décapiter le jour où ça pétera», avait lancé Magnien sur Twitter en réponse à un billet de blog publié par le sociologue dans la foulée de l’assassinat de Samuel Paty, où il expliquant notamment que «si les terroristes cherchent à provoquer un «conflit des civilisations», nous devons à tout prix éviter de tomber dans leur piège». Magnien a été condamné en décembre à quatre mois de prison avec sursis et 1 000 euros d’amende pour «menace de mort».

Mécanique bien huilée

Le schéma est simple, et presque toujours le même : une prise de position en lien de près ou de loin (parfois même de très loin) avec l’islam, les musulmans ou l’immigration dont la fachosphère s’empare et c’est la shitstorm («tempête de merde») dans le langage fleuri du Web. Grâce à des milliers de messages véhéments diffusés par des bataillons de militants ou des faux comptes, la fachosphère se joue des algorithmes et pousse ses sujets en tête des tendances, ce qui en démultiplie la portée. Et la violence pour les victimes de ce harcèlement.

Mais les réseaux radicaux s’en servent aussi pour gonfler ou créer de toutes pièces des polémiques par lesquelles ils parviennent à jouer sur l’agenda médiatique, ou politique. Outre le monde de la recherche, des personnalités comme Mennel, l’ancienne candidate de The Voice, l’animateur Yassine Belattar, les rappeurs Black M et Médine, la syndicaliste étudiante de l’Unef Maryam Pougetoux, attaquée pour s’être présentée voilée à une commission parlementaire de l’assemblée, et tant d’autres ont été ciblées par la fachosphère. Et les plateaux télé d’enchaîner les débats sur l’immigration, les études de genre, les questions identitaires, le «racisme anti-blancs» théorisé par Jean-Marie Le Pen, ou plus récemment la «non-mixité» des réunions syndicales à l’Unef.

Tempête d’insultes… puis de menaces

L’extrême droite en ligne maîtrise parfaitement la recette : relayer, s’indigner, faire réagir. Elle a encore fait preuve de ses capacités à agiter les réseaux sociaux et à décupler l’écho médiatique de certaines polémiques lors de la récente affaire liée à l’affichage − condamné par tous les acteurs − du nom de deux enseignants qualifiés de «fascistes» et taxés d’islamophobie, fin février à Sciences-Po Grenoble. Le monde politique a réagi, ainsi que la ministre Frédérique Vidal pour fustiger la mise en cause publique de ces deux enseignants placés sous protection policière. Face au tollé national, difficile d’entendre que l’un d’entre eux, Klaus Kinzler, avait auparavant rudement mis en cause le travail d’une enseignante. Sa «faute», selon lui ? Diriger un groupe de travail contre les discriminations employant le terme «islamophobie», terme qui serait une «arme idéologique [de la] guerre mondiale menée par des “fous de Dieu”», selon des échanges révélés par Mediapart. Kinzler s’était d’ailleurs fait recadrer par la direction de Pacte, le labo de recherche en sciences sociales CNRS /Sciences-Po Grenoble /UGA, comme l’a écrit Libé. L’affaire rebondit, mi-mars, lorsque l’animateur de CNews Pascal Praud, goguenard, donne à l’antenne le nom de la directrice du labo Pacte, coupable selon lui d’avoir défendu en interne sa collègue prise pour cible par Kinzler. Conséquence immédiate de l’outing de CNews : une tempête d’insultes et de menaces contre cette femme, qui doit désormais elle aussi vivre sous protection policière.

Cette intervention d’un leader d’opinion influent à la droite de la droite est un autre élément crucial de la mécanique fanatique de la fachosphère. Ce sont aussi les Eric Zemmour, Jean Messiha, Damien Rieu mais aussi le site Fdesouche, le «média de mobilisation» Damoclès, fondé par un collaborateur parlementaire LR, ou encore les néonazis anonymes du site interdit (mais qui reste accessible et a même un forum très fréquenté) «Démocratie participative» : une intervention de ces influenceurs, qu’elle soit sibylline ou carrément ordurière, peut transformer un épiphénomène en tempête.

Le phénomène ne concerne bien sûr pas que les chercheurs. Militants, journalistes, ou même anonymes en ont fait les frais ces dernières années. Si de plus en plus d’affaires finissent devant les tribunaux, la majorité reste impunie. Les raids numériques coordonnés et les tweets injurieux sont plus sévèrement réprimés depuis une loi de 2018. Et si un amendement a été inséré dans le projet de loi «confortant les principes de la République», pour contraindre (un peu) les réseaux sociaux à améliorer leur modération, la majorité compte surtout sur l’échelon européen. Le «Digital Services Act» devrait ainsi mettre fin à l’irresponsabilité juridique des géants du numérique. Il pourrait être adopté, au mieux, d’ici 2022.

Maxime Macé et Pierre Plottu

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La mystérieuse « boîte à mots » de Philippe Meirieu

2 Avril 2021 , Rédigé par RadioLà Publié dans #Education

Estimation Vase, verrerie, porcelaine...: Boite ancienne de berlingots  nantais

Dans le cadre du projet Rencontres en contes, Philippe Meirieu présente aux élèves « la boîte à mots », dispositif de création de récits.

Philippe Meirieu, expert dans le domaine de la pédagogie et des sciences de l’éducation et ancien professeur de français et de philosophie, est intervenu auprès des classes.

Bien que cette année scolaire soit difficile à entrevoir, certains ne se découragent pas. Le directeur de l’école du Juncher à Dieulefit, Thomas Miani, a préparé un programme autour des contes. Les élèves de l’école du Juncher apprennent donc à conter pour développer leur imagination et leur créativité.

Reportage réalisé par Océane Boisseleau

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