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Vivement l'Ecole!

Les matériaux de Notre-Dame de Paris livrent leurs secrets (Vidéo)

14 Avril 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Art, #Architecture, #Histoire

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Week-end d'intégration... ou de désintégration ?

14 Avril 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Comment les établissements tentent de lutter contre le bizutage?

C’est un week-end au début ou à la fin de l’année au cours duquel on accueille les nouveaux étudiants ou salue les anciens. Lola, Vincent et Tim racontent leur week-end d’intégration ou, parfois, de désintégration. Des histoires de pression de groupe, de quête d’identité ou d'amour.

C’était le 26 septembre 2014. Tim rencontre une jeune fille sympathique qui s’appelle Orlane. Le week end d’intégration auquel ils doivent participer approche : Tim souhaite découvrir de nouvelles personnes.

Arrivé sur place, le jeune homme commence à s’amuser. Il boit, il fume, il danse et rigole. La soirée se passe bien.

Je danse aussi avec Orlane. Elle avait autour de son cou une écharpe en fourrure, c’était assez marrant. C’était doux, et je m’amusais avec. […] On s’est embrassé assez naturellement.

Tim est surpris : il ne se reconnait pas dans ce comportement inédit. Alors que la soirée continue, il a envie de vomir. Face à Orlane, il a peur de perdre pied :

Je pars en disant que je vais aux toilettes. Je vais en fait derrière un arbre, je vomis, et je reviens en pleine forme, complètement soulagé. Puis on reprend la soirée comme elle est.

Le lendemain, c’est la gueule de bois. Tim sent une certaine distance de la part d'Orlane. Mais, à la faveur d’une nouvelle soirée, les deux se rapprochent à nouveau. Le lien se retisse. Au moment de dormir, Tim tremble de froid. Orlane vient alors le réchauffer. La nuit qu’ils passent ensemble est plaisante.

Mais voilà : en rentrant à Paris, la belle part sans dire au revoir. Tim est en proie au doute, mais il se décide à recontacter Orlane. Sept ans plus tard, leur relation a bien évolué…

Dès sa rentrée en école de communication, Vincent entend parler d'un fameux week-end d'intégration. Si l'étudiant songe à profiter de la vie après des mois de classes préparatoires, il  se pose toutefois des questions.

Je sais que ça a ses travers. Ça peut être très sympa mais c’est globalement un passage obligé, où tout le monde ne tire pas son épingle du jeu.

Après moult hésitations, Vincent se fait violence et prépare ses valises. Dans le car, il préfère cependant s’isoler avec sa musique alors que ses amis, eux, sont très excités :

Ce que je crains s’installe : je vois déjà une espèce d’entité de « groupe » qui se crée. La singularité des gens ne ressort pas, c’est plutôt une masse, en l’occurrence de mecs.

Une fois sur place, les festivités commencent : batailles de farine, sports, amusements. Une « logique martiale » bon enfant se met en place avant la soirée. Les amis de Vincent décident à cette occasion de tordre le thème « chic » et se travestissent en femmes. Lui ne s’en sent pas capable et opte pour le costard. L’alcool coule à flots et la soirée se déroule sans accroc :

De fil en aiguille, je me trouve à comprendre qu’une fille est sur moi, que je lui fais de l’effet. On danse, on boit, et sans m’en rendre compte, je me retrouve dans le champ à côté du préau. Elle m’embrasse, je me laisse faire et on rentre danser. Je me rends compte que j’en avais pas du tout envie.

Si ses amis rigolent, Vincent ne se reconnait pas : homosexuel, il a l’impression, entre autres, d’avoir plié face à la pression du groupe.

À 27 ans, Lola se souvient aussi de la pression qu’elle a subie lors de son week-end d’intégration. C’était en classes préparatoires à Lille. Tout a commencé par la nomination d’élèves au sein des classes :

Les étudiants de deuxième année étaient chargés de nommer dans chaque classe des fonctions. Il y avait des miss, des misters et une panthère rose, la personne qui faisait des câlins aux gens quand ils avaient des coups de mous.

Sans vraiment le vouloir, Lola est désignée « miss ». On lui force la main, on la persuade. Elle doit même défiler. Et est élue avec une de ses camarades.

L’après-midi se passe dans un parc : le bizutage s’annonce physique. Au moment de la soirée, Lola s’arrange pour être la « remplaçante » de sa camarade. Dans un sous-sol où se mélangent les vapeurs d’alcool, Lola apprend que la miss des miss doit être élue. Pour cela, il faut se déshabiller sur le bar. L'étudiant se demande alors ce qu’elle fait là :

Je me déshabille, mais je garde ma culotte et mon chapeau sur ma poitrine. Les autres miss, elles, étaient seins nus. Pour moi, c’était impossible de faire ça.

La jeune fille sent des mains sur son corps. Elle a la sensation d’être comme sur un « étal de boucher » : 

Il y avait quatre ou cinq mains différentes. Putain, j’avais l’impression d’être un morceau de viande.

Dépassée, Lola prend ses affaires et part. En colère contre elle-même, elle rumine.

Encore aujourd’hui, je me demande comment j’ai pu faire ce truc. Pourquoi faut-il passer par l’humiliation pour intégrer les gens dans ces formations ? Je ne comprends pas.

Reportage : Alice Babin

Réalisation : Emily Vallat

Merci à Lola, Oriane, Vincent, Tim et Orlane.

Musique de fin : « Blood On Me », Sampha - Album : Process, 2016 - Label : Young.

Sonia Kronlund

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Malgré des cas positifs, des élèves de BTS obligés de se présenter à leurs examens

14 Avril 2021 , Rédigé par L'Alsace Publié dans #Education

Malgré des cas positifs, des élèves de BTS obligés de se présenter à leurs examens

EXTRAIT

La grogne se fait sentir chez de nombreux étudiants en BTS, qui déplorent être obligés de passer leurs examens en présentiel en pleine crise sanitaire. Certains d'entre eux ont même été menacés d'un "zéro éliminatoire" s'ils ne se présentaient pas le jour des épreuves...

Des pétitions, une page facebook, le mot-dièse #BTScontrôlecontinu sur Twitter et un collectif "BTS en détresse"... Depuis plusieurs jours, des étudiants en BTS en colère tentent de mettre la pression sur le gouvernement dans l'espoir que leurs conditions d'examens soient totalement revues.

Ils sont en effet nombreux à estimer que les examens en présentiel et les conditions dans lesquels ils sont réalisés ne garantissent pas leur sécurité en cette période de crise sanitaire.

En 2020, les épreuves finales des étudiants de deuxième année de BTS (brevet de technicien supérieur, qui se prépare en deux ans après le bac) avait été annulées et remplacées par un contrôle continu, confinement oblige. Mais pour la session 2021,Jean-Michel Blanquer a été clair : les examens en présentiel seront maintenus, comme l'avait rappelé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

"On ne se sent pas prêts pour passer nos examens"

Pour Laure, membre du collectif "BTS en détresse", cette décision provoque un sentiment d'injustice. Depuis plus d’un an, on rencontre des difficultés dans notre scolarité, avec des cours à distance, pas toujours évidents à suivre", explique l'élève en BTS support de l’action managériale dans les Deux-Sèvres.

Or si au cours des dernières semaines, certains étudiants ont connu un enseignement "hybride", d’autres ont quasiment été privés d’enseignement en présentiel depuis mars dernier, comme Ridwane Jaddi, qui n’a pu retourner en cours que quelques semaines en septembre dernier depuis un an

"A cause de la crise nous avons accumulé un retard conséquent, on ne se sent pas prêts pour passer nos examens", déplore-t-il.

(...)

Par J. C. avec AFP

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Vaccination des personnels, le grand vide

14 Avril 2021 , Rédigé par Snes FSU Publié dans #Education

Vaccination des personnels, le grand vide

Entre atermoiements et déclarations contradictoires, la vaccination des personnels n’avance pas. Le point sur la situation et les demandes du Snes-FSU.

 

La stratégie vaccinale du gouvernement est difficile à suivre, le calendrier a été plusieurs fois revu et pour les personnels de l’Éducation nationale, la cacophonie gouvernementale révèle une impréparation qui rappelle les ratés des masques et des tests.

Pour le Snes-FSU, les personnels de l’Education nationale (et pas seulement les enseignants) volontaires doivent être prioritaires pour la vaccination, le processus doit être accéléré avec notamment un calendrier permettant une vaccination des personnels de l’éducation volontaires avant la reprise en présentiel le 3 mai.

Mise à jour 12 avril

Emmanuel Macron tenté de justifier le calendrier vaccinal de l’Education nationale en opposant artificiellement différentes tranches d’âges, opposant « l’enseignant de 30 ans » à « ses parents de 70 ans ». Une preuve de plus de l’impréparation logistique mais aussi de l’absence de toute considération pour l’Education nationale. Si cette dernière est bien une priorité, alors il faut protéger les personnels, ce qui passe notamment par une vaccination prioritaire et accélérée.

Mise à jour 9 avril

Les déclarations contradictoires se sont multipliées ces dernières semaines et ces derniers mois.

  • 3 janvier : à la question d’un journaliste sur BFM « y a t il, souhaitez vous qu’il y ait une priorité donnée aux personnels de l’Education nationale dans les semaines qui viennent par rapport à ce vaccin ? », la réponse de Jean-Michel Blanquer est la suivante : « alors c’est prévu, c’est normal, puisque ça fait partie des personnels qu’on peut appeler de premier rang. Ça serait souhaitable au mois de mars au plus tard, si on arrive à le faire avant ça serait bien »
  • 5 janvier : sur Europe 1, le calendrier ministériel devient plus flou « l’objectif » est « de pouvoir commencer au mois de mars si possible ».
  • Le 10 janvier : le calendrier est cette fois plus large sur RTL : La dynamique est enclenchée (…) Cela aura lieu forcément dans le courant du premier semestre », a expliqué Jean-Michel Blanquer. Tout en précisant « Il faut arrêter les déclarations dans tous les sens qui créent du désordre »
  • Le 1er mars, Olivier Véran, invité du JT de France 2 balaye toute hypothèse de priorité pour l’Education nationale « Pas de priorisation pour qui que ce soit, en dehors des soignants, des pompiers, pour tous les autres, c’est si vous avez des comorbidités et que vous êtes dans la tranche d’âge« 
  • Le 23 mars, alors que le sujet est de plus en plus présent dans le débat public, Emmanuel Macron tente de mettre fin au débat en évoquant des perspectives rapides : « A partir de mi-fin avril, nous allons avoir de plus en plus de vaccins qui vont arriver et on sera à ce moment là dans une situation qui nous permettra en effet d’envisager d’avoir des campagnes ciblées sur des professions qui sont exposés, à qui on demande des efforts, les enseignants en feront légitimement partie »

Cela ne met pas pour autant fin à la cacophonie gouvernementale sur le sujet.

  • Le 1er avril, à quelques heures d’intervalle, le ministre de l’Education nationale et le ministre de la santé se contredisent dans les médias.
    Jean-Michel Blanquer sur RTL « comme le président de la république l’a dit, à partir du mois d’avril va s’amorcer le 1er mouvement de vaccination des professeurs »
    Olivier Véran, sur France Inter, au sujet de la vaccination des enseignants « Vraisemblablement pas dans les toutes prochaines semaines », pour un ministre qui ne « s’engage pas sur un calendrier ».
  • 4 avril : Jean-Michel Blanquer précise sur France Inter « s’agissant des professeurs, notre objectif c’est que ce soit dans le courant du mois d’avril, selon des règles de priorité que nous travaillons actuellement, notamment ça commencera par ceux qui s’occupent des enfants en situation de handicap, c’est-à-dire non seulement les professeurs concernés, mais aussi des personnels qui ne sont pas des professeurs mais qui travaillent en milieu éducatif et qui sont avec les enfants handicapés ».
  • 5 avril : pour une fois, Jean-Michel Blanquer n’est pas complètement contredit par le ministre de la Santé qui, le lendemain, déclare « d’ici à la fin du mois d’avril », seuls ceux « qui travaillent en lien avec des enfants atteints de handicap » (soit « plusieurs dizaines de milliers d’enseignants »).
  • C’est finalement le président de la République qui rajoute de la confusion, en déclarant à des collégiens (!), le 6 avril lors d’une des seules classes virtuelles qui a pu fonctionner ce jour-là, que les professeurs seraient vaccinés à partir de la mi-juin !

Cette cacophonie est insupportable : si l’Education nationale est bien la priorité que vante le gouvernement dans toutes ses déclarations, alors il doit s’en donner les moyens et cela passe notamment par la vaccination rapide des personnels concernés .

Une priorité pour les personnels de l’Éducation nationale

Les personnels de l’Éducation nationale qui le souhaitent, comme d’autres fonctionnaires et d’autres salariés (caissières par exemple) au contact régulier du public, doivent pouvoir bénéficier d’un accès accéléré à la vaccination. Il y a là un enjeu crucial, collectif et individuel, de réduction des risques de contamination à l’heure où les autorités se targuent de tout faire pour sortir de la crise sanitaire.

Si l’Éducation nationale est bien la priorité que vante le gouvernement, tous les moyens et toutes les énergies doivent être mobilisés pour la faire vivre au quotidien et pour protéger les agents. La vaccination doit être un outil intégré à une stratégie cohérente et complète de de protection et de prévention. Pour l’instant, et depuis un an, l’Éducation nationale n’a ni l’un, ni l’autre.

La situation au 21 mars

En l’état actuel, les agents de plus de 50 ans atteints de comorbidités listées par la HAS peuvent être vaccinés dès maintenant. Cette opération n’est pas prévue pour se faire dans un cadre professionnel, elle se fait donc chez son médecin traitant, un pharmacien, un centre de vaccination ou un service de médecine de prévention.

Le SNES, avec la FSU, a demandé à la ministre de la Fonction publique que les agents puissent bénéficier d’une autorisation d’absence pour vaccination. La ministre a institué ce droit, mais uniquement pour les vaccinations qui se font dans les services de médecine de prévention. Dans ce cas l’agent qui souhaite être vacciné en passant par la médecine de prévention doit simplement informer son chef de service qu’il rencontre le médecin de prévention à sa demande, sans avoir à en préciser le motif (pour préserver le secret médical) et sans avoir à récupérer ce temps d’absence.

Mais tout le monde sait à quel point l’Education nationale manque de médecins du travail. La vaccination par la médecine de prévention à l’Education nationale va donc être quasiment inexistante et pour les personnels de ce ministère, que se passera-t-il si la vaccination a lieu pendant le temps de service ?

Le SNES, avec la FSU, demande que toute facilité soit accordée aux personnels de l’Education nationale pour qu’ils puissent s’absenter pour être vaccinés, sans pénalité financière, sans avoir à rattraper le temps de service, tout en préservant le secret médical.

Non au jour de carence !

La FSU est intervenue pour exiger que le jour de carence ne soit pas appliqué en cas d’arrêt lié à des effets secondaires de la vaccination. Si vous êtes dans cette situation, contactez-nous ou contactez votre section académique.

Situation des collègues vulnérables

Les collègues en travail à distance du fait de leur vulnérabilité ne doivent pas revenir en présentiel après la première injection.

Après la deuxième, il ne peut y avoir de pression en ce sens de la part de la hiérarchie, cela ne peut résulter que de la volonté et du choix de l’agent et en ayant de préférence consulté son médecin traitant. Dans l’hypothèse d’un retour en présentiel, les personnels vulnérables doivent conserver toutes les mesures de protection définies par le décret du 10 novembre.

Dans les autres pays ?

Le secteur international du Snes-FSU a interrogé les syndicats d’autres pays pour avoir un tour d’horizon complet de la situation.

 
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Le flou autour de la vaccination des enseignants exaspère les syndicats

14 Avril 2021 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education

Vaccins contre le coronavirus : tout ce que vous devez savoir - BBC News  Afrique

Les vacances de Pâques commencent à peine que les enseignants s'inquiètent déjà des conditions de la reprise, en l'absence d'un calendrier clair sur leur vaccination.

CORONAVIRUS - Au gouvernement, tout le monde est d’accord pour le dire: les enseignants font partie des personnes très exposées au coronavirus et doivent être prioritaires pour la vaccination. Une fois cette affirmation posée, que fait-on pour la concrétiser? De l’avis général des syndicats de l’enseignement, pas grand-chose. Et cela pèse lourd sur le moral des troupes, où certains n’excluent pas de recourir à la manière forte pour obtenir la précieuse piqûre.

“L’engagement présidentiel doit être tenu et ne doit pas se transformer en effet d’annonce. Si tel était le cas, le Président aura suscité une déception à la hauteur des espoirs placés dans sa parole.” Voilà la mise en garde un brin amère du dernier communiqué du Syndicat Enseignants-UNSA mis en ligne ce lundi 12 avril.

Il faut dire que, depuis les premières annonces sur le sujet, le calendrier de la vaccination des enseignants ne cesse d’être revu et corrigé. Le 8 avril, à l’issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement s’est même refusé à donner une date précise.

Pour les syndicats, l’explication à ce flou est toute trouvée: “Il n’y a ni priorisation ni organisation. Il n’y a aucune planification de la vaccination dans l’Éducation nationale à ce stade”, affirme au HuffPost Brendan Chabannes, co-secrétaire général de Sud-Education.

“Vaccination soi-disant prioritaire”

Le flou qui va en s’épaississant sur la vaccination n’est pas de nature à rabibocher syndicats et enseignants avec le ministère de Jean-Michel Blanquer, déjà une cible de leurs critiques bien avant la crise sanitaire.

Unanimement, les syndicats s’indignent du manque de communication du ministère, un reproche ancien mais d’autant plus saillant en cette période. “Le ministère ne nous dit pas grand-chose, voir rien du tout. Nous n’avons pas de réponse depuis le mois de janvier”, rapportait sur FranceInter Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. Interrogé sur son dernier contact avec le ministère à propos de la vaccination, le co-secrétaire général de Sud-Education lance un “Jamais?!” railleur. Plus nuancé, le Sgen-CFDT reconnaît malgré tout que “sur le sujet précis de la vaccination, on n’a pas de réponses”. Et d’évoquer à titre d’exemple une réunion avec le directeur de cabinet de Jean-Michel Blanquer annoncée depuis des mois et toujours pas concrétisée.

Officiellement, le gouvernement a communiqué au moins à trois reprises sur les dates de vaccination des professeurs. Le mois de mars a tout d’abord été évoqué. Puis la mi-avril. Le 8 avril dernier, Gabriel Attal évoquait “les prochaines semaines” pour les enseignants aux contacts d’élèves handicapés. Enfin, selon Libération, Emmanuel Macron aurait finalement évoqué la mi-juin, une fois que la vaccination aura été ouverte à tous les moins de 50 ans.

Ce qui reviendrait, in fine, à ne pas prioriser. Pour le représentant Sud-Education, c’est d’ailleurs déjà en partie le cas avec la vaccination ouverte depuis ce lundi à tous les plus de 55 ans. “Il est fort peu probable que l’administration de l’Éducation nationale appelle tous les personnels concernés en leur disant ‘nous vous avons réservé un créneau la prochaine semaine, quel horaire vous arrange‴’, ironise-t-il, en parlant d’une “vaccination soi-disant prioritaire”. “On renvoie les gens à leur responsabilité individuelle en leur disant ‘Allez vous faire vacciner, débrouillez-vous’.”

Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT, souligne pour sa part que cette ouverture ne permettra de vacciner qu’“une partie” des enseignants, et pas la plus grande. La profession s’est en effet rajeunie ces dernières années, particulièrement “compte tenu des conditions d’affectations” dans les zones les plus défavorisées qui sont aussi celles où le virus circule le plus.

Un sentiment d’abandon

Résultat? Les syndicats sont tous d’accord sur le mot à employer pour décrire l’attitude de l’Éducation nationale face aux enseignants: abandon. Sur tous les points.

Brendan Chabannes évoque des campagnes de tests qui “n’ont jamais eu le caractère massif qu’elles auraient dû avoir” et des difficultés sur les masques fournis par le ministère. Quant à la vaccination sans cesse repoussée, c’est tout simplement “insupportable”, confie le représentant Sud Éducation. L’absence d’une stratégie nationale est d’autant plus flagrante qu’à l’échelle locale, certaines municipalités ont permis aux enseignants de recevoir l’injection en priorité. “Nous avons un sentiment de cacophonie totale”, abonde également le 10 avril le Snes-FSU.

Comme l’UNSA, le Sgen-CFDT insiste sur “la perte de confiance” de la profession vis-à-vis du gouvernement: “Cela rend beaucoup de collègues totalement désabusés. (...) Il n’y a pas de visibilité, les discours changent tous les deux jours… C’est mal vécu parce que ça ne permet pas de se projeter.”

Malgré les assurances de l’État, les enseignants sont donc loin de se sentir prioritaires. Le sentiment est d’autant plus partagé, qu’au-delà de la question de la vaccination, beaucoup ont l’impression que rien n’est vraiment mis en place pour permettre une réouverture des classes dans des conditions optimales.

“On a un gouvernement qui affiche sa volonté de rouvrir un enseignement présentiel vite, et même, quand on écoute certains propos du Président, avec 100% des élèves 100% du temps. Mais on n’a pas la moindre visibilité sur ce qui va être mis en place dans les établissements scolaires pour palier le fait qu’on n’ aura toujours pas réellement commencé la vaccination des personnels”, détaille la représentante CFDT.

Brendan Chabannes estime lui qu’une vaccination généralisée empêcherait les fermetures d’école et éviterait donc le recours massif et mal maîtrisé à l’enseignement à distance - une “catastrophe” illustrée selon les syndicats par les derniers bugs des plateformes ENT.

Une grève pour la vaccination?

Immédiatement après les annonces d’Emmanuel Macron, les syndicats ont réclamé une organisation précise pour la reprise du 26 avril et du 3 mai. “Nous devons dès à présent nous préoccuper de préparer la reprise. Pour cela, la vaccination des personnels qui travaillent dans les écoles, collèges et lycées est une priorité et doit se concrétiser rapidement”, écrivait le 31 mars le secrétaire général de l’UNSA-Éducation.

Même son de cloche pour le SNE (Syndicat national des enseignants) dans un communiqué du 9 avril. Le SNES-FSU réclame lui la vaccination des personnels “avant le 3 mai”, date à laquelle tous les élèves de France doivent reprendre les cours en présentiel. Tout comme Sud-Education: “Si on nous dit qu’on profite de la dernière semaine de congés pour ouvrir certains établissements et les transformer en centre de vaccination pour les personnels, on prendra”, nous affirme Brendan Chabannes. Au Sgen-CFDT, l’idée d’une vaccination pendant les vacances a aussi été soutenue au début mais Catherine Nave-Bekhti met en garde sur les délais trop courts pour recevoir les deux doses et avoir une efficacité suffisante des injections.

Et si rien n’est fait en ce sens ou suffisamment rapidement? Alors aux grands maux les grands moyens. “De la même manière qu’il y avait eu une grève sanitaire en octobre (contre le protocole sanitaire jugé insuffisant, NDLR), il n’est pas inenvisageable, si on nous annonce que finalement il n’y a pas de vaccination du tout ou qu’elle est encore repoussée, que la colère de la profession se traduise par la construction d’un mouvement de grève”, lâche le représentant Sud Éducation. L’idée ne fait toutefois pas l’unanimité: la secrétaire générale du Sgen-CFDT, pour qui “la vaccination n’est pas le seul levier”, reste prudente sur l’idée d’une grève, sans pour autant fermer totalement la porte: pour l’instant, ce n’est “ni oui ni non”, mais le sujet “sera débattu en interne si on l’estime nécessaire”.

Jade Toussay

 
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Evelyne Gallet...

13 Avril 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Franck Bouysse...

13 Avril 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

C’était une drôle de journée, une de celles qui vous font quitter l’endroit où vous étiez assis depuis toujours sans vous demander votre avis. Si vous aviez pris le temps d’attraper une carte, puis de tracer une ligne droite entre Alès et Mende, vous seriez à coup sûr passés par ce coin paumé des Cévennes. Un lieu-dit appelé Les Doges, avec deux fermes éloignées de quelques centaines de mètres, de grands espaces, des montagnes, des forêts, quelques prairies, de la neige une partie de l’année, et de la roche pour poser le tout. Il y avait aussi des couleurs qui disaient les saisons, des animaux, et puis des humains, qui tour à tour espéraient et désespéraient, comme des enfants battant le fer de leurs rêves, avec la même révolte enchâssée dans le cœur, les mêmes luttes à mener, qui font les victoires éphémères et les défaites éternelles.

Franck Bouysse - Grossir le ciel

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Education : en finir avec la théorie des intelligences multiples

13 Avril 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Les « intelligences multiples » au service de « l'intelligence collective »

Certains sont doués pour les maths, d’autres pour la plomberie ou le dessin, c’est comme ça. Derrière cet apparent bon sens se cache la «théorie des intelligences multiples», développée dans les années 80 par Howard Gardner. Mais malgré son succès mondial, elle n’a pas de fondement scientifique.

«Ce que vous faites s’apparente à de l’acharnement thérapeutique», m’a expliqué un homme d’une soixantaine d’années assis au premier rang. Il a fait le chemin depuis le village voisin jusqu’à cette librairie avignonnaise pour assister à la présentation de mon premier livre, les Incasables, dans lequel j’évoque mon expérience d’enseignant auprès de jeunes élèves en grande difficulté scolaire. Ses grimaces et ses gesticulations persistantes contrastaient avec la bienveillance affichée du reste de mon auditoire, et après une dizaine de minutes, c’en était trop pour ce contrôleur de gestion fraîchement converti en sophrologue : «Ces jeunes-là dont vous parlez, ils ont vraiment besoin d’apprendre à conjuguer et à poser des divisions ? Peut-être qu’ils sont bons ailleurs, dans la plomberie, le hip-hop ou le dessin… Ne seraient-ils pas mieux dehors ?» Selon mon interlocuteur, l’école se trompe lourdement en tentant de faire acquérir les mêmes savoirs à tout le monde. Certains ne sont tout simplement pas faits pour l’étude des éléments constitutifs de la langue dans laquelle ils s’expriment. C’est comme ça, c’est la science qui le dit. «Chacun son intelligence», conclut-il.

Des bases scientifiques absentes

J’aurais pu parier dix années de prime informatique que le spectre d’Howard Gardner allait s’inviter parmi nous. C’est lui qui, en 1983, a développé la théorie selon laquelle chaque être humain est doté d’un ensemble d’intelligences indépendantes les unes des autres. Dans Frames of Mind (1), il en détaille sept : linguistique, musicale, corporelle, visuelle, logique, interpersonnelle et intrapersonnelle. Il y ajoute, en 1993, l’intelligence naturaliste qui consiste à reconnaître et à classer les espèces naturelles. L’être humain les posséderait toutes, mais il y aurait, en chacun de nous, une ou plusieurs intelligences prédominantes qu’il conviendrait de stimuler pour favoriser les apprentissages.

Tout au long de Frames of Mind, Howard Gardner prend de manière claire et affirmée ses distances avec la dimension scientifique, ne cherchant pas de validation ou de vérification pour ses hypothèses. Cela mène l’enseignant belge Didier Goudeseune à ranger la théorie des intelligences multiples plutôt du côté du développement personnel. De ce fait, explique-t-il, «elle souffre des maux habituels et propres à ces théories : manque de bases, absence régulière de validation scientifique, caractère pseudoscientifique, absence de prise en compte de l’expertise des enseignants et de leur professionnalisme, ou absence de régulation».

Un «s», et Howard devint une icône

La théorie des intelligences multiples n’a jamais été clairement réfutée et pour cause, le flou qui l’entoure la rend irréfutable. Paradoxalement, c’est là sa principale faiblesse car comme l’explique l’épistémologue autrichien Karl Popper (2) : «Une théorie qui n’est réfutable par aucun événement qui se puisse concevoir est dépourvue de caractère scientifique.» Et on peut difficilement reprocher à Howard Gardner d’avoir menti à ce sujet : dès la vingtième page de Frames of Mind, il concédait que «la notion d’intelligences multiples n’est pas une donnée scientifique prouvée».

Mais validée ou pas, la théorie a rencontré un succès monstrueux, inspirant des dizaines de livres, des articles de revues et autres conférences TED. Il existe même une «Howard-Gardner Escuela» à Quito, la capitale de l’Equateur, et à 77 ans, le professeur à l’université de Harvard continue de donner des conférences partout dans le monde pour expliquer comment il a eu l’idée de mettre un «s» à intelligence.

Pour comprendre l’origine d’un tel succès, il faut s’intéresser au contexte. Le livre de Gardner a débarqué dans les librairies au moment où les éducateurs américains étaient critiqués pour n’avoir pas enseigné correctement la lecture, l’écriture et les mathématiques. Les scores aux évaluations nationales chutaient et les théoriciens de l’éducation traditionnelle demandaient des jours d’école plus longs, plus de devoirs et plus de tests. Face à Gardner se trouvait une flopée de psychanalystes boursouflés de certitudes ennuyeuses parmi lesquels Richard Herrnstein. On s’amuse bien avec lui, il estime que le quotient Intellectuel régit chaque aspect de l’existence des individus, et qu’il est en grande partie hérité en plus d’être immuable.

L’enseignant Bruno Hourst, le premier en France à avoir présenté la théorie des intelligences multiples et ses applications, s’en défend vingt ans plus tard dans son blog en arguant qu’on juge un arbre à ses fruits. Et il a raison. La théorie des intelligences multiples de Howard Gardner a percé la grisaille ambiante avec l’effet d’un pet au milieu d’une réunion de travail trop sérieuse sur Zoom. Aux élèves en difficulté sur qui on collait une étiquette d’invariables cancres, elle a distribué des permis de rêver. Et elle a redonné une dignité aux incasables, aux paresseux, aux vaincus qui s’emmerdent à l’école et même aux maîtres zen et aux gourous de tout acabit qui cassent des briques à mains nues ou marchent sur des braises, ne devant leurs prouesses, selon Gardner, qu’à une intelligence kinesthésique prédominante. Le réconfort face à l’humiliation, même au prix des libertés prises avec la démarche scientifique, est toujours bon à prendre.

La start-up nation en robe de hippie

Au fond, la théorie des intelligences multiples a rencontré le succès pour la même raison que l’Alchimiste de Paulo Coelho s’est écoulé à 150 millions d’exemplaires : les deux laissent croire à une «légende personnelle» innée qu’il s’agirait de découvrir, puis de chérir et cultiver. Howard Gardner raconte à qui veut bien le croire l’idée lénifiante selon laquelle l’échec n’est dû ni à un manque de travail ni au fait que l’école est un immense centre de tri régi par les lois de la naissance et du sang. C’est juste une question de connaissance de soi. La start-up nation en robe de hippie.

Effectivement, si l’on suit ces préceptes vagues et réconfortants, ce que je fais avec mes élèves relève bien de l’acharnement. Mais l’idée selon laquelle certains seraient «faits» pour comprendre la grammaire et d’autres non a beau être réconfortante, elle est néfaste. Elle enferme, et pour se détourner de l’obstination, elle incite au renoncement et à la lâcheté. Ses implications politiques sont évidentes : il devient parfaitement inutile de s’efforcer de réduire les inégalités scolaires. Du côté de l’éducateur, elle pousse, comme l’explique si bien Philippe Meirieu, à «rechercher ce que l’enfant serait “en amont de toute activité éducative” pour pouvoir, en quelque sorte, se mettre au service de sa réalisation. […] Or, cette naturalisation, en plus d’être arbitraire, est dangereuse : elle enferme le sujet dans un mode de fonctionnement quand il faudrait, au contraire, lui permettre de s’appuyer sur celui-ci pour en explorer et découvrir d’autres».

Alors ces jeunes-là dont je parle, est-ce qu’ils ont vraiment besoin d’apprendre à conjuguer et à poser des divisions ? Oui.

par Rachid Zerrouki, professeur en Segpa à Marseille et journaliste

(1) Frames of Mind : The Theory of Multiple Intelligences, Basic Books, 1983.

(2) Conjectures et réfutations : la croissance du savoir scientifique, Payot, 1994.

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Bac, le grand oral en questions

13 Avril 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Baccalaureat

Bac, le grand oral en questions

(A écouter en cliquant sur le lien de bas de page)

Alors que le grand oral du baccalauréat, qui représente 10 % de la note finale, doit se tenir pour la première fois en juin, lycéens, parents et professeurs s'inquiètent : comment préparer au mieux cette épreuve, au vu des conditions d'apprentissages liées à la pandémie ? Avec quels moyens ?

Beaucoup de questions se posent autour de ce grand oral car entre le maintien effectif de l’examen, son éventuel changement de coefficient et la manière de l’évaluer… la grande nouveauté du bac 2021 fait débat.

Avec nos invités - Stéphane de Freitas, réalisateur du film “A voix haute” (2016), initiateur des programmes Eloquentia et co-auteur de Mon cahier de préparation au grand oral (Le Robert, 2021), Isabelle Chataignier, chargée du module "Public Speaking and Debating Skills" à Sciences Po Paris et autrice de Le petit livre des réparties de choc (First, 2020), et Pierre Chiron, historien de la rhétorique, professeur à l’Université Paris-Est et auteur de Manuel de rhétorique. Comment faire de l’élève un citoyen (Les Belles Lettres, 2018) - nous parlerons aussi de la manière de bien préparer les oraux, ceux des bacs général et technologique évidemment mais aussi dans différents objectifs : la présentation de son chef d’œuvre en filière professionnelle ; présenter un exposé ; prendre la parole devant un public et se faire entendre et porter ses idées.

L’occasion donc de réfléchir aux formes et à l’apprentissage de l’expression orale à tous les niveaux de la scolarité et de l’éducation.

Vous entendrez également dans cette émission les voix de Mathieu Devlamienck (entretien pré-enregistré), président du syndicat lycéen l’UNL (union nationale lycéenne) et Marc Guyon (entretien pré-enregistré), professeur de philosophie dans un lycée de l'Oise.

L’épreuve en questions

La finalité c’est de s’interroger sur ses aspirations personnelles et professionnelles, rappelle Stéphane de Freitas.

Le grand inconnu de cet oral c’est est-ce qu’il y a des canons, des codes, un abécédaire de la prise de parole ? Stéphane de Freitas

L’intérêt du grand oral c’est surtout d'apprendre à parler d’une question sur laquelle l’élève va s’engager. Marc Guyon

On aurait pu l’appeler oral de maturité. Marc Guyon

C’est faux de penser qu’il y a plus d’inégalités à l’oral qu’à l’écrit. Isabelle Chataignier

L’intérêt du grand oral c’est surtout d'apprendre à parler d’une question sur laquelle l’élève va s’engager, l’élève doit se sentir particulièrement concerné par ce qu’il a à dire. Marc Guyon

 

Et…remise en question 

Notre bac ne sera pas un bac sacrifié, ce sera un bac local et inégalitaire, explique Mathieu Devlamienck.

On demande l’annulation du grand oral pour deux raisons : on ne sait pas en quoi consiste cette épreuve et on n’a eu aucune préparation. Mathieu Devlamienck 

Aujourd’hui on considère qu’on fonce droit dans le mur et que la façon dont se passeront les épreuves orales sera une forme de discrimination. Mathieu Devlamienck 

Une épreuve politique

C’est une vielle pratique démocratique que l’on est en train de ressusciter, rappelle Pierre Chiron.

Cette épreuve c’est à la fois très nouveau et très traditionnel, dans la tradition rhétorique ancienne l’oral a le premier rôle. Pierre Chiron

On est là pour encourager les jeunes à porter leurs voix et leur montrer qu’elle peut compter au chapitre dans la société. Stéphane de Freitas

Dans cette négociation permanente qu’est la vie démocratique, il faut être capable de dire ce que l’on pense. Pierre Chiron

C’est un projet de société politique énorme, cet enseignement de la parole éducative. Stéphane de Freitas

Louise Tourret

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Coralie Clément...

12 Avril 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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