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Vivement l'Ecole!

Séparatisme : « La loi ne parle pas des enfants en grande précarité séparés de l’école »

17 Février 2021 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education

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EXTRAITS

Enfants et jeunes vivant dans des bidonvilles, des squats, des aires d’accueil, hébergés en hôtel social, mineurs étrangers isolés, jeunes majeurs juste sortis de l’Aide sociale à l’enfance… Anina Ciuciu, marraine du collectif Ecole pour tous et présidente d’Askola, une association de médiation scolaire en Seine-Saint-Denis, se bat pour que tous ces enfants et ces jeunes, estimés à quelque 100 000, aient accès à l’école alors qu’ils en sont encore trop souvent exclus. Interrogée sur la loi séparatisme, actuellement débattue à l’Assemblée nationale, et sur les avancées qu’elle pourrait permettre sur ce sujet, Anina Ciuciu, avocate de profession, elle-même rom de Roumanie, exprime ses doutes et ses inquiétudes.

 

L’article 21 bis du projet de loi prévoit l’attribution d’un identifiant national à tous les enfants en âge de scolarisation : voyez-vous un progrès pour les enfants en grande précarité sans école  ?

 

Un identifiant existe déjà et, si j’ai bien compris, l’idée est de l’étendre aux écoles privées et aux écoles hors contrat, ce qui ne concerne pas vraiment ces enfants. A quoi va alors servir cette mesure  ? Va-t-elle  permettre d’éviter le décrochage scolaire et de suivre chaque élève ? Cet identifiant existe et cela n’empêche pas le décrochage des enfants lorsque les familles sont expulsées et qu’elles doivent partir sans qu’aucune solution ne leur soit proposée. Je ne vois pas donc l’effectivité d’une telle mesure.

 

Par ailleurs, les maires ont déjà l’obligation de recenser tous les enfants sur leur commune et d’assurer leur inscription à l’école. Or tous ne le respectent pas. En quoi l’obligation d’un identifiant changerait quelque chose ? Si c’est un identifiant à partir du moment où les enfants sont scolarisés, pour notre collectif comme pour Askola, nous n'en voyons pas l’intérêt.

 

Il faut savoir qu’aujourd’hui encore, des maires refusent d’inscrire des enfants en Guyane, à Mayotte, à Drancy (Seine-Saint-Denis)… Malgré le décret du 29 juin 2020 simplifiant les conditions d’inscription à l’école (3),  des maires continuent de demander des documents illégaux aux parents.

 

(...)

 

Globalement cette loi vous semble-t-elle à même de faire avancer votre cause ?

 

Cela fait deux ans que nous portons la voix de ces 100 000 enfants séparés de l’école du fait de la défaillance de l’Éducation nationale, de tous ces enfants empêchés d’aller à l’école et de se construire un avenir en France et pour la France. Face à cela, notre collectif Ecole Pour Tous soutient des actions en référé que nous gagnons toutes pour contraindre les maires à inscrire les enfants (4). Il y a aussi tous ces jeunes majeurs qui se retrouvent séparés de l’école car ils n’ont pas accès à un Contrat jeune majeur (qui prolonge le soutien de l’Aide sociale à l’enfance lorsque les enfants placés atteignent la majorité).

 

De manière générale, nous sommes assez étonnés par cette loi. Les mesures proposées ne parlent pas de ces 100 000 enfants et jeunes en grande précarité. Pourtant cela reste un problème : il faut que tous ceux qui veulent accéder à l’école puissent y avoir accès. Pour nous, la vraie priorité est là.

 

La loi nous inquiète aussi car elle risque de créer de la stigmatisation et de l’exclusion, ce que nous avons nous-même vécues, et qui engendrent du décrochage et de l’abandon. 

 

Enfin, notre collectif attend toujours le lancement de la Mission d’information sur les entraves à l’accès à l’éducation des enfants et jeunes en grande précarité et sur des solutions concrètes. Cela nous avait été promis pour janvier 2020. Cela a été reporté de six mois en raison de la pandémie. Et finalement la mission devait démarrer en janvier 2021. Nous l’attendons toujours et nous sommes inquiets. Cette pandémie a déjà touché en premier lieu les plus pauvres. Il ne faudrait pas qu’ils restent encore une fois sur le bord de la route.

 

Recueilli par Véronique Soulé

 

Entretien complet à lire en cliquant ci-dessous

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'Islamo-gauchisme", histoire d'une notion" - Bien plus que de simples mots...

17 Février 2021 , Rédigé par France Culture Publié dans #Culture

Depuis l'assassinat de Samuel Paty, l'explosion du terme "islamo-gauchisme" dans le débat public français est saisissant. Arme rhétorique de la droite pour décrédibiliser la gauche sur les questions liées à la laïcité, ce mot polémique dépasse aujourd'hui largement cet affrontement classique.

"Islamo-gauchisme", un terme qui sonne invariablement comme une expression de mépris voire une franche insulte aujourd’hui mais quelle est son histoire ? 

C’est la question que s’est posé Valentine Faure, dans un article du Monde cette semaine. "Islamo-gauchisme", employé par Jean-Michel Blanquer le 22 octobre dernier pour désigner une idéologie dangereuse, selon lui, quelques jours après l’assassinat du professeur d’histoire-géographie, Samuel Paty, à la sortie du collège de Conflans Sainte Honorine où il enseignait. "L’islamo-gauchisme" était entré dans le vocabulaire gouvernemental après un usage largement partisan depuis une vingtaine d’années.

"Islamo-gauchisme", c’est Pierre-André Taguieff qui l’aurait utilisé pour la première fois pour décrire, je cite : "une convergence entre intégristes musulmans et groupes d’extrême gauche, à la faveur d’ennemis communs". Le sociologue refuse d’assumer les usages postérieurs de son invention. 

L’usage médiatique "d'islamo-gauchisme" semblait jusqu’ici plutôt réservé à la droite, en témoigne un chiffre établi par un autre sociologue, Fabrice Dhume-Sonzogni, qui octroie au quotidien Le Figaro 50% des utilisations du terme depuis son apparition récurrente située entre  2003 et 2004 dans la presse quotidienne nationale. 

Comment ce qualificatif de défiance a pu prendre une telle ampleur ?

Selon l’historien Ismaïl Ferhat, la disparition du monde ouvrier en tant que force de contestation globale a poussé les forces de  gauche à s’interroger sur les nouveaux leviers du changement révolutionnaire. Dans les années 1970, les travailleurs immigrés attirent l’attention, avec l’oppression double de leur statut : discrimination raciale et pénibilité de leurs conditions de travail. Ils  apparaissent alors comme un groupe témoin de l’aliénation des individus dans les sociétés contemporaines. La référence à l’islam reste alors cantonnée au second plan.

C’est une lecture culturelle de la discrimination qui intègre pleinement la dimension religieuse et qui prend son essor dans les années 1980 au sein d’une gauche non-révolutionnaire à la volonté affichée que la démocratie libérale porte l’extension des droits de l’homme et de l’égalité selon Philippe Portier, également cité par Valentine Faure : la revendication d’un projet de "société multiculturelle, respectueuse des droits propres aux minorités issues de l’immigration", en ligne de mire : la critique de l’universalisme, grand effaceur des singularités.  

Avec une fracture au bord de laquelle vont désormais s’articuler tous les doutes de la gauche : la condamnation à mort de Salman Rushdie par l’ayatollah Khomeyni en 1989 pour son livre les Versets sataniques. L’islam politique ne semblait finalement pas porter les valeurs de la  gauche occidentale mais il fallait rester vigilant face aux débordements anti-musulmans. Une ligne d’équilibre délicate qui piège souvent les débats, toujours actuelle et amplifiée, depuis, par les aléas du conflit israélo-palestinien et les attentats terroristes qui se sont multipliés ces dernières années. S’affronter au parcours des usages du terme "islamo-gauchisme", c’est plonger dans une histoire tortueuse où les principes se heurtent à la nuance qui passe difficilement la frontière de l’efficacité de rigueur dans l’exercice du discours politique.

Liens :

Valentine Faure, "Islamo-gauchisme" : histoire tortueuse d’une expression devenue une invective, Le Monde, 11/12/2020.

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Islamo-gauchisme à l'université? La proposition de Vidal fait bondir ces universitaires

17 Février 2021 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Université

Islamo-gauchisme à l'université? La proposition de Vidal fait bondir ces universitaires

Sur CNews, la ministre a annoncé vouloir "demander notamment au CNRS" une enquête "sur l’ensemble des courants de recherche sur ces sujets dans l’université."

UNIVERSITÉ - “L’islamo-gauchisme gangrène les universités”. C’est ce titre du Figaro que le journaliste Jean-Pierre Elkabbach a présenté à Frédérique Vidal, invitée sur son plateau sur CNews dimanche 14 février, l’invitant à le commenter avec lui. La réponse de la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche a provoqué la colère d’une partie des enseignants-chercheurs.

“Je pense que l’islamo-gauchisme gangrène la société dans son ensemble, et que l’université n’est pas imperméable, l’université fait partie de la société”, a-t-elle affirmé.

Et d’ajouter: “Ce que l’on observe, à l’université, c’est que des gens peuvent utiliser leurs titres et l’aura qu’ils ont. Ils sont minoritaires et certains le font pour porter des idées radicales ou des idées militantes de l’islamo-gauchisme en regardant toujours tout par le prisme de leur volonté de diviser, de fracturer, de désigner l’ennemi, etc…”

“Une sorte d’alliance entre Mao Zedong et l’Ayatollah Khomeini”

Des idées que semble alors partager Jean-Pierre Elkabbach, qui décrit les universitaires en question comme “une sorte d’alliance, si je puis dire, entre Mao Zedong et l’Ayatollah Khomeini.”

“Mais vous avez raison, renchérit la ministre. Mais c’est bien pour ça qu’à chaque fois qu’un incident se produit, il est sanctionné, à chaque fois que quelque chose est empêché, c’est reprogrammé, mais je crois que l’immense majorité des universitaires sont conscients de cela et luttent contre cela.”

À la suite de quoi, la ministre a annoncé sur le plateau de CNews qu’elle allait confier une enquête au CNRS “sur l’ensemble des courants de recherche sur ces sujets dans l’université.”

Pour Christelle Rabier, maîtresse de conférence à l’EHESS, ce n’est pas un hasard si la ministre tient ces propos maintenant. “La semaine dernière, elle a été mise en cause au Sénat pour répondre face à la détresse étudiante, remarque-t-elle. Il y a 20% des étudiants qui ont recours à l’aide alimentaire, sans parler des suicides et de la détresse psychologique. Elle en est directement responsable.”

Attaques contre les universitaires

Les propos de la ministre ont provoqué la colère d’une partie des enseignants-chercheurs, même s’ils ne surprennent pas. “Nous sommes vraiment scandalisés, s’indigne une chercheuse du CNRS, qui préfère rester anonyme. La ministre s’en prend - une fois de plus - à la liberté académique en confondant approches scientifiques critiques et militantisme.”

Après la Loi de programmation sur la recherche, très mal reçue, c’est pour eux une nouvelle attaque contre les universitaires, dans un contexte aggravé par la crise sanitaire. Le 6 novembre, la Commission permanente du Conseil national des universités (CP-CNU) avait demandé la démission de Frédérique Vidal. 

“On observe plusieurs formes d’attaques contre les universitaires, soutient Christelle Rabier. Les non-renouvellements et les suppressions de postes, des attaques systématiques de collègues sur leurs travaux, en particulier si ce sont des femmes et qu’elles traitent de questions qui pourraient remettre en cause l’ordre dominant.” 

L’utilisation du terme “islamo-gauchisme”

Pour les enseignants-chercheurs, l’utilisation du terme “islamo-gauchisme” n’est pas anodin. “C’est un mot un peu aimant, qui rassemble toutes les détestations et qui ne veut absolument rien dire, estime Christelle Rabier. Et que cela vienne d’une ministre, qui n’a déjà plus de légitimité depuis plusieurs mois, c’est intolérable.”

Pour François Burgat, directeur de recherches au CNRS, cette “appellation stigmatisante” a pour objectif de “discréditer les intellectuels (non musulmans) qui se solidarisaient ou qui refusaient de criminaliser les revendications des descendants des populations colonisées.” 

Le terme avait déjà été utilisé par Jean-Michel Blanquer le 22 octobre, qui affirmait :“Ce qu’on appelle l’islamo-gauchisme fait des ravages”, notamment ”à l’université.” Quelques jours plus tard, Frédérique Vidal avait réagi tardivement pour rappeler le principe des libertés académiques.

“On peut constater depuis hier qu’elle a franchi un cran supplémentaire. C’est juste scandaleux”, s’indigne la chercheuse du CNRS.

Dans un communiqué, la Conférence des présidents d’université (CPU) a fait part de “sa stupeur face à une nouvelle polémique stérile sur le sujet de l’“islamogauchisme” à l’université”. 

Elle appelle ”à élever le débat”. “Si le gouvernement a besoin d’analyses, de contradictions, de discours scientifiques étayés pour l’aider à sortir des représentations caricaturales et des arguties de café du commerce, les universités se tiennent à sa disposition”, a-t-elle proposé.

“Une réalité hautement contestable”

L’annonce d’une enquête au CNRS “sur l’ensemble des courants de recherche sur ces sujets dans l’université”, si elle n’est pas en soit répréhensible, pose plusieurs questions.

“Le ‘cahier des charges’ de la demande qui lui est adressée fait réellement  peur, estime François Burgat. La ministre s’abstrait purement et simplement de toute exigence scientifique.” Pour le chercheur, le postulat de la ministre, selon lequel “la société est gangrénée par l’islamo-gauchisme”, dont l’université, et une “réalité hautement contestable” qui ne repose sur “aucun corpus”.

La chercheuse du CNRS qui préfère garder l’anonymat ajoute: “Si des cas particuliers sont litigieux au regard de la loi, qu’elle les cite et ouvre le débat. Sinon, qu’elle se taise.”

Et d’ajouter: “Nous sommes des chercheurs, nous essayons de penser et analyser le monde, mobiliser des outils, et débattre de nos méthodes ou concepts d’analyse. Nous ne sommes pas au service d’un ministère et de ses obsessions politiques et calculs électoralistes.” 

Lucie Hennequin

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Collèges et lycées: Blanquer pas vacciné contre les suppressions de postes

17 Février 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Collèges et lycées: Blanquer pas vacciné contre les suppressions de postes

Les établissements scolaires prennent connaissance, depuis deux semaines, des moyens dont ils disposeront pour la rentrée 2021. Malgré le Covid, les dotations sont au plus bas pour les collèges et lycées, annonçant une rentrée très dégradée.

L’ombre planait depuis septembre, lorsque le « budget 2021 » de l’Éducation nationale a été rendu public, avec la suppression de 1 883 postes dans le secondaire. Mais depuis deux semaines, collèges et lycées reçoivent ce qu’on appelle leur « dotation horaire globale », soit le nombre d’heures d’enseignement dont disposera chaque discipline. Et là, « tous les établissements connaissent une forte diminution des moyens, que ce soit des suppressions de postes, une hausse des effectifs en classe ou une baisse de l’offre d’options et spécialités », indique Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du syndicat Snes-FSU (premier syndicat dans le secondaire).

« Ce qui est assez frappant, c’est que tous les types d’établissement sont concernés, ceux de zone rurale comme urbaine, ainsi que l’éducation prioritaire, jusque-là épargnée. »

Pourtant, en 2021, le budget de l’Éducation nationale sera le plus élevé de l’État, avec 55,1 milliards d’euros, dont 53,6 milliards dédiés à l’éducation, en hausse de 1,6 milliard par rapport à 2020. Si le solde d’emplois reste stable, c’est parce que 2 039 postes doivent être créés dans le premier degré, la priorité de Jean-Michel Blanquer. « Le ministre n’a jamais caché que le second degré n’était pas sa priorité et qu’il allait supprimer des moyens, mais ça n’avait jamais atteint une telle ampleur », pointe Sophie Vénétitay, du Snes.  

Depuis plusieurs années, l’enseignement secondaire perd des postes, dont environ 5 000 emplois supprimés dans les collèges et lycées depuis la rentrée 2018, malgré 30 000 élèves en plus chaque année. Concrètement, avec cette baisse de la « dotation horaire globale », ce sont 53 postes en moins dans les collèges et lycées de la Manche, 35 dans l’Aveyron, 54 dans le Puy-de-Dôme, 60 sur l’académie d’Aix-Marseille…

« Les heures d’enseignement représentent des postes mais aussi les modalités d’accompagnement des élèves, traduit Nicolas Anoto, délégué national collèges-lycées du syndicat SE-Unsa. C’est impossible, avec 30 élèves, de faire des débats en éducation morale et civique, d’utiliser les laboratoires de sciences, d’avoir des petits groupes en langues… Ces heures sont donc supprimées faute de dotations supplémentaires. » Des classes ferment, d’autres sont en sureffectif. Ce sont des options et des spécialités qui sont supprimées, des travaux pratiques qui n’auront plus lieu, des heures d’accompagnement d’élèves en difficulté qui ne pourront être assurées.

Dans l’éducation prioritaire, les collèges et lycées de REP et REP+ perdent des moyens et devront gérer des classes de plus de 28 élèves, là où elles devraient être limitées en principe à 24 ou 25 élèves.

Pourtant, l’Éducation nationale se défend de toute coupe budgétaire : les postes supprimés seront compensés par des heures supplémentaires, l’équivalent de 1 000 postes selon le ministère. Les professeurs ont d’ailleurs, depuis 2019, l’obligation d’en accepter deux par semaine, portant à 20 heures le temps devant les élèves – auxquelles s’ajoute évidemment la préparation des cours.

« Les heures supplémentaires ne se répartissent pas sur tous les personnels », indique cependant Nicolas Anoto du SE-Unsa. Surtout, « elles ne sont jamais toutes pourvues dans les établissements ».  

D’après un rapport du sénateur LR Jacques Grosperrin (sur l’enseignement scolaire dans le cadre du projet de loi de finances pour 2021), « 12,3 millions d’euros de crédits pour les heures supplémentaires n’ont pas été consommés en 2019 ».  

Il établit également que ces heures en plus reposent sur « la moitié à peine des enseignants de la discipline concernée », et qu’il n’est pas rare de « demander à une personne d’effectuer trois, voire quatre [heures supplémentaires par semaine] ».

Pour Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, ces heures supplémentaires ne sont qu’un « tour de passe-passe » qui ne permet pas de remplacer tous les emplois. « Tous les enseignants n’ont pas envie de faire d’heures supplémentaires et l’Éducation nationale refuse de plus en plus de temps partiels à cause du manque d’heures, réagit aussi Laurent Frajerman, professeur agrégé d’histoire au lycée Lamartine (à Paris) et chercheur au Centre d’histoire sociale de Paris. On est en train de créer de la souffrance du côté des professeurs mais aussi des personnels de direction. Ce sont eux qui doivent faire accepter les heures supplémentaires, et cela crée des tensions dans les établissements. »

L’incompréhension est d’autant plus grande qu’à la fin janvier, l’Éducation nationale a annoncé avoir économisé 200 millions d’euros sur son budget 2020, l’équivalent de 4 200 postes d’enseignants. Pour le chercheur, il y a une véritable tendance à la réduction des dotations dans le second degré, qui « n’est pas que du fait de Jean-Michel Blanquer ».

« Les gouvernements cherchent tous à baisser la dépense publique et donc à diminuer les effectifs. Sauf que l’enseignement primaire en France est très mal classé au niveau international et a longtemps été moins doté que le secondaire. L’État a donc cherché à diminuer cet écart. En 1980, la France dépensait 80 % de plus pour les collèges-lycées, contre 51 % aujourd’hui. Mais plutôt que d’augmenter les dotations du premier degré, la France a choisi de couper dans celles du second, qui en paie le prix. »

Ainsi, alors que les inscriptions en collège et lycée augmentent, tout comme le nombre d’élèves par classe, en primaire, c’est l’inverse depuis quelques annéesDans le second degré, c’est le lycée qui coûte le plus cher, notamment les différentes options et spécialités, parce qu’elles nécessitent un travail en petits groupes et du matériel, comme la physique ou les langues. Alors quand il faut répartir les heures d’enseignement, ce sont d’abord elles qui disparaissent. « Il n’y a pas de réelles priorités pour le système d’enseignement », à part des motivations budgétaires, conclut Laurent Frajerman

Par ailleurs, du côté des personnels de « vie scolaire », il n’y aura pas de créations de postes, malgré l’augmentation du nombre d’élèves, la surcharge de travail due aux protocoles sanitaires et les effets du confinement. « En trois ans, il n’y a eu aucune création de postes de conseiller principal d’éducation (CPE) ou de psychologue de l’Éducation nationale, confirme la porte-parole du Snes-FSU. Pourtant, de nombreux établissements demandent des effectifs en plus car il y a, surtout en ce moment, un réel besoin d’écoute et d’accompagnement des élèves. » Et pas question d’heures supplémentaires pour les personnels éducatifs non enseignants.

Des postes en moins, des élèves en plus, et l’impossibilité de dédoubler des classes : pour les syndicats, l’équation est d’autant plus ahurissante que la crise sanitaire pèse. « Dans des pays comme l’Italie, il y a eu des embauches massives de personnels éducatifs pour gérer les petits groupes, mais la France, elle, fait l’inverse », réagit Nicolas Anoto (SE-Unsa). « Le quotidien est compliqué pour les élèves mais Blanquer n’en prend pas la mesure et maintient une rentrée dans des conditions déplorables, insiste Sophie Vénétitay (Snes-FSU). Il y a une obsession de l’économie à tout prix. Je ne sais pas comment on va faire pour mettre en place des dispositifs pour travailler avec les élèves en difficulté… »

Les syndicats demandent donc un gel des suppressions de postes, le temps de trouver où dégager des moyens pour une rentrée dans de meilleures conditions en septembre. Déjà, des parents d’élèves se mobilisent au côté des équipes pour dénoncer « la casse » de l’enseignement secondaire.

Juliette Loiseau

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Vanessa Paradis...

16 Février 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Jean Giraudoux...

16 Février 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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SOSIE

Dormez, Thébains ! Il est bon de dormir sur une patrie que n’éventrent point les tranchées de la guerre, sur des lois qui ne sont pas menacées, au milieu d’oiseaux, de chiens, de chats, de rats qui ne connaissent pas le goût de la chair humaine. Il est bon de porter son visage national, non pas comme un masque à effrayer ceux qui n’ont pas le même teint et le même poil, mais comme l’ovale le mieux fait pour exposer le rire et le sourire. Il est bon, au lieu de reprendre l’échelle des assauts, de monter vers le sommeil par l’escabeau des déjeuners, des dîners, des soupers, de pouvoir entretenir en soi sans scrupule la tendre guerre civile des ressentiments, des affections, des rêves !… Dormez ! Quelle plus belle panoplie que vos corps sans armes et tout nus, étendus sur le dos, bras écartés, chargés uniquement de leur nombril… Jamais nuit n’a été plus claire, plus parfumée, plus sûre… Dormez.

Jean Giraudoux - Amphitryon 38

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L’Education nationale «fait le choix de laisser circuler les variants dans nos écoles, c’est irresponsable»

16 Février 2021 , Rédigé par Libération Publié dans #Education

L’Education nationale «fait le choix de laisser circuler les variants dans nos écoles, c’est irresponsable»

Alors que le variant britannique du coronavirus représente 20 % à 25 % des cas de contaminations au Covid-19, l’Education nationale a décidé d’alléger son protocole dans les écoles dès ce lundi, provoquant l’incompréhension et la colère des syndicats enseignants.

«On a changé de protocole il y a quelques jours à peine et on revient déjà en arrière  s’agace Cécile (1), 58 ans, directrice d’une petite école primaire dans l’Eure. Comme tous les enseignants, elle a découvert ce week-end, par voie de presse, le nouveau protocole sanitaire mis en ligne vendredi, en catimini, par le ministère de l’Education nationale sur son site internet. Désormais, le personnel, de la maternelle au lycée, ne sera plus considéré cas contact dès que trois élèves «de fratries différentes» seront testés positifs au Covid-19. Le protocole précise qu’une «étude approfondie des contacts déterminera si les personnels de la classe doivent être également considérés comme contacts à risque». Pourtant, 1 599 classes et 103 établissements scolaires sont actuellement fermés en raison de cas de Covid-19. Des chiffres en forte progression (+71 %), puisque le ministère ne comptabilisait que 934 fermetures de classes la semaine précédente, avant le début des vacances scolaires de la zone A.

Pas de fermeture automatique en cas de variant britannique

Autre changement, et contrairement à ce qui avait été décidé il y a quinze jours à peine, la fermeture d’une classe ne sera désormais plus automatique en cas de détection d’un cas positif au variant britannique. Elle sera seulement envisagée après «analyse locale concernant la circulation de cette variante sur le territoire», est-il précisé. «De nouvelles études ont apporté des éléments nouveaux et rassurants, sur ce variant et elles montrent qu’il circule vite mais n’est pas plus dangereux», assure à Libération le ministère de l’Education nationale, qui renvoie la balle au ministère de la Santé, pour plus de précisions.

En conférence de presse jeudi, Olivier Véran se montrait pourtant beaucoup moins rassurant : «Les trois variants anglais, brésilien et sud-africain nous inquiètent particulièrement», avait annoncé le ministre de la Santé. «C’est surréaliste d’alléger le protocole, réagit Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU, syndicat majoritaire dans le secondaire. L’Education nationale cherche à casser le thermomètre pour montrer que la situation est sous contrôle, en évitant de fermer des classes. Il fait le choix de laisser circuler les variants dans nos écoles, c’est irresponsable.»

«On est juste des pions»

Le Snes-FSU insiste sur l’importance de casser les chaînes de contamination dans les écoles pour les adultes aussi. Or, en cas de variant sud-africain ou brésilien, personnels et élèves ne sont plus logés à la même enseigne. Depuis deux semaines, la règle était claire: fermeture automatique de la classe. Désormais, deux possibilités cohabitent. Si un élève est testé positif, tous ses camarades seront considérés comme cas contact et leur classe sera fermée. En revanche, même si un enseignant (ou des membres du personnel intervenant dans la classe) est testé positif au variant sud-africain ou brésilien, il ne sera pas considéré d’office comme un contact à risque et cela n’entraînera pas automatiquement la fermeture de la classe. «Pourquoi faire une distinction entre les adultes et les élèves ? s’interroge Sophie Vénétitay. Il n’y a aucune transparence ni éclairage scientifique sur cette décision.»

«Si on n’est pas cas contact de nos élèves positifs, on est cas contact de qui, alors ?» s’énerve Cécile, la directrice de la petite école dans l’Eure. Epuisée, elle n’attend plus que la fin de la semaine pour être en vacances. Depuis le mois de janvier, elle va à l’école «à reculons», ce qui ne lui était jamais arrivé en vingt et un ans de carrière. «On est juste des pions, bons à s’occuper des enfants pour que les parents travaillent tranquillement, estime-t-elle. Même quand on est malade, on nous demande d’être là parce qu’il n’y a plus de remplaçants sur mon secteur. Ou alors on répartit les élèves dans les classes et on les brasse au détriment du protocole sanitaire.»

Cette enseignante se demande chaque semaine «ce que le ministère va encore nous pondre» et pense à ses collègues du Nord et de la Moselle, deux régions particulièrement touchées par les variants britannique et sud-africain. La fermeture des écoles n’est pas envisagée dans ces territoires où les élèves ont encore une semaine de cours. En Moselle, des parents, soutenus par la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) locale, ont décidé de ne pas remettre leurs enfants en cours, par sécurité. De son côté, la préfecture du Nord a annoncé décaler l’arrivée et la sortie des classes dans les écoles maternelles et élémentaires et de faire fonctionner les collèges et lycées en mode mixte, entre présentiel et distanciel.

Cécile Bourgneuf

(1) Le prénom a été modifié.

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"L’art n’est pas un bonus" - Non à la disparition des enseignements optionnels artistiques.

16 Février 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Art

"L’art n’est pas un bonus" - Non à la disparition des enseignements optionnels artistiques.

De Jacques Audiard à Cédric Klapisch, près de 300 personnalités du cinéma et de la culture, enseignants et parents d’élèves dénoncent la politique budgétaire restrictive qui risque de faire disparaître les enseignements optionnels artistiques.

«Entrer dans l’option Cinéma a été la meilleure décision de ma vie.

– Cela m’a permis d’avoir une meilleure compréhension du monde. Car les films font avancer le spectateur.»

Ecoutons les lycéens. Ils disent la richesse de l’enseignement du cinéma. Richesse car ils y apprennent à analyser des films de tous horizons. Richesse car ils y expérimentent le travail de groupe. L’enseignement du cinéma, comme le cinéma lui-même, est un travail d’équipes. Equipes de lycéens qui vivent au plus près l’acte de création. Equipes d’adultes qui les accompagnent dans cette découverte d’eux-mêmes et du monde : enseignants, intervenants professionnels, organisateurs de festivals, gérants de salles, réalisateurs et autres acteurs de l’art et de l’industrie cinématographiques. Richesse car cette forme d’apprentissage, démultipliant les lieux et les référents adultes, permet à des adolescents, adultes et citoyens en devenir, de se confronter à des idées multiples et originales, d’apprendre à se questionner, à forger leur regard sur le monde.

Des discours en trompe-l’œil

Or, face à ces enthousiasmes, l’institution et le pouvoir politique proposent actuellement une réponse mortifère. Les discours sur la réforme du lycée s’articulent autour d’un surcroît de liberté. Pour les élèves par le choix des spécialités, notamment artistiques. Pour les équipes pédagogiques par la possibilité de déterminer elles-mêmes l’utilisation d’une partie de leurs moyens horaires. Ces discours sont un trompe-l’œil.

La réalité est celle d’une politique budgétaire restrictive, qui grève l’offre pédagogique existante. Et les enseignements artistiques sont en première ligne. Les enseignements optionnels artistiques sont en train de disparaître : le nouveau baccalauréat les marginalise et ils sont les premières victimes de la diminution des heures allouées aux établissements. Or, ils accueillent un grand nombre d’élèves, et surtout s’adressent autant aux élèves de l’enseignement général qu’à ceux de l’enseignement technique, pour lesquels ils représentent le seul accès à l’art et à la culture.

L’existence des spécialités ne peut compenser cette perte, d’autant que l’obligation de ne garder, en terminale, que deux des trois spécialités de première et la pression de Parcoursup les fragilisent face à des matières plus traditionnelles, et donc rassurantes.

L’enseignement du cinéma crée des esprits libres

Ce choix de société nous paraît profondément injuste et totalement incompatible avec la mission républicaine de l’Education Nationale. L’art n’est pas un «bonus» : on ne peut en restreindre l’accès sans dommage. La crise sanitaire que nous traversons le montre à l’envi. Plus que jamais, nous nous tournons vers les œuvres, nous cherchons des moyens de continuer à les faire vivre. La culture est aussi un secteur économique qui irrigue toute la société, par les professionnels qu’elle emploie et par l’esprit critique, le rêve qu’elle propose à tous. L’enseignement artistique participe de cette fonction sociale et politique.

Les lycéens en cinéma vont dans les salles, y entraînent leurs amis, leurs familles. Ils en renouvellent le public. Ils expérimentent très tôt ce que chaque spectateur de cinéma a un jour ressenti dans une salle : une communion collective à travers des émotions partagées qui amènent à la réflexion.

L’enseignement du cinéma crée des spectateurs, des esprits libres et ouverts sur le monde.

Ecoutons les lycéens. «Plongée dans un bain que je ne connaissais pas, j’ai avancé les yeux fermés jusqu’à une salle de cinéma: la lumière qui s’éteint, et mes yeux qui s’ouvrent…»

Premiers signataires de la tribune initiée par les enseignantes du lycée Sophie-Germain à Paris: Ariane Ascaride, Jacques Audiard, Thomas Bidegain, Louise Bourgoin, Guillaume Brac, Laurent Cantet, Catherine Corsini, Jean-Pierre Darroussin, Anaïs Demoustier, Pascale Ferran, Robert Guédiguian, Cédric Klapisch, Sébastien Lifshitz, Pierre Salvadori… La liste complète des signataires.

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Collèges et lycées : vers des classes surchargées à la rentrée prochaine ?

16 Février 2021 , Rédigé par Sud-Ouest Publié dans #Education

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Alors que la crise sanitaire complique déjà la vie des enseignants et des élèves dans les établissements scolaires, de nombreux collèges et lycées risquent de perdre des postes à la rentrée

On ne le sait pas forcément, mais dans les écoles, collèges et lycées, la rentrée 2021 se joue dès maintenant. Ces dernières semaines, les chefs d’établissement ont reçu de la part du rectorat leur dotation horaire globale, ou DHG dans le langage de l’Éducation nationale. En clair, le nombre d’heures d’enseignement allouées pour l’année scolaire à venir, qui détermine le nombre de postes dans chaque établissement.

Dans les écoles primaires, auxquelles le ministère donne la priorité depuis trois ans, 2 000 postes vont être créés à la rentrée 2021. Mais les collèges et lycées vont, eux, en perdre 1 800. De quoi inquiéter les enseignants comme les parents d’élèves. Le Snes-FSU, syndicat majoritaire chez les profs, dénonce déjà cette baisse des dotations pour la rentrée. Dans l’académie de Bordeaux, par exemple, “alors que les effectifs augmentent de 1,1 %, les moyens d’enseignement n’augmentent que de 35 équivalents temps plein alors qu’il en fallait 180 pour maintenir le taux d’encadrement de la rentrée 2020”

Sur le terrain, la mobilisation commence à prendre forme dans les secteurs les plus touchés. En Lot-et-Garonne, des enseignants de collèges et lycées de tout le département ont affiché leur mécontentement la semaine précédant les vacances scolaires. Les établissements du secondaire vont, en effet, perdre 17 postes au mois de septembre.

Heures supplémentaires

Selon les départements et les établissements, des heures supplémentaires allouées par le ministère vont venir compenser les postes en moins. Une fausse bonne solution selon le Snes-FSU qui rappelle qu’elles ne doivent en aucun cas venir remplacer un poste à temps plein. “C’est un problème structurel, abonde Rodrigo Arenas, vice-président de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) qui soutient les revendications des profs. La réalité, c’est qu’on manque d’enseignants. Alors, on déshabille Paul pour habiller Jacques. On met en tension les parents et les élèves pour qu’ils fassent pression sur les chefs d’établissement. Mais les dotations horaires, c’est le rectorat et donc l’Éducation nationale qui les fait.”

Titre
Crédit photo : FCPE

La FCPE enregistre déjà des plaintes de parents dans les établissements car dans de nombreux collèges et lycées “on risque de se retrouver avec des classes à plus de 30 élèves pour la rentrée. Alors que nous pensons qu’il faut moins d’élèves par classe pour pouvoir en prendre soin. Les enseignants le disent quand il n’y a que 50 % des effectifs d’une classe présents, les enfants sont plus attentifs. Cela permet d’aller plus loin dans les échanges et cela facilite la prise de parole de ceux qui vont mal.”

Avec cette baisse des dotations, il va être aussi plus difficile de remplacer les enseignants absents, selon la FCPE qui a créé la plateforme Ouyapacours pour recenser les heures de cours non assurées. Depuis qu’elle a été réactivée il y a trois semaines, 15 000 heures de cours perdues ont été signalées par les parents d’élèves.

Stéphanie Lacaze

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À l’école, comment mettre l’évaluation au service des apprentissages ?

16 Février 2021 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education

À l’école, comment mettre l’évaluation au service des apprentissages ?

EXTRAITS

Très récemment, Lorène, une enseignante avec laquelle nous collaborons dans le cadre d’une recherche, nous a invités dans sa classe pour observer comment se déroulait une évaluation de compréhension de l’écrit. Ses élèves de première année du secondaire ont commencé par se mettre par deux, et pendant vingt minutes, ils ont partagé leur compréhension des Métamorphoses d’Ovide, selon des consignes précises.

Ils ont pu confronter leur façon d’aborder différents points, répondre aux questions de leur pair, justifier leurs réponses. Ils ont aussi eu chacun l’occasion de solliciter l’aide de l’enseignante une fois, ce que la plupart ont fait. Ensuite, ils ont effectué leur travail individuellement en répondant aux questions par écrit, comme d’habitude.

Lorsque mon collègue et moi-même avons demandé à l’enseignante pourquoi elle procédait de la sorte, elle a répondu : « Je veux les amener à comprendre que, même dans une évaluation qui vaut pour une note importante pour eux, il y a de l’espace pour apprendre encore, et parfois même avec l’un de leurs camarades, cela instaure un climat de confiance entre eux et moi très bénéfique ».

Faire de l’évaluation un levier

Dans les faits, cette pratique n’est pas courante : des études issues de différents contextes montrent que les pratiques évaluatives ressemblent aujourd’hui encore furieusement à celles qu’ont connues nos grands-parents, centrées sur les notes et les moyennes.

Pourtant, ce que fait cette enseignante s’inscrit pleinement dans l’orientation en évaluation dans laquelle la grande majorité des systèmes éducatifs de l’OCDE s’inscrivent, certains depuis la fin des années 1990 et en France depuis 2014, pour juguler le taux d’échec scolaire et le décrochage des jeunes, toujours trop importants : l’évaluation-soutien d’apprentissage.

L’idée est simple en apparence : toute démarche d’évaluation fait partie de la pratique quotidienne, doit être prioritairement au service des apprentissages, et devient alors un outil puissant pour amener le plus grand nombre d’élèves à leur meilleur niveau.

(...)

Les principes de l’évaluation-soutien d’apprentissage privilégient une vision plus démocratique que sélective de l’évaluation, visent à respecter l’égalité de traitement des élèves. L’enjeu est maintenant de déterminer les conditions réalistes de sa mise en œuvre, en tenant compte des différents contextes éducatifs.

Les collaborations entre chercheurs et décideurs qui ont cours actuellement dans de nombreux systèmes scolaires vont donc devoir se conjuguer avec les ressources indispensables que ces derniers pourront mettre à disposition pour que l’évaluation à l’école serve l’apprentissage avant tout. Ce n’est plus une question de choix, mais une priorité.

Raphaël Pasquini, Professeur HEP (Haute école pédagogique du canton de Vaud) associé en évaluation certificative des apprentissages, en évaluation formative et dans les processus d’orientation scolaire, AUF (Agence Universitaire de la Francophonie)

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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