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Vivement l'Ecole!

Dans les collèges et les lycées, les conséquences en cascade de la baisse des moyens...

19 Février 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Dans les collèges et les lycées, les conséquences en cascade de la baisse des moyens...

EXTRAITS

La « priorité à l’école primaire » se fait durement sentir dans les établissements du second degré, contraints d’absorber 1 800 suppressions de postes à la rentrée 2021. Celles-ci seront compensées par des heures supplémentaires, se défend l’éducation nationale.

La crise sanitaire aurait presque pu le faire oublier : chaque année, à la fin de l’hiver, l’éducation nationale ajuste sa dotation horaire globale (DHG), la répartition du budget annuel des établissements pour l’année suivante. Des collèges et des lycées tentent de négocier, et certains se mobilisent, pour éviter des baisses de moyens qui se traduisent en heures, voire en postes supprimés. Les baisses trop drastiques de budget peuvent menacer l’offre pédagogique, l’accompagnement des élèves et, à terme, leur attractivité.

Cette année, les suppressions concernent 1 800 postes (440 en 2020). Un solde ramené à zéro, plaide l’éducation nationale, grâce au recours aux heures supplémentaires qui représentent l’équivalent de 1 847 emplois à temps plein.

La baisse des moyens dans le secondaire, conséquence de la volonté du gouvernement de donner « la priorité à l’école primaire » depuis trois ans, produit des effets divers selon les situations : ici ce sont des heures de latin en moins ; là une option LV3 qui saute ; ailleurs des classes surchargées.

A l’échelle des établissements, cette arithmétique a « des conséquences évidentes sur la diversité des enseignements », assure Christine David-Kassel, professeure d’anglais et déléguée SNES au lycée Adrien-Zeller de Bouxwiller (Bas-Rhin). Ce petit établissement rural qui propose huit spécialités au bac (le minimum est de sept) voit la part des heures supplémentaires augmenter de près de moitié dans son budget.

Cette année, c’est l’espagnol LV3 qui est touché : cet enseignement n’est déjà plus proposé aux élèves de 2de« alors qu’on aurait eu les effectifs pour ouvrir un groupe », assure une enseignante de cette discipline. Contactée par Le Monde, l’académie insiste sur le fait que la répartition du budget a « fait l’objet d’un vote positif au conseil d’administration ».

(...)

Au lycée international Montebello de Lille, la spécialité langues et cultures de l’Antiquité, (quatre heures de cours en 1re et six heures en terminale) pourrait disparaître. « Nos latinistes sont peu nombreux cette année en 2de, regrette Céline, enseignante de latin dont le poste devrait être supprimé à la rentrée. Avec le Covid, nous n’avons pas pu faire le démarchage de fin d’année dans les classes de 3e, ni pendant les portes ouvertes du lycée. » La classe de latinistes étant réduite, seuls « un ou deux élèves sont intéressés » par la spécialité en 1re. Même si les deux enseignantes s’attendaient, comme les années précédentes, à des recrues de l’extérieur sur cette spécialité. Au lycée Montebello, les LV3 polonais et portugais n’ont pas ouvert cette année, et le néerlandais est menacé.

(...)

... « Les options LV3 ne rapportent plus rien au bac, souligne l’enseignante d’espagnol du lycée Adrien-Zeller de Bouxwiller. Les élèves sont moins nombreux à les choisir et les chefs d’établissement ont moins de scrupules à les fermer. »

Dans les collèges et lycées, dont certains se sont mobilisés depuis début février pour dénoncer la baisse des moyens, les heures en moins signent aussi la fin des dispositifs d’aide, financés sur les « marges » du budget : les heures en demi-groupes, l’accompagnement personnalisé pour les élèves en difficulté et les projets interdisciplinaires.

(...)

Les baisses de moyens « touchent tous les types d’établissements, quelles que soient leurs caractéristiques », analyse Sophie Vénétitay, du SNES-FSU. Mais elles sont plus visibles « là où il restait encore de la marge », soit parce que les collèges sont en éducation prioritaire, comme à Périers, soit parce que les nombreuses options proposées généraient jusqu’ici une dotation plus large – comme au lycée Montebello de Lille.

(...)

Au collège Jules-Ferry (9arrondissement de Paris), les cours d’italien, d’allemand et d’anglais en LV2, normalement proposés à partir de la 5e, ne devraient plus faire partie de l’offre à la rentrée, selon les projections transmises aux enseignants par la direction de l’établissement.

(...)

Violaine Morin

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Alice Animal...

18 Février 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Florence Delay...

18 Février 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Florence Delay...

On arrivait à Miradour par une mauvaise route à peine goudronnée qui montait en tournant. La pente était si raide que la vieille voiture de Madeleine tombait fréquemment en panne au milieu de la côte. Il n’y avait alors d’autre solution que d’aller chercher une paire de bœufs à la ferme la plus proche. Sous un manteau de drap blanc rayé rouge et bleu, couronnés de leur tiare, les bœufs tiraient fièrement les quinze chevaux de la Citroën jusqu’à l’esplanade devant la maison. Comme Madelou n’était pas souvent seule, c’est plutôt sa fille cadette ou son amie Nénette qui allait d’un bon pas quérir l’aide du fermier et, quand il était aux champs, elles allaient aux champs. Pendant ce temps, Madelou faisait des bouquets de fougères en cherchant des trèfles à quatre feuilles.

La vaste demeure avait été baptisée «Miradour » par celui qui l’avait fait construire dans 12 les années vingt, au milieu des pinèdes et des champs de maïs, tout en haut d’une colline dominant l’Adour et le Bec du Gave. Un ancien joueur de rugby à XV, devenu président de la Fédération française de rugby, puis promoteur immobilier à Hossegor avant d’en être élu maire radical-socialiste en 1935. Il l’avait fait construire, disait-on, pour sa maîtresse tuberculeuse – le bon air qu’on respire là-haut étant censé la guérir. Riche, il avait acquis autour près de deux cents hectares. Il y avait eu là-haut une piscine, un tennis, et, au bord du fleuve, à Port-de-Lanne, une barque pour se promener sur l’eau. L’aimée avait sans doute occupé la plus belle chambre, au premier étage, celle qui donne sur une terrasse où prendre le soleil, regarder voler les rapaces guettant les proies autour des fermes, couler le fleuve qui naît au pic du Midi de Bigorre et va se jeter dans l’océan Atlantique, après Bayonne.

Florence Delay - Un été à Miradour

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Covid : un risque de contaminations plus élevé à l’école que dans un lieu culturel ?

18 Février 2021 , Rédigé par 20 Minutes Publié dans #Education

Covid : un risque de contaminations plus élevé à l’école que dans un lieu culturel ?

Selon une récente étude allemande, il y a six fois plus de chances d'être contaminé par le Covid-19 à l'école que dans un lieu culturel, comme un musée ou un théâtre, si les gestes barrières sont respectés. L’étude, qui ne prend pas en compte les nouvelles mutations du virus, pourrait raviver l’espoir du monde de la culture.

Face aux restrictions liées à la crise sanitaire, le monde de la culture s’impatiente. Les directeurs de festivals de musiques actuelles ont rendez-vous jeudi après-midi avec Roselyne Bachelot, la ministre de la Culture. Et peut-être vont-ils voir une lueur d’espoir dans une récente étude allemande qui tend à montrer qu'il y a six fois plus de chances d'être contaminé par le Covid-19 à l'école que dans un lieu de culture, y compris clos comme les musées, les théâtres et les concerts. Une seule obligation : respecter les gestes barrières comme le port du masque, la distanciation physique, et une jauge de 30%.

Car le public est silencieux, il émet moins d'aérosols

Dans le détail, le professeur Martin Kriegel de l'université technique de Berlin et l'ingénieure Anne Hartmann estiment que le fameux R, c'est à dire le risque de contamination par une personne malade, est de 0.5 dans les lieux culturels. Selon eux, c'est deux fois plus dans un supermarché, trois fois plus dans un open space ou dans un train, et six fois plus, donc, à l'école.  

Les responsables de l'étude expliquent que dans ces espaces culturels, le public est souvent silencieux, et émet donc moins d'aérosols responsables de la majorité des contaminations, ce qui ne manque pas d'apporter des arguments au monde de la culture qui crie depuis des semaines sa volonté de rouvrir en respectant un protocole strict. Mais, précision importante, cette étude ne prend pas en compte les nouvelles mutations du virus et leur probable plus grande contagiosité.

Fermer les lieux culturels pour réduire les brassages de population

Au-delà du risque de contamination, les autorités françaises justifient la fermeture des lieux de culture aussi par la volonté de réduire les brassages de population. Dire 'oui' au monde de la culture pour rouvrir entrainerait sans doute un effet domino, chaque secteur touché par ces fermetures réclamant à son tour une exception.

Europe 1
Par Mathieu Charrier édité par Léa Leostic
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« Islamo-gauchisme » : un terme sans « aucune réalité scientifique » selon le CNRS, Frédérique Vidal sous pression

18 Février 2021 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Université

« Islamo-gauchisme » : un terme sans « aucune réalité scientifique » selon le CNRS, Frédérique Vidal sous pression

EXTRAITS

La ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche est critiquée jusqu’au sein de la majorité pour s’être trompée de priorité en demandant au CNRS une enquête sur « l’islamo-gauchisme » à l’université.

(...)

Recadrage au sommet

Le recadrage au sommet s’est fait en termes policés à l’issue du conseil des ministres, mercredi. Emmanuel Macron a répété son « attachement absolu à l’indépendance des enseignants-chercheurs », selon le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, prenant ainsi ses distances avec l’étude demandée par Frédérique Vidal.

Puis Gabriel Attal a encore rappelé que « la priorité pour le gouvernement, c’est évidemment la situation des étudiants dans la crise sanitaire, c’est évidemment la possibilité d’apporter un soutien financier aux étudiants en difficulté, c’est évidemment de permettre aux étudiants qui le souhaitent de pouvoir revenir progressivement en présentiel à l’université », rejoignant plusieurs voix au sein de la majorité appelant Mme Vidal à se concentrer d’abord sur ces points. « Quand elle est sur un plateau de télévision, elle devrait être obsédée par la vie des étudiants, pas sortir ce genre de choses », se désole un cadre de la majorité.

L’enjeu politique est énorme pour l’exécutif qui voit fleurir les images d’étudiants dans les files d’attente devant des banques alimentaires, et les témoignages de détresse psychologique chez les jeunes. Ce hiatus a d’ailleurs été exploité par l’opposition, à l’image du sénateur (communiste) des Hauts-de-Seine Pierre Ouzoulias qui, interpellant le gouvernement sur les aides économiques pour les jeunes, a proposé avec ironie à Mme Vidal de « demander au CNRS à lancer une enquête sur le sujet ».

(...)

... Le centre de recherche a par ailleurs tenu à « condamner avec fermeté celles et ceux qui tentent d’en profiter pour remettre en cause la liberté académique indispensable à la démarche scientifique et à l’avancée des connaissances, ou stigmatiser certaines communautés scientifiques ». 

« On va demander à nos chercheurs du CNRS de devenir des flics qui enquêtent sur leur propre université, c’est absurde, il s’agit d’un dérapage incompréhensible », abonde auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Michel Deneken, administrateur provisoire à l’université de Strasbourg, mettant cette initiative sur le compte d’une stratégie politique pour « rallier la droite avant les élections régionales et la présidentielle ».

Le sillon, qui avait déjà été emprunté en octobre 2020 par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, était en effet creusé depuis plusieurs mois par la droite, dont le député Les Républicains (LR) de Vaucluse Julien Aubert, qui réclamait une mission parlementaire sur la question.

(...)

La polémique relance en tout cas les critiques autour de Mme Vidal, universitaire reconnue, spécialiste de la génétique moléculaire, mais accusée de manquer de poids et de sens politiques. L’adoption en novembre 2020 de la loi de programmation pour la recherche, son texte phare, a ainsi été polluée par des amendements controversés, notamment sur le « délit d’entrave » dans les facs. « On lui a confié une loi historique, et le truc passe sous les radars », tempête encore un poids lourd de la majorité.

(...)

Le Monde avec AFP

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«Islamo-gauchisme»: Vidal provoque la consternation chez les chercheurs

18 Février 2021 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education, #Université

«Islamo-gauchisme»: Vidal provoque la consternation chez les chercheurs

EXTRAITS

En annonçant commander au CNRS une enquête sur « l’islamo-gauchisme » à l’université, la ministre a suscité l’ire du monde de la recherche. Les présidents d’université dénoncent « une pseudo-notion qu’il conviendrait de laisser […] à l’extrême droite ». Les appels à sa démission se multiplient.

Particulièrement transparente ces derniers mois malgré la crise grave que connaît l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal embrase la communauté universitaire, abasourdie par son intention de commander « une enquête » au CNRS sur « l’islamo-gauchisme » à l’université.

Tout est parti d’un entretien pour le moins sidérant accordé par la ministre, dimanche 14 février, à CNews, la chaîne préférée de l’extrême droite. Interrogée par Jean-Pierre Elkabbach sur la récente une du Figaro titrée « Comment l’islamo-gauchisme gangrène l’université », la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche a commencé par acquiescer à ce « constat ».

« Ce qu’on observe à l’université, c’est que des gens peuvent utiliser leurs titres et l’aura qu’ils ont […]. Ils sont minoritaires et certains le font pour porter des idées radicales ou des idées militantes de l’islamo-gauchisme en regardant toujours tout par le prisme de leur volonté de diviser, de fracturer, de désigner l’ennemi », commence-t-elle par affirmer.

© The Sound of Science

« Vous ajoutez aussi les indigénistes qui disent la race, le genre, la classe sociale… tout ça, ça forme un tout ? », la relance doctement Jean-Pierre Elkabbach.

Nullement gênée par l’incroyable confusion de la question, la ministre acquiesce à nouveau. « Absolument. D’ailleurs en biologie cela fait bien longtemps qu’on sait qu’il n’y a qu’une espèce humaine et qu’il n’y a pas de race donc vous voyez à quel point je suis tranquille avec ce sujet-là », répond-elle, montrant combien les récents débats scientifiques sur la notion de « race » dans les sciences sociales lui ont totalement échappé.

« Oui, vous, vous êtes tranquille, mais il y a des minorités et elles sont agissantes… », relance encore le journaliste en agitant les doigts – une gestuelle censée représenter une forme d’infiltration de ces « minorités » à l’université.

« Il y a une sorte d’alliance entre Mao Zedong et l’ayatollah Khomeini ? », suggère encore un Jean-Pierre Elkabbach à qui le sujet tient manifestement à cœur.

« Vous avez raison. Mais c’est pour cela qu’à chaque fois qu’un incident se produit, il est sanctionné, à chaque fois que quelque chose est empêché, c’est reprogrammé, mais je crois que l’immense majorité des universitaires sont conscients de cela et luttent contre cela », avance Frédérique Vidal, sans que le spectateur, à ce stade, sache très bien ce que « cela » désigne, perdu entre les différentes chimères de « l’islamo-maoïsme » et du « féminisme-racialiste »…

« C’est pour cela que je vais demander, notamment au CNRS, de faire une enquête sur l’ensemble des courants de recherche, sur ces sujets, dans l’université, de manière à ce qu’on puisse distinguer ce qui relève de la recherche académique de ce qui relève du militantisme, de l’opinion », lance alors la ministre.

(...)

Le but de cette « enquête » confiée au CNRS est-il d’identifier des éléments potentiellement idéologiquement dangereux au sein de la communauté universitaire ? Sur ce point également, la Conférence des présidents d’université (CPU) tient à mettre les choses au point : « La CPU regrette la confusion entre ce qui relève de la liberté académique, la liberté de recherche dont l’évaluation par les pairs est garante, et ce qui relève d’éventuelles fautes et infractions, qui font l’objet si nécessaire d’enquêtes administratives », et qui sont confiées dans ce cas à l’Inspection générale de l’éducation.

« La CPU s’étonne aussi de l’instrumentalisation du CNRS dont les missions ne sont en aucun cas de produire des évaluations du travail des enseignants-chercheurs, ou encore d’éclaircir de qui relève “du militantisme ou de l’opinion”, cingle l’organisation. Si le gouvernement a besoin d’analyses, de contradictions, de discours scientifiques étayés pour l’aider à sortir des représentations caricaturales et des arguties de café du commerce, les universités se tiennent à sa disposition. Le débat politique n’est par principe pas un débat scientifique : il ne doit pas pour autant conduire à raconter n’importe quoi. »

Sauf qu’en matière de « n’importe quoi », la CPU et le monde de la recherche plus généralement n’avaient, sans doute, pas encore tout entendu. Questionnée mardi par la députée Bénédicte Taurine (La France insoumise) sur sa volonté de créer une « police de la pensée », Frédérique Vidal a eu cette réponse étonnante : « Alors, oui, en sociologie on appelle ça mener une enquête. Oui, je vais demander à ce qu’on fasse un bilan de l’ensemble des recherches qui se déroulent actuellement dans notre pays… Sur le postcolonialisme… Mais moi, vous savez, j’ai été extrêmement choquée de voir apparaître au Capitole un drapeau confédéré et je pense qu’il est essentiel que les sciences sociales se penchent sur ces questions qui sont encore aujourd’hui d’actualité. »

(...)

Pour l’historienne Camille Lefebvre, directrice de recherche au CNRS et spécialiste de l’Afrique aux XVIIIe et XIXe siècles, cette annonce de Frédérique Vidal s’inscrit dans « un pur enjeu électoral consistant à placer la question de l’islam au cœur de la prochaine campagne présidentielle. Le problème c’est que c’est un discours performatif et qu’ils n’en mesurent pas les conséquences », souligne-t-elle, décrivant des discours stigmatisants « qui blessent une partie de la société française à qui l’on veut faire comprendre qu’elle doit rester à sa place ».

(...)

Le président, passé de la lecture de Paul Ricœur à celle de Pierre-André Taguieff et sa dénonciation des « bonimenteurs du postcolonial », avait déjà affirmé en juin dernier devant des journalistes que « le monde universitaire a été coupable. Il a encouragé l’ethnicisation de la question sociale en pensant que c’était un bon filon. Or, le débouché ne peut être que sécessionniste. Cela revient à casser la République en deux ».

Aujourd’hui, sous les coups de boutoir d’un pouvoir obsédé par la mise au pas de la communauté universitaire, ce sont surtout les enseignants, les chercheurs et plus largement les libertés académiques qui sont menacés.

Lucie Delaporte

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Mozart... Beethoven...

17 Février 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Philippe de La Genardière...

17 Février 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Mare Nostrum par La Genardière

La mer, Adelphe l’aimait depuis toujours, il en avait rêvé, il en avait eu peur, sur ses rivages il avait imaginé des extases et des voyages prodigieux, mais il n’avait encore jamais accompli son vrai rêve de mer, comme il disait, et jamais fait l’amour avec elle. C’était l’idée qui l’avait traversé lorsqu’il avait songé à guérir son âme auprès d’elle, et il s’agissait bien de guérison, puisque la décision de s’y rendre était intervenue dans des circonstances difficiles, un effondrement de toute sa personne, à vrai dire, mais à un âge avancé, alors que les forces lui manquaient. Et parce qu’il se sentait privé de ses forces, l’idée lui était venue de remonter aux origines, à la source (un mot qu’il s’était prononcé à lui-même, et dont il avait compris peu à peu qu’il désignait cette puissance tutélaire qui se trouvait maintenant devant lui et qui s’appelait la mer), oui, il avait choisi de s’en remettre à elle pour venir à bout de son malaise, et s’en délivrer.

Philippe de La Genardière - Mare Nostrum

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Frédérique Vidal et "l'islamo-gauchisme" : "Il y a un doute sur la capacité de cette ministre à défendre les personnels", selon le syndicat enseignant SNESUP-FSU

17 Février 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Université

Frédérique Vidal et "l'islamo-gauchisme" : "Il y a un doute sur la capacité de cette ministre à défendre les personnels", selon le syndicat enseignant SNESUP-FSU

Christophe Voilliot, co-secrétaire général du SNESUP-FSU, maître de conférences en science politique à l'Université Paris-Nanterre, revient sur franceinfo sur les propos de Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, qui a créé la polémique en parlant d'"islamo-gauchisme" dans les universités.

La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a créé la polémique en parlant d'"islamo-gauchisme" dans les universités. Elle souhaite charger le CNRS d'enquêter à l'université pour distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme et de l'opinion. "Il y a un doute sur la capacité de cette ministre à défendre les personnels de l'enseignement supérieur", a réagi mercredi 17 février sur franceinfo Christophe Voilliot co-secrétaire général SNESUP-FSU, maître de conférences en science politique à l'Université Paris-Nanterre (Sophiapol).

franceinfo : Que pensez-vous de cette annonce ?

Christophe Voilliot : Ses propos viennent dans un contexte très particulier où l'université est attaquée par l'extrême droite, les Identitaires, par une partie de la presse. C'est très grave qu'une ministre de l'Enseignement supérieur se fasse l'écho de ces attaques en portant atteinte d'une manière inédite aux libertés académiques. Sans liberté de la recherche, il n'y a pas de recherche possible, sans liberté d'expression il n'y a pas d'enseignement possible à l'université. Ce sont ces principes cardinaux que la ministre vient de remettre en cause.

Est-ce que vous attendez qu'elle renouvelle son soutien ?

Il y a un doute sur la capacité de cette ministre à défendre les personnels de l'enseignement supérieur. Quand on demande à des chercheurs du CNRS d'enquêter, et non pas d'évaluer comme nous le faisons au quotidien, sur le travail de leurs collègues nous avons l'impression de basculer sur quelque chose qui ressemble à un régime policier.

Réclamez-vous sa démission ?

Non, en tant qu'organisation syndicale nous n'avons pas à demander la démission d'une ministre. Nous souhaitons qu'elle revienne sur ses propos et qu'elle change de politique et que son projet d'enquête soit immédiatement abandonné.

En quoi cela n'est-ce pas une question universitaire ?

C'est une question aujourd'hui qui fait l'objet d'un débat public, de prises de position. Le terme islamo-gauchisme peut parfaitement être employé, je ne vais pas empêcher quiconque d'employer ce mot. Mais ce n'est pas parce qu'il existe qu'il renvoie directement à des travaux universitaires et que l'on peut considérer que ce serait un concept qui serait mis en avant dans des travaux universitaires qui auraient des visées politiques cachées par leurs auteurs. Ce terme fonctionne comme un stigmate vis-à-vis des universitaires et ça c'est très grave.

Est-ce qu'il faut améliorer les conditions de débat ?

Il faut recréer les conditions d'un débat serein sur l'ensemble des questions que ce soit des questions de société, des questions qui touchent à la science, au sein des universités. Pour se faire, il faut qu'on arrête ce type de petites phrases. Peut-être faudrait-il aller plus loin. Il serait nécessaire d'adjoindre au texte de la Constitution une référence à la défense et à la préservation des libertés académiques comme cela existe dans d'autres pays comme l'Allemagne. La seule chose que nous demandons c'est qu'on nous laisse travailler, qu'on nous laisse diffuser les résultats de nos travaux, après personne n'est obligé d'être d'accord avec nous. Mais si on veut débattre il faut le faire à partir des travaux de recherche et pas à partir de la réputation d'un chercheur, d'une équipe ou d'un établissement.

 

https://www.francetvinfo.fr/politique/jean-castex/gouvernement-de-jean-castex/islamo-gauchisme-il-y-a-un-doute-sur-la-capacite-de-cette-ministre-a-defendre-les-personnels-de-l-enseignement-superieur-snesup-fsu_4300521.html#xtor=CS2-765-[twitter]-

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Sur CNews, Vidal fait du Zemmour...

17 Février 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Université

Sur CNews, Vidal fait du Zemmour...
Sur CNews, Vidal fait du Zemmour...

Frédérique Vidal et l’«islamo-gauchisme» : sur CNews, une ministre zemmourisée

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a déclaré, à l’antenne de la très droitière chaîne de télévision, vouloir demander une enquête au CNRS sur l’«islamo-gauchisme» à la fac. Provoquant ainsi l’indignation de la communauté universitaire.

Revoilà l’«islamo-gauchisme». Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, en a fait le refrain gouvernemental à l’automne, brocardant une «idéologie […] qui mène au pire» et qui gangrènerait les facs françaises. A son tour, Frédérique Vidal le réchauffe comme pour précipiter de la pire des manières la sortie d’un hiver glacial pour le secteur dont elle est la ministre. Sur les réseaux sociaux, la communauté universitaire ne lui dit pas merci, dénonçant massivement une énième attaque «odieuse» et allant «toujours plus loin dans l’abjection».

Dimanche, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche est invitée à débattre sur le plateau de CNews, avec Jean-Pierre Elkabbach, relève le site d’information scientifique The Sound of Science. Face au journaliste qui l’interroge sur le danger «islamo-gauchiste» à l’université donc, utilisant la une du Figaro à l’appui de sa bonne foi, Frédérique Vidal répond : «Moi, je pense que l’islamo-gauchisme gangrène la société dans son ensemble et que l’université n’est pas imperméable et fait partie de la société.» Et de poursuivre, sans qu’Elkabbach n’ait vraiment besoin de la relancer : «Ce qu’on observe à l’université, c’est que des gens peuvent utiliser leurs titres et l’aura qu’ils ont. Ils sont minoritaires et certains le font pour porter des idées radicales ou des idées militantes de l’islamo-gauchisme en regardant toujours tout par le prisme de leur volonté de diviser…»

On l’écrivait déjà dans Libé en octobre : non seulement l’accusation d’«islamo-gauchisme» (une antienne de la droite qui suggère une alliance stratégique entre une partie de la gauche et l’islamisme) à l’encontre de l’université ne repose sur aucun fait concret ni aucune plainte à ce jour – la plupart des conférences et des colloques dans l’enceinte académique se déroulent sans le moindre incident en lien avec l’islamisme et sans qu’aucun journaliste n’y mette les pieds quand bien même les portes leur sont ouvertes –, mais elle est en plus insultante car elle insinue une forme de complicité intellectuelle et morale de certains travaux en sciences humaines et sociales dans lesquels la menace islamiste trouverait un avantage.

Revenons sur CNews : Elkabbach suggère qu’«il y a une sorte d’alliance, si je puis dire, entre Mao Zedong et l’ayatollah Khomeini». Ce à quoi Vidal répond : «Mais vous avez raison…» Sur le Fox News à la française, la ministre de l’Enseignement supérieur semble en un rien de temps zemmourisée – ou blanquérisée. Si bien qu’elle affirme vouloir «demander notamment au CNRS de faire une enquête sur l’ensemble des courants de recherche sur ces sujets dans l’université de manière à ce qu’on puisse distinguer de ce qui relève de la recherche académique de ce qui relève justement du militantisme et de l’opinion».

D’aucuns diront qu’il y a là les débuts d’un «maccarthysme» académique. Il faut dire qu’en novembre, la droite sénatoriale avait déjà tenté de profiter de la loi de programmation de la recherche pour restreindre les libertés académiques, proposant deux amendements touchant la liberté d’expression et ayant pour soi-disant but de faire respecter les «valeurs de la République»«Valeurs» qui ne sont, par principe, pas définies. Ce qui ouvrirait la porte à des décisions arbitraires et alimenterait un large climat de suspicion sur ce que sont en droit de dire ou de ne pas dire les universitaires dans le cadre de leur fonction.

Dans le contexte éprouvant de la pandémie et de ses cours à distance, de la dégradation des conditions des étudiants et de la recherche française, durement atteinte par des années de réformes et de restriction budgétaire, la sortie de la ministre (qui intervient après que Gérald Darmanin a présenté Marine Le Pen comme «plus molle» que le gouvernement dans un débat sur France 2) ne fait que s’ajouter à une panique morale et fantasmagorique nourrie de manière factice par des médias d’extrême droite. On est en droit d’attendre autre chose de sa part. Mais en est-elle capable ?

Simon Blin

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