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Vivement l'Ecole!

The Fugees...

13 Février 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Jacques Prévert...

13 Février 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Jacques Prévert...

CHANSON DES ESCARGOTS QUI VONT A L'ENTERREMENT

A l'enterrement d'une feuille morte

Deux escargots s'en vont

Ils ont la coquille noire

Du crêpe autour des cornes

Ils s'en vont dans le soir

Un très beau soir d'automne

Hélas quand ils arrivent

C'est déjà le printemps

Les feuilles qui étaient mortes

Sont toutes ressuscitées

Et les deux escargots

Sont très désappointés

Mais voilà le soleil

Le soleil qui leur dit

Prenez prenez la peine

La peine de vous asseoir

Prenez un verre de bière

Si le cœur vous en dit

Prenez si ça vous plaît

L'autocar pour Paris

Il partira ce soir

Vous verrez du pays

Mais ne prenez pas le deuil

C'est moi qui vous le dis

Ça noircit le blanc de l'œil

Et puis ça enlaidit

Les histoires de cercueils

C'est triste et pas joli

Reprenez vos couleurs

Les couleurs de la vie

Alors toutes les bêtes

Les arbres et les plantes

Se mettent à chanter

A chanter à tue-tête

La vraie chanson vivante

La chanson de l'été

Et tout le monde de boire

Tout le monde de trinquer

C'est un très joli soir

Un joli soir d'été

Et les deux escargots

S'en retournent chez eux

Us s'en vont très émus

Ils s'en vont très heureux

Comme ils ont beaucoup bu

Ils titubent un p'tit peu

Mais là-haut dans le ciel

La lune veille sur eux.

______________

 

L'ÉCOLE DES BEAUX-ARTS

 

Dans une boite de paille tressée

Le père choisit une petite boule de papier

Et il la jette

Dans la cuvette

Devant ses enfants intrigués

Surgit alors

Multicolore

La grande fleur japonaise

Le nénuphar instantané

Et les enfants se taisent

Émerveillés

Jamais plus tard dans leur souvenir

Cette fleur ne pourra se faner

Cette fleur subite

Faite pour eux

A la minute

Devant eux.

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Sophie Wahnich: «Exercer son aptitude à l’utopie est une nécessité absolue quand l’avenir paraît avoir disparu»

13 Février 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Histoire

Sophie Wahnich: «Exercer son aptitude à l’utopie est une nécessité absolue quand l’avenir paraît avoir disparu»

EXTRAITS

Sophie Wahnich «Exercer son aptitude à l’utopie est une nécessité absolue quand l’avenir paraît avoir disparu» Comment nous projeter dans l’avenir et imaginer un monde meilleur alors que la crise sanitaire nous donne l’impression de faire du sur-place ? Pour l’historienne, spécialiste de la Révolution française, la pensée utopique constitue une source d’émancipation plus que jamais nécessaire. Même si elle se heurte au réel.

Quand elle était en sixième, sa professeure de français demandait à ses élèves d’imaginer des mondes utopiques. L’historienne de la Révolution française Sophie Wahnich n’a finalement jamais interrompu cet exercice, que ce soit dans sa vie de citoyenne engagée, ou en scrutant les archives et les imaginaires sociaux de son époque de prédilection. Que deviennent les utopies aujourd’hui quand chacun éprouve la désolante impossibilité de se projeter, qui d’ordinaire est le propre de la dépression ? L’impression généralisée de vivre une journée sans fin anéantit-elle notre capacité à concevoir des organisations sociales aussi inédites qu’impérieuses ? Contre toute attente, Sophie Wahnich, directrice de recherche au CNRS, autrice notamment de la Révolution n’est pas un mythe, et longtemps chroniqueuse dans ces pages, dissocie l’aptitude à inventer des utopies, qui lui semble le propre de l’humain, de la possibilité du futur. Selon elle, s’il y a des périodes plus propices que d’autres à leur floraison, les utopies, leur dur désir de durer, et la faculté d’en imaginer de nouvelles, persistent même et surtout dans les moments qui paraissent le plus sans issue.

En quoi l’impossibilité actuelle de se projeter met à mal la construction d’utopies ?

L’utopie n’est pas forcément une projection dans le temps. Elle est une construction imaginaire qui se développe avec le plus de nécessité dans les périodes les plus entravées. Elle naît d’ailleurs avec Thomas More, qui écrit Utopia en 1516 en pleine Renaissance, période où l’essor du capitalisme met à mal certaines vies communautaires et lors de laquelle l’affirmation d’un nouvel art de gouverner est perçue comme tyrannique. Il ne me paraît donc pas contradictoire de soigner la dimension utopique de l’humain, dans les époques particulièrement sombres, despotiques, où, effectivement, on a le sentiment qu’on ne peut que se retirer dans ce «hors lieu» qu’est étymologiquement l’utopie. Produire ce lieu imaginaire permet de continuer à penser. Exercer son aptitude à l’utopie est une nécessité absolue quand l’avenir paraît avoir disparu. Sinon, effectivement, la mort est au rendez-vous : la mort sociale et la mort individuelle et psychique.

(...)

Qu’est-ce qui différencie une utopie d’autres types de projet ?

L’enjeu de toute utopie est de démontrer que l’énoncé «ça a toujours été comme ça» est faux. «Ça peut être autrement» est une pensée réformiste. «Ça doit être différent» est une pensée révolutionnaire. Mais «ça pourrait être différent» est une pensée utopiste. Tout d’un coup l’imaginaire est ouvert. Nul besoin de faire exister l’utopie immédiatement, elle peut se transmettre au-delà de votre temps de vie. Ce qui a été lancé, n’est jamais perdu pour l’histoire.

(...)

Durant le premier confinement, il y a eu un énorme espoir de changement. On parlait du «monde d’après». Cela s’est fracassé. Y a-t-il eu un moment d’utopie ?

Oui, mais il a été suscité par un malentendu : le «quoi qu’il en coûte» a été entendu comme si on allait enfin faire payer les détenteurs du capital. Emmanuel Macron, depuis sa position de président de la République, a affirmé que le monde d’après serait différent, mais il l’a affirmé au même titre qu’il nous a parlé de «révolution» pendant la campagne présidentielle de 2017. Autour de ce malentendu est apparu «un violent désir de bonheur» pour reprendre le titre d’un beau film de Clément Schneider. Ce désir était latent, tout prêt à surgir, malgré le désespoir indéniable dû à une gestion cruelle de la crise du Covid – je pense à la situation des étudiants maintenus devant un écran, aux lieux culturels fermés. Le refus de penser ce qui nous ferait du bien n’a en soit rien de démocratique. Car l’un des principes démocratiques, c’est justement de retenir la cruauté.

Anne Diatkine

Entretien complet à lire en cliquant ci-dessous

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"Un professeur de philosophie fait le tour des médias pour dénoncer une ville «perdue» - Vraiment?

13 Février 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

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EXTRAITS

«Beaucoup de monde parle de Trappes, mais je ne connais pas beaucoup de chercheurs qui viennent sur le terrain»

Depuis une semaine, un professeur de philosophie fait le tour des médias pour dénoncer une ville «perdue» pour la République et sous influence islamiste. «Libération» retrace le fil d’une histoire bien plus complexe dans une commune objet de multiples fantasmes.

Sans faire de bruit, le SUV de la police s’est arrêté devant le lycée de la Plaine de Neauphle, à Trappes (Yvelines). Il n’est pas encore 9h30, ce mardi, quelques élèves arrivent par grappes et attendent en silence dans le froid que la sonnerie résonne pour que s’ouvrent les grilles. Ils n’ont pas l’air étonnés de la présence policière. Ni de celle de Libération. Ces derniers jours, ils ont vu défiler les journalistes qui leur ont posé à peu près tous les mêmes questions : connaissent-ils le professeur de philosophie, Didier Lemaire ? Que pensent-ils de tout ce qu’il a dit à la télé sur leur lycée et leur ville ? Savent-ils que c’est pour le protéger que la voiture de police stationne à quelques mètres d’eux ?

Le grand public a découvert l’enseignant le 5 février, quand l’hebdomadaire le Point a mis en ligne un article intitulé : «Trappes : un professeur, cible de menaces, placé sous protection.» Le sous-titre renchérit : «Depuis novembre, Didier Lemaire, prof de philo, se rend à son travail sous escorte policière. Comme Samuel Paty, il a défendu les principes républicains.» Tout le week-end, Lemaire court les plateaux télés. Lundi matin, il enchaîne la matinale de Sud Radio et l’Heure des pros, sur CNews. La machine médiatique tourne à plein régime. Celui qui enseigne la philosophie depuis vingt ans dans le même lycée dresse le constat accablant d’une ville aux mains des islamistes, et, selon lui, définitivement «perdue». A Trappes, il n’y aurait selon lui plus de juifs depuis l’incendie (jugé accidentel) de la synagogue en 2000, plus de Portugais, plus de salon de coiffure mixte et même les musulmans modérés seraient contraints aujourd’hui de quitter la ville. Le tout avec la complicité des pouvoirs publics : il met notamment en cause le maire de Trappes, Ali Rabeh, ancien socialiste aujourd’hui membre du petit parti Génération·s de l’ex-candidat PS à la présidentielle Benoît Hamon. A entendre Lemaire, Rabeh serait coupable de relayer les menaces dont il fait l’objet et de lui mettre «une cible dans le dos» en le faisant passer, selon le prof, pour un «islamophobe» et un «raciste». L’édile lui répond par plateaux interposés. Il nie avoir relayé des paroles menaçantes, refuse catégoriquement de partager le constat fait par l’enseignant sur sa ville et invite les journalistes à vérifier les faits sur le terrain.

«A quoi ça sert de jeter de l’huile sur le feu?»

A Trappes, ce mardi matin, quelques flocons de neige commencent à tomber sur la doudoune noire de Tony (1), élève de Didier Lemaire en classe de terminale. «Pour nous, c’est juste un prof, on ne le connaît pas dans la vie privée, il fait ses trucs», balaye-t-il, indifférent. A côté de lui, sa camarade de classe garde le silence. Autre groupe de deux adolescentes: «Ça nous étonne parce que ce n’est pas ce qu’il montre en classe, il était normal, on faisait des débats», se souvient Sarah (1), en seconde. Elle réfléchit un peu et reprend: «Après, il a toujours dit que Trappes, c’était une ville perdue, qu’il fallait partir. On l’aimait pas trop en fait, mais j’aimais bien ses cours.» Plus loin, deux autres filles sont plus remontées contre lui. Débit mitraillette: «Y a rien à dire, il insulte toute une ville et tous les élèves alors que le lycée, il est calme», cingle Ana (1), qui n’a pas Lemaire comme professeur. La sonnerie retentit, les grilles s’ouvrent, les élèves rentrent dans l’établissement et les policiers dans leur voiture. Avant de repartir, l’un d’eux lance: «Bah, ça leur fait de l’animation, ils aiment bien ça, les jeunes.»

(...)

«Je ne suis pas directement menacé, je n’ai aucun problème à le dire»

Courant décembre, une journaliste de la télévision néerlandaise Nieuwsuur vient à Trappes faire un reportage sur la question de l’islamisme. Elle interroge plusieurs habitants, Ali Rabeh et Didier Lemaire. C’est au cours de ces entretiens que l’édile aurait traité l’enseignant d’«islamophobe» et de «raciste», contribuant, selon ce dernier à lui coller «une cible dans le dos». Ce qui est faux. Libération a pu consulter la lettre signée par l’avocate de la chaîne hollandaise, assurant que de tels propos n’ont pas été tenus. Le reportage est diffusé le 22 janvier à la télévision hollandaise. Mécontentes du traitement de leur témoignage, deux personnes interrogées envoient des messages virulents à la journaliste, l’accusant d’avoir trahi leur parole. L’une d’entre elles estime, à propos des prises de position de Didier Lemaire, qu’elles font le terreau du «racisme» et de «l’islamophobie». Elle ajoute : «S’il continue, on va avoir un Samuel Paty bis à Trappes.» Ce que la journaliste interprète comme une menace. L’avocate de la chaîne signale donc ces échanges à la procureure de Versailles, Maryvonne Caillibotte, qui décide d’ouvrir une enquête pour «menaces sur personne chargée de mission de service public». Le dispositif de sécurité est également renouvelé autour du professeur. «Dans ce cadre-là, monsieur Lemaire a été auditionné et nous a indiqué ne pas avoir fait l’objet de menaces directes, d’ailleurs, il ne porte pas plainte», indique la magistrate. Pour l’instant, elle estime ne pas avoir d’éléments qui permettraient de qualifier une infraction. Ce que reconnaît volontiers Didier Lemaire auprès de Libération.

«Je ne suis pas directement menacé, je n’ai aucun problème à le dire, convient-il. Mais c’est une menace diffuse, un danger sur vous, même s’il n’y a pas de fait avéré.» A son propos, la préfecture précise d’ailleurs : «Ce n’est pas au titre de professeur que Didier Lemaire fait l’objet d’une sécurisation, mais au titre de personnalité publique, après ses prises de position dans les médias.» De fait, le professeur ne se rappelle pas avoir connu d’incidents notables en lien avec l’islam ou la contestation de la laïcité dans sa classe. D’autres personnes que lui rapportent ce qui se rapproche tout au plus d’une algarade. L’histoire se passe en 2018. Au sujet d’un Trappiste qui fait commerce d’objets religieux, Didier Lemaire déclare devant ses élèves : «Tout le monde sait que c’est un salafiste.» L’un des adolescents présents ce jour-là est le fils de l’homme en question et fait part de son indignation à son professeur. Un rendez-vous est pris pour s’expliquer et, aux dires du parent d’élève, «monsieur Lemaire s’est excusé». Deux autres sources confirment que l’affaire s’est réglée sans éclat de voix. Mais Didier Lemaire ne semble pas pour autant avoir changé d’avis sur la personne, qui selon lui ne montre pas son vrai visage. «C’est un tabligh, quelqu’un qui endoctrine les gens en leur vendant des objets religieux», considère-t-il aujourd’hui. De son côté, le père de famille réfute toute dissimulation d’une radicalisation : «Quand est-ce qu’on va nous croire, nous, les musulmans ?»

(...)

Lors d’un entretien avec le rectorat, lundi, Lemaire a repoussé l’offre qui lui était faite de commencer dès à présent à enseigner dans un autre établissement. Mais l’enseignant doute qu’il remettra les pieds à la Plaine de Neauphle, ou même ailleurs : «Ma position est intenable, je vois bien que j’ai entamé une relation pédagogique qui doit rester neutre. Et puis, ce n’est pas sympa pour mes collègues qui risquent d’être mis en danger à cause de moi.» En début de semaine, Ali Rabeh est allé voir les anciens élèves de Didier Lemaire. «Ils étaient désespérés, raconte-t-il. Ils m’ont dit : maintenant, c’est fini, plus personne ne voudra de nous quand ils verront le nom du lycée dans Parcoursup.» Pour lui, comme pour cette habitante, «le mal est fait».

Nicolas Massol et Cyril Zannettacci

(1) Les prénoms ont été modifiés.

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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Roxy Music...

12 Février 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Isaac Bashevis Singe...

12 Février 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Isaac Bashevis Singe...

Quand il l’accepta à nouveau dans leur lit, elle lui prouva qu’il ne connaissait pas encore tous les moyens et toutes les astuces avec lesquels elle savait séduire un homme. Il lui demanda de qui elle les avait appris et elle lui donna les noms de macs, de voleurs et d’une espèce de sorcier qui avait chez lui un miroir noir dans lequel on voyait apparaître des maris défunts, des amants et des maîtresses perdus, et tous les morts qui désiraient encore s’accoupler avec ceux et celles qui les pleuraient. Elle s’exprimait avec une sorte de frénésie et racontait des histoires si horribles que Yarmy en avait le frisson.

Isaac Bashevis Singer - Keila la rouge

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Vers un enseignement du fait laïque? - Par Claude Lelièvre

12 Février 2021 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Laïcité

Vers un enseignement du fait laïque? - Par Claude Lelièvre

Blanquer vient de confier à Jean-Pierre Obin une mission destinée à unifier et améliorer la formation à la laïcité des enseignants et chefs d'établissements. En restera-t-on à une énième mouture de l'enseignement du ''fait religieux'' ou bien ira-t-on au cœur du sujet à savoir l'enseignement du ''fait laïque'' ?

Les conclusions de la mission qui va être conduite par l'ex-inspecteur général Jean-Pierre Obin doivent être rendues rapidement, en avril. Elles sont déjà en principe fort orientées si l'on en juge par ce qu'a déclaré Jean-Pierrre Obin au « Figaro » de jeudi dernier :« La conclusion du dernier rapport de l'Inspection générale rendu à l'automne, pointe un défaut d'unité sur la conception même de la laïcité parmi les enseignants et même parmi les cadres de l'Éducation nationale. Il faut donc se recentrer sur une conception d'ensemble de la République, qui est celle du gouvernement et celle du Conseil des sages »

Il y a bien sûr lieu de se méfier pour des raisons qui vont de soi, mais aussi parce qu'il y a tout un passé et un passif qui sont généralement inaperçus mais qui sont fort étranges quand on y songe.

Au cours de la campagne présidentielle du printemps 2012, François Hollande avait en effet évoqué que l’on devrait enseigner le «fait laïque» à l’Ecole. Le 17 mars  2012, la FCPE  (la principale fédération de parents d’élèves de l’Education nationale) avait  invité les candidats à répondre à une batterie de questions sur l’Ecole. Et, lors de son audition, François Hollande avait déclaré qu’il serait opportun d’enseigner le « fait laïque » à l’Ecole (à l’instar du ‘’fait religieux’’ avait-il dûment précisé).

Cette idée était alors portée en particulier par  Vincent Peillon qui était chargé du thème de l’éducation dans l'équipe de campagne de François Hollande. Le 1er mars 2012, dans un entretien sur "France Culture", Vincent Peillon avait d'ores et déjà plaidé pour une « reconquête de la laïcité à l'Ecole». Interrogé sur l'enseignement du «fait religieux» il avait estimé que cet enseignement était mieux mis en place que l'enseignement du « fait laïque ». Et il avait  même déclaré « découvrir qu'il n' y avait aucun enseignement de la laïcité pour les élèves », et que l'«on ne préparait pas les enseignants à ces valeurs ».

On en est toujours là pour l'essentiel ; et il serait souhaitable de ne pas louper, une fois encore, le cap essentiel..

Pourtant cette question de la laïcité et de ses conditions de possibilité ne peut être que centrale dans une école républicaine et laïque. Et, depuis longtemps, comme on peut le saisir par exemple dans l’extrait suivant de l’article « laïcité » du célèbre Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire, dirigé par Ferdinand Buisson et paru en 1911. « Que faut-il entendre par laïcité de l’enseignement ? […] C’est la séparation de l’église et de l’école. L’instituteur à l’école, le curé à l’église, le maire à la mairie […]. Mais est-il possible de s’en tenir à ces lignes générales ? Le culte de la logique, que nous professons plus peut-être qu’un autre peuple, n’exige-t-il pas que nous disions où commence et où finit la laïcité ? Suffit-il que le prêtre n’entre pas dans l’école, que le catéchisme n’y soit pas enseigné ni les prières récitées, pour que l’enseignement soit laïque ? »

Encore faudrait-il en la matière non seulement former les professeurs (et les élèves) au « fait religieux », mais aussi et surtout au « fait laïque ». C’est certes difficile et ce serait inédit. Mais il est temps d'en finir avec cette configuration très étrange où la question de l'enseignement du ''fait religieux'' l'emporte (voire occulte) celle de l'enseignement du ''fait laïque'' !

Claude Lelièvre... 

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The Clash...

11 Février 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Elias Canetti...

11 Février 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

À travers les vitres, on pouvait voir l'aspect du ciel, mais plus atténué, plus calme qu'il n'était en réalité. Un bleu doux signifiait : le soleil brille, mais ne vient pas jusqu'à moi ; un gris également doux, il va pleuvoir, mais pas sur moi. Un bruit léger, c'était les gouttes qui tombaient. On accueillait de très loin leur venue ; elles ne vous touchaient pas. On savait seulement : le soleil brille, les nuages passent, la pluie tombe. C'était comme si l'on s'était bâti une cabane à l'abri de toute relation exclusivement matérielle, de tout ce qui n'était que contingences terrestres, une immense cabine, assez grande pour contenir les quelques biens qui, sur terre, sont plus que la terre et que la poussière à laquelle la vie retourne ; comme si on l'avait fermée hermétiquement et remplie de ces quelques biens. Dans ce voyage à travers l'inconnu, il semblait qu'on n'était pas en voyage du tout. Il suffisait de s'assurer, par les fenêtres d'observation, de la permanence de certaines lois naturelles : la succession du jour et de la nuit, l'activité incessante et capricieuse du climat, l'écoulement du temps : on voyageait sur place.

Elias Canetti - Auto-da-fé

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