Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Elvis Presley... Et Chubby Checker...

31 Janvier 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de coeur... Paul Auster...

31 Janvier 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Pour autant que je sache, il n’y eut aucune modification abrupte ou radicale dans le comportement de Sachs. Son emploi du temps restait dominé par la même bousculade d’obligations excessives et de délais rigoureux et, sitôt dépassé l’épisode hollywoodien, il s’était remis à produire plus que jamais, sinon davantage. Articles, essais et commentaires critiques coulaient de sa plume à une cadence vertigineuse, et on pourrait soutenir, je suppose, que bien loin de se sentir désorienté, il fonçait de l’avant à toute pompe. Si je conteste ce portrait optimiste du Sachs de ces années-là, c’est seulement parce que je sais ce qu’il lui est arrivé ensuite. D’énormes transformations se sont produites en lui et, s’il est assez facile de mettre le doigt sur l’instant où elles ont commencé à se manifester, de se focaliser sur la nuit de son accident, de rendre cet événement bizarre responsable de tout-, je ne crois pas à la justesse d’une telle explication. Peut-on se métamorphoser en une nuit? Un homme peut-il s’endormir avec une personnalité et se réveiller avec une autre?

Paul Auster - Léviathan

Lire la suite

Plus de 11 millions de filles pourraient ne pas retourner à l'école après la crise du COVID-19 (Vidéo)

31 Janvier 2021 , Rédigé par Unesco Publié dans #Education, #Femme

11 million.

That’s the number of girls who might not return to school this year due to COVID-19’s unprecedented education disruption. This alarming number not only threatens decades of progress made towards gender equality, but also puts girls around the world at risk of adolescent pregnancy, early and forced marriage, and violence. For many girls, school is more than just a key to a better future. It’s a lifeline.

Join UNESCO and members of the Global Education Coalition in a new #LearningNeverStops campaign to ensure that every girl is able to learn while schools are closed and return to the classroom when schools safely reopen. Let’s speak out for the 130 million girls who were already out of school before the pandemic, and work together to safeguard their right to education. It’s time to turn this crisis into an opportunity to build back equal. And it starts NOW!

                                                          __________________________________

11 millions

C'est le nombre de filles qui pourraient ne pas retourner à l'école cette année en raison de la perturbation sans précédent de l'éducation du COVID-19. Ce nombre alarmant menace non seulement des décennies de progrès accomplis vers l'égalité des sexes, mais expose également les filles du monde entier au risque de grossesse chez les adolescentes, de mariage précoce et forcé et de violence. Pour de nombreuses filles, l'école est plus que la clé d'un avenir meilleur. C’est une bouée de sauvetage.

Rejoignez l'UNESCO et les membres de la Coalition mondiale pour l'éducation dans une nouvelle campagne #LearningNeverStops pour garantir que chaque fille puisse apprendre pendant que les écoles sont fermées et retourner en classe lorsque les écoles rouvriront en toute sécurité. Prenons la parole pour les 130 millions de filles qui n’étaient déjà pas scolarisées avant la pandémie et travaillons ensemble pour sauvegarder leur droit à l’éducation. Il est temps de transformer cette crise en une occasion de reconstruire sur un pied d’égalité.

Et ça commence MAINTENANT!

Lire la suite

Mais pourquoi donc faut-il sauver le soldat Blanquer?

31 Janvier 2021 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Régionales : Jean-Michel Blanquer jette l'éponge en Île-de-France - Le Point

Christian Lehmann est médecin et écrivain. Pour «Libération», il tient la chronique d'une société suspendue à l'évolution du coronavirus.

Le coût social et psychique du confinement est énorme, nous dit-on. Ces explications pourraient être entendues si le gouvernement et son administration faisaient tout pour éviter d’en arriver là. Mais un an après le démarrage de cette pandémie, nous sommes toujours à la traîne: les tests salivaires ne sont pas autorisés en France, le traçage est réduit à sa plus simple expression, les informations sur l’aérosolisation sont à peine évoquées. Et rien n’est fait dans le secteur scolaire pour sécuriser les établissements: ni autotests ni information claire aux familles ni consignes d’aération cohérente ni protocole adapté. Il a fallu ferrailler pendant des mois pour obtenir de masquer les élèves pour les protéger ainsi que les personnels, mais Jean-Michel Blanquer s’entête à inventer un monde merveilleux dans lequel son protocole sanitaire de Schrödinger, qui empile des mesures floues à mettre en place «dans la mesure du possible», règle le problème. Arc-bouté sur des sociétés savantes de pédiatrie incapables de se dédire, le ministre laisse flamber l’épidémie et feint de croire que ceux qui alertent sont des ayatollahs inhumains inconscients du risque éducatif pour les enfants.

On ne reconfinera pas tout de suite, mais Emmanuel Macron choisira probablement la fin de la semaine, qui correspond, oh quel hasard, au début des vacances scolaires. Manière de continuer à prétendre que les établissements scolaires ne participent en rien à la diffusion de l’épidémie. J’en viens à me demander quelles vidéos compromettantes possède le ministre, et pourquoi il est si important de sauver le Soldat Blanquer et la réalité alternative dans laquelle il semble vivre.

Une semaine après une nouvelle journée de grève des personnels, Ariane Deboise, 47 ans, professeure des écoles à Ivry-sur-Seine et représentante syndicale, a voulu témoigner de ce qui se passe en milieu scolaire:

«C’est écrit noir sur blanc dans le protocole sanitaire: les enfants à l’école primaire ne sont jamais considérés comme cas contacts. Une amie reçoit un mot dans le carnet de liaison de sa fille. " Il nous a été signalé un cas confirmé de Covid-19 au sein de la classe. Votre enfant n’est pas identifié, à ce stade, comme contact à risque." "C’est une blague ?, me demande-t-elle. Ma fille est en moyenne section, ils ne portent pas de masques, ils passent leur temps à léchouiller des trucs et à se léchouiller les uns les autres, malgré tous les efforts de la maîtresse. Comment peut-elle ne pas être cas contact ? C’est une blague ? "»

«Non, ce n’est pas une blague. Le Haut Conseil de Santé publique estime "qu’il n’y a pas lieu de considérer comme contact à risque un enfant de moins de 11 ans ayant eu un contact avec un adulte testé positivement Covid-19 qui porte un masque grand public de catégorie 1 (comme ceux fournis par le ministère de l’Éducation nationale, ndlr), ni un autre enfant de moins de 11 ans testé positivement Covid-19, bien qu’il ne porte pas de masque». Le HCSP souligne en effet dans cet avis que "les enfants jeunes sont peu à risque de forme grave et peu actifs dans la chaîne de transmission du Sars-CoV-2". Circulez, il n’y a rien à voir. "En conséquence, dans le premier degré […] l’apparition d’un cas confirmé parmi les élèves n’implique pas que les autres élèves de la classe soient identifiés comme contacts à risque."

«Cette mauvaise blague a été réitérée à l’envi dans la plupart des écoles de France, et ce courrier reçu est une déclinaison d’un courrier type proposé par notre hiérarchie. J’explique à mon amie les alertes que nos syndicats lancent depuis des mois maintenant. Mais la priorité c’est de laisser les écoles ouvertes, à n’importe quel prix, alors que parfois la moitié d’une équipe d’encadrants est positive. Les parents se débrouillent comme ils peuvent, en prenant une journée, ou en faisant garder leurs enfants, pour ne pas surcharger les classes qui restent ouvertes, sans aucun justificatif pour s’absenter de leur emploi, puisque l’établissement reste ouvert et prétendument en capacité d’accueillir.

«Découragés»

«L’absence de traçage dans les écoles n’est pas le fait d’une absence de moyens, mais bien d’une décision politique. Dans l’école où je travaille, nous nous étions organisés depuis la rentrée de septembre : les enfants mangeaient à la même table, les animateurs notaient les tablées quand il y avait des modifications, nous faisions respecter la distance en sport, et, en gros, nous aurions pu tracer les contacts des enfants, avec une petite marge d’erreur peut-être, mais disons de manière globalement satisfaisante. Travail important, contraignant pour les enfants comme pour les adultes qui les encadrent. Arrive le premier cas positif… pas de traçage. Le deuxième ? Pas de traçage non plus. Les suivants ? Idem. Nous nous sommes découragés. A quoi bon ? Après tout, peut-être avaient-ils raison, les enfants étaient peut-être très peu contaminants, c’est le discours martelé par les pédiatres après tout, pourquoi être plus royalistes que le roi… Et pourtant nous étions nombreux à être mal à l’aise vis-à-vis des familles. C’est l’étrange méthode Coué de Blanquer: répéter comme un mantra que l’école n’est pas un lieu de contamination, quitte à tordre les chiffres dans tous les sens, et à évacuer ceux qui gênent, ne nous convainquait guère.

«La blague était déjà mauvaise, elle devient sinistre. La présence des variants anglais et sud-africains sur notre territoire et les déclarations d’Alain Fischer, le monsieur Vaccin du gouvernement, sur la nécessité de vacciner les enfants, n’ont rien fait bouger du côté du ministère. Plus de sport en intérieur, certaines règles optionnelles pour la restauration devenues obligatoires, soit. Mais le traçage ? Rien n’a changé. Même pas a minima une information claire envers les familles.

A vomir

«Mon amie a une oreille attentive, alors je raconte. Je raconte les appels affolés lors de nos permanences syndicales, la colère des collègues, le surnom donné à l’un de nos permanents syndicaux, Clusterboy, je lui lis ce message, reçu dans la journée : "Je suis positive depuis jeudi dernier. Ma directrice a appelé l’inspectrice qui lui a dit que j’étais irresponsable. Pourtant je me dévoue corps et âme à mon métier, nous avons une maîtresse absente depuis fin décembre, nous récupérons ses élèves et nous montons parfois à 40 dans ma classe. Un des élèves répartis dans ma classe était positif au Covid. Depuis vendredi, trois enseignantes sont positives ou cas contact. Le directeur du centre de loisir est positif, ainsi que trois animateurs et deux ATSEM. Le maire souhaite fermer l’école, mais l’inspectrice toujours pas. Le mot d’ordre, c’est se taire, ne pas fermer les écoles pour ne pas faire exploser les chiffres. La santé, ils s’en foutent. C’est à vomir. "»

«Je raconte aussi le cas de cette enseignante, qui reçoit un SMS de l’assurance maladie lui demandant de s’isoler, mais qui ne s’isole pas et assure la classe, parce que du point de vue du médecin de l’éducation nationale et de notre inspecteur, le risque de contamination, sur son lieu de travail, n’est pas avéré. Ce n’est pas, me confirme mon inspecteur en audience syndicale, à la caisse nationale d’assurance maladie de déterminer qui est cas contact dans les écoles: nous dépendons de la cellule dédiée à l’inspection académique. Dommage que le virus ne soit pas au courant.

Deux règles

«Et comme nous travaillons avec des personnels municipaux ou des intervenants extérieurs, deux règles, la règle commune et celle de notre administration, se heurtent parfois. Cette administration est, en quelque sorte, juge et partie. Comment lui faire confiance ? En pratique, les enseignants vont se faire tester, même lorsqu’on leur dit qu’ils ne sont pas cas contacts. Ils savent bien que dans la plupart des écoles, nous mangeons ensemble… à distance, certes, mais pas toujours, et pas toujours dans des pièces aérées. De nouvelles consignes sont tombées récemment : elles nous enjoignent à manger en quinconce, à plus de deux mètres d’écart, et en moins de 15 minutes, fenêtres ouvertes – ou, à défaut, dans nos classes. Je ne les remets pas en cause, elles sont sans doute justifiées. Reste à espérer que par la magie de l’effet performatif de la note de service, elles ne permettent pas d’évacuer tout bonnement la question des cas contacts entre enseignants – puisque nous ne sommes pas supposés, par définition, les enfreindre.

«Comme le signale le SNUIPP-FSU, le syndicat majoritaire dans le premier degré, dans un courrier au ministre de la Santé: "A l’heure actuelle, l’éviction et l’isolement des personnels qui ont été en contact avec un cas positif reposent sur les instructions des autorités locales de l’éducation qui ont aussi à charge d’assurer la continuité du service. Cela peut se traduire parfois par des refus de placement à l’isolement, ce qui est en totale contradiction avec la stratégie nationale relative à la rupture des chaînes de contamination… Les règles de cas contacts au sein de l’Éducation nationale doivent être les mêmes que dans le reste de la société. "

«Alors oui, tracer les enfants, cela signifierait fermer la classe pour une semaine dans une école maternelle. Personne ne le souhaite. Mieux tracer les cas contacts entre adultes, en prenant en compte la réalité de la vie des personnels, par une autorité de santé indépendante, ferait fermer des classes. Beaucoup, sans doute, et cela pèserait sur l’ensemble de la société. Mais à Noël, dans ma chambre, en tête à tête avec ma part de bûche et le résultat positif de mon test, face à la pile de livres dont, positive asymptomatique, j’allais profiter pendant une semaine de paresse forcée, je me suis demandée jusqu’où ce virus invisible, qui avait transité par moi à mon insu, sans doute depuis l’école, avait diffusé parmi ces gens que je vois tous les jours dans le quartier, qui il allait heurter de plein fouet, et quels deuils il allait peut-être engendrer.»

Christian Lehmann est médecin et écrivain

Lire la suite

« Le fiasco Blanquer », anatomie d’un ministre...

31 Janvier 2021 , Rédigé par L'instit'Humeurs Publié dans #Education

« Le fiasco Blanquer », anatomie d’un ministre...

EXTRAIT

« Avant toute chose, le blanquerisme est un autoritarisme. Il se caractérise par une prise de décision ultra-centralisée, l’effacement de la délibération collective, l’affaiblissement des contre-pouvoirs institutionnels et l’élimination systématique des opposants en interne (…). A l’épreuve du pouvoir, Jean-Michel Blanquer s’est montré despote quand on l’attendait démocrate, diviseur lorsqu’il fallait rassembler, sectaire là où il aurait dû s’ouvrir ». En 90 pages documentées Saïd Benmouffok, professeur de philosophie, fait un portrait sans concession du ministre JM Blanquer et propose une vision d’ensemble de son action, très sombre. Le fiasco Blanquer est aussi un livre politique – Benmouffok est de gauche et ne s’en cache pas, au contraire d’un ministre qui feint de ne pas être de droite – qui dénonce une certaine vision de l’école, en marche.

Un lourd passif et une idéologie marquée

On se souvient de l’arrivée de Jean-Michel Blanquer rue de Grenelle, en mai 2017, drapé dans une blancheur virginale tout à fait usurpée pour les connaisseurs de l’école. Présenté comme « issu de la société civile » et comme parfaitement neutre politiquement, il est en réalité tout l’inverse, ainsi que le rappelle Benmouffok : JM Blanquer fréquente les ministères de droite depuis 2006, quand il est nommé directeur adjoint du cabinet de Gilles de Robien, sous Jacques Chirac, puis comme numéro 2 de l’EN en tant que directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco) de Luc Chatel en 2009. Il est « le fil conducteur de la politique éducative du sarkozysme. D’ailleurs, on le surnomme à l’époque le « ministre bis », puisqu’il est en contact avec l’Elysée et s’autorise à prendre les devants sur de nombreux sujets sans passer par son ministre de tutelle. Il est l’homme fort de la droite à l’éducation, bien plus que les ministres successifs. Blanquer est bien celui qui a conduit l’essentiel des réformes » du quinquennat Sarkozy. Il est donc comptable de son bilan : « hausse des inégalités, baisse drastique des budgets et du nombre d’enseignants (…) Près de 150 000 jeunes se trouvent chaque année en situation de décrochage, tandis que 80 000 postes d’enseignants sont supprimés entre 2007 et 2012 ».

JM Blanquer mène notamment ce que Benmouffok qualifie de « chef d’œuvre sarkozyste » : « la suppression de l’année de stage à l’issue des concours d’enseignement. A la rentrée 2010, pas moins de 16 000 nouveaux profs sont envoyés devant leurs élèves, souvent à temps plein, sans avoir reçu de formation pédagogique ».

Entre 2012 et 2017, éloigné du ministère durant le quinquennat Hollande, JMB fourbit ses armes, travaille à ses réseaux et publie un livre programmatique qui lui servira de carte de visite auprès de tous les candidats de droite pour l’élection présidentielle de 2017 (il propose ses services à chacun, et tous acceptent). Pour Benmouffok, tout Blanquer est là, le futur ministre y dévoile sa pensée et son ambition : « le but de toute la démarche est la "recherche de la performance". Pour y parvenir, il est nécessaire d’aller vers une plus grande "responsabilisation des acteurs". Comment faire ? En passant par la "contractualisation" à tous les étages ». Le chef d’établissement a des pouvoirs accrus et devient "véritablement le patron de son établissement", "les résultats des élèves deviennent le critère majeur d’évaluation" des enseignants. Une agence extérieure mesure l’efficacité des équipes pédagogiques, les résultats sont « communiqués aux familles qui peuvent comparer les établissements mis en concurrence et choisir les plus performants ».

On est, on le voit, bien loin du personnage vierge et neutre vendu en mai 2017. « Loin d’un prétendu pragmatisme dépolitisé, son approche témoigne d’une adhésion profonde à une certaine vision du monde. Son modèle n’est pas à chercher dans le système éducatif d’un autre pays : il se trouve dans le fonctionnement de l’entreprise privée concurrentielle, c’est-à-dire dans la logique du marché appliquée à l’école ».

(...)

 

Suivez l'instit'humeurs sur Facebook et sur Twitter @LucienMarboeuf.

N.B. : je cesse ici ma recension du livre, mon billet est assez long comme ça, mais Benmouffok aborde d’autres sujets intéressants, notamment le scientisme de Blanquer, qualifié de neurobéat, ou sa vision de la laïcité, « autoritaire » et « agressive ». A lire...

Et pour ceux qui souhaitent approfondir les divers thèmes évoqués par Benmouffok et relatés dans ce billet, il est possible de taper "Blanquer" dans la barre de recherche de ce blog, on tombera sur tous les posts concernant le ministre depuis 3 ans 1/2 : beaucoup des dossiers en question y sont détaillés… C'est .

Lucien Marboeuf

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Cafe Zimmermann...

30 Janvier 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de coeur... Dolores Redondo...

30 Janvier 2021 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Sur la commode, une lampe éclairait la pièce d’une chaleureuse lumière rose qui se teintait d’autres nuances en traversant les délicats motifs de fées imprimés sur l’abat-jour. De l’étagère, toute une collection de petits animaux en peluche observaient de leurs yeux brillants l’intrus qui étudiait en silence l’attitude paisible du bébé endormi. Attentif, il écouta la rumeur de la télévision allumée dans la pièce contiguë et la puissante respiration de la femme qui dormait sur le canapé, éclairée par la lumière froide de l’écran. Il parcourut la chambre du regard, étudiant le moindre détail, absorbé par cet instant, comme s’il pouvait ainsi se l’approprier et le conserver éternellement, tel un trésor. Avide et serein à la fois, il grava dans son esprit le tendre motif du papier peint, les photos encadrées et le sac de voyage qui contenait les couches et les vêtements de la petite, puis posa son regard sur le berceau. Une sensation proche de l’ivresse envahit son corps et la nausée menaça au creux de son estomac. La petite dormait sur le dos dans un pyjama en velours, couverte jusqu’à la taille par un édredon à fleurs que l’intrus écarta pour la voir en entier. Le bébé soupira dans son rêve ; un mince filet de bave glissa de ses lèvres roses et dessina une trace humide sur sa joue. Les petites mains potelées, ouvertes de part et d’autre de la tête, tremblèrent légèrement avant de s’immobiliser à nouveau. Imitant la petite, l’intrus soupira à son tour, et une vague de tendresse l’emporta un instant, une seconde à peine, suffisamment pour qu’il se sente bien. Il prit la peluche restée assise au pied du berceau, comme un gardien silencieux, et put presque percevoir le soin avec lequel on l’avait installée là. C’était un ours polaire, avec de petits yeux noirs et un gros ventre. Un ruban rouge incongru entourait son cou et pendait jusqu’à ses pattes arrière. Il passa délicatement la main sur la tête de l’animal dont il apprécia la douceur, porta la peluche à son visage et enfouit le nez dans les poils de son ventre pour respirer sa tendre odeur de jouet neuf et onéreux.

Il remarqua l’accélération de son cœur tandis que la sueur perlait abondamment sur sa peau. Pris d’une fureur soudaine, il écarta rageusement l’ours de son visage et, d’un geste décidé, le plaça sur le nez et la bouche du bébé. Puis il se contenta d’appuyer.

Les petites mains s’agitèrent, levées vers le ciel, et l’un des doigts de la fillette effleura le poignet de l’intrus. Un instant plus tard, elle sembla sombrer dans un sommeil profond et réparateur, tandis que tous ses muscles se détendaient et que ses mains, comme des étoiles de mer, reposaient à nouveau sur les draps.

L’intrus retira la peluche et observa le visage de la petite. On n’y devinait aucune trace de souffrance, à part une légère rougeur qui était apparue sur le front, juste entre les yeux, probablement causée par le minuscule museau de l’ours. La lumière avait déjà quitté son visage et la sensation de se trouver devant un réceptacle vide s’accrut tandis qu’il approchait encore la peluche de son visage pour aspirer son odeur de bébé, à laquelle se mêlait désormais le souffle d’une âme. Le parfum était si doux et si plaisant que ses yeux s’emplirent de larmes. Il soupira, reconnaissant, arrangea le ruban de l’ours et le remit à sa place, au pied du berceau.

L’urgence le saisit comme s’il avait pris conscience qu’il s’était déjà trop attardé. Il ne se retourna qu’une fois. La lumière de la lampe fit briller les onze paires d’yeux qui, de l’étagère, le regardaient horrifiées.

 

Dolorès Redondo - Une offrande à la tempête

Lire la suite

Revue de Presse Education... Colère - Anticipation - Déprime - Pour changer...

30 Janvier 2021 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Colère - Anticipation - Déprime - Pour changer...

Une actualité plutôt morose pour l’éducation cette semaine, entre une colère enseignante confrontée à la surdité du ministre, un confinement qui se profile mais ne s’annonce pas, et les étudiants qui n’en peuvent plus.


Colère

Cette semaine on a vu monter la colère des enseignants, colère qui s’est notamment exprimée lors de la grève du mardi 26 janvier. "Un appel à la grève et à la mobilisation a été lancé par six organisations syndicales, afin de réclamer de meilleurs salaires pour les enseignants, mais aussi dénoncer la gestion de la crise du Covid-19"
Pour comprendre cette colère profonde, on pourra aller lire des témoignages des personnels de l’éducation qui souhaitent notamment sauver le service public. (L’Humanité). Dans Le Monde, le SNUIPP résume la situation : “L’école « fait face à une crise grave et inédite où la réussite des élèves est menacée tandis que les personnels sont en première ligne et se sentent abandonnés. Des réponses à la hauteur des enjeux sont nécessaires pour permettre un tout autre service public d’éducation »”
En Dordogne, les professeurs d’EPS confrontés à l’interdiction du sport en intérieur, « manifestent "à poil" devant l’Inspection d’Académie ».

Et pourtant le ministre est complètement sourd à cette colère, lui qui se félicite des conclusions du Grenelle de l’éducation. Normal, il a tout fait pour que ce Grenelle propose ses idées à lui.
"Trois mois et une flopée de démissions plus tard (la CGT, la FSU, le pédagogue Philippe Meirieu), les dix ateliers mis en place viennent de rendre leur copie.
Jean-Michel Blanquer devrait rendre ses arbitrages dans quelques semaines. Mais, dès lundi 25 janvier au soir, sur LCI, le ministre a salué des perspectives extrêmement intéressantes ​. Pas étonnant. Une grande partie des recommandations vont dans le sens de ce qu’il prône depuis plusieurs années : affirmation de l’autorité de l’État, autonomie des établissements, libéralisation."
 Ouest-France

Une promesse non tenue : celle de la prime informatique qui devait être versée en janvier. « La prime informatique (150€ par an) est la seule revalorisation qui aurait du être touchée par la grande majorité des enseignants. Promise par le ministre pour le mois de janvier 2021 elle n’a pas été versée. " » Le Café pédagogique

Autre source de colère : la maternelle. Maternelle : Monsieur le Ministre, ça suffit !
“Le ministre n’oublie rien dans son entreprise de casse de l’école maternelle. Non content de la formater sur le modèle de l’école élémentaire, fort peu intéressé par la réaction massive que la note du CSP a provoquée, il vient de décider de ficher les enfants, dès 3 ans, sur la base de leurs comportements et ce jusqu’à la fin de leur scolarité." Une tribune à lire.
A lire aussi, deux essais vent debout contre Jean-Michel Blanquer
“Dans « Le Fiasco Blanquer » et « Jean-Michel Blanquer, l’Attila des écoles », Saïd Benmouffok et Pascal Bouchard s’appuient sur leur connaissance de l’école pour se livrer à une critique acérée de la politique du ministre de l’éducation nationale.” Par Luc Cédelle


Anticipation
JPEG - 72.1 ko
Le dessin de Fabien Crégut

C’est raté pour l’organisation. Pas un mot pour les écoles vendredi soir lors de l’intervention du premier ministre à l’issue du conseil de défense. Pourtant les enseignants aimeraient bien pouvoir anticiper, s’organiser. Ne pas « revivre le coup du "débrouillez-vous" ». Car, en effet « On est toujours les derniers informés, glisse une enseignante dans une école primaire bretonne. A chaque décision, on l’apprend d’abord dans la presse. » Comme elle, nombreux sont les professeurs à attendre les décisions concernant les prochaines vacances. Y aura-t-il trois semaines en février ? Ou deux ? Pour tout le monde en même temps ou par zones ? (Libération)

Pourtant le virus semble circuler de plus en plus dans les établissements :
« Les écoles connaissent ces derniers jours une flambée de cas de Covid-19, d’importants clusters apparaissent. Le protocole sanitaire, critiqué depuis des mois par tous les acteurs de l’Éducation nationale, est inefficace pour repérer et bloquer les transmissions. ». Et de nombreux scientifiques plaidaient cette semaine pour un reconfinement. “Jean-François Delfraissy a estimé dimanche que les nouveaux variants « changent complètement la donne ». (LeMonde)

La question se posait, et semble se poser encore de l’allongement des vacances d’hiver.Hypothèse évoquée par le porte parole du gouvernement jeudi matin, alors qu’au même moment le ministre de l’éducation disait le contraire. Jean-Michel Blanquer a d’ailleurs été interdit de micro à la suite de cette cacophonie (selon Gala). En effet, “alors qu’un troisième confinement se profile, le ministre de l’Education réaffirme sa volonté de laisser les écoles ouvertes.
Laisser les écoles ouvertes quoiqu’il en coûte ? S’interroge Pascale Fourier sur son blog “ Responsable de la santé au travail de près de 850.000 de ses agents en poste devant élèves, que propose-t-il alors ? La fourniture de deux masques chirurgicaux par jour en remplacement des « masques-slips » ? Une priorité pour la vaccination de ceux qui seraient volontaires ? Non, rien.”

Certaines écoles se préparent à une éventuelle fermeture, en l’absence de consignes.
“ Pour ne pas être pris au dépourvu, les enseignants ont parfois perfectionné leurs outils pédagogiques en ligne et formé leurs élèves.”
A propos de l’enseignement à distance, un rapport est sorti sur le confinement de l’an dernier. “A partir d’une enquête réalisée auprès de 400 enseignants, l’Inspection générale de l’Education nationale porte un regard très critique sur la poursuite de l’enseignement pendant le premier confinement. Il préconise d’améliorer la formation pour les cours à distance, dans la perspective d’un éventuel reconfinement des écoles.” L’article


Déprime

Du côté des étudiants, la déprime augmente. Elle est d’abord le fait des cours à distance depuis plusieurs mois.
La galère des cours à distance : « La connexion a coupé… Je n’ai pas entendu la question » “Les syndicats étudiants ont appelé à manifester ce mercredi pour un « plan d’urgence ». Ils pointent le distanciel comme l’une des causes de leur mal-être. Reportage en cité U à Amiens dans la Somme.”
Cours en ligne : « L’enseignement désincarné est un simulacre »"Alors que débute le second semestre universitaire, élèves et enseignants vivent leur première rentrée en « distanciel ». Mais sans la dimension charnelle de l’expérience pédagogique, l’enseignement est dénaturé, déplore, dans une tribune au « Monde », Céline Letemplé, professeure d’anglais.”

Cette situation qui dure entraîne d’importantes difficultés, déprime, burn out, voire pire.
« Enseignants et étudiants, on est déjà tous en burn-out » : le monde de l’éducation en plein désarroi face à la gestion de la crise sanitaire
“Du secondaire au supérieur, élèves et professeurs ont manifesté, mardi, pour réclamer des moyens afin d’assurer à tous une continuité pédagogique en présentiel.”
Par Soazig Le Nevé

Pire : de nombreux étudiants doivent choisir entre manger et étudier car ils ont perdu l’emploi qui leur permettait d’avoir un revenu. On les voit très nombreux dans les distributions des associations caritatives. C’est pourquoi le programme des repas étudiants à un euro est bienvenue.
« Depuis le 25 janvier, tous les étudiants peuvent bénéficier de repas à un euro dans 400 points de distribution ouverts par les Crous. Un coup de pouce bienvenu en pleine crise sanitaire. »

Et le retour en présentiel ? Ce que prévoient les grandes écoles
“Le retour à petite dose de tous les étudiants dans leurs établissements, annoncé par Emmanuel Macron jeudi dernier, se mettra en place à partir de lundi et d’ici au 8 février au plus tard. Dans les grandes écoles, tous les étudiants n’ont pas la même envie de présentiel.”


Pour changer

Voici quelques articles intéressants et moins déprimants qui sont sortis cette semaine.

Tout d’abord, un article sur les professeurs documentaliste dont le métier est méconnu.« La caricature de la “dame du CDI”, c’est fini ! » : le blues des professeurs-documentalistes
« Les « profs-docs » se sont mobilisés en décembre après avoir été exclus du versement d’une prime informatique. Sans discipline propre, sans heures de cours dédiées ni salle de classe, la profession manque de reconnaissance et fait face à des difficultés au quotidien. » Par Séverin Graveleau.
Mais aussi une incursion chez un CPE.
“Insolence, bagarre, racket... Petit florilège des agressions auxquelles sont régulièrement confrontés les deux CPE d’un collège du nord-est parisien.” France Culture.

Quelques pistes pour démocratiser l’accès aux grandes écoles.
“Un rapport de l’Institut des Politiques Publiques publié en janvier révèle l’échec des tentatives mises en place depuis les années 2000 pour démocratiser les grandes écoles. C’est en réalité dès le lycée, lorsque les élèves formulent leurs vœux, que les mesures seraient les plus efficaces.”
Car en fait, dans les grandes écoles, la diversité sociale n’a pas progressé en dix ans
“Des élèves issus des couches les plus favorisées de la société et résidant en Ile-de-France : le vivier de recrutement de ces établissements n’a pas bougé, indique une vaste étude menée par un laboratoire de l’Ecole d’économie de Paris.”

Sur le site de la FCPE, une étude sur les relations entre l’école et les familles"L’institution scolaire, en s’ouvrant progressivement aux parents, a contribué à fabriquer une image du parent d’élève idéal, allié de l’école. Cependant, cette image du parent compétent, coopérant avec l’école et en maîtrisant les codes, fait courir le risque d’un jugement négatif sur les parents qui s’écartent de cette norme, au risque de les disqualifier à leurs propres yeux et aux yeux de l’institution. À ce titre, la formation des acteurs de l’école à la diversité des familles et à la relation à construire avec elles est une priorité, afin de ne pas redoubler les inégalités, en ajoutant aux difficultés de certains enfants celles de leurs parents face à l’école.” Par Pierre Périer, professeur en sciences de l’éducation, université Rennes 2 - CREAD

Des « apaches » aux « racailles » : « La perception de la violence change, pas les jeunes »
“Alors que le Sénat a adopté mercredi la réforme de la justice des mineurs, les historiens Véronique Blanchard et Mathias Gardet, auteurs d’un ouvrage consacré au traitement judiciaire de la délinquance juvénile dans l’après-guerre, retracent l’évolution des représentations, des normes sociales et des réponses pénales.”

Lire la suite

Najat Vallaud-Belkacem : “Les métiers du care ont été totalement absents de la gestion de la crise” (Vidéo)

30 Janvier 2021 , Rédigé par 50/50 Publié dans #Société

Najat Vallaud-Belkacem poursuit son combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Elles est aujourd’hui directrice générale France de l’ONG ONE qui lutte contre l’extrême pauvreté et les maladies évitables.

Elle a récemment co-écrit avec la philosophe Sandra Laugier La société des vulnérables, leçons féministes d’une crise. Une analyse pointue sur le care avec cette question fondamentale : “Et si le care devenait enfin l’affaire de toutes ?”.

Vous découvrirez ce que les autrices entendent par l’éthique démocratique du care. Pour l’ancienne ministre des Droits des Femmes, les acquis et les droits des femmes sont très friables et peuvent être remis en cause à chaque crise.

Lire la suite

" En quelques années, nous pourrions mettre fin à l'extrême misère : qu'attendons-nous ?" - Najat Vallaud-Belkacem

30 Janvier 2021 , Rédigé par Najat Vallaud-Belkacem Publié dans #pauvreté

« En quelques années, nous pourrions mettre fin à l’extrême misère : qu’attendons-nous ?»
Chacun d’entre nous a intérêt à vivre dans un monde sûr, où la richesse est justement répartie. Nous pourrions y être. Nous n’y sommes pas. Nous avons les moyens d’y être dans dix ans, nous n’en prenons pas le chemin.
L’aide au développement est aujourd’hui notre unique instrument de redistribution planétaire des ressources publiques. Mérite-t-elle les critiques, les caricatures, les procès en inefficacité, gaspillage, détournement, assistanat, néocolonialisme et j’en passe ?
Qu’attend-on pour aider les Français à y voir plus clair, pour pousser les gouvernements à revoir leurs ambitions à la hausse?
Ce livre s’adresse à ceux qui veulent comprendre, réfléchir, et agir.
Librio, Flammarion.
Lire la suite
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>