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Vivement l'Ecole!

Coronavirus : "La bonne formule n'est pas d'alléger le protocole" dans les écoles, réagit le SNUIPP-FSU

18 Septembre 2020 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Coronavirus : "La bonne formule n'est pas d'alléger le protocole" dans les écoles, réagit le SNUIPP-FSU

Plus de septaine systématique pour les camarades de classe lorsqu'un enfant est testé positif au Covid : une décision qui inquiète grandement des enseignants.

"La bonne formule n'est pas d'alléger le protocole" a regretté Ghislaine David, la co-secrétaire générale et porte-parole du Snuipp-Fsu, premier syndicat du primaire, vendredi 18 septembre sur franceinfo après l'annonce de l'assouplissement du protocole sanitaire dans les écoles par le ministre de la Santé Olivier Véran la veille au soir. Désormais, lorsqu'un enfant est malade, ses camarades de classe ne seront plus systématiquement mis en septaine.

Une décision "catastrophique pour l'école", assure l'enseignante : "Partout ailleurs on renforce les mesures. Le risque c'est que la contamination se propage dans une classe ou dans l'école sans qu'on le sache puisque l'on sait que certains élèves sont asymptomatiques", a-t-elle ajouté.

"Une forte inquiétude chez les enseignants"

"Il y avait soi-disant un plan de continuité pédagogique prêt depuis le mois de juillet, selon lequel on prévoyait, dans les zones où le virus circulait activement, d'alléger les groupes d'élèves et de renforcer la distanciation physique pour que le virus circule moins", a-t-elle expliqué, déplorant que "ce plan, on ne l'applique pas dans les écoles."

Si les formes graves du virus sont rares chez les enfants, elles sont plus courantes chez les adultes : "Il y a une forte inquiétude chez les enseignants", a ajouté Ghislaine David. "On a des écoles à Marseille où tous les enseignants sont malades", a-t-elle affirmé.

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Réglement intérieur - «Dix lignes pour les filles, une ou deux pour les garçons»...

18 Septembre 2020 , Rédigé par Libération Publié dans #Education

Réglement intérieur - «Dix lignes pour les filles, une ou deux pour les garçons»...

Pour la sociologue Gabrielle Richard, la règlementation des tenues en milieu scolaire révèle un double standard d’exigence en fonction du sexe.

Pour Gabrielle Richard, sociologue du genre à l’université Paris-Est-Créteil et à l’université du Québec à Montréal, ainsi qu’autrice de Hétéro, l’école ? Plaidoyer pour une éducation antioppressive à la sexualité, les règles vestimentaires ne sont qu’un symptôme d’une sphère scolaire trop normative, qui peine à sensibiliser les élèves sur les stéréotypes de genre.

Les élèves mobilisés autour des hashtags #Lundi14septembre et #Balancetonbahut jugent les règlements intérieurs de leurs établissements discriminants. Est-ce le cas ?

Les codes vestimentaires qui s’appliquent à policer les vêtements des jeunes sont éminemment sexistes. Ils s’appliquent presque uniquement au corps des femmes. Il suffit de voir les photos de règlements intérieurs qui circulent en ligne, et où souvent une dizaine de lignes sont consacrées aux filles, contre une ou deux aux garçons. Ces critères permettent d’asseoir la domination masculine, en présentant les jeunes filles comme un objet de distraction en milieu scolaire. On considère leurs corps comme nécessairement attirants sexuellement, on porte sur elles un regard très sexualisé, presque prédateur, alors qu’elles commencent parfois à peine leur puberté. On les infantilise aussi énormément, en considérant qu’elles ne peuvent pas décider par elles-mêmes. Il y a un double standard par rapport aux garçons.

Il existe pourtant une ambition affichée de lutte contre les inégalités filles-garçons à l’école…

Il y a effectivement un discours contradictoire : d’un côté, l’institution met en avant l’égalité comme une priorité, on nomme des référents égalité dans chaque établissement scolaire, et de l’autre, on perpétue ces règlements vestimentaires… L’institution scolaire est un microcosme de la société, et véhicule une panoplie de normes en matière de genre et de sexualité. Mais elle ne les remet pas en question, alors que l’école a pourtant un rôle très important à jouer sur ces problématiques.

Comment interpréter la réaction de Jean-Michel Blanquer, pour qui il suffit de s’habiller «normalement» ?

C’est typiquement la remarque de quelqu’un qui ne saisit pas la complexité des enjeux et ne veut pas se mouiller ! Il y a, en France, un grand tabou autour des questions qui concernent le genre et la sexualité à l’école. On l’a vu par exemple avec les ABCD de l’égalité [abandonnés en 2014 après une polémique, ndlr]… L’éducation à la sexualité en collège et lycée est envisagée uniquement par le prisme du risque, des maladies, des violences, et évacue complètement la déconstruction des normes de genre qui engendrent pourtant des comportements oppressifs.

Comment mettre fin à ce tabou ?

Un exercice intéressant serait justement de développer une réflexion critique, en classe, sur ces codes vestimentaires : demander aux élèves quel regard ils posent là-dessus, leur faire réaliser à quel point il y a des attentes disproportionnées selon qu’on est fille ou garçon. Il y a aussi un énorme travail à faire sur la formation initiale des enseignants. Les thématiques sur la mixité ou l’égalité filles-garçons, souvent optionnelles dans leur formation, devraient être obligatoires, pour ne pas qu’ils se retrouvent démunis face à ces problématiques.

Juliette Deborde

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#Lundi14Septembre : Lettre à Jean-Michel Blanquer...

18 Septembre 2020 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education

#Lundi14Septembre : Lettre à Jean-Michel Blanquer...

EXTRAIT

(...)

« Cher Jean-Mimi, 

Depuis le temps que je t’écoute, depuis le temps que je te suis, je suis forcée de me demander si tu n’irais pas à contre sens, en cumulant tout les non sens, avec cette phrase qui n’a pas de sens, quand tu en appelles au bon sens, qui va toujours dans le même sens.

Exemple : si je disais aux policiers qui se plaignent d’être attaqués pour leur uniforme quand ils portent un uniforme, de ne plus porter d’uniforme. Tu me dirais que j’ai tort, et t’aurais raison. De la même façon, Jean-Mimi, posons nous la question : si, dans un collège, ou un lycée, une fille se fait siffler parce qu’elle est en débardeur, il est où le problème : dans le débardeur ou dans le siffleur ? 

Alors je sais ce que tu vas me dire : le règlement, c’est le règlement. C’est pas hyper développé comme argument, mais c’est touchant. Oui, j’aime bien ce petit côté légaliste, chez toi. C’est naïf, c’est émouvant, mais c’est un peu à côté de la plaque, en fait. Parce que le règlement, en l’occurrence, il est pas très clair. Je sais pas si tu as eu le temps de le lire, mais en gros, il dit qu’on attend des élèves une tenue correcte. Point. A partir de là, on fait ce qu’on veut.  Or bizarrement, on veut toujours un peu la même chose : que les garçons montrent leurs genoux, le bas de leurs cuisses, le haut de leurs fesses, ça, c’est correct. Les filles, ça l’est tellement pas que, régulièrement, on les renvoie chez elles, quand on ne les met pas sous le coup d’une procédure disciplinaire. Si si, je te jure, ça arrive assez souvent. D’où la colère des lycéennes, qui se fait régulièrement entendre depuis le début de MeToo. Depuis trois ans, donc. Mais tu pouvais pas savoir, à l’époque t’étais pas… Ah ben si, t’étais déjà là. 

Mais je sais ce que tu vas me dire : si ça se passe comme ça, c’est qu’il y a une bonne raison.

Oui. Une raison, en tous cas. Toujours la même, invoquée par les chefs d’établissements : les filles doivent faire attention à ne pas distraire, voire à ne pas provoquer les garçons, parce que c’est connu, une fille, ça tente, et qu’un garçon, ça saute dessus. C’est pas neuf neuf, comme idée, c’est pas hyper valorisant pour vous, et pas ultra pratique pour nous vu que c’est même un petit peu pour ça qu’on nous visse, qu’on nous voile, qu’on nous vilipende ou qu’on nous viole depuis la nuit des temps. 

A chaque fois, je dis bien à chaque fois qu’une fille, qu’une femme, est harcelée, suivie, insultée dans la rue ou virée de son lycée-, on lui demande comment elle était habillée.

Un Français sur trois pense d’ailleurs qu’elle est responsable de ce qui lui arrive si elle porte une mini jupe au moment où elle est violée. Un sur trois… Mais toi, Jean-Mimi, t’es pas ce Français là, hein. Toi, tu peux pas penser comme ça. Pas à ton poste, non, ça se peut pas. Allez je t’embrasse, allez, j’y crois.

Giulia Foïs

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Revue de Presse Education... Rentrée sanitaire - Supérieur - Ressources - Divers genres

18 Septembre 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Rentrée sanitaire - Supérieur - Ressources - Divers genres

La rentrée sanitaire est de plus en plus compliquée dans le secondaire, mais aussi dans le supérieur. Des ressources et des infos genrées.

Rentrée sanitaire

Crise sanitaire : Tout va au mieux...
"Cette rentrée est la meilleure possible". Invité sur LCI le 16 septembre, JM Blanquer a largement minimisé l’impact de la crise sanitaire. Il a précisé qu’une attestation sur l’honneur des parents suffit pour le retour en classe d’un enfant malade ou cas contact.Même le 12 mars, quand il a été désavoué par le président de la République, "c’est la doctrine sanitaire qui a changé, pas moi".

Ecoles, collèges, lycées : la carte des cas de Covid et la colère qui s’étend
Olivier Chartrain
« 81 établissements et 2100 classes ont déjà dû fermer depuis la rentrée à cause du Covid-19 selon le ministère. Et le mouvement des stylos rouges en recense encore bien davantage sur sa carte interactive. Le flou des consignes et le manque de moyens pour faire face à la multiplication des cas positifs, de la maternelle à l’université, se conjuguent pour laisser l’épidémie s’étendre, tout comme la colère des enseignants et des parents. »

Coronavirus : une attestation sur l’honneur suffit pour remettre son enfant à l’école
« Le ministère de l’Education a tranché mardi 15 septembre en soirée. Si un élève est cas contact ou présente des symptômes du Covid-19, aucun dépistage ne sera demandé. Aucun certificat médical non plus mais une attestation sur l’honneur des parents. »

Confinement : L’enquête Icare révèle les usages enseignants
« Ils ont privilégié les contacts avec leurs élèves et peu utilisé les ressources officielles et les manuels numériques »
Le rapport Icare

L’éducation et la formation au cœur de la crise et de la reprise Par Armelle Bohineust
“L’OCDE et la Banque Mondiale pointent l’impact de la crise sur la scolarité, et la nécessité de former les travailleurs les plus fragiles.
Partout dans le monde, l’éducation a particulièrement souffert de la pandémie de Covid-19. Les écoles ont été fermées et beaucoup d’enfants coupés des enseignants, faute de matériel pour suivre les cours à distance ou de lieu propice au travail à la maison. Des familles à court d’argent ont parfois envoyé leurs enfants aux champs ou marié leurs adolescentes.”

Coronavirus : comment les enseignants se sont adaptés face à la crise
“Durant cette crise sanitaire, les enseignants ont redoublé de créativité pour parvenir à assurer un suivi pédagogique pour les élèves. Le magazine "We Demain" met en valeur leurs initiatives.”

Le Val-d’Oise se mobilise pour ses 64.000 collégiens
“Le département a mis en oeuvre plusieurs mesures pour réduire la fracture numérique, développer l’approvisionnement local des cantines et protéger tant les élèves que le personnel du coronavirus.”

Supérieur

La rentrée universitaire 2020 : feuille de route pour l’enseignement supérieur
“À l’occasion de la conférence de rentrée universitaire 2020, Frédérique Vidal a tracé la feuille de route de l’enseignement supérieur pour les mois à venir.
Elle a souligné l’action essentielle de la communauté universitaire "qui n’a eu de cesse de se mobiliser au service d’un objectif : réussir cette rentrée 2020, en redoublant d’efforts et d’ambition pour la jeunesse."
Les 3 défis de la rentrée universitaire 2020 portent sur l’accès, l’accueil et l’accompagnement des étudiants. Dans le cadre de cette rentrée atypique et inédite, il s’agit en effet d’accueillir des effectifs en hausse dans le respect des contraintes sanitaires, de répondre au besoin accru d’accompagnement et de soutenir les étudiants les plus fragiles.”

Des ressources pédagogiques numériques pour l’enseignement hybride dans le supérieur
“Des ressources pédagogiques et des outils mis à disposition des établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche pour accompagner la formation et développer les usages de partage et de mutualisation”

Ressources

« L’égalité des chances » : un mot d’ordre discuté depuis longtemps PAR CLAUDE LELIÈVRE sur son BLOG : HISTOIRE ET POLITIQUES SCOLAIRES
“Il est revenu récemment dans la bouche du Chef de l’Etat. Mais c’est un mot d’ordre pour le moins ambigu et qui a été discuté dès son apparition . Un détour historique pour faire le point et mieux se situer.”

Sur le site de l’académie de Poitiers : Le guide du référent égalité filles garçons - 2020-2021

Michel Serres : Mes profs de gym m’ont appris à penser
“"Les professeurs de gymnastique ont beaucoup plus d’importance dans la société et dans l’enseignement qu’on ne le croit d’ordinaire. Je souhaiterais qu’ils soient presque au centre de l’enseignement". On pardonnera "professeur de gymnastique" à Michel Serres, pas très au fait des réalités de l’éducation nationale. On le fera car dans " Mes profs de gym m’ont appris à penser" (Le Cherche Midi / Insep), Michel Serres fait l’apologie de l’EPS en expliquant pourquoi. Il distingue très bien le sport de l’éducation physique. Alors que le premier lui semble destiné à mourir, l’éducation physique "vit vraiment".”

Continuité pédagogique et classes virtuelles :
Un Webinaire T’éduc le mercredi 23 septembre 2020 de 17h à 18h15
Pour nous aider à débattre sur ces questions, seront présents :
Éric Bruillard, professeur des universités et directeur du laboratoire Sciences Techniques Education Formation (STEF ; ENS Paris-Saclay, IFE - ENS Lyon).
Émilie Kochert, professeure d’histoire-géographie, coordinatrice du dossier des Cahiers pédagogiques « éducation aux médias et à l’information ».
Jean-Charles Léon, enseignant de musique et co-auteur de « Construire ensemble l’école d’après » (ESF et Cahiers pédagogiques)
La rencontre sera animée par Marie-Catherine Mérat, journaliste scientifique.

Divers genres

A Aubignan, Baptiste, 8 ans, est devenu Lilie à l’école, avec l’accord de l’éducation nationale Par Sofia Fischer
“Cet enfant transgenre, scolarisé en CE2, est soutenu dans sa démarche par ses parents. Son choix a été validé à la suite de l’avis favorable rendu par un psychologue.”

Un budget "genré" à la mairie de Lyon : qu’est-ce que ça va changer ?
par Mathilde Imberty, Mélanie Juvé
“A Lyon, 3e ville de France, le nouveau maire écologiste Gregory Doucet et ses équipes vont revoir le prochain budget municipal sous le prisme de l’égalité femmes-hommes. Soumis au vote en mars 2021, il comporte déjà quelques mesures concrètes et pistes de réflexions. Explications.”

Trump s’attaque à l’enseignement « antipatriotique » de l’histoire américaine
“Alors que le pays est traversé par de fortes tensions, le locataire de la Maison Blanche s’est élevé contre une culture qui, portée par les « radicaux d’extrême gauche », pousserait les « enfants à haïr leur pays ».”

Géraldine Duboz (avec Bernard Desclaux)

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Clou... "Comme au cinéma" et autres chansons...

17 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Lise Charles...

17 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Lise Charles...

Je suis la première à blâmer l’université, mais c’est une entité à laquelle je suis attachée, et je trouve que « les universitaires » sont généralement des gens qui essaient de réfléchir (bien ou mal, peu importe). Les traiter de « cuistres » et de « sachants » est un peu dur. Quant à votre expression de « pointilleux grammairiens de leur matière », eh bien… étant moi-même, au sens propre, une pointilleuse grammairienne, autant qu’une « vraie petite rationnelle », je ne peux que me dissocier de vous en vous lisant. Quand on écrit des chroniques sur ce genre de sujets, je trouve pas mal d’être un peu plus au point dans l’argumentation, et de ne pas juste laisser parler ses sentiments au pif.

Lise Charles - La demoiselle à coeur ouvert

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Clément Viktorovitch, une leçon de droit sur le hijab et la laïcité... (+ Faïza Zerouala, journaliste)

17 Septembre 2020 , Rédigé par Divers Publié dans #Laïcité

A lire: "Des voix derrière le voile" - Faïza Zerouala

 

 

 

Clément Viktorovitch, une leçon de droit sur le hijab et la laïcité... (+ Faïza Zerouala, journaliste)
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Quand les femmes ne seront plus définies par leur corps...

17 Septembre 2020 , Rédigé par Libération Publié dans #Education

Quand les femmes ne seront plus définies par leur corps...

EXTRAITS

Exiger des lycéennes qu’elles couvrent leur poitrine, leurs épaules, leurs jambes montre encore la puissance du contrôle social sur les corps féminins. Dès le collège, l'éducation devrait affranchir les élèves des représentations sexistes pour construire des relations plus égalitaires.

Tribune. Bronzer seins nus sur la plage, aller au musée en décolleté, porter une minijupe au lycée, autant de choix que les femmes ont décidé d’assumer envers et contre tous. On leur demande de se couvrir ? Elles arborent gorges nues, gambettes découvertes et nombrils à l’air partout sur les réseaux sociaux, suscitant l’indignation de celles et ceux qui n’y voient qu’indécence et provocation. Désarçonnés par cette agitation jugée futile, les commentateurs médiatiques s’inquiètent alors d’un retour de la pudibonderie, regrettant les années du topless triomphant, quand les voix d’autorité en appellent à la «normalité vestimentaire» (?) et aux bonnes manières.

Cet aveuglement partagé face à la nature du problème n’étonne pas, car ce que révèle le bannissement des peaux découvertes est aussi inaudible que scandaleux. C’est la permanence, au sein de nos sociétés de l’émancipation, d’une conception instrumentale du corps des femmes synonyme de dépossession. La déferlante du mouvement #metoo et, plus largement, la relance d’une dynamique féministe autour des questions corporelles telle qu’elle se déploie depuis le début des années 2010, témoignent de ce que les mécanismes du contrôle social sur les corps féminins continuent de fonctionner à plein cinquante ans après le tournant de la révolution féministe.

(...)

Lorsque les filles choisissent de porter un crop-top ou un short dans la banalité quotidienne de leurs vies, elles sont immédiatement ramenées à leur corps-objet, critiquées pour leur apparence «sexy», taxées d’allumeuses. Nous touchons là au cœur du problème. La qualification de «tenue inappropriée» ne signifie rien d’autre qu’une assignation des filles à la potentialité sexuelle de leurs corps adolescents. Laisser entendre qu’un décolleté ou un ventre apparent dérange leurs camarades, voire les excite, c’est accepter comme une donnée intangible que les désirs masculins sont irrépressibles. Qualifier l’aspiration des jeunes femmes à s’affranchir des diktats sexistes de «liberté affichée qui n’en a que le nom», c’est non seulement leur dénier toute capacité réflexive, c’est aussi nourrir les représentations qui enferment leur corps dans le registre sexuel. Exiger qu’elles couvrent leur poitrine, leurs épaules, leurs jambes, c’est en un mot leur asséner un rappel à l’ordre patriarcal des choses.

(...)

Il se trouve que ce ne sont pas les filles qui sont responsables du harcèlement et des violences sexuelles qu’elles subissent, mais bien ceux que l’on n’éduque pas au respect des corps, des genres et des sexualités. Pas plus que ce ne sont les femmes qui entretiennent les ressorts de l’aliénation corporelle en faisant le choix libre d’une tenue qui coïncide avec elles-mêmes, mais bien ceux qui leur dénient le droit à être des corps-sujets. Plutôt que de cibler celles qui luttent pour reprendre possession de leur corps, réfléchissons aux modalités d’une éducation à la sexuation dans les collèges et les lycées qui ouvrirait la perspective de relations entre les sexes placées sous le double signe de la singularité des désirs et de l’évidence du consentement.

Dernier livre paru de Camille Froidevaux-Metterie : Seins : en quête d’une libération, éd. Anamosa, 2020.

Camille Froidevaux-Metterie professeure de science politique et chargée de mission égalité-diversité à l’université de Reims

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Havres de paix pour enfants de la guerre - Par Dominique Kalifa... Son ultime écrit...

17 Septembre 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Havres de paix pour enfants de la guerre - Par Dominique Kalifa... Son ultime écrit...

De l’éducation nouvelle à l’autogestion des «républiques d’enfants», l’ouvrage de Samuel Boussion, Mathias Gardet et Martine Ruchat recense les nombreux refuges créés avant et après la Seconde Guerre mondiale.

Nous publions ci-dessous la dernière critique que nous avons reçue de Dominique Kalifa, disparu samedi.

L’enfance en guerre a suscité depuis une trentaine d’années de très nombreux ouvrages. Jeux, jouets et propagande, investissement affectif ou militaire, souffrances et traumatismes ont été minutieusement analysés. Mais une question avait jusqu’ici échappé à l’attention des historiens : que faire des enfants victimes, de tous ceux qui se retrouvent brutalement privés de toit, de parents, de famille ? Dès 1919 avait été créée à Genève l’Union internationale de secours aux enfants, et des refuges avaient été fondés après 1933 pour accueillir des jeunes allemands, juifs ou communistes, puis à compter de 1938 des enfants fuyant l’Espagne franquiste.

Chalets

Mais la Seconde Guerre mondiale change l’échelle du phénomène. Des millions d’enfants orphelins ou abandonnés (8 millions en Allemagne, 6 en Russie, 3 en Italie) se retrouvent errant dans les rues ou déplacés, victimes d’un conflit qui a anéanti leur univers. Philanthropiques, humanitaires ou pédagogiques, les expériences se multiplient alors pour leur venir en aide, et c’est cette histoire oubliée que retracent les auteurs de ce livre.

Ils ont choisi pour cela une forme originale. Chacun des douze chapitres (richement illustrés de photographies et de documents d’archives) est centré sur un épisode singulier. Ici, un couple d’instituteurs ouvre à La Treille, près de Marseille, un foyer qui accueille dès 1939 de jeunes Espagnols, puis les enfants de l’exode ou ceux des familles juives qui échappaient aux rafles. Là, un prêtre irlandais convainc le Vatican de soutenir le village d’enfants qu’il fonde en 1945 à Civitavecchia. Plus loin, un psychiatre français installe près de Compiègne un «hameau-école» pour enfants déficients tandis qu’un couple de pédagogues crée à Genève un centre de formation pour éducateurs. Loin de fragmenter le propos, ce dispositif compose un tableau précis et suggestif. Car toutes ces initiatives se ressemblent et finissent par constituer un réseau. S’ils viennent d’horizons différents - prêtres catholiques, quakers, médecins, psychiatres, instituteurs -, les fondateurs sont tous soucieux d’imaginer des formes neuves où l’humanitaire a partie liée avec le pédagogique. Influencés par John Dewey, Célestin Freinet ou Maria Montessori, ils croient aux vertus de «l’éducation nouvelle». Foyers, villages ou «républiques», les structures qu’ils créent entendent donner le plus d’autonomie possible aux enfants : leurs assemblées élisent leur maire, édictent leurs lois, battent monnaie, instituent leur police, leurs tribunaux, leurs pénalités. L’idéal est celui du self-governement, gage de la reconstruction démocratique, de la collaboration pacifique des nations et des peuples.

L’Unesco, fondée en 1945, s’intéressa d’emblée à cette cause et décida d’y consacrer une conférence internationale. On choisit Trogen, près du lac de Constance, où Walter Corti, un psychologue suisse gagné à l’idée européenne, avait fondé Pestalozzi, un «village-monde» dont les chalets modèles accueillaient des enfants de toutes nationalités. La rencontre, organisée en juillet 1948, réunit des experts, des observateurs, des psychologues, ainsi que 26 directeurs de village. On y affirma la dette que les sociétés devaient aux enfants de la guerre et l’urgence des secours. On s’accorda aussi sur le principe d’autonomie des «républiques d’enfants» et institua une Coordination internationale pour fédérer les initiatives. Celle-ci se réunit l’année suivante à Marcinelle en Belgique, celle d’après au Luxembourg. Mais le cœur n’y était plus, et l’idéal de Trogen paraissait de plus en plus illusoire.

Placement

La guerre froide suscitait le retrait des pays de l’Est et ravivait les tensions nationales. Le gouvernement polonais rapatria les enfants envoyés en Suisse et les communistes grecs dirigèrent les leurs dans des «pays frères». Dans les villages où l’argent était de plus en plus rare, le ton monta entre les défenseurs de l’école nouvelle et ceux qui vantaient l’apprentissage ou le placement en famille. Quant aux enfants de la guerre, ils étaient devenus de jeunes adultes. Fallait-il repenser le projet, l’orienter vers la réinsertion des enfants «irréguliers», vagabonds ou jeunes délinquants ? Les responsables se déchirèrent sur ce point, et la plupart des villages furent démantelés dans les années 1950. Seul Pestalozzi continua, jusque vers le début de ce siècle, d’accueillir des enfants venus de Corée, d’Inde ou du Tibet. Il n’y reste aujourd’hui que quelques chalets vides et un musée où reposent les archives de l’expérience. La guerre continue pourtant d’affecter les enfants, mais l’universalisme de la cause semble avoir fait long feu.

Dominique Kalifa

Samuel Boussion, Mathias Gardet, Martine Ruchat L’Internationale des républiques d’enfants, 1939-1955 Anamosa, 480 pp., 26 € (ebook : 16,99 €).

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