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Vivement l'Ecole!

Juliette Gréco...

24 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Jean-Philippe Toussaint...

24 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Jean-Philippe Toussaint : «Les émotions qui apparaissent dans le débat  public peuvent devenir dangereuses»

Tout s’était passé comme les autres fois ce jour-là, et j’étais reparti prendre mon bus. Il s’en était fallu d’un rien qu’il n’arrivât jamais rien entre nous. C’est pourtant ce jour-là que nous nous étions embrassés pour la première fois. Par la suite, en repensant à cet après-midi, j’ai toujours imaginé qu’Alessandro était au balcon de cette scène, et qu’il nous observait depuis les limbes, tel un angelot accoudé à un nuage, en se demandant, en fonction de l’issue de la scène, si, dans les années à venir, il allait naître ou pas. J’imaginais Alessandro au-dessus de nous, penché à sa balustrade céleste comme un de ces chérubins ailés de Raphaël, torse nu et joufflu, qu’on trouve au bas de la Madone Sixtine, qui suivait avec attention les différentes étapes de mon manège autour de sa future mère. Sans doute Alessandro a-t-il dû penser que c’était bien mal engagé au moment où j’avais quitté la chapelle et qu’il m’avait vu m’éloigner sur la route pour aller reprendre le bus. Je me suis d’ailleurs demandé par la suite ce qui serait advenu si je n’avais pas raté le bus ce jour-là. Ce sont souvent d’infimes moments qui sont décisifs dans notre vie, qui ne tiennent à rien – un choix, une impulsion, un hasard, un retard – et dont on perçoit rarement l’enjeu au moment où on les vit. Un rien, pourtant, à ce moment-là, peut faire basculer notre destin. Ayant raté le bus, j’ai donc repris le chemin de la chapelle. Lorsque je repassai la porte, Elisabetta m’attendait en haut de son échafaudage. Tu es revenu, me dit-elle en souriant, comme si elle n’avait jamais douté de mon retour, comme si elle avait toujours su que j’allais revenir, et elle me tendit la main à distance. Je la rejoignis sur l’échafaudage, j’escaladai avec prudence la structure tubulaire et m’approchai d’elle sur la passerelle. Il y avait de la gravité dans son regard. Je luis pris doucement la main, et nous échangeâmes notre premier baiser là sur cet échafaudage, à un mètre cinquante du sol, sans autre témoin que les oiseaux du saint François lacunaire, aux couleurs pâles et délavées, de la fresque qu’elle était en train de restaurer.

Jean-Philippe Toussaint - Les Emotions

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A Lire... Il sort en librairie ce 24 septembre... "La société des vulnérables - Leçons féministes d'une crise" - Najat Vallaud-Belkacem et Sandra Laugier...

24 Septembre 2020 , Rédigé par christophe

A Lire... Il sort en librairie ce 24 septembre... "La société des vulnérables - Leçons féministes d'une crise" - Najat Vallaud-Belkacem et Sandra Laugier...
A Lire... Il sort en librairie ce 24 septembre... "La société des vulnérables - Leçons féministes d'une crise" - Najat Vallaud-Belkacem et Sandra Laugier...

La Société des vulnérables. Leçons féministes d'une crise

Sandra Laugier

Najat Vallaud-Belkacem

"Et si le care devenait, enfin, l’affaire de tous ?" À la racine des inégalités de notre organisation sociale, il y a cette idée qu’une femme, c’est toujours un peu moins légitime, compétent, important qu’un homme. Voilà pourquoi on craint, à chaque soubresaut de l’histoire, que ne se réalise la prédiction de Simone de Beauvoir : 'Il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse, pour que les droits des femmes soient remis en question.' De fait, la parole d’expertise et de pouvoir des hommes a repris le dessus durant la crise, alors même que nous redécouvrions que le vaste peuple, aussi indispensable qu’invisible, des travailleurs qui prennent soin des autres était massivement constitué de femmes. De sorte que le combat féministe pour l’égalité peut s’identifier à la défense d’un projet de société qui, au nom de notre vulnérabilité commune, reconnaisse enfin une valeur au travail du soin et à la contribution de chacun plutôt qu’au pouvoir de quelques-uns. Telle est l’éthique démocratique du care.

Et pour soutenir les librairies indépendantes, le commander entre autres ci-dessous

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"... la norme est le produit d’un rapport de forces, au service de ceux qui peuvent s’en prévaloir."

24 Septembre 2020 , Rédigé par Libération Publié dans #Education, #Sociologie

"... la norme est le produit d’un rapport de forces, au service de ceux qui peuvent s’en prévaloir."

Normal, quoi...

Face aux lycéennes qui revendiquent de porter ce qu’elles veulent, Blanquer et Macron en ont appelé au «bon sens» et à la normalité. Or la norme est le produit d’un rapport de forces, au service de ceux qui peuvent s’en prévaloir.

La semaine dernière, des collégiennes et des lycéennes lançaient sous le hashtag #lundi14septembre un joyeux mouvement de résistance à des règlements vestimentaires glosant sur la longueur des jupes, des shorts, des crop-tops, sur la profondeur des décolletés et la largeur des bretelles de débardeurs. Cette offensive, semble-t-il assez générale à l’échelle des établissements du territoire, relève d’une logique patriarcale bien ancrée : garder un œil sur les corps de nos filles, les protéger de la libido intrinsèquement débordante des garçons ; les protéger des insultes sexistes que, forcément, elles provoquent un peu avec leur soutien-gorge trop visible, ou, pire encore, leur absence de soutien-gorge. Alors, qu’est-ce qu’on fait, on en met ou on n’en met pas ?

Des mises au point, aussi claires que salutaires, ont été publiées depuis, dans les pages de ce journal et ailleurs. Toutes rappellent combien le maintien du corps de nos filles, et des femmes en général, sous le regard de la société relève d’un vieux système qui vise tantôt à nous couvrir, tantôt à nous découvrir, toujours nous contrôler, de la plage au musée, de la piscine à l’école, de la rue au travail.

Les historien·ne·s ne manquent pas, depuis maintenant plusieurs décennies, d’apporter leur contribution à ce constat. Merci, notamment, à Christine Bard d’avoir mis à jour les mécanismes et les enjeux portés, c’est le cas de le dire, par certaines pièces de notre garde-robe, autant affaires de modes que d’assignation à des rôles sociaux.

Quelle a été la réponse de nos gouvernants ? Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports, et quelques jours plus tard le président Emmanuel Macron ont été interpellés sur la question. Le premier a estimé qu’ «il suffit de s’habiller normalement, et tout ira bien». Il en a appelé à un «grand bon sens» pour sortir de ce qui semble à ses yeux une polémique stérile, beaucoup de bruit pour rien en somme. Le second lui a emboîté le pas, estimant tout à la fois qu’il n’avait pas à intervenir dans toutes les «polémiques» et appelant, à son tour, à user de «bon sens». Haussement d’épaules et revers de main.

Mais oui, voyons ! Soyez normales, mesdames et mesdemoiselles ! Puisqu’on vous dit que c’est simple ! Après tout, quoi de plus normal que la norme ? Pourquoi nous, historien·ne·s, anthropologues, juristes, linguistes, sociologues, philosophes et autres chercheu·rs·ses en sciences humaines et sociales nous épuisons-nous à interroger, déconstruire, contextualiser et confronter l’élaboration des normes, que celles-ci soient vestimentaires, corporelles, familiales, sexuelles, raciales ou religieuses ? En tout état de cause, résolument sociales et politiques. En appelant à la norme, plus encore, à la normalité, Blanquer et Macron feignent de clore un débat qui ne fait qu’inciter à multiplier les approches critiques de ces normes dont nous avons sans doute besoin pour vivre ensemble, mais dont il ne faut jamais oublier ni sous-estimer l’historicité et les finalités, notamment de domination, le mot est lâché. Dans un registre différent, mais pas si éloigné, Coluche l’avait cruellement compris en 1974 : «Un mec normal, blanc quoi…» La norme n’est pas seulement relative, située dans un temps, un espace et une organisation sociale, elle est le produit d’un rapport de forces au service de ceux, plus rarement celles, qui peuvent s’en prévaloir lorsque leur position se trouve contestée. En essentialisant la norme, ces deux dirigeants, dont le moins qu’on puisse dire est que leur légitimité est actuellement interrogée, opposent à ces adolescentes la faiblesse de l’argument d’autorité, autorité qu’ils renouvellent mollement à des chefs et cheffes d’établissement démuni·e·s et débordé·e·s par une rentrée, comment dire, «hors normes».

Vivons-nous vraiment des temps suffisamment normaux pour pouvoir nous cacher derrière le paravent du bon sens ? Une rentrée normale ? Un climat normal ? Une pauvreté normale ? Un niveau de chômage normal ? Un accès au logement normal ? Le #lundi14septembre s’avère bien plus qu’un des innombrables fronts du combat féministe - ce qui est déjà un chantier gigantesque. Il nous parle de nous tous et toutes, de notre façon d’occuper et de partager l’espace public, bien commun précieux et fragile. Quand le grand bon sens blanquérien remplace l’esprit critique, il est largement temps de s’inquiéter. Tout ira bien… on parie ?

Nadia Vargaftig maître de conférences à l’université de Reims, Champagne-Ardenne (Urca)

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Revue de Presse Education... La République — Et ses habits — Rentrée...

24 Septembre 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... La République — Et ses habits — Rentrée...

L’école est prise entre les principes de la République et ses habits. Et la rentrée se poursuit...

La République

« République et ses enjeux » Tribune de Iannis Roder, Professeur d’histoire-géographie en Seine-Saint-Denis
Pour le professeur d’histoire Iannis Roder, « l’école, c’est la possibilité offerte à tous de s’émanciper des prédéterminations, sociales, culturelles, religieuses ».”
Au moment où se succèdent les témoignages qui scandent les journées du procès des présumés complices des assassins de Charlie, de Montrouge et de l’Hyper Cacher, une scène me revient en mémoire, assez emblématique du positionnement de certains jeunes mais aussi révélatrice des problématiques qui questionnent notre société et d’abord l’école : lors d’un cours sur l’information et les médias, un adolescent se lève et, de sa place, pointe son doigt vers la journaliste venue animer la séance. Il se lève dans un réflexe de colère, comme pour mieux montrer la force de son indignation et interpelle la journaliste : « Abdeslam, il est innocent ! Alors pourquoi vous le gardez en prison ? »

EPLEI : Une remise en question de l’Ecole de la République ?
Si leur nombre très limité n’attire pas encore l’attention, les EPLEI, selon un récent rapport de l’Inspection générale, ont vocation à se développer. Imaginés en 2007, créés par la loi Blanquer, ces établissements internationaux portent la signature de JM Blanquer. Ils cultivent l’excellence de l’entre soi et imposent de nouvelles règles incompatibles avec le statut des enseignants et les règles comptables de l’Education nationale.”

L’enseignement professionnel toujours dévalorisé en France, selon l’OCDE par Thibaut Cojean
Dans son dernier rapport Regard sur l’éducation, l’OCDE dresse un bilan très mitigé concernant les politiques d’éducation en France. L’Organisation choisit de se pencher sur la situation de l’enseignement professionnel en France et relève une filière défavorisée, offrant peu de perspectives et soumise aux inégalités, alors même que le confinement a mis en avant de nombreux métiers issus de cet enseignement.”

"C’est historique" : des médias signent une tribune pour la liberté d’expression
Plus de 90 médias, dont le groupe Radio France auquel appartient France Inter, co-signent ce mercredi un texte où ils appellent à défendre la liberté d’expression, "l’une des valeurs les plus fondamentales de notre démocratie".”

Et ses habits

Tenue "correcte" au lycée : qui dit quoi ? par Mélanie Juvé
Le mouvement du #Lundi14Septembre, lancé sur les réseaux sociaux, a relancé le débat sur les règlements vestimentaires au lycée et au collège. Le ministre de l’Éducation a estimé qu’il fallait venir "habillé d’une façon républicaine", ce qui a déclenché de nombreuses réactions au sein de la classe politique.”

Tenue « républicaine » à l’école : Blanquer recadré par la ministre de l’Egalité entre les femmes et les hommes
« En France, chacun est libre de s’habiller comme il le veut », a répondu Elisabeth Moreno, après la sortie, lundi, du ministre de l’Education nationale.”

"Tenue républicaine" à l’école : "Éduquez vos garçons", répond Osez le féminisme
INVITÉE RTL - La porte-parole d’Osez le féminisme pointe "l’inversion" des responsabilités lorsqu’on demande aux filles une "tenue correcte".”

Tenue « républicaine » : au vestiaire, citoyens ! Par Gilles Denis
En exhortant les élèves à « s’habiller de manière républicaine », Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, savait-il vraiment de quoi il parlait ?
S’habiller de façon républicaine ? La belle affaire. Encore faut-il s’accorder sur la République dont Jean-Michel Blanquer parle. On oublie en effet trop souvent que lors de cette période incertaine que fut la première aventure républicaine française – entre 1792 et, disons, l’avènement de l’Empire en 1804 –, l’heure fut à la libération des vestiaires, à la couleur, au décolleté soulignant non sans ironie les cous ayant échappé au couperet révolutionnaire
.”

« Une façon républicaine de s’habiller » dit Blanquer. Sait-il de quoi il parle ? Par Claude Lelièvre sur son Blog : Histoire et politiques scolaires
Sur RTL, Jean-Michel Blanquer vient de déclarer sur le ton de l’évidence que « chacun peut comprendre qu’on vient à l’école habillé d’une façon républicaine ». Mais a-t-on des repères historiques sur « une façon républicaine » de s’habiller à l’Ecole ?

Les collèges pris de court par la révolte des crop tops Par Delphine Tanguy
Les filles se rebellent contre des règles vestimentaires jugées déplacées et sexistes

Rentrée

Coronavirus : le casse-tête des professeurs d’EPS par Alexandre Malesson
Depuis la rentrée, les professeurs d’EPS naviguent à vue. Pour répondre à un protocole sanitaire flou, certains enseignants adaptent leurs cours, quand d’autres suppriment les sports collectifs.
Aujourd’hui, pour cette classe de 5e d’un collège de Saint-Denis (93), c’est rugby. Mais un rugby aménagé. Covid-19 oblige : pas de contacts, donc pas de placages ni de mêlées. Leur professeur, Simon, s’est adapté. "Pour compenser, j’utilise des flags, explique-t-il. Ce sont des ceintures que les élèves enfilent avec deux cordelettes scotchées sur les côtés. Au lieu de faire des placages, les jeunes doivent se ’déflaguer’, c’est-à-dire arracher les flags de leurs adversaires." Une technique audacieuse pour cette discipline, mais tous les sports ne sont pas adaptables
.”

Rentrée scolaire : « J’essaie de suivre les ordres et les contrordres en évitant le désordre », La Croix (avec AFP)
Chronique. “Patrice Romain, principal d’un collège de 800 élèves, nous livre ses impressions sur cette rentrée particulière. Cette semaine, l’organisation d’une session informatique au temps du Covid-19… Découvrez la dernière chronique de notre série « Monsieur le principal tombe le masque » (5/5).”

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Le bonheur est dans la classe Chronique de Cécile Blanchard Rédactrice en chef des Cahiers pédagogiques, mais dans Alternatives-Economiques
Même en cette rentrée scolaire si bizarre, il y avait un grand nombre d’enseignants heureux de retourner en classe et de retrouver leurs élèves. J’en ai en tout cas rencontré plus d’un !
Et ce malgré les masques (pas toujours fournis par l’employeur, en l’occurrence l’Etat…) qui empêchent de voir les sourires des élèves, qui assourdissent la voix du prof et la fatiguent, qui font qu’on ne sait pas vraiment à quoi ressemblent les uns et les autres. Malgré, aussi, la pression de…

La FSU s’oppose aux nouvelles questions des évaluations nationales
"Sur la période « post-confinement », est-ce que l’élève est revenu à l’école avant les vacances d’été ?" "Pendant que l’école était fermée à cause du virus, tu as travaillé à la maison. Entoure tous les objets que tu as utilisés pour travailler". Dans le second degré des questions portent aussi sur les méthodes de travail de leur professeur. Quatre syndicats FSU, le Snes, le Snuipp, le Snuep et le Snep, protestent contre les nouvelles questions ajoutées dans les évaluations nationales à l’école , au collège et en lycée et leur utilisation éventuelle.”

Coronavirus : comment Jean-Michel Blanquer prépare l’école aux cours à distance
Le ministre de l’Education vient de lancer une expérimentation à grande échelle dans le Val d’Oise et l’Aisne pour encourager l’essor du numérique à l’école. Elle couvre la distribution de tablettes, de ressources numériques ainsi que la formation des enseignants et des parents. Elle a vocation à s’étendre.”

Bernard Desclaux

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Vangelis...

23 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Stendhal - Le Rouge et le Noir

23 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

    Avec la vivacité et la grâce qui lui étaient naturelles quand elle était loin des regards des hommes, Mme de Rênal sortait par la porte-fenêtre du salon qui donnait sur le jardin, quand elle aperçut près de la porte d'entrée la figure d'un jeune paysan presque encore enfant, extrêmement pâle et qui venait de pleurer. Il était en chemise bien blanche, et avait sous le bras une veste fort propre de ratine violette.
    Le teint de ce petit paysan était si blanc, ses yeux si doux, que l'esprit un peu romanesque de Mme de Rênal eut d'abord l'idée que ce pouvait être une jeune fille deguisée, qui venait demander quelque grâce à M. le maire. Elle eut pitié de cette pauvre créature, arrêtée à la porte d'entrée, et qui évidemment n'osait pas lever la main jusqu'à la sonnette. Mme de Rênal s'approcha, distraite un instant de l'amer chagrin que lui donnait l'arrivée du précepteur. Julien tourné vers la porte, ne la voyait pas s'avancer. Il tressaillit quand une voix douce lui dit tout près de l'oreille : – Que voulez-vous ici, mon enfant ?
    Julien se tourna vivement, et frappé du regard si rempli de grâce de Mme de Rênal, il oublia une partie de sa timidité. Bientôt, étonné de sa beauté, il oublia tout, même ce qu'il venait faire. Mme de Rénal avait répété sa question.
    – Je viens pour être précepteur, madame, lui dit-il enfin, tout honteux de ses larmes qu'il essuyait de son mieux.
Mme de Rênal resta interdite; ils étaient fort près l'un de l'autre à se regarder. Julien n'avait jamais vu un être aussi bien vêtu et surtout une femme avec un teint si éblouissant, lui parler d'un air doux. Mme de Rênal regardait les grosses larmes, qui s'étaient arrêtées sur les joues si pâles d'abord et maintenant si roses de ce jeune paysan. Bientôt elle se mit à rire, avec toute la gaieté folle d'une jeune fille ; elle se moquait d'elle-même et ne pouvait se figurer tout son bonheur. Quoi, c'était là ce précepteur qu'elle s'était figuré comme un prêtre sale et mal vêtu, qui viendrait gronder et fouetter ses enfants !
    – Quoi, monsieur, lui dit-elle enfin, vous savez le latin ?

Stendhal - Le Rouge et le Noir

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« Pourquoi vous nous apportez des tablettes et pas des masques ? » - Jean-Michel Blanquer prépare l'école aux cours à distance

23 Septembre 2020 , Rédigé par Les Echos Publié dans #Education

« Pourquoi vous nous apportez des tablettes et pas des masques ? » - Jean-Michel Blanquer prépare l'école aux cours à distance
« Pourquoi vous nous apportez des tablettes et pas des masques ? » - Jean-Michel Blanquer prépare l'école aux cours à distance

Le ministre de l'Education vient de lancer une expérimentation à grande échelle dans le Val d'Oise et l'Aisne pour encourager l'essor du numérique à l'école. Elle couvre la distribution de tablettes, de ressources numériques ainsi que la formation des enseignants et des parents. Elle a vocation à s'étendre.

« Si on est reconfiné, au moins, on aura les devoirs à faire », s'est réjouie une élève de CM1 de l'école Les Chênes, à Herblay, dans le Val d'Oise, où s'est rendu en début de semaine le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer. Dans cette école, les enseignants utilisent un espace numérique de travail conçu par une « EdTech », Beynelu School . L'école va devenir pilote d'une expérimentation menée dans le Val d'Oise et l'Aisne.

Celle-ci est financée à hauteur de 27,3 millions d'euros par des fonds du programme d'investissements d'avenir. Au total, 15.000 élèves en situation de fracture numérique vont se voir prêter des tablettes. Des jeunes enseignants (225 dans l'Aisne et 775 dans le Val d'Oise), qui exercent leur métier sur le terrain depuis un an, vont voir leur classe équipée d'un « kit d'enseignement hybride ». Il prend la forme d'une grosse valise à roulettes (avec caméra…) et doit leur permettre de continuer à faire classe à distance de manière interactive.

Enseignement à distance

Du primaire au lycée, une classe sur deux sera équipée de ce kit dans tous les établissements pour, selon le ministère de l'Education nationale, « transformer rapidement sa salle en espace de travail distant ». L'idée est d'assurer la continuité pédagogique en cas de reconfinement total ou partiel. Le kit proposé offre aussi la possibilité d'assurer un enseignement à distance, en cas d'absence d'un professeur.

Hors crise sanitaire, le numérique a vocation à s'inscrire dans la pratique habituelle de la classe. Jean-Michel Blanquer évoque déjà les logiciels qui « permettent de faire du calcul mental de manière ludique et pertinente » et les « petits robots » qui, « dès la maternelle », vont « initier les enfants aux rudiments de la programmation et de la géométrie ».

« La locomotive du développement numérique »

Le projet ne se résume pas à une distribution de tablettes. « Il déploie une offre numérique complète, avec équipements, ressources et formation », se félicite Edouard Geffray, numéro deux du ministère de l'Education. Enseignants et parents (volontaires) seront formés. La formation des enseignants sera assurée par Réseau Canopé, opérateur de l'Education nationale, avec des modules courts d'une heure à une heure trente.

« Ces formations, en partie en ligne, seront libres d'utilisation et disponibles sur une plateforme, ce qui permettra aux enseignants de la suivre au moment le plus opportun », se félicite la rectrice de l'académie de Versailles, Charline Avenel. La Trousse à projets, plateforme de financement participatif des projets des enseignants, se chargera de la formation des parents au numérique éducatif, avec l'aide d'acteurs de l'inclusion numérique (Emmaüs Connect, fondation Break Poverty…) et des directeurs d'école, pour repérer les familles qui en ont besoin. « Le but n'est pas de développer l'addiction des enfants aux écrans mais d'avoir une vraie éducation au numérique », plaide Jean-Michel Blanquer. Il voit, dans cette expérimentation, « la locomotive du développement numérique de nos écoles ».

« Pourquoi des tablettes, et pas des masques ? »

Au-delà des contraintes liées à la crise sanitaire, c'est un moyen de changer l'école. « L'objectif, c'est que toute la France soit concernée par le développement numérique », assure Jean-Michel Blanquer, qui lancera des « états généraux du numérique », début novembre. Tout cela « pourra demain être déployé à plus grande échelle si le ministre en décide », indique déjà le secrétaire général pour l'investissement, Guillaume Boudy, en évoquant le quatrième programme d'investissements d'avenir .

En attendant, lundi, les élèves de CM2 d'Herblay avaient d'autres préoccupations : « Vous n'avez pas peur de venir dans une école, avec le Covid ? » demandait l'une. Tandis qu'une autre lançait à Jean-Michel Blanquer : « Pourquoi vous nous apportez des tablettes et pas des masques ? »

Marie-Christine Corbier

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Contre les évaluations : «Ces tests ne peuvent pas fournir une photographie exacte du niveau des élèves»

23 Septembre 2020 , Rédigé par Libération Publié dans #Education

Contre les évaluations : «Ces tests ne peuvent pas fournir une photographie exacte du niveau des élèves»

Pour le chercheur en psychologie Sébastien Goudeau, la pression générée par les tests peut avoir une influence néfaste sur les élèves en difficulté.

Maître de conférences en psychologie sociale expérimentale à l’université de Poitiers et ancien professeur des écoles, Sébastien Goudeau (1), alerte sur la «pression évaluative» créée par ces tests standardisés.

En permettant de repérer les difficultés des élèves, les évaluations ne sont-elles pas un outil de lutte contre les inégalités ?

Le problème, c’est le biais intrinsèque que l’on retrouve dans tout test ou examen standardisé : ils ne sont pas neutres. La situation d’évaluation en elle-même crée des écarts de réussite. Ce que l’on appelle, en psychologie sociale, la menace du stéréotype. L’élève appartenant à un groupe social qui a la réputation d’être moins performant va avoir peur de rater, et donc de confirmer le stéréotype qui pèse sur lui. Cela va générer chez lui de l’anxiété. Or, gérer le stress consomme des ressources… Ressources qui vont lui manquer lors de l’épreuve et réduire sa performance. C’est très marqué chez les élèves de milieux défavorisés et les filles, notamment en mathématiques.

Est-ce scientifiquement prouvé ?

Oui, très tôt, dès le CP. Beaucoup d’études ont été réalisées et les résultats convergent : quand on prend exactement le même test en mathématiques, selon les conditions de passation, les filles par exemple ont des écarts de performance importants avec les garçons. Si on enlève la pression de l’évaluation, en incluant les questions dans une leçon classique, elles réussissent bien mieux.

Pourtant, ces évaluations nationales ne donnent pas lieu à des notes qui «comptent» dans la moyenne, et donc ne sont pas censées représenter une source de stress…

La façon dont les questions sont posées, leur forme (mêmes exercices, cahiers bleus, épreuves chronométrées…) crée une pression évaluative. Les élèves ne sont pas dupes, ils perçoivent tout de suite l’aspect évaluation. Et la menace du stéréotype surgit ! Les enseignants font ce qu’ils peuvent pour masquer ce côté «test», enlever cette pression. Mais c’est compliqué. D’autant plus que, par définition, ce sont des tests identiques partout qui ne sont pas faits par l’enseignant. Cela va même plus loin, et c’est le plus problématique : les élèves vont avoir tendance à interpréter les résultats comme le reflet de leurs capacités intellectuelles. Alors que ce n’est pas du tout cela.

Faut-il bannir les évaluations alors ?

A minima, il faudrait prendre ces évaluations pour ce qu’elles sont. C’est-à-dire avoir en tête que non, une situation d’évaluation n’est jamais neutre, comme je l’ai expliqué. Non, ces tests ne peuvent pas fournir une photographie exacte du niveau des élèves. Les performances de ces derniers ne sont pas figées, mais au contraire malléables. C’est important que professeurs, parents et politiques l’aient en tête.

Même si l’intention est bonne. Il serait intéressant de mener une enquête scientifique pour mesurer les effets de ces évaluations sur les élèves. Dans quelle mesure peuvent-elles les marquer pour la suite et avoir une incidence dans leur parcours scolaire. La question mérite d’être posée.

(1) Auteur de Comment l’école reproduit-elle les inégalités, publié en mars 2020 chez UGA éditions.

Propos recueillis par Marie Piquemal

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A Voir... Les Apparences - Avec Karin Viard et Benjamin Biolay...

23 Septembre 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Cinéma

EXTRAITS

« Les Apparences » : jeu de pistes diabolique

Il n’est pas nécessaire d’avoir été soi-même expatrié dans une capitale étrangère pour apprécier dans toutes ses nuances la société où évoluent les protagonistes des Apparences. Mais ça aide. Eve (Karin Viard) et Henri (Benjamin Biolay) sont deux parfaits exemplaires de cette coterie. Ils ont chacun une BMW. Elle s’occupe bénévolement de la bibliothèque française, il est chef d’orchestre. Elle cache des origines modestes, lui sa liaison avec Tina (Laetitia Dosch), l’institutrice de leur fils. Mais les apparences, sociales, conjugales, familiales sont sauves. Jouant à saute-mouton avec les genres, Marc Fitoussi (Copacabana, Pauline détective) engage d’abord son long-métrage sur les rails d’une étude de mœurs à la Chabrol, avant de le faire dévier vers le film noir à la Clouzot (Les Diaboliques) mâtiné de quelques scènes que n’aurait pas reniées Hitchcock.

Tout le monde ment dans cette histoire, et pas seulement le mari volage. Quel passé inavouable est venu enfouir Tina dans les parages du Prater ? A quoi Eve joue-t-elle avec Jonas (Lucas Englander), ce jeune homme dégingandé et impulsif que son bracelet électronique à la cheville désigne comme un prisonnier en liberté surveillée. De quel méfait s’est-il rendu coupable ? Pendant que le spectateur s’interroge, Fitoussi a déjà fait faire un nouveau détour à son scénario. Philippe Ridet

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