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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... André Pieyre de Mandiargues...

26 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

La bouche ouverte, oui, voilà comme Sergine l'avait vu dormir sur le divan de la chambre haute du mas, quand elle y était allée sur la pointe des pieds, pour le surprendre, et elle a dit aussi que la violence de son ronflement seule empêchait les mouches de septembre d'entrer dans sa gorge et de le visiter jusqu'à l'estomac ou plus profondément peut-être. Elle a dit qu'il était béant comme un sanctuaire où l'on gagne des indulgences en descendant dans la crypte. Elle a dit qu'il était devenu comme un monument qui eût contenu des machineries, et qu'elle aurait pu, sans le réveiller, lui peindre les lèvres en bleu, si elle avait eu de la couleur, ainsi qu'on peint l'entourage des portes et des fenêtres dans les pays qui sont infestés par les insectes volants.

André Pieyre de Mandiargues - La Marge

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Loi contre le séparatisme : bras-de-fer en coulisses entre Gérald Darmanin et Jean-Michel Blanquer...

26 Septembre 2020 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Interdire le voile aux accompagnatrices des sorties scolaires : défense de  la laïcité ou entrave à la liberté ?

Les ministres de l'Intérieur et de l'Éducation sont en désaccord sur certains point de ce texte qui doit être présenté par Emmanuel Macron la semaine du 28 septembre.

Le chef de l'État Emmanuel Macron doit dévoiler la semaine du 28 septembre les grandes lignes de la loi contre le séparatisme. En coulisses, une bataille d'influence oppose les ministres de l'Intérieur et celui de l’Éducation. Deux points opposent Jean-Michel Blanquer et Gérald Darmanin. Le premier, c'est l’interdiction du voile pour les mères qui accompagnent les sorties scolaires. Le ministre de l’Éducation y était favorable, pas celui de l'Intérieur.

Aux dernières nouvelles, Gérald Darmanin a obtenu gain de cause sur ce point il y a quelques jours. Mais la donne a peut-être changé : Emmanuel Macron avait validé certains articles du projet de loi la semaine dernière, avant de finalement réclamer plus de temps pour revoir le texte. C'est ce qui explique que le report du discours sur le sujet initialement prévu mardi 22 septembre à Lunel.

Désaccord sur le contrôle des associations sportives

Gérald Darmanin est également en désaccord avec Roxana Maracineanu, ministre délégué aux Sports... dont le ministre de tutelle n'est autre que Jean-Michel Blanquer. Ce deuxième bras-de-fer porte sur le contrôle des associations sportives. Nombre d’entre elles inquiètent les autorités, en raison de dérives séparatistes. Auparavant, ces clubs devaient obtenir l’agrément du préfet pour exercer, et il pouvait être retiré en cas d'irrégularités. Mais depuis l'adoption d'une loi de simplification de leur régime, les associations peuvent exercer dès lors qu'elles sont affiliées à une fédération agréée par l’État.

Le ministère de l'Intérieur aimerait revenir à la formule initiale, avec contrôle du préfet, mais le ministère des Sports s'y opposait fermement. Et là aussi, selon une source, Emmanuel Macron a tranché en faveur de Gérald Darmanin. Évidemment, tous ces acteurs tempèrent les tensions qui ont pu exister. "C'est le propre des sujets interministériels, insiste un conseiller, c’est normal que chacun veuille enrichir le texte." Cela explique pourquoi la rédaction du projet de loi prend plus de temps qu'escompté.

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"Coronavirus : les clusters remontent en flèche dans les écoles"...

26 Septembre 2020 , Rédigé par Les Echos Publié dans #Education

https://static.actu.fr/uploads/2020/06/masque-classe-eleve-coronavirus-covid-19-rouen-854x569-1-854x569.jpeg

EXTRAIT

Le gouvernement a pris le parti d'alléger les consignes sanitaires dans les établissements scolaires, alors que les cas de contaminations se multiplient depuis la rentrée. D'après Santé Publique France, le milieu scolaire et universitaire représente un tiers des clusters en cours d'investigation.

« Comme avec le nuage de Tchernobyl, on a l'impression que le virus s'arrête aux portes de l'école ». Au lendemain du tour de vis annoncé par le gouvernement pour limiter la propagation de l'épidémie de coronavirus, les syndicats enseignants s'interrogent. Pourquoi l'école est-elle « absente de la gestion de la crise sanitaire » ?

La semaine dernière, un allègement du protocole dans les établissements scolaires a été décidé à la suite d'un avis du Haut conseil pour la santé publique (HSCP), selon lequel les enfants sont peu susceptibles de se contaminer entre eux et de contaminer les adultes.

Pourtant, s'il a été observé que les enfants présentent en majorité des formes légères ou asymptomatiques d'infection, il n'est pas certain qu'ils soient moins contagieux, les études scientifiques se contredisant sur ce sujet. « Quand ils présentent des symptômes, les enfants excrètent la même quantité de virus que les adultes et sont aussi contaminants qu'eux. On ne sait pas à quel point les enfants asymptomatiques peuvent infecter d'autres personnes », pointait ainsi un récent rapport du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

Le milieu scolaire est dans tous les cas loin d'être épargné par le retour en force de l'épidémie. Alors que le nombre de contaminations bat de nouveaux records en France, le dernier rapport hebdomadaire de Santé Publique France, publié jeudi, montre que les établissements scolaires font partie des premiers foyers épidémiques.

En première place des clusters en cours d'investigation

Alors que, durant l'été, les entreprises sont restées en tête des lieux d'apparition des clusters, le milieu scolaire et universitaire vient de remonter en première place cette semaine. Sur les 899 clusters en cours d'investigation, 285 ont été recensés en milieu scolaire (soit 32 % du total), contre 195 en entreprise (soit 22 %).

Le 27 août, juste avant la rentrée, les établissements scolaires occupaient la huitième place de ce tableau classant les clusters « par type de collectivités » (hors Ehpad et milieu familial), avec 28 clusters identifiés et 5 en investigation. Et il y a une semaine encore, les chiffres étaient de 198 clusters identifiés et 160 en investigation.

Santé Publique France note que cette tendance est particulièrement présente en Provence Alpes Côte d'Azur, où « les nombres de clusters signalés augmentent de façon importante notamment ceux survenus en milieu scolaire, universitaire et en Ehpad ».

Le milieu scolaire et universitaire ne fait pas partie des secteurs les plus « à risque », selon le rapport, les « clusters à criticité élevé » étant surtout localisés dans les Ehpad, où la population est la plus vulnérable. Mais le facteur de « criticité » calculé par Santé Publique France s'y élève tout de même à 17,7 %, soit un chiffre comparable à celui des entreprises (19,7 %), qui comprend les restaurants et les bars. De plus, dans les écoles, le potentiel de propagation du virus est deux fois plus important, avec une population moyenne exposée de 247 personnes contre 113 dans les entreprises.

(...)

 

Leïla Marchand

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Les mères, porteuses d’une nouvelle force politique ?

26 Septembre 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Politique

EXTRAIT

"L'État s'en prend à nos enfants". Pour la politologue Fatima Ouassak, l'école française produit des inégalités structurelles massives qui touchent principalement les enfants issus de classes populaires. Elle milite pour la prise de pouvoir des mères dans l'espace public.

https://twitter.com/franceculture/status/1309560803830493184

Elle milite pour la prise de pouvoir des mères dans l'espace public : la politologue Fatima Ouassak publie "La puissance des mères, pour un nouveau sujet révolutionnaire" (La Découverte, Août 2020). L'occasion de revenir avec elle sur l'urgence d'une lutte collective.

La question de l'empowerment des femmes demeure au cœur des enjeux du féminisme, dans la sphère professionnelle, les relations amoureuses, sexuelles, dans l’exercice du pouvoir politique… Ces prises de pouvoir sont multiples; elles révèlent la pluralité des facettes d’une individualité. Pourtant, si ces combats sont de plus en plus audibles dans l’espace public, la politologue Fatima Ouassak relève que ces luttes ne se sont pas appropriées à la question pourtant éminemment politique de la visibilité des mères

Fatima Ouassak est politologue et consultante en politiques publiques. Son engagement associatif et militant puis sa réflexion sur le statut des mères sont nés de son expérience de la maternité qui l'a confrontée à des petites et grandes violences, sociales et institutionnelles, qu'elles soient visibles - quoique encore tabous - ou latentes. Elle en tire le constat d’une ambivalence profonde du statut de la mère, tantôt puissante, tantôt reléguée au silence.  

"Être mère est un paradoxe. C’est effectivement se sentir puissante, parce qu’on porte la vie et on donne naissance, on a l’entière responsabilité de l’enfant pour lequel on est l’ultime référence. Mais c’est aussi l’expérience de la dépossession de cette puissance, de ne pas être considérée dans ce rôle de mère, dans cette responsabilité. C’est quelque chose que j’ai vécu comme paradoxal. (…) Ce paradoxe m’a conduit à réfléchir aux façons de me réapproprier cette puissance, petit à petit, au fur et à mesure des entraves, des expériences. Cela m’a éveillée sur le pouvoir que l’on pouvait prendre en tant que mère, avec d’autres mères, comment on pouvait se battre pour nos enfants. "     
(Fatima Ouassak)

Dans  La puissance des mères, pour un nouveau sujet révolutionnaire (La Découverte), elle évoque les obstacles qui ont fondé ses combats qu’elle entend pluriels : à la croisée des luttes féministes, elle pense la prise de pouvoir des femmes autant dans leur expérience de la maternité au sein des associations Front de Mères que face aux discriminations, elle préside ainsi l’organisation Le Réseau Classe / Genre / Race. 

(...)

Olivia Gesbert

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Revue de Presse Education... Crise — Enseignement catholique — Divers

26 Septembre 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

https://s.france24.com/media/display/e7c05ff8-aedc-11ea-b493-005056a964fe/w:1280/p:16x9/000_1TG2I3.webp

Petite revue de fin de semaine. Toujours la crise, mais aussi des questions sur l’enseignement catholique et enfin quelques divers.

Crise

Covid : Incompréhensions dans l’éducation
Après les nouvelles mesures de durcissement prises par Olivier Véran le 23 septembre pour freiner la diffusion du virus, les allègements de protocole dans les écoles semblent encore plus irréalistes. Sur Twitter des enseignants manifestent leur incompréhension. Des syndicats aussi.”

Cantines scolaires, revalorisation des enseignants, "tenue républicaine" à l’école... Le "8h30 franceinfo" de Jean-Michel Blanquer
Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, était l’invité du "8h30 franceinfo", vendredi 25 septembre 2020.”

Enseignement catholique

Première baisse des effectifs depuis dix ans dans l’enseignement catholique Par Marie-Christine Corbier
Les établissements ont enregistré une baisse du nombre d’élèves en cette rentrée 2020. Pour la première fois depuis dix ans, les effectifs du second degré ne compensent plus la baisse démographique des écoles primaires.
Ce sont les premiers effets de la crise sanitaire et économique , pour les établissements de l’enseignement catholique . Pour la première fois depuis dix ans, les effectifs sont en baisse en cette rentrée. Les établissements ont perdu 8.723 élèves en un an, soit une baisse de 0,42 %. « Il y a eu des désistements inhabituels durant l’été », indique Philippe Delorme, secrétaire général de l’enseignement catholique
.”

Effectifs en baisse, classes fermées : l’enseignement catholique au défi de la crise sanitaire Par Mattea Battaglia
Les établissements privés catholiques sous contrat avec l’Etat font eux aussi état d’une rentrée compliquée. Huit mille élèves de perdus. Rapportés aux 2,1 millions scolarisés dans l’enseignement privé catholique sous contrat avec l’Etat, est-ce problématique ? Au SGEC, le secrétariat général qui chapeaute les 7 400 écoles, collèges et lycées sous contrat avec l’Etat, on prend cette baisse des effectifs très au sérieux.”

L’enseignement catholique devrait bénéficier de la nouvelle éducation prioritaire
"Jean-Michel Blanquer m’a renouvelé son accord". A peine a t-il bénéficié, grâce à la loi Blanquer, de la prise en charge de ses maternelles, que l’enseignement catholique se positionne pour tirer parti de la réforme de l’éducation prioritaire. En présentant la rentrée de l’enseignement catholique, le 24 septembre, Philippe Delorme, secrétaire général de l’enseignement catholique, a axé son discours sur la solidarité. Sur un ton très ferme, il a annoncé l’entrée de l’enseignement catholique dans la nouvelle politique d’éducation prioritaire que JM Blanquer va mettre en place. L’enseignement catholique pâtit de la crise économique qui lui fait perdre des familles (- 9000 élèves). Alors que la loi Blanquer prévoit la prise en charge de ses maternelles, il demande de nouveaux soutiens. A l’Etat le bénéfice des financements de l’éducation prioritaire. Aux collectivités locales, celui des aides pour les frais de restauration.”

Divers

"On est réveillé et on travaille" : la classe inversée, une méthode pédagogique avantageuse en période de crise sanitaire
Lors d’un cours en "classe inversée" ce sont les élèves qui font eux-mêmes la leçon. Cette méthode pédagogique a montré tout son intérêt pendant le confinement.”

Quelle révolution pour l’enseignement à distance, depuis la pandémie ? Par : Emmanuelle Bastide
Avec la fermeture massive des écoles, des millions d’enseignants non préparés ont dû, avec plus ou moins de succès, continuer à enseigner pour permettre aux élèves de poursuivre leur année scolaire.
Certains s’y sont mis avec succès, d’autres sont passés par des plateformes institutionnelles lourdes, peu participatives et mal adaptées aux jeunes.
Quelles leçons retenir de l’enseignement à distance des derniers mois ? Faut-il penser une nouvelle école du futur ?
” une émission sur RFI.fr

Évaluations nationales : des questions intrusives et un respect du RGPD à géométrie variable
Dès l’annonce de la présence de questions concernant le confinement dans les évaluations nationales 2020, le SE-Unsa en a dénoncé le principe du point de vue éthique et déontologique. En effet, des questions sur un ressenti personnel de l’élève n’ont pas leur place dans un protocole d’évaluation pédagogique et ne devraient pas être ainsi administrées à des élèves dès 6-7 ans sur une fiche sous la même forme que les items de français et de maths qui ont précédé.”

Débat : Comment repenser l’évaluation dans l’enseignement supérieur par Michel Robert, professeur de microélectronique, Université de Montpellier
Les classements internationaux des universités sont aujourd’hui une réalité de la mondialisation qui donne un autre éclairage que la réputation historique des établissements ou que les rapports d’évaluation réalisés à leur sujet. Ils sont basés sur des éléments de performances comparatifs purement quantitatifs qu’il faut savoir interpréter dans leurs périmètres : quelles sont les données utilisées ? Quels sont les indicateurs ? Quels sont les algorithmes de calculs ?

Bon week-end et portez-vous bien.

Bernard Desclaux

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Astrud Gilberto...

25 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Laurent Mauvignier...

25 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Il avait cru en rencontrant Marion que ce serait impossible entre eux, se demandant comment elle pouvait ne pas voir qu’ils n’avaient rien en commun, quand, au contraire, elle semblait heureuse de le trouver si différent, qu’elle avait même insisté en lui envoyant des images d’elle en expliquant, pleine d’espoir, qu’elle était en train de passer un diplôme et qu’elle pourrait travailler dans une imprimerie, alors que lui hésitait à lui parler de la ferme, de La Bassée, se demandant bien comment elle pouvait imaginer y trouver de l’intérêt, oui, très bien, avait-il osé, voyons-nous. Ils s'étaient rencontrés et la première fois elle avait ri - un peu trop, comme si elle avait tenu à le trouver drôle, lui, sachant trop bien qu’il ne l’était pas - et il était resté éberlué qu’elle veuille le revoir, qu’il passe une, puis deux, puis trois, puis quatre, plusieurs soirées en ville, allant après le restaurant jusqu’à partager une soirée au bowling, puis une autre au karaoke, et puis cet écart qu’il avait trouvé entre cette fille dont le dos portait un tatouage qu’il avait fini sinon par oublier du moins par négliger, car les nuits d’amour, quand il la prenait dans ses bras, dans l’obscurité des premières chambres, avaient tout transformé, et la rose meurtrie, les épines métalliques, tout ça, donc, avait fini par s’évanouir avec la lumière. Dans l’obscurité n’étaient restés que la chaleur et la douceur de la peau de Marion, son abandon, ses boucles créoles sur la table de chevet ; cet écart qu’il pressentait, il avait fini par l’oublier totalement ou par décider de ne pas le voir, ne cherchant pas à comprendre, car le plus important et le plus extraordinaire c’était qu’une femme de cette beauté et de cette intelligence s’intéresse à lui, non pas seulement pour une nuit, mais qu’elle lui parle de projet de vie, de mariage - c’est elle qui avait avancé le mot, qui avait osé le prononcer alors qu’il brûlait les lèvres de Patrice depuis des mois.

Laurent Mauvignier - Histoires de la nuit

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« Entre élèves et professeur, le gouffre du temps qui passe »

25 Septembre 2020 , Rédigé par Le Monde

Le temps dans la littérature - Liste de 46 livres - Babelio

EXTRAITS

Dans le contexte du procès des attentats de janvier 2015, le professeur de lettres et écrivain Aymeric Patricot regrette la « gêne » et l’« indifférence » des élèves envers les débats d’idées sur la religion.

Tribune. Le professeur avance en âge et chaque année, chaque rentrée scolaire, grandit le fossé qui le sépare de ses élèves. Dans leurs discours, il entend quelque chose d’étrange et de nouveau. Mais c’est précisément l’un des charmes du métier que de rester en contact avec ces adolescents. Face à la classe, le professeur éprouve un certain état de la jeunesse – après tout, la centaine d’élèves qu’il pratique en moyenne chaque année représente un bel échantillon. Il peut alors mesurer ce qu’il partage avec elle comme ce qui l’en sépare.

Par la force des choses, cet écart grandit à mesure que la carrière se déroule. Et l’amusement le dispute à l’angoisse : amusement de découvrir chaque année de nouvelles expressions, de nouvelles passions, de nouveaux réflexes ; angoisse devant les différences de perception, que le professeur a tendance à interpréter comme de nouvelles formes d’ignorance ou d’indifférence par rapport à des valeurs qu’il juge essentielles.

Deux mondes en parallèle

Après tout, quand il fait cours, le professeur en apprend autant que ses élèves. Si ces derniers tirent quelques leçons de son enseignement et du spectacle de sa personnalité, le professeur lui-même s’enrichit du contact avec les classes. Mais il se pourrait bien que la leçon soit amère : il réalise que la morale évolue. Ses élèves sont désormais là pour lui rappeler que deux mondes différents vivent en parallèle, deux mondes qui se confrontent dans la classe.

Sans surprise, c’est à l’occasion d’événements graves que j’ai pu prendre conscience de ce gouffre. Puisque les questions d’actualité me taraudent, j’ai toujours aimé aborder certains thèmes par le biais d’articles ou d’exposés, que ce soit au lycée, en BTS ou en école préparatoire. A ce moment-là, je guette les attitudes des élèves autant que ma propre façon d’aborder les choses, révélatrice de l’attitude que l’époque me suggère.

Les événements de Charlie Hebdo ont été l’un des jalons de cette prise de conscience. A vrai dire, j’avais abordé la question bien avant les attentats. En BTS, quelques années plus tôt, dans le cadre d’un cours où le débat servait de prétexte à des travaux écrits, j’avais soumis à une classe de Seine-Saint-Denis des articles de Charlie Hebdo, afin d’ouvrir une discussion sur le thème de la liberté d’expression. A l’époque, le journal satirique avait fait le choix de publier les fameuses caricatures de Mahomet, et je n’avais pas hésité à en proposer l’examen à la classe.

Les réactions avaient surtout été de surprise. Aucun élève ne connaissait le journal, certains avaient entendu parler de l’affaire sans avoir vu les caricatures. Personne n’avait l’idée de ce que pouvaient signifier Mai-68, anarchisme, liberté de conscience, anticléricalisme… En tant que musulmans, la plupart des élèves désapprouvaient la publication de tels dessins, sans pour autant marquer d’agressivité. « Ils vont loin, quand même ! », s’était exclamé l’un de ceux que cela faisait plutôt rire.

(...)

D’une certaine manière, le trouble qui saisit aujourd’hui le professeur ressemble à l’angoisse ressentie par les Gaullistes devant la jeunesse qui se soulevait en 1968 : cette dernière se plaignait de s’ennuyer, un comble pour des adultes estimant qu’elle avait la chance de grandir au sein d’une prospérité chèrement acquise.

Aujourd’hui, ce n’est plus la surprise d’aînés trop sérieux ne comprenant pas l’oisiveté de leurs enfants, mais l’amertume de républicains devant ce qui leur paraît être, chez des jeunes bousculés par la société multiculturelle et s’adaptant à elle, un renoncement à certains principes universalistes.

(...)

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« Les plus précaires ne sont pas la priorité du gouvernement », estime Najat Vallaud-Belkacem

25 Septembre 2020 , Rédigé par christophe

« Les plus précaires ne sont pas la priorité du gouvernement », estime Najat Vallaud-Belkacem

EXTRAITS

« 20 MINUTES » AVEC... Pour l’ancienne ministre de l’Education nationale et directrice générale de l’ONG One France, les inégalités se sont accrues depuis la crise du Covid

Tous les vendredis, 20 Minutes propose à une personnalité de commenter un phénomène de société, dans son rendez-vous « 20 Minutes avec… ».

A l’occasion de la sortie ce jeudi en libraire de son ouvrage La société des vulnérables, leçons féministes d’une crise* co-écrit avec Sandra Laugier, l’ancienne ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem analyse la gestion de la crise sanitaire et sociale par le gouvernement.

Le rôle joué par les femmes pendant le confinement, les professions indispensables portées aux nues pendant deux mois, puis peu à peu oubliées, les inégalités soulignées par la crise… Dans La société des vulnérables, leçons féministes d’une crise*, qui sort ce jeudi en libraire, Najat Vallaud-Belkacem tire des leçons de ces derniers mois.

Pour 20 Minutes, l’ancienne ministre de l’Education nationale et directrice générale de l’ONG One France pose son diagnostic sur la gestion la crise sanitaire et sociale par le gouvernement et propose ses solutions pour avancer.

Vous sortez avec Sandra Laugier, un livre consacré aux effets de la crise que nous traversons sur les plus vulnérables. Diriez-vous que cette crise renforce les inégalités sociales dans notre pays ?

Oui, la crise a été un amplificateur des inégalités. Car ce n’était pas la même chose de vivre dans 20 m2 ou dans une maison avec jardin pendant le confinement, d’avoir un emploi protégé pouvant s’exercer en télétravail ou un métier exposé à la pandémie. Le traitement de la crise a aussi contribué à renforcer ces inégalités car des pans entiers de la population ont été oubliés par les mesures sociales du gouvernement : les chômeurs, les étudiants précarisés, les personnes en fin de CDD, les intérimaires… Le plan de relance récemment annoncé ne consacre que 0,8 % aux plus précaires et tire un trait sur le soutien au pouvoir d’achat.

(...)

Pour vous, les femmes, en première ligne depuis le début de la crise, ont été les grandes absentes de l’action politique ces derniers mois… Qu’attendiez-vous pour elles ?

Nous vivons dans un monde dysfonctionnel où la hiérarchie des valeurs est inversée : on accorde le plus de reconnaissance pécuniaire et sociale à des métiers qui ne sont pas ceux dont on a le plus besoin. Ces métiers essentiels dits du « care », du soin et de l’attention aux autres, sont eux absurdement déconsidérés. En leur sein, les femmes sont surreprésentées, tout comme elles le sont dans la prise en charge de la vie domestique. Elles ont fourni le gros des bataillons « premiers de corvées » pendant le confinement. On aurait pu penser que la société leur aurait apporté un surcroît de reconnaissance et aurait mieux pris en compte leur parole. Il n’en n’est rien. Certes, le Ségur de la Santé a apporté quelques améliorations pour certaines professions médicales, mais les autres métiers applaudis à 20 heures n’ont pas été revalorisés et cela ne semble pas à l’ordre du jour, bien au contraire. Ce sont les plans sociaux qui semblent attendre désormais nombre de ces employés qui nous ont tant donné.

Par ailleurs, les femmes ont été peu écoutées et sous-représentées parmi les experts s’exprimant dans les médias. On ne les a pas fait participer à la gestion de crise. Or, il est nécessaire que chacun soit considéré à l’aune de ce qu’il apporte à la vie en société et participe à la définition des priorités de notre pays.

(...)

Craignez-vous que les jeunes payent aussi un lourd tribut ?

Oui, c’est d’autant plus douloureux que cette génération était déjà très angoissée par les enjeux climatiques. Elle va avoir en plus à se retrouver à traîner comme un boulet les difficultés d’insertion dans la vie professionnelle. Quand j’étais ministre, j’ai créé l’Arpe (aide à la recherche du premier emploi), qui était versée aux étudiants boursiers pour les aider jusqu’à l’obtention de leur premier emploi. Or, cette aide a été supprimée en 2018. Il faudrait la remettre en place d’urgence. Je suis également étonnée que le gouvernement ait adressé une fin de non-recevoir à la mise en place du RSA pour les moins de 25 ans.

(...)

Que pensez-vous de la gestion des élèves décrocheurs par votre successeur rue de Grenelle ?

Pendant le quinquennat précédent, le nombre de décrocheurs était passé de 150.000 à 80.000, c’était pour moi une obsession. A partir de 2017, on n’a plus entendu parler de décrocheurs. Lorsque Jean-Michel Blanquer a estimé que 5 % des élèves étaient perdus de vue pendant le confinement, tous les connaisseurs du sujet se sont étranglés. Ça ne tient pas une seconde. Car si l’on prend en compte les enfants vivant dans des familles sous le seuil de pauvreté ou qui ne sont pas équipées informatiquement, c’est plutôt 25 % d’enfants que l’Education nationale a perdus de vue.

A cette rentrée, le ministre a cependant annoncé des moyens supplémentaires…

C’est un sentiment d’improvisation qui domine en cette rentrée. Les enseignants réclamaient une semaine pour la préparer, afin de s’approprier le protocole sanitaire, de repenser les programmes et les dispositifs d’aide. Ils ne l’ont pas obtenu. Il aurait fallu recruter des enseignants supplémentaires sur les listes complémentaires, alléger les classes… A la place, le ministre propose 1,5 million d’heures supplémentaires à des enseignants qui ont déjà le plus grand mal à faire cours avec un masque toute la journée. C’est tout bonnement incompréhensible.

Enfin, en situation de crise, il aurait fallu prendre les décisions en mettant autour de la table les syndicats enseignants, les fédérations de parents d’élèves et les collectivités territoriales. Or, la plupart des décisions de Jean-Michel Blanquer, ces derniers les découvraient la veille pour le lendemain sur BFMTV. L’Education nationale, c’est une communauté éducative. On ne la gère pas à coups de menton, mais dans la discussion et la concertation. On est rarement plus intelligent tout seul.

Cette rentrée va demander aux enseignants de mettre en œuvre de la pédagogie différenciée. Y sont-ils prêts ?

Cela va être difficile sans enseignants supplémentaires. Lorsque j’étais ministre, nous avions mis en place le dispositif « Plus de maîtres que de classes », qui permettait d’avoir pour plusieurs classes des enseignants surnuméraires pour faire travailler en petits groupes et prendre en charge les difficultés particulières de certains élèves. Ce dispositif a été supprimé par Jean-Michel Blanquer, alors qu’il aurait été très utile actuellement.

(...)

Propos recueillis par Delphine Bancaud

*La société des vulnérables, leçons féministes d'une criseNajat Vallaud-Belkacem et Sandra Laugier, Tracts|Gallimard, 3, 90 euros. 

Entretien complet à lire en cliquant ci-dessous

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Revue de Presse Education... Ecarlate - Polémique - Orientation - Et aussi...

25 Septembre 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Ecarlate - Polémique - Orientation - Et aussi...

Une revue de presse écarlate, avec un soupçon de polémique vestimentaire, des morceaux d’orientation scolaire et 2-3 brèves

Ecarlate

Ouest France note le décalage entre les annonces d’Olivier Véran et celles de Jean-Michel Blanquer : « "La situation continue de se dégrader", a alerté Olivier Véran ce mercredi 23 septembre lors de sa conférence de presse. Taux de positivité, d’incidence, nombre d’hospitalisations, d’admissions en réanimation… Tous les indicateurs de suivi du Covid-19 sont en hausse. Le ministre de la Santé a donc annoncé un renforcement des mesures sanitaires avec notamment la fermeture totale des bars et restaurants à Marseille, et après 22 heures dans les métropoles en alerte renforcée.
Mais qu’en est-il dans les écoles ? Une cellule de crise se tient ce jeudi 24 septembre entre les ministères de l’Éducation et de la Santé pour décider d’une éventuelle modification du protocole sanitaire.
 »

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La brève de comptoir de Fabien Crégut

Dans Vousnousils on étudie les réactions : « Face à la recrudescence de l’épidémie, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé hier soir, mercredi 23 septembre, des mesures restrictives dans les zones d’alerte renforcée, et dans les zones d’alerte maximale. Les rassemblements de plus de 10 personnes sont ainsi interdits sur la voie publique, et les bars et restaurants totalement fermés durant deux semaines au moins à Aix-Marseille et en Guadeloupe. Rien n’a cependant été annoncé pour l’école et l’université, ce qui suscite la colère des enseignants, et également des médecins :
Sur France Inter ce matin, Philippe Juvin, professeur de médecine, chef des Urgences de l’Hôpital Pompidou, déclare ainsi : « il est vraiment temps que le ministre de l’Éducation nationale se mette au travail. »
 » Ledit chef des urgences est aussi un élu local...

Dans le 7/9 de France Inter, Philippe Juvin disait déjà :« 10 % des clusters en France viennent du milieu scolaire et universitaire, l’école est un vrai sujet car il y a une gestion un peu chaotique »

Polémique

Avec la polémique sur les culottes des filles, Blanquer retrouve ses fondamentaux par B. Girard
« Imagine-t-on en Belgique, aux Pays-Bas, au Danemark, en Espagne ou ailleurs un ministre de l’Education demandant aux élèves de porter une tenue monarchique ? La proposition déclencherait aussitôt un irrépressible éclat de rire accompagné d’un légitime questionnement sur la santé mentale de son auteur. Nulle réaction semblable en France où la suggestion d’une tenue républicaine dans les établissements scolaires est au contraire accueillie avec le plus grand sérieux, avec une forme de componction, confirmant que, décidément, dans ce pays, les références à la république, même les plus burlesques et hors de propos, font perdre la raison. »

A Belfort, une remarque fait polémique : C’est France3 qui a eu vent de l’affaire en premier : « Sa fille a été priée par son professeur de mathématiques de venir habillée avec une tenue moins provocante, à cause d’un haut jugé "trop décolleté". La scène s’est produite dans un collège de Belfort[ ...] David, un parent d’élève d’une jeune fille de 14 ans scolarisée au collège Arthur Rimbaud à Belfort, ne décolère pas. "Arrivée en cours de mathématiques, elle n’a pas eu le temps d’enlever sa veste que son professeur lui a fait remarquer, devant toute sa classe, que son décolleté était trop voyant et que sa tenue était donc vulgaire selon ses mots. Il ne comprenait d’ailleurs pas comme on avait pu la laisser entrer dans le collège" »
Dans L’Est Républicain, la suite de l’histoire : « Ce mercredi matin, suite à cet événement, le principal de l’établissement a rencontré le professeur en question pour notamment lui demander de s’excuser auprès de l’élève. Ce qu’il a fait. « Ma fille m’a expliqué qu’il n’avait pas l’air d’être sincère. Elle n’a pas accepté ces excuses », raconte David Paufert. « J’ai pris contact avec la direction académique du Territoire de Belfort. Je ne veux pas en rester là. Je veux que cela serve de message d’alerte. »
De son côté, ce jeudi, Philippe Naas, le principal du collège Arthur-Rimbaud, confirme les faits mais estime laconiquement que « la réaction globale est disproportionnée par rapport aux propos qui ont été tenus »
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Sur La1ère, chaine réunionnaise, « "la tenue républicaine" de Jean-Michel Blanquer continue de faire réagir »
« A La Réunion, certains adolescents ne comprennent pas le sens de cette polémique. Notre journaliste Marie-Ange Frassati est partie interroger quelques élèves. "Il ne faut pas sexualiser le corps d’une femme", réagit une lycéenne. Il n’y a pas de différence à faire entre une fille et un garçon, si elle veut mettre un décolleté, elle peut en mettre", selon une autre. »

Dans Midi-Libre, on s’interroge sur l’éventuel sexisme des règlements intérieurs et on interroge ceux qui font lesdits règlements : « Du côté des parents d’élèves, on rappelle que tout cela reste très subjectif. "La question se posait déjà dans les années 60-70 quand Courrèges a créé une jupe courte, estime Christophe Pavageau (FCPE Hérault). Il faut être tolérant car on a un climat estival dans la région mais il ne faut pas que les élèves arrivent en tongs non plus". Pour lui, l’essentiel est "de ne pas stigmatiser les élèves par rapport à leur tenue [...]
Arrivée au lycée Louis-Feuillade de Lunel à la rentrée en qualité de proviseure, Ghislaine Lefort n’a pas été alertée sur le moindre cas à problème au cours des premières semaines de cours : "Pour moi, il s’agit d’un non sujet. À l’heure actuelle, nous avons d’autres préoccupations. De toute façon, il est inscrit dans notre règlement l’obligation pour les élèves de porter une tenue correcte. Cela permettrait d’avoir une appréciation si cela s’avérait nécessaire."
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Orientation

Le Parisien s’intéresse au Klub « Dans un conteneur rénové, les visiteurs testent leur personnalité pour mieux s’orienter dans la vie. Ce « cabinet de curiosités », qui s’inspire des univers de la magie et de Harry Potter, va tourner dans les lycées et les salons d’orientation du Loiret et de la région. »

L’auto-satisfaction des ministères : Parcoursup, la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur
« Malgré le contexte exceptionnel et inédit créé par la crise sanitaire, la procédure Parcoursup 2020 s’est déroulée de manière normale, avec un nombre record de formations proposées et de candidats. Si le calendrier a été maintenu pour garantir la rentrée étudiante, des aménagements ont été apportés au fil de l’eau, en concertation avec les associations et conférences de l’enseignement supérieur avec le souci d’accompagner au mieux les candidats et leur famille »

Et aussi...

Tribune Lycée : il faut réécrire des programmes de sciences économiques et sociales
« Une enquête lancée par l’Association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses) auprès des enseignants confirme que les nouveaux programmes de SES sont trop lourds et trop difficiles à suivre pour les lycéens.
Un an après la mise en œuvre des nouveaux programmes de sciences économiques et sociales de seconde et de première, l’association des professeur.e.s de SES (Apses) a initié une enquête-bilan auprès des enseignant.e.s de la discipline, à laquelle 753 d’entre elles et eux ont répondu. Ce retour du terrain, principalement quantitatif, et complété par des éclairages qualitatifs, permet de faire le point sur les difficultés pédagogiques induites par ces programmes
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Ludomag fait le point sur « Des collectifs enseignants qui dynamisent l’institution »
« Les collectifs d’enseignants naissent, vivent et produisent en ligne. Souvent informels dans un premier temps ils évoluent, fédèrent et grandissent jusqu’à devenir des collectifs organisés ou des associations officielles. Ils répondent à des besoins professionnels pas toujours faciles à cerner et l’institution ne sait pas forcément comment les considérer entre ignorance et “récupération”. [... ]
Si ces collectifs se forment et vivent le plus souvent en marge de l’institution, ils n’ont pas de raison d’être en tension avec elle car les enseignants qui les composent sont dans l’institution.[...]
Cela n’a pas été évoqué pendant cette table ronde mais… le succès des collectifs d’enseignants est tel que des projets relevant de l’EdTech ou de démarche politique se présentent comme étant des “collectifs d’enseignants” pour tenter de profiter de la bonne image que ces derniers ont, tant auprès des professeurs que de l’institution. Quand un phénomène commence à être instrumentalisé et dévoyé, c’est que son succès est patent.
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Emilie Kochert, partie se rhabiller

https://www.cahiers-pedagogiques.com/Revue-de-presse-du-jeudi-24-septembre-2020

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