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Vivement l'Ecole!

Violence, réputation, blasphème… : au collège, l’éducation aux médias face au pouvoir des smartphones

6 Septembre 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

EXTRAITS

Deux journalistes, l’une du « Monde » et l’autre de l’AFP, ont, pendant presque trois mois, travaillé en immersion avec les élèves d’un collège du réseau d’éducation prioritaire, à Vaulx-en-Velin, près de Lyon.

Sandra Laffont est présidente de l’association Entre les lignes, avec laquelle des journalistes du Monde et de l’AFP interviennent bénévolement dans des classes de collège et de lycée. Elle témoigne de cette expérience.

Hyperviolence, débats enflammés sur le blasphème, obsession pour la situation des Ouïgours en Chine : en passant presque trois mois avec des collégiens, je ne pensais pas découvrir de telles choses sur leurs pratiques informationnelles. Et être si loin d’eux.

Avec ma consœur du journal Le Monde Delphine Roucaute, nous nous sommes mises cet hiver en résidence au collège Henri-Barbusse de Vaulx-en-Velin (Rhône), zone d’éducation prioritaire (REP +) près de Lyon. Cent dix-huit heures d’ateliers avec 275 élèves, surtout des 3e. On les a vus deux heures toutes les semaines. De quoi monter un petit laboratoire de l’éducation aux médias et à l’information (EMI). Nous espérions ainsi ajuster, améliorer les contenus pédagogiques de l’association Entre les lignes dont nous faisons partie et qui réunit près de 200 journalistes de l’AFP et du Groupe Le Monde.

Début décembre : première rencontre avec les classes. Nous mettons tout de suite en place notre rituel d’actu. Qu’ont-ils retenu de l’information ces derniers jours ?

Ils sont vagues. Ils parlent de la réforme du lycée, de l’impunité de certains responsables politiques, de faits divers à Vaulx-en-Velin. La plupart défendent leur ville, estiment qu’elle est caricaturée par les médias. Une élève me marque, car elle est totalement à contre-courant.

« Il n’y a pas de choses positives dans ma ville. Elle n’est pas réputée. On a eu les premières émeutes de banlieue [en octobre 1990]. Et ici, pendant les fêtes, le 14 Juillet, pendant les Coupe du monde, il se passe des trucs de fou », lance Hind, avec son large gilet, ses gestes amples et ses longs cheveux noirs. « Trucs de fou », elle parle sûrement des voitures brûlées, des rodéos, qui font régulièrement la « une » des journaux locaux. Ilies proteste, parle de PoliCité, ce collectif qui œuvre à casser les préjugés entre la police et les Vaudais.

(...)

Lutter contre la banalisation de la violence

Avec Delphine Roucaute, nous nous sommes souvent senties démunies, en décalage. Nous étions là pour donner à ces collégiens l’envie de s’informer, pour les aider à repérer les fausses informations. Et nous nous retrouvions face à d’autres priorités : lutter contre la banalisation de la violence.

« J’ai changé ma façon d’aborder les classes. Cela m’a déniaiséesur le combat contre les fake news où ils sont hypermalins car ils arrivent très vite à les détecter. Et ça a souligné l’importance du social : leur apprendre à être responsables et à se protéger. Quand tu es face à ces images, tu as la possibilité de ne pas regarder et surtout l’obligation morale de ne pas partager », explique Delphine.

Nous avons aussi rencontré les parents d’élèves. Ils avaient d’autres inquiétudes : le cyberharcèlement, les théories du complot, le poids des influenceurs sur YouTube. Mais pas celle de l’hyperviolence. Quelles traces laisse-t-elle chez ces jeunes ? Qui rend ces vidéos ultra-virales ? Pourquoi ?

(...)

« J’ai été surprise par les progrès des élèves, leur attention. Vous avez réussi à vous mettre à leur niveau. Cette proximité élèves-journalistes a permis de faire sauter les cadenas, d’ouvrir la parole. J’en ressors convaincue qu’il faut instaurer des temps d’échange autour de l’actualité dans toutes les matières », même scientifiques, analyse Flore Charbouillot, la professeure-documentaliste du collège qui fut, avec une dizaine d’autres, un moteur essentiel dans cette aventure. Finalement, nos objectifs sont bien ceux-là : aider ces adolescents à accepter la parole contradictoire, à débattre, à avoir envie de s’informer. Pour être des citoyens éclairés.

(...)

Parole ouverte sur le blasphème

Comment auriez-vous réagi à notre place ? Comment réussir à faire accepter ce droit au blasphème (qui n’existe pas en tant que tel puisque le blasphème n’existe pas en France) alors que 50 % des Français sont contre ce droit de critiquer, y compris de manière outrageante, une croyance, un symbole ou un dogme religieux (source : sondage IFOP pour Charlie Hebdo réalisé en février).

Nous avons commencé par leur dire que nous étions également heurtées par ces propos. Mais que, pour autant, on ne souhaitait pas que Mila soit harcelée, menacée. Que le fait d’avoir dû être exfiltrée de son lycée était déjà suffisamment violent pour elle.

Nous avons essayé d’expliquer en quoi ce droit – le blasphème est interdit dans quelques dizaines de pays, voire parfois puni de la peine de mort comme en Iran ou au Pakistan – avait une utilité. Pour dénoncer la pédophilie dans l’Eglise par exemple. Et c’est là, qu’avec certaines classes, nous en sommes même venues à parler de l’excision. Là encore, la parole s’est ouverte et certains élèves, ébahis, ont découvert que cette pratique existait toujours, et pas si loin d’eux.

(....)

Le fact-checking est utile, mais ce n’est pas spontanément un format qu’ils aiment consulter. Plutôt que de contrer, il faudrait attiser leur envie de creuser certains sujets. Pour cela, il faut être réactif. S’appuyer sur la viralité du post d’un rappeur ou d’un footballeur sur les Ouïgours, pour tenter de réagir sur leurs canaux et leur parler du sujet. Faut-il avoir de très jeunes journalistes ? Des relais chez les influenceurs ? Des vigies sur Snapchat ?

De quoi nourrir nos discussions rédactionnelles. Et cela prouve que ces rencontres avec les jeunes sont aussi indispensables pour eux que pour nous.

Cette résidence de journalistes a été financée par la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, le Grand Lyon et la ville de Vaulx-en-Velin, en partenariat avec l’association Entre les lignes et l’Agence France-Presse.

Sandra Laffont (journaliste à l'AFP et présidente d'Entre les lignes)

Article complet (abonnés) à lire en cliquant ci-dessous

Commentaire

Pour avoir vécu, avec mes élèves de collège, la venue de deux journalistes du Monde - Luc Cédelle puis Ariane Chemin - je ne peux qu'inciter les collègues qui ne l'auraient pas encore fait à inviter des professionnels des médias pour partager avec les classes.

Pour rappel et comme le souligne Delphine Roucaute, rédactrice en chef adjointe du Monde.fr, ces interventions sont totalement gratuites, les journalistes intervenant sur leur temps de congés.

La participation des professeurs-documentalistes, dont on ne dira jamais assez l'importance qui est la leur, est évidemment un "plus" incontestable et incontournable.

Christophe Chartreux

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Melody Gardot...

5 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Laure Gouraige...

5 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Sur toi je ne peux pas dire que le beau.

Mon père toi, âme, esprit, élan, que sais-je ? tu as une curieuse manière de bien faire les choses. J’admire cette perfection. Les choses mal, aussi, tu les fais bien. Ton intelligence se mesure dans ta capacité à être correctement quelqu’un d’impossible. À savoir te taire en possédant entièrement le silence. Tu laisses l’exception s’imposer dans un détachement total, dans une confiance inébranlable en toi-même. Non, tu ne fais rien de mal. Je m’assois à mon bureau, désespérée d’écrire sur toi, sur tes agissements, convaincue d’une forme d’anormalité, et soudainement le mal m’échappe. Tu ne fais rien de mal. Rien au sens ordinaire ; ton être se nourrit de la rupture avec le commun. Elle est étrange, ma souffrance. Elle sous-entend la présence d’un élément autre que je ne supporte pas. Tu m’aimes, j’en suis certaine. Tu me l’as dit souvent. Plus rarement ces dernières années, mais cet âge, cette vieillesse, la tienne et la mienne ont créé une distance dans les émotions. Je n’ai pas oublié les temps plus chaleureux ; parfois encore tu l’écris dans une lettre ou à la fin d’une note, m’offrant des mots plus rares et plus tendres. Ce que tu fais pour moi, tu le fais par amour. C’est fou d’aimer autant. Je trouve cela fou comme tu m’aimes, fou comme tu m’aimes, encore plus fou, peut-être, comme tu ne sais pas m’aimer correctement. Comme ton amour se rapporte à toi. Meurtri de préceptes sans fin. De conditions qui emprisonnent l’autre en dehors de lui-même. Et ce fut ma vie entière, de me consacrer, entière, à ne pas rompre la règle. Cela, je crois pouvoir le dire, c’est mal. C’est mal de rejeter d’emblée mon altérité. D’avoir tenu pour essentiel la conformité à tes principes, de telle sorte que toute dissonance renouvelle la crainte de te perdre. Je me suis tue. J’ai préféré que, encore, tu sois mon père. Ce fut ma décision, j’ai laissé peser sur moi l’impossible renoncement à ta présence. Cet enfermement, tu n’y crois pas, tu as toujours déclaré mon entière liberté. Tu répétais, on ne peut pas forcer quelqu’un à faire ce qu’il ne désire pas. Tu répétais cela pour te convaincre de mon choix à exécuter ou non tes impératifs, pour effacer dans mes actions l’obéissance constamment réclamée. Tu insistais, personne ne peut s’attacher intégralement à une décision qui lui soit étrangère. Voilà, la formulation de ton apaisement. Bien sûr, la décision était mienne d’entamer des études de philosophie ou de te perdre. Le choix s’insinuait de manière plus subtile, tu disais, je ne vois pas, lorsqu’on est intelligent, quelles autres études poursuivre. Or la fatalité de ma soumission, celle que j’entretenais, me privait du courage de te dire, ton respect m’indiffère, j’abandonne la philosophie ! Je crois qu’un tel détachement aurait été plus justement exprimé de la sorte : « Je me moque de ce que tu penses de moi, la philosophie ne sert à rien, je plaque tout pour aller élever des escargots en Bourgogne. » La forme assez classique de notre relation, corrompue par un schéma du genre aussi classique, n’aspire qu’à la fierté du père. Naturellement, j’ai poursuivi un cursus en philosophie. Pendant cinq ans. Cinq ans, c’est court, disais-tu. À cet âge, l’âge du commencement des études diverses et variées, le rapport au temps est d’une importance nulle. Je consacrai cinq années à l’étude de la philosophie dans une désinvolture juvénile. Mon parcours universitaire ne s’interrogeait pas. Ou ce droit de l’interroger, je ne l’avais pas. Tu m’entretenais des philosophes depuis mon plus jeune âge. J’ignore quelle est la nature du plus jeune âge, celui de ma naissance je ne m’en souviens plus, je me souviens de ma petite enfance imprégnée des histoires de Socrate. Tu me contais sa vie quand je ne parvenais pas à dormir, ou, plus justement, lorsque je refusais de dormir, cette nécessité biologique humiliante à laquelle pourtant je ne consacrais pas moins de neuf heures. Je hurlais pour ne pas être couchée, pour mener encore quelque activité entravée par la nécessité d’aller dormir. J’avais une dizaine d’années, tu t’assoyais à côté de mon lit et tu racontais Socrate. La récurrence de ces histoires a fait de lui un personnage familier. Je saisissais mal l’enjeu, cependant déjà Socrate existait. Quelle chance ai-je de te connaître ! Et quelle difficulté cela me cause de te reprocher le beau ! À travers ces lignes, je lis l’injustice de ma dénonciation, comme elle oscille, pareillement à mon caractère, épris d’admiration et las de renoncements. Le fondement de cette plainte a des allures petites-bourgeoises. J’écris cela, et cette critique te déplairait ; tu ignores la souffrance d’avoir grandi sans un guide, corrigerais-tu. Tu désires évidente la relation d’un maître et d’un élève, naturellement tu devenais celui dont tu avais manqué. Toi, tu étais seul, te construisant désormais dans le rejet absolu de toute émancipation. Les erreurs commises durant ta solitude, je crois qu’il serait juste de dire que tu les vomis. Il serait juste de dire que tu ne trouves aucune construction possible dans l’erreur, que tu hais ce qui se rapporte au faux. Si tu avais eu un parent apte à te conseiller, à t’orienter tu n’aurais pas eu d’égarements, c’est ainsi que tu dis que les choses auraient été. Tu ajoutes, on ne comprend rien quand on est jeune. La jeunesse, tu l’admires et tu la détestes. Elle s’épuise dans l’utopie, nourrit ton aspiration au vivant, mais sa confusion provoque chez toi une intolérance dont ma vie est bouleversée. Me protéger des erreurs, m’empêcher de faire des erreurs, les mêmes que les tiennes ou d’autres, peu importe, me tenir loin des erreurs, à une distance infiniment grande des erreurs, ne pas commettre d’erreurs, ce fut le projet de ta paternité.

Laure Gouraige - La fille du père

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Classes fermées pour coronavirus : des parents contraints d'improviser

5 Septembre 2020 , Rédigé par Europe 1 Publié dans #Education

Classes fermées pour coronavirus : des parents contraints d'improviser

Quatre jours après la rentrée scolaire, 22 établissements ont déjà du fermer leurs portes en raison de cas avérés de coronavirus. Une situation compliquée à gérer pour les parents des enfants concernés. Le gouvernement assure que deux pistes sont à l'étude pour les parents qui n'auraient aucune solution de garde. 

Quatre jours après la rentrée des classes, l'épidémie de coronavirus perturbe déjà le début d'année scolaire dans plusieurs établissements. Comme l'a annoncé le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, vendredi sur Europe 1, 22 établissements scolaires sont fermés en France, ainsi qu'une centaine de classes, en raison de cas avérés de Covid-19. Une situation qui met dans l'embarras les parents des enfants dont les classes ou les écoles ferment, car s'organiser pour la garde n'est pas simple. Si le gouvernement n'a pas encore tranché, il étudie plusieurs solutions

L'objectif du gouvernement est clair : que les parents continuent à travailler si l'école est fermée. Pour cela, au ministère de l'Education nationale, on réfléchit à des "solutions locales de garde", avec par exemple l'ouverture de lieux par les collectivités locales pour garder les enfants privés d'école. 

"Je ne sais pas comment on aurait fait" 

En attendant, les parents doivent se débrouiller et improviser, en posant des congés, des RTT, ou en télétravaillant. Enseignante en collègue, Alexandra a vu l'école de ses trois enfants à Marseille fermer ses portes vendredi à cause d'un cas de contamination. "Mon principal m'a dit 'non, vous ne pouvez pas vous arrêter parce qu'il faut que vous-même ayez été en contact avec un cas", raconte-t-elle. "On a eu de la chance que le vendredi, on travaille en décalé avec mon mari. C'est le seul jour de la semaine où cela arrive. On a eu beaucoup de chance, je ne sais pas comment on aurait fait".

"Nous, on est dans l'immédiat", poursuit-elle. "Quand on est alerté qu'un cas se déclare, on ne va pas attendre la mise en place d'un système qui peut mettre 15 jours-un mois".

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Philippe Meirieu : Ce que l'école peut encore pour la démocratie - France Inter

5 Septembre 2020 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education

Philippe Meirieu : Ce que l'école peut encore pour la démocratie - France Inter

A écouter en cliquant ci-dessous

 

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Négo préalable direction d’école : le SE-Unsa met en garde le ministère...

5 Septembre 2020 , Rédigé par Se-Unsa Publié dans #Education

Négo préalable direction d’école : le SE-Unsa met en garde le ministère...

La situation des directeurs est explosive. Malgré la relance de l’agenda social pour les prochains mois, les personnels ne croient plus à des avancées significatives pourtant indispensables. Pour que les réponses apportées soient à la hauteur des besoins, le ministère doit assumer des mesures très coûteuses. Le SE-Unsa se mobilise aux côtés des directrices et directeurs, au travers de son alerte sociale et de l’action « Direction : on met la pression ! » pour que le gouvernement consente enfin à donner les moyens qui s’imposent.

De très fortes attentes et une situation intenable

Le SE-Unsa, malgré l’annonce par le ministère d’un agenda social autour de la direction d’école, a déposé une alerte sociale. Il a été reçu jeudi 3 septembre au ministère. Cette rencontre a été l’occasion de mettre en garde le ministère sur l’état d’exaspération, de désillusion et de forte défiance des directrices et directeurs d’école.

L’annonce d’un agenda social ne doit pas une fois de plus aboutir à des décisions cosmétiques qui ne changent rien à la vie quotidienne des directrices et directeurs. Les attentes des personnels sont immenses, la situation actuelle est intenable et les directrices et directeurs exaspérés. 
 
Cette désillusion est alimentée par le ministère lui-même et ses annonces non concrétisées : la journée de décharge supplémentaire qui devait être octroyée en fin d’année 2019 est loin d’avoir été mise en place pour tous. Sans moyens supplémentaires, cette annonce a par ailleurs mis en tension le système en impactant les remplaçants et les enseignants devant partir en stage. Sans oublier les journées de décharges pour les écoles de 1 à 3 classes, pourtant réglementaires, mais qui ne sont toujours pas totalement mises en œuvre...
 
Des perspectives fragiles voire inexistantes
 
Annoncée au mois de juillet dernier, la reprise de l’agenda social a pour but d’aborder l’essentiel des thématiques qui auraient dû faire l’objet de négociation au cours du 1er semestre 2020.
 
Les perspectives sont fragiles concernant les deux principaux sujets de préoccupation des directeurs :
  • L’accroissement du temps de décharge pour tous.
  • La réduction de la lourdeur des tâches administratives qui nécessite la mise à disposition d’une aide administrative formée et pérenne. 
C’est un investissement massif et sur plusieurs années qui est nécessaire.
 
Pour le SE-Unsa, il est également indispensable :
  • d’obtenir une décharge totale de la responsabilité d’une classe attitrée : elle doit être remplacée par un temps d’enseignement dans le cadre du projet d’école, sur le principe d’un maître surnuméraire, pour les directeurs qui ne sont pas complètement déchargés ;
  • dans les regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI) ou les écoles avec des configurations d’accueil des élèves particulières, que des moyens en décharge supplémentaires soient octroyés pour expérimenter des organisations qui reconnaissent les difficultés liées à la direction de ces écoles ; 
  • que soit clarifié le périmètre décisionnel du directeur ;
  • qu’une formation régulière et adaptée à leurs besoins soit mise en place ainsi que des réunions entre directrices et directeurs, sur leur temps de travail et en dehors de leur temps de décharge (lorsqu’ils ne sont pas déchargés à plein temps) ;
  • d’avoir une rémunération à la hauteur des missions exercées par les directeurs.
Une circulaire creuse
 
La circulaire sur la direction d’école parue le 25 août dernier est une circulaire qui ne redéfinit pour ainsi dire rien et se contente d’être une déclaration d’intention. Elle n’apporte de premiers éléments de réponse que sur la question de la formation des directeurs, au niveau du principe, sans préciser comment le ministère sera en capacité d’opérationnaliser ses objectifs. 
 
  • Réexamen des critères de décharges
    Même s’il est pertinent de ne pas se limiter aux seuls critères de la taille de l’école, introduire de nouveaux critères ne suffit pas pour impacter réellement la vie quotidienne de tous les directeurs et directrices d’école. Se pose également la question des moyens pour mettre en œuvre ces décharges supplémentaires, puisque la circulaire précise que les décharges attribuées selon les règles actuelles resteront stables ou augmenteront.

     
  • L’aide administrative
    Les pistes annoncées ne sont pas satisfaisantes : elles ignorent la nécessité d’une aide administrative formée et pérenne. Le ministère est déconnecté de la réalité quotidienne des directeurs et directrices. Ce sera une nouvelle fois aux directeurs de trouver du temps pour assurer la formation de personnels censés les aider, qui de surcroît, ne seront là que pour quelques mois. Alors que les directeurs manquent cruellement de temps, c’est une nouvelle mission qui vient s’ajouter à une liste déjà très longue ; peut-on appeler ça une aide ? 
La circulaire annonce la possibilité d’utiliser les 1 600 jeunes en préprofessionnalisation pour prendre en charge des petits groupes d’élèves mais, là encore, le ministère ignore que c’est une charge supplémentaire que de devoir préparer le travail pour les élèves et, en même temps, accompagner le jeune qui doit prendre en charge les groupes d’élèves.
 
De premiers signes alarmants
 
Ce week-end, le ministère communiquait les stratégies de gestion en cas de contamination dans les écoles. C’est au directeur qu’il incombe d’établir la liste des personnes contacts à risque potentiel, c’est à lui qu’il revient d’établir la liste des élèves ayant partagé le même espace de récréation, de rentrer en contact avec le cas confirmé pour identifier les personnes ayant eu un contact rapproché, de transmettre ces listes à l’IA-Dasen, puis, enfin, c’est encore au directeur de mettre en place des mesures d’éviction. 
 
Cette liste à la Prévert révèle à quel point l’administration ne peut se passer de l’élément essentiel pour l’école, les familles et les collectivités que constituent les directrices et directeurs d’écoles. Pourtant, quand il s’agit d’avoir le courage politique de faire les choix budgétaires qui s’imposent, ceux qui sont si prompts à solliciter les directeurs sont aux abonnés absents.
 
Après le dépôt de son alerte sociale et pour amplifier cette action, le SE-Unsa a maintenant besoin de vous tous. Afin d’agir, soutenez l’action Direction : on met la pression !
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Festival des Idées - Crise : qui doit payer l'addition ? Avec Najat Vallaud-Belkacem (entre autres)

5 Septembre 2020 , Rédigé par Festival des Idées Publié dans #Economie, #Politique

Festival des Idées - Crise : qui doit payer l'addition ? Avec Najat Vallaud-Belkacem (entre autres)

Crise : qui doit payer l'addition ?

Carte blanche de Regards.

Intervenants

Manon Aubry
Gilles Finchelstein
Aurore Lalucq
Aurélie Trouvé
Najat Vallaud-Belkacem
Animateur
Pierre Jacquemain
Ce débat abordera notamment la question de la fiscalité, de la relance par le soutien aux entreprises, aux citoyens, etc.
Date: 5 septembre 14h30 - 16h
Festival des Idées - Crise : qui doit payer l'addition ? Avec Najat Vallaud-Belkacem (entre autres)
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Revue de Presse Education... Rentrée — Supérieur — Ressources — Le CRAP et les Cahiers...

5 Septembre 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education

Revue de Presse Education... Rentrée — Supérieur — Ressources — Le CRAP et les Cahiers...

Donc la rentrée, mais jusqu’à quand ? Quelques infos du supérieur et des ressources. Mais surtout, on a besoin de vous.

Rentrée

 

Covid-19 : dans les écoles parisiennes, difficile de « se remettre dans le rythme » Par Mailis Rey-Bethbeder
Les enfants ont repris mardi le chemin de l’école. Les parents accueillent cette rentrée inhabituelle avec calme, malgré des questions qui subsistent.”

« Ça fait du bien de se revoir » : à Chennevières-sur-Marne, la rentrée particulière des lycéens Par Violaine Morin
ReportageSix mois après avoir quitté les salles de classes, les élèves de 2de et de 1re faisaient leur prérentrée, mardi, au lycée polyvalent Samuel-de-Champlain.
« Ce confinement, on ne l’a pas vécu de la même façon, c’est vrai. Mais on l’a tous vécu. » Pour Patricia Pieraccini, professeure de physique-chimie et professeure principale de la 2de générale 11, pas question de faire comme si la rentrée 2020 était comme les autres. Devant elle, 33 élèves masqués – et mutiques – découvrent le lycée Samuel-de-Champlain de Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne), un vaste établissement de 2 100 élèves au plan labyrinthique. On avait prévu de faire découvrir les locaux aux 3es, le 13 mars ; la veille, la fermeture des établissements scolaires a été annoncée à la télévision – et la visite, annulée
.”

La rentrée des lycéens oubliés
“La rentrée sera aussi normale que possible”, disait Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education Nationale. Mais faute de place, en cette rentrée, des centaines de lycéens qui préparaient la rentrée sont privés de classe. Ils sont contraints de rester à la maison. Des lycéens sans lycée, c’est normal ?

Hautes-Alpes L’enjeu de la rentrée : "Que les élèves ne soient pas sacrifiés" Par Clémence BRUNO
Catherine Albaric-Delpech, inspectrice d’académie et directrice académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) des Hautes-Alpes, a visité les écoles d’Upaix et du Poët pour la rentrée des classes. Le protocole sanitaire et le plan de continuité pédagogique pour les élèves en difficulté étaient au cœur de cette rencontre.”

Rentrée scolaire : dire que tout va bien, c’est un peu court...
CHRONIQUE. “Répéter que tout est sous contrôle, pour ce retour à l’école en période de pandémie, contribue à minimiser l’engagement et le courage des profs, écrit Mara Goyet.” pour abbonnés

Supérieur

 

Agnès van Zanten : Parcoursup au service de l’égalité des chances ?
Le système éducatif français connait il une révolution libérale depuis 2017 ? L’étude publiée par Leila Frouillou, Clément Pin et Agnès van Zanten, dans "L’Année sociologique" N°2020/2, montre la montée de la "logique marchande" dans l’orientation des lycéens. Dans libéral il y a "liberté". Comme l’explique A van Zanten dans cet entretien, Parcoursup fait miroiter aux jeunes la possibilité d’une grande ouverture des possibles et la prise en compte de leurs personnalité. En apparence avec Parcoursup et ses lettres de motivation, tout est possible pour tous. En fait la plateforme introduit une logique marchande dans le système éducatif. Les meilleures filières vont aux meilleurs candidats, c’est à dire ceux qui entrent dans les algorithmes d’un tri qui n’a rien de social. Depuis 2017, le "Vae Victis" des mal partis dans la vie est la règle.”

Frédérique Vidal annonce la création de 30 000 places à l’université
Dans un entretien au « Figaro », la ministre de l’enseignement supérieur décrit les contours de la rentrée universitaire dans le contexte du coronavirus.”

Ressources

 

Du terrain de billes aux jeux mixtes : une histoire de la cour de récréation Par Pauline Petit
Les élèves ont repris, masqués, le chemin de l’école. Ils retrouvent la cour de récréation. Si pour les professeurs, elle est le lieu où les élèves se défoulent avant de retrouver la classe, pour ces derniers c’est peut-être là que se passe le meilleur de la vie scolaire ! Comment est née la récré ?

L’évaluation un analyseur de système
Dominique Odry vient de publier chez Margada « L’évaluation dans le système éducatif » avec comme sous-titre « Ce que vaut notre enseignement »[1]. On pourrait se dire qu’il s’agit d’une mise à jour, treize après des réponses à la question de Christian Forestier, Claude Thélot et Jean-Claude Émin, « Que vaut l’enseignement en France ? Les conclusions du Haut Conseil de l’évaluation de l’école » (Stock, 2007, 295 p.). Mais l’auteur ne cherche pas à connaître la valeur de notre système, mais comment la recherche de la valeur, l’évaluation, fonctionne dans notre système. Et c’est alors que l’on s’aperçoit que cette question a envahie la totalité des fonctionnements du système.” par Bernard Desclaux

Le CRAP et les Cahiers

 

Les Cahiers pédagogiques ne doivent pas disparaitre du paysage éducatif français ! sur le Club de Mediapart
Soixante personnalités du monde de l’éducation et au-delà soutiennent les Cahiers pédagogiques et l’association qui les publie, le CRAP (Cercle de recherche et d’action pédagogiques), dans la situation économique très difficile qu’ils traversent et qui menace l’existence-même de la revue.”

Les Cahiers pédagogiques par ceux qui les font et ceux qui les lisent
Praticiens ou chercheurs, enseignants à tous les niveaux de l’École ou à l’université, formateurs… Plusieurs ont écrit dans les Cahiers pédagogiques. Certains les fabriquent. Beaucoup les lisent et les utilisent pour former ou se former et réfléchir à leur métier.
Tous nous disent ce que leur a apporté la lecture des Cahiers et pourquoi ceux ci ne doivent pas disparaître et continuer à évoluer pour accompagner la transformation de l’École.
Chaque jour, vous trouverez ici de nouvelles contributions (vidéos, textes anciens ou écrits pour l’occasion). Faites les connaître autour de vous…

Dans un contexte économique difficile, les Cahiers pédagogiques ont besoin de votre soutien. Notre revue et le mouvement qui la publie vivent des abonnements et ventes au numéro. Adhérez et/ou abonnez-vous

Bernard Desclaux

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Bill Callahan...

4 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Emmanuel Ruben...

4 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Emmanuel Ruben...

Hier encore, j’ai rêvé que je maniais un sabre, en courant à reculons, dans la nuit. C’est un rêve fugitif qui me hante depuis des années, qui revient tous les mois, dont je ne vois jamais la fin. Je ne vois jamais le visage de l’ennemi contre lequel je me bats, j’ignore s’il s’agit d’une bataille ou d’un duel – parfois, je vois tomber d’un arbre des feuilles mortes, je tente en vain de les trancher, mais mon geste n’est jamais assez rapide et je ne fais que tracer dans l’obscurité les cicatrices d’une signature incertaine. J’ai longtemps cherché à interpréter ce rêve, je l’ai raconté à des amis, des médecins, des psychanalystes. Et puis un jour j’ai compris l’origine de mes hantises et toute cette histoire m’est revenue en mémoire.

Il y avait autrefois, dans la salle à manger des grands-parents, un sabre de modèle inconnu, que je n’ai jamais manié, jamais soupesé, pas même caressé. Des soirées entières, je m’étais contenté de le décrocher du regard, de le brandir en rêve, jusqu’au jour où j’ai cherché des yeux le reflet de sa lame et constaté sa disparition. Suspendu jadis au-dessus d’un vieux poêle en fonte, le sabre veillait sur nos repas, veillait sur nos soirées. L’entouraient, à droite, une copie naïve de L’Angélus de Millet, à gauche, la photo agrandie d’une falaise effrayante – le Pan Ferré – qui surplombe la ville, masque le soleil, barre l’horizon et menace de s’effondrer à la moindre secousse sismique. L’Angélus et le poêle en fonte sont restés fidèles au poste. La falaise aussi, quoique un peu bancale sous son verre, apparaît dans l’encadrement de la porte dès que l’on se dirige vers la salle à manger. Sous cette falaise se trouverait une grotte surnommée la Belle Judith – on raconte qu’elle aurait servi de refuge aux camisards pendant les guerres de Religion, et durant la dernière guerre mondiale, aux maquisards.

Selon la saison, l’heure ou le point d’observation, certains voient dans cette falaise la tête encastrée d’un cachalot, l’échine perchée d’un stégosaure ou le visage bouffi du dernier Napoléon rapetissant sous son bicorne – le Napoléon ventru, boudeur, ténébreux, assailli de mélancolie qui se laisse embarquer pour Sainte-Hélène à bord du Northumberland et dicte bientôt à Las Cases ses mémoires. Je n’ai jamais vu le visage de Napoléon dans cette falaise. Ni le gros bicorne noir. Ni la tête de cachalot. Ni l’échine de stégosaure. Mais son nom de Pan Ferré, encore lisible aujourd’hui sur les cartes, m’a toujours porté à rêver. Que suggérait ce pan ? L’idée d’un bouc ailé, d’une bête sacrée, d’une sorte de divinité gauloise, pétrifiée par quelque sort énigmatique ? Et pourquoi ferré ? À cause de l’éclat glacé de tout ce calcaire jurassique, qui le hissait à plus de 2 000 m d’altitude ? À cause de la nudité étincelante, au soleil, de son sommet ? À cause des neiges, des nuages, des glaces ou des éclairs que magnétisait cette cime perchée dans le ciel comme un immense aimant tellurique ?

De la copie naïve de L’Angélus, ce tableau morbide et glaçant qui glorifiait la vieille éthique protestante du travail, je revois les sombres couleurs pastel, le trident d’une fourche plantée dans les entrailles de la terre, son manche dressé vers le ciel, la roue d’une brouette, un panier d’osier rempli de patates, les gros sabots de bois, les mains jointes, les visages recueillis, le chapeau bas, les sillons de la terre labourée, les meules de foin, le petit clocher perdu dans les lointains, les nuées de corbeaux dans le ciel, l’atmosphère d’attente et de piété triste et paysanne – j’ignore pourquoi, j’ai toujours cru que cette peinture crépusculaire ne célébrait pas le début ou la fin d’une journée, ni l’annonciation de l’enfant Jésus ou le Saint-Esprit mais la fin d’une vie, la fin d’une ère, la fin d’un monde, un enterrement.

À la place du sabre, on peut apercevoir aujourd’hui, sur le mur jauni de la salle à manger, la trace plus pâle des deux crochets qui le soutenaient naguère. Où était-il passé, ce sabre ?

Emmanuel Ruben - Sabre

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