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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Marcel Proust...

7 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

... le changement de résidence du prince de Guermantes eut cela de bon pour moi que la voiture qui était venue me chercher pour me conduire et dans laquelle je faisais ces réflexions dut traverser les rues qui vont vers les Champs-Élysées. Elles étaient fort mal pavées à cette époque, mais, dès le moment où j’y entrai, je n’en fus pas moins détaché de mes pensées par une sensation d’une extrême douceur ; on eût dit que tout d’un coup la voiture roulait plus facilement, plus doucement, sans bruit, comme quand les grilles d’un parc s’étant ouvertes on glisse sur les allées couvertes d’un sable fin ou de feuilles mortes ; matériellement il n’en était rien, mais je sentais tout à coup la suppression des obstacles extérieurs comme s’il n’y avait plus eu pour moi d’effort d’adaptation ou d’attention, tels que nous en faisons, même sans nous en rendre compte, devant les choses nouvelles ; les rues par lesquelles je passais en ce moment étaient celles, oubliées depuis si longtemps, que je prenais jadis avec Françoise pour aller aux Champs-Élysées. Le sol de lui-même savait où il devait aller ; sa résistance était vaincue. Et comme un aviateur qui a jusque-là péniblement roulé à terre, « décolle » brusquement, je m’élevais lentement vers les hauteurs silencieuses du souvenir. Dans Paris, ces rues-là se détacheront toujours pour moi en une autre matière que les autres.

Marcel Proust - Le temps retrouvé

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VIDÉO - « En 1972, les garçons débarquent dans notre école de filles »...

7 Septembre 2020 , Rédigé par La Croix Publié dans #Education

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Blanquer talonné par l'épidémie ...

7 Septembre 2020 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

Blanquer talonné par l'épidémie ...

EXTRAIT

Mieux valait donner des chiffres et des assurances tôt. C'est ce qu'a fait JM Blanquer le 4 septembre. D'une part le ministère a publié des fiches sur la conduite à tenir en cas de découverte d'une personne malade dans une école ou un établissement. D'autre part en reconnaissant 12 écoles fermées en métropole et une centaine de classes. Il n'en reste pas moins que sur le terrain les situations varient énormément et que l'effet de la réouverture des écoles est encore à venir.

"Il y a en métropole  12 structures fermées, 10 à La Réunion. C'est autour d'une centaine de classes. Nous déclenchons à peu près 250 protocoles par jour". Sur Europe 1, JM Blanquer a bien insisté sur le fait que c'était fort peu par rapport à 60 000 écoles et établissements scolaires.

(...)

F Jarraud

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"L'ensauvagé, c'est celui qui croit à l'ensauvagement » - Par Claude Lelièvre

7 Septembre 2020 , Rédigé par Médiapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education

"L'ensauvagé, c'est celui qui croit à l'ensauvagement » - Par Claude Lelièvre

A l'attention de Gérald Darmanin et de ceux qui lui prêtent attention : « En refusant l'humanité à ceux qui apparaissent comme les plus "sauvages" ou les plus "barbares" de ses représentants, on ne fait que leur emprunter une de leur attitude typique. Le barbare c'est celui qui croit à la barbarie ».

« On sait, en effet, que la notion d'humanité, englobant, sans distinction de race ou de civilisation, toutes les formes de l'espèce humaine, est d'apparition fort tardive et d'expansion limitée. Là même où elle semble avoir atteint son plus haut développement, il est nullement certain - l'histoire récente le prouve - qu'elle soit établie à l'abri des équivoques ou des régressions. Mais, pour de vastes fractions de l'espèce humaine et pendant des dizaines de millénaires, cette notion apparaît totalement absente. L'humanité cesse aux frontières de la tribu, du groupe linguistique, parfois même du village ; à tel point qu'un grand nombre de populations dites primitives se désignent d'un nom qui signifie les "hommes" (ou parfois - dirons- nous avec plus de discrétion "les bons", "les excellents", "les complets), impliquant ainsi que les autres tribus groupes ou villages ne participent pas des vertus - ou même de la nature humaine, mais sont tout au plus composés de "mauvais", de "méchants", de "singes de terre" ou "d'œufs de pou" [....] dans les Grandes Antilles, après la découverte de l'Amérique, pendant que les Espagnols envoyaient des commissions d'enquête pour rechercher si les indigènes possédaient ou non une âme, ces derniers s'employaient à immerger des blancs prisonniers afin de vérifier par une surveillance prolongée si leur cadavre était ou non, sujet à la putréfaction.

Cette anecdote à la fois baroque et tragique illustre bien le paradoxe du relativisme culturel (que nous retrouverons ailleurs sous d'autres formes) : c'est dans la mesure même où l'on prétend établir une discrimination entre les cultures et les coutumes que l'on s'identifie le plus complètement avec celles qu'on essaye de nier. »

Extrait de » Race et Histoire » (1961) de.Claude Lévy-Strauss

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Buena Vista Social Club...

6 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Jules Supervielle...

6 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Antoine a sept ans, peut-être huit. Il sort d'un grand magasin, entièrement habillé de neuf, comme pour affronter une vie nouvelle. Mais pour l'instant, il est encore un enfant qui donne la main à sa bonne, boulevard Haussmann. Il n'est pas grand et ne voit devant lui que des jambes d'hommes et des jupes très affairées. Sur la chaussée, des centaines de roues qui tournent ou s'arrêtent aux pieds d'un agent âpre comme un rocher. Avant de traverser la rue du Havre, l'enfant remarque, à un kiosque de journaux, un énorme pied de footballeur qui lance le ballon dans des « buts » inconnus. Pendant qu'il regarde fixement la page de l'illustré, Antoine a l'impression qu'on le sépare violemment de sa bonne. Cette grosse main à bague noire et or qui lui frôla l'oreille ? L'enfant est entraîné dans un remous de passants. Une jupe violette, un pantalon à raies, une soutane, des jambes crottées de terrassier, et par terre une boue déchirée par des milliers de pieds. C'est tout ce qu'il voit. Amputé de sa bonne, il se sent rougir. Colère d'avoir à reconnaître son impuissance dans la foule, fierté refoulée d'habitude et qui lui saute au visage ? Il lève la tête. Des visages indifférents ou tragiques. De rares paroles entendues n'ayant aucun rapport avec celles des passants qui suivent : voilà d'où vient la nostalgie de la rue. Au milieu du bruit, l'enfant croit entendre le lugubre appel de sa bonne : « Antoine ! » La voix lui arrive déchiquetée comme par d'invisibles ronces. Elle semble venir de derrière lui. Il rebrousse chemin, mais ne répond pas. Et toujours le bruit confus de la rue, ce bruit qui cherche en vain son unité parmi des milliers d'aspirations différentes. Antoine trouve humiliant d'avoir perdu sa bonne et ne veut pas que les passants s'en aperçoivent. Il saura bien la retrouver tout seul. Il marche maintenant du côté de la rue de Provence, gardant dans sa paume le souvenir de la pression d'une main chère et rugueuse dont les aspérités semblaient faites pour mieux tenir les doigts légers d'un enfant.

Jules Supervielle - Le Voleur d'enfants

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Emmanuel Macron ou la « République de droite »

6 Septembre 2020 , Rédigé par Nos Lendemains Publié dans #Politique

Emmanuel Macron au Panthéon pour célébrer "150 ans en République" le 4 septembre 2020 - Capture vidéo Nos Lendemains.

Emmanuel Macron au Panthéon pour célébrer "150 ans en République" le 4 septembre 2020 - Capture vidéo Nos Lendemains.

EXTRAIT

Le Président Macron a prononcé un discours ce vendredi 4 septembre au Panthéon, discours supposé célébrer les 150 ans de la proclamation de la République par Léon Gambetta, un 4 septembre 1870.

Ce moment solennel fut aussi l’occasion de transmettre quelques messages politiques plus actuels, ceux-ci passant en revue la « République sociale », le « séparatisme » et la « sécurité ».

Comme le rappelle Vincent Martigny, interrogé par le journal Le Monde en date du 5 septembre:

« Parler de la République en France, c’est une formule convenable pour parler d’identité politique, ce ne sont pas des discours neutres. C’est préparer la présidentielle« .

En écoutant Emmanuel Macron, bien des passages ont du faire sursauter. Le candidat Macron puis le Président de plus en plus candidat à sa propre succession, sur ce sujet de la République comme celui de la laïcité, a eu des prises de position pour le moins « élastiques », tellement qu’elles enveloppent l’attitude du Chef de l’Etat dans un flou manié avec maestria. Hélas.

Une phrase – par exemple – a beaucoup surpris:

« On ne choisit jamais une part de France. On choisit la France« .

Rien n’est plus faux!

(...)

Christophe Chartreux

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Sortir... La Fabrique de l'Extravagance - Domaine de Chantilly - Jusqu'au 3 janvier 2021...

6 Septembre 2020 , Rédigé par Domaine de Chantilly Publié dans #Art, #Culture

Sortir... La Fabrique de l'Extravagance - Domaine de Chantilly - Jusqu'au 3 janvier 2021...
Sortir... La Fabrique de l'Extravagance - Domaine de Chantilly - Jusqu'au 3 janvier 2021...
Sortir... La Fabrique de l'Extravagance - Domaine de Chantilly - Jusqu'au 3 janvier 2021...
À la rentrée 2020, le Domaine de Chantilly accueillera, dans les Grands Appartements du château, une exposition inédite et joyeuse où porcelaines fines et excentrique modernité se rencontreront. Les porcelaines princières de Meissen et de Chantilly, qui ont marqué les arts décoratifs du Siècle des Lumières, seront mises à l’honneur grâce à une scénographie exceptionnelle signée Peter Marino.
 
Considérée comme "l’or blanc" du XVIIIe siècle, la porcelaine est désirée par les plus grands princes d’Europe.
 
Deux d’entre eux, Auguste le Fort, électeur de Saxe et roi de Pologne, et Louis-Henri de Bourbon, prince de Condé et premier ministre du roi Louis XV, mettent leur fortune au service de leur passion et fondent deux des plus prestigieuses manufactures de porcelaine, à Meissen et à Chantilly.
 
Pagodes et magots chinois, vases japonais, animaux en tous genres… le goût du Siècle des Lumières est à l’exotisme. Les manufactures de Meissen et de Chantilly imitent alors avec grande précision des pièces japonaises de style Kakiemon tout en s’adaptant aux formes et usages occidentaux.
 
Auguste le Fort ira jusqu’à repousser les limites techniques de la porcelaine en créant une fragile ménagerie, impressionnante par ses dimensions et sa technique.
 
Grâce à des prêts exceptionnels qui n’ont souvent jamais été montrés en France, cette exposition constituera une opportunité rare de contempler d’extraordinaires pièces, dont les gigantesques oiseaux en porcelaine de Meissen.
 
Et d'autres renseignements en cliquant ci-dessous
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Phobie scolaire, burn out de l´enfance - Documentaire (06/06/2020) (Vidéo)

6 Septembre 2020 , Rédigé par Public Sénat Publié dans #Education

Ils ne sont ni paresseux, ni « décrocheurs » mais atteints d´un mal étrange, la peur irrationnelle d´aller à l´école. Lisa, Hugo, Tom et Philippe tentent de faire face à cette phobie scolaire qui les malmène, jusqu´au plus profond de leur être. Leur univers s´est peu à peu rétréci, jusqu´à parfois ne plus être constitué que par les quatre murs de leur chambre, depuis le jour où leur tête, leur corps n´ont plus pu les porter jusqu´à l´école. Leurs parents, pas du tout préparés à affronter la violence de cette pathologie - qui n´est pas reconnue en tant que telle - se heurtent à l´incompréhension générale, devenus comme prisonniers eux-mêmes, entre la pression sociale et des enfants qui se renferment. Face à l´institution qui met en avant l´obligation légale de scolariser les enfants, enfants et parents tentent de trouver des solutions, qui leur permettent de croire à nouveau dans un avenir où chacun pourra trouver sa place.

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Rentrée scolaire : quand le prof renforce les inégalités dès le premier cours...

6 Septembre 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Rentrée scolaire : quand le prof renforce les inégalités dès le premier cours...

EXTRAIT

Préjugés, tri précoce, impact sur la scolarité, stratégie d'image pour se faire bien voir... lucides, les lycéens redoutent les fiches de renseignements que les enseignants font remplir à la rentrée. Une étude montre que 74% d'entre eux mentent sur leur fiche.

Profession des parents, loisirs, matières préférées et parfois lectures favorites, voire carrément projet professionnel… De mémoire d’ancien(ne) élève scolarisé(e) dans les années 80 ou 90, c’était à peu près systématique : à chaque rentrée, et dans chaque matière, l’enseignant entamait le tout premier cours en faisant remplir à ses élèves une fiche de renseignement. 

Une pratique qui serait, paraît-il, sur le déclin aujourd'hui ? N’empêche :  il y a moins de deux ans, enquêtant sur le terrain, la chercheuse en sciences de l’éducation Audrey Murillo notait dans son carnet de recherche (accessible en ligne sous la forme d’un blog) que dans les lycées agricoles où elle avait posé carnet et enregistreur avec plusieurs chercheurs de ses collègues, huit enseignants sur quinze faisaient toujours remplir ces fameuses fiches en début d’année. A des élèves qui racontaient pour la plupart combien ce rituel leur apparaissait banal : “Depuis qu’on est petit, on fait ça”.

Les profs, eux, expliquaient cette année-là aux chercheurs en entretien deux usages de ces fameuses fiches :

  • souvent dès le début d’année, pour un tour d’horizon des élèves, comme on cherche à voir à qui on a affaire
  • parfois en cours d’année, “lorsqu’il s’agit d’expliquer les comportements ou résultats de certains élèves”

Or on sait depuis déjà un moment que ces fiches n’ont pas grand chose de neutre ou de banal - même quand elles partent d'une bonne intention. Ce que la sociologie a commencé par montrer, c’est l’incidence de cette pratique a priori informelle (mais rituelle) sur la manière dont ils appréhendent leurs élèves.

Plusieurs travaux documentent ça, parmi lesquels on peut citer par exemple :

  • dès 1946, Solomon Asch a montré que ces premières impressions pèsent souvent davantage que les suivantes : c'est “l’effet de primauté” (accessible dans le détail et en anglais par ici)
  • en 1968, les Américains Robert Rosenthal et Lenore Jacobson précisaient en quoi le jugement précoce d’un enseignant peut impacter et parfois même induire la manière dont un élève sera en mesure de réussir (ou pas) : c'est “l’effet Pygmalion” (et c’est l’objet d’un livre, Pygmalion in the Classroom)
  • Un quart de siècle plus tard, le Français Pierre Merle montrera en 1994 (dans la Revue française de sociologie) que les informations obtenues par ces fiches pouvaient inciter les enseignants à se décharger de la responsabilité de la réussite des élèves

(...)

Chloé Leprince

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