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Vivement l'Ecole!

Thomas Cousin...

8 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Te souviens-tu de cet automne, il faisait froid sur Gérone et quand bien même
D’une chambre d’hôtel à bon marché et de nos pas sur les pavés
J’entends encore le Flamenco et toute la magie de « Paco »
Rappelle-toi l’échappée belle dans ton camion sous la dentelle
D’un ciel d’azur bleu comme l’éclat ici à Bormes-les-mimosas
Dis-moi te souviens-tu encore quand je grattais quelques accords
Pour te plaire …

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Coup de coeur... Pour une fois, une vidéo... "Clasher l'ennui"...

8 Septembre 2020 , Rédigé par Abcdr Du Son Publié dans #Musique, #Sociologie

Au début des années 2000, la battle Dégaine ton Style est organisée aux Ulis, ville nouvelle déposée en marge de l'Essonne par les plans d'aménagement du territoire. Dans ces cités perdues au milieu des champs, des quartiers s'affirment et font de leurs joutes verbales l'un des points chauds du rap français. Mais plus qu'imprimer la marque des Ulis et du 91 sur le rap de l'hexagone, Dégaine ton Style est une aventure qui révèle la force de quartiers isolés, artificialisés et livrés à eux-mêmes.

Soudés autour du mythique groupe UlTeam Atom, les jeunes de la ville ont fait battre le cœur de leurs cités à travers ces battles. Cette victoire contre la déshérence, c'est ce que le documentaire "Clasher l'ennui" retranscrit, en faisant vivre la mémoire de générations passées et présentes, aussi avides de culture que conscientes des démons à combattre depuis l'édification de la ville.

Clasher l'ennui est un documentaire produit par Fik’s Niavo (Kartier General) x Les Gros Sourcils x Noise la Ville et réalisé par Yveline Ruaud. Avec des interventions de : Sinik, Grödash, Fik’s Niavo, Gyver Hypman, John Steell, Bobby Niavo, Templar, Kizito, Da’Pro, Aladoum, M.A.X, Twinky, P.Kaer, Artik, Badsam (Rap Contenders), ainsi que d'habitants des Ulis. Une musique originale de Gyver Hypman. Des musiques additionnelles de Guts ("Pura Vida" - Wax On), Coops ("That Jazz" - Prod. Talos - High Focus Records) et Ulteam Atom ("Clasher l'ennui"). Un montage d'Étienne Migaise. Diffusion : Abcdr du Son

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Hier parlait JM Blanquer sur BFMTv... Aujourd'hui lui répond la réalité...

8 Septembre 2020 , Rédigé par La Nouvelle République Publié dans #Education

Hier parlait JM Blanquer sur BFMTv... Aujourd'hui lui répond la réalité...

Covid-19 : "C'est open bar pour le virus dans les établissements scolaires"

Après les premiers cas d’élèves positifs au Covid-19 en Deux-Sèvres depuis la rentrée, un enseignant témoigne de l’écart entre discours et réalité du terrain.

C’est un enseignant deux-sévrien « écœuré du décalage entre la réalité du terrain et les discours officiels » qui témoigne sur cette rentrée scolaire 2020-2021 sous Covid-19.

C’est un enseignant deux-sévrien « écœuré du décalage entre la réalité du terrain et les discours officiels » qui témoigne sur cette rentrée scolaire 2020-2021 sous Covid-19. Version vécue de l’intérieur, au sein d’un établissement, dans le second degré (1). Un décalage qu’il ne juge pas nouveau « mais là, c’est la santé des gens qui est en jeu, c’est encore moins acceptable ».

« Le protocole sanitaire, c’est du vide. C’est si on peut. Mais tout le monde sait dans les établissements que c’est impossible à appliquer. »

En classe, face aux élèves, l’enseignant évoque une « souffrance » lorsqu’il entend les messages rassurants répétés du ministre, confrontés à son vécu au quotidien. Avec de grands écarts.

« Il est dit que tout est fait pour limiter le brassage d’élèves. C’est impossible. C’est un mensonge. En terminale, il n’y a plus de notion de classe. Le groupe classe n’existe plus. Dans certains cours, il y a des élèves parfois de cinq classes différentes. » Et le brassage ne se limite pas aux salles de classe : « Le brassage existe à tous les niveaux, quand les élèves se croisent dans les couloirs ou attendent devant leur classe ». Sans parler du restaurant scolaire : « À la cantine, c’est à fond la caisse. À l’extérieur, il y a une file d’attente avec des distances mais une fois à l’intérieur, les élèves sont compressés dans les files dans des couloirs de circulation où ils attendent… ». Bref, « il y a une impossibilité totale de respecter les mesures sanitaires ».

« Les élèves baissent le masque sous le nez » L’aération régulière préconisée des salles ? « Je me suis retrouvé dans une salle avec les volets fermés sans avoir la main pour les ouvrir. Dans une autre, les fenêtres étaient verrouillées, probablement pour des raisons de sécurité, mais bon… »

En classe, le masque est censé palier les impossibles distances pour accueillir tout le monde, à partir du collège. En réalité, « les élèves baissent le masque sous le nez en classe quand nous avons le dos tourné. J’en ai déjà repris plusieurs. Ils ne le font pas méchamment, c’est pour faire une pause… ». Mais avec un masque porté de façon aléatoire, l’enseignant a des doutes, surtout au regard des contacts prolongés dans la plus grande promiscuité. « Des élèves, j’en ai 35 par classe. Il ne reste pas un mètre carré disponible, les salles sont blindées. »

« Si je pouvais changer de métier, je le ferais » Face aux incontournables brassages, au port du masque aléatoire et aux effectifs surchargés, l’enseignant est inquiet. Plus. En colère. Car à ses yeux, le protocole n’est en rien applicable et la trêve estivale n’a pas été mise à profit. « Aujourd’hui, le brassage est permanent. Voilà ce qui se passe dans les établissements. Dire le contraire, c’est un mensonge. Il n’y a plus de traçabilité. Ils sont incapables de déterminer les cas contacts. Il aurait fallu travailler pendant les vacances », estime l’enseignant citant en exemple les investissements massifs réalisés en Italie.

Dans ce contexte, il ne voit pas comment le virus ne pourra pas circuler sans réelles barrières. « C’est open bar dans les établissements scolaires pour le virus. Aller travailler dans ces conditions-là, c’est tout sauf confortable, ça dégoûte. Moi, si je pouvais changer de métier, je le ferais ».

(1) Pour permettre à l’enseignant de s’exprimer librement, nous avons choisi de conserver son anonymat.

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"Nous avons passé au crible les affirmations du ministre de l’Education nationale. Le résultat est édifiant"...

8 Septembre 2020 , Rédigé par L'Obs Publié dans #Education

"Nous avons passé au crible les affirmations du ministre de l’Education nationale. Le résultat est édifiant"...

EXTRAITS

Notre école « meilleure d’Europe » face au Covid ? Ce n’est pas ce que disent les chiffres !

Un million de décrocheurs et non pas 500 000, les écoles françaises ni plus ni moins efficaces que leurs voisines… Nous avons passé au crible les affirmations du ministre de l’Education nationale. Le résultat est édifiant.

Il faut espérer que les ministres de l’Education européens ne lisent pas trop la presse française. Que penseraient-ils sinon de leur petit camarade Jean-Michel Blanquer qui, en cette rentrée 2020, d’interviews en interviews, se présente systématiquement en premier de la classe sur le Vieux Continent sans que rien, dans son carnet de notes, ne permette d’en attester ?

(...)

... Commençons par l’affirmation selon laquelle les familles françaises seraient ravies des activités proposées par les écoles à leur progéniture pendant le confinement, et ce à 80, voire 89 %. Pour arriver à cette conclusion, le ministre se fonde sur un sondage Ipsos et une enquête de la Direction de l’Evaluation, de la Prospective et de la Performance (Depp), publiés tous deux fin juillet. La réalité statistique est la suivante : les parents sont, en fait, 53 % à juger que les activités proposées ont été « assez profitables » (dans l’enquête Depp) et 60 % à considérer que la continuité pédagogique s’est « plutôt bien passée » (dans le sondage Ipsos), le reste se séparant entre satisfaits et mécontents, avec une légère surpondération, c’est vrai, de satisfaits (notamment dans l’enquête Ipsos).

Deuxième affirmation : la France se serait révélée la championne toute catégorie de l’école à distance en Europe. Nous avions demandé ses sources au ministre lors d’un entretien rue de Grenelle fin avril. Il avait éludé. Nous avons donc contacté et recontacté les services du ministère. Silence radio. Jusqu’à ce que, vendredi 4 septembre, on nous transmette enfin une note de la Délégation aux Relations européennes et internationales et à la Coopération (Dreic) compilant plusieurs articles de presse et un certain nombre d’enquêtes réalisées par des fondations privées (Robert-Bosch et Vodafone Stiftung en Allemagne, Sutton Trust au Royaume-Uni) et qui constitue donc le vade-mecum du ministre en matière de comparaison internationale.

Cette note de deux pages est très parcellaire, avec « des choses développées sur certains pays mais seulement quelques lignes de commentaires sur d’autres, et des périmètres à chaque fois très différents », comme le reconnaît d’ailleurs un cadre du ministère. Curieusement, elle précise noir sur blanc que la France n’est PAS le pays européen le plus efficace dans la lutte contre le décrochage.

Certes, notre pays « ferait bien mieux que les quatre autres grands’’ pays européens : Allemagne, Espagne (10-14 %), Italie (15-20 %) et Royaume-Uni » – noter quand même l’usage du conditionnel. Mais « l’Estonie et les Pays-Bas semblent avoir des taux très inférieurs (moins de 1 %) au nôtre », est-il écrit. Ce que le ministre n’a manifestement pas relevé…

(...)

Quant à l’affirmation étonnante figurant dans le document selon laquelle « seulement un tiers des élèves britanniques prennent part à l’enseignement à distance », elle découle d’une lecture tronquée de l’enquête, puisqu’elle confond « enseignement à distance » et « suivi de cours en ligne préenregistrés ou en direct ». Ce qui n’est pas précisément la même chose.

(...)

Enfin, énorme cerise sur le gâteau : le chiffre des 500 000 décrocheurs, tant de fois matraqué au printemps comme à la rentrée – et qui étonnait de fait les experts internationaux – s’avère, après enquête, massivement sous-estimé. Ce chiffre, nous apprend-on au cabinet, est une « estimation par carottages » basée sur des remontées partielles des rectorats (par l’intermédiaire des chefs d’établissement, des directeurs académiques, des inspecteurs…) à la date du 11 mai, soit à la fin officielle du confinement. Ledit cabinet ajoutant qu’il ne s’agit aucunement d’une étude prétendant à une quelconque scientificité.

La précision est utile. S’appuyer sur des données aussi fragiles pour traiter de sujets aussi sérieux et arriver à des conclusions aussi définitives peut surprendre. La Dreic en préambule de sa note souligne d’ailleurs qu’« aucun pays européen n’a officiellement communiqué de données nationales concernant le nombre d’élèves décrocheurs ». Ce qui aurait pu alerter Jean-Michel Blanquer. Si ses collègues font assaut de prudence, ce n’est peut-être pas sans raison.

(...)

Qu’est-ce que cela veut dire ? Que Jean-Michel Blanquer nous aurait menti ? La patronne de la Depp, Fabienne Rosenwald, tente de prendre la défense de son employeur en soulignant que « le terme de décrocheurs [pour le ministre, NDLR] ne s’applique pas aux élèves avec lesquels les enseignants disent avoir perdu contact pendant la période de confinement […] mais aux élèves qui ne sont pas revenus en cours physiquement quand les établissements ont rouvert. Donc c’est plus faible et c’est normal ». Las, ce n’est pas du tout ce que dit le ministre, ni le cabinet.

Gurvan  Le Guellec

L'article complet est à lire (pour abonnés) en cliquant ci-dessous

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"Education : l'OCDE pointe l'impact (négatif) du Covid sur le système français"... (Entre autres)

8 Septembre 2020 , Rédigé par Libération Publié dans #Education

"Education : l'OCDE pointe l'impact (négatif) du Covid sur le système français"... (Entre autres)

L'organisation publie son rapport annuel, où figure notamment un chapitre inédit consacré à l'impact de la crise sanitaire et du confinement sur l'enseignement.

Qui dit début du mois de septembre, dit publication par l’OCDE du rapport annuel sobrement intitulé «Regards sur l’éducation». Un bloc abrupt de 500 pages où sont passés en revue les différents systèmes éducatifs de chaque pays, avec, à la fin, des enseignements à retenir. Comme pressenti, la note – qui réserve une quinzaine de pages à la France –, donne à première vue du grain à moudre aux enseignants qui souhaitent une revalorisation salariale de la profession, promise dès 2021 par Jean-Michel Blanquer et Edouard Philippe, mais que les principaux concernés attendent depuis belle lurette.

Le rapport précise ainsi que «la progression salariale des enseignants en début de carrière est lente», laissant les enseignants en milieu de carrière «particulièrement désavantagés». Résultat : selon les barèmes officiels à la rentrée 2018-2019, «le salaire statutaire des enseignants du primaire (professeurs des écoles) et du secondaire (certifiés) après dix ou quinze ans d’ancienneté est au moins 18% inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE». Sur la période allant de 2005 à 2019, les salaires statutaires des enseignants ayant quinze ans d’expérience et les qualifications les plus courantes ont augmenté en moyenne dans les pays de l’OCDE (de 5% à 7% aux niveaux primaires et secondaires), alors que ces niveaux ont baissé de 2% à 5% en France dans le même laps de temps.

En revanche, lorsque l’organisation compare les salaires réels des enseignants, c’est-à-dire en y incluant les paiements supplémentaires liés à leur travail, il n’y a qu’au primaire que les salaires effectifs des profs sont inférieurs à ceux de l’OCDE. De quoi (encore) augurer de belles batailles avec Jean-Michel Blanquer sur cette question salariale.

Distanciation sociale et enseignement à distance

Mais le point le plus intrigant de cette édition – et forcément inédit – concerne l’impact du Covid-19 sur l’éducation : l’organisme insiste notamment sur la réouverture des écoles en contexte de pandémie. Sur ce point, le document laisse entendre que «les pays avec des classes plus petites à la rentrée 2020 auront en théorie plus de facilité à se conformer aux nouvelles restrictions en matière de distanciation sociale, à condition d’avoir des locaux de taille adéquate». Ce n’est pas gagné en France, où les 25 élèves par classe en moyenne dans les collèges publics selon les chiffres de 2018 (contre 23 dans les pays de l’OCDE) ne favorisent pas un respect idéal des gestes barrières. En revanche, le document souligne que «les enfants scolarisés dans les zones les plus sensibles sont aussi ceux qui bénéficient des classes les moins chargées, conséquence d’une récente réforme. Il est donc en théorie plus facile de respecter la distanciation sociale dans ces écoles», même si ce sont principalement dans ces établissements que les élèves qui ont perdu contact lors de l’enseignement à distance sont inscrits.

Autre enseignement, somme toute logique : les contingences liées au Covid rendent incertaines les futures dépenses du gouvernement concernant l’éducation, qui risquent tout de même d’être reléguées au second plan au profit du secteur de la santé, alors qu’elles n’étaient déjà pas bien grosses : 8% par rapport à l’ensemble des dépenses publiques (tous secteurs confondus) en France en 2017, inférieur à la moyenne de l’OCDE (11%).

Risque d’augmentation du chômage chez les moins diplômés

C’est surtout concernant les échanges internationaux que la France risque d’être «plus fortement touchée» que d’autres pays, le pays brassant une part d’étudiants internationaux plus élevée que la moyenne des pays de l’OCDE. Une diminution significative du nombre d’étudiants internationaux peut dès lors «avoir des répercussions sur le modèle de financement de certains établissements d’enseignement supérieur, car les étudiants étrangers paient souvent des frais de scolarité plus élevés que les étudiants nationaux», précise l’organisme. Ce qui n’était pas le cas en France avant la rentrée 2019 puisque les étudiants de l’intérieur et de l’extérieur de l’Union européenne et de l’Espace économique européen payaient jusque-là des frais similaires aux nationaux.

Dernier point notable : le chômage chez les élèves les moins diplômés, qui risque d’augmenter significativement, ces derniers étant les moins susceptibles de bénéficier du travail à distance. Avant la pandémie, «24% des jeunes adultes n’ayant pas atteint le deuxième cycle du secondaire en France étaient au chômage contre 6% des jeunes adultes diplômés de l’enseignement supérieur», indique l’étude, qui précise que lors de la précédente crise financière de 2008, «le chômage des jeunes adultes sans diplôme du deuxième cycle du secondaire (le lycée) avait «augmenté de 4 points de pourcentage entre 2008 et 2009 en France contre 1,8 point» chez les diplômés du supérieur. Des signaux peu encourageants, alors que la rentrée vient à peine de commencer.

Libération

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Sortir - « La Force du dessin, Chefs-d’œuvre de la Collection Prat ». Musée du Petit Palais...

8 Septembre 2020 Publié dans #Art

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L’égalité des chances, cheval de Troie du néo-libéralisme...

8 Septembre 2020 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

L’égalité des chances, cheval de Troie du néo-libéralisme...

EXTRAIT

Offrir les mêmes chances à tous les enfants et ainsi organiser les meilleures conditions pour la compétition méritocratique est l’objectif affiché par le président Macron en matière d’éducation. Mais s’agit-il de répondre à une demande de justice sociale ou aux injonctions d’une politique néo-libérale ? Faut-il vraiment se battre pour « l’égalité des chances » ?

Dans un article récent[1], Barbara Stiegler nous rappelle opportunément que « le nouveau libéralisme transforme nécessairement la démocratie élective en un régime autoritaire ».  Autoritaire et brutal doit-on encore ajouter, particulièrement au lendemain de ce 1ermai. Mais ce n’est pas là, selon elle, ce qui fait encore la nouveauté du néo-libéralisme —  ce qui le distingue par exemple de l’ultra-libéralisme. Au travers de son injonction propre « il faut s’adapter » qui exige qu’il doive maintenir le cap — quoi qu’il puisse donc en coûter pour les libertés publiques —, le néo-libéralisme vise à instaurer, nous dit Barbara Stiegler, les conditions d’une « compétition juste » de manière à ce que « tous puissent, avec un maximum d’égalité des chances, participer à la grande compétition pour l’accès aux ressources et aux biens ».     

C’est ce cap néo-libéral qui a été fortement rappelé, dans le désert de ses annonces, par le Président de la République lors de sa conférence de presse. Après avoir affirmé que selon lui « la meilleure réponse au sentiment d’injustice n’est pas d’augmenter les impôts mais de les baisser », il a poursuivi par cette déclaration : « Les vraies inégalités ne sont pas fiscales. Elles sont liées à l’origine, au destin, à la naissance. Il faut agir dès la petite enfance ». Au-delà de l’invocation d’une « mystique de la petite enfance », comme la nomme malicieusement l’historien de l’éducation Claude Lelièvre [2], cette déclaration atteste de la parfaite compatibilité du néo-libéralisme avec l’idéal méritocratique de justice sociale. Dans la compétition généralisée que le néo-libéralisme entend instaurer pour notre survie, la hiérarchie sociale entre les gagnants et les perdants sera justifiée si la compétition est juste, si dès le plus jeune âge chacun se trouve être à égalité sur la ligne de départ.

La notion de mérite est cette sorte de fiction morale dont usent les sociétés démocratiques pour justifier ou légitimer une hiérarchie dans un ordre social qui prétend l’exclure au nom de l’égalité. Le seul principe de sélection juste dans une société qui pose en principe l’égalité en droits de tous les hommes ne semble en effet pouvoir reposer que sur leur capacité de faire par eux-mêmes (c’est-à-dire librement) quelque chose d’eux-mêmes. On en déduit en général comme corollaire un principe de responsabilité que Macron traduit, sans que l’on sache trop pourquoi, de manière réflexive dans la fameuse formule « se responsabiliser », comme s’il pouvait y avoir d’autre responsabilité que celle que l’on a décidé d’assumer. Mais à vrai dire que sait-on du mérite ? Qui peut en juger et selon quels critères ? Comment peut-on prétendre juger du mérite d’un individu seul si tout individu est un être socialisé ? Pourquoi faudrait-il mieux rétribuer un individu selon son mérite plutôt que selon ses besoins ? Autant de questions qui, le plus souvent, ne reçoivent pas de réponses ou alors des plus inconsistantes ainsi qu’on le constate à chaque fois que l’on entend instaurer un avancement ou une rémunération au mérite. L’idéologie méritocratique manifeste ainsi qu’elle n’est qu’une idéologie, en elle-même ni vraie ni fausse, puisqu’elle ne vaut que par son utilité sociale.

(...)

Pascal Levoyer, professeur agrégé de philosophie

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« La misogynie d’une partie du milieu académique français est notoire et elle fait des ravages »

8 Septembre 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education, #Université

« La misogynie d’une partie du milieu académique français est notoire et elle fait des ravages »

EXTRAITS

Les oraux des concours d’études littéraires s’apparentent souvent à de petites séances de tortures psychologiques et morales, surtout à l’encontre des candidates, dénonce la doctorante en littérature.

Tribune. A la faveur des résultats des concours de la filière lettres de l’ENS-Ulm, une occasion inédite se présente d’entreprendre une réflexion sur un sujet qui, disons-le tout de go, reste tabou, en même temps qu’il est un lieu commun fréquemment dénoncé « en off » dans les milieux académiques. Comme le dit – courageusement – Joëlle Alazard, secrétaire générale de l’Association des professeurs de premières et de lettres supérieures, « ce bond significatif de la part des femmes est une interpellation. Un chantier doit s’ouvrir autour de l’épreuve orale et de ses paramètres ». Le chantier, à coup sûr, est immense mais mérite qu’on s’y lance.

Pour preuve, le nombre d’anecdotes qui circulent sur le comportement des jurys. Intimidations, pressions en tout genre, moqueries, humiliations, sarcasmes : tout y passe dans ces oraux, qui s’apparentent assez souvent à de petites séances de tortures psychologiques et morales dont les jeunes femmes sortent moins souvent victorieuses – pour diverses raisons. Il n’est sans doute pas inutile de s’attarder un peu sur les pratiques des commissions des jurys de concours qui vous jaugent sur votre apparence physique, vous toisent de toute leur hauteur d’universitaires patentés et vous intimident à loisir par des regards, des petits mots échangés entre eux avec un sourire complice qui en dit long sur la jouissance qui est la leur à vous mettre sur le grill. « Cela fait partie du jeu », dit-on, avec fatalisme et par résignation.

(...)

Les jurys « se lâchent » souvent : ils tremblent de rage, ils soufflent, ils ricanent, ils s’envoient des textos ou des blagues dont on n’ose pas imaginer le contenu. C’est humain, dira-t-on. Certainement. Mais il est inhumain d’être en face d’eux et rien ne saurait justifier ce rituel archaïque, pas même une vieille tradition républicaine qu’il faut avoir le courage de remettre en question lorsqu’elle donne lieu à pareilles dérives qui sont hélas monnaie courante. Combien de candidats, et surtout de candidates, sortent brisés des salles d’examen dont le huis clos favorise les abus qu’on pourrait égrener à l’envi ?

Problème : il n’y a pas de recours possible puisqu’il s’avère en pratique impossible de contester l’attribution d’une note par une commission. La contester, c’est se condamner soi-même à ne plus jamais pouvoir passer le concours. (...)

(...)

La misogynie d’une partie du milieu académique français est notoire et elle fait des ravages. Les filles ne sont pas ostensiblement sacquées, non ; la chose est plus subtile. On attend d’elles un certain type de parole, une prise de risque modérée, un certain ethos. Si les chiffres traduisent une plus faible performance des femmes lors de ces épreuves, les raisons en sont largement culturelles.

(...)

... les choses se passent autrement aux Etats-Unis, où le féminisme et la liberté de penser ne sont pas de vains mots. Vivre à l’étranger m’a montré qu’on pouvait tout à la fois allier hauteur de vue, exigence académique et humanité, qu’on pouvait y tolérer des points de vue différents du sien à condition qu’ils soient argumentés. Nul besoin, là-bas, d’éradiquer les moutons noirs et autres flamands roses qui osent suggérer, comme j’en eus l’audace sacrilège (et qui me coûta cher) lors d’un oral mémorable (au moins pour moi), que Montaigne ne fait pas tout à fait ce qu’il dit qu’il fait.

(...)

Nos grands oraux de concours français non plus ne sont pas exactement ce qu’ils disent qu’ils sont, et se grandiraient sans doute plus encore à se corriger un peu.

(...)

Loriane Lafont est doctorante à l’université de Chicago et à l’Ecole pratique des hautes études, et autrice de Misère et décadence des grandes écoles. Confessions d’une khâgneuse atterrée (Jean-Claude Gawsewitch, 2013)

La tribune est à lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous

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Revue de Presse Education... Rentrée — Polémiques — Supérieur — Réflexions — Le CRAP et les Cahiers

8 Septembre 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Rentrée — Polémiques — Supérieur — Réflexions — Le CRAP et les Cahiers

Toujours la rentrée qui n’en finit plus de rentrer. Mais heureusement il y a des polémiques, des réflexions et des infos du supérieur. Et n’oubliez pas, on a besoin de vous.

Rentrée

« Jusqu’ici, tout va bien… » : récit d’une rentrée scolaire presque normale Par Mattea Battaglia
De la maternelle au lycée, des professeurs dressent un premier bilan d’un retour en classe marqué par le Covid-19.”

Covid-19 : comment ma classe a fermé quatre jours après la rentrée par Lucien Marboeuf
Malgré la recrudescence des cas de covid-19 dans le pays, il fallait de toute évidence une vraie rentrée de septembre – la plus normale possible – pour tout le monde : élèves, parents, enseignants, nous avons tous besoin de travailler – le plus normalement possible – malgré la présence du virus, qui est là, bien installé autour de nous, donc potentiellement dans les écoles comme dans le reste de la société. Le président du Conseil Scientifique, Jean-François Delfraissy, n’a pas fait de mystère, à la veille de la reprise : « Il y aura des contaminations à l’école, des enfants vont se contaminer, probablement quelques enseignants aussi mais on va le gérer ».
Pour ma part, j’espérais de tout cœur avoir tous mes nouveaux élèves et pouvoir lancer l’année le plus rapidement possible, trop conscient de l’importance de construire ensemble et sur des bases solides cet an II de l’école sous coronavirus
.”

Covid-19 : certains enseignants seront équipés de masques transparents
« Plus de 100 000 masques » transparents seront distribués aux enseignants de maternelle et à ceux ayant des élèves malentendants dans leur classe, selon la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées.”

La fronde des élèves anti-masque par Thomas Messias
Si les profs s’attendaient à une rentrée difficile, personne n’avait vraiment prévu que des groupes d’élèves puissent refuser de porter cet accessoire devenu obligatoire.”

Éducation. Les professeurs d’EPS refusent de faire une croix sur leur discipline par Olivier Chartrain
Ébranlés par le confinement, ces enseignants se veulent rassurants en cette rentrée, mais s’inquiètent des perspectives d’avenir pour l’éducation physique et sportive.”

Polémiques

Enseignement du flamand : Xavier Bertrand écrit au ministre Blanquer
Comme en 2019, les enfants des écoles publiques de Wormhout, Volckerinckhove et du RPI de Noordpeene, Buysscheure et Ochtezeele n’ont pas de cours de flamand cette année. Le président de la Région, Xavier Bertrand, demande au ministre de rétablir cet enseignement.”

Violence, réputation, blasphème… : au collège, l’éducation aux médias face au pouvoir des smartphones Par Sandra Laffont
Deux journalistes, l’une du « Monde » et l’autre de l’AFP, ont, pendant presque trois mois, travaillé en immersion avec les élèves d’un collège du réseau d’éducation prioritaire, à Vaulx-en-Velin, près de Lyon.”

« L’ensauvagé, c’est celui qui croit à l’ensauvagement » Par Claude Lelièvre sur son Blog : Histoire et politiques scolaires
A l’attention de Gérald Darmanin et de ceux qui lui prêtent attention : « En refusant l’humanité à ceux qui apparaissent comme les plus "sauvages" ou les plus "barbares" de ses représentants, on ne fait que leur emprunter une de leur attitude typique. Le barbare c’est celui qui croit à la barbarie ».”

Supérieur

« Bientôt nous ne pourrons plus du tout » : une universitaire répond à Frédérique Vidal
Je suis maîtresse de conférences dans une “petite” université hors des grandes métropoles. Comme la plupart de mes collègues, la plus grande partie de mes heures de travail consiste non pas à enseigner ou à chercher, mais à effectuer des tâches administratives. La mienne est d’être responsable d’une licence dont les enseignant·es sont, en grande majorité, des vacataires ou des contractuel·les.

Places supplémentaires à l’université : "C’est intéressant, mais cela ne vient pas couvrir les besoins concrets de cette rentrée", indique la présidente de la Fage
Les 30 000 places supplémentaire annoncées par la ministre de l’Enseignement supérieur ne sont pas suffisant pour Orlane François car "ça fait des années qu’on a des augmentations d’effectifs très importantes".”

Interview, Frédérique Vidal entend « réarmer » la recherche académique
Le projet de loi recherche sera débattu à l’Assemblée à partir de mercredi, sur fond de vives critiques. La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche sera à Saclay, ce lundi, avec le Premier ministre pour souligner « l’investissement massif » dans la recherche. Le gouvernement compte finaliser cette semaine, avec les syndicats, un protocole sur les rémunérations et les carrières.”

Réflexions

Retour à l’école Les masques vont-ils étouffer la pédagogie ? par Philippe Watrelot
Peut-on faire classe «  comme avant  » en portant un masque (et non pas «  masqué  ») ? Comment ne pas se casser la voix ? Comment savoir si les élèves ont compris sans voir leurs expressions ? Et comment se préparer à un possible retour de l’enseignement à distance ? Réflexions et propositions.”

L’école doit-elle se passer du numérique ? par Jean-François Cerisier
L’essentiel des politiques éducatives numériques semblent orientées vers une même question : que faire de ces techniques à l’école ? Pour Jean-François Cerisier, professeur de sciences de l’information et de la communication, il faudrait aussi s’interroger sur ce que le numérique fait à l’école.”

La méritocratie scolaire appartient au monde d’avant par Monique Dagnaud et Telos
La précarité face à l’emploi concerne l’ensemble des vingtenaires. Dans ce contexte inédit, sur quelles cartes miser pour atteindre le graal de l’insertion ?
en conclusions : “Certes, la logique de la méritocratie scolaire et le talent de la débrouillardise sont loin d’être incompatibles l’une avec l’autre et l’on peut argumenter que les gagnantes du marché de l’emploi sont les personnes qui sauront jouer de ces deux leviers –ce que montrent toutes les études sur les leaders et leadeuses de l’innovation et de l’expérimentation économique. Toutefois, nos systèmes sociaux sont suffisamment incertains et ébranlés par la combinaison diabolique d’une crise sanitaire et d’une crise économique doublée d’enjeux écologiques pour que la contrainte sociale du monde d’hier, celle de la course frénétique aux diplômes, se desserre un peu et laisse le champ à d’autres voies pour une insertion réussie.”

Pour rappel : Les jeunes face à l’emploi : méritocratie scolaire ou débrouillardise ? par Monique Dagnaud

L’éducation nationale et ses inégalités sous le regard de l’OCDE
Alors que l’OCDE doit publier une nouvelle édition des "Regards sur l’éducation", que dit-elle de l’Ecole française ? Chaque année la sortie des "Regards sur l’éducation" est un moment fort amenant le gouvernement français à prendre en compte les remarques de l’organisation internationale. On ne sait pas encore sur quels points l’OCDE mettra l’accent cette année. Mais l’organisation ne fait pas mystère de son regard sur le système éducatif français. Elle a publié cet été ses "Perspectives des politiques de l’éducation", avec une analyse précise de l’Ecole française. Et à coup sur la question des réponses à apporter aux inégalités scolaires sera sur la table…

Le CRAP et les Cahiers

Les Cahiers pédagogiques ne doivent pas disparaitre du paysage éducatif français ! Par Soutien aux Cahiers pédagogiques Blog : Le blog de Soutien aux Cahiers pédagogiques
Soixante personnalités du monde de l’éducation et au-delà soutiennent les Cahiers pédagogiques et l’association qui les publie, le CRAP (Cercle de recherche et d’action pédagogiques), dans la situation économique très difficile qu’ils traversent et qui menace l’existence-même de la revue.

Les Cahiers Pédagogiques par ceux qui les font et ceux qui les lisent
Praticiens ou chercheurs, enseignants à tous les niveaux de l’École ou à l’université, formateurs… Plusieurs ont écrit dans les Cahiers Pédagogiques. Certains les fabriquent. Beaucoup les lisent et les utilisent pour former ou se former et réfléchir à leur métier.
Tous nous disent ce que leur a apporté la lecture des Cahiers et pourquoi ceux ci ne doivent pas disparaître et continuer à évoluer pour accompagner la transformation de l’École.
Chaque jour, vous trouverez ici de nouvelles contributions (vidéos, textes anciens ou écrits pour l’occasion). Faites les connaître autour de vous…

Dans un contexte difficile, les Cahiers pédagogiques ont besoin de votre soutien. Notre revue et le mouvement qui la publie vivent des abonnements et ventes au numéro. Adhérez e/ou abonnez-vous

Bernard Desclaux

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Big Daddy Wilson...

7 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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