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Vivement l'Ecole!

"Réforme du lycée : avec l'application en terminale, des emplois du temps "ingérables" - (Pas faute d'avoir prévenu)

12 Septembre 2020 , Rédigé par France Inter Publié dans #Education

"Réforme du lycée : avec l'application en terminale, des emplois du temps "ingérables" - (Pas faute d'avoir prévenu)

Pour la première année, la réforme du lycée s'applique à la fois en classe de première et de terminale. Mais la nouvelle organisation a du mal à passer auprès des enseignants et des parents d'élèves, qui constatent des journées à rallonge et des emplois du temps d'une complexité hors du commun.

C'est ce que redoutaient les professeurs qui avaient protesté contre la réforme du lycée. Leurs craintes semblent aujourd'hui se vérifier dans de très nombreux établissements : sa mise en oeuvre s'avère très complexe. Si l'année dernière la nouvelle organisation s'appliquait seulement aux classes de première, les choses se compliquent avec l'entrée en vigueur pour les deux niveaux, de première mais aussi de terminale. Et cela devient de plus en plus difficile à organiser, en particulier dans les lycées qui ont laissé aux élèves la possibilité de choisir toutes les combinaisons de spécialités. C'était pourtant le principe même de la réforme : chaque élève devait pouvoir choisir. Mais résultat, certaines classes se retrouvent avec autant d'élèves que d'emplois du temps, parfois plus de professeurs que d'élèves pour une même classe et des plannings à trous. 

Le contexte n'a pas non plus joué en faveur de ces changements. L’an dernier, après la mobilisation des professeurs contre la réforme du lycée, un effort avait été fait sur les emplois du temps de première et les proviseurs avaient pris le temps d’agencer au mieux les heures de cours. Mais cette année, non seulement les changements concernent donc les deux niveaux, mais les chefs d’établissement étaient accaparés par la gestion de la crise sanitaire :ils ont donc eu moins de temps à y consacrer.

Multitude de groupes

En pratique, une semaine après la rentrée, certains élèves de première ne savent donc toujours pas vraiment qui est dans leur classe. Ils sont répartis dans une multitude de groupes selon leurs spécialités. Au lycée Buffon à Paris, par exemple, les parents d'élèves comme Julie dénoncent les incohérences. "Pour une spécialité, les mathématiques, il peut y avoir cinq professeurs différents dans la même classe", constate-t-elle. Il y a donc, pour une classe, "parfois 37 professeurs pour 35 ou 36 élèves" : "Ça entraîne une complexité qui n'est pas au bénéfice des élèves. On aimerait une vraie réflexion et une remise en question de la façon dont cette réforme est appliquée."

Autre conséquence, des groupes quasi vides ou surchargés, des journées interminables pour les élèves. C'est le cas au lycée Évariste Galois de Sartrouville, où un professeur n'a jamais vu une telle organisation en 20 ans de carrière. Il raconte à France Inter : "Il y a de grosses journées de 8h30 à 18h30 sans pause déjeuner et, à l'inverse, des journées 'gruyère' avec une heure de cours puis deux heures de trous. Il y a, dans les même classes, des profils complètement différents qui génèrent des aménagements d'emploi du temps difficilement gérables."  

Dans un autre lycée, à Fontainebleau, les emplois du temps vont être totalement refaits d'ici 10 jours, le temps de remettre à plat toutes les heures d'enseignements. "Ça ne fonctionne pas et on ne peut pas faire de petits bricolages, il faut tout refaire. (...) Certains élèves avaient trop peu d'heures de cours, des enseignants aussi, des élèves sans professeurs, des profs qui attendaient des élèves sans jamais les voir arriver", témoigne un professeur de ce lycée.

Plus de difficultés dans les établissements qui laissent le choix aux élèves

Pour sa part, le principal syndicat des professeurs de lycées, le Snes, confirme que les difficultés concernent une majorité d’établissements, mais en particulier ceux qui ont laissé le libre choix des combinaisons aux élèves. Dans les lycées qui ont imposé un nombre limité de combinaisons, l’organisation serait moins problématique. 

Les principaux obstacles que pointent le Snes sont cette amplitude horaire des journées, jugée très importante, avec de nombreux trous. "Toutes les heures d’une même spécialité peuvent être concentrées sur une journée. Quatre heures d’affilée en première, c'est une aberration pédagogique. Les élèves ne voient leur professeur de spécialité qu’une fois par semaine", déplore Sophie Vénétitay, co-secrétaire générale du Snes. La conséquence : un suivi moins efficace. 

Elle ajoute que les élèves terminent souvent très tard, parfois à 19 heures, car il a fallu aligner plusieurs groupes pour les cours de langues ou les options (comme le latin), ce qui n’était possible qu’en fin de journée. 

Sonia Princet

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Éducation : “il faut donner enfin plus et mieux à ceux qui ont moins” (Philippe Meirieu)

12 Septembre 2020 , Rédigé par Le Journal Publié dans #Education

Éducation : “il faut donner enfin plus et mieux à ceux qui ont moins” (Philippe Meirieu)

(...)

Qu’avez-vous pensé des dispositifs proposés par le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, et notamment celui des “vacances apprenantes” ?

Il y a eu quelques belles initiatives, mais c’était celles qui ont d’abord considéré que les enfants avaient le droit d’avoir de vraies vacances. Ce qui ne signifie pas qu’on n’apprend rien pendant ce temps, mais qu’on apprend autrement et d’autres choses. Vouloir transformer les vacances en une sorte d’”école au rabais” n’est pas une bonne solution.

Selon vous, dans quelles conditions s’est préparée la rentrée de septembre pour les enfants ?

Il me semble qu’il aurait été sage de retarder la rentrée d’une semaine pour laisser aux enseignants le temps de la préparer en équipe. Car, même si les questions sanitaires sont résolues en amont – et je doute fort que ce soit le cas – cette rentrée a été être très exceptionnelle : certains enfants ne sont pas retournés à l’école depuis six mois, des écarts considérables se sont creusés entre ceux qui ont continué à travailler et ceux qui ont décroché, les relations avec les parents ont été profondément modifiées, etc. Tout cela aurait exigé un travail pédagogique collectif pour préparer des dispositifs et des méthodes adaptés, organiser des groupes en fonction des besoins, mettre en place une entraide systématique entre élèves…

Dans quel état esprit, côté corps enseignant ?

Les enseignants se sont fortement mobilisés pendant le confinement, mais ils ont eu à gérer des situations très difficiles et un pilotage erratique. Je crains que beaucoup d’entre eux aient le sentiment aujourd’hui de n’être pas considérés comme des acteurs à part entière de l’école. Je suis convaincu qu’il faudrait mieux les accompagner et s’efforcer de les comprendre : ils veulent le mieux pour nos enfants, ils souffrent de voir se pérenniser des injustices insupportables. Il faudrait leur proposer plus de formations adaptées et moins de contrôles technocratiques.

Comment les dynamiques collectives vont-elles pouvoir se recréer ?

Les enseignants ne sont pas suffisamment formés et encouragés à travailler en équipe. Et ils souffrent de solitude… Paradoxalement, le confinement a fait émerger des formes de solidarité, d’échanges, de mutualisation des pratiques qu’il faudrait poursuivre. Je crois que, plus que jamais, il faut promouvoir la dimension collective de ce métier : même si chaque enseignant se retrouve seul devant ses élèves, il est beaucoup plus efficace s’il s’est nourri de toute une réflexion avec ses collègues.

De quoi les élèves ont-ils besoin en premier lieu pour apprendre ?

D’une transmission des savoirs rigoureuse, mais qui s’effectue dans une relation tout à la fois de bienveillance et d’exigence. Il faut de la bienveillance car si l’enfant ne sent pas que l’adulte croit en lui et le considère comme capable, il perd ses moyens.

Mais il faut aussi de l’exigence, car c’est cette exigence qui lui permet de progresser, de faire mieux à chaque fois et d’être finalement fier d’avoir pu se dépasser.

À mes yeux, faire intérioriser l’exigence par l’enfant pour que ce dernier devienne exigeant à l’égard de lui-même, y compris quand l’adulte n’est plus là, voilà l’ambition fondatrice de toute éducation.

Cette crise sanitaire est un révélateur d’inégalités. Comment lutter contre l’injustice en matière éducative ?

Il y a d’abord, évidemment, des mesures à prendre pour lutter contre les injustices sociales et permettre à tous les enfants d’avoir un logement décent, un équipement informatique suffisant, un meilleur accès aux ressources culturelles, etc. Il y a aussi à travailler sur les moyens de donner enfin, vraiment, “plus et mieux à ceux qui ont moins”.

L’argent va encore trop aux riches : un élève de classe préparatoire aux grandes écoles coûte infiniment plus cher qu’un étudiant ordinaire ; et les enfants des réseaux d’éducation prioritaire coûtent moins cher que les enfants des collèges de centre-ville où les professeurs sont plus diplômés et plus expérimentés, où il n’y a pas de vacataires et où les options sont plus nombreuses.

Et puis, il y a la dimension proprement pédagogique : il ne suffit pas de “distribuer” des savoirs pour que les élèves apprennent ; il faut transmettre à chacune et à chacun le désir et le plaisir d’apprendre, il faut permettre à toutes et à tous de découvrir que les savoirs sont des outils formidables d’émancipation et qu’on ne doit pas travailler à l’école “pour faire plaisir à ses parents et à ses enseignants”, mais pour devenir plus libre, heureux et solidaire dans un monde meilleur.

Sophie Chyrek

“Ce que l’école peut encore pour la démocratie”
éd. Autrement, août 2020, 280 p., 19,90 euros.

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Pascal Dibie : «Comment toute une partie de l’humanité accepte-t-elle de passer ses journées assise sur une chaise de bureau ?»

12 Septembre 2020 , Rédigé par Libération Publié dans #Education, #Sociologie

EXTRAITS

Le confinement a montré combien le bureau, par son absence, hante nos existences. Dans une brève histoire de l’objet et du lieu, l’ethnologue montre que la position assise pour travailler est douloureuse et loin d’être universelle. Alors on se lève ?

Alors que la rentrée nous fait renouer, plus ou moins selon la cartographie du Covid-19, avec la vie de bureau, l’ethnologue Pascal Dibie publie une enquête à la fois sémantique, historique et politique, sur ce qui occupe une bonne partie de notre existence. Dans Ethnologie du bureau, brève histoire d’une humanité assise» (Métailié), il se demande comment d’Homo sapiens nous sommes devenus des Homo sedens. Comment a-t-on convaincu une si grande partie de la population occidentale à rester enchaîné à une table ? Aucun aspect n’échappe à l’ethnologue, que ce soit le lieu de l’écriture, le meuble, la pièce, le bâtiment, l’administration, le système bureaucratique, l’histoire, l’architecture… A l’heure où le télétravail s’est imposé à certains pour des raisons sanitaires, cet examen passionnant ferait-il office de nécrologie ?

(...)

Pour nous enchaîner au bureau, il faut d’abord s’asseoir. Vous parlez d’une humanité assise.

En effet le bureau nécessite de nous plier en quatre. Ce n’est pas une position évidente. Dans beaucoup de régions du monde, pour recevoir la connaissance ou écrire, on ne s’assoit pas. Dans le monde africain, indien et asiatique, on se met en tailleur ou on s’agenouille sur les talons. S’asseoir sur une chaise ou un fauteuil n’est pas une position universelle, mais en Europe c’est une position de roi. Du trône vient toute la puissance du fauteuil, ceux qui décident sont souvent assis.

On a aussi travaillé debout…

Dans les monastères, les moines copiaient souvent debout, seuls les plus expérimentés d’entre eux, chargés d’exécuter des enluminures très délicates, pouvaient s’asseoir. Mais il semble que cette station debout fasse un retour, on propose maintenant des bureaux dont on règle la hauteur, on peut travailler et télétravailler debout.

On fait l’apprentissage de la position assise très jeune, dès l’école…

C’est aussi contraignant qu’un dressage. Jusqu’au milieu du XXe siècle, les bancs étaient fixés aux pupitres qui eux-mêmes étaient fixés au sol. Il fallait restreindre la liberté de mouvement de l’enfant, c’était l’outil de la discipline. De 6 ans à la fin du lycée, l’élève devait se taire, ne pas bouger. Comment peut-on accepter de telles contraintes ? C’est heureusement moins vrai aujourd’hui. Ces pupitres étaient les premiers facteurs de scolioses en France.

(...)

Quand les femmes font-elles leur entrée dans les bureaux ?

Cela commence dans les années 30 avec l’augmentation de la proportion d’employés de bureau dans la population active. Dans certains endroits aux Etats-Unis, les premières femmes travaillaient dans des sortes de cages, comme s’il fallait à tout prix les protéger des assauts masculins. Il faut attendre les années 60 pour que leur présence devienne plus courante. Les femmes secrétaires ont rarement du pouvoir et sont le sujet de multiples réactions machistes et de fantasmes. Le bureau garde un genre plutôt masculin, voire viril. Au début de l’informatique, par exemple, les effectifs étaient très féminins, puis ils se sont très vite masculinisés quand on a réalisé l’importance cruciale de ce secteur dans l’organisation de l’entreprise. Ce machisme continue d’imprégner le milieu professionnel.

(...)

Selon vous, même si le télétravail remet fortement en question le bureau, le travail nous envahit de plus en plus…

La dématérialisation du bureau permet un envahissement total de la vie personnelle par le domaine professionnel, on déconnecte de moins en moins… Le bureau a fini par déborder sur tout notre emploi du temps. Même nos villes se sont «dés-heurées». Nous finissons par avoir le bureau dans la tête et dans la peau.

Propos recueillis par Catherine Calvet

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Ecolos peine-à-jouir : et si on changeait de refrain ?

12 Septembre 2020 , Rédigé par Libération Publié dans #Education

Ecolos peine-à-jouir : et si on changeait de refrain ?

Vous l’entendez cette petite musique qui monte avec ce refrain lancinant sur les écolos qui seraient des peine-à-jouir ? Sur le fait qu’ils scieraient la branche (de sapin) sur laquelle les élections municipales les ont perchés ? Depuis quelques jours, c’est un déchaînement : la moindre petite phrase, la moindre décision est décortiquée et montée en épingle et, de gentil traîne-savates chevelu d’autrefois, l’écolo est en train de se transformer, dans l’imaginaire collectif, en affreux père Fouettard cherchant à supprimer tout ce qui serait susceptible d’apporter le moindre plaisir.

Cette musique a commencé à monter avec les propos du maire EE-LV de Lyon, Grégory Doucet, sur le Tour de France qui serait trop polluant et machiste. Objectivement, il n’a pas tout à fait tort : Libération, qui adore le Tour de France et le suit avec passion depuis des lustres (avec encore deux envoyés spéciaux cette année), a largement documenté les problèmes que posaient l’empreinte carbone de la caravane et l’usage sexiste des hôtesses invitées à récompenser, à l’arrivée de chaque étape, le repos des guerriers-cyclistes. Vendredi matin, horreur, c’est le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, qui a eu l’outrecuidance de gâcher la sacro-sainte fête de Noël en décidant de supprimer le sapin de la place Pey-Berland, qu’il qualifie d'«arbre mort». Entre nous, vous n’avez jamais eu le cœur serré en découvrant tous ces sapins abandonnés sur le trottoir une fois la fête passée ? Certes Hurmic y est peut-être allé un peu trop frontalement, choquant bon nombre de gens très attachés à cette fête religieuse et familiale. Certes, les écolos tendent parfois un peu vite les branches pour se faire battre. Mais le débat est intéressant et il mérite d’être ouvert.

On ne peut pas aspirer à longueur de tribunes et de déclarations publiques à un autre monde, plus propre, plus respectueux de la nature, plus éthique, plus juste, plus égalitaire et pousser des cris d’orfraie à chaque tentative de changer nos habitudes ! Entendre Marlène Schiappa dire sur France Info que «l’écolo n’aime pas la joie des autres» (elle ne doit pas en connaître beaucoup) ou Isabelle Saporta accuser sur RMC les élus écolos d’avoir «une idée à la con par jour» (Isabelle Saporta ! Que vous arrive-t-il ?), ou François Hollande prendre la défense outrée du Tour de France est assez irréel et pathétique… Sauf si on garde en tête que la campagne présidentielle a déjà commencé et que tous les moyens sont bons pour caricaturer à loisir des élus verts qui n’ont pas eu le temps d’adopter tous les codes et ne pratiquent pas encore la langue de bois.

Alexandra Schwartzbrod

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Covid à l'école...

12 Septembre 2020 , Rédigé par Twitter Publié dans #Education

Covid à l'école...
 
 
"Dans la majorité des grandes villes les tests ne sont plus disponibles ou avec des délais tels qu'ils ne sont plus utiles. La majorité des parents (et je les comprends) n'ont pas envie de faire tester leurs enfants. Donc si enfant malade, 7 jours à la maison et basta.
 
Plus de cas officiellement repérés (puisque plus de tests). Donc plus de fermeture de classe (puisque pas de cas repérés). On se retrouve dans la situation classique de l'épidémie de grippe où les classes peuvent se vider tranquillement, sans qu'on sache si c'est le covid ou non.
 
C'est soulageant pour les parents qui ont peur de gérer des fermetures de classe répétées. C'est soulageant pour les employeurs qui n'ont pas non plus à gérer ces absences parentales.
 
Mais concrètement, ça veut dire quoi? Qu'on a abandonné toute volonté de limiter la circulation du virus dans ces lieux communautaires pourtant pointé par les études scientifiques comme particulièrement propices à la contamination (mal aéré, promiscuité, etc.)
 
Au lieu de prendre acte que la stratégie prévue (test, isolation des cas) étaient dépassée dans un contexte de circulation active et d'inventer de nouveaux modes de management de l'épidémie, par exemple avec les tests groupés sur échantillon d'individus
 
Au lieu de tenir les promesses de juillet, en réintroduisant une part de distanciel pour permettre d'accueillir de plus faibles effectifs quitte à mobiliser l'accueil périscolaire pour assurer parallèlement l'accueil des enfants de soignants/de travailleurs ne pouvant s'absenter
 
Au lieu même d'assumer explicitement une politique, pourtant formellement déconseillée par l'OMS, d'immunité collective chez les plus jeunes, on a juste décidé de capituler, de laisser le système collapser gentiment.
 
Dès cette semaine, la saturation des tests implique qu'on ne sait plus si l'enfant est scolarisé dans un cluster ou pas. On n'a plus aucun indicateur pour apprécier l'ampleur locale de l'épidémie. On verra les classes se vider, sans savoir si l'enfant est ou non cas contact.
 
Sans savoir s'il est pertinent de prendre des mesures supplémentaires à l'intérieur de la famille, dans le cas où l'une des personnes de l'entourage est à risque.
 
Finalement, on se retrouve aussi démunis à l'échelle individuelle qu'au mois de mars (les masques en plus! heureusement!), avec des tests qui se réorientent de plus en plus vers les cas graves, et une absence totale de lisibilité permettant à chacun de prendre ses décisions
 
Je plains les enseignants qui vont devoir travailler dans ces conditions tellement anxiogènes. Je plains les directeur-ice-s d'établissement qui vont devoir gérer tout ça, avec en plus le stress des parents.
 
Je plains les parents qui se retrouvent soumis à une stratégie nationale de contamination non assumée, où les promesses de sécurité n'ont pas été tenues, sous pression de leurs employeurs...
 
... et terrorisés par la perspective d'un nouveau confinement qu'on ne peut que craindre d'ici quelques semaines vu l'absence de mesures pour endiguer l'exponentielle."
 
Tweets publiés avec l'accord de:
 
Béatrice Kammerer
@MmeDejantee
Journaliste pigiste (@sh_mag, Revue L'école des parents, @lenfantetlavie @Slatefr), autrice (Belin, Larousse)
Fondatrice de @vintellos
 
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Revue de Presse Education... En vrac — En ressource...

12 Septembre 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... En vrac — En ressource...

Une revue un peu en vrac comme l’actualité en attente des déclarations gouvernementales.

En vrac

Proviseurs et principaux de collège « sur le qui-vive » face au coronavirus
Les chefs d’établissement s’inquiètent de la gestion de la crise sanitaire. Les situations locales sont très disparates. Certains redoutent de « se retrouver seuls à devoir prendre des décisions ».”

Université et Covid-19 : une rentrée sous le signe de la défausse
TRIBUNE. “De nombreux clusters vont apparaître dans les amphis, alerte le politologue Arnaud Mercier, qui dénonce les injonctions paradoxales des autorités.” Par Arnaud Mercier

La gestion sanitaire du ministère attaquée
Alors que beaucoup d’enseignants sont inquiets pour leur santé compte tenu de leurs conditions de travail et des insuffisances du protocole, la publication d’une lettre de l’Agence régionale de santé estimant les masques fournis par le ministère insuffisamment protecteurs suscite une mobilisation syndicale. Elle est particulièrement embarrassante pour le ministre alors que l’épidémie progresse rapidement et qu’un Conseil de défense se tient le 11 septembre.”

L’éducation aux temps du coronavirus
Quelle lecture peut-on avoir de ce qui s’est passé durant le confinement ? Est-ce un accident ou le résultat d’une politique ? Un moment exceptionnel ou l’accélérateur de politiques déjà bien introduites ? Stéphane Bonnery (Paris 8 Escol) et Etienne Douat (Gresco, Poitiers) livrent aujourd’hui un ouvrage (L’éducation aux temps du coronavirus, La dispute) qui est la première lecture sociologique de ce qu’a vécu l’école depuis mars 2020. Il rend justice aux enseignants qui ont tenu le fil scolaire avec les familles durant ces longs mois. Et il explique comment un virus a interagi avec des choix de société pour produire une montée des inégalités avec laquelle l’Ecole doit maintenant se débattre.”

POINT DE VUE. Éducation à la citoyenneté terrestre
"La crise climatique nécessite une réponse grand angle : une éducation à la citoyenneté terrestre. Un collectif européen d’acteurs de l’éducation, représenté par Zoé Deyber (lycéenne française, au lycée Franco-Allemand – Fribourg-en-Brisgau) et Yves Scheuring (lycéen allemand, au lycée Franco-Allemand - Fribourg-en-Brisgau), signe cet appel."

Communiqué de l’APSES suite aux révélations de France 2

En ressources

A Sciences Po L’enseignement scolaire de l’histoire
LE SANITAIRE DANS L’ENSEIGNEMENT DE L’HISTOIRE
Cette année et compte tenu des circonstances, deux décisions ont été prises. La première relève de la thématique. L’idée de l’enseignement de l’histoire des fragilités démocratiques nous est apparue nécessaire. La seconde fut de reporter les trois interventions prévues en 2019-2020 sur la Pologne, les professeurs d’histoire français face aux attentats de 2015-2016 et l’Allemagne de l’après-Seconde-Guerre-mondiale
.”

Bernard Desclaux

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Et, couturière de mes souvenirs, il y avait l'école... (A Khadija, ma seconde mère... Voilée)

11 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Et, couturière de mes souvenirs, il y avait l'école... (A Khadija, ma seconde mère... Voilée)

Quand je pense à mon enfance, ce qui revient très vite et toujours, ce sont des moments accompagnés de visages, de bruits, de paysages, de parfums, de saveurs...

Je suis ému et sidéré à la fois. Etrange contradiction n'est-ce pas? L'émotion n'est-elle pas mouvements intérieurs et bouillonnements divers?... Pourtant elle m'arrête. Me paralyse, m'immobilise agréablement dans la surprise du souvenir...

Un mouvement m'arrête.

De mes sept ans me reviennent les nuages de poussière nés devant moi à grands coups de pied, en allant ou en revenant de l'école. Le Maroc de ma jeunesse avait ceci d'extraordinaire, entre autres merveilles, qu'il aimait se couvrir, à intervalles réguliers, de fines couches de sable saharien apporté par les vents du sud. Ma mère avait beau me dire "Mais tiens-toi tranquille! Tu vas te salir!", je continuais, têtu, à créer ces images empoussiérées dont j'étais seul à déchiffrer le sens...

De mes dix ans me reste le sourire doux et tendre de Khadija, ma "bonne". Les guillemets s'imposent ici. Elle était ma soeur, mon amie, ma seconde mère... Elle était mon équilibre... Elle était celle que j'apercevais devant la maison, en bas de la rue Abbou Chouaib Doukkali d'El Jadida, m'attendant assise sur la première marche de l'escalier. Quelle angoisse lorsqu'elle n'y était pas!... Quel bonheur d'enfant lorsque je la retrouvais, après l'école, dans la fraîcheur de la maison, essoufflé d'avoir couru. Alors, je pouvais m’enivrer du parfum de sa peau, laisser librement s'émerveiller mon imagination en contemplant les entrelacs étranges dessinés au henné sur ses mains, ses pieds toujours nus et parfois son visage, l'écouter me parler de sa vie, de sa fille recueillie orpheline après le tremblement de terre d'Agadir en 1961, me raconter ces légendes anciennes où des djinns bons ou mauvais s'amusaient à me faire rire, à me faire peur et qui disparaissaient mystérieusement dans les plis de son sarouel , toute heureuse d'avoir partagé, à l'ombre des persiennes mi-closes d'une cuisine envahie par des milliards de grains de poussière faisant l'amour à la lumière dispersée, un moment avec moi, "le fils qu'elle n'a jamais eu", m'a-t-elle dit un jour, beaucoup, beaucoup plus tard...

De mes douze ans, je revois souvent les treilles en tonnelles des bougainvilliers en fleurs qui explosaient de couleurs dans la cour du collège. Sous le soleil de plomb dont j'avais depuis ma naissance apprivoisé les violences, je fermais les yeux, ébloui par les fleurs bien plus que par les rayons caressant les murs blancs de mes salles de classe...

De mes quinze ans, je retiens les saveurs et les parfums des épices de toutes sortes étalés devant moi dans les souks et les marchés de Casablanca. Avec elle ou avec une autre, mes petites amoureuses, en rentrant du lycée et avant d'aller plonger en riant dans les rouleaux de l'Atlantique, les tenant par la main, je m'enivrais, encore, au milieu des cris des marchands et des passants.

Et, couturière de mes souvenirs, il y avait l'école... Toujours!...

Elle nous rassemblait dans les plis de son "vêtement": marocains, français, espagnols, portugais... Musulmans, chrétiens, juifs, orthodoxes, athées... Elle était le phare incontournable et nécessaire. Nous la vivions au quotidien... Avec elle, les symboles faisaient sens. Non pas comme des "valeurs" immobiles, enfermées dans et par un discours, dans et par des programmes. Encore moins comme des mythes qui ne servent qu'à figer l'Histoire en statue de sel ! Non...

Liberté, Egalité, Fraternité et Laïcité étaient vécues, vivantes! Nos maîtres et nous tous leur donnions VIE! C'est cette vie qu'il faut rendre à nos symboles, par des projets, par des actions communes, par des voyages, par des rencontres avec le monde... Par un "baiser", réveillant la princesse républicaine endormie...

Quant au drapeau, nous n'en avions qu'un...

Celui du ciel toujours bleu... Du moins l'est-il dans mes souvenirs...

Aussi "bleu" que le sourire de Khadija...

Christophe Chartreux

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Victor Jara...

11 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coups de coeur... Arthur Rimbaud et Paul Verlaine... Et surtout pas au Panthéon!

11 Septembre 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Mes petites amoureuses

Un hydrolat lacrymal lave
Les cieux vert-chou
Sous l'arbre tendronnier qui bave,
Vos caoutchoucs

Blancs de lunes particulières
Aux pialats ronds,
Entrechoquez vos genouillères,
Mes laiderons !

Nous nous aimions à cette époque,
Bleu laideron !
On mangeait des oeufs à la coque
Et du mouron !

Un soir, tu me sacras poète,
Blond laideron :
Descends ici, que je te fouette
En mon giron ;

J'ai dégueulé ta bandoline,
Noir laideron ;
Tu couperais ma mandoline
Au fil du front.

Pouah ! mes salives desséchées,
Roux laideron,
Infectent encor les tranchées
De ton sein rond !

Ô mes petites amoureuses,
Que je vous hais !
Plaquez de fouffes douloureuses
Vos tétons laids !

Piétinez mes vieilles terrines
De sentiment ;
- Hop donc ! soyez-moi ballerines
Pour un moment !...

Vos omoplates se déboîtent,
Ô mes amours !
Une étoile à vos reins qui boitent
Tournez vos tours !

Et c'est pourtant pour ces éclanches
Que j'ai rimé !
Je voudrais vous casser les hanches
D'avoir aimé !

Fade amas d'étoiles ratées,
Comblez les coins !
- Vous crèverez en Dieu, bâtées
D'ignobles soins !

Sous les lunes particulières
Aux pialats ronds,
Entrechoquez vos genouillères,
Mes laiderons !

Arthur Rimbaud

                     _______________________________

Es-tu brune ou blonde?

Es-tu brune ou blonde ?
Sont-ils noirs ou bleus,
Tes yeux ?
Je n'en sais rien mais j'aime leur clarté profonde,
Mais j'adore le désordre de tes cheveux.

Es-tu douce ou dure ?
Est-il sensible ou moqueur,
Ton coeur ?
Je n'en sais rien mais je rends grâce à la nature
D'avoir fait de ton coeur mon maître et mon vainqueur.

Fidèle, infidèle ?
Qu'est-ce que ça fait,
Au fait
Puisque toujours dispose à couronner mon zèle
Ta beauté sert de gage à mon plus cher souhait.

Paul Verlaine

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A lire... L'éducation aux temps du coronavirus - Stéphane Bonnery et Etienne Douat (dir)

11 Septembre 2020 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

 

 

 

 

 

 

 

 

EXTRAIT

Quelle lecture peut-on avoir de ce qui s'est passé durant le confinement ? Est-ce un accident ou le résultat d'une politique ? Un moment exceptionnel ou l'accélérateur de politiques déjà bien introduites ? Stéphane Bonnery (Paris 8 Escol) et Etienne Douat (Gresco, Poitiers) livrent aujourd'hui un ouvrage (L'éducation aux temps du coronavirus, La dispute) qui est la première lecture sociologique de ce qu'a vécu l'école depuis mars 2020. Il rend justice aux enseignants qui ont tenu le fil scolaire avec les familles durant ces longs mois. Et il explique comment un virus a interagi avec des choix de société pour produire une montée des inégalités avec laquelle l'Ecole doit maintenant se débattre.

Une lecture sociale d'un événement sanitaire

" L’ambition initiale d’un projet élaboré en quelques jours, portée par une sorte de « réflexe » de chercheur, a été de substituer à la sidération liée à l’irruption de la pandémie du coronavirus au mois de mars, la volonté d’essayer de comprendre la situation et d’examiner ce que cette séquence – telle qu’elle a été façonnée par un ensemble de choix politico-économiques et un certain type d’organisation sociale - a « fait » aux processus d’apprentissage, aux familles, aux élèves, au monde étudiant, aux enseignant.e.s, aux conseillers principaux d’éducation (CPE) mais aussi au personnel administratif". Stéphane Bonnery et Etienne Douat expliquent l'angle particulier que prend leur ouvrage.

" Ce n’est pas en soi le virus qui a créé du « décrochage » et plongé des élèves, des étudiant.es et leur famille dans la difficulté, le malentendu ou le désarroi pour poursuivre leurs apprentissages", écrivent S Bonnery et E Douat. "Ce qui contribué à construire et façonner « leurs » problèmes ou les a « coincés », en hypothéquant l’avenir scolaire ou universitaire d’une partie d’entre eux, est pour une large part le produit des conditions dégradées, désormais structurelles, du système d’enseignement public en France... Et l’accentuation des difficultés voire le « blocage » d’une partie des élèves et de la population étudiante à l’heure de la pandémie a été finalement aussi, et plus généralement, le résultat d’une politique de non-mixité sociale, de « renoncement » plus ou moins implicite selon les périodes à la démocratisation scolaire, d’externalisation hors de l’école des enjeux d’apprentissage et de remédiation. Et ces logiques à l’oeuvre depuis des décennies ne relèvent pas seulement d’une forme d’abandon, mais aussi de l’organisation rationnelle de l’élimination sociale, par la mise en place volontaire de conditions d’études inégales selon les classes sociales qui fréquentent les établissements ou qui y sont recrutées".

(...)

F Jarraud

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