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Vivement l'Ecole!

Bruce Springsteen...

13 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #musique

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Coup de coeur... Hugo Lindenberg...

13 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

L’enfant est à contre- jour. On distingue à peine son visage encadré par une chevelure lisse de vrai garçon. D’abord, il n’est que la cordelette de son slip de bain rouge ou bleu, qui s’approche, jambes graciles, pour observer le spectacle immobile dont je jouissais pour moi seul. Puis- je continuer sans crainte l’auscultation de la méduse à l’aide du bâton ? Plusieurs vagues passent, inondant la petite île de chair translucide avant que j’ose tâter de nouveau. Je presse légèrement la peau épaisse, mais ce n’est déjà plus l’essentiel. L’unique chose qui compte est désormais cette présence entre le soleil et moi. Un garçon de mon âge. Je me cramponne au bâton, orteils griffés dans le sable mouillé à la recherche d’un appui, tandis que la vague qui ruisselle sur la vague qui se retire me donne le vertige. « Tu la retournes ? » Nulle trace de défi dans la voix qui m’invite à poursuivre mes investigations. Une familiarité même, que je n’attendais pas. Mais je sais qu’il suffit d’une maladresse de ma part, un geste trop craintif par exemple, pour que cesse ce moment de grâce où rien n’existe entre nous sinon un peu de curiosité et cette masse compacte et urticante qui ressemble à un extraterrestre. Chaque seconde nous rapproche du moment où il faudra dévoiler plus de soi qu’on ne voudrait. Alors sans un mot, profitant de la poussée du ressac, j’exécute la manœuvre : voilà l’animal sens dessus dessous, ses longs filaments offerts à la morsure du soleil et à notre innocente cruauté. Je m’accroupis pour discerner dans les méandres gluants ce qui pourrait être une larme, un œil, un visage. L’enfant aussi s’approche, frôlant mon épaule de ses cheveux mouillés dont une goutte froide se détache et coule lentement le long de mon bras. Trajet affolant de ce don de sel sur ma peau. « On dirait un sac plastique ». Je lève le visage vers celui du garçon qui sourit, qui semble souriant autant que je puisse en juger tant je suis ébloui. Par le fi let de mes yeux plissés, j’aperçois deux grands yeux verts et entre ses lèvres entrouvertes l’espace vide laissé par la chute d’une dent. J’imagine, dans un flash, le cadeau ou la pièce glissés sous l’oreiller épais, le baiser d’une mère, des volets qu’on ouvre sur le chahut d’une famille en vacances. « On la remet à l’eau ? » Les mots sortent plus doux que je ne l’aurais voulu, je trouve ma voix sotte, comme si elle trahissait une vérité qui me paraît soudain tragique et ridicule : je n’ai parlé à personne d’autre qu’à ma grand- mère depuis mon arrivée, autant dire depuis toujours. « À l’eau ? », le corps se déplie en guise de désapprobation. « Et si on la tuait ? »

Hugo Lindenberg - Un jour ce sera vide

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Covid-19. Des parents de Seine-Maritime demandent de reporter la rentrée scolaire...

13 Août 2020 , Rédigé par Actu.fr Publié dans #Education

Covid-19. Des parents de Seine-Maritime demandent de reporter la rentrée scolaire...

Les enseignants du premier degré et les parents d'élèves en Seine-Maritime s'inquiètent des conditions de rentrée, le 1er septembre 2020. Ils souhaiteraient qu'elle soit différée.

C’est la seconde rentrée des classes de cette année 2020 si particulière, et le climat n’est pas plus serein qu’en période de déconfinement, tant s’en faut. À l’approche de la date officielle, mardi 1er septembre, la confusion règne aussi bien chez les parents d’élèves que chez les enseignants. L’« impréparation » générale, pour reprendre le terme de la FCPE 76 (Fédération des conseils de parents d’élèves), justifie, selon sa présidente Élisabeth Lechevallier, un report pur et simple de la rentrée 2020-2021. « De deux, trois jours, ou une semaine, pour trouver des solutions concrètes », précise la responsable. 

Un protocole sanitaire allégé qui pose question

« Il y a une inquiétude grandissante chez les parents qui, pour certains, ne savent pas quand va s’organiser cette rentrée. » C’est le cas, par exemple, d’Audrey Vermote, habitant la rive gauche de Rouen. Le 11 août 2020, elle n’avait toujours aucune information de la part de l’école maternelle Marcel-Cartier, que sa fille de deux ans et demi doit intégrer. « La directrice de l’établissement, qui nous a appelés mi-mai pour valider l’inscription, a indiqué qu’il y aurait des messages d’installés devant l’école. Le 10 août, il n’y en avait toujours aucun… » Audrey est d’autant plus anxieuse qu’elle doit accoucher de son deuxième enfant à la fin du mois, et ne sait pas si elle sera hospitalisée ou non le jour où sa fille devra retourner à l’école.

Cependant, selon Florence Hérouin-Léautey, adjointe en charge des écoles et de la petite enfance à la mairie de Rouen, la situation n’est pas surprenante. L’affichage des conditions de rentrée dépend des directions des écoles qui attendent, pour certaines, de « connaître les derniers effectifs ». « Cela peut survenir le vendredi 28 août… », indique l’élue. 

Élisabeth Lechevallier de la FCPE 76 regrette, d’une part, que les conditions de la rentrée aient été fixées exclusivement par « le ministre de l’Éducation nationale et son équipe », sans consultation des principaux concernés, parents et professeurs. D’autre part, elle pointe du doigt un protocole sanitaire contre la propagation de la Covid-19 allégé, qui n’inclut plus autant de précautions qu’en juin dernier.

« Le nettoyage des locaux n’y apparaît pas… », entre autres. Les lettres envoyées au rectorat de Rouen, pour demander à ce que cette rentrée soit différée, sont restées sans réponse.

Le port du masque facultatif en dessous de 11 ans

Mêmes exigences du côté du SNUipp-FSU 76 (le syndicat des enseignants du premier degré). Sa co-secrétaire, Isabelle Rioual, dénonce elle aussi ce qu’elle considère comme des défaillances dans le protocole sanitaire. L’assouplissement des règles, d’après elle, ne concorde pas avec l’évolution de l’épidémie :

"Il est indiqué qu’il doit y avoir un maintien de la distanciation sociale, sauf si ce n’est pas possible… Aussi, il n’y a pas d’obligation du port du masque [seuls les élèves de plus de 11 ans doivent porter le masque de protection, dans les espaces clos et extérieurs ou en classe quand la distanciation sociale ne peut être garantie, NDLR]. Chaque école a des locaux différents, et il est indispensable de faire le point pour savoir où en est l’épidémie de Covid au moment de la reprise."

Elle estime, qu’au vu des effectifs d’élèves et d’enseignants qu’elle compte, l’Éducation nationale n’est pas en mesure d’assurer la sécurité de tous. Tout comme la FCPE 76, Isabelle Rioual aurait souhaité que la rentrée se fasse petit à petit, sur plusieurs jours ou une semaine, et surtout que les classes soient « dédoublées ».

Des réunions d’information par la mairie 

« Les classes à 30 élèves, ce n’est pas possible… Il aurait fallu plus de moyens humains. » La syndicaliste ajoute que le recrutement d’enseignants risque d’être inévitable, « car on ne sait pas combien de temps va durer l’épidémie ». 

De son côté, la Ville de Rouen va mettre en place, les semaines des 17 et 24 août, des réunions « à l’attention des parents, des enseignants, des directeurs, pour apporter des réponses ». Florence Hérouin-Léautey ajoute : « Une première réunion permettra de regrouper les questionnements, quand la seconde, certainement le 27 août, consolidera les choses. »

Ces rendez-vous se tiendront en présence du maire, Nicolas Mayer-Rossignol, de l’adjointe elle-même et d’inspecteurs de l’Éducation nationale. En conclusion, l’élue rappelle le « retour d’expérience positif » des accueils de loisirs de la ville, ouverts tout l’été. « Il n’y a eu que deux cas positifs en juillet, et plus d’autres depuis. » 

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Gabriel Fauré... Sicilienne...

12 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Francis Scott Fitzgerald... "Je me tuerais pour vous"

12 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Dans une cuvette des montagnes de Caroline s’étendait le lac, un reflet rose de soir d’été à la surface. Une presqu’île s’avançait, et là, un hôtel en stuc d’inspiration italienne changeait sans cesse de couleur au fur et à mesure que le soleil se couchait. Dans la salle à manger, quatre personnes du monde du cinéma étaient attablées.

« Puisqu’ils sont capables de reproduire Venise ou le Sahara, disait la jeune femme, alors je ne vois pas pourquoi ils ne pourraient pas copier Chimney Rock sans nous envoyer tous dans ce coin perdu de l’Est.

– On va pas mal réinventer le décor, expliqua Roger Clark, le cameraman. On pourrait faire les chutes du Niagara et Yellowstone, si c’était seulement une question de décor. Mais là, le héros de cette histoire, c’est le Rocher.

– On peut même parfois surpasser la réalité, déclara Wilkie Proust, l’assistant réalisateur. Je n’ai jamais été aussi déçu que quand j’ai vu le vrai Versailles en comparant le château à celui qu’avait bâti Conger en 29.

– Mais la règle d’or, pour nous, c’est la vérité, reprit Roger Clark. C’est là où les autres metteurs en scène ratent leur coup. »

La jeune femme, Atlanta Downs, n’écoutait pas. Ses yeux – des yeux où brillait une étrange poussière d’étoile qui se retrouvait sur la pellicule – avaient quitté la table pour se poser sur un homme qui venait d’entrer. Au bout d’une minute, le regard de Roger suivit le sien. Il parut pour le moins surpris.

« Qui est cet énergumène ? demanda-t-il. Je sais que je l’ai déjà vu quelque part. Il a fait la une des journaux à un moment ou à un autre.

– Il ne m’a pas l’air si sensationnel que ça, commenta Atlanta.

– C’est quelqu’un, je te dis. Bon sang, je sais tout de lui sauf que je ne me rappelle pas son nom. Quelqu’un qu’on avait du mal à prendre en photo. Le genre à casser des appareils et tout le bataclan. Pas un scénariste, pas un acteur...

– Imagine-toi un peu un acteur qui casserait le matériel, ironisa Proust.

– Pas un joueur de tennis, pas un mannequin – attendez une seconde, on se rapproche.

– Ce type est en fuite, suggéra Atlanta. C’est ça. Regardez un peu comment il se cache les yeux derrière la main. C’est un criminel. Qui recherche-t-on en ce moment ? Quelqu’un ? »

Schwartz, le technicien, essayait d’aider Roger à se rappeler. Soudain, il s’exclama sans hausser la voix :

« C’est Delannux, tu te souviens ?

– Exact, dit Roger. C’est lui. Le suicide Carley.

– Mais qu’a-t-il fait ? demanda Atlanta. Il s’est suicidé ?

– Absolument. C’est son fantôme que tu vois là.

– Je veux dire, est-ce qu’il a essayé ? »


Les convives s’étaient légèrement penchés les uns vers les autres, bien que l’homme en question fût trop loin pour les entendre. Roger expliqua toute l’affaire.

« Tout l’inverse. C’étaient ses petites amies qui se suicidaient pour lui. Ou qui étaient censées l’avoir fait.

– Pour ce type-là ? Mais il est presque moche.

– C’est probablement des foutaises. Mais une fille est morte dans un accident d’avion, elle a laissé une lettre, et une autre...

– Deux ou trois en fait, l’interrompit Schwartz. C’était une histoire extraordinaire. »

Atlanta réfléchit.

« Je peux à peine imaginer que je tuerais un homme par amour, mais certainement pas de me tuer pour qui que ce soit. »

Après dîner, elle se promena avec Roger Clark dans la galerie marchande au bord du lac, passant devant les petites boutiques qui présentent en vitrine des tapisseries et des objets sculptés par les gens du cru, ainsi que les pierres semi-précieuses des Smokies, jusqu’à parvenir devant la poste tout au bout, et rester là à admirer le lac, les montagnes et le ciel. La scène était magnifique : la masse des bouleaux, pins, épicéas et autres sapins baumiers réfléchissait une lumière sans cesse changeante. Le lac était une femme, les sens en éveil, vibrante d’une belle rougeur en réaction à la masculine splendeur du pic du Blue Ridge. Roger chercha du regard Chimney Rock, à moins d’un kilomètre de distance.

« Demain matin, je vais essayer de prendre une série de photos depuis l’avion. Je vais tourner autour de ce rocher jusqu’à lui donner la nausée. Alors enfile ta robe de pionnière et grimpe là-haut – je pourrais bien par hasard en réussir quelques-unes. »

C’était presque un ordre, parce que Roger dirigeait cette expédition. Proust n’avait de chef que le nom. Roger avait appris le métier à dix-huit ans quand il était photographe aérien en France. Depuis quatre ans, il était le preneur de vues le plus recherché de Hollywood.

Atlanta l’aimait plus que tous les autres hommes de sa connaissance. Et un instant plus tard, quand il lui demanda autre chose de sa voix grave, quelque chose qu’il lui avait déjà demandé auparavant, elle lui répondit par ces simples mots :

« Mais tu ne m’aimes pas assez pour m’épouser.

– Je me fais vieux, Atlanta, rétorqua-t-il.

– Tu n’as que trente-six ans.

– C’est déjà pas mal. On ne pourrait pas y faire quelque chose ?

– Je ne sais pas. J’ai toujours pensé... » Elle lui fit face en pleine lumière. « Tu ne peux pas comprendre, Roger, mais j’ai travaillé tellement dur. Alors que j’avais toujours pensé que je voulais prendre du bon temps d’abord. »

Au bout d’un moment, sans sourire, il répondit :

« C’est la première et unique fois que je t’ai entendue débiter une aussi mauvaise tirade.

– Je suis désolée, Roger. »

Mais déjà, il avait repris son expression joviale habituelle.

« Voici Mr Delannux qui s’approche, l’air fatigué de lui-même. Rejoignons-le et voyons s’il serait prêt à folâtrer avec toi. »

Atlanta recula d’un pas.

« Je n’aime pas les bourreaux des cœurs professionnels. »

Mais comme s’il voulait se venger de sa dernière remarque, Roger interpella celui qui s’approchait pour lui demander du feu. Quelques minutes plus tard, tous trois marchaient le long de la plage pour regagner l’hôtel.

« Je n’arrivais pas à situer votre groupe tout à l’heure, dit Delannux. Vous n’aviez pas exactement l’air de touristes en vacances.

– Nous, on a cru que vous étiez peut-être Dillinger, répondit Atlanta, ou un autre gangster célèbre du moment.

– De fait, je me cache. Vous avez déjà essayé ? C’est affreux. Je commence à comprendre pourquoi les gens finissent par sortir de leur trou pour se rendre.

– Vous avez fait quelque chose de répréhensible ?


– Je ne sais pas et je préfère ne pas le savoir. Je me planque pour éviter un procès, et tant qu’ils ne peuvent pas me remettre ma convocation en main propre, je ne crains rien. Pendant un certain temps, je me suis caché dans un hôpital, mais je me suis rétabli trop vite pour y rester. Maintenant, dites-moi un peu pourquoi vous voulez photographier ce rocher ?

– Rien de plus simple, répondit Roger. Dans le film, Atlanta joue le rôle d’une maman aigle qui ne sait pas où faire son nid...

– Tais-toi, idiot ! » Et à l’adresse de Delannux, elle ajouta : « C’est un film sur les pionniers, sur les guerres contre les Indiens. L’héroïne doit envoyer des signaux depuis ce rocher et ce genre de choses.

– Vous allez rester combien de temps ?

– Cette question me fait penser qu’il faut que je rentre, dit Roger. Je dois réparer un appareil photo cassé. Tu restes, Atlanta ?

– Tu crois vraiment que j’irais me coucher par une nuit pareille à moins d’y être forcée ?

– Rappelle-toi que Proust et toi devez être au sommet de ce rocher à 8 heures, et je ne vous conseille pas de monter d’une traite. »

Elle s’assit avec Delannux sur le bord d’un radeau qu’on avait tiré sur la plage tandis que le coucher de soleil éclatait en d’innombrables pièces de puzzle roses qui se dissolvaient dans le noir, à l’ouest.

« Étrange de voir comme les choses vont vite aujourd’hui, dit Delannux. On a à peine fait connaissance, et déjà on se retrouve assis au bord d’un lac... »

Il ne perd pas de temps, se dit-elle.

Mais son ton détaché la désarma, et elle le regarda de plus près. Pas vraiment extraordinaire, mais il avait de grands et beaux yeux. Le nez un peu tordu, ce qui lui donnait un air amusé d’un côté, et sardonique de l’autre. Mince, il avait de longs bras et les mains robustes.

« ... un lac sans histoire, continua-t-il. Il doit bien avoir une légende.

– Justement, il y en a une, répondit-elle. Une jeune Indienne s’y serait noyée par amour. » Au vu de son expression, elle s’interrompit brutalement : « Mais je ne suis pas douée pour raconter les histoires. Vous avez bien dit que vous vous étiez retrouvé à l’hôpital ?

– Oui. À Asheville. La coqueluche.


– Ça alors !

– Oh, il m’arrive sans arrêt les choses les plus absurdes. »

Il changea de sujet. « Vous vous appelez vraiment Atlanta ?

– Oui, j’y suis née.

Francis Scott Fitzgerald - Je me tuerais pour vous et autres nouvelles

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"TZR" - Itinérants de l'Education nationale : «J’ai parfois l’impression de n’être qu’un pion»

12 Août 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

"TZR" - Itinérants de l'Education nationale : «J’ai parfois l’impression de n’être qu’un pion»

Près de 30 000 enseignants sont affectés au remplacement de leurs collègues, absents pour des raisons de santé, de formation, ou en congé de maternité. Jusqu'au dernier moment, ils ignorent l'établissement où ils vont enseigner, les niveaux où ils feront classe, et peuvent être nommés loin de leur domicile.

Quand les enseignants en poste fixe mettent à profit l’été pour préparer la rentrée, les «titulaires sur zone de remplacement» (TZR) sont dans l’inconnu. Ces personnels mobiles, au gré des besoins, sont déployés en collège et en lycée pour pallier les absences de plus de deux semaines de leurs collègues. Ils remplacent des profs «en congé maladie, en congé de maternité, en formation, ou qui libèrent leur poste en cours d’année scolaire suite à la prise d’un temps partiel ou à un départ en retraite», indique le ministère de l’Education nationale. Ils étaient 28 500 sur l’année scolaire 2011-2012, selon les chiffres très anciens du ministère. «Nous n’en avons pas de plus récents», précise la rue de Grenelle. 

Sylvain, professeur de mathématiques en Poitou-Charentes, connaît les deux établissements – un collège et un lycée – dans lesquels il va enseigner à la rentrée prochaine. Mais il ignore le niveau des élèves qu’il aura en face de lui. L’information devrait lui être communiquée une fois les établissements ouverts, à la fin du mois d’août. Autant dire, au dernier moment. Céline, professeure d’allemand en Auvergne, ne connaîtra, elle, sa prochaine affectation qu’à partir du 17 août. «J’ai parfois l’impression de n’être qu’un pion aux yeux de l’institution.» La crise sanitaire n’arrange rien à son inquiétude : «L’école recommence dans trois semaines et je ne sais rien, pas même les programmes que je dois préparer. Après ces mois de cours à distance, si j’ai des classes ayant des examens en fin d’année, comme les terminales, et que je ne connais pas les élèves, ça risque d’être compliqué.»

«Tout le temps en train de foncer»

Il y a quelques années Céline s’était retrouvée à enseigner dans un établissement à plus de deux heures de route de chez elle. Malgré son dévouement, «le corps parle» : six torticolis, des douleurs dorsales et des week-ends à rester allongée pour pouvoir être débout face aux élèves le lundi. «On a des échos de collègues qui ne voient pas leurs enfants», révèle Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Syndicat national des enseignements de second degré (Snes-FSU). Béatrice (1), professeure de français – également en Auvergne –, a elle aussi connu ces trajets fatigants. «Je finissais à 15 heures, j’avais quarante-cinq minutes de route et je devais être à 16 heures dans un autre établissement. C’est très stressant d’être tout le temps en train de foncer. Pendant des cours, il m’est arrivé de me projeter sur la route qui m’attendait. La qualité de mon travail a pu en pâtir», reconnaît-elle.

Les TZR sont nombreux à demander des postes fixes, mais peu à les obtenir. Marie (1), professeure de sciences économiques et sociales en Ile-de-France, a par exemple dû attendre cinq ans pour être délivrée de l’«incertitude» inhérente au statut. «C’est la libération d’avoir un poste fixe. J’avais l’impression d’avoir un sous-statut de prof. Les TZR bouchent des trous structurels. On en maintient pour éviter d’ouvrir des postes, tout ça pour garder une certaine flexibilité» estime-t-elle.

«Ça devient de plus en plus flou»

Pour ces itinérants de l’Education nationale, la prise de poste se révèle souvent délicate. Sylvain se souvient d’une intégration parfois difficile : «On ne fait que passer. Certains collègues que je croisais ne savaient même pas qui j’étais. On a toujours un temps de retard quand on arrive.» Cécile (1) a même «vu des chefs d’établissement qui ne connaissaient pas le nom des remplaçants. Ça pouvait être blessant», raconte l’enseignante. «Comme on sait que ça ne va pas durer, on ne s’investit pas de la même manière. A quoi bon monter des projets si c’est pour partir l’année d’après ?» interroge Marie. Ce qui ne va pas sans une dose de culpabilité vis-à-vis des élèves, qui n’y sont évidemment pour rien. Marie: «Il ne faut pas leur faire subir [notre situation]». Pour Béatrice, «on crée quand même un lien avec eux. J’avoue qu’il y a des années où ça a été difficile de partir». Cécile : «L’an dernier je n’ai même pas pu dire au revoir dignement à mes élèves. Je ne savais pas si je serai dans le même établissement l’année d’après».

Le système d’affectation n’est pas simple à comprendre pour un néophyte. Mais il en va de même pour les initiés : «Ça devient de plus en plus flou», se désole Sylvain. Tous l’assurent: les affectations se font dans des conditions pour le moins énigmatiques. «On ne connaît pas les besoins des établissements en termes de remplaçants quand nous formulons nos vœux. Le bouche-à-oreille peut fonctionner, mais ce n’est pas facile [d’avoir des informations]», se remémore Marie. Les traditionnelles réunions, appelées «groupes de travail, ont été arrêtées petit à petit par beaucoup de rectorats. C’est devenu très opaque. Les syndicats ont les infos a posteriori, affirme Sophie Vénétitay, du Snes-FSU. Jusqu’alors, on étudiait les cartes pour ne pas envoyer les enseignants trop loin de chez eux si un collègue n’avait pas de voiture par exemple. Mais maintenant, on a de moins en moins de droits de regard sur la façon dont l’administration affecte les TZR.»

Johan Maviert

(1) Ces prénoms ont été changés

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Protocole sanitaire assoupli à l'école : la FCPE dénonce "une forme d'amateurisme"...

12 Août 2020 , Rédigé par France Bleue Publié dans #Education

Protocole sanitaire assoupli à l'école : la FCPE dénonce "une forme d'amateurisme"...

Plus de distanciation physique obligatoire, ni de masque pour les enseignants en maternelle, fin de limitation du brassage des élèves... Est-ce le retour au monde d'avant dans les écoles ? Le protocole sanitaire largement assoupli, à trois semaines de la rentrée, inquiète la FCPE.

Début juillet, le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, avait promis que la rentrée scolaire "serait proche de la normalité". Dans les faits, cela en prend le chemin. Le protocole sanitaire dévoilé vendredi 7 août a été assoupli. Ce que la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) ne comprend pas, alors que l'épidémie de coronavirus connaît un rebond en France et région parisienne, et que le masque devient obligatoire en extérieur, ce lundi, dans plusieurs lieux de Paris et de petite couronne

"On a l'impression que le ministère de l'Education nationale continue de prendre des décisions un peu en cavalier seul, sans réelle concertation avec les autres membres du gouvernement puisque maintenant le masque est imposé en extérieur", a regretté Rodrigo Arenas, sur France Bleu Paris, ce lundi. Le co-président de la FCPE au niveau national et président en Seine-Saint-Denis estime que le gouvernement a un double discours. "On renforce les gestes barrières et on les accélère parce qu'il y a un regain de l'épidémie mais dans les écoles, apparemment, c'est une autre situation. C'est un peu le village d'Astérix face au Covid-19."

"Il y a une forme d'amateurisme parce que ne sommes plus dans l'urgence, poursuit Rodrigo Arenas. On aurait pu anticiper, donner des conditions vraiment réalistes mais pour cela il aurait fallu associer les corps intermédiaires et les instances représentatives dont la FCPE." Il assure pourtant avoir rendu public des préconisations, il y a quelques mois déjà. "Qu'il n'y ait aucune fermeture de classe qui soit envisagé à la rentrée de septembre, parce que les petits effectifs sont la meilleure solution pour gérer les enfants. Qu'il y ait aussi des sanitaires mobiles pour que les enfants puissent se laver les mains quand ils en ont besoin et pas uniquement quand le gouvernement l'autorise. Il faut que les gestes barrières soient maintenus, et à tous les échelons".

Pour le co-président, "il aurait aussi fallu former les enseignants, les parents et les enfants à l'enseignement à distance, au cas où l'on soit reconfiné, par région, par territoire ou par quartier. Mais là encore, ça n'a pas été fait." 

Adrien Bossard

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"S’adapter", nouvel horizon du libéralisme ? avec la philosophe Barbara Stiegler (vidéos)

12 Août 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Politique, #Philosophie

A lire:

« Il faut s’adapter ». Sur un nouvel impératif politique, de Barbara Stiegler, Gallimard, « NRF Essais », 334 p., 22 €.

Lire un extrait en suivant le lien ci-dessous

https://flipbook.cantook.net/?d=%2F%2Fwww.edenlivres.fr%2Fflipbook%2Fpublications%2F475934.js&oid=3&c=&m=&l=&r=&f=pdf

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Chers amis...

11 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

Chers amis...

Chers amis,

l'actualité "Education" étant en sommeil, le blog reprendra son cours normal à partir du 27 août.

Belle fin de mois d'août!

CC

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