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Vivement l'Ecole!

Rentrée scolaire et coronavirus : le protocole sanitaire pourrait être adapté localement...

17 Août 2020 , Rédigé par Ouest France Publié dans #Education

Rentrée scolaire et coronavirus : le protocole sanitaire pourrait être adapté localement...

À une quinzaine de jours du retour en classe, le ministère de l’Éducation nationale indique que le protocole de mesures sanitaires dans les établissements scolaires devrait être adapté localement.

Les conditions de retour à l’école restent incertaines, à une quinzaine de jours de la rentrée scolaire. Elles pourraient être adaptées au cas par cas, localement, selon Le Parisien .

Le ministère de l’Éducation nationale a publié le 20 juillet dernier 7 pages de recommandations à destination des chefs d’établissement pour définir les conditions d’accueil des élèves, alors que la pandémie de coronavirus se poursuit. Cette circulaire assouplissait notamment les règles de distanciation, de nettoyage et de brassage d’élèves.

Inquiétude

Alors que des signes de reprise de l’épidémie se manifestent, parents d’élèves et syndicats enseignants, déplorent le manque d’information avant la rentrée. Les consignes de la rue de Grenelle pourraient devenir caduques si la deuxième vague tant redoutée du virus s’abat sur l’Hexagone.

« Les règles de juillet ne correspondent plus à la situation actuelle, où les voyants sont passés du vert à l’orange », explique Sophie Venetitay, enseignante dans l’Essonne et secrétaire générale adjointe du Snes-FSU au Parisien.

« On a besoin de réponses précises », insiste Guislaine David, porte-parole du principal syndicat professeurs des écoles, le Snuipp FSU.

Des adaptations locales

Contacté par Le Parisien, le ministère assure que plusieurs scénarios ont été préparés et que le plan de continuité pédagogique pour mettre en place l’école à distance est prêt.

 

Des adaptations devraient être préconisées localement « Il y aura des adaptations des modalités de la rentrée avec des réunions entre préfets, agences de santé et recteurs dans chaque région », indique le ministère au quotidien. Ces rencontres devraient avoir lieu « dans les prochains jours ».

 

https://www.ouest-france.fr/education/ecole/rentree-scolaire-et-coronavirus-le-protocole-sanitaire-pourrait-etre-adapte-localement-6939737

 

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RENTRÉE DES CLASSES: FACE AUX NOUVEAUX CAS DE CORONAVIRUS, FAUT-IL REVOIR LE PROTOCOLE SANITAIRE?

17 Août 2020 , Rédigé par Bfmtv Publié dans #Education

RENTRÉE DES CLASSES: FACE AUX NOUVEAUX CAS DE CORONAVIRUS, FAUT-IL REVOIR LE PROTOCOLE SANITAIRE?
Les élèves sont attendus sur les bancs de l’école le 1er septembre. Mais alors que les nouveaux cas de Covid-19 se multiplient dans l’Hexagone, la rentrée scolaire pose question.
Le Covid-19 circule activement en France, entraînant avec lui son lot d’appréhensions à l’approche de la rentrée des classes. Dans 15 jours, les élèves doivent reprendre le chemin de l’école avec un protocole sanitaire assoupli: le ministère de l’Education nationale a décidé d'imposer le port du masque uniquement aux adultes et jeunes de plus de 11 ans lorsque les règles de distanciation ne peuvent être respectées dans les espaces clos.
Cette distanciation physique n’est par ailleurs pas obligatoire "quand elle n’est pas matériellement possible ou qu’elle ne permet pas d’accueillir la totalité des élèves".
Un masque à rendre obligatoire?
Depuis plusieurs jours, la France enregistre pourtant des seuils inédits de nouveaux cas depuis la fin du confinement, selon les chiffres de Santé publique France qui a enregistré dimanche 3000 nouvelles contaminations.
"Ce protocole a été rédigé quand les signaux étaient au vert mais aujourd’hui, ils passent de toute évidence à l’orange et il est nécessaire de le renforcer notamment sur le port du masque, l’aération des salles de classe. Et pour cela, il ne faut pas attendre les derniers jours, les dernières heures avant la rentrée", estime sur BFMTV Sophie Vénétitay, professeure de sciences économiques et sociales et secrétaire générale adjointe du SNES-FSU, syndicat des enseignants du second degré.

La semaine dernière, une vingtaine de médecins ont noté, dans une tribune publiée par Libération, que "la voie aérienne est l’une des voies principales de propagation du Covid-19". Ils réclament donc que le port du masque - déjà obligatoire dans tous les lieux publics clos - soit également imposé dans les salles de cours qu’ils identifient comme étant des lieux "moteurs de cette épidémie".

Si le protocole sanitaire n’était pas renforcé, pourrait-il menacer la rentrée scolaire? Pour beaucoup de parents, cette question est source d’angoisse. Durant le confinement, Gwen a du aider à de nombreuses reprises son fils Valentin, alors en 5e, à faire ses devoirs "tellement il y en avait de partout". "Il fallait en rendre le samedi, le dimanche… Ce n’est pas gérable, on n’est pas enseignants", commente cette mère qui voit le retour de son fils au collège comme une nécessité.

"Motivés pour réussir cette rentrée"

"Tout le monde est motivé pour réussir cette rentrée", affirme sur BFMTV Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT. Mais ce succès passe par une révision impérative du protocole sanitaire, estime-t-elle.

"Les équipes enseignantes doivent pouvoir rencontrer leurs élèves dans les meilleures conditions parce qu’il n’est pas exclu qu’ici ou là il faille reconfiner, ou que les établissements doivent accueillir moins d’élèves et organiser un système de rotation", développe la syndicaliste.

"Cela suppose des clarifications sur les conditions d’organisation de l’accueil des élèves", poursuit-elle, réclamant, au nom du Sgen-CFDT, "un temps de pré-rentrée".

Ce renforcement du protocole sanitaire devrait permettre d’éviter la fermeture des écoles qui sont des lieux de forte propagation du virus, juge Sophie Vénétitay. Mais reprendre l’école est "crucial", soutient Julien Amour, médecin réanimateur à l’hôpital Jacques-Cartier, dans l'Essonne.

"On a bien vu que ne pas aller à l’école posait un problème d’éducation mais également social pour un bon nombre d’enfants. À partir du moment où les élèves portent un masque, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas reprendre l’école", déclare-t-il, confiant.
Un protocole adapté localement

Les organisations de parents d’élèves et d’enseignants espèrent échanger rapidement avec le ministère de l’Éducation nationale à ce sujet. En cas de circulation active du virus, rien n’est encore tranché concernant la fermeture des écoles. Mais, d’après Le Parisien, le ministère de l’Education nationale a déjà élaboré trois plans de rentrée à déployer localement en fonction de l’évolution de l’épidémie.

"Il y aura des adaptations des modalités de la rentrée avec des réunions entre préfets, agences de santé et recteurs dans chaque région", glisse le ministère au quotidien.
Reste à savoir si, dans cette préparation inédite, les associations de parents d’élèves et de professionnels de l’enseignement auront voix au chapitre, comme ils l’espèrent.
Ambre Le poivre

 

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Ten Years After...

15 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Lawrence Durell...

15 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Lawrence Durell...

Je ne suis ni heureux ni malheureux : je vis en suspens, comme une plume dans l’amalgame nébuleux de mes souvenirs. J’ai parlé de la vanité de l’art, mais, pour être sincère, j’aurais dû dire aussi les consolations qu’il procure. L’apaisement que me donne ce travail de la tête et du cœur réside en cela que c’est ici seulement, dans le silence du peintre ou de l’écrivain, que la réalité peut être recréée, retrouver son ordre et sa signification véritables et lisibles. Nos actes quotidiens ne sont en réalité que des oripeaux qui recouvrent le vêtement tissé d’or, la signification profonde. C’est dans l’exercice de son art que l’artiste trouve un heureux compromis avec tout ce qui l’a blessé ou vaincu dans la vie quotidienne, par l’imagination, non pour échapper à son destin comme fait l’homme ordinaire, mais pour l’accomplir le plus totalement et le plus adéquatement possible. Autrement pourquoi nous blesserions-nous les uns les autres ? Non, l’apaisement que je cherche, et que je trouverai peut-être, ni les yeux brillants de tendresse de Melissa, ni la noire et ardente prunelle de Justine ne me le donneront jamais. Nous avons tous pris des chemins différents maintenant ; mais ici, dans le premier grand désastre de mon âge mûr, je sens que leur souvenir enrichit et approfondit au-delà de toute mesure les confins de mon art et de ma vie. Par la pensée je les atteins de nouveau, je les prolonge et je les enrichis, comme si je ne pouvais le faire comme elles le méritent que là, là seulement, sur cette table de bois, devant la mer, à l’ombre d’un olivier. Ainsi la saveur de ces pages devra-t-elle quelque chose à leurs modèles vivants, un peu de leur souffle, de leur peau, de l’inflexion de leur voix, et cela se mêlera à la trame ondoyante de la mémoire des hommes. Je veux les faire revivre de telle façon que la douleur se transmue en art… Peut-être est-ce là une tentative vouée à l’échec, je ne sais. Mais je dois essayer.

Lawrence Durell - Justine

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15 août 1969... 15 août 2020... Happy birthday Woodstock...

15 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Un rapport critique sur les évaluations nationales dans le second degré...

15 Août 2020 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

Un rapport critique sur les évaluations nationales dans le second degré...

EXTRAITS

 

« Si les enseignants de collège espèrent que ces évaluations leur seront utiles, ceux de lycée semblent dans leur grande majorité convaincus, dès les passations, de l’inutilité du dispositif ». Le rapport de l’Inspection générale sur les évaluations nationales du second degré montre leur inutilité. Celle-ci provient à la fois d’erreurs de conception et d’un décalage total avec les pratiques enseignantes. Le rapport propose d’abandonner les tests de 2de au profit d’une réforme du brevet.

 

Difficultés de passation

 

Voulues par JM Blanquer, qui a également imposé des évaluations nationales très décriées à l’école, des évaluations nationales ont lieu en 6ème et en 2de au début de l’année scolaire en français et en maths.

 

Elles ont pour objectif de « permettre aux équipes pédagogiques de disposer d'informations relatives au niveau de maîtrise des élèves à leur entrée au collège en français et en mathématiques ; mettre à disposition des équipes une aide au pilotage pédagogique des réseaux écoles-collège ; enrichir les outils de pilotage académique grâce aux informations fournies par des évaluations standardisées sur tout le territoire ». Et elles sont présentées comme « objectives » et fondées « sur des méthodes scientifiques ». Or le rapport montre que ces affirmations sont fausses et ces objectifs non atteints.

 

Le rapport souligne des difficultés récurrentes de passation. Difficultés techniques de connexion ou de saisie de leur code par les élèves. Mais erreurs de conception des tests aussi. Ainsi en maths en 6ème seuls 5% des élèves ont pu terminer les évaluations de maths en septembre 2019. Autant dire que cela enlève tout caractère scientifique à ces évaluations nationales.

 

Comme le dit le rapport, « le mauvais calibrage de l’évaluation de mathématiques en sixième, qui a vu beaucoup d’élèves échouer, faute, bien souvent, de pouvoir traiter ne serait-ce que la moitié des items proposés, a pu également jeter une suspicion, cette année, sur les résultats de ces évaluations ».

 

(...)

 

Un désintérêt général

 

Il n’est donc pas surprenant que les enseignants expriment peu d’intérêt (au collège) pour ces évaluations voir aucun (au lycée) selon le rapport. « Il n’y a pas eu de rejet des enseignants quant à la passation de ces évaluations. Respectueux des consignes, ils restent cependant en retrait, une grande partie oscillant entre léger intérêt et indifférence. Le ressenti est meilleur au collège qu’au lycée, où le sujet des évaluations passe au second plan, du fait des réformes en cours qui mobilisent les équipes des lycées généraux et technologiques comme des lycées professionnels », dit le rapport. Au lycée seulement un tiers des professeurs concernés participent aux évaluations.

 

(...)

 

F Jarraud

 

Le rapport

 

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

 

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« L’Ecole est un lieu de construction du commun »

15 Août 2020 , Rédigé par Pour l'éducation, par l'art Publié dans #Education

« L’Ecole est un lieu de construction du commun »

ENTRETIEN AVEC PHILIPPE MEIRIEU

 

Philippe Meirieu, professeur en sciences de l’éducation, est également un acteur des réformes éducatives, puisqu’il a notamment été, de 2010 à 2015, vice-président de la Région Rhône- Alpes délégué à la Formation tout au long de la vie. Auteur de nombreux ouvrages sur la pédagogie, il publie fin août Ce que l’école peut encore pour la démocratie (Editions Autrement). Il rappelle ici les limites de l’enseignement à distance imposée par la crise sanitaire. La classe est avant tout un collectif incarné, dit-il. Or, la logique individualiste qui a inspiré la philosophie de la continuité pédagogique perdure aujourd’hui dans l’apologie du télétravail. Face à cela, il propose une mobilisation collective et participative. Pour éviter un retour du « productivisme scolaire », il propose un enseignement notamment fondé sur l’accès à l’art et la culture.

 

Globalement, qu’a révélé la crise sanitaire dans le système éducatif français ?

 

Tout le monde a légitimement souligné que cette crise était un formidable révélateur des inégalités. C’est particulièrement vrai en matière éducative : les inégalités matérielles et sociales, linguistiques et culturelles, ont fait exploser le semblant d’unité du système. Et ceci jusqu’à une reprise partielle qui a souvent laissé de côté ceux qui étaient les plus éloignés de l’école et a largement entériné les inégalités territoriales : à la réouverture des écoles primaires, 10% des enfants du 93 ont été scolarisés, contre 50% des petits Bretons… ce qui est d’autant plus préoccupant que le niveau scolaire des premiers est déjà beaucoup plus bas que celui des seconds !

Ensuite, on a laissé les municipalités et les départements, avec les directeurs et chefs d’établissements, gérer comme ils le pouvaient la contradiction entre l’injonction faite aux familles d’envoyer leur enfant à l’école et un protocole sanitaire qui ne permettait pas de les accueillir. Au total, le ministère a quasiment abandonné toute ambition nationale et a laissé jouer les déterminismes sociaux et les inégalités entre les territoires : cela a considérablement creusé les écarts. Tout cela a révélé des fractures qu’on connaissait, mais qu’on ne pourra plus faire semblant d’ignorer et sur lesquelles il est temps d’agir1.

 

1 Voir, sur ces points, l’analyse de l’auteur pour LE CAFE PEDAGOGIQUE :

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2020/04/17042020Article637227058065674645.aspx

 

Mais un autre élément fondamental à mes yeux a aussi été révélé, tant par les modalités de l’enseignement à distance proposées pendant le confinement que par celle de la reprise sur la base du volontariat des familles et en laissant s’atomiser complètement le système… c’est la nécessité de faire de l’école un outil de construction d’un collectif solidaire. Bien loin des songeries scientistes et des propositions technocratiques qui voulaient laisser croire qu’on pouvait réduire l’enseignement à la délivrance de programmes individuels de travail, strictement adaptés à chaque sujet, dans une logique d’exécution et de concurrence, nous avons redécouvert que l’école, dans sa mission même, devait permettre de créer du lien social et de construire du commun.

 

(...)

 

Comment, à votre avis, va se passer la rentrée de septembre ?

 

Il est encore trop tôt pour savoir quelles seront les conditions sanitaires dans plus de trois mois. Mais je crains qu’il faille se préparer à une rentrée hors-norme. Et je ne voudrais pas que l’alliance de l’improvisation et de la technocratie nous amène à de nouvelles absurdités. Il n’est absolument pas envisageable, à mes yeux, même si le protocole sanitaire à appliquer est sensiblement le même que celui d’aujourd’hui, de ne laisser venir à l’école que les enfants des parents volontaires : ce serait un recul démocratique sans précédent. Il ne serait absolument pas acceptable, non plus, d’imposer aux professeurs de systématiser l’enseignement à distance, comme a pu, à un moment, le laisser entendre le ministre. Et, bien sûr, je ne voudrais pas qu’on en profite pour externaliser l’éducation artistique et l’EPS, au risque immense de renforcer les inégalités entre les territoires et de dessaisir les enseignants de ces domaines essentiels. A cet égard, la pérennisation du dispositif 2S2C (Santé, sport, culture, citoyenneté) qui réduit, de fait, les prérogatives de l’école et renvoie des activités essentielles aux seules responsabilités locales serait extrêmement grave. Si les conditions sanitaires ne permettent pas de revenir à une scolarisation de tous les élèves à temps plein, le plus raisonnable serait sans doute d’allier une présence obligatoire à l’école, éventuellement en utilisant un système de roulement, avec un complément à distance, et cela pour tous les élèves. Il me paraît absolument essentiel que tous les élèves soient scolarisés de la même manière dans la même école ! Mais une telle formule exigera un travail pédagogique de conception et de mise en place considérable de la part des enseignants et des équipes éducatives. Il faut anticiper ce travail dès que possible avec les collectivités territoriales et par une concertation approfondie avec les organisations syndicales, une réflexion avec les mouvements pédagogiques et une recherche d’articulation optimale avec le Cned et le réseau Canopé. Il faudra aussi donner du temps aux équipes pour s’organiser : pas question de se limiter à une journée de prérentrée ! Il faut repousser la rentrée d’une dizaine de jours au moins pour que, dans toutes les écoles, dans tous les établissements scolaires, on puisse, non seulement organiser matériellement l’accueil des élèves, mais aussi préparer leur prise en charge pédagogique.

 

Il est temps que le ministère et la hiérarchie scolaire changent radicalement d’attitude : aux injonctions et à l’autosatisfaction, il faut substituer une mobilisation collective et une vraie confiance dans les personnes. Il faut renverser la pyramide. L’essentiel, c’est ce qui se joue entre le maître et les élèves : il faut partir de là. Et se mettre au service de cela. Avec plus d’humilité et de souci d’accompagnement que de prétention à occuper les médias pour donner à l’opinion publique le sentiment que « tout est sous contrôle ». Les enseignants n’en peuvent plus d’être « sous  contrôle » !

 

(...)

 

Propos recueillis par Xavier Molénat et Naïri Nahapétian

Publiés dans la Revue Alternatives économiques

 

Entretien complet à lire en cliquant ci-dessous

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Hélène Grimaud joue Mozart, Debussy, Beethoven, Chopin...

14 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Cornelius Castoriadis - « Nous devrions être les jardiniers de cette planète »

14 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

"La société capitaliste est une société qui court à l’abîme, à tous points de vue, car elle ne sait pas s’autolimiter. Et une société vraiment libre, une société autonome, doit savoir s’autolimiter, savoir qu’il y a des choses qu’on ne peut pas faire ou qu’il ne faut même pas essayer de faire ou qu’il ne faut pas désirer.

Nous vivons sur cette planète que nous sommes en train de détruire, et quand je prononce cette phrase je songe aux merveilles, je pense à la mer Egée, je pense aux montagnes enneigées, je pense à la vue du Pacifique depuis un coin d’Australie, je pense à Bali, aux Indes, à la campagne française qu’on est en train de désertifier. Autant de merveilles en voie de démolition. Je pense que nous devrions être les jardiniers de cette planète. Il faudrait la cultiver. La cultiver comme elle est et pour elle-même. Et trouver notre vie, notre place relativement à cela. Voilà une énorme tâche. Et cela pourrait absorber une grande partie des loisirs des gens, libérés d’un travail stupide, productif, répétitif, etc. Or cela est très loin non seulement du système actuel mais de l’imagination dominante actuelle. L’imaginaire de notre époque, c’est celui de l’expansion illimitée, c’est l’accumulation de la camelote — une télé dans chaque chambre, un micro-ordinateur dans chaque chambre —, c’est cela qu’il faut détruire. Le système s’appuie sur cet imaginaire-là.

La liberté, c’est très difficile. Parce qu’il est très facile de se laisser aller. L’homme est un animal paresseux. Il y a une phrase merveilleuse de Thucydide : « Il faut choisir : se reposer ou être libre. » Et Périclès dit aux Athéniens : « Si vous voulez être libres, il faut travailler. » Vous ne pouvez pas vous reposer. Vous ne pouvez pas vous asseoir devant la télé. Vous n’êtes pas libres quand vous êtes devant la télé. Vous croyez être libres en zappant comme un imbécile, vous n’êtes pas libres, c’est une fausse liberté. La liberté, c’est l’activité. Et la liberté, c’est une activité qui en même temps s’autolimite, c’est- à-dire sait qu’elle peut tout faire mais qu’elle ne doit pas tout faire. C’est cela le grand problème de la démocratie et de l’individualisme."

Cornelius Castoriadis

Philosophe, économiste et psychanalyste (1922-1997), créateur de la revue Socialisme ou barbarie et auteur, entre autres, de L’Institution imaginaire de la société (Paris, Seuil, 1975) et de La Montée de l’insignifiance (Seuil, Paris, 1996). Ce texte est extrait d’un entretien, réalisé en novembre 1996, avec Daniel Mermet, producteur de l’émission « Là-bas si j’y suis » sur France Inter et publié dans Le Monde diplomatique d’août 1998

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Covid-19 : le risque existe dans tous les lieux clos, dans les classes comme dans les bureaux...

14 Août 2020 , Rédigé par Libération Publié dans #Education

Covid-19 : le risque existe dans tous les lieux clos, dans les classes comme dans les bureaux...

Une vingtaine de professeurs et docteurs en médecine lancent un appel pour rendre obligatoire le port du masque dans tous les lieux clos collectifs.

Tribune. Le Premier ministre Jean Castex a déploré mardi la dégradation de la situation sanitaire et a annoncé l’extension du port du masque dans l’espace public ainsi que la prolongation jusqu’au 30 octobre de l’interdiction des événements rassemblant plus de 5 000 personnes. Cette annonce vient s’ajouter aux décisions prises fin juillet d’imposer le port du masque dans tous les lieux publics fermés et d’en recommander le port en extérieur. Depuis lors, des centaines de municipalités ont pris des arrêtés dans ce sens. Si toutes ces décisions attestent d’une volonté d’agir, elles restent très insuffisantes pour endiguer la progression de l’épidémie.

Les protocoles actuels de sécurité qui concernent les lieux de travail, lesquels constituent les premiers foyers de contamination en France (1), mais aussi les écoles et les universités, ne prennent pas sérieusement en compte un facteur très important de propagation du Covid-19, à savoir la transmission via aérosol.

Un aérosol viral résulte de la persistance des particules virales en suspension dans les lieux fermés dont l’air n’est pas renouvelé. Sa transmission est différente de celle par microgouttelettes et par les mains souillées. Elle a déjà été prouvée pour d’autres coronavirus, comme le Sras 2002 ou le Mers, elle est désormais reconnue par l’OMS pour le Sars-CoV-2. Un récent préprint de l’Université de Floride le réaffirme : les malades produisent un aérosol de virus viables contagieux. Nous savons donc aujourd’hui que la voie aérienne est l’une des voies principales de propagation du Covid-19 et que les gestes barrières, bien que toujours indispensables, sont insuffisants pour s’en prémunir dans les espaces clos.

Dès lors, on ne peut que se féliciter que le ministère du Travail, dans son dernier protocole sanitaire, recommande fortement le recours au télétravail et appelle les entreprises à constituer des stocks de masques. Cependant, en se focalisant sur la distanciation d’au moins 1 mètre et sur les lieux de circulation, ces protocoles ne reconnaissent pas explicitement la transmission par voie aérienne. Nous l’affirmons sans ambiguïté : le Sars-CoV-2 se transmet par l’air et ne pas rendre le masque obligatoire dans les salles de cours ou les amphithéâtres, dans les open spaces, les salles de réunion, les ateliers et les bureaux partagés n’est pas conforme aux données de la science et de l’OMS.

Pourtant, la décision du 20 juillet de rendre obligatoire le port du masque dans les lieux publics clos s’était appuyée sur ces nouvelles connaissances. Nous ne comprenons pas cette régression : dans un commerce ou au travail, à La Poste ou en cours, que nous soyons assis ou debout, immobile ou en déplacement, l’air circule de la même manière autour de nous, et s’il n’est pas souvent renouvelé, le virus se propage et s’accumule, à l’image de la fumée de cigarette en hiver dans les pièces fermées. Si la fumée d’une cigarette peut nous atteindre, alors le Sars-CoV-2 le peut tout autant. Et plus le virus s’accumule dans l’air, en raison d’un temps long d’exposition ou du fait d’un nombre important d’excréteurs, plus nous risquons une contamination.

Notre exigence est une question de cohérence : on ne peut imposer le port de masque en extérieur dans certaines situations à risque marginal tout en le laissant optionnel dans des lieux clairement identifiés comme moteurs de cette épidémie. Nous ne savons toujours pas quelle sera l’ampleur des séquelles chez les sujets atteints lors de la période initiale, mais nous savons qu’une seconde phase se prépare. Certains parlent de deuxième vague imminente. Vague ou phase, si nous voulons que celle-ci ne se transforme en tsunami, avec ses lots de décès, de malades au long cours, d’écoles fermées et d’activités bloquées, il est urgent de rendre obligatoire le port du masque dans tous les espaces clos, dans tous les bureaux, dans toutes les salles de classe et amphithéâtres, et aussi d’encourager sans ambiguïté le télétravail, les cours à distance et la réorganisation de classes avec des effectifs moins nombreux, comme l’a décidé, par exemple, le gouvernement italien. Actuellement, toute fièvre inexpliquée implique la réalisation d’un test PCR et la mise en quarantaine dans l’attente des résultats. Les mesures que nous préconisons ne vont pas à l’encontre de

l’économie et de notre organisation sociale, elles permettront au contraire de limiter les infections virales et les syndromes fébriles, et à terme les conséquences organisationnelles et économiques prévisibles, tout en limitant les tensions sur le système de soin. Le port du masque dans tous les espaces clos, le télétravail et les cours à distance, est donc ESSENTIEL.

Citons pour finir le virologue Christian Drosten et la prise de position de la société allemande de virologie du 6 août : «Nous mettons en garde contre l’idée que les enfants ne sont pas impliqués dans la pandémie et la transmission. De telles idées ne sont pas conformes aux connaissances scientifiques. Un manque de mesures de prévention et de contrôle pourrait rapidement conduire à des flambées qui obligeraient alors les écoles à fermer à nouveau. Sous-estimer le risque de transmission dans les écoles serait contre-productif pour le bien-être de l’enfant et la reprise économique.» L’European Center for Disease Control and Prevention l’a aussi rappelé le même jour.

Enfin, le collectif tient à rappeler la nécessité absolue de la disponibilité des masques FFP2 pour tous les soignants exposés, afin que les plus de 50 000 contaminations des mois derniers ne se reproduisent pas.

Le 15 août marquera pour beaucoup la reprise du travail en milieu fermé et les rentrées scolaire et universitaire vont suivre dans la foulée. Il reste peu de temps pour qu’une prise de conscience émerge, qu’un consensus médical et politique constructif se dégage et que de réelles mesures de prévention et de p

rotection soient prises en urgence, ce que nous appelons tous de nos vœux, en rappelant la responsabilité de nos dirigeants : début mars, nous ne savions pas tout, vous ne saviez pas tout. Mais aujourd’hui nous savons tous.(1) Selon les rapports hebdomadaires de Santé publique France.

Premiers signataires

Eric Billy chercheur en immuno-oncologie, Strasbourg, DMatthieu Calafiore médecin généraliste, MDC, directeur du département de médecine générale de la faculté de Lille, DFranck Clarot médecine légiste, radiologue, vice-président de la Fédération nationale des médecins radiologues, Seine-Maritime, Collectif stop postillons (DJonathan Favre, DMichael Rochoy, DAntoine Hutt et DThibault Puszkarek), DDominique Dupagne médecin généraliste, Paris, DJean-Daniel Flaysakier médecin, journaliste, PGuillaume Gorincour radiopédiatre, vice-président du conseil départemental de l’Ordre national des médecins, Marseille, DAnnic Jarnoux médecin généraliste, DStéphane Korsia-Meffre vétérinaire, patient-enseignant, DKarine Lacombe cheffe de service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine, Paris, DLaurent Fignon, DYvon Le Flohic médecin généraliste, DChristian Lehmann médecin généraliste, écrivain, DJérôme Marty médecin généraliste, président de l’UFMLS, DFrançois-Xavier Moronval médecin urgentiste, responsable du Cesu 88, Epinal, DCamille Pascal-Gorincour médecin généraliste, DBruno Rocher psychiatre addictologue, médecin responsable de l’espace Barbara, CHU Nantes, Mahmoud Zureik professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’Université de Versailles-Saint-Quentin.

Quelques études sur le sujet :

— Yu I.T., Li Y., Wong T.W., et al. «Evidence of airborne transmission of the severe acute respiratory syndrome virus», N Engl J Med. 2004 ; 350(17):1731-1739. doi :10.1056/NEJMoa032867.
– Lidia Morawska, Donald K. Milton, «It is Time to Address Airborne Transmission of Covid-19», Clinical Infectious Diseases, ciaa939, https://doi.org/10.1093/cid/ciaa939
— John A. Lednicky, Michael Lauzardo, Z. Hugh Fan, Antarpreet S. Jutla, Trevor B. Tilly, Mayank Gangwar, Moiz Usmani, Sripriya N. Shankar, Karim Mohamed, Arantza Eiguren-Fernandez, Caroline J. Stephenson, Md. Mahbubul Alam, Maha A. Elbadry, Julia C. Loeb, Kuttichantran Subramaniam, Thomas B. Waltzek, Kartikeya Cherabuddi, John Glenn Morris Jr., Chang-Yu Wu, «Viable Sars-CoV-2 in the Air of a Hospital Room with Covid-19 Patients». MedRxiv 2020.08.03.20167395; doi: https://doi.org/10.1101/2020.08.03.20167395
— Jayaweera M., Perera H., Gunawardana B., Manatunge J., «Transmission of Covid-19 Virus by Droplets and Aerosols: A critical review on the unresolved dichotomy», Environ Res. 2020 ;188:109819. doi : 10.1016/j.envres.2020.109819

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