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Vivement l'Ecole!

Une architecture scolaire à la mesure des enjeux éducatifs et environnementaux...

22 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Architecture

Une architecture scolaire à la mesure des enjeux éducatifs et environnementaux...

A l'heure où les changements climatiques imposent de réfléchir à l'architecture et aux aménagements de nos bâtiments scolaires, je republie ce texte écrit en 2007.

CC

Une architecture scolaire à la mesure des enjeux éducatifs et environnementaux

Une  conception cohérente des « espaces–activités »   

L’architecture scolaire est un sujet considéré comme secondaire et minoré. Ponctuellement, des réalisations montrent la réelle volonté - et le talent - d’architectes novateurs, soucieux de prendre en compte la spécificité des fonctions multiples de l’École d’aujourd’hui. Mais l’architecture scolaire est le plus souvent (pour des raisons budgétaires et par manque de connaissance fine de ce qui fait le quotidien de la vie scolaire dans cet espace clos) le reflet matériel et spatial de conceptions d’un autre temps. Un espace segmenté où domine l’unité de base héritée de la forme scolaire (Vincent, Lahire & Thin) : une salle, un maître, une classe, un objet disciplinaire. Mis à part le cas spécifique des lycées professionnels et techniques dont les ateliers/laboratoires sont dédiés à des activités propres, nos établissements scolaires sont des suites de salles clonées. Le modèle est finalement parfaitement disjonctif, à l’image des savoirs enseignés parcellisés dénoncés par Edgar Morin.

Pour travailler autrement, il s’agira là de procéder à une profonde réforme des structures spatiales nécessaires à l’étude et de concevoir des lieux qui soient « aussi » des lieux où se construisent une culture commune, des liens sociaux, l’apprentissage du collectif, la réalisation de projets et actions diversifiés, et où tous les croisements de groupes à géométrie variable que nous avons décrits dans les points précédents soient possibles et naturels. 

C’est un lourd chantier qui ne peut être envisagé que sur le moyen terme : réhabilitations de ce qui peut l’être et programmes de travaux de construction étagés sur 15 ans pour aboutir progressivement à la réduction du nombre d’élèves par établissement.

Deux préoccupations majeures présideront à ce chantier :

- à l’image du lycée Kyoto (Région Poitou-Charentes), celle de l’excellence environnementale : zéro énergie fossile et 100% d’énergie propre ;

- celle de l’adéquation entre le Projet pour une nouvelle École du XXIème siècle et sa réalisation spatiale : ancrage et inscription pertinente dans l’espace local ; qualité des lieux dédiés à l’étude et à la diversité des activités ; osmose avec le tissu local d’activités (entreprises, activités culturelles, liens intergénérationnels, etc.).

Une  pluralité de lieux pour répondre aux contraintes du fonctionnement  novateur des « unités éducatives »

Les lieux appellent les comportements : il importe donc d’en imaginer qui soient sereins, propices à l’étude comme à la vie collective. Nous devons en finir avec ces salles de classes où s’installent bruyamment nos élèves, certains n’enlevant même pas leur manteau tant ils ont hâte de quitter le sinistre endroit. Nous devons en finir avec ces établissements où même des élèves volontaires n’ont pas de lieux où travailler (ou lire) contraints par le manque d’espaces adaptés, par des horaires trop rigides et un manque d’encadrement adulte posant des problèmes de sécurité. Nous devons en finir avec ces établissements où les enseignants n’ont pas suffisamment de lieux calmes où s’isoler pour travailler (sauf à se réfugier dans des classes vides) alors même que leurs fonctions nécessitent une présence de plus en plus importante dans les établissements scolaires. Nous devons en finir avec ces espaces d'où sont absents tous les équipements de climatisation.

- À chaque lieu doit correspondre telle ou telle posture mentale requise. Nos élèves sauront, dès leur entrée dans espace particulier, quelle attitude est attendue de leur part. L’espace ne sera plus seulement un lieu de « rassemblement », mais un lieu dédié à telle ou telle activité, clairement définie par l’architecture adaptée choisie.

- Nos établissements scolaires doivent se doter de salles de travail ; de salles de réunions équipées ; de salles de spectacle ; d’au moins une salle en amphithéâtre ; de petites bibliothèques spécialisées en plus du CDI.

- L’architecture des établissements scolaires doit aussi favoriser ce qui améliore le « vivre ensemble ». Les salles d’études et d’ateliers, les salles de classes, la bibliothèque/CDI, les salles de réunions et la salle des professeurs doivent communiquer. Il faut cesser de croire que l’enseignant sera plus tranquille en « s’encloisonnant ». Il doit « habiter » l’École pendant le temps qu’il y passe. Ce sera d’autant plus facile dans des unités éducatives à taille humaine (60/100 élèves).

- Les surveillants, qui n’enseignent aucune discipline et de ce fait peinent à trouver une légitimité disciplinaire, doivent sentir et partager la présence des enseignants lors des périodes quotidiennes « hors-classe ».

- L’École doit, par son architecture nouvelle, être bien entendu un lieu de travail le plus calme possible, ce qui sera favorisé par l’emploi de matériaux naturels, une réflexion sur la lumière (exemple de Kyoto). Les lieux de vie doivent être séparés en fonction des moments et activités quotidiennes : enseignement ; repas ; pauses ; rencontres avec tel ou tel enseignant ; etc. L’École doit aussi être un lieu qui fasse une belle place à l’accueil des parents, des associations, du monde professionnel environnant : que l’École ne soit plus un sanctuaire fermé, parfois « barbeletisé », vidéo-surveillé, mais transparent et acteur de son environnement urbain ou rural.

- La question des accès aux établissements et de la circulation interne des élèves doit être l’objet d’une étude particulière. Chaque lieu doit être accessible facilement et sera d’autant plus aisé à surveiller qu’il sera plus respecté. La question doit être pensée en lien avec les questions de gestion : place et rôle des surveillants, du personnel d’entretien et de gestion dans le dispositif éducatif ; taux d’encadrement adulte ; présence pour des activités variées d’acteurs extérieurs appartenant à la société civile.

L’architecture scolaire est un enjeu futur capital qui devrait être l’objet de toutes nos attentions et s’appuyer mieux que cela n’est fait sur les analyses qu’en font les usagers au quotidien.

Christophe Chartreux

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L’ÉCOLE À L’HEURE DE LA PANDÉMIE, L’ÉDUCATION À L’HEURE DU CLIMAT... 15h30 ce samedi

22 Août 2020 , Rédigé par EELV Publié dans #Education

L’ÉCOLE À L’HEURE DE LA PANDÉMIE, L’ÉDUCATION À L’HEURE DU CLIMAT... 15h30 ce samedi

La gestion de la Covid-19 en France par le ministère de l’Éducation Nationale a été chaotique :

élèves, familles, enseignant.e.s, souvent livré-e-s à eux-même, bricolant à partir de directives descendantes confuses. Pour la première fois depuis Jules Ferry, une grande partie des élèves n’a plus eu accès à l’école, révélant la difficulté de l’institution à répondre aux besoins des élèves les plus fragiles.

Au-delà de la pandémie, l’organisation et les pratiques pédagogiques de l’école sont bousculées par la prise de conscience des crises écologiques en cours.

Quelles leçons tirer de cette expérience pour l’éducation nationale, pour l’éducation populaire ?

Comment penser aujourd’hui l’école pour combattre les inégalités et se mettre au service des transitions ? Outils numériques, outils pratiques, coopération, rapport à la nature et au vivant…

Quels doivent en être désormais les enjeux prioritaires ?

A suivre en direct ou en différé sur le site : journees-ecologistes.fr/emission/lecol

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Education - "Le ministre de l’Education reste vague et compte sur la débrouille du corps enseignant..."

22 Août 2020 , Rédigé par Libération Publié dans #Education

Education - "Le ministre de l’Education reste vague et compte sur la débrouille du corps enseignant..."

Masques, protocole sanitaire, tests des élèves lorsqu’un cas est avéré… A quelques jours du retour en classe, le ministre de l’Education reste vague et compte sur la débrouille du corps enseignant.

A l’approche de cette rentrée, Jean-Michel Blanquer marche sur un fil. Un numéro d’équilibriste ardu : prendre les précautions sanitaires alors que l’épidémie repart à la hausse et faire en sorte que tous les élèves retournent en classe. C’est une nécessité, et sur ce point, enseignants, chercheurs en éducation et politiques sont unanimes : le risque de décrochage scolaire est au maximum après les mois de confinement. Avec des conséquences très lourdes pour les élèves les plus défavorisés. «L’éducation n’est pas une variable d’ajustement, ni de nos sociétés ni d’une crise sanitaire» : sur le plateau de France 2 jeudi soir, le ministre de l’Education a annoncé que la rentrée se ferait comme prévu mardi 1er septembre. Les cours vont reprendre à temps plein et de façon obligatoire. C’est du moins la règle… «A quelques exceptions locales» près, a ajouté le ministre sans plus de précision. Interrogé, son entourage assure qu’il s’agit d’une simple précaution langagière dans un contexte incertain.

Le masque, pour qui et où ?

Pour protéger élèves et personnel du virus, le ministère mise tout sur le masque. Il devient obligatoire pour les collégiens et les lycéens dans les espaces clos (salles de classe, couloirs…). Dans la cour de récré, la règle sera fixée par chaque chef d’établissement. Le ministre de l’Education n’exclut pas, «dans un temps futur», d’étendre l’obligation aux élèves de CM1 et CM2, en fonction de l’avis des pédiatres.

Les élèves devront venir en classe avec leur propre masque, a indiqué Jean-Michel Blanquer, considérant que cela faisait partie «des fournitures de rentrée» (lire ci-contre). Vendredi matin, il adoucissait un chouïa son propos : «Si des familles sont en grande difficulté, nous sommes en situation de fournir des masques aux élèves qui en ont le plus besoin.» Pour les enseignants et l’ensemble du personnel adulte, les masques seront fournis par le ministère et les collectivités locales. Il sera obligatoire pour les enseignants, avec quelques souplesses : il est «recommandé» en maternelle. Dans les autres niveaux, quand le professeur est «à plus de 2 mètres» des élèves, il peut l’enlever. «Même si cela doit rester à titre exceptionnel, pour tenir compte de la difficulté de parler pendant des heures avec un masque», précise le ministère.

À quoi vont ressembler les classes ?

A priori, à une vraie classe. Les jeux, les albums jeunesse seront de retour dans les salles de maternelle. Les élèves pourront s’asseoir et travailler côte à côte si les salles ne sont pas suffisamment grandes pour espacer les bureaux d’un mètre. Le nouveau protocole sanitaire, publié au milieu de l’été, est en effet beaucoup plus souple que la première version postconfinement. En mai, les premières consignes sanitaires étaient tellement strictes que les chefs d’établissement n’avaient pas eu d’autres choix que d’accueillir les élèves par petit groupe, et donc à tour de rôle dans la semaine. Les règles avaient commencé à être assouplies fin juin pour qu’il soit matériellement possible que tous les élèves retournent en classe. Dans les documents officiels mis en ligne, le ministère mise sur l’ingéniosité et la débrouillardise des enseignants. Il leur est demandé d’utiliser au maximum tous les espaces disponibles dans les établissements : préau, CDI, hall d’entrée, gymnase… Tout mètre carré grappillable est bon à prendre. Les profs sont incités aussi à faire classe dans la cour de récré, ou même dans un jardin public ou en forêt. Les collectivités locales sont priées de leur proposer des plans B : salle de théâtre, bibliothèque, musée, cinéma…

Quelle sera la règle en cas de suspicion de Covid dans une école ?

En Catalogne par exemple, les autorités ont déjà averti qu’à partir de deux cas de Covid détectés, l’école serait fermée, élèves et personnels placés en quarantaine. Pour l’instant, en France, il n’est pas question de seuil chiffré. La décision se prendra au cas par cas, en concertation entre l’Agence régionale de santé (ARS), le préfet et le recteur d’académie. «Les maires n’auront donc pas la main», précise le ministère. En cas de suspicion, l’ARS organisera un dépistage de tous les enfants de l’école, pour ensuite «remonter la chaîne de contamination». Et décidera de fermer (ou pas) une classe, plusieurs, ou l’ensemble de l’établissement. Pour l’instant, le ministre est resté flou sur la façon dont les arbitrages vont se faire. C’est pourtant une question fondamentale, qui va conditionner le quotidien des élèves et des parents. Avec le risque d’une année scolaire, à moitié à l’école, à moitié à la maison.

Que se passera-t-il en cas de fermeture d’école ?

«Arrêtons le bricolage !» exige la FCPE. La fédération de parents d’élèves a lancé, furibonde, une pétition vendredi, face à un «gouvernement qui choisit de faire comme si la situation était sous contrôle et comme si nous pouvions faire "comme d’habitude"». L’organisation regrette de ne pas avoir été consultée pour préparer cette rentrée des classes. Parmi les demandes listées dans un communiqué : que tous les enseignants suivent d’urgence une formation à l’enseignement à distance.

Dans le plan de continuité pédagogique du ministère de l’Education, il est prévu que chaque académie constitue un «pool d’équipements informatiques mobiles homogènes» (mêmes ordinateurs, mêmes applications), afin de pouvoir en prêter dans un endroit donné aux élèves et aux personnels empêchés. Dans un communiqué, le Snalc enrage : «On ne peut se contenter d’écrire des plans de continuité pédagogique : il faut débloquer les moyens nécessaires, sans quoi tout cela est irréalisable. On ne le découvre pourtant pas aujourd’hui…»

Marie Piquemal

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Rentrée scolaire : le co-président de la FCPE dénonce un "déni de réalité" de la part du ministre et lance une pétition

22 Août 2020 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Rentrée scolaire : le co-président de la FCPE dénonce un "déni de réalité" de la part du ministre et lance une pétition

À quelques jours de la rentrée, le co-président de la FCPE Rodrigo Arenas déplore le manque de discussions entre le ministre Jean-Michel Blanquer et les parents d'élèves. La FCPE annonce la mise en ligne d'une pétition dès vendredi 21 août.

A quelques jours de la rentrée scolaire, qui ne sera pas reportée selon Jean-Michel Blanquer jeudi 20 août, Rodrigo Arenas, co-président de la FCPE, dénonce le "déni de réalité" dans lequel se trouve le ministre de l'Education, et annonce l'ouverture vendredi d'une pétition par sa fédération.

Le co-président de la fédération de parents d'élève regrette que "le ministère ne travaille pas avec les organisations représentatives, qui sont à même de travailler avec le ministère pour que la rentrée se passe bien. Cette volonté d'aller sur une démocratie de l'opinion, en communiquant avec les parents et les enseignants via la télévision, plutôt que d'être dans la concertation d'un dialogue social, arrive à ses limites. Aujourd'hui, nous avons un ministre qui clairement est dans un déni de réalité, qui arrive jusqu'à cette conclusion terrible où il assimile un masque à une fourniture scolaire", déplore-t-il.

Le masque, vecteur d'inégalités "entre les familles"

"Pendant la période de confinement, les grands oubliés ont été les enfants porteurs de handicap, et celles et ceux qui avaient des protocoles médicaux. L'école n'a pas été faite pour eux, et encore une fois on est dans un déni de réalité, avec cette non-volonté de prendre en charge par la puissance publique quelque chose qui est devenu obligatoire d'un point de vue de santé publique, et qui a un caractère universel. C'est pour cela qu'en France, nous avons la Sécurité sociale. Il y a des choses qui sont au-delà de l'intérêt individuel, et nous ne pouvons pas faire en sorte que la protection des enfants, des adultes, des personnels éducatifs et des Atsem, qui sont les grands oubliés, ne rentrent pas en ligne de compte de la façon la plus normale pour que la reprise se passe bien et que la santé des uns et des autres soit préservée", affirme-t-il.

Selon lui, le masque "n'est pas une fourniture scolaire comme les autres". Alors que le ministre rappelle la hausse de 100 euros de l'Allocation de rentrée scolaire, Rodrigo Arenas rappelle que cette allocation "ne concerne pas tous les parents" et que "les masques, pour un couple avec deux enfants, c'est 200 euros par mois. L'objectif de protéger les enfants et les adultes ne sera pas atteint car les inégalités entre les familles vont s'inviter dans l'histoire", dénonce-t-il.

Trois demandes "de bon sens" dans la pétition

Ainsi, vendredi, la FCPE mettra en ligne une pétition "pour exiger trois mesures qui sont de bon sens". D'abord, la prise en charge des masques par la puissance publique, "à savoir nos impôts, il n'y a aucun cadeau dans cette histoire". Et notamment les masques FFP2 pour les enfants et les enseignants les plus fragiles. La deuxième mesure vise à ce qu'il y ait "un recrutement massif pour permettre les petits effectifs, et donc la distanciation sociale". Il prend l'exemple de l'Italie, "où 84 000 enseignants ont été recrutés dans l'urgence". Enfin, qu'il y ait "des toilettes et des sanitaires mobiles dans toutes les écoles qui ne permettent pas aux enfants de se laver les mains quand ils en ont besoin, quand la situation l'exige, parce que les sanitaires sont le point noir des écoles de France".

La rentrée s'annonce selon lui "difficile", notamment "car le dialogue social n'est pas là, et que les parents doivent prendre attache avec leurs équipes pédagogiques locales, dont certaines demandent le report de la rentrée", conclut Rodrigo Arenas.

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Rachid Taha... "Je suis africain"...

21 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Victor Hugo... (Deux extraits...)

21 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Oh ! dit le prêtre, jeune fille, aie pitié de moi ! Tu te crois malheureuse, hélas ! Hélas ! Tu ne sais pas ce que c'est que le malheur ! Oh ! aimer une femme ! être prêtre ! être haï ! L'aimer de toutes les fureurs de son âme, sentir qu'on donnerait pour le moindre de ses sourires son sang, ses entrailles, sa renommée, son salut, l'immortalité et l'éternité, cette vie et l'autre ; regretter de ne pas être roi, génie, empereur, archange, dieu, pour lui mettre un plus grand esclave sous les pieds ; l'étreindre nuit et jour de ses rêves et de ses pensées ; et la voir amoureuse d'une livrée de soldat ! et n'avoir à lui offrir qu'une sale soutane de prêtre dont elle aura peur et dégoût ! Etre présent, avec sa jalousie et sa rage, tandis qu'elle prodigue à un misérable fanfaron imbécile des trésors d'amour et de beauté ! Voir ce corps dont la forme vous brûle, ce sein qui a tant de douceur, cette chair palpiter et rougir sous les baisers d'un autre ! Ô ciel ! aimer son pied, son bras, son épaule, songer à ses veines bleues, à sa peau brune, jusqu'à s'en tordre des nuits entières sur le pavé de sa cellule, et voir toutes les caresses qu'on a rêvées pour elle aboutir à la torture ! N'avoir réussi qu'à la coucher sur le lit de cuir ! Oh ! Ce sont là les véritables tenailles de l'enfer ! Oh ! Bienheureux celui qu'on scie entre deux planches et qu'on écartèle à quatre chevaux ! - Sais-tu ce que c'est que ce supplice que vous font subir, durant les longues nuits, vos artères qui bouillonnent, votre coeur qui crève, votre tête qui rompt, vos dents qui mordent vos mains ; tourmenteurs acharnés qui vous retournent sans relâche, comme sur un gril ardent, sur une pensée d'amour, de jalousie et de désespoir ! Jeune fille, grâce ! trêve un moment ! un peu de cendre sur cette braise ! Essuie, je t'en conjure, la sueur qui ruisselle à grosses gouttes de mon front ! Enfant ! Torture-moi d'une main mais caresse moi de l'autre ! Aie pitié, jeune fille ! aie pitié de moi !

Victor Hugo - Notre-Dame de Paris

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Meirieu tel qu'en lui-même? - Par Claude Lelièvre

21 Août 2020 , Rédigé par Médiapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education

Meirieu tel qu'en lui-même? - Par Claude Lelièvre

C'est ce que penseront sans doute ses détracteurs qui peuvent être nombreux parmi ceux qui ne le lisent pas. Mais on aurait tort de prendre à la légère son dernier livre, en ces temps d'avenir particulièrement incertains: "Ce que l'école peut encore pour la démocratie".

Ce n'est pas en effet, même si cela y ressemble toujours un peu, une "défense et illustration" d'un parcours - le sien - tel que cela a pu apparaître dans certains de ses autres livres.

D'une part parce que le retour (toujours intéressant) sur certains des auteurs qu'il affectionne ou de rencontres qu'il a eues se fait d'une façon à la fois plus directe et plus personnelle encore (et l'on peut citer ici en particulier le chapitre où Philippe Meirieu rend hommage à l'ami Daniel Hameline).

D'autre part parce que ce retour est effectué à partir de notre situation actuelle qui ne plaide pas du tout pour des ''lendemains qui chantent", et que Philippe Meirieu ne se laisse pas aller pour autant à céder aux facilités du désenchantement.

C'est cette attitude et ce que Philippe Meirieu en tire comme nouvelles interrogations ou conséquences qui en fait le prix: "en dépit de...", que peut-on dire - à l'instar de Philippe Meirieu- sur "Ce que l'école peut encore pour la démocratie?"

Eh bien, pour le savoir, le mieux est d'acheter l'ouvrage et de le lire. Il ne se résume pas, car ce n'est pas (et ce ne peut pas être pour Philippe Meirieu) un "traité". "Ce que l'école peut encore pour la démocratie", paru en août 2020 aux "Editions autrement", 270 pages, 20 euros.

Claude Lelièvre

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"Que se passera t-il en cas de Covid à l’école ?"

21 Août 2020 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

"Que se passera t-il en cas de Covid à l’école ?"

EXTRAITS

21 août 2020- Alors que la situation sanitaire se dégrade rapidement avec plus de 4000 cas de Covid 19 déclarés en France par jour, la rentrée aura bien lieu le 1er septembre pour les élèves. JM Blanquer refuse son report et annonce sur France 2 le 20 août de nouvelles consignes sanitaires pour les écoles et établissements : port du masque pour les adultes y compris en maternelle et pour les élèves au dessus de 11 ans. Moyennant quoi, il maintient la rentrée. Pour G. David, co secrétaire générale du Snuipp Fsu, ce maintien se fait au détriment de la préparation à la seconde vague épidémique.

(...)

Que se passera t-il en cas de Covid à l’école ?

Mais il envisage tous les cas de figure. « Si dans l’avenir on avait une plus grande circulation du virus, on pourrait avoir un peu d’enseignement à distance et de présentiel. On y est prêt », affirme le ministre. « Il pourrait y avoir un confinement partiel pour tenir compte de situations spécifiques ». En cas de découverte du Covid 19 dans une classe, « on fait des tests sur la classe et l’école » et on ferme au cas par cas, explique le ministre.

« Ce qui nous inquiète c’est ce scénario de zone verte ou rouge », nous dit Guislaine David, co-secrétaire générale du Snuipp Fsu, le premier syndicat du 1er degré. « Si le scénario passe au rouge, il faudra mettre en place de nouvelles règles immédiatement », relève t-elle. « C’est pour cela que l’on demandait le report de la rentrée, pour que les personnels puissent préparer tous les cas de figure ».

Un brassage limité mais maintien de la cantine

Une autre source d’inquiétude concerne le brassage des élèves. JM Blanquer dit qu’il y aura « une limitation du brassage des classes » tout en promettant que les cantines fonctionneront. La limitation du brassage était déjà recommandée par le protocole.

Pour Guislaine David, « sans interdiction du brassage des élèves, la question du traçage en cas de Covid 19 dans une classe va se poser ». Si les élèves sont mélangés la mise en quarantaine d’une seule classe n’a plus de sens.

Et la prime d’équipement informatique ?

G David « acte positivement  l’annonce de la prime d’équipement informatique » pour la nouvelle année civile. En fait JM Blanquer a juste dit que « le sujet est sur la table » et « qu’il a idée qu’elle se déclencherait au début de l’année civile ». Il reste à concrétiser cette idée , par exemple le montant de l’éventuelle prime.

JM Blanquer semble pris entre deux ciseaux. D’une part la montée en flèche de l’épidémie à quelques jours de la rentrée. De l’autre sa volonté de paraitre maitriser la situation et de ne pas changer l’organisation des écoles et établissements.

(...)

F Jarraud

 

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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Rentrée scolaire et Covid-19 : «Ce couperet, ça va être l’enfer»...

21 Août 2020 , Rédigé par Libération Publié dans #Education

Rentrée scolaire et Covid-19 : «Ce couperet, ça va être l’enfer»...

Alors que le 1er septembre est en vue, les parents appréhendent le retour de leurs enfants à l’école. Résignés ou angoissés, ils craignent de revivre l’expérience douloureuse du confinement.

Entre parents, des mots s’échappent à travers les masques : «La rentrée scolaire… L’angoisse absolue. Trop la trouille que les écoles et les crèches referment et de revivre ce qu’on a vécu : les enfants H24 sur le dos, la galère absolue pour travailler. Pitié, non», implore un père de deux enfants vivant à Paris. Souvent, la discussion s’arrête là. Vite, on change de sujet, comme pour se donner un peu de répit. D’ailleurs, jusqu’ici, la plupart des fils de discussion de parents d’élèves sur WhatsApp, ô combien actifs, sont en sourdine. «C’est presque drôle, j’ai l’impression que personne n’ose briser le silence. Perso, je suis dans une forme de déni, je le vois bien. Je fais tout pour ne pas y penser et reporter l’organisation à plus tard», raconte Esther, mère de deux petits, un à la crèche, l’autre à la maternelle en banlieue parisienne. Elle se surprend elle-même : «Avec mon conjoint, on est plutôt du genre à tout anticiper, mais cette fois, rien du tout. Aucun plan B. De toute façon, depuis le mois de mars, on ne peut plus faire de plan. C’est au jour le jour. Je crois que je m’y suis habituée.» Damien, père de deux enfants de 5 ans et 6 mois, est un peu sur la même ligne, dans une forme de résignation optimiste : «Pas d’autre choix que d’attendre de voir. On n’a pas de levier d’action de toute manière. Et pour l’instant, on ne sait pas grand-chose.»

Rhume

Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer était sur le plateau de France 2 jeudi soir, pour esquisser le tableau de cette rentrée sous l’ombre du Covid-19 (lire ci-contre). L’inquiétude des parents n’est pas tant celle d’une fermeture généralisée des établissements scolaires, mais plutôt d’un entre-deux, avec une école en pointillé. De se retrouver avec son enfant sur les bras au premier rhume ou à la première suspicion de Covid dans l’établissement. Sandra Hoibian, directrice du pôle évaluation et société au Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc), abonde : «Il y a l’école, mais aussi les activités périscolaires, tout est imbriqué.» Sachant qu’en prime, le recours aux grands-parents comme solution de sauvetage est déconseillé (aujourd’hui, 20 % des enfants sont gardés par leurs aïeux au moins une fois par semaine). «Pendant le confinement, tout le monde a pris sur soi, dans l’urgence, dit Sandra Hoibian. Mais à la longue, ce n’est pas tenable. C’est cela qui angoisse le plus les familles.»

Comme cette mère de deux filles, en CM2 et 5e à Marseille, qui raconte «ses palpitations» dès qu’elle entend le mot «rentrée». «J’ai acheté toutes les fournitures scolaires début juillet. En fait, j’avais ce besoin de me convaincre : c’est bon, l’école va reprendre comme avant. Plus ça va, moins je dors. Rien que de se dire que l’école peut fermer d’un moment à l’autre dès qu’un cas est avéré… Ce couperet, ça va être l’enfer.» Denise, parisienne, a eu une montée d’angoisse, un soir d’été : «On prenait l’apéro avec des potes. Le sujet de la rentrée arrive et là, j’ai senti une douleur dans le ventre. Limite, j’avais les larmes aux yeux.» Alors, dans sa tête, elle a élaboré un plan secret : «Je ne refais pas du télétravail avec les enfants. Impossible. Ce sera jour de congé, même du sans solde, tant pis.»

«Arrêts»

Sandra Hoibian du Credoc s’inquiète des conséquences : «Il y a un retour en arrière dans l’équilibre femmes-hommes.» Toutes les enquêtes convergent, les premières «ont été beaucoup plus nombreuses à prendre des arrêts de travail pour s’occuper des enfants pendant le confinement. Forcément, elles vont être plus touchées par les effets de la crise économique».

Sandra, qui vit à Barcelone avec ses deux enfants, a carrément lâché son emploi en prévision. «Je voulais déjà changer de boulot, tempère-t-elle. Ce n’est pas le moment, vu la crise économique, mais recommencer avec les enfants dans les pattes, je ne pouvais pas.» En Catalogne, raconte-t-elle, les autorités ont déjà annoncé qu’à partir de deux cas de Covid dans une école ou une crèche, l’établissement fermerait. «Je suis un peu résignée, je crois. Est qu’on arrête tous de vivre ?»

Marie Piquemal

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