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Vivement l'Ecole!

Comment les notes ont-elles pris tant d’importance dans le système scolaire ?

24 Août 2020 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education

Comment les notes ont-elles pris tant d’importance dans le système scolaire ?

EXTRAIT

Si des pédiatres ont exprimé leur inquiétude par rapport à « l'organisation de la rentrée telle qu'elle se profile » et si des enseignants demandaient un report de la rentrée de quelques jours, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a confirmé jeudi 20 août que les élèves reprendraient comme prévu le chemin de l'école le 1er septembre. Les aménagements nécessaires se feront au niveau local, en fonction des évolutions de la situation sanitaire.

Quoiqu’il en soit, que les élèves étudient dans leur établissement ou soient contraints de suivre une partie des enseignements à distance, il est une dimension qui ne varie pas : leur parcours d’études reste marqué par les bulletins de notes. On l’a vu avec la dernière session du baccalauréat, bouleversée par le confinement. Si les épreuves terminales ont été supprimées, l’évaluation a pris la forme du continu.

Comment les notes se sont-elles imposées dans le système scolaire ? D’où viennent-elles ? On ne parlera pas ici de l’évaluation au sens large, qui a toujours existé aussi bien dans la famille que dans l’école sous des formes diverses, mais bien de la notation chiffrée – qui permet éventuellement de songer à « mesurer », à « calculer », à faire des « moyennes », voire des « moyennes de moyennes ».

Corrections à l’encre rouge

On peut dire que ce sont les Jésuites qui ont introduit pour la première fois en France les bases de cette notation, au sein d’un système d’émulation très élaboré. Cela remonte aux XVIe et XVIIe siècles. L’organisation de l’appréciation des élèves dans le cadre de ce que l’on appellerait actuellement un « contrôle continu » a été codifiée dans le célèbre « Ratio studorium ». Le niveau, signalé par un chiffre de 1 à 6, permet d’ajuster et réajuster la composition des classes.

Certaines instructions données parallèlement à ce système sont tout à fait significatives :

« La méthode est, avec un crayon rouge, de barrer tous les mots où il y a l’erreur et de mettre vis-à-vis les chiffres 1,2,3 ; et puis ramassez le général. Par quoi, vous pourriez rendre compte à qui le désirerait, soit l’écolier soit le précepteur, de l’équité de votre censure. » (Marie-Madeleine Compère et Dolorès Praton-Julia, « Performances scolaires de collégiens sous l’Ancien Régime », INRP/Publication de la Sorbonne, 1992)

Ce type de consignes aura une pérennité surprenante. Par exemple, les Instructions du ministre de l’Instruction publique relative à la tenue d’un Cahier de devoirs mensuels dans les écoles primaires du 25 août 1884 précisent qu’« il importe que les devoirs soient corrigés à la marge par les instituteurs et qu’ils portent une note, qui pourrait être, pour la facilité des comparaisons, exprimée par un chiffre de 1 à 10 ». Et on sait que ces corrections seront faites à l’encre rouge.

On notera cependant que ces mêmes Instructions mettent en garde contre les dérives possibles de l’émulation :

« Habituer les élèves et les parents à mesurer les progrès de chaque enfant par comparaison non avec les autres, mais avec lui-même, de manière à proportionner le mérite non pas au succès mais à l’effort. »

Quatre ans plus tôt, l’arrêté du 16 juin 1880 avait stipulé que les épreuves d’orthographe, d’écriture, d’arithmétique et de rédaction du certificat d’études primaires seraient notées à partir de cette date sur dix points chacune, la « moyenne » étant exigée pour être admis aux épreuves orales.

(...)

Claude Lelièvre

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Une rentrée pas comme les autres - Séquence multimédia et interactive - Tous les jours jusqu'au 24 septembre 2020 dans La Croix et sur la-croix.com

24 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Une rentrée pas comme les autres - Séquence multimédia et interactive - Tous les jours jusqu'au 24 septembre 2020 dans La Croix et sur la-croix.com

A lire dans La Croix et sur la-croix.com

Tous les jours jusqu'au 24 septembre 2020

Septembre 2020 : Des millions d’élèves n’ont pas eu classe – ou bien si peu – depuis quasiment six mois, en raison de la pandémie de coronavirus.
Dans un contexte marqué par la crainte d’une deuxième vague, bien des questions taraudent parents et enseignants, chefs d’établissement et responsables éducatifs.
Comment se remettre dans le rythme ? Comment relancer la dynamique des apprentissages, sans laisser les plus fragiles sur le bord du chemin ?
Dans quelle mesure intégrer aux pratiques d’enseignement des outils numériques qui ont permis à une partie des professeurs d’assurer un réel suivi pédagogique malgré le confinement ?
Comment réinventer les relations entre familles et enseignants, tandis que la crise a mis en lumière l’impérieuse nécessité d’une coopération entre adultes, au service des enfants ?
Pendant quatre semaines, ces questions seront au cœur d’une séquence multimédia et interactive nourrie de reportages, d’interview, d’enquêtes, de témoignages sur cette reprise des cours bien singulière.
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Pour en finir avec les clichés scolaires...

24 Août 2020 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Pour en finir avec les clichés scolaires...

EXTRAITS

« Prendre la photographie à contre-emploi », c’est l’intention d’Olivier Culmann pour cette série. Ne pas isoler les collégiens et les lycéens (et leurs enseignantes) dans l’image de l’élève studieux, perturbateur, ennuyé, fatigué, rêveur ou appliqué. Ne pas non plus livrer la planche-contact qui, comme un film, raconterait une scène. Mais, dans un même cadre, saisir des expressions, des sentiments. Mouvants comme la vie, surtout à l’adolescence.  

10 décembre 2014. Collège et lycée Montaigne à Amiens, en Picardie.

« Une idée, aussi vieille que tenace, voudrait que la photographie montre la réalité du monde. Or, on sait bien qu’à partir du moment où le photographe privilégie un cadre et dans l’instant qu’il choisit de figer, l’image qui nous est proposée s’avère éminemment subjective », écrit le photographe Olivier Culmann pour expliquer l’intention de cette série intitulée Passages« Est-ce à dire que la photographie est forcément mensongère ? Non, sauf si son auteur se veut malhonnête, mais il faut comprendre qu’elle est la proposition d’une vision singulière et personnelle du monde. C’est en cela, selon moi, qu’elle est passionnante.

C’est pourquoi, travaillant sur la jeunesse et l’éducation – sujets connaissant nombre de clichés et d’a priori –, j’ai volontairement choisi de prendre la photographie à contre-emploi. Plutôt que de figer une situation et de la traduire ainsi en une seule et symbolique image, j’ai pris le parti de laisser les éléments vivre et évoluer librement dans mon cadre. Une situation ne se résumera donc pas en une seule image, mais en une multitude, pouvant ainsi raconter tout… ou son contraire.

À chacun d’y choisir sa vision, positive, négative, optimiste, pessimiste, nuancée, catégorique ou simplement multiple de ces adolescents si riches en attitudes, gestuelles et émotions dans cet âge passage. »

(...)

Olivier Culmann

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"Les écarts entre les élèves se sont creusés" : après le confinement, les enseignants face à la grande inconnue de la rentrée...

24 Août 2020 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

"Les écarts entre les élèves se sont creusés" : après le confinement, les enseignants face à la grande inconnue de la rentrée...

Les professeurs s'apprêtent à retrouver leurs élèves. Après la situation inédite causée par l'épidémie de coronavirus, ils vont devoir faire face à des niveaux disparates et des classes à remotiver. 

De sa jolie écriture de maîtresse de CP, le programme de rentrée de Nathalie Ribierre est déjà rédigé. "9 heures : accueil des élèves ; 10 heures : ils devront reconnaître leur prénom. Ça permettra de voir où ils en sont niveau lecture", lit l’institutrice sur son "cahier-journal". Son cartable ? "Bien sûr qu’il est prêt !" Il s'agit à peu près des seules choses que celle qui enseigne dans une école de Gironde est sûre de ne pas changer. A deux semaines de la rentrée, le protocole sanitaire, précisé jeudi 20 août par le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, reste soumis à des changements.

Autre défi de taille : l'accueil d'enfants qui ont déserté depuis de longs mois les bancs de l'école. Jean-Michel Blanquer répète que tous les élèves sans exception doivent faire leur retour en classe mardi 1er septembre après plusieurs mois d’enseignement à distance ou d’école buissonnière. Pour les professeurs, cette rentrée constitue un grand saut dans l’inconnu. Dès la rentrée, ils vont pouvoir évaluer les résultats de la "continuité pédagogique" établie tant bien que mal pendant le confinement. Difficile de savoir à quoi s'attendre. 

Des "vacances apprenantes" aux "stages de réussite"

Préoccupée par la nécessité de remobiliser les troupes en vue d'une rentrée qu'Emmanuel Macron souhaite "quasi normale", l’Education nationale avait tout prévu avec plusieurs dispositifs censés accompagner la reprise des élèves. Le programme "Vacances apprenantes" a été mis en place pour offrir à un million d’enfants* des colonies de vacances gratuites et pédagogiques. Le ministère a également beaucoup communiqué sur les "stages de réussite", des sessions de remise à niveau tenues par des volontaires lors des première et dernière semaines des congés d’été.

Cela demeure néanmoins insuffisant pour compenser tous les retards enregistrés par les élèves pendant le confinement, selon de nombreux enseignants. "Nous avons demandé à mettre en place des 'stages de réussite' dans notre école début juillet et fin août. Les autorités académiques ont refusé, estimant que nous n’étions pas prioritaires sur ce dispositif réservé d’abord aux zones sensibles", gronde Yannick Doux-Gayat, directeur d'une école maternelle dans le Tarn-et-Garonne. Une fois déployés, ces stages n'ont pas forcément convaincu les professeurs. "La petite dizaine d'élèves présents n'étaient pas les plus en difficulté. Ceux qui avaient décroché pendant la période de confinement ne sont pas venus", regrette Nathalie Ribierre, qui a animé une session début juillet.

Le verdict de l'enseignement à distance

La rentrée s'annonce brutale, pour les professeurs comme pour les élèves. La grande inconnue concerne les acquis, après cette période d'enseignement à distance. Le retour en classe a un goût d'examen de passage : les enfants vont être évalués sur ce qu'ils ont réussi à retenir... et les professeurs sur leur pédagogie numérique établie dans l'urgence de façon plus ou moins artisanale. Dans un lycée de Saint-Denis, la professeure de biotechnologie Alice Aubey* et ses collègues se sont concertés dès la fin juin pour savoir quelles notions avaient été abordées, quels élèves avaient décroché. "Mais nous n’avons pu ni les évaluer ni réaliser d’examen type. Ce n’est pas parce qu’une notion a été évoquée qu’elle est acquise", s’inquiète l'enseignante. Seuls devant leur ordinateur, les jeunes ont dû aborder des programmes lourds, soudain très abstraits.

En prévision des retards accumulés par les élèves, elle compte, comme le recommande l’Education nationale, consacrer le premier trimestre aux révisions des connaissances de l’année précédente. "On va être plutôt 'soft' dans un premier temps. Mais très vite, il faudra accélérer", précise Alice Aubey. A un an du baccalauréat, les élèves de terminale doivent essayer de rattraper le temps perdu. "Lorsque le nouveau programme pour la filière technologique, dans laquelle j'enseigne, a été publié l'an dernier, on s'est dit qu'il serait compliqué de le finir. Avec le confinement, c'est mission impossible", estime la professeure. Le programme n’a pas été allégé malgré l'épidémie. Interviewé sur France Inter fin juillet, le ministre de l’Education nationale a même souligné que son objectif était de "rehausser le niveau général", et non de "baisser les exigences".

Des élèves "ont totalement décroché"

Le pari est ambitieux, surtout sur fond d'inégalités devenues encore plus criantes pendant le confinement. Fin juin, Yannick Doux-Gayat a vu revenir dans son école des élèves avec des écarts de niveau inquiétants. "Certains enfants bien encadrés ont été poussés à fond et sont devenus encore plus brillants, d'autres n'ont pas été suivis du tout et ont totalement décroché. Les écarts se sont creusés", explique-t-il. La difficulté d'accéder à une connexion internet satisfaisante dans son village a eu une incidence : "Les enfants qui n’ont pas pu ouvrir les vidéos explicatives publiées par leurs professeurs n'ont pas pu comprendre seuls certaines notions et présentaient de réelles fragilités sur les points abordés pendant le confinement." Dans sa classe de grande section, nombreux étaient les élèves à ne pas avoir les acquis phonologiques et le vocabulaire nécessaires pour pouvoir apprendre à lire et aborder sereinement le CP. "Un enfant de maternelle ne peut pas, seul devant une fiche, apprendre les sons et les lettres de l'alphabet s'il n'y a pas un adulte formé, présent pour lui expliquer", pointe Yannick Doux-Gayat.

"Cette rentrée va être très violente pour les enfants !"

Nathalie Ribierre, institutrice en Gironde à franceinfo

"La rentrée est un jour très important, très angoissant pour tout le monde. Il ne va pas falloir se donner de trop grands objectifs dans un premier temps, afin de ne pas angoisser les parents et les élèves. La régularisation va se faire sur l’année", estime Guislaine David, secrétaire générale du Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC.

En parcourant la liste de sa classe de CP, Nathalie Ribierre, en Gironde, s’inquiète. "Normalement, les maternelles viennent visiter l’école élémentaire, voir la cour avec les CM2, le 'self' de la cantine... Or, la plupart de mes élèves ont quitté l’école en février. Ils auront oublié les gestes barrières, les exigences de la vie en collectivité, note leur future maîtresse. Ils vont être projetés dans l’enfer de l’école, avec cette pression de devoir apprendre à lire !"

Retrouver le bon rythme

Les professeurs se posent aussi des questions quant à la capacité des élèves à se remettre au travail. Voilà six mois que leurs habitudes ont changé : laissant traîner une oreille au début des classes en visioconférence pendant le confinement, Alice Aubey a ainsi découvert que certains étaient désormais abonnés aux nuits blanches. "Il était 8 heures, une élève se vantait s’être couchée à 5 heures, son amie a répliqué qu’elle n’avait pas encore dormi. Ils n’ont plus ni rythme ni habitudes de travail", regrette l’enseignante.

"Certains élèves n'ont pas mis de réveil depuis six mois !"

Alice Aubey, professeure de biotechnologie à Saint-Denis à franceinfo

Le confinement a aussi eu des conséquences personnelles pour les élèves. "Ces mois ont été très éprouvants. Ils ont été seuls, enfermés chez eux sans voir leurs amis, face à leur contexte familial, avec un contexte extérieur très anxiogène, poursuit Alice Aubey. Maintenant, il va falloir trouver comment les reconcentrer. Car au lycée, ils doivent grandir d'un coup, devenir responsables et penser à leurs projets post-bac !"

Après plusieurs mois de solitude devant un ordinateur, les élèves vont avoir besoin de ce qui a le plus pêché ces derniers mois : un accompagnement personnalisé, en chair et en os. Nombre d'enseignants envisagent de mettre en place des groupes de niveau (une méthode déjà appliquée avant le confinement), faute de pouvoir assurer un réel suivi individuel. "Pendant le confinement, il n’y a pas eu deux situations familiales semblables dans ma classe. Un bon élève avait totalement disparu des radars, un plus faible s’accrochait, une autre n’avait rendu aucun devoir mais travaillait de son côté…", soupire Catherine Lafont, qui enseigne l’histoire-géographie dans un collège de l’Hérault.

"Il faudrait faire des révisions au cas par cas, mais comment se diviser en 27 ?"

Catherine Lafont, professeure d'histoire-géographie dans un collège à franceinfo

La promesse de l'Education nationale de fournir 1,5 million d'heures supplémentaires pour renforcer l’accompagnement des élèves en difficulté demande à être précisée. "On ne sait pas à quoi ça va correspondre, qui va les animer. Les remplaçants, comme ils l’ont annoncé ? Il n’y a pas d’effectifs suffisants pour assurer tous les remplacements !", soupire Guislaine David. "Il y a eu beaucoup d’annonces, mais ça ne va pas être suffisant pour rattraper tout ce qui doit l’être. Cela concerne trop peu d’élèves."

Il revient donc aux enseignants de redoubler d’efforts pour récupérer les élèves. Chacun fait avec les moyens du bord. A Meaux (Seine-et-Marne), Myriam Défontaine, qui enseigne l’économie dans un lycée, a prévu une première semaine "mi-loisirs, mi-pédagogique" pour remettre ses classes progressivement au travail et pouvoir cibler les difficultés. "On va faire des ateliers au musée, je pourrai voir quels sont leurs besoins et créer un programme de remédiation adapté", prévoit l’enseignante. Alice Aubey compte pour sa part miser sur l’expression orale pour autonomiser les élèves. "Une transition pour qu'ils reprennent confiance en eux et qu'ils soient dynamiques", explique la professeure. Catherine Lafont réservera la première semaine à une formation au numérique, pour "limiter la casse" en cas de reconfinement. Au programme : envoyer des mails, convertir un fichier en PDF, naviguer sur internet… Reste que, quoi qu’il arrive, "il faudra improviser".

* Le prénom et le nom ont été modifiés.

* "Vacances apprenantes prévues pour 1 million d'enfants mais qui, d'après le premier ministre, n'en auraient touché que 125 000

CC

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Mark Knopfler...

23 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Muriel Barbery...

23 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

La musique des pins l’enveloppa comme une liturgie, la noya dans les branches griffues, les torsions en pointe d’aiguilles souples ; une atmosphère de cantique flottait, le monde s’aiguisait, elle perdait la notion du temps. La pluie reprit, fine et régulière, elle ouvrit son parapluie transparent – quelque part en lisière de sa vision, quelque chose s’agita. Ils passèrent le porche, il y eut un autre coude vers la droite puis, devant eux, une allée. Longue, étroite, bordée de buissons de camélias et de rampes de bambous par-dessus une mousse argentine, cernée, à l’arrière, de hauts bambous gris, surplombée d’un arceau d’érables, elle menait à un portail à toit de chaume et de mousse où on avait planté des iris et où s’alanguissait la dentelle des feuilles. C’était, en réalité, plus qu’une allée ; un voyage, se dit Rose ; une voie vers la fin ou vers le commencement.

Muriel Barbery - Une rose seule

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La réforme des rythmes scolaires 2012-2017 - Par Jean-Paul Delahaye

23 Août 2020 , Rédigé par Médiapart Publié dans #Education

La réforme des rythmes scolaires 2012-2017 - Par Jean-Paul Delahaye

EXTRAITS

La réforme des rythmes scolaires 2012-2017[1]

3. La réforme portée par Vincent Peillon en 2012-2014 répond point par point aux différentes demandes formulées depuis 2010.

A l’été 2012, Vincent Peillon réunit une grande concertation nationale pour la refondation de l’école (avec des représentants des enseignants, des parents, des élus, des associations, des experts…). La conclusion concernant les rythmes scolaires (groupe de travail animé par Agnès Buzyn) est une nouvelle fois sans ambiguïté : « En primaire, le nombre d’heures de cours ne doit pas excéder 5h par jour […] Augmenter à l’école primaire le nombre de jours de classe, par la mise en place d’une semaine de quatre jours et demi. La demi-journée supplémentaire serait le mercredi, avec possibilité de dérogations au niveau des communes »[2]. Parce que la réforme des rythmes scolaires ne concerne pas que l’école, le ministre de l’éducation nationale demande au premier ministre, fin août 2012, une réunion interministérielle en suggérant une liste des ministres potentiellement engagés (Jeunesse et Sports, Culture, Intérieur, etc.). Cette réunion, pourtant essentielle pour la mise en œuvre de nouveaux rythmes pour les enfants, ne sera jamais organisée.

L’automne 2012 est consacré à la préparation de la réforme avec tous les partenaires. De nombreuses réunions au ministère permettent plusieurs rencontres avec les collectivités territoriales, les parents, les représentants des personnels, les autres services de l’Etat, le monde associatif. Contrairement à l’annonce brutale du passage aux quatre jours en 2007, brutalité qui n’avait gêné personne, la réflexion pour le retour aux quatre jours et demi aura duré au total 3 années (2010-2013). Jamais au final une réforme n’aura été autant annoncée, préparée, concertée.

(...)

Le décret répondait point par point aux différentes demandes formulées depuis 2010. Il définissait un cadre national laissant des marges d’organisation sur le plan local (Jacques Pélissard s’en félicite d’ailleurs dans son allocution au congrès des maires de France en novembre 2012). Il élargissait la capacité d’initiative aux municipalités en plus des conseils d’école. Il prenait en compte des différents temps de l’enfant à travers le projet éducatif territorial. Il donnait une souplesse locale à travers les dérogations possibles. Il créait les activités pédagogiques complémentaires qui venaient s’ajouter aux 24 heures d’enseignement hebdomadaires.

(...)

L’absence de revalorisation immédiate du salaire des enseignants est évidemment une donnée essentielle qui explique en grande partie le vote négatif des syndicats. Cette absence de soutien à la réforme de leur part, malgré les prises de position passées, a été un handicap déterminant. Ce retournement de position s’explique par les remontées négatives que les syndicats enregistrent dans leur base dès l’annonce, à l’automne 2012, des modalités concrètes de mise en application de la réforme. La semaine de 4 jours est considérée par la base comme un acquis social. La « priorité au primaire » affichée par le gouvernement se traduit, d’abord, dans ce que vivent les enseignants du premier degré dans les premiers temps du quinquennat, qu’ils estiment être une dégradation de leurs conditions de travail impossible à accepter.

A partir de ce moment, les syndicats cessent de porter la réforme. Ils la contestent au contraire sous des motifs divers et souvent contradictoires (mauvaise préparation, concertation insuffisante, pas assez de marges locales, trop de marges locales, risque de fatigue des enfants…). Poussés par une base qui ne se sent nullement engagée par les prises de positions de leurs syndicats depuis 2010, base qui demande une contrepartie financière à la matinée supplémentaire que le ministre ne peut leur accorder, les responsables nationaux ont radicalement changé de posture.

Mais, ce qui a été oublié depuis, c’est que l’aménagement des rythmes scolaires a aussi permis de réorganiser le temps de service des enseignants en confortant le temps de concertation et de travail en équipe éducative dans le cadre des 27 heures règlementaires. Et si, depuis 2013, le service des professeurs des écoles comprend comme auparavant 24 heures hebdomadaires d’enseignement, auxquelles s’ajoutent 108 heures annuelles dévolues à des activités complémentaires et au travail collectif et aux réunions, au total, le temps de présence des enseignants du premier degré devant les élèves est passé de 26h à 25 h, ce qui a été occulté et qu’il faut rappeler.

(...)

... On continue malgré tout à interroger les nouveaux rythmes, la fatigue qu’ils induisent… Manifestement on se trompe de débat »[4]. C’est ce que disait encore récemment le Sénat dans un nouveau rapport le 7 juin 2017 intitulé « Rythmes scolaires ; faire et défaire, en finir avec l’instabilité » qui demandait de « faire prévaloir l’intérêt de l’enfant » et de « conserver le principe d'une semaine scolaire d'au moins quatre jours et demi à l'école élémentaire »[5]. Ajoutons que, outre le bénéfice pédagogique pour les enfants de la cinquième matinée de classe, l’offre d’activités périscolaires a considérablement augmenté. Avant la réforme seulement 20 % des enfants en bénéficiaient. En 2016-2017, ils sont plus de 70 %[6] !

Mais tout cela n’a pas empêché le « nouveau monde » autoproclamé et élu en 2017 de balayer l’intérêt des enfants et de restaurer ce qu’il faut bien appeler « l’ancien monde » des adultes de 2008.

Jean-Paul Delahaye, ancien conseiller spécial de Vincent Peillon et ancien directeur général de l’enseignement scolaire (2012-2014).

(...)

Le billet complet (et les deux qui ont précédé) sont à lire - absolument! - en cliquant ci-dessous

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Lisza... Canta querida...

22 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Celia Levi...

22 Août 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Celia Levi...

Il y eut une réunion de quartier, car il y avait des suspicions de cas de gale et de tuberculose. Des articles paraissaient dans la presse. Matteo disait que ses recettes allaient chuter, qui s’assoirait aux tables de la buvette ? Les gens payaient pour une vue sur le canal, pas pour une vue sur les détritus. La situation ne pouvait pas durer plus longtemps, la direction de la Tannerie s’inquiétait car les tentes jouxtaient les cabanons. Leroy se trouvait dans une situation embarrassante. Il travaillait en étroite collaboration avec des collectifs de migrants, il était impossible d’être brutal, d’envoyer des CRS pour les déloger, cela risquait de nuire à l’image humaniste du lieu. Il fut décidé au plus haut niveau d’apporter tout le soutien possible aux réfugiés. Une grande banderole où était inscrit « MA bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouches. Ma voix la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir. – Aimé Césaire » fut installée à l’entrée. Certes la phrase était sibylline mais c’était un beau geste, selon le personnel.

Celia Levi - La Tannerie

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