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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Nina Bouraoui...

8 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Tous les hommes désirent naturellement savoir Je rencontre Nathalie R. au Kat, je vais partir, elle me suit, me donne son numéro de téléphone, me fait promettre de l’appeler, je promets, je prends le ticket de vestiaire sur lequel est écrit son numéro, elle ne me croit pas, elle est sûre que je ne l’appellerai pas, au moins elle aura essayé, le dit, n’a pas honte de le dire, cela me touche, je ne sais pas pourquoi, d’habitude c’est moi la faible, je déteste d’ailleurs, ce n’est pas ça la vie, la vraie vie des sentiments, d’égal à égal, sans rapports de forces et de pouvoir ; je m’en vais, je l’appelle, quelques heures plus tard nous avons rendez-vous aux Deux Magots, j’ai peur de ne pas la reconnaître, qu’elle ne me reconnaisse pas, nous nous reconnaissons, c’est une bulle dans le café, c’est une bulle dans la ville, c’est une bulle au-delà, ça existe et ça n’existe pas, elle porte une veste en cuir et une jupe, j’aime ses mains et son alliance, je baisse les yeux à chaque fois qu’elle me parle, je ne suis pas timide, je n’ai pas honte, je suis troublée, je ne sais pas qui elle est, je n’ai pas besoin de savoir, parce que je sais qui je suis, c’est moi que j’aime près d’elle, je veux la suivre, je n’ai plus peur, c’est aussi ça qui me trouble, j’ai changé, je veux tout connaître, tout comprendre, tout essayer, je n’ai rien à perdre, mais je ne veux pas me perdre, je veux tout gagner, tout prendre ; elle habite impasse Passy, je peux passer la nuit avec elle si je le désire, parce qu’elle, elle le désire vraiment, je me dis que je n’ai pas le choix, je dois la suivre, lui faire confiance, je dois vivre ce qu’il y a à vivre, des minutes ou des heures, des instants ou un avenir, peu importe, seul le plaisir compte, ce ne sera peut-être pas pour une nuit, il y aura peut-être des jours aussi, plus beaux, plus doux, il faut essayer, même s’il se peut que l’on se trompe, qu’elle se trompe, que je me trompe, si on n’y va pas, on ne saura pas, si l’on ne se jette pas à l’eau, on ne sait pas que l’on sait nager ; elle règle l’addition, elle m’emmène, je dois me laisser faire, l’écouter, sa main à mon cou, le cuir sous la mienne, dans la vie il ne faut pas trop réfléchir, sinon on manque sa chance et on déçoit son espoir, elle m’a repérée depuis longtemps, ne devrait pas le dire, mais puisqu’elle dit tout, elle est ainsi, elle a toujours foncé, tant pis pour les accidents, les erreurs, les faux pas, elle s’est étonnée de voir une fille si jeune dans ce genre d’endroit, cela lui a plu, lui plaît, je suis courageuse ou très sûre de moi, elle ne veut pas le savoir, mais c’était plutôt touchant de me regarder au bar, assise, seule, à attendre que quelque chose arrive, qu’une main se tende, elle n’a jamais trouvé ça triste, bien au contraire, la tristesse c’est de ne pas oser ; elle conduit une Fiat 500 bleu marine, la main posée sur ma cuisse, Paris est une terre étrangère et ma campagne, je vois des fleurs et des dunes, je vois l’océan et les falaises, je vois la pierre et l’eau qui ruisselle place de la Concorde, je sens l’odeur du parfum, la vitesse dans les virages, le vent qui n’est ni gifle ni caresse quand je baisse la vitre de sa voiture, je suis l’air et le métal, l’asphalte et l’oxygène, je suis l’esclave libre de mon désir ; dans sa chambre le jour se lève déjà, les nuages forment des ombres sur les murs, j’occupe le centre du monde, je suis le roi, je suis la reine, je suis mariée à moi, mon corps contre son corps, ma peau contre sa peau, son souffle et ses silences, son odeur se mélange à mon odeur, je suis avec elle et elle est avec moi, elle est en moi et je suis en elle, rien ne nous sépare et tout s’éloigne, le bruit de la ville qui bouge, l’aube et ses mauves, le vent sous le toit, le poids de l’inconnu, je suis toujours la même et pourtant différente parce que je m’abandonne à l’emprise du rêve éveillé, je désire maintenant et je suis désirée, je suis sans passé, sans avenir et sans témoin, je pourrais disparaître entre ses mains et pourtant je renais.

Nina Bouraoui - Tous les hommes désirent naturellement savoir

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Les «vacances apprenantes» n'ont pas la cote...

8 Juillet 2020 , Rédigé par Slate Publié dans #Education

Les «vacances apprenantes» n'ont pas la cote...

EXTRAITS

Cette période de l'année permet normalement aux enfants et ados d'échapper à toutes les obligations scolaires, même sans partir de chez soi.

Après des semaines chaotiques, les élèves auraient pu imaginer, comme leur proposait le ministre de l'Éducation nationale, de mettre à profit l'été pour reprendre pied, rattraper les apprentissages et renforcer un lien fragilisé avec l'école. Et puis apprendre dans un cadre un peu différent, ça peut paraître chouette... Mais l'accueil de l'opération «vacances apprenantes» semble plus que frais, avec des réactions franchement négatives sur les réseaux sociaux.

Lors d'un rendez-vous prévu avec la classe média que je marraine, j'ai abordé la question. Le petit groupe d'élèves a un avis globalement négatif. Une écolière, sautillant sur sa chaise, s'exclame à travers son masque:

– Madame, les vacances c'est pour se reposer!
– Mais on peut apprendre sans cours dans plein de situations de la vie, ça peut être agréable!
– Ah mais on veut faire ce qu'on veut nous, on veut pas être obligé de travailler!
– Mais quand tu étais petite, tu as bien appris à marcher, à parler, de mieux en mieux, simplement en grandissant, tu as pu faire tout ça naturellement...
– [Silence peu convaincu]

Pendant cette séance où l'on s'est raconté le confinement, plusieurs élèves m'ont dit en avoir profité pour faire des choses qui leur plaisaient, la cuisine par exemple. C'est aussi ce qui ressort des premières enquêtes sur le confinement, comme le montrent les résultats publiés par le laboratoire Bonheurs: l'école à la maison a pu être perçue comme l'occasion d'acquérir plus d'autonomie dans le travail et prendre du temps pour soi, avec ses ami·es à distance (jouer à Fortnite), s'adonner à l'écriture collaborative (notamment sur la plateforme Wattpad).

(...)

... les vacances apprenantes sonnent comme une punition. Personne n'est responsable de l'épidémie et du confinement qui a constitué une immense perte de liberté. Y ajouter la perspective d'avoir moins de vraies vacances est alors mal reçu.

Cette liberté, c'est tout ce qui manque aux enfants d'aujourd'hui, de l'école aux loisirs apprenants en passant par les SMS qu'on ne cesse de leur envoyer pour savoir où ils sont. Une liberté pourtant célébrée dans des romans jeunesse, un des plus beaux exemples étant La Gloire de mon père, où l'on peut s'imaginer courir dans la garrigue comme Pagnol, vivre ses propres expériences loin du regard des adultes, pédaler sans surveillance, faire des bêtises, jouer dehors, partager des paquets de bonbons achetés sur la monnaie des courses. Tout ce qui fait le sel de la vie, les meilleurs souvenirs et le parfum irremplaçable des premières libertés, un bonheur qu'on ne peut connaître qu'avec du temps, de l'espace et l'absence d'obligations.

Louise Tourret

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Baccalauréat - "Le niveau baisse"... Histoire d'une vieille rengaine...

8 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Baccalauréat - "Le niveau baisse"... Histoire d'une vieille rengaine...

Ecrit en 2006 et toujours d'actualité... Hélas.

« Le niveau baisse ! ». Ce cri est devenu le leitmotiv des détracteurs de l’Ecole: parents désespérés parce que  mal informés, professeurs aigris se consolant dans la lecture ou l’écriture de pamphlets mensongers, mais très « tendance », inspecteurs irascibles. Même la presse, en particulier télévisuelle, emboîte le pas aux « anti pédagogues ». Les interview de Jean Paul Brighelli face à des journalistes souvent complaisants furent à cet égard révélatrice de l’audience accordée à tous les poncifs véhiculés, dont ce trop fameux « le niveau baisse ! ».

Rien de nouveau sous le soleil pourtant.

En 1938, voila ce qu’écrivaient les collaborateurs de Jean Zay, Ministre de l’Education Nationale du Front Populaire (assassiné par les nazis avec la complicité de Vichy) : 

« On constate que la lecture courante n’est pas acquise à 10 ans par la moyenne des élèves. Dans les première et deuxième années du primaire supérieur (aujourd’hui 6ème et 5ème), nombre d’élèves n’ont pas la perception rapide et globale des mots et des phrases qui seule permet une lecture courante et intelligente ».

Toujours en 1938, ces propos sont devenus « Instructions du 20 septembre relatives aux arrêtés du 23 mars 1938 » et concernant l’apprentissage de la lecture (Bibliothèque pédagogique EDSCO, Editions scolaires, Chambéry 1950, Edition Originale, page 30)

« LECTURE ET RECITATION. –  (…) Des constatations faites dans de nombreuses écoles, il résulte que « la lecture courante » n’est pas complètement acquise à 10 ans par la moyenne des élèves. (…) Dans la deuxième année du Cours supérieur et même dans la première année des écoles primaires supérieures, on voit encore des élèves qui n’ont pas cette perception rapide et globale des mots et des phrases qui seules, permet une lecture courante intelligente »

Enfin, j’ai pris le plaisir de comparer les programmes de Français suivants :

  •        Programmes et Instructions de l’Enseignement Primaire » en rapport avec l’enseignement du Français : 1923, 1938, 1945, 1946, 1947

                                                                   ET

  •  Instructions officielles « Cycle des approfondissements Cycle 3, Bulletin Officiel de l’Education Nationale hors série Numéro 1 du 14 février 2002 (Instructions en vigueur actuellement)/Toujours uniquement en ce qui concerne l’enseignement du Français
  • Rien que sur le plan quantitatif, les instructions 2002 sont TRES NETTEMENT plus denses que celles de 1947 et antérieurement, contrairement à toutes les idées reçues qui courent les salles de professeurs.
  • Concernant l’enseignement de l’Histoire en Ecole Primaire/Cycle 3, là encore CONTRAIREMENT AUX IDEES RECUES, cet enseignement est CHRONOLOGIQUE !

BOI 14 FEVRIER 2002, page 21 :

Objectifs : (…) Le respect du déroulement chronologique, jalonné par des dates significatives, y est donc essentiel et constitue l’une des bases de l’approche historique.

Programme : (…) La programmation (…) doit respecter l’ordre chronologique et ne négliger aucune période, y compris la plus récente.                                                

Compétences (devant être acquises en fin de cycle)/Page 23 : Etre capable de distinguer les grandes périodes historiques, pouvoir les situer CHRONOLOGIQUEMENT (…).

Je pourrais encore apporter bien des preuves, par un travail comparatif, que les programmes actuels et leur application n’ont strictement rien à envier à ceux de 1947. La crainte de la dégradation de la qualité de l’enseignement est plus vieille encore que l’Ecole gratuite, laïque et obligatoire. Ces textes montrent si besoin est à quel point les « adorateurs » d’un age d’or de l’Education Nationale se trompent et nous trompent.

(J’accuse au passage, à la lumière de mes propres recherches et à la lumière des recherches présentées plus avant, tous ces enseignants aigris, véritables révisionnistes du passé, mensongers sur le présent et uniquement soucieux de leur petite part de « gloire » au travers de leurs écrits médiocres, de n’agir qu’à des fins idéologiques.)

Curieusement, il existe très peu d’études scientifiques sur les niveaux comparés des élèves du début du XXème siècle et d’aujourd’hui. Quelques indications néanmoins :

  •        1973 : François Ters, Orthographe et vérités, Paris, ESF, 1973 : Celui-ci a comparé les résultats sur une même phrase dictée aux élèves des cours moyens en 1904 et 1965. L’avantage revient à ces derniers.
  •        L’INRP (Institut National de la Recherche Pédagogique) s’est intéressé aux performances en Mathématiques des enfants de cours moyens 1957, 58 et 61 d’une part, 1970, 77, 78 d’autre part, 1997, 98 et 99 enfin. La conclusion est sans appel : « Les enfants savent aussi bien faire des opérations qu’il y a 20, 30 et 50 ans. En géométrie, ils sont très nettement plus performants »
  •        Louis Legrand, Chercheur en Sciences de l’Education, a observé qu’un enfant de 1990 devait en savoir et en assimiler beaucoup plus que son petit camarade de 1900, tout programme comparé.

La prétendue « baisse de niveau » est bien un fantasme engendré par une société inquiète de son avenir et de son Ecole. Depuis les années 1975/80, les rumeurs persistantes sur le thème « France, ton enseignement fout le camp ! » sont véhiculées parallèlement à la mise en place de la démocratisation de l’Ecole et à la baisse du prestige social du corps enseignant. Les maîtres ne sont plus les notables considérés d’avant guerre. Plus grave même, plutôt que d’avouer leurs faiblesses, pourtant compréhensibles, plutôt que de confronter leurs difficultés pour les résoudre EN EQUIPES, beaucoup d’enseignants en rejettent la responsabilité sur leurs élèves ou sur les pédagogues dont, il faut le dire et le redire, un nombre infime de propositions a été effectivement appliqué.

En retour, les parents légitimement sensibles à ces difficultés, accusent l’Ecole. Professeurs d’Ecole, Professeurs de collèges et lycées, parents, tous se renvoient la balle, convaincus à la longue que « le niveau baisse ». Longtemps, encore aujourd’hui d’ailleurs, on a cru que ces difficultés d’apprentissage, réelles pour certaines, fantasmées pour d’autres, résultaient d’une querelle de méthodes pédagogiques et qu’une fois l’affaire réglée, on n’en parlerait plus ! Malheureusement aucune lumière n’a jamais jailli des disputes entre tenants de la méthode globale de lecture (jamais appliquée) et tenants de la méthode alphabétique ou syllabique (B-A- BA).

Christophe Chartreux

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"JM. Blanquer redouble"...

8 Juillet 2020 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

"JM. Blanquer redouble"...

EXTRAITS

(...)

Un ministre pourtant usé

E Macron garde son ministre de l’Education nationale et élargit son empire aux sports, avec une secrétaire d’Etat, Roxana Maracineanu, l’ancienne ministre des sports. Jean-Michel Blanquer n’est pas le premier ministre de l’éducation dans cette configuration. René Billère, Lionel Jospin, par exemple, ont tenu ces trois ministères.

Cette décision a pu surprendre. JM Blanquer semblait usé dans la fonction. Selon le Baromètre Unsa seulement 6% des enseignants soutiennent les réformes portées par JM Blanquer, un taux historiquement bas. Recul historique de la confiance aussi chez les cadres de l’Education nationale, majoritairement hostiles aux réformes. Des hauts fonctionnaires du ministère ont protesté contre sa direction ce qui ne s’était jamais vu. Pire encore, il a aussi perdu la confiance des parents selon plusieurs sondages qui le créditent de 20% de satisfaits.

A cela plusieurs raisons.  Des enseignants se plaignent de l’autoritarisme du ministre, inscrite dans la loi Blanquer, des promesses de revalorisation non tenues et de la prolétarisation du métier enseignant de plus en plus cadré par des « guides » ou des évaluations à suivre à la lettre. Il y a aussi les ruptures éthiques qui se multiplient : notes inventées au bac 2019 puis 2020, reconnaissance officielle des évaluations des établissements privés hors contrat aux examens de 2020.

Des politiques inefficaces

Parents comme enseignants constatent que la politique menée depuis 2017 n’a pas montré d’efficacité. C’est le cas par exemple des dédoublements en CP CE1.  Ces dédoublements ont consommé des milliers de postes, largement prélevés sur des dispositifs plus efficaces du 1er degré (les maitres +) ou dans le 2d degré. Or il n’y a pas d’amélioration significative des résultats des élèves. Le retour à la semaine de 4 jours dans le premier degré a réduit encore les journées d’enseignement alors que les heures d’enseignement en France sont les plus lourdes : on aboutit à des journées de classe trop chargées. La loi Blanquer sur l’obligation scolaire à 3 ans n’a en rien amélioré la scolarisation des enfants mais contraint les communes à payer les maternelles privées au détriment des écoles publiques. Même la petite loi sur les smartphones s’est avérée négative durant le confinement. Cette inefficacité est devenue flagrante durant la crise sanitaire où le ministre a publiquement perdu pied.

(...)

F Jarraud

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Education - Un Ministre maintenu en place par défaut...

8 Juillet 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Education - Un Ministre maintenu en place par défaut...

Remaniement : la «claque du siècle» et un «joli coup»

Pressenti pour l’Intérieur, Blanquer a été doublé par Darmanin. Dupond-Moretti, lui, était dans le viseur de Macron depuis un moment.

Hôtel de Matignon, intérieur jour, samedi : à l’heure du déjeuner, Jean-Michel Blanquer sort tout aise de son rendez-vous avec le nouveau Premier ministre. Depuis que le gros de la crise sanitaire est passé, le ministre de l’Education est en campagne. Justice ou Intérieur, il est disponible et le fait savoir. Avec Jean Castex, le courant passe très bien. Le remplaçant de Christophe Castaner Place Beauvau, «ça devrait être toi mais ce n’est pas bouclé», vient de lui glisser le chef du gouvernement. C’est au conditionnel, mais l’horizon semble dégagé.

Hôtel de Matignon, intérieur soir, dimanche : Gérald Darmanin sort de son entrevue avec Castex. Les deux hommes ont en commun d’être proches de Xavier Bertrand et de Nicolas Sarkozy. Après avoir clamé son amour du régalien dans tous les cénacles gouvernementaux depuis dix-huit mois, Darmanin semble se satisfaire d’un «grand» ministère des Affaires sociales. Il a obtenu de récupérer le dossier des retraites, jusqu’alors dévolu au ministère de la Santé. Mais «cela pourrait encore bouger», lui confie Castex.

Pied dans la porte

Lundi matin, pour les membres du gouvernement, les promotions de Blanquer et de Darmanin sont donc acquises. Mais le doute s’est instillé au sommet de l’Etat : vu la crise avec les forces de l’ordre, Blanquer a-t-il la poigne qu’il faut pour remettre les choses d’équerre ? «Le Premier ministre n’était pas totalement convaincu par son profil, confirme après coup un conseiller. Blanquer est… trop rond.» Le fait qu’il se soit mis les profs à dos depuis trois ans et pendant le confinement pèse dans la balance : avec les policiers, ce sera un autre pastis. Puisqu’elle s’entrouvre, Darmanin met le pied dans la porte : tout bien réfléchi, il veut Beauvau… ou rien.

«Cela s’est fait très calmement, raconte un conseiller. Il n’a pas haussé le ton, il a juste dit : "C’est ça où je retourne dans le Nord."» Darmanin emporte le morceau. «Il a eu plusieurs choix, il n’y a pas eu de guerre au couteau avec Blanquer», temporise un conseiller élyséen. Le ministre de l’Education ne sera appelé qu’en toute fin de journée, juste avant l’annonce officielle du nouveau gouvernement.

«Il s’est pris la claque du siècle mais heureusement pour lui, personne n’en parle», raconte un membre du gouvernement. Car depuis lundi soir, tous les regards sont braqués sur les nouveaux «people» du gouvernement, Roselyne Bachelot et, surtout, Eric Dupond-Moretti, que personne n’a vu venir - «la surprise du quinquennat», selon un ministre - nommé garde des Sceaux. «Un joli coup», sourit-on à l’Elysée «Un atout énorme», dixit le nouveau porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Dupond-Moretti, c’est une grande gueule bien utile pour faire oublier les profils ternes et technos des débuts de la «start-up nation».

«A l’œil»

Un visage connu de tous les Français, squattant les plateaux télé et les scènes de théâtre. A l’Elysée, on démine toute précipitation ou coup de poker dans cette nomination. «Cela fait un moment que le Président a Eric Dupond-Moretti à l’œil. Ce n’est pas un nom sorti du chapeau de Nicolas Sarkozy», explique l’entourage présidentiel. Vu les préventions de la magistrature sur la star des prétoires, «le Président a un peu hésité» avant de toper avec «EDM». «Cela fait des mois qu’on nous dit que l’Elysée a la trouille du candidat populiste sorti de nulle part pour 2022, analyse un député proche de la majorité. Dupond-Moretti était taillé pour ce job. C’est plus malin de le faire entrer et de tuer les autres ambitions dans l’œuf.»

Laure Bretton

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Elvis Presley...

7 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Julia Kristeva... (et Colette)

7 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Sauver la maison de Colette participe non pas d'un culte, mais d'une initiation à la lecture de son oeuvre, dans laquelle la langue française est inséparable de l'espace et du temps, ressentis et incorporés. Une initiation à la lecture, tout simplement. Et je fais un rêve: en visitant la maison natale de Colette, les internautes dopés par hyperconnexions avec « éléments de langage », parviennent peu à peu à associer leurs mots dévitalisés aux choses, aux sensations, pourquoi pas à l'histoire. La glycine bleue, le muret, le noyer, le lilas, Sido avec son grand mot: « Regarde! » et le « coup de pied unique » du Capitaine amputé dans le chambranle de la cheminée en marbre...prennent corps. Nos paroles aussi. Par quelle magie la maison de Colette se prêterait-elle à cette incarnation? Mais parce que l'alchimie est déjà à l'oeuvre dans ses textes, plus immédiatement que chez d'autres écrivains, et que La Maison en est le « gîte », le « centre et le secret » où « je déchois de l'imposture ».
 
J’aime l’écriture de cette femme : c’est un plaisir immédiat, sans « pourquoi » , mais je veux pourtant tenter le pari d’une explication.
 
Colette a trouvé un langage pour dire une étrange osmose entre ses sensations, ses désirs et ses angoisses, ces « plaisirs qu’on nomme, à la légère, physiques » et l’infini du monde - éclosions de fleurs, ondoiements de bêtes, apparitions sublimes, monstres contagieux. Ce langage transcende sa présence de femme dans le siècle – vagabonde ou entravée, libre, cruelle ou compatissante. Le style épouse les racines terriennes et son accent bourguignon, tout en les allégeant dans une alchimie qui nous demeure encore mystérieuse. Elle-même l’appelle un «alphabet nouveau»,« puissante arabesque de chair ».
 
Provocante, scandaleuse par l’audace de ses mœurs et de son parcours, cette femme attachante refuse de s’enfermer dans un quelconque militantisme et ne prêche aucune transgression. Elle parvient à donner à son expérience de liberté sans complexe le langage d’une profusion maîtrisée par une rhétorique classique, qui renvoie les lecteurs modernes à la sérénité du miracle grec.
 
Fallait-il être l’étrangère que je suis pour se laisser fasciner par sa sorcellerie, qui ne serait donc pas seulement française, mais, peut-être, sait-on jamais, universelle?
 
Julia Kristeva - Le Génie Féminin, t.3, Colette (Fayard, 2002)
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Emmanuel Macron fait "une croix sur le vote enseignant en vue de 2022"...

7 Juillet 2020 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Emmanuel Macron fait "une croix sur le vote enseignant en vue de 2022"...

Jean-Michel Blanquer reconduit : Emmanuel Macron fait "une croix sur le vote enseignant en vue de 2022", estime la secrétaire générale adjointe du Snes-FSU

C'est "la confirmation" du "bien peu d'estime" dans lequel le président tient "les personnels de l'Éducation nationale", selon Sophie Vénétitay. 

"Confirmer Jean-Michel Blanquer" au poste de ministre de l'Éducation nationale, "c'est davantage un acte électoral" de la part d'Emmanuel Macron "visant peut-être à flatter sa base électorale" et "c'est peut-être aussi une façon de faire une croix sur le vote enseignant en vue de 2022", a estimé Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. C'est aussi, selon elle, "la confirmation que, vraisemblablement, le président de la République a bien peu d'estime pour les personnels de l'Éducation nationale", alors qu'"on sort d'une année extrêmement difficile".

franceinfo : La reconduction de Jean-Michel Blanquer au poste de ministre de l'Éducation nationale vous a-t-elle surprise ?

Sophie Vénétitay : Pas tant que ça. C'est la confirmation que, vraisemblablement, le président de la République a bien peu d'estime pour les personnels de l'Éducation nationale. On sort d'une année extrêmement difficile, marquée par plein de paroles un peu méprisantes, d'atermoiements sur le confinement et le déconfinement, et finalement, confirmer Jean-Michel Blanquer, avec même des compétences élargies puisqu'il récupère le sport, c'est davantage un acte électoral visant peut-être à flatter sa base électorale. Et c'est peut-être aussi une façon de faire une croix sur le vote enseignant en vue de 2022.

Mais était-ce vraiment le moment de changer de ministre, selon vous, alors qu'il y a des réformes en cours ?

Plutôt que de parler des personnes, il faut parler du fond, c’est-à-dire qu'il y a des dossiers très importants, celui de la rentrée, on est le 7 juillet et on ne sait toujours pas comment on va préparer la rentrée. Il y a des questions d'examens, d'égalité devant l'examen... Sur tous ces dossiers-là, il faudrait vraiment prendre un nouvel élan, renouer le dialogue, de manière constructive.

Les résultats du bac 2020 sont publiés ce matin. Les jurys ont-ils été très, voire trop indulgents cette année ?

L'expression de "bac bradé", on l'entend monter ces derniers jours, mais il faut quand même se rappeler le niveau de compétences, de connaissances que les élèves ont acquis cette année. Je mets au défi quiconque qui nous dit que le bac est bradé de rédiger en quatre heures une dissertation sur la coordination des politiques économiques au sein de l'Union européenne, puisque c'est un sujet en sciences économiques et sociales en terminale ES. Il faut plutôt se dire que ce bac-là est marqué par une forme de légèreté coupable de la part du ministère qui n'a pas su prendre la mesure de la façon dont il fallait organiser le bac, plutôt que de s'en prendre aux élèves.

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Suicide de Christine Renon, crise du Covid-19… des directeurs d’école racontent leur « année noire »

7 Juillet 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Suicide de Christine Renon, crise du Covid-19… des directeurs d’école racontent leur « année noire »

EXTRAITS

De la mort de leur collègue à Pantin, aux récentes annonces pour améliorer leur quotidien, en passant par la crise sanitaire, les directeurs d’école se disent « épuisés » par l’année scolaire qui s’achève.

Jusqu’à son pot de départ à la retraite vendredi 3 juillet, qu’il a tout de même tenu à organiser avec ses collègues « malgré le contexte », Lionel Amato s’est « demandé ce qui pouvait encore arriver » dans sa dernière année, si spéciale, au sein de l’éducation nationale. Voilà quatorze ans qu’il était directeur d’une école de neuf classes dans le Gard. Mais l’ annus horribilis 2019-2020 fut sans doute la plus éprouvante.

A l’image de cet enseignant, militant dans une association défendant la reconnaissance d’un statut officiel pour les professeurs qui assurent une fonction de directeur d’école, la majorité se disent « fatigués » comme rarement. Ils ont tous suivi avec attention les premières annonces du ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, jeudi 2 juillet, pour améliorer leurs conditions de travail.

« Nécessité d’une aide humaine »

L’année scolaire avait démarré dramatiquement par le suicide, le 23 septembre 2019, de Christine Renon, directrice d’école maternelle à Pantin (Seine-Saint-Denis). Sa lettre d’adieu, dans laquelle l’enseignante évoquait son quotidien « épuisant » fait de 1 001 tâches, « avait résonné fort chez tous les directeurs en illustrant les risques de l’explosion de leurs tâches administratives depuis quelques années », commente Gilles Tabourdeau, qui était alors directeur d’une école près de Poitiers, aujourd’hui secrétaire départemental du syndicat SNUipp-FSU de la Vienne.

(...)

Si une amélioration des conditions de travail des directeurs advient, François n’en verra désormais pas les bienfaits. Car « l’année noire » qui vient de s’écouler a eu raison de « l’énergie et de la volonté » qui le faisait tenir depuis plus de dix ans comme directeur d’une école à Aix-en-Provence. « Je jette l’éponge, je suis fatigué, je n’attends plus rien de l’institution en tant que directeur, résume-t-il. Trop de nuits blanches, de responsabilités, de coups pris. Je reviens pleinement en septembre à ce que j’aime : l’enseignement. » Selon des chiffres syndicaux, 4 000 postes de directeurs d’école ne trouveraient pas preneur à chaque rentrée scolaire.

Séverin Graveleau

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A Bagneux, des élèves de CM2 veulent donner à voir une autre image des « banlieusards »...

7 Juillet 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

A Bagneux, des élèves de CM2 veulent donner à voir une autre image des « banlieusards »...

EXTRAITS

Elsa Bouteville, enseignante à l’école Joliot-Curie de Bagneux (Hauts-de-Seine), raconte le projet lancé avec ses élèves de CM2 et l’artiste de rue JR : des portraits sur les murs de la ville pour faire évoluer l’image des habitants des quartiers et lancer « un message d’espoir ».

« Territoires vivants. » 26 juin. Ça y est, on y est. On a bien cru qu’on n’allait jamais y arriver. Avec ce fichu coronavirus, on avait même imaginé devoir abandonner le projet. Finalement, on y tenait tellement qu’on a tout fait pour braver les embûches qui chaque fois se sont accumulées. Sans doute parce qu’il n’était pas pensable de laisser passer une telle occasion : enfin, les élèves du quartier allaient pouvoir s’afficher, pour le meilleur, et sans le pire.

A la fin de l’automne 2019, 17 élèves de CM2 de l’école Joliot-Curie de Bagneux (Hauts-de-Seine) se lancent dans l’aventure « Inside Out Project », développé par le photographe JR. Objectif : réaliser une série de portraits véhiculant un message, puis les coller dans un lieu public. Mais quel message ? Quelle cause défendre ? Que dire en grand format sur les murs de la ville ?

Le débat est lancé parmi les élèves. Ça fuse dans tous les sens. La laïcité, le racisme, l’égalité filles-garçons, tout y passe. Emerge alors la question « des banlieusards » et, plus précisément, l’image qu’ils renvoient. Cette image tenace, immédiate, celle d’enfants toujours en difficulté, forcément enlisés, sans culture ni délicatesse. Cette image que, déjà, nous avions abordée en classe, questionnée puis remise en cause lorsque nous avions lu, plus tôt dans l’année, l’histoire de Momo petit prince des Bleuets, écrite par Yaël Hassan (Syros Jeunesse).

(...)

« Bonjour à tous et merci d’être venus nous écouter. Nous, habitants de banlieue, devons nous battre pour obtenir ce que nous voulons alors que certains l’ont à portée de main. Nous ne sommes peut-être pas riches d’argent, mais d’intelligence. Les photos que vous voyez montrent que nous sommes armés en savoir. Connaître une personne avant de la juger, c’est comme connaître la banlieue avant de la juger. Aux habitants du quartier qui sont là ce soir, je veux leur faire passer un message : cultivez-vous. Un livre, c’est ennuyant me direz-vous. Les écrans, c’est mieux. Eh bien non. Avec un livre, on apprend, on s’amuse, on sait mieux écrire. Tout le monde peut lire, alors faites-le. En ce qui me concerne, je lis, j’écris, je sais ce que je veux et je ne laisserai personne me mettre des barrières sous prétexte que j’habite en banlieue. Merci de votre attention. »

Elsa Boutteville

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