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Vivement l'Ecole!

"Exclusif : La circulaire de rentrée 2020" - Par Le Café Pédagogique

10 Juillet 2020 , Rédigé par Le Café pédagogique Publié dans #Education

"Exclusif : La circulaire de rentrée 2020" - Par Le Café Pédagogique

EXTRAITS

La rentrée 2020 ressemblera fortement à celle de 2019. Sauf qu’il y aura davantage d’évaluation et de fondamentaux. Cette année encore, le Café pédagogique s’est procuré la circulaire de rentrée dont vous trouverez le projet de texte ci-dessous. Evaluations renforcées à l’école et au collège, installées dès les premiers jours de cette rentrée pas comme les autres. Nouveaux guides sur l’enseignement des fondamentaux. La grande nouveauté c’est qu’une partie des élèves n’auront plus droit au curriculum normal. La circulaire installe une hiérarchie des disciplines et des élèves et elle l’installe avec moins de culture pour les élèves qui en ont le plus besoin. JM Blanquer va donc encore un peu plus loin. La circulaire n’a donc rien retenu des exigences de cette vraie reprise de l’Ecole : se retrouver, être ensemble, faire classe.

(...)

Des évaluations renforcées

Pour les autres élèves, le plus urgent c’est de les évaluer, nous dit ce texte. Donc les évaluations de CP CE1 et 6ème ont lieu dès le 14 septembre. Les élèves n’auront eu qu’une grosse semaine  pour renouer avec l’école que déjà l’évaluation s’avance. Pas de changement dans ces évaluations si ce n’est un test de fluence en 6ème. Ce test existe déjà dans les évaluations de CP Ce1. Pour le ministre la fluence c’est la compréhension.  Les idées ministérielles remontent aussi en CAP où aura lieu un « test spécifique de littératie et numératie ». Pour les autres niveaux, le ministère ne met pas en place des évaluations nationales mais fournira des « outils de positionnement » pour « mesurer instantanément la maitrise des compétences fondamentales et identifier les priorités pour chaque élève ». Les choses sont toujours aussi simples...

Au collège, des élèves privés d’une partie du curriculum pour faire du français et des maths

« Pour réduire les éventuels écarts » le ministère met des moyens pour l’accompagnement des élèves sans rien changer aux formules existantes jamais évaluées. Devoirs faits est renforcé de 1.5 million d’heures supplémentaires et des AED en préprofessionnalisation (qui ont aussi été promis pour l’aide aux directeurs d’école) sans qu’on sache bien si tous ces moyens pourront être utilisés.

Les collèges pourront proposer « un parcours de soutien aux élèves qui éprouvent des difficultés à lire, notamment lors du test de fluence en 6e ». Le parcours pourra se faire en partie en périscolaire. Surtout, ce parcours maths français pourra être fait sur les heures des autres disciplines à hauteur de 5 heures hebdomadaires. La France est connue comme la championne d’Europe des horaires des fondamentaux. Les établissements sont invités à aller plus loin aux dépens des autres disciplines. Ces heures de remédiation en lecture, écriture ou calcul « peuvent être assurées par un professeur du collège ou un professeur des écoles ».

Là où il faudrait relier les disciplines, une hiérarchie des disciplines s’installe. Certaines sont jugées officiellement moins utiles. Mais c’est aussi une hiérarchie des élèves. Certains élèves sont dans les collèges des établissements publics internationaux créés par la loi Blanquer. D’autres ont droit à un enseignement complet. D’autres enfin auront un enseignement amputé au prétexte de faire des exercices de maths et de français. Mais de quel droit ?

(...)

Respecter les institutions

JM Blanquer définit  l'instruction civique. « Le gouvernement de l’homme sur lui-même et par lui-même, au fondement même de l’idée républicaine, nécessite que chaque élève comprenne les devoirs qui découlent de ce droit : respect des autres, respect des institutions et des lois », affirme la circulaire. Cette conception à sens unique de l'instruction civique est donnée  sans que rien de concret n’accompagne la formule...

(...)

François Jarraud

PS : la partie sanitaire de cette circulaire peut encore évoluer après l'avis attendu demain du conseil scientifique.

La circulaire

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

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10 personnalités = 10 idées pour bousculer la #RENTREE2020 !

10 Juillet 2020 , Rédigé par FCPE Publié dans #Education

10 personnalités = 10 idées pour bousculer la #RENTREE2020 !

Tous ensemble, rêver septembre

Transformer l’espoir en espérance. La crise sanitaire que nous venons de traverser nous a montré que l’école du XXe siècle a vécu. La rentrée scolaire 2020 doit tirer les leçons de ce que la société toute entière vient d'expérimenter. La FCPE fait le vœu cette année d’une rentrée différente et moins étriquée ; pour cela, elle a frappé à la porte de la société civile pour recueillir toutes les propositions qui changeraient culturellement l’école. 10 personnalités se sont déjà prêtées au jeu, avec 10 propositions coup de cœur.

La fin des classes sonne curieusement cette année. Après des mois d'une absence due au coronavirus, certains enfants ont repris le chemin de l'école, d'autres non, mais tous ont vécu une année surréaliste, privés d'enseignants, de camarades, de cantines, de sports… Nous avons été nombreux à croire que cela marquerait une rupture avec l'ancien monde, avec l'école de nos parents.
 
Mais aujourd'hui, la FCPE craint qu'à l'instar de ce qu'il se passe dans la société, la crise sanitaire ne soit pas une opportunité pour oser le changement mais un simple prétexte pour revenir encore plus vite, encore plus fort, à une école engluée dans le XXe siècle.
 
Pour y remédier et proposer une école enfin différente, plus bienveillante et égalitaire, la FCPE a souhaité donner la parole à différentes personnalités, venues tant du monde des arts que de celui de la recherche, des sciences, de l'écologie… L'idée n'était pas d'écrire un programme structuré qu'il faudrait appliquer de bout en bout, mais bien plutôt de distiller des pistes de réflexion, des idées novatrices portées par « la société civile », celle qui pense, réfléchit et innove au moins autant que les hommes et les femmes politiques qui nous gouvernent. Nous voulions que des citoyens engagés, aussi différents les un.e.s des autres que Ycare, Philippe Meirieu, Marc Lavoine, Raymond Domenech, Bernard Stiegler, Alain Chamfort, Yves Duteil, Nora Hamadi ou encore Isabelle Delannoy disent ce qui, selon eux, pourrait changer l’école d’aujourd’hui.
 
L'objectif ? Rêver une rentrée de septembre qui bouscule les habitudes et ouvre les imaginaires. Avec ses 10 propositions, la FCPE avance sur des mesures qui favorisent l'inclusion, comme le Cartable connecté qui permet à des jeunes hospitalisés de ne pas rompre le lien avec leur classe, l'apprentissage artistique avec les Fabriques à musique de la Sacem, l'égalité des femmes avec les boîtes à règles pour lutter contre la précarité menstruelle ou encore la formation à l'écologie de la maternelle jusqu'au lycée…
 
Autant d'actions, petites ou grandes, qui contribueraient grandement à changer le quotidien de nos enfants. Il n'est plus temps d'attendre, pour que tous ensemble, nous rêvions septembre !
 
Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous
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Les liaisons dangereuses du journalisme et de la politique

10 Juillet 2020 , Rédigé par Cairn Info Publié dans #Médias, #Politique

 Les liaisons dangereuses du journalisme et de la politique

2003 et toujours d'actualité...

EXTRAITS

(...)

Présidentielle : les dysfonctionnements

Trois aspects, parmi d’autres, de la couverture de la campagne pour le premier tour illustrent ce dysfonctionnement :

– L’utilisation abusive et maladroite des sondages. Ceux-ci ont constitué, quasiment quotidiennement et pour la première fois jusqu’à l’avant-veille du scrutin, la base de la vie politique.

Ils ont été traités non comme un thermomètre mesurant l’effet des événements (programmes, débats, interviews,…) mais comme des événements en eux-mêmes. Ils ne rythmaient pas la campagne ; ils étaient la campagne. Ils n’éclairaient pas ; ils aveuglaient. Ce constat de sur-exploitation des sondages aurait d’ailleurs été aussi valable s’ils ne s’étaient pas trompés. Mais au moins, dans ce cas, n’auraient-ils pas faussé le jugement des citoyens. Phénomène aggravant, mais hélas ! récurrent : les sondages ne sont pas traités par les médias avec la prudence que devrait imposer leur marge d’erreur (surtout lorsqu’il y a seize candidats). Comme ils coûtent cher, leurs commanditaires veulent en avoir pour leur argent. Non seulement, il ne faut donc pas relativiser leur fiabilité, mais en plus chaque livraison, pour justifier son prix, doit créer l’événement. Les variations les plus marginales, incluses dans la marge d’erreur, sont donc volontiers présentées non seulement comme des certitudes mais aussi comme des évolutions significatives de l’opinion.

– La « markétisation » de la politique. Rarement les vrais enjeux, idéologiques ou programmatiques, ont été à ce point négligés, au bénéfice du spectacle, des attitudes, des « petites phrases », des gadgets électoraux, des simagrées, bref de la sacro-sainte communication. Ce que tu es parle si fort que je n’entends plus ce que tu dis ! L’apparition des conjoints de candidats montre que la loi du people s’applique désormais à la vie politique. Même les plus réticents ont dû cette fois s’y plier. La personnalisation de la vie politique est totale. Les journaux ont embrayé, les uns avec délectation, les autres avec mauvaise conscience, tous privilégiant le médium, négligeant le message. Pour justifier cette dérive commercialement efficace, les médias ont mis en avant le peu d’intérêt du débat. Le moins qu’on puisse dire est qu’ils n’ont pas tenté de le susciter ou de le réveiller. Mais était-ce leur rôle ?

– La règle de l’égalité, imposée aux radios et télévisions par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, a eu, enfin, un effet pervers imprévu, sinon imprévisible : devant le casse-tête d’une comptabilité épicière des temps de parole de seize candidats, les médias audiovisuels ont choisi de faire le service minimum, contribuant ainsi à maintenir une atonie générale. L’amplifiant même puisqu’ils se devaient de la souligner constamment, pour justifier leur faible implication.

(...)

La connivence politico-médiatique

Certaines particularités dommageables du journalisme français en matière politique sont connues de longue date. Elles ne sont d’ailleurs pas toutes propres au traitement de ce secteur d’actualité. La couverture de tout domaine d’activité implique la fréquentation assidue de ses acteurs. Des liens personnels se tissent ; des sympathies se forgent. Le manque de distanciation entraîne au mieux une forme de myopie ; au pis, une connivence ; parfois une complicité. Ce travers est plus accentué qu’ailleurs dans le champ politique. Par obligation, hommes et femmes politiques savent séduire. Les journalistes ne sont pas insensibles à cette séduction, d’autant que leur recrutement n’échappe pas à l’endogamie. Il y a une évidente consanguinité entre les politiques et ceux qui sont chargés de les observer. Ils sont fréquemment issus des mêmes milieux, et souvent des mêmes écoles. Ils partagent la même culture, les mêmes codes, les mêmes références. Par goût autant que par obligation, ils fréquentent les mêmes lieux. Souvent, hors des studios, ils se tutoient. Il peut même arriver que certains journalistes imaginent influencer le cours des événements et rêvent de jouer les éminences grises, passant alors de l’autre côté du miroir… Les effets pervers de cette grande proximité sont accrus par une tradition de déférence à l’égard de tous ceux qui occupent une fonction publique. Cette déférence a imprégné la société : l’expérience montre, à la télévision notamment, qu’un questionnement pointu, insistant, est considéré comme agressif, et se retourne contre « l’agresseur », blâmé non sur le fond mais sur la forme. La société républicaine est monarchique dans son comportement : le roi doit être respecté, les roitelets aussi.

(...)

L’information, victime de la communication

Suiviste, et même victime, le journalisme politique l’est encore par rapport aux exigences modernes de la communication. Et singulièrement de la contagion publicitaire. Pour être efficace, le message publicitaire doit être simple ; pour être simple, il doit être bref. La « petite phrase » qui fait mouche, ciselée, lapidaire, parfois vacharde, est la forme politique du slogan publicitaire. Elle fournit le titre de l’article, la citation sonore de vingt secondes dans un sujet de trois minutes au JT de 20 h. Évidemment, sa brièveté exclut l’argumentation, et davantage encore la nuance. Réduisant les opinions à leur plus simple expression, elle radicalise le débat. Et infantilise le citoyen. Les médias raffolent et abusent de cette forme, à la fois rudimentaire et sophistiquée, de la communication car elle répond à leur souci d’efficacité et de rapidité. La percussion du slogan est, pour eux, pain bénit face à la langue de bois, creuse et pâteuse. Le débat démocratique semble plus vivace, mais n’y gagne pas vraiment en intelligence.

Média de masse, la télévision fait l’objet d’une attention particulière. Les candidats à toute élection savent bien qu’une apparition à l’écran leur permet de « toucher » plus d’électeurs que des centaines de meetings. Mais le traitement de l’actualité politique dans les journaux y est particulièrement délicat. La menace du zapping y impose plus qu’ailleurs la brièveté, donc le lapidaire. Les interviews doivent être hachées, les débats vifs et décousus, sous peine de lasser. De plus, la télévision, c’est de l’image, et la politique, contrairement aux faits divers, ne fournit que de l’image pauvre. Les « ballets de portières » des arrivées ministérielles dans la cour de l’Élysée, même agrémentées de quelques déclarations, ne permettent guère de retenir l’attention. Il ne faut jamais oublier qu’un grand événement sans image est un petit événement pour la télévision. Vecteur dominant, et parfois exclusif, de l’information des citoyens, elle ne peut répondre aux impératifs d’un débat démocratique de bon niveau.

(...)

... L’information a du pouvoir ; elle n’est pas un pouvoir. Elle est – elle devrait être – par essence, par hygiène, contestataire du pouvoir. Elle est – elle devrait être – un contre-pouvoir, permanent, pas agressif mais exigeant. Ambitieux, mais modeste. Bref, à sa place, non pas dans, mais face à la politique.

Albert du Roy

Dans Hermès, La Revue 2003/1 (n° 35), pages 131 à 136

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

https://www.cairn.info/revue-hermes-la-revue-2003-1-page-131.htm

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Nino Ferrer...

9 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Marguerite Duras...

9 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Des années après la guerre, après les mariages, les enfants, les divorces, les livres, il était venu à Paris avec sa femme. Il lui avait téléphoné. C’est moi. Elle l’avait reconnu dès la voix. Il avait dit : je voulais seulement entendre votre voix. Elle avait dit c’est moi, bonjour. Il était intimidé, il avait peur comme avant. Sa voix tremblait tout à coup. Et avec le tremblement, tout à coup, elle avait retrouvé l’accent de la Chine. Il savait qu’elle avait commencé à écrire des livres, il l’avait su par la mère qu’il avait revue à Saigon. Et aussi pour le petit frère, qu’il avait été triste pour elle. Et puis il n’avait plus su quoi lui dire. Et puis il le lui avait dit. Il lui avait dit que c’était comme avant, qu’il l’aimait encore, qu’il ne pourrait jamais cesser de l’aimer, qu’il l’aimerait jusqu’à sa mort.

Marguerite Duras - L'Amant

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Comment les enseignants et les élèves font-ils pour vivre et faire ensemble?...

9 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Comment les enseignants et les élèves font-ils pour vivre et faire ensemble?...

La relation Professeur/Elève est CENTRALE dans la vie quotidienne de l’institution scolaire. (Rappelons qu’un enfant scolarisé passe plus de temps par jour avec ses professeurs qu’avec ses parents.) :

  •       Pour l’élève, être bien traité et bien considéré par l’enseignant est une composante majeure de l’expérience scolaire ; en même temps, éprouver l’indifférence ou le mépris enseignant est à la fois banal et potentiellement redoutable.
  •      Pour l’enseignant, le contact avec les élèves est décrit  comme la plus grande difficulté ET comme une des plus grandes satisfactions du métier.

Des travaux récents ont mis en miroir les deux cotés de la relation pédagogique. (Voir Anne Barrère, Travailler à l’école, Rennes, PUR, 2001). Cette recherche s’est concentrée

- sur les transformations du cadre institutionnel des relations Professeur/Elève :

- sur l’importance que prennent le verdict scolaire et l’évaluation

- sur les accords et tensions entre cultures scolaires et cultures juvéniles.

  • A la recherche de la bonne distance

Les relations entre enseignants et élèves dans l’espace scolaire ne peuvent se comprendre que dans leur cadre institutionnel, affecté récemment de deux grandes transformations :

  •       la massification, en allongeant le temps moyen de formation initiale, conduit les élèves à fréquenter les enseignants plus longtemps autour d’enjeux importants, le classement scolaire ayant un poids décisif dans les trajectoires ultérieures.
  •       la remise en question d’une distance et même d’une méfiance historiquement construites de l’enfance et de l’adolescence, dans l’institution scolaire. Cette distance n’a certes pas disparu mais s’est affaiblie depuis les années 1970 au fur et à mesure que l’école était considérée comme un « lieu de vie » et que l’adolescent était mis au centre du système, comme l’indique la Loi d’orientation de 1989.

D’une relation pédagogique définie par son impersonnalité, structurée uniquement par le savoir et des normes de comportement bien plus que par l’attention à l’enfant, on est passé à la  volonté de voir l’élève s’épanouir et/ou s’exprimer à l’école tout autant que de le voir apprendre et obéir. Pour enseigner :

  •      il faut comprendre, motiver, encourager et sanctionner l’élève/L’enseignant doit LUI AUSSI se faire comprendre de l’élève
  •      il faut connaître des éléments de sa vie en dehors de l’école
  •      il faut rompre avec le cours magistral et encourager la participation et l’activité des élèves dans la classe, en particulier les inciter à pratiquer l’ « écriture réfléchie » pour rompre le spontanéisme des SMS ou des « blogs » 

Elèves et enseignants se défient moins qu’auparavant des affinités ou de l’affectivité. Dans ses Mémoires, Simone de Beauvoir raconte comment, enseignante en lycée, elle avait adressé un petit geste d’amitié à un élève, geste qui lui était apparu totalement transgressif ! Aujourd’hui, le cadre de cette relation Enseignants/Enseignés s’élargit à l’occasion de voyages, de projets interdisciplinaires, de rencontres. C’est là un but éducatif à part entière dans les établissements dont la communauté doit être chaleureuse et « civique ». (Voir JL Derouet, Ecole et Justice, Métaillé 1992). Pourtant ce mouvement est moins fort en France qu’ailleurs en Europe, notamment au Danemark et en Angleterre.

Néanmoins les différentes études menées en France, par P. Rayou par exemple (La Cité des Lycéens, L’Harmattan, Paris 1999), notent une réticence des élèves à entrer trop personnellement dans le jeu scolaire, y compris dans la relation avec les adultes, sans doute  pour préserver son quant-à-soi juvénile mais aussi, tout simplement, pour éloigner du regard des adultes leurs amours, leurs amitiés, leur manière de s’habiller…

Quant aux enseignants, ils s’interrogent sur leur identité professionnelle qu’ils définissent :

  •       par opposition aux risque d’être transformés en « travailleurs sociaux » dans le cadre d’une relation trop dégagée des apprentissages
  •        par esprit de protection face à une trop grande affectivité relationnelle qui entrerait en tension avec les exigences de justice scolaire

Mais pour la majorité des enseignants, il faut le dire, le cours satisfaisant est avant tout celui où les relations ont été paisibles et coopératives, au-delà même des résultats probables.

  • La relation pédagogique à l’épreuve du verdict scolaire

Il est entendu que la relation Enseignants/Enseignés est conditionnée par la réussite scolaire des élèves. Les « mauvais élèves » manifestent une agressivité impuissante à l’encontre des professeurs qui n’est en fait qu’une contestation impuissante de leur place scolaire, que cette contestation provienne de la mauvaise réputation de l’établissement ou du rang qu’ils y occupent. De la contestation à la violence, il n’ y a qu’un pas comme le démontrent de nombreuses recherches : la problématique de l’échec (au sens large) et celle de la violence (au sens large) sont intimement liées. Même les phénomènes éloignés des enjeux scolaires, comme le racket, sont plus fréquents dans les classes de niveau et, évidemment, dans les classes du niveau le plus « bas ».

L’évaluation scolaire est donc porteuse de tensions potentielles. Ce qui ne signifie en aucun cas qu’il faille la supprimer mais, l’ aborder autrement, l’ utiliser autrement, l’ expliquer et la justifier seraient certainement une «valeur ajoutée », aussi bien pour les « bons » que pour les « mauvais » élèves d’ailleurs. Au lieu de ça, le « rabaissement scolaire » est encore trop souvent utilisé :

  •    passage au tableau vécu par le couple Prof/Elève comme un moment de punition, punition d’autant plus humiliante pour l’élève qu’il la vit devant ses pairs.
  •     utilisation de sobriquets divers
  •    rendu de copies classées en ordre décroissant avec commentaires à caractère vexatoire (Grand « classique »)
  •     appréciations humiliantes dans les bulletins
  •     confusions des registres entre jugement sur le travail et jugement sur la personne.

(Voir l’excellent ouvrage de P Merle, L’élève humilié. L’école, un espace de non-droit ? Paris, PUF 2005)

Le jugement scolaire est porteur d’enjeux relationnels d’autant plus délicats qu’il est dénié :

  •        par l’élève d’abord, qui fait semblant d’y être indifférent ou en rajoute dans l’ostentation de la « nullité » scolaire, même si cette mise en scène cache qu’il se sent très responsable de ses résultats scolaires.
  •        par l’enseignant ensuite qui trouve l’élève trop consommateur, trop « comptable », calculant sa moyenne à la décimale près, laissant de coté des matières peu « rentables » au brevet ou au BAC. (Mais les élèves n’ontils pas été initiés en amont depuis la 6ème, parfois avant, à ces « savants » calculs ?).
  •        Et le malentendu est à son comble lorsqu’on s’aperçoit que les élèves trouvent eux aussi les enseignants trop « instrumentaux », leur reprochant de ne les juger qu’au travers de leurs notes et leurs résultats généraux.

Donc en fait l’élève en appelle au RESPECT MUTUEL, conçu à la fois comme un critère de justice et comme une manière de le reconnaître dans sa différence et son authenticité d’adolescent. (Voir F Dubet, L’Egalité et le Mérite dans l’Ecole Démocratique, Année sociologique 2000, Numéro 50, Pages 383 à 409). Lorsque c’est le cas, mauvaises performances scolaires et bonnes relations peuvent coïncider. L’idéal serait de placer sur le même plan relations positives et exigences en termes d’apprentissages.

Christophe Chartreux

D’après les recherches d’Anne Barrère, Professeur, PROFEOR (Interactions professions, éducation et orientation), Université Lille III

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Bouches-du-Rhône : le Bac avant Sciences Po...

9 Juillet 2020 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

C’est entourée de ses premiers soutiens que Lina savoure sa réussite : son entrée prochaine à Paris à Sciences politiques. C’est un grand parcours avec beaucoup de travail. Une réussite collective pour Lina qui a toujours pu compter sur ses amis et sa famille. "Même si Sciences Po c’est pour moi avant tout, c’est aussi pour elle. Pour lui dire que malgré ce qu’elle a traversé dans la vie, elle n’a pas fait tout ça pour rien", confie la jeune fille à propos de sa mère.

"Aujourd’hui il ne faut plus se laisser faire"

En seconde, Lina entend parler d’une prépa à Sciences politiques et elle a le déclic. Depuis deux ans elle y travaille sans relâche mais les clichés ont la vie dure. Un professeur lui dit que ce n’est pas pour elle. "Il y a tellement de personnes que je connais dans mon entourage proche qui ont été victimes de ces discours-là, je me dis qu’aujourd’hui il ne faut plus se laisser faire", explique Lina. La jeune fille est persévérante et s’accroche, ses proches la soutiennent. Une équipe pédagogique est aussi avec elle.

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Appel signé par 40 personnalités pour demander de véritables droits pour les moins de 25 ans...

9 Juillet 2020 , Rédigé par La Croix Publié dans #Société, #Jeunesse

Appel signé par 40 personnalités pour demander de véritables droits pour les moins de 25 ans...

La crise sanitaire a rendu particulièrement visible l’ampleur de la pauvreté des jeunes, qui touche en France plus d'un jeune sur cinq. La crise sociale qui s'annonce, avec la contraction de l'emploi, de l'intérim, des petits boulots, va accroître encore ces situations de pauvreté, en creusant inévitablement les inégalités d’accès à l’emploi. Ce sont des centaines de milliers de jeunes, diplômés ou pas ou peu qualifiés, qui, ne pouvant s'appuyer sur le soutien familial, vont se trouver sans ressources et sans filet de sécurité.

→ TRIBUNE. Pour ne pas laisser les jeunes vulnérables sombrer

La société solidaire qu'appelle de ses vœux le président de la République ne peut laisser ainsi une part importante de ses jeunes sur le bord de la route. Il en va de notre responsabilité collective. Il nous faut aujourd'hui tirer les leçons de trente ans de politiques de lutte contre la pauvreté des jeunes, partielles et segmentées, qui mettent des jeunes dans des cases, et définir enfin, pour tous, un droit à l'insertion, c'est-à-dire un droit à un accompagnement de qualité couplé à la garantie d'un revenu décent.

→ ANALYSE. Les diplômes du supérieur, solide tremplin vers l’emploi

Tout citoyen de 18 à 25 ans doit pouvoir, s'il le souhaite, être accompagné dans son parcours. Nous mesurons l'ampleur d'une telle ambition. Elle impose de mobiliser tous les acteurs qui accompagnent aujourd'hui les jeunes dans le cadre de politiques sectorielles (acteurs de l’insertion sociale et professionnelle, acteurs de l'hébergement, structures de l'insertion par l'activité économique, acteurs du handicap...) et de leur donner les moyens d'amplifier leurs efforts. A la diversité des situations doit en effet répondre une pluralité d’acteurs et de modalités d'action, pour garantir à la fois la qualité de l’accueil et l’adaptation aux profils et aux besoins des jeunes.

L’épidémie mine l’insertion des jeunes

Tous les jeunes en difficulté d’insertion pourront faire valoir ce droit à l'accompagnement, à commencer bien sûr par les plus exclus, dans une démarche active pour les repérer et les mobiliser, avec une attention particulière pour les jeunes en errance, les jeunes en situation de handicap, les jeunes sortant de l'aide sociale à l'enfance ou encore les jeunes des zones urbaines sensibles et des zones rurales isolées. Plus que jamais, le non-recours serait un aveu d'échec.

A ce droit à l'accompagnement doit répondre un droit à une allocation équivalente au montant du RSA, sous condition de ressources. Tout citoyen de 18 à 25 ans, s'il répond aux critères de ressources et s'il a fait valoir son droit à l'accompagnement, aura droit à cette allocation. Il est temps de mettre fin à cette discrimination qui exclut les moins de 25 ans du droit inscrit dans le préambule de la constitution du 27 octobre 1946, pour toutes les personnes en difficulté d’accès à l'emploi, d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence.

→ DÉBAT. Emploi des jeunes : faut-il ouvrir le RSA aux moins de 25 ans

Il convient enfin de promettre à ces jeunes qu’ils ne seront jamais abandonnés sans solution. Le droit à l'accompagnement, comme le droit au soutien monétaire de la collectivité, doit donc s'exercer sans limite de durée, jusqu'à ce que les jeunes accompagnés soient autonomes.

La crise sociale qui s'installe et qui va toucher particulièrement les jeunes rend nécessaire une réponse forte de la Nation. Au-delà de leur coût et des effets d'aubaine qu’elles offrent aux employeurs, les recettes classiques qui, pour favoriser l'emploi des jeunes, passent par l'abaissement du coût du travail, ne traitent qu'une partie du problème, faute d’accompagnement pour les personnes qui ont besoin de temps et de soutien pour tracer leur chemin. Il faut aller plus loin et reconnaître enfin les devoirs de la société envers les jeunes les moins favorisés, en faisant progresser leurs droits. C'est à ce prix qu'on leur construira un avenir : le nôtre.

Vous trouverez la liste complète des signataires en cliquant sur ce lien

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Sortir... Grand Palais - Exposition "immersive"... Pompei...

9 Juillet 2020 , Rédigé par France Inter Publié dans #Art, #Histoire

Pompei chez vous en cliquant ci-dessous

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Status quo...

8 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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