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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... François Sureau...

24 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Ghyka a vécu entre deux mondes : d’un côté l’Orient russe, et cette capacité de l’âme orthodoxe à ressentir partout la présence du Sauveur, surtout dans le voyage, le défilement des paysages, le retrait dans les forêts profondes, l’attention aux surprises des rencontres, la traversée des apparences. C’est le récit du pèlerin, l’Entretien avec Motovilov. Les amis de Dieu vont sur les routes, pardonnent aux méchants et apprivoisent les animaux sauvages. Ils sont les témoins de l’Éden, qui est à la fois notre avenir et notre passé. En ce qui concerne le salut, ils sont moins fixés sur le péché que sur les passions, moins attentifs aux fautes morales qu’à la carence spirituelle : cette peur de la mort, cet oubli volontaire, réitéré, de notre vocation, en quoi Maxime le Confesseur voyait la source de nos maux. Ils sont par-dessus tout sensibles à la bienveillance divine, à l’étrange désir que Dieu éprouve de voir l’homme finir par lui ressembler, à cette miséricorde sans limites dont a si bien parlé Isaac le Syrien, l’un des auteurs centraux de la « philocalie ». Sans doute pensent-ils avec Grégoire Palamas que même si les hommes ne s’étaient pas éloignés de lui, Dieu aurait quand même voulu habiter parmi eux. Ils ne croient pas à la réparation, à la satisfaction, mais au Christ médecin, et ne considèrent la croix que dans la perspective de la résurrection. À bien des égards, Wladimir Ghyka est l’un des leurs.

François Sureau - L'or du temps

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Sandrine Garcia : Contre le prof bashing, les connaissances ...

24 Juillet 2020 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

Sandrine Garcia : Contre le prof bashing, les connaissances ...
Sandrine Garcia : Contre le prof bashing, les connaissances ...
Sandrine Garcia : Contre le prof bashing, les connaissances ...

EXTRAITS

« Aucun élément n’accrédite que les effets délétères du confinement sur les acquisitions scolaires des enfants sont principalement imputables aux enseignants, ni même à une fraction d’entre eux. Ce sont bien plus les caractéristiques mêmes de l’enseignement numérique qui peuvent l’expliquer ». Sandrine Garcia (IREDU) réagit à la campagne de prof-bashing ens e basant sur les résultats de l’enquête ELFE et annonce une enquête sur les effets du confinement en CM1. Elle souligne les limites de la « continuité pédagogique ».

 

Des enseignants décrocheurs ?

 

Le thème des « enseignants décrocheurs » semble s’être imposé récemment dans les débats médiatiques, participant à la construction d’un problème public qui serait celui du manque d’engagement des enseignants vis-à-vis de leurs élèves. Tout d’abord, un reportage de France 2, diffusé le 9 juin, évoque 4 à 5 % des enseignants qui auraient été « absentéistes » pendant le confinement et n’auraient assuré aucun cours, chiffres que la chaîne aurait tenu du ministère de l’Education Nationale alors que ces 5%, selon le même ministère, correspondent à des enseignants empêchés de travailler pour diverses raisons (dont des raisons médicales, des problèmes de garde d’enfants, etc.).

 

Bien que le chiffre des 5% d’enseignants décrocheurs ait été invalidé par les pouvoirs publics eux-mêmes, plusieurs articles se sont engouffrés dans la thématique, conduisant le ministre de l’Education à dire que les personnes qui n’ont pas été à la hauteur seraient « sanctionnables » (1). Mais dans la mesure où rien ne justifie que l’on fasse du décrochage des enseignants un problème qu’il serait urgent de prendre en charge, celui-ci prend la forme d’une cabale contre une profession accusée d’abriter dans ses rangs une proportion de « déméritants » et qui pour cette raison même mériterait des sanctions. Certes, comme il est maintenant d’usage, cette remarque sur les enseignants « sanctionnables » a été suivie par la suite d’une avalanche de compliments et de louanges. Mais le mal est fait, c’est-à-dire celui de la dévalorisation symbolique récurrente d’une profession qui suscite un malaise de plus en plus palpable parmi ses membres.

 

Ce qui fait problème, en fait, c’est de donner une telle ampleur (allant jusqu’à occasionner une prise de position du ministre de l’éducation) à des propos journalistiques dignes du café du commerce, qui transforment 5 % d’enseignants empêchés de télé travailler en « profs décrocheurs » à tel point que le syndicat des inspecteurs d’académie a dû rédiger une lettre au ministre de l’Education pour s’étonner de son manque de soutien des enseignants face à des affirmations les plus approximatives et les moins étayées concernant la « continuité pédagogique » ?

 

(...)

 

Aucun élément n’accrédite que les effets délétères du confinement sur les acquisitions scolaires des enfants sont principalement imputables aux enseignants, ni même à une fraction d’entre eux. Ce sont bien plus les caractéristiques mêmes de l’enseignement numérique qui peuvent l’expliquer dans la mesure où son efficacité dépend étroitement d’un équipement matériel et plus encore de dispositions scolaires familiales. Une enquête que nous menons actuellement auprès des enseignants du premier degré dans le contexte du confinement nous révèle à quel point les professeurs des écoles se sont massivement appropriés des compétences nouvelles, se sont ingéniés à trouver des solutions pour pouvoir envoyer des supports pédagogiques en tenant compte du degré d’équipement des familles. Elle révèle la manière dont ils se sont engagés, autant que faire se peut dans l’aventure numérique, du jour au lendemain, sans formation, en utilisant leur propre matériel, en manifestant une très grande attention aux inégalités d’accès aux équipements et parfois désespérés de constater que, malgré leur investissement, certaines familles étaient « perdues ».

 

Sans idéaliser outre mesure une profession qui comporte comme toutes les professions une variété de rapport au travail, on ne gagne rien à tout attendre d’une profession et à la diaboliser dès qu’elle s’avère impuissante à résoudre tous les problèmes.

 

Sandrine Garcia

Professeure à l’Université de Bourgogne, IREDU, membre associée à ELFE

 

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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Parker Dulany...

23 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Anne Serre...

23 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Villa d’Este, elle montait l’escalier de pierre, je montais derrière elle, j’étais triste de l’avoir transportée dans ce jardin, d’y avoir passé plus de trois heures sans rien trouver en elle ni en moi, quand soudain, à son manteau blanc se substitua une robe blanche, à sa chevelure blonde une autre chevelure, et je fus transportée d’un coup dans le vestibule glacé, sur la table noire et miroitante, et ce que je sentis alors, à ma plus grande surprise, fut un désespoir si violent qu’on aurait dit un séisme en mon cœur, comme si ses deux parties étaient soudain séparées, déchirées, arrachées l’une à l’autre, comme si c’était cela qui s’était passé rue Alban-Berg sans que je le susse jamais, comme si cette table au lieu d’avoir été celle de la joie et de l’excitation maniaque de mes émotions avait été celle d’un sacrifice, comme si l’on m’y avait amputée, torturée, démembrée, alors que moi, en ce temps-là, je songeais.

Anne Serre - Petite table, sois mise!

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Pourquoi je démissionne de la Fondation maison des sciences de l’homme....

23 Juillet 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Culture, #Sociologie

Pourquoi je démissionne de la Fondation maison des sciences de l’homme....

Le sociologue, qui dirigeait ce centre de recherches depuis 2009, vient d’annoncer qu’il quitte son poste, sur fond de désaccords profonds avec le ministère de la Recherche et le Campus Condorcet, qui regroupe désormais la recherche en sciences humaines et sociales.

Tribune. Que fait le pouvoir pour relancer les sciences humaines et sociales françaises (SHS) qui ont perdu beaucoup de leur aura internationale ? Sous la présidence Sarkozy, il a décidé de juxtaposer au nord de Paris plusieurs établissements universitaires et de recherches en SHS et de les doter de services communs : ce sera le Campus Condorcet. L’histoire dira si ce projet d’abord immobilier peut être plus que leur regroupement sur un même territoire et si une dynamique scientifique collective, de niveau international en naîtra. Il est trop tôt pour trancher.

Le pouvoir a aussi créé l’Alliance Athéna, censée «réunir les principaux acteurs de la recherche au service d’une stratégie commune de portée internationale». Mais avec quels résultats ? Qui a jamais entendu parler d’Athéna, en dehors de la bureaucratie universitaire française ?

La Fondation maison des sciences de l’homme (FMSH), une institution de taille modeste - 140 emplois, un budget de l’ordre de 17 millions d’euros - a été capable jusqu’ici, à contre-courant des tendances au déclin des SHS françaises, d’agir avec souplesse et efficacité à l’échelle internationale. Qu’on en juge : invitation et accueil de centaines de chercheurs étrangers chaque année en France et, symétriquement, mobilité «sortante» pour des chercheurs français ; politique scientifique novatrice avec la création en 2011 du Collège d’études mondiales dont les titulaires de chaires sont de belles figures de la recherche : Manuel Castells, actuel ministre espagnol des Universités, Hervé Le Bras, Saskia Sassen, Dominique Méda, Richard Sennett, Nancy Fraser, Michel Foucher, René Frydman, Marc Fleurbaey, François Jullien, etc., sans oublier le regretté Ulrich Beck, penseur prémonitoire de la société du risque ; installation de plateformes innovantes, où nombre de chercheurs du monde entier et de diverses disciplines coopèrent sur de grands chantiers (progrès social, sortie de la violence, racisme et antisémitisme, etc.) ; cycles de conférences «penser global», avec Edgar Morin ou Immanuel Wallerstein ; partenariats internationaux, débouchant sur d’innombrables initiatives en France et à l’étranger ; action pionnière en matière numérique, etc. Le rapport du Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES), une institution d’évaluation indépendante mandatée officiellement, est ici positif. Et si un «référé» de la Cour des comptes conteste cette appréciation, on objectera qu’il n’est peut-être pas de sa vocation et de sa compétence que d’évaluer l’apport scientifique et le rayonnement mondial d’une fondation comme la FMSH.

Reconnue d’utilité publique, la FMSH est hybride et atypique, largement financée par l’Etat en même temps que de droit privé. Inscrite dans les réseaux des fondations internationales, elle abrite depuis janvier la délégation française de la Fondation Gulbenkian. Or, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche s’est comme réveillé en 2019 pour la mettre sous tutelle et contribuer à une entreprise de démolition où quelques hauts fonctionnaires et un quarteron de dirigeants universitaires se sont coalisés. Leur méthode ? Fouler ses statuts aux pieds, lui faire subir prédation et isolement, mépriser les personnalités qualifiées incarnant la société civile au sein de son conseil de surveillance, priver son directoire de ses prérogatives statutaires et finalement la vider de son sens pour en faire une agence de moyens au service exclusif du Campus Condorcet. Cette destruction a été facilitée par la politique néolibérale imposée sous Sarkozy et poursuivie ensuite. En 2010, trois quarts des personnels de la FMSH étaient des fonctionnaires, le ministère a exigé de remplacer ceux qui partaient par des salariés de droit privé et, en 2020, le rapport était inversé. Les salariés sont la majorité, la culture de l’institution s’est dégradée, le syndicalisme s’est affaibli. Le capitalisme n’est pas en cause ici, mais l’Etat, et les politiques qui le dirigent.

Avec Frédérique Vidal ministre, la déstructuration de la FMSH s’est accélérée, devant beaucoup à un système où les responsables politiques d’un Etat plutôt gazeux laissent une bureaucratie, ses réseaux et ses affidés universitaires développer des stratégies qui leur sont propres, et à courte vue. Ce qui s’observe ici, en moins dramatique, est du même ordre que ce que l’on a constaté en matière de santé, avec la question des masques et des tests. A ceci près qu’à l’impéritie s’ajoute une logique de démolition. Quelques hauts fonctionnaires du ministère désiraient la mise sous tutelle et même la destruction de la FMSH pour des raisons dont les seules avouables tiennent au fiasco qui guette le Campus Condorcet : puisque les financements et les personnels risquent de lui manquer, que les centaines de millions d’euros déjà investis ne suffisent pas, pourquoi, se sont-ils dit, ne pas dérouter les ressources affectées à la FMSH vers Condorcet, déshabiller Paris pour habiller Aubervilliers ? Le calcul ne pouvait que séduire celles des principales institutions engagées dans le Campus dont les dirigeants sont membres de droit du conseil de surveillance de la FMSH : ils s’en sont fait les promoteurs. Cela impliquait pour ces acteurs de prendre le contrôle de la fondation, en faisant rentrer dans son conseil de surveillance des personnalités gagnées à ce projet, et en nommant un commissaire du gouvernement qui soit aussi un directeur au ministère. Il fallait aussi l’affaiblir, disqualifier son action et court-circuiter le président de son directoire réélu en juin 2019 et perçu comme un obstacle : nous en sommes là.

C’est pourquoi je démissionne. Les deux autres membres du directoire font de même. Les quatre personnalités qualifiées incarnant la société civile au conseil de surveillance le quittent, rejoignant le représentant du FNRS (équivalent belge du CNRS), membre de droit qui demande depuis un an à ne plus y siéger - il n’y a plus désormais d’institution étrangère au sein du conseil. Le pouvoir, tout en maniant une logique néolibérale, a laissé agir une bureaucratie d’Etat et ses affidés universitaires pour dévitaliser une des rares structures françaises assurant dans son domaine une présence et un rayonnement mondial de notre pays. C’est peut-être ce qu’Antoine Petit, le président du CNRS, qui est partie prenante de cette casse, appelle une politique «darwinienne», celle que nous promet la loi, en gestation, de programmation pluriannuelle de la recherche.

Michel Wievorka

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Pour un réel débat citoyen documenté et argumenté sur l’école...

23 Juillet 2020 , Rédigé par OZP Publié dans #Education

Pour un réel débat citoyen documenté et argumenté sur l’école...

Pour un réel débat citoyen documenté et argumenté sur l’école

La Convention citoyenne sur le climat a fait des propositions qui font maintenant l’objet de débats. Ici, je voudrais m’intéresser non pas aux idées mais à la méthode. Car cette démarche pourrait inspirer d’autres domaines de réflexion et en particulier l’école.

[...] L’école mérite mieux que les fausses polémiques et les caricatures
Il ne s’agit pas ici de faire un "modèle" de cette courte expérience. Mais elle prouve qu’on peut concevoir d’autres formes de délibérations. Dans la Convention citoyenne pour le climat ou dans les conférences de consensus, le principe est de placer un panel de citoyens « profanes » au centre d’un processus d’évaluation d’un choix de politique scientifique ou technologique aux conséquences sociales incertaines ou controversées.

Ce dialogue public entre ces citoyens et les experts est précédé d’une longue période de préparation avec le panel des participants, qui est formé sur les tenants et les aboutissants du problème débattu, et amené à formuler ses propres questions et priorités. L’engagement actif dans la discussion de profanes, d’experts et de représentants de groupes d’intérêts permet que les sujets considérés soient évalués au-delà d’un contexte purement scientifique, jusqu’à inclure des considérations économiques, légales, éthiques...

L’Education nationale serait bien inspirée de généraliser cette démarche. Cela nous ferait sortir des a priori et des simplifications et dépasser la défiance à l’égard du monde enseignant et du pouvoir politique. Elle aurait aussi pour résultat d’échapper du pouvoir donné aux seuls scientifiques et technocrates.

Elle contribuerait enfin à éviter les effets de yo-yo de la politique menée et de donner plus de légitimité à la décision publique. Aujourd’hui, il ne suffit plus que l’autorité qui la prend soit elle-même autorisée ou légitime, mais que tous ceux que cette décision concerne aient pu participer à sa conception et à sa discussion.

Les expériences menées montrent que les gens correctement informés sont en fait bien davantage prêts à accepter des changements importants que les représentants politiques ne le croient généralement. Cela permettrait, me semble-t-il, de sortir du populisme éducatif et de la verticalité technocratique qui prévaut de nos jours. Je fais le pari qu’on éviterait enfin les débats biaisés qui font le miel des polémistes.

A quand un réel débat citoyen documenté et argumenté sur l’école ?

Ce texte a été initialement publié sur le site d’Alternatives Économiques le 11 juillet 2020 sous le titre À l’école, citoyens !

Extrait de philippe-watrelot.blogspot.com du 17.07.20

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La loi de programmation de la recherche jugée « insuffisante »...

23 Juillet 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

La loi de programmation de la recherche jugée « insuffisante »...

EXTRAITS

La ministre de la recherche, Frédérique Vidal, a présenté un projet de loi prévoyant d’abonder de 25 milliards d’euros sur dix ans la recherche publique, pas assez pour rattraper le retard français, selon de nombreux acteurs du secteur.

Depuis 2000, la France a dévissé dans le classement des grandes nations scientifiques, passant du 5e au 8rang des contributeurs aux publications scientifiques. Par rapport à l’objectif fixé en 2002 de porter en 2010 l’effort de recherche de la nation à 3 % du PIB (1 % pour le public, 2 % pour le privé), le compteur reste bloqué à 2,2 %, dont près de 0,8 % pour le public. La France se situe là à la treizième place internationale – la Corée du Sud, championne mondiale, est à plus de 4 % du PIB. Frédérique Vidal, ministre l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, a présenté en conseil des ministres, mercredi 22 juillet, un projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) destiné à apporter des réponses à cette situation de décrochage et « tendre vers cet objectif des 3 % du PIB ».

« Jamais depuis la fin de la deuxième guerre mondiale un gouvernement n’a réalisé un tel investissement dans la recherche », a fait valoir Frédérique Vidal, lors d’un point presse à l’issue du conseil des ministres. Vingt-cinq milliards d’euros doivent être injectés par étapes sur les dix prochaines années : 400 millions en 2021, 800 millions en 2022, puis 1,2 milliard en 2023, détaille l’Agence France-Presse. Avec l’objectif, en 2030, d’un budget annuel de 20 milliards d’euros par an, soit 5 milliards de plus qu’actuellement.

(...)

Avant même son adoption par le conseil des ministres, avec en perspective sa discussion au Parlement à l’automne pour une entrée en vigueur début 2021, le projet de LPPR a fait l’objet de nombreuses critiques – notamment sur l’effet « trompe-l’œil » de l’annonce des 25 milliards d’euros d’investissement étalés sur dix ans, donc sans garantie de continuité lors des prochaines mandatures. Pour l’Académie des sciences, qui avait préconisé un supplément de 7 milliards du budget public en cinq ans pour atteindre l’objectif de 1 % du PIB pour la recherche publique, le compte n’y est pas.

Le 3 juillet, elle constatait dans un communiqué qu’« en dépit d’avancées et d’un effort financier public significatif, le volet budgétaire du projet de LPPR ne répond pas à cette ambition ». Même s’il voit d’un bon œil l’augmentation du budget de l’ANR, les revalorisations salariales, l’augmentation des CDI de mission et l’instauration des tenure tracks, le chimiste Marc Fontecave (Collège de France), qui a codirigé un groupe de travail de l’Académie sur la LPPR, constate « une grande déception » « 4,8 milliards de plus dans dix ans, cela conduit à environ 0,83 % du PIB, donc très loin de l’objectif. De plus, le démarrage est très faible dans les trois à quatre ans à venir. »

(...)

Pour le spécialiste des coronavirus Bruno Canard (CNRS), la déception est aussi de mise. « C’est un bon point de revaloriser les carrières, note-t-il. Mais pour avoir échangé avec mes collègues exilés, même en doublant les salaires, sans reconstituer les effectifs de techniciens affiliés, sans capacité à investir dans le matériel, vous ne ferez pas revenir les premiers de cordée évoqués par le président Macron. » Depuis 2016, sa discipline « mendie » ainsi pour passer de trois à six cryomicroscopes au niveau national, pour 36 millions d’euros, un montant « dérisoire par rapport aux aides aux entreprises privées du secteur ». Or, « si la recherche académique s’assèche, en aval, la recherche privée ne pourra pas en bénéficier ». En infectiologie, pour la recherche de médicaments, de vaccins, rappelle-t-il, l’« unité de temps, c’est dix ans ». Pour lui, la LPPR se fonde sur « le vieux discours de l’excellence et de la compétition entre équipes. Ce serait mieux de penser solidarité, collaboration et partage ».

Hervé Morin

Article complet à lire en cliquant ci-dessous

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Le directeur de cabinet de JM Blanquer siégeait à l'IFRAP. Il est désormais Recteur de Paris...

23 Juillet 2020 , Rédigé par Actu.fr et Le Café Pédagogique Publié dans #Education

Le directeur de cabinet de JM Blanquer siégeait à l'IFRAP. Il est désormais Recteur de Paris...
Le directeur de cabinet de JM Blanquer siégeait à l'IFRAP. Il est désormais Recteur de Paris...

Christophe Kerrero, directeur de cabinet de Jean-Michel Blanquer, nommé recteur de l’académie de Paris.

Gilles Pécout n'est plus le recteur de l'académie de Paris et d'Île-de-France. Il a été remplacé, mercredi 22 juillet 2020, par le directeur de cabinet de Jean-Michel Blanquer.

Le directeur de cabinet de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, va devenir recteur de l’académie de Paris et d’Île-de-France. La nomination de Christophe Kerrero a été acté mercredi 22 juillet 2020 en Conseil des Ministres.

Du cabinet de Luc Châtel à celui de Jean-Michel Blanquer

La région académique francilienne a un nouveau recteur. Christophe Kerrero va remplacer Gilles Pécout, en charge de Paris et de l’Île-de-France. Inspecteur général de l’éducation, du sport et de la recherche depuis 2012, le haut fonctionnaire de 56 ans agrégé de lettres modernes est un habitué des cabinets ministériels, qu’il fréquente depuis la fin des années 2000.

De 2009 à 2012, Christophe Kerrero a été conseiller technique aux affaires pédagogiques et à l’égalité des chances pour le ministre Luc Châtel, dans le gouvernement de François Fillon. Il avait, à cette époque, rencontré Jean-Michel Blanquer. Dans un portrait de L’Opinion lors de sa nomination en 2017, Christophe Kerrero était qualifié de « rescapé de la galaxie Sarkozy ».

Membre du conseil scientifique d’un think-tank libéral

Des liens à droite qui avaient fait jaser lors de sa nomination, avec la suppression d’une double interview que le nouveau recteur et l’actuel ministre avaient donné à l’association SOS Éducation, proche de l’extrême-droite selon Les Inrocks.

En parallèle de sa mission auprès de Jean-Michel Blanquer, Christophe Kerrero a continué de siéger au conseil scientifique de l’Ifrap, Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques. Ce think-tank, lobbyiste à l’Assemblée, se présente comme un institut de recherche ouvertement libéral, soulignent Télérama et le Café pédagogique.

Le nouveau recteur aura notamment à sa charge l’organisation d’une rentrée bouleversée par le confinement. Il connaît bien la région académique, puisqu’il est depuis 2016 directeur général adjoint des services en Île-de-France, chargé des lycées.

Peut-on servir l'Etat et un organisme qui souhaite l'affaiblir ? Directeur de cabinet du ministre de l'éducation nationale, Christophe Kerrero est aussi membre du conseil scientifique de l'IFRAP, un lobby libéral très actif politiquement. Alors que l'Ifrap milite pour la réduction des effectifs de fonctionnaires, il est paradoxal de voir à la tête du ministère qui emploie la moitié des  fonctionnaires d'Etat un responsable de cet organisme.

(...)

En 2011, Franck Ramus, aujourd'hui membre du conseil scientifique de l'Education nationale, avait écrit que qualifier l'iFRAP « d'institut de recherche » est inadéquat car aucun des chercheurs examinés n'est détenteur d'un doctorat ou ni "n'a jamais publié le moindre article dans une revue internationale d'économie".

(...)

... Après l'Institut Montaigne, proche du ministre, voici un second lobby ancré très a droite qui semble exercer son influence rue de Grenelle.

F Jarraud

Le conseil scientifique de l'Ifrap

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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Sangah Noona...

22 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Monique Wittig...

22 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Sous le soleil alors, un mouchoir sur la tête, elle se met à lire un papier déplié, par exemple, quand le monde changera et que les femmes pourront un jour prendre le pouvoir en main et s'adonner à l'exercice des armes et des lettres dans lesquels sans aucun doute elles ne tarderont pas à exceller, malheur à nous. Je suis persuadé qu'elles nous feront payer au centuple, qu'elles nous feront rester toute la journée à côté de la quenouille, du dévidoir et du rouet, qu'elles nous enverront laver la vaisselle à la cuisine. Nous ne l'aurons pas volé. Toutes à ces paroles crient et rient et se frappent les épaules entre elles pour manifester leur contentement. Elles disent, honte à toi. Elles disent, tu es domestiquée, gavée, comme les oies dans la cour du fermier qui les engraisse. Elles disent, tu te pavanes, tu n'as d'autre souci que de jouir des biens que te dispensent des maîtres, soucieux de ton bien-être tant qu'ils y sont intéressés. Elles disent, il n'y a pas de spectacle plus affligeant que celui des esclaves qui se complaisent dans leur état de servitude. Elles disent, tu es loin d'avoir la fierté des oiselles sauvages qui lorsqu'on les a emprisonnées refusent de couver leurs œufs. Elles disent, prends exemple sur les oiselles sauvages qui, si elles s'accouplent avec les mâles pour tromper leur ennui, refusent de se reproduire tant qu'elles ne sont pas en liberté.

Monique Wittig - Les guérillères

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