Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Ariel Ramirez - Missa Criolla...

28 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de coeur... Jean-Patrick Manchette...

28 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Anna Karina est une comédienne non sans gentillesse, non sans charme dans le genre mémère, mais sans le moindre talent d'actrice.
Vu à la télévision "La blonde ou la rousse" (George Sidney), d'une exécrable vulgarité, souligné par une V.F ordurière, qui met sans arrêt dans la bouche du héros le verbe foutre.
Sinatra devient ainsi un grossier personnage.
Rita Hayworth mal doublée, mal dirigée, mal filmée et mal maquillée, devient quelconque.
Kim Novak a l'air d'une motte de saindoux.
L'autre soir , Marguerite Duras passait à la télé, s'étant fait la gueule de Gide, et expliquait que son roman, "Détruire, dit-elle", avait été très facile à écrire sitôt qu'elle avait trouvé le personnage de Stein.
Cela m'a plongé dans une hilarité inexcusable.

(...)

Rome, Ville Ouverte (Rossellini) est un film bien laid et bien mauvais.
Le Trésor de la Sierra Madre (Huston), film ridicule et merdeux.
Sommes allés voir César et Rosalie de Claude Sautet. Monstrueux (une imbécile hésite entre deux cons), ignoble (l'univers de l'argent et de la réification totale), scandaleux (Sautet sait filmer, c'est un talent au service de l'idéologie dominante dans ce qu'elle a de plus abject).

Jean-Patrick Manchette - Journal 1966/1974

Lire la suite

Gisèle Halimi est morte... La plaidoirie du procès de Bobigny. Le triomphe des idées!

28 Juillet 2020 , Rédigé par Gisèle Halimi Publié dans #Femme

« Monsieur le président, Messieurs du tribunal,

Je ressens avec une plénitude jamais connue à ce jour un parfait accord entre mon métier qui est de plaider, qui est de défendre, et ma condition de femme.

Je ressens donc au premier plan, au plan physique, il faut le dire, une solidarité fondamentale avec ces quatre femmes, et avec les autres.

Ce que j’essaie d’exprimer ici, c’est que je m’identifie précisément et totalement avec Mme Chevalier et avec ces trois femmes présentes à l’audience, avec ces femmes qui manifestent dans la rue, avec ces millions de femmes françaises et autres.

Elles sont ma famille. Elles sont mon combat. Elles sont ma pratique quotidienne.

Et si je ne parle aujourd’hui, Messieurs, que de l’avortement et de la condition faite à la femme par une loi répressive, une loi d’un autre âge, c’est moins parce que le dossier nous y contraint que parce que cette loi est la pierre de touche de l’oppression qui frappe les femmes.

C’est toujours la même classe, celle des femmes pauvres, vulnérables économiquement et socialement, cette classe des sans-argent et des sans-relations qui est frappée.

Voilà vingt ans que je plaide, Messieurs, et je pose chaque fois la question et j’autorise le tribunal à m’interrompre s’il peut me contredire. Je n’ai encore jamais plaidé pour la femme d’un haut commis de l’État, ou pour la femme d’un médecin célèbre, ou d’un grand avocat, ou d’un P-DG de société, ou pour la maîtresse de ces mêmes messieurs.

Je pose la question. Cela s’est-il trouvé dans cette enceinte de justice ou ailleurs ? Vous condamnez toujours les mêmes, les « Mme Chevalier ». Ce que nous avons fait, nous, la défense, et ce que le tribunal peut faire, ce que chaque homme conscient de la discrimination qui frappe les mêmes femmes peut faire, c’est se livrer à un sondage très simple. Prenez des jugements de condamnation pour avortement, prenez les tribunaux de France que vous voudrez, les années que vous voudrez, prenez cent femmes condamnées et faites une coupe socio-économique : vous retrouverez toujours les mêmes résultats :

- 26 femmes sont sans profession, mais de milieu modeste, des « ménagères » ;
- 35 sont employées de bureau (secrétaires-dactylos) : au niveau du secrétariat de direction, déjà, on a plus d’argent, on a des relations, on a celles du patron, un téléphone… ;
- 15 employées de commerce et de l’artisanat (des vendeuses, des coiffeuses…) ;
- 16 de l’enseignement primaire, agents techniques, institutrices, laborantines ;
- 5 ouvrières ;
- 3 étudiantes.

Autre exemple de cette justice de classe qui joue, sans la moindre exception concernant les femmes : le manifeste des 343.

Vous avez entendu à cette barre trois de ses signataires. J’en suis une moi-même. Trois cent quarante trois femmes (aujourd’hui, trois mille) on dénoncé le scandale de l’avortement clandestin, le scandale de la répression et le scandale de ce silence que l’on faisait sur cet avortement. Les a-t-on seulement inculpées ? Nous a-t-on seulement interrogées ? Je pense à Simone de Beauvoir, à Françoise Sagan, à Delphine Seyrig – que vous avez entendues – Jeanne Moreau, Catherine Deneuve… Dans un hebdomadaire à grand tirage, je crois, Catherine Deneuve est représentée avec la légende : « La plus jolie maman du cinéma français » ; oui certes, mais c’est aussi « la plus jolie avortée du cinéma français » !

Retournons aux sources pour que Marie-Claire, qui s’est retrouvée enceinte à seize ans, puisse être poursuivie pour délit d’avortement, il eût fallu prouver qu’elle avait tous les moyens de savoir comment ne pas être enceinte, et tous les moyens de prévoir.

Ici, Messieurs, j’aborde le problème de l’éducation sexuelle.

Vous avez entendu les réponses des témoins. Je ne crois pas que, sur ce point, nous avons appris quelque chose au tribunal. Ce que je voudrais savoir, c’est combien de Marie-Claire en France ont appris qu’elles avaient un corps, comment il était fait, ses limites, ses possibilités, ses pièges, le plaisir qu’elles pouvaient en prendre et donner ?

Combien ?

Très peu, j’en ai peur.

Il y a dans mon dossier une attestation de Mme Anne Pério, professeur dans un lycée technique, qui indique que, durant l’année scolaire 1971-1972, il y a eu treize jeunes filles entre dix-sept ans et en vingt ans en état de grossesse dans ce lycée. Vous avez entendu, à l’audience, Simone Iff, vice-présidente du Planning familial. Elle est venue vous dire quel sabotage délibéré les pouvoirs publics faisaient précisément de cet organisme qui était là pour informer, pour prévenir, puisque c’est de cela qu’il s’agit.

Vous avez, Messieurs, heureusement pour vous, car je vous ai sentis accablés sous le poids de mes témoins et de leur témoignage, échappé de justesse à deux témoignages de jeunes gens de vingt ans et de dix-sept ans, mes deux fils aînés, qui voulaient venir à cette barre. Ils voulaient vous dire d’abord à quel point l’éducation sexuelle avait été inexistante pendant leurs études. L’un est dans un lycée et l’autre est étudiant. Ils voulaient faire – il faut le dire – mon procès. Mon procès, c’est-à-dire le procès de tous les parents. Car l’alibi de l’éducation sexuelle, à la maison, il nous faut le rejeter comme quelque chose de malhonnête. Je voudrais savoir combien de parents – et je parle de parents qui ont les moyens matériels et intellectuels de le faire – abordent tous les soirs autour de la soupe familiale l’éducation sexuelle de leurs enfants. Mme Chevalier, on vous l’a dit, n’avait pas de moyens matériels, et elle n’avait pas reçu elle-même d’éducation sexuelle. Je parle de moi-même et de mes rapports avec mes enfants. Moi, je n’ai pas pu le faire. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Mais je peux peut-être essayer de l’expliquer. Peut-être parce que, entre les parents et les enfants, il y a un rapport passionnel, vivant, vivace, et c’est bon qu’il en soit ainsi ; peut-être aussi parce que, pour les enfants, il y a cette image des rapports amoureux des parents et que cela peut culpabiliser les enfants et la mère ? Toujours est-il que l’on ne peut décider que les parents auront l’entière responsabilité de l’éducation sexuelle. Il faut des éducateurs spécialisés, quitte pour les parents à apporter, en quelque sorte, une aide complémentaire.

Pourquoi ne pratique-t-on pas l’éducation sexuelle dans les écoles puisqu’on ne veut pas d’avortement ?

Pourquoi ne commence-t-on pas par le commencement ? Pourquoi ?

Parce que nous restons fidèles à un tabou hérité de nos civilisations judéo-chrétiennes qui s’oppose à la dissociation de l’acte sexuel et de l’acte de procréation. Ils sont pourtant deux choses différentes. Ils peuvent être tous les deux actes d’amour, mais le crime des pouvoirs publics et des adultes est d’empêcher les enfants de savoir qu’ils peuvent être dissociés.

Deuxième responsabilité :

L’accusation, je le lui demande, peut-elle établir qu’il existe en France une contraception véritable, publique, populaire et gratuite ? Je ne parle pas de la contraception gadget, de la contraception clandestine qui est la nôtre aujourd’hui. Je parle d’une véritable contraception. Je dois dire que j’ai cru comprendre que même la contraception était prise à partie dans ce débat.

Je dois dire qu’il m’est arrivé de parler à plusieurs reprises de ce problème, publiquement. J’ai eu face de moi des hommes d’Église : même eux n’avaient pas pris cette position. La contraception, à l’heure actuelle, c’est peut-être 6% ou 8% des femmes qui l’utilisent. Dans quelles couches de la population ? Dans les milieux populaires, 1% !

Dans la logique de la contraception, je dis qu’est inscrit le droit à l’avortement.

Supposons que nous ayons une parfaite éducation sexuelle. Supposons que cela soit enseigné dans toutes les écoles. Supposons qu’il y ait une contraception véritable, populaire, totale, gratuite. On peut rêver… Prenons une femme libre et responsable, parce que les femmes sont libres et responsables. Prenons une de ces femmes qui aura fait précisément ce que l’on reproche aux autres de ne pas faire, qui aura manifesté constamment, régulièrement, en rendant visite à son médecin, sa volonté de ne pas avoir d’enfants et qui se trouverait, malgré tout cela, enceinte.

Je pose alors la question : « Que faut-il faire ? »

J’ai posé la question à tous les médecins. Ils m’ont tous répondu, à l’exception d’un seul : « il faut qu’elle avorte ». Il y a donc inscrit, dans la logique de la contraception, le droit à l’avortement. Car personne ne peut soutenir, du moins je l’espère, que l’on peut donner la vie par échec. Et il n’y a pas que l’échec. Il y a l’oubli. Supposez que l’on oublie sa pilule. Oui. On oublie sa pilule. Je ne sais plus qui trouvait cela absolument criminel. On peut oublier sa pilule. Supposez l’erreur. L’erreur dans le choix du contraceptif, dans la pose du diaphragme.

L’échec, l’erreur, l’oubli…

Voulez-vous contraindre les femmes à donner la vie par échec, par erreur, par oubli ? Est-ce que le progrès de la science n’est pas précisément de barrer la route à l’échec, de faire échec à l’échec, de réparer l’oubli, de réparer l’erreur ? C’est cela, me semble-t-il, le progrès. C’est barrer la route à la fatalité et, par conséquence, à la fatalité physiologique.

J’ai tenu à ce que vous entendiez ici une mère célibataire. Le tribunal, je l’espère, aura été ému par ce témoignage. Il y a ici des filles, des jeunes filles qui, elles, vont jusqu’au bout de leur grossesse pour des raisons complexes, mais disons, parce qu’elles respectent la loi, ce fameux article 317. Elles vont jusqu’au bout.

Que fait-on pour elles ? On les traites de putains. On leur enlève leurs enfants, on les oblige, la plupart du temps, à les abandonner ; on leur prend 80% de leur salaire, on ne se préoccupe pas du fait qu’elles sont dans l’obligation d’abandonner leurs études. C’est une véritable répression qui s’abat sur les mères célibataires. Il y a là une incohérence au plan de la loi elle-même.

J’en arrive à ce qui me paraît le plus important dans la condamnation de cette loi. Cette loi, Messieurs, elle ne peut pas survivre et, si l’on m’écoutait, elle ne pourrait pas survivre une seconde de plus : Pourquoi ? Pour ma part, je pourrais me borner à dire : parce qu’elle est contraire, fondamentalement, à la liberté de la femme, cet être, depuis toujours opprimé. La femme était esclave disait Bebel, avant même que l’esclavage fût né. Quand le christianisme devint une religion d’État, la femme devint le « démon », la « tentatrice ». Au Moyen Âge, la femme n’est rien. La femme du serf n’est même pas un être humain. C’est une bête de somme. Et malgré la Révolution où la femme émerge, parle, tricote, va aux barricades, on ne lui reconnaît pas la qualité d’être humain à part entière. Pas même le droit de vote. Pendant la Commune, aux canons, dans les assemblées, elle fait merveille. Mais une Louise Michelle et une Hortense David ne changeront pas fondamentalement la condition de la femme.

Quand la femme, avec l’ère industrielle, devient travailleur, elle est bien sûr – nous n’oublions pas cette analyse fondamentale – exploitée comme les autres travailleurs.

Mais à l’exploitation dont souffre le travailleur, s’ajoute un coefficient de surexploitation de la femme par l’homme, et cela dans toutes les classes.

La femme est plus qu’exploitée. Elle est surexploitée. Et l’oppression – Simone de Beauvoir le disait tout à l’heure à la barre – n’est pas seulement celle de l’économie.

Elle n’est pas seulement celle de l’économie, parce que les choses seraient trop simples, et on aurait tendance à schématiser, à rendre plus globale une lutte qui se doit, à un certain moment, d’être fractionnée. L’oppression est dans la décision vieille de plusieurs siècles de soumettre la femme à l’homme. « Ménagère ou courtisane », disait d’ailleurs Proudhon qui n’aimait ni les juifs, ni les femmes. Pour trouver le moyen de cette soumission, Messieurs, comment faire ? Simone de Beauvoir vous l’a très bien expliqué. On fabrique à la femme un destin : un destin biologique, un destin auquel aucune d’entre nous ne peut ou n’a le droit d’échapper. Notre destin à toutes, ici, c’est la maternité. Un homme se définit, existe, se réalise, par son travail, par sa création, par l’insertion qu’il a dans le monde social. Une femme, elle, ne se définit que par l’homme qu’elle a épousé et les enfants qu’elle a eus.

Telle est l’idéologie de ce système que nous récusons.

Savez-vous, Messieurs, que les rédacteurs du Code civil, dans leur préambule, avaient écrit ceci et c’est tout le destin de la femme : « La femme est donnée à l’homme pour qu’elle fasse des enfants… Elle est donc sa propriété comme l’arbre à fruits est celle du jardinier. » Certes, le Code civil a changé, et nous nous en réjouissons. Mais il est un point fondamental, absolument fondamental sur lequel la femme reste opprimée, et il faut, ce soir, que vous fassiez l’effort de nous comprendre.

Nous n’avons pas le droit de disposer de nous-mêmes.

S’il reste encore au monde un serf, c’est la femme, c’est la serve, puisqu’elle comparaît devant vous, Messieurs, quand elle n’a pas obéi à votre loi, quand elle avorte. Comparaître devant vous. N’est-ce pas déjà le signe le plus certain de notre oppression ? Pardonnez-moi, Messieurs, mais j’ai décidé de tout dire ce soir. Regardez-vous et regardez-nous. Quatre femmes comparaissent devant quatre hommes… Et pour parler de quoi ? De sondes, d’utérus, de ventres, de grossesses, et d’avortements !...

- Croyez-vous que l’injustice fondamentale et intolérable n’est pas déjà là ?
- Ces quatre femmes devant ces quatre hommes !
- Ne croyez-vous pas que c’est là le signe de ce système oppressif que subit la femme ? Comment voulez-vous que ces femmes puissent avoir envie de faire passer tout ce qu’elles ressentent jusqu’à vous ? Elles ont tenté de le faire, bien sûr, mais quelle que soit votre bonne volonté pour les comprendre – et je ne la mets pas en doute – elles ne peuvent pas le faire. Elles parlent d’elles-mêmes, elles parlent de leur corps, de leur condition de femmes, et elles en parlent à quatre hommes qui vont tout à l’heure les juger. Cette revendication élémentaire, physique, première, disposer de nous-mêmes, disposer de notre corps, quand nous la formulons, nous la formulons auprès de qui ? Auprès d’hommes. C’est à vous que nous nous adressons.
- Nous vous disons : « Nous, les femmes, nous ne voulons plus être des serves ».

Est-ce que vous accepteriez, vous, Messieurs, de comparaître devant des tribunaux de femmes parce que vous auriez disposé de votre corps ?... Cela est démentiel !

Accepter que nous soyons à ce point aliénées, accepter que nous ne puissions pas disposer de notre corps, ce serait accepter, Messieurs, que nous soyons de véritables boîtes, des réceptacles dans lesquels on sème par surprise, par erreur, par ignorance, dans lesquels on sème un spermatozoïde. Ce serait accepter que nous soyons des bêtes de reproduction sans que nous ayons un mot à dire.

L’acte de procréation est l’acte de liberté par excellence. La liberté entre toutes les libertés, la plus fondamentale, la plus intime de nos libertés. Et personne, comprenez-moi, Messieurs, personne n’a jamais pu obliger une femme à donner la vie quand elle a décidé de ne pas le faire.

En jugeant aujourd’hui, vous allez vous déterminer à l’égard de l’avortement et à l’égard de cette loi et de cette répression, et surtout, vous ne devrez pas esquiver la question qui est fondamentale. Est-ce qu’un être humain, quel que soit son sexe, a le droit de disposer de lui-même ? Nous n’avons plus le droit de l’éviter.

J’en ai terminé et je pris le tribunal d’excuser la longueur de mes explications. Je vous dirai seulement encore deux mots : a-t-on encore, aujourd’hui, le droit, en France, dans un pays que l’on dit "civilisé", de condamner des femmes pour avoir disposé d’elles-mêmes ou pour avoir aidé l’une d’entre elles à disposer d’elle-même ? Ce jugement, Messieurs, vous le savez – je ne fuis pas la difficulté, et c’est pour cela que je parle de courage – ce jugement de relaxe sera irréversible, et à votre suite, le législateur s’en préoccupera. Nous vous le disons, il faut le prononcer, parce que nous, les femmes, nous, la moitié de l’humanité, nous sommes mises en marche. Je crois que nous n’accepterons plus que se perpétue cette oppression.

Messieurs, il vous appartient aujourd’hui de dire que l’ère d’un monde fini commence. »

Gisèle Halimi

Lire la suite

Les inégalités femmes-hommes sont intériorisées dès l'âge de 6 ans...

28 Juillet 2020 , Rédigé par Huffington Post - LCP Publié dans #Education

Et si le sexisme et les inégalités entre les sexes, c’était quelque chose d’inscrit dès le plus jeune âge? Ce jeudi 23 juillet, LCP diffuse le dernier documentaire de la journaliste Ludivine Tomasi, “On ne naît pas féministe” autour du sexisme, du féminisme et des tabous qui entourent la sexualité des femmes. Et de comment tout cela impacte le quotidien et la place de ces dernières dans la société. Une démonstration aussi personnelle que convaincante.

Une longue liste d’avantages et une courte liste d’inconvénients à être un garçon. Et l’inverse lorsqu’on est une fille. C’est le résultat de l’exercice mené dans l’école d’Auch dans le Gers. Deux professeurs demandent à leurs élèves de 6 ans, séparés en deux groupes non mixtes, de s’imaginer changer de genre pendant la nuit. Au réveil, ils doivent décider les points positifs et négatifs de cette transformation. Et les résultats sont effarants.

 

Du “sexisme dans les espaces publics”

“Si on serait (sic) une fille, et ben on pourrait pas jouer au foot”, explique un garçon. “Ben oui, parce qu’après y’a les garçons qui vont nous virer”, renchérit un autre.

 

Et du côté des filles, on fait le constat inverse. “Je peux jouer au foot” maintenant, sourit l’une d’entre elles. Un constat qui désole Ludivine Tomasi. “C’est triste de se dire qu’à 6 ans, on se dit inconsciemment que c’est trop bien d’être un garçon, et moins bien d’être une fille, confie-t-elle au HuffPost. À cet âge-là, ils s’empêchent de faire des choses et s’auto-censurent.”

 

Ces élèves de primaire ont en effet déjà assimilé “le sexisme dans les espaces publics”, comme l’explique Emmanuel Veneau, le professeur des écoles à Auch qui a discuté avec les garçons.

 

La réalisatrice voit un parallèle entre le foot et cette appropriation de l’espace public. “Dans les écoles, les terrains de foot prennent beaucoup de place, les garçons y jouent dessus et les filles sont dans les coins. Nous, les femmes, on a intériorisé le fait d’être plus discrètes et de faire moins de place dans la rue ou en public.”

 

Filmer ces jeunes enfants a fait remonter certains souvenirs. “Quand j’étais petite, on m’a toujours reproché de trop parler, de prendre trop de place. En grandissant, je me suis rendu compte que c’est beaucoup plus gênant quand ce comportement vient d’une fille que d’un garçon.”

 

Et Ludivine Tomasi déplore que les garçons soient catégorisés comme actifs, tandis que les filles doivent être passives. “Même aujourd’hui, je me salis moins, je prends moins de risques, j’essaye de ne pas prendre trop de place.”

 

Un manque d’éducation à la sexualité

 

Un constat qui s’étoffe au fur et à mesure du documentaire. On y découvre l’ignorance des collégiens au sujet des organes sexuels féminins. Et ce malgré la loi de juillet 2001 qui prévoit, dans le code de l’éducation, qu’une information et une éducation à la sexualité soient dispensées dans les écoles, les collèges et les lycées, avec au moins trois séances annuelles.

 

Les difficultés se retrouvent aussi dans les manuels scolaires de sciences et vie de la terre (SVT) donnés aux collégiens, puisque seulement un sur huit représente correctement les organes sexuels féminins. Et de nombreux professeurs ne sont eux-mêmes pas formés aux questions touchant à la sexualité.

 

C’est pourquoi des formations existent pour leur permettre d’acquérir ces connaissances. Elles sont nécessaires pour prévenir les violences sexistes auxquelles les femmes doivent faire face, souvent dans la rue, parfois au domicile.

 

Tout au long du documentaire, on suit les pensées et la progression de la réalisatrice Ludivine Tomasi. Aux côtés de professeurs des écoles et de professionnels de l’éducation sexuelle tels que le Centre régional d’information et de promotion de la santé sexuelle (Crips), elle brise les tabous autour de la sexualité des femmes.

 

Alice Sangouard

Lire la suite

Marie-Josée Neuville...

27 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de coeur... Jean-Paul Sartre...

27 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

A six ans, tu portais un col dur, ça devait racler ton cou de poulet, et puis tout un habit de velours avec une lavallière. Quel beau petit homme, quel enfant sage ! Ce sont les enfants sages, Madame, qui font les révolutionnaires les plus terribles. Ils ne disent rien, ils ne se cachent pas sous la table, ils ne mangent qu’un bonbon à la fois, mais plus tard ils le font payer cher à la société. Méfiez-vous des enfants sages !

Jean-Paul Sartre - Les Mains sales

Lire la suite

"La vie n'est pas un tableau Excel": les syndicats dénoncent les projets du ministère pour la rentrée scolaire...

27 Juillet 2020 , Rédigé par France Bleue Publié dans #Education

"La vie n'est pas un tableau Excel": les syndicats dénoncent les projets du ministère pour la rentrée scolaire...

Protocole sanitaire strict, évaluations de niveau maintenues le 14 septembre : pour le syndicat enseignant SNUIPP-FSU36, la rentrée "normale" voulue par le ministre de l'Education nationale n'est pas réalisable.

Les vacances d'été battent leur plein, mais on prépare déjà la rentrée des classes ! Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education Nationale, a envoyé une note le 17 juillet aux directeurs d’école, chefs d’établissements et aux professeurs pour organiser le retour des élèves en septembre.  Il promet une "rentrée normale". 

Un protocole sanitaire strict 

En cas de reprise de l'épidémie, il faudra mettre en place un protocole sanitaire strict, similaire à celui qu’ont connu les écoles lors de la première phase du déconfinement le 11 mai. 

Une liste de "choses à penser" comme l’accueil des élèves en petits groupes, dans des espaces réaménagés pour maintenir la distance sociale.

Des préconisations qui ne prennent pas en compte la réalité du terrain selon  Sophie Grenon, co-secrétaire Snuipp-FSU  36 : "On sait déjà que la distanciation n'est pas possible à cause des effectifs dans certaines classes, mais on ne peut pas pousser les murs ! Jean-Michel Blanquer ne peut pas afficher un cadre applicable à toutes les écoles. La vie n'est pas un tableau Excel !" 

Des évaluations maintenues 

Malgré une fin d'année décousue : avec le confinement, les élèves n'ont pas eu cours pendant près de trois mois, certains ont carrément arrêté en mars. Les évaluations de CP, CE1 et 6e ont lieu dès le 14 septembre. Des évaluations de compréhension (en CP par exemple ce sont des acquis de lecture). 

Les élèves n’auront eu qu’une grosse semaine  pour renouer avec l’école ; un scénario peu réaliste aux yeux de Sophie Grenon : "Déjà les évaluations l'année dernière étaient trop denses, là il manque trois mois d'école aux élèves. Leur proposer le même contenu que l'année dernière, c'est nier la période que l'on vient de passer, ce n'est pas possible. Cette rentrée n'est pas une rentrée normale."  

Elodie Rabelle

Lire la suite

Deux secrétariats d'Etat inédits pour «aider» Blanquer? - Par Claude Lelièvre...

27 Juillet 2020 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education

Deux secrétariats d'Etat inédits pour «aider» Blanquer? - Par Claude Lelièvre...

Les deux secrétariats d'Etat créés («Jeunesse et engagement», et «Education prioritaire») ont un intitulé plus précis que les deux dispositifs voisins qui ont pu les précéder: «Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse» pour Gabriel Attal, et «Ministre déléguée à la réussite éducative» pour Georges Pau-Langevin.

Les deux intitulés précis des deux secrétariats d'Etat dévolus à Sarah El Hairy et Nathalie Elimas ("Jeunesse et engagement" pour l'une, "Education prioritaire" pour l'autre) n'ont aucun précédent historique.

Gabriel Attal , qui a été nommé le 16 octobre 2018 "secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse" Jean-Michel Blanquer n'a pas eu un secrétariat au titre défini. Il a été simplement indiqué que Gabriel Attal était chargé notamment d'intervenir sur les dossiers de la jeunesse et la mise en place du SNU (service national universel) jusqu'alors sous la responsabilité de Geneviéve Darrieussecq, secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Armées. Et on a pu penser que cette disposition signifiait surtout que l'important mais épineux dossier du SNU passait des "Armées" à l'''Education nationale"

Georges Pau-langevin a été nommée le 16 mai 2012 "ministre déléguée chargée de la réussite éducative" auprès de Vincent Peillon, "ministre de l'Education nationale". Dans une interview accordée à "Nous,Vous,Ils'' le 5 juillet 2012, elle a défini ainsi ce ''portefeuille inédit": Ma mission, qui concerne à la fois le primaire et le secondaire,est d’agir sur plusieurs axes forts : les conditions de vie des élèves, je pense notamment à la santé scolaire, le sport, le lien avec les familles, la politique sociale (fonds sociaux) ; les dispositifs liés à l’éducation prioritaire, à l’accompagnement éducatif et à la lutte contre les discriminations ; l’orientation qui mérite d’être revue en profondeur. De surcroît, je m’investirai en direction des élèves qui ont des besoins particuliers, je pense notamment à ceux en situation de handicap et aux primo-arrivants. La réussite éducative n’est pas le monopole de l’Education nationale et implique un grand nombre d’acteurs, c’est pourquoi ma mission est interministérielle et partenariale

En comparaison, la mise en place inédite d'un secrétariat à "l'Education prioritaire" au périmètre et à la responsabilité beaucoup plus délimités et focalisés interroge d'autant plus que le 5 novembre 2019, Jean-Michel Blanquer (accompagné de Gabriel Attal et du ministre de la Ville) a présenté le rapport réalisé par Pierre Mathiot et Ariane Azéma chargés d'une mission "Territoires et réussite" qui comprend des propositions de modifications importantes concernant l'Education prioritaire. Quid de son avenir?

Claude Lelièvre

Lire la suite

Bougainvilliers, mimosas et thé à la menthe...  "L’imagination est la liberté de l’esprit"  - Angel Parra

27 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Bougainvilliers, mimosas et thé à la menthe...  "L’imagination est la liberté de l’esprit"  -  Angel Parra
Bougainvilliers, mimosas et thé à la menthe...  "L’imagination est la liberté de l’esprit"  -  Angel Parra
Bougainvilliers, mimosas et thé à la menthe...  "L’imagination est la liberté de l’esprit"  -  Angel Parra

Je suis un grand amoureux. De Kerouac, des « road movies », de ces chansons qui invitent à emprunter les routes mythiques, la Nationale 7 en France ou la « Route 66 » aux Etats-Unis. J’aime conduire. Tu cherches fébrilement une chanson à me faire écouter. Tu t’enthousiasmes pour tout ou presque. On ne peut qu’être bon lorsqu’on s’acharne à seulement trouver une chanson. Les kilomètres sont avalés. Voilà, tu as trouvé ! Juliette… « Une Petite Robe Noire »… Appuyée contre la portière, légèrement tournée vers moi, les pieds nus, le regard perdu vers la liberté, tu sembles apaisée.

 

Il y avait tellement de couleurs dans mon jardin ! Des géraniums aux fleurs énormes, des arums à donner le vertige, en cornettes de bonne sœur avec un rayon de soleil au milieu, des pois de senteur, des soucis et mes chers bougainvilliers qui escaladaient tout, en retombant lourdement, épuisés… Je m’enivrais des parfums mélangés. J’étais au paradis.

 

Au printemps explosaient d’autres senteurs. Celles de fleurs d’orangers. De l’oranger devrais-je dire. Il n’y en avait qu’un. Mon bel oranger.

 

Au marché d’El Jadida, tout dégoulinait de fruits et de légumes divers. À mourir de plaisir au milieu des cris et des bousculades. Les paniers s’emmêlaient. Même l’étal du boucher, ruisselant de sang, attirait mon regard. Ce rouge virant au noir sur les tabliers blancs.

 

Et puis les mimosas ! Ma mère les adorait. Elle en faisait des bouquets décorant la maison de jaune à la Van Gogh. Le vase sur le piano était toujours le plus fourni. Je n’ai jamais su pourquoi. Un hommage à la musique sans doute.

 

Elle est belle cette chanson de Juliette.

 

« Tu as remarqué. Il n’y a plus de débats en France, de débats d'idées, raisonnable et raisonné ». Nous approchions de Mantes.

 

Mon père et ses amis enseignants débattaient souvent. Politique, pédagogie, que sais-je encore ? La France est le pays de la « disputatio », du débat humaniste. Quel repas de famille, quelle rencontre entre collègues ne contient pas son débat, ses propos contradictoires, ses arguments défendus pied à pied ? Nos assemblées résonnent encore, des siècles après, des envolées lyriques d’un Hugo, d’un Jaurès, d’un Mitterrand. Tout en France fait débat.

 

J’adorais le bleu de fleurs de Volubilis. Plus tard, je découvrirai ses ruines. Mon Tipasa à moi. Sans la mer ni les absinthes. Mais la même caresse sur les pierres et le ciel incrusté dans la brûlure du temps. Ici pas de « maître des horloges ». Quel orgueil de seulement croire pouvoir le devenir !

 

La France en effet se voit privée de débats. Se voit privée de politique au sens noble de sa pratique. Le nouveau pouvoir autoproclamé « nouveau monde » ne veut ni droite ni gauche. Le citoyen, au sens étymologique du terme, devient un « collaborateur » dans une France startupisée. Les oppositions sont sommées de ne pas exister. Même la presse, le « quatrième pouvoir », se voit accusée de « ne pas chercher la vérité ». Alors qu’elle ne fait que cela. Le vote est délégitimé. Les réseaux sociaux se transforment en tribunaux d'opinion d'où la raison s'absente. Le faux triomphe du vrai que s'approprient des sorciers ou des activistes illuminés et aveuglés par des gloires éphémères. La simplification est omniprésente avec ce qu'elle véhicule d'approximations. La rigueur et la précision ont disparu, bousculées par la dictature de la vitesse, du spectacle, de l'indignation criarde et du narcissisme ridicule. 

 

- C’est bien pire que la disparition du débat. Ce sont quelques-unes de nos libertés qui risquent la disparition.

 

Ton regard sembla s’assombrir. Je m’en voulus de te peiner.

 

J’aimais tant courir sur le sable vers la mer. Antoine Doinel à la fin des « Quatre Cents Coups ». Mais je ne m’arrêtais pas. Je ne me retournais pas pour, face caméra, regarder s’éloigner mon enfance. Non ! Je plongeais tête la première dans les rouleaux Atlantique pour hâter la caresse de l’eau sur mon corps. Et je priais n’importe qui pour que cela ne s’arrête jamais. Le sel brûlait mes yeux que je gardais ouverts sous l’eau, toujours !

 

- Il faudra qu’on partage un thé à la menthe un jour.

 

Oui mais servi dans un verre, tombant de haut. La théière ventrue souplement soulevée, dessinant dans l’espace une hanche de femme… J’aimais tant les parfums de Khadija qui se mêlaient à ceux du thé et de la menthe… A ceux des fleurs et des arbres du jardin…

 

- Oui, nous partagerons un thé à la menthe. C’est promis.

 

Ton sourire était revenu…

 

Christophe Chartreux

Lire la suite

Alison Balsom.... Un enchantement...

26 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>