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Vivement l'Ecole!

Cher...

31 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Albert Memmi...

31 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Devant l'impossible union des deux parties de moi-même, je décidai de choisir. Entre l'Orient et l'Occident, entre les croyances africaines et la philosophie, entre le patois et le français, il me fallait choisir: je choisissais Poinsot, ardemment, vigoureusement. Un jour, entrant dans un café, je me suis vu en face de moi-même; j'eus une peur atroce. J'étais moi et je m'étais étranger. C'était un miroir qui couvrait tout un mur, si net qu'on ne le devinait pas. Je me devenais étranger tous les jours davantage.

Il me fallait cesser de me regarder, sortir du miroir.

Albert Memmi - La statue de sel

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Coronavirus : les jeunes enfants bien plus contagieux ?

31 Juillet 2020 , Rédigé par Capital Publié dans #santé

Coronavirus : les jeunes enfants bien plus contagieux ?

Selon une étude américaine, les jeunes enfants de moins de cinq ans pourraient être bien plus contagieux qu'un adulte.

Le taux de matériel génétique du coronavirus détecté dans le nez d'enfants de moins de cinq ans est 10 à 100 fois plus élevé que celui trouvé chez des enfants plus âgés et des adultes, selon une étude américaine publiée jeudi 30 juillet. Les très jeunes enfants pourraient donc être d'importants propagateurs du virus dans la population, selon cette étude parue dans la revue médicale JAMA Pediatrics, une hypothèse allant à l'encontre du discours actuel.

L'administration de Donald Trump pousse ainsi depuis des semaines les écoles et les garderies des différents Etats à la réouverture afin de relancer l'économie du pays. Entre le 23 mars et le 27 avril, des chercheurs ont mené à Chicago des tests de dépistage avec prélèvement nasal sur 145 patients, souffrant d'une forme légère à modérée de la maladie Covid-19, une semaine après l'apparition de leurs premiers symptômes.

Les patients étaient divisés en trois groupes : 46 enfants de moins de cinq ans, 51 enfants âgés de 5 à 17 ans et 48 adultes entre 18 et 65 ans. L'équipe a observé la présence de SARS-CoV-2 en quantité "10 à 100 fois supérieure" aux autres dans les voies respiratoires des jeunes enfants. Les auteurs de l'étude ont précisé qu'une étude en laboratoire avait prouvé que plus il y avait de matériel génétique du virus, plus ce dernier pouvait devenir contagieux.

"Par conséquent, les jeunes enfants peuvent potentiellement être d'importants facteurs de contagion du SARS-CoV-2 dans la population", selon les scientifiques. "Les comportements habituels des jeunes enfants et les endroits clos dans les écoles et les garderies posent la question d'une propagation du SARS-CoV-2 dans cette population à mesure que les mesures sanitaires s'assouplissent", ont-ils conclu.

Ces résultats ne vont pas dans le sens des autorités sanitaires qui jugent que les jeunes enfants ne transmettent pas beaucoup le virus, d'autant qu'il a été établi qu'ils ont moins de risques de contracter une forme sévère de la maladie. Toutefois peu de recherches ont été effectuées sur ce sujet jusqu'à présent. Selon une étude en Corée du Sud, les enfants entre 10 et 19 ans transmettent le virus autant que les adultes au sein d'un foyer, mais les enfants de moins de neuf ans le transmettent moins.

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A Marseille, «qu’on soit en jogging ou en jupe courte, on nous fait des remarques»

31 Juillet 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

A Marseille, «qu’on soit en jogging ou en jupe courte, on nous fait des remarques»

Dans les ateliers de sensibilisation aux violences sexistes de la Ligue de l'enseignement, des ados partagent leurs expériences et débattent des moyens de lutte contre le harcèlement et les agressions auxquels elles ont été confrontées.

«Est-ce qu’on vous a déjà embêtées dans la rue ? Et est-ce que c’est obligatoirement quand vous portez des tenues sexy ?» demandent les intervenantes du Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) des Bouches-du-Rhône. Face à elles, une quinzaine de jeunes de 14 à 18 ans, principalement des filles, de la Maison pour tous du quartier Endoume-Bompard que gère la Ligue de l’enseignement, dans le 7e arrondissement de Marseille. Carla, 17 ans : «Qu’on soit en jogging ou en jupe courte, c’est la même chose, on nous fait quand même des remarques.» «Moi je pense qu’il y a des limites à ce qu’on peut porter dans la rue, pour pas provoquer», dit timidement une autre. «Tu provoques pas. C’est juste le mec qui n’a pas le bon regard sur toi», intervient Lina du haut de ses 15 ans.

«Je me sentais un peu démuni»

Ces ados auraient pu choisir de passer cette semaine de mi-juillet à la plage avec les copains. Au lieu de quoi, ils ont demandé à leur animateur de participer à des ateliers sur les violences sexistes. Et comme cinq autres groupes de jeunes en région Paca, ils ont été choisis pour créer, à partir de leurs expériences, des scénarios pour la campagne nationale de prévention du CIDFF #ViolenceJeTeQuitte. Des récits qui seront par ensuite transformés en BD par la dessinatrice marseillaise Lili Sohn (la Guerre des tétonsVagin tonic), dont le travail interroge entre autres le droit des femmes à disposer de leurs corps.

«C’est réellement une volonté de la part des jeunes de s’informer sur le sujet, précise Andy Lamat, animateur et responsable du secteur jeunes de la MPT. Ça me réjouit car ces ateliers vont aussi me permettre de mieux comprendre leur désarroi. Jusqu’ici j’avoue que je me sentais un peu démuni dans l’aide que je pouvais leur apporter.» Depuis plusieurs années, à travers différents projets, la Ligue de l’enseignement a aussi à cœur de faire des jeunes des quartiers marseillais des citoyens éclairés en leur permettant d’aborder via des ateliers animés par des professionnels, les questions de genre, d’écologie, de démocratie, et autres.

«Gars forceurs»

Situé entre le Vieux-Port et la Corniche, le 7e arrondissement de Marseille n’est pas un quartier prioritaire de la politique de la ville mais il concentre quelques poches de pauvreté. «Les jeunes dont on s’occupe sont principalement issus de familles monoparentales, les mamans cumulent souvent deux emplois et sont rarement à la maison, il y a des jours aussi où certains ne mangent pas à leur faim», indique l’animateur.

Parmi ces jeunes, l’une a déjà été victime de cyberharcèlement, d’autres ont grandi au milieu des violences conjugales. Et malgré leur jeune âge, comme plus de 80% des femmes, toutes les filles présentes ont déjà des tas de mésaventures de harcèlement de rue à raconter, et ce, dès le début de la puberté. «Que je sois avec ma mère, mes copines, même mon copain, peu importe, ça ne les arrête pas ! explique Tchandeni, 17 ans, qui dit n’avoir pour autant jamais eu l’intention de renoncer à ses minishorts ou crop-tops. Souvent j’utilise l’humour pour me défendre, en me moquant d’eux, pour qu’ils aient honte.»

Jade, 14 ans, pantalon noir et tee-shirt ample, raconte que pas plus tard que la veille, alors qu’elle rentrait chez elle en sortant de l’atelier, un homme l’a suivie jusqu’à sa porte. «J’ai eu l’idée de sonner pour que quelqu’un vienne m’ouvrir. Là, il a eu peur et il est parti», explique-t-elle. Chacune sa technique pour se débarrasser des «gars forceurs», comme les surnomme Ilona, 17 ans. Mais dans ce type de situation, la sidération prend souvent le dessus.

«Les profs et les surveillants sont beaucoup trop laxistes»

L’espace public n’est pas le seul lieu où elles sont confrontées à ces violences sexistes. Les adolescentes donnent aussi des exemples en soirées, à l’école, à la maison… Point positif : la plupart semblent déjà très au fait de ce qu’est le consentement. Lina : «Le féminisme, c’est une cause importante pour moi. Ma mère est très ouverte sur toutes ces questions-là, ça m’aide.» «Cette génération, comparée à celles d’avant, accepte moins les remarques sexistes et n’a pas le même rapport à l’image. Je les trouve assez fortes et pleines de stratégies, ça donne espoir», se félicite Marielle Vallon, intervenante et directrice du CIDFF qui indique que dans certains quartiers, il est plus compliqué pour les filles de s’affirmer aussi librement. Elle souligne aussi que des zones plus floues comme le chantage sexuel au sein du couple restent encore à travailler. Et de poursuivre : «Avec ce projet, ce qu’on veut montrer aux jeunes, c’est que les violences sexuelles ne viennent pas de nulle part, c’est une construction.»

De son côté, Jade s’attriste qu’on n’aborde pas plus le sujet à l’école : «Je trouve qu’au collège, les profs et les surveillants sont beaucoup trop laxistes avec les gars sur ces sujets.» D’ailleurs, seulement deux garçons ont participé aux ateliers, et l’un, traîné par sa copine, n’est finalement venu qu’à la première séance. Pour cause de suspicion de Covid, Anthony, 17 ans, n’a pu être présent que deux jours et il le regrette car ces ateliers lui tenaient à cœur : «Je ne suis pas du genre à embêter les filles dans la rue, mais je vois les regards insistants des hommes sur ma sœur. Nous les garçons, on ne nous éduque pas sur ces questions-là. Personne ne nous apprend à ne pas agir comme ça avec les filles, et c’est dommage…»

Samantha Rouchard, correspondante à Marseille

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Facteurs Chevaux...

30 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Mathieu Larnaudie...

30 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Mathieu Larnaudie...

Il y a dans ces restaurants de bord de mer, dès lors qu’ils ne se satisfont pas d’être des bouis-bouis de bout du quai et affichent la prétention d’un standing amélioré, un doux mélange de kitsch contemporain, impersonnel –idem sur toutes les côtes –et de vieille auberge maritime, de tanière où se donne en partage l’archaïque nourriture des hommes tirée de leur hostile et chère adversaire abyssale.

C’est dû aux poissons que l’on y fait griller, qu’on dirait tout juste extraits de l’étendue obscure qui prend sous les fenêtres, sautés aussitôt dans l’assiette après un bref détour par les cuisines où les ont vidés, préparés et mis à cuire des mains candides et chevronnées, répétant des gestes sans âge ; c’est dû aux huîtres qui sortent de leurs casiers trempés à quatre cents mètres de là, aux coquillages ramassés sur les plages d’à côté par d’autres mains calleuses, gercées, entaillées de cicatrices dans et malgré leurs gants de protection. Une caravelle ou un chalutier vogue à l’intérieur d’une grosse bouteille sur une étagère. Les serviettes sont tire-bouchonnées dans les verres à pied ; on les retire pour verser le vin blanc qui accompagnera les bulots, les crevettes.

(...)

On devinait encore, au loin, les spectres de béton qui imprimaient une densité supérieure de noir sur le noir de la mer – à moins que ce ne fût le sentiment de leur présence, le fait de savoir qu’ils se trouvaient là, quelque part à l’horizon, qui me faisaient croire en distinguer les contours sur le fond uniforme de la nuit. Nous connaissons tous, je suppose, ces moments d’attraction hypnotique qu’exerce la mer lorsqu’on la contemple : le spectacle a beau nous en sembler immuable, la répétition du ressac lancinante, morne, ses variations immédiates peu perceptibles à l’œil, on peine à s’en extraire, on demeure médusé, encollé à sa monotonie, comme si une force magnétique nous y aimantait. Tout conscience du temps paraît s’être dissoute à travers l’infinie dormance océanique ; et dans l’obscurité, quand seules les oscillations les plus rapprochées de l’écume et les miroitements infimes du rivage parviennent jusqu’à notre regard, cette sensation narcotique n’en devient que plus intense encore.

Mathieu Larnaudie - Blockhaus

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"Il faudrait arrêter tout, arrêter cet enseignement de la philosophie en terminale"

30 Juillet 2020 , Rédigé par Libération Publié dans #Education

EXTRAITS

Le progrès n’est plus une valeur refuge, le monde est fragile, au bord d’un changement civilisationnel : voilà ce qui nous inquiète et nous agite, analyse le philosophe dans son dernier essai. A nous de retrouver notre capacité de programmation du monde !

(...)

Quelles solutions proposer pour le monde d’après ?

(...)

Ce qui est sûr, c’est que nous devons repenser le commun. Puisqu’il ne s’agit pas d’une nouvelle religion, et que celles qui sont déjà existantes sont toutes corrompues, la philosophie n’a pas plus à apporter, elle n’est pas productrice de faire. Mais il y a quelque chose qui existe, qui est impalpable, qui est la conscience et l’inconscience mêlées, la pensée non formulée de toute une société et aujourd’hui d’un monde. Et s’il n’y a rien, si c’est la catastrophe, c’est que probablement l’humanité a fait son temps. Et pourquoi pas ? C’est la moindre des choses de vouloir que cela continue, mais pourquoi?

Et vous, dans l’immédiateté du présent, qu’aimeriez-vous faire ?

Aujourd’hui encore, même en étant très fatigué, je serais prêt à aller dans des classes de sixième pour réfléchir avec des enfants sur ce qu’on appelle de manière finalement assez confuse «philosophie». J’ai fait pas mal de conférences avec des enfants entre 7 ans et 13 ans et j’ai toujours été épaté par les questions extraordinaires qu’ils posaient à la fin. Il faudrait arrêter tout, arrêter cet enseignement de la philosophie en terminale. Le professeur devrait changer aussi, il devrait être un «passeur». Cela suppose aussi un geste profond pour repenser la matière même dont on va parler.

Catherine Calvet 

Jean-Luc Nancy La peau fragile du monde Galilée,

176 pp., 22 €.

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Rachida Brakni...

29 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Gisèle Halimi....

29 Juillet 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

J’ai toujours écrit. Ce besoin a commencé de me tarauder dès l’âge de neuf ou dix ans. Et ne m’a jamais quittée, quels que soient les trop-pleins de verbes, d’actions, d’urgences.

Le soir, quelques lignes ou quelques pages, c’est selon. Un journal, dit-on.

Pour moi, tellement davantage. Des repères, des jalons, des questionnements. Que je revis, en façonnant les mots, en recherchant avec ma plume celui qui, dans ses syllabes, son dessin, sa musique me replongera, intacte, dans une tranche de vie. Ajuster ma pensée et mesurer mon action par l’écriture. Qui, en même temps, me restitue mes émotions, mes sensations. Elle les grave en moi et empile les strates des projets, des expériences, des bilans (toujours provisoires…).

Mais plus qu’une relation des faits ou une simple réflexion, j’ai toujours noirci, à la plume Sergent-Major avant le stylo-feutre glissant, des pages, innombrables (heureusement secrètes), construisant/déconstruisant les scénarios de mes engagements. La remise en question permanente, la stratégie d’un choix et sa justesse, qui s’imposent comme une donnée immédiate dans un procès politique, dans une manifestation ou même dans la simple signature d’un appel dit de « personnalités », m’obligeaient, m’obligent toujours, on le voit, à passer par l’écriture pour comprendre et me comprendre. Ecrire, c’est pour moi savoir agir. Mais aussi donner un autre regard sur l’auteur(e), en le déviant sur les autres. Prolonger, au-delà de lui, d’elle, le débat, le combat, la compréhension de notre monde.

Le féminisme, par exemple. En même temps que je l’appréhendais à coups de dilemmes, d’injustices et de discriminations, j’écrivais pour me poser les questions, aujourd’hui encore non totalement résolues. Je me suis interrogée sur les liens du féminisme avec la maternité, la politique, la décolonisation, l’Europe… Je parvins ainsi au constat, puis à la dénonciation, innée dans ma révolte. Et à l’action. Je portais tout cela en moi et attendais d’avoir les armes pour troubler le jeu.

Au fil des ans, le lien écriture/action me sera devenu un véritable besoin, un moyen de me replacer, de me rééquilibrer.

Simone de Beauvoir note, dans La Force de l’âge, que « la littérature apparaît lorsque quelque chose dans la vie se dérègle. Pour écrire, dit-elle, […] la première condition, c’est que la réalité cesse d’aller de soi ».

 

Paradoxalement, écrire combine pour moi l’exigence d’une certaine solitude, de ce que j’appelle « mon exil d’écriture » et une descente constante dans l’arène.

Pendant l’exil, je me sens étrangement étrangère à moi-même. A ce qui pourtant tisse le quotidien de ma vie. La défense, l’engagement féministe, l’option politique et même l’affectivité familiale ou amoureuse ne me parviennent qu’en écho. Mais un écho impérieux de la présence des autres dans la réflexion et l’action. Ecrire est un métier solitaire. Mais il ne m’a jamais isolée par une sorte d’étanchéité au monde. L’individu non relationnel, ignorant tout de l’altérité active, se pose seulement sur le monde. Il n’en fait pas partie. Ecrire m’oblige à rationaliser mes choix fondamentaux. Féminisme, défense et justice, politique. M’oblige à comprendre leurs liens, leur proximité transversale, leur chronologie mêlée. Donc me place à l’opposé du repli sur soi-même, du rejet des autres. Qui ne m’aurait pas permis de me rencontrer. Tant il est vrai que « le plus court chemin de soi à soi passe par autrui ». Jean-Paul Sartre – « l’enfer, c’est les autres » – s’opposait-il radicalement à l’humanisme de Paul Ricœur ? J’essayais, pour moi-même, pour mon harmonie intérieure, d’interpréter, de réconcilier ces deux philosophies qui m’étaient proches et dont je refusais l’antinomie. Exercice difficile.

Au fond, écrire m’a aidée autant à me construire que plaider et défendre.

Avec toujours, se profilant, la difficulté de trier. Mais en même temps, j’écris pour la surmonter. Je m’astreins à coller, par les mots, de raison et de folie, à une ligne dessinée déjà dans l’enfance.

*

J’entreprends ainsi un livre subjectif. Un livre qui choisit. Donc non exhaustif. Mais qui, pour la première fois, la seule, m’oblige à faire un point. Sur le féminisme, d’abord. Le mien. Ma grande affaire, reliée à l’engagement politique. Engagement de liberté, sans carte de parti ou de rassemblement, histoire de laisser à la cause des femmes sa priorité absolue, sous tous les régimes.

 

Mais au delà, ce que je veux exprimer, c’est le fil rouge d’une vie. Ce que je veux retrouver, c’est l’étincelle toujours recommencée de mes combats. Ce que j’espère apporter, c’est une réflexion – somme toute, constante – qui puisse en ouvrir d’autres, plus collectives. Ce que j’ai cru, mais aussi ce que je crois…

Ce que je veux éviter enfin, c’est un récit-bilan définitif.

Caractéristiques du parcours : la révolte, la remise en cause des idées reçues, l’orgueil de contredire et de contrecarrer les voies tracées.

Et surtout le refus absolu, une vie durant, de la résignation.

 

Gisèle Halimi - Ne vous résignez jamais!

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Délier les langues pour relier les mondes...

29 Juillet 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Délier les langues pour relier les mondes...

Christine Hélot professeure émérite de l’Université de Strasbourg, présidente d'honneur de l'association Dulala (D'une langue à l'autre) , Anna Stevanato fondatrice et directrice de l'association Dulala

Tribune. «Je ne veux pas parler espagnol, on est en France, ici mes copains parlent français», dit un enfant franco-colombien de 5 ans. «Aucun problème pour chanter une comptine en anglais. Mais une berceuse en lingala, je ne suis pas sûre d’en avoir le droit», déclare une professionnelle de la petite enfance dans une crèche en région parisienne. Aujourd’hui, en France, on parle de nombreuses langues autres que le français, langue officielle de notre République. La France est donc bien un pays multilingue, comme de nombreux autres pays d’ailleurs et, à vrai dire, elle l’a toujours été. Mais l’idéologie de l’Etat-nation a instauré dans notre culture un monolinguisme qui a fortement marqué notre imaginaire, et en particulier notre système éducatif. Certes, on enseigne les langues étrangères depuis très longtemps mais de nombreuses langues parlées par les élèves n’y trouvent toujours aucune place.

De l’inégalité des langues et des bilinguismes

En France, comme le dit l’élève cité plus haut, on parle français, on apprend en français et «le» français, au singulier, mais la pluralité des pratiques orales et écrites actuelles des Français et des francophones dans le monde, tout comme la pluralité des langues parlées par de nombreux enfants dans leur famille, y reste invisible. De même, dans une crèche française, il est légitime de chanter en anglais mais pas en lingala.

On l’aura compris, les langues ne sont pas égales, ni dans la société ni à l’école et certains bilinguismes sont valorisés (quand il s’agit de langues européennes telles que l’anglais ou l’allemand) et d’autres sont stigmatisés quand il concerne les langues de la migration. Si l’on estime qu’en France, aujourd’hui, environ un enfant sur quatre grandit avec deux ou plusieurs langues dans sa famille, il est légitime de se demander ce que ces langues deviennent à l’école. La réponse est déconcertante : ces enfants bi/plurilingues redeviennent pour la plupart monolingues à l’école, où leurs compétences linguistiques sont soit ignorées soit interdites.

Pourtant, ce sont maintenant 50 ans de travaux de recherche sur le bilinguisme et l’éducation bilingue qui ont montré de façon convaincante les avantages cognitifs du bilinguisme sur la pensée divergente, la capacité à apprendre d’autres langues, la sensibilité dans la communication et la compréhension des différentes cultures. Ces nombreux travaux ont aussi montré le rôle primordial de la langue familiale dans les apprentissages de la langue de l’école et qu’un enfant ne peut pas apprendre à lire dans une langue qu’il ne parle pas. Alors pourquoi un tel gâchis ? Pourquoi le multilinguisme fait-il peur et est encore associé au communautarisme ? Pourquoi ne pas offrir davantage de soutien aux familles qui désirent transmettre leur langue, leur histoire et leur culture ? Les recherches ont aussi montré qu’il n’est pas facile de maintenir le bilinguisme au sein de la famille si l’école ne prend pas le relais.

Un racisme linguistique

On admettra que la diversité linguistique pose des questions éminemment politiques et très complexes. D’ailleurs, les chercheurs en sciences du langage ont montré qu’au-delà des phénomènes d’islamophobie et d’antisémitisme, il existe aussi un racisme linguistique (qui a désormais un nom : la glottophobie), soit des discours qui stigmatisent les locuteurs perçus comme s’exprimant dans une langue éloignée de la norme standard. Que faire dès lors pour déconstruire cet imaginaire négatif sur le multilinguisme et pour aider les enfants plurilingues à apprendre le français sans sacrifier leur langue familiale ?

Depuis plusieurs années, des chercheur·se·s et associations se mobilisent pour tenter de déconstruire ces préjugés et impulser une ouverture aux langues et aux cultures, afin de mettre en place une éducation inclusive, plurilingue et interculturelle. Nous invitons l’ensemble des enseignants et acteurs éducatifs à rejoindre ce mouvement afin de répondre aux enjeux des écoles multilingues du XXIe siècle.

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