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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Robert Musil...

17 Juin 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

La bêtise sincère a l’esprit obtus et est “un peu dure à la comprenette” comme dit l’expression. Elle est pauvre en idées comme en mots, et gourde quand elle les utilise. Elle privilégie les habitudes parce qu’elles s’inscrivent solidement en elle à force de répétition, et lorsqu'elle est parvenue à comprendre une chose, elle s’y cramponne longtemps et répugne à l’analyser ou à ergoter à son sujet. Elle n’est jamais lasse des simples plaisirs de la vie ! Certes, ses pensées sont souvent vagues, et il n’est pas rare que face à de nouvelles expériences, elles se pétrifient tout à fait; mais elle s’en tient de préférence à ce qu’elle peut saisir par les sens, à ce qu’elle peut compter sur ses doigts en quelque sorte. En un mot, elle est cette “bêtise claire” si attendrissante, et ne fût-elle parfois à ce point crédule et confuse en même temps que désespérément incorrigible, elle serait un phénomène plein de charme.

Robert Musil - De la bêtise

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Haro sur les professeurs! De ces journalistes qui chassent en meute...

17 Juin 2020 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Haro sur les professeurs! De ces journalistes qui chassent en meute...

EXTRAITS

Depuis quelques jours se répand dans les médias dominants une petite musique concernant les profs « décrocheurs ». De 4 à 6% des enseignants auraient déserté leur propre classe durant la durée du confinement. Comment recontextualiser cette information ? D'où vient cet acharnement subit ? Et quelles peuvent en être les conséquences ? Quelques hypothèses...

Dans un pamphlet datant de 1997 et réactualisé en 2005, le journaliste Serge Halimi qualifiait les journalistes des médias mainstream de "chiens de garde", reprenant ainsi une formule que Paul Nizan avait appliquée durant l'entre-deux guerres au monde universitaire et intellectuel de son époque. A ce qualificatif dont la période récente nous a confirmé qu'il n'était en rien usurpé, il faudrait en ajouter un autre, celui de chien de chasse. Car c'est véritablement une meute de journalistes et d'éditorialistes assermentés qui s'est déchaînée la semaine passée contre les enseignants. Voilà un mois que le confinement est fini et le gouvernement a autorisé la réouverture anticipée de la chasse dès le premier juin, pourquoi dès lors se priver ?

  Ce qui a d'abord fait l'objet de la vindicte médiatique, début juin, c'est le nombre d'enseignants devant les classes, comme si la décision de reprendre ou pas la classe en présentiel dépendait d'eux et absolument pas du protocole sanitaire de soixante pages mis en place par le Ministère, puis très vite on est passé aux enseignants "décrocheurs", qualifiés à plusieurs reprises de "tire-au-flanc". La curée a commencé dès le 7 juin, au mépris de l'interdiction de la chasse le dimanche, avec un article de Marie-Amélie Lombard-Latune (un nom qui ne s'invente pas!) dans "l'opinion". Dans son éditorial du lendemain, Dominique Seux, sur France Inter, a rapporté, tout en les nuançant, les propos en off d'un ministre qui aurait eu des mots peu amènes à l'égard du corps enseignant : « si les salariés de la grande distribution avaient été aussi courageux que l’Education nationale, les Français n’auraient rien eu à manger ». Peu de nuances en revanche dans un reportage diffusé lors du journal de 20h de France 2 le lendemain. Reportage essentiellement à charge avec des témoignages de parents d'élèves, d'élèves, de chefs d'établissement sans véritable parole contradictoire. Mercredi 10, c'est au tour de RMC de s'emparer du sujet, dans l'émission les Grandes Gueules avec un titre tout en nuances (Les professeurs ont-ils déserté ?) et le même jour lors de l'affrontement entre Brunet et Neumann. Avec un traitement presque plus nuancé que sur France 2, le sujet étant l'objet de polémiques virulentes comme cette station en a le secret: pour les Grandes Gueules la défense des enseignants étant assurée par l'avocate Marie-Anne Soubré face à un Olivier Truchot en roue libre, quant aux deux compères du 12/14, le rôle du chevalier blanc était endossé par Neumann tandis que Brunet prenait celui du chevalier noir dans un jeu de rôle assez attendu et prévisible.

(...)

... ce profbashing permet au Ministre en charge, Jean-Michel Blanquer de se poser en défenseur des enseignants, comme il l'a fait récemment sur Europe 1. De quoi se racheter une virginité auprès d'une profession qui ne le porte pas vraiment dans son coeur. Enfin, attaquer ainsi de but en blanc la profession permet d'étouffer dans l'oeuf toute velléité de revendication, et d'éteindre toute interrogation concernant l'opportunité d'une reprise du système éducatif avant les vacances. Et, dernière trouvaille, dans l'interview accordée à Europe 1, Blanquer, se prenant tout à coup pour Emmanuel Todd, aurait identifié dans la carte permettant de localiser les enseignants décrocheurs une superposition avec celle des enseignants grévistes du baccalauréat de l'année dernière. De là à penser que ce seraient les mêmes...

(...)

Dans le monde d'après qui pourrait bien advenir et dont on voit aujourd'hui les soubresauts, il y a vraisemblablement une profession qui, dans sa majorité, devra rendre des comptes. Et il n'est pas certain que ce soit celle des enseignants.

Petrus Borel

Billet complet à lire en cliquant ci-dessous

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Prof Bashing... Fatigue...

17 Juin 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education

Prof Bashing... Fatigue...

EXTRAIT

En réponse à ce que l’on appelle sur les réseaux sociaux le « prof bashing », le témoignage d’une proviseure sur la réalité et la complexité du travail dans un établissement scolaire aujourd’hui, pour tous les personnels.

Je suis fatiguée.

Je suis fatiguée des éternels besoin de justifier tout ce que je fais auprès de la société. Je suis fatiguée de lire désormais cette haine envers les personnes qui font l’école. Voici ma réponse, dans le désordre et avec émotion...

Venez chercher les clés de mon lycée.

Venez faire classe à ces nouvelles générations qu’on ne remplit pas comme un vase mais pour qui on allume les feux du savoir, du savoir faire et du savoir-être. Venez éduquer chaque jour. Venez individualiser le parcours de chaque enfant.

Venez les aider à construire leur chemin de vie. Venez les aider à prendre confiance en eux. Venez leur montrer que l’erreur est source d’apprentissage. Venez leur apprendre à coopérer. Venez leur apprendre à être solidaires. Venez les rendre autonomes.

Venez les éclairer pour les rendre capables de débattre, d’argumenter, de défendre leurs idées. Venez leur faire reconnaître leurs fautes, leur faire réparer. Venez rencontrer les familles. Venez expliquer les parcours du combattant de l’orientation. Venez expliquer le nouveau bac.

Venez prendre une enveloppe d’heures et la répartir dans un emploi du temps pour faire en sorte que les connaissances et les compétences soient développées au mieux et pour tout le monde.

Venez voir comment réagit un jeune aujourd’hui à qui on dit de donner son carnet, de ne pas insulter ses pairs ou ses professeurs, d’enlever sa casquette, venez expliquer, ré-expliquer. Venez vous occuper des violences physiques et verbales. Venez vous occuper du harcèlement.

(...)

Barbara Martin

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Revue de Presse Education... Les enseignants — Déconfinement — Le système — Supérieur...

17 Juin 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Les enseignants — Déconfinement — Le système — Supérieur...

Le bashing entraîne un contre bashing. On s’interroge sur le déconfinement scolaire dont les règles ne sont toujours pas publiées. L’évolution du système est interrogé, et le supérieur est aussi très discuté.

Les enseignants

Qui veut la peau des enseignants français ?
Qui n’a pas encore tapé sur les professeurs ? Alors que de nombreux parents sont impatients de remettre leurs enfants à l’école, ils constatent que celle-ci ne les prend pas ou seulement une partie de la semaine. Cela alimente un "prof bashing" qui atteint de nouveaux sommets en ce sommet. Il est alimenté par certains médias. Mais pourquoi font-ils cela ?

Désintox. Non, il n’y a pas 40% d’enseignants « décrocheurs » après le confinement
40% des professeurs auraient abandonné leurs élèves et n’auraient pas repris le chemin des classes depuis la fin du confinement ? C’est un chiffre qu’on voit fleurir ces derniers jours sur les réseaux sociaux.”

Y a-t-il vraiment 5% d’enseignants décrocheurs ? Par Alexis Feertchak
LA VÉRIFICATION - L’Éducation nationale évoque ce pourcentage pour évaluer la part des professeurs qui n’ont pas enseigné pendant le confinement. Mais que recouvre-t-il réellement et comment a-t-il été obtenu ?

L’éducation nationale n’a jamais affirmé qu’il y avait 40 000 professeurs « décrocheurs » Par Gary Dagorn
Plusieurs médias font état de ce chiffre tiré de l’éducation nationale qui recouvre en réalité les absences justifiées.”

« La campagne de démolition qui montre du doigt les enseignants comme des fainéants » Par Claude Lelièvre sur son Blog : Histoire et politiques scolaires
Ce texte est paru dans « Le Monde » en défense de la plupart des enseignants qui « ne méritent pas la démolition systématique qui consiste à les montrer du doigt comme des fainéants toujours en vacances ».”

Tribune de 200 professeurs : « Nous voulons enseigner devant nos élèves, pas devant une caméra » Collective, Tribune sur LeFigaro.fr
Certains responsables politiques appellent à généraliser l’enseignement à distance. Un collectif d’enseignants signe une tribune collective* au Figaro pour réaffirmer l’importance de l’enseignement en classe et dénoncer les dangers de l’irruption du numérique à l’école.”

« Face à la crise sanitaire et aux défis environnementaux, renforcer l’enseignement des sciences de la vie et de la terre » Tribune d’un Collectif
Dans une tribune au « Monde », des scientifiques et des enseignants de SVT lancent un appel pour renforcer la place de la discipline dans la scolarité des élèves.”

Déconfinement

Le nouveau protocole sanitaire dévoilé aujourd’hui Publié par Fériel Boudjelal
Le nouveau protocole sanitaire sera dévoilé ce mardi 16 juin. Son objectif ? Permettre l’accueil de tous les élèves à l’école dès le 22 juin. La communauté éducative reste perplexe…

Dans un lycée de Nice : « Même pour quinze jours, il est important de revenir » Par Mathilde Frénois, correspondante à Nice
Une semaine avant la « rentrée » du 22 juin, les collèges et lycées niçois se préparent à voir revenir la majorité de leurs élèves et s’organisent pour rassurer tout le monde.”

Retour de tous les élèves en classe : une annonce irréaliste ? par Jean Damien Lesay pour Localtis dans Jeunesse, éducation et formation
Le président de la République a annoncé que tous les élèves retrouveraient le chemin des écoles et collèges de manière obligatoire à partir du 22 juin 2020. Les acteurs locaux s’interrogent : le maintien d’une distanciation physique dans les classes risque de rendre cette disposition impossible à appliquer.”

Le système

« L’éducation nationale n’était pas du tout prête à ce fait national total qu’a été le confinement » Propos recueillis par Mattea Battaglia et Séverin Graveleau
Comment les professeurs se sont-ils emparés de l’enseignement à distance pendant le confinement et ensuite ? Premier bilan avec Pascal Plantard, professeur d’anthropologie des usages des technologies numériques.”

Ecole : "L’ascension sociale reste minoritaire" Propos recueillis par Anthony Cortes, Entretien
Pour Iannis Roder, l’école doit aider l’élève à casser le plafond de verre qu’il s’imagine avoir au-dessus de la tête.”

Turbulences annoncées sur les formations par l’alternance : ne soyons pas trop pessimistes par Bruno Magliulo, Formateur/conférencier et auteur de livres et articles sur le thème de l’orientation scolaire et des reformes educatives
2020 avait bien commencé pour l’alternance : porté par la réforme intervenue au début de l’année 2019, le nombre des nouveaux contrats d’apprentissage signés a fortement augmenté, passant de 353000 à 485000. C’est particulièrement net en ce qui concerne l’enseignement supérieur en apprentissage qui a vu passer le nombre des contrats signés de 70000 en 2018 à 166000 en 2019. Et la plupart des observateurs de prédire que la barre des 500000 contrats signés allait être franchie au cours de cette année 2020. C’était sans compter avec l’épidémie due au Covid 19 et ses lourdes conséquences économiques.”

« Après la crise sanitaire, éducation nationale et associations doivent faire face ensemble à l’urgence éducative » Tribune de Christophe Paris, Directeur général de l’Afev (Association de la fondation étudiante pour la ville)
Depuis le début de la crise sanitaire, nous avons tous été traversés par des réflexions, des interrogations, des frustrations, des colères. Pour les associations mobilisées sur l’accompagnement bénévole d’élèves en difficulté, notamment au sein du Collectif Mentorat, ces sentiments se sont cristallisés autour de la question de l’éducation et de la jeunesse. D’un terreau déjà inégalitaire, nous avons glissé à la déscolarisation des jeunes les plus fragiles.
Si les inégalités scolaires ne sont pas nouvelles, leur creusement est l’un des principaux résultats de cette crise. Lorsque certains enfants et adolescents ont bénéficié d’un accompagnement parental précieux, d’autres se sont trouvés « déscolarisés ». Le soutien à la parentalité dans l’accompagnement scolaire des enfants doit notamment devenir une priorité et, d’une certaine manière, une centralité
.”

Supérieur

Parcoursup : ouverture de la phase complémentaire mardi 16 juin
"Plus de 8 lycéens sur 10 ont déjà reçu au moins une proposition d’admission pour la rentrée prochaine" indique dans un communiqué le ministère de l’’Éducation nationale. Mardi 16 juin 2020 à 14h , une nouvelle étape de la procédure démarre avec l’ouverture de la phase complémentaire. "Une phase qui débute plus tôt pour apporter des réponses plus vite."

D. Varaschin : "L’université doit avoir une place de premier plan" par Amélie Petitdemange
Dans une tribune publiée en mai, l’Alliance des universités de recherche et de formation (Auref) appelle à repenser la place et l’organisation des universités et de la recherche en France. Denis Varaschin, président de l’Auref, livre des pistes de reconstruction.”

La place des PyEN dans le continuum Bac -3 / bac +3 par Bernard Desclaux sur son blog
Depuis une trentaine d’années, l’Etat s’est engagé à la suite de l’objectif 80% d’accès niveau bac, puis 50% niveau L. Il se trouve ainsi confronté à la nécessité d’organiser le continuum lycée-enseignement supérieur et une expression s’est imposée, « bac -3 / bac +3 ». Pour assurer cette continuité la notion d’accompagnement à l’orientation est mise en avant. Mais qu’en est-il réellement et notamment quelle place est réservée aux PsyEn, les anciens conseillers d’orientation-psychologues ? Les annonces de suppression de postes qui arrivent dans diverses universités sont très inquiétantes.”

Cours sans visages, silence d’outre-tombe… Dans l’enseignement supérieur, le ras-le-bol des cours en ligne Par Alice Raybaud
Alors que les universités préparent des rentrées hybrides, les enseignants s’alarment de la perte du « lien » pédagogique dans le cadre des cours à distance. Même si certaines relations privilégiées ont pu être établies.”

Covid-19 : une redistribution des cartes dans l’enseignement supérieur mondial ? par Alessia Lefébure, Directrice adjointe, directrice des études, École des hautes études en santé publique (EHESP)
Gérée comme une crise sanitaire, la pandémie de Covid-19 bouleverse presque tous les aspects de la vie et de l’organisation de nos sociétés, y compris l’enseignement supérieur. L’une des premières mesures destinées à enrayer la diffusion d’une épidémie considérée comme hautement contagieuse a été le confinement, en Italie d’abord puis ailleurs.”

L’Europe va-t-elle rendre le recrutement des enseignants-chercheurs plus éthique ?
La vie universitaire n’est pas exempte d’enjeux de pouvoir. Cependant les universitaires, bien que fonctionnaires, ont une liberté de parole qui leur permet d’intervenir dans les débats publics et de faire état des pratiques non déontologiques. Ce texte, premier d’une série questionne l’éthique et la transparence des pratiques de recrutement des enseignants-chercheurs.
Le droit suffit-il établir l’égalité des candidats face à un concours de la fonction publique ?

Bernard Desclaux

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Fanchon Daemers...

16 Juin 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Louis Guilloux...

16 Juin 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Louis Guilloux...

« La vie est une chose ardue, un combat difficile. C'est pourquoi des pédants empoisonnent les plus belles années de la vie des enfants. Personne d'entre eux n'a encore compris, jusqu'à ce jour, que la seule chose qu'il fallait enseigner aux enfants, c'est la joie... que la joie est une grande force. Mais les ennemis de la vie ne peuvent pas aimer la joie qu'ils ne connaissent pas. Ils se contentent de déshonorer l'existence. »

Louis Guilloux - L'Indésirable

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"Je m’étais plongé dans une sorte d’inertie bizarre, j’étais à la merci de ce qui se passait d’un instant à l’autre, je ne faisais rien mais je voulais faire quelque chose tout en me disant trop souvent que cela ne me regardait pas. Ou ne me regardait plus. Il me semblait parfois que j’avais menti toute ma vie, et que je m’étais menti à moi-même. Je n’étais plus sûr de rien, mais encore je ne serais jamais assez détaché ou assez fort, pour n’être plus que le spectateur des choses. Spectateur ! Et comment allaient-elles faire, ces deux femmes douloureuses... Et le meurtrier du père qui allait finir sa jeune vie de vingt ans au bout d’une corde ? J’éprouvais que ce monde devenait bien trop difficile pour moi"

Louis Guilloux - OK Joe

Ce conseil de lecture m'a été offert par Frédérick Laurent, petit-fils de Louis Guilloux. Qu'il en soit ici chaleureusement remercié.

CC

OK Joe

Un roman qui dénonce le racisme et la discrimination.

En 1976 paraît chez Gallimard ce court roman que l'écrivain a travaillé pendant près de 30 ans, pour restituer au mieux la vérité qu'il entendait partager avec nous.

En 1944, à la Libération, Guilloux qui parlait très bien l'anglais - et l'américain -, il avait été traducteur, a été engagé par l'armée américaine en qualité d'interprète. Son rôle? Accompagner la Police Militaire (MP) au cours d' enquêtes sur des exactions commises par certains de leurs soldats : des meurtres, des viols, des agressions... Guilloux traduisait... jusqu'aux cours martiales quand il y avait lieu.

Bien que comme à peu près tous les français, Louis Guilloux était heureux que la France soit libérée, et en bonne partie grâce à l'armée américaine, il a constaté avec une infinie tristesse que cette armée avait la fâcheuse tendance à condamner à mort presque systématiquement ses GI noirs quand, pour les mêmes crimes, les blancs le plus souvent s'en sortaient !

(Ce roman a été traduit en anglais (Etats-Unis) par Alice Kaplan)

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Déconfinement : "l’école ne serait-elle qu’une simple garderie ?" le coup de gueule d'un prof de math de Vienne

16 Juin 2020 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Déconfinement : "l’école ne serait-elle qu’une simple garderie ?" le coup de gueule d'un prof de math de Vienne

Le "coup de gueule" d'un professeur de mathématiques de Vienne, en Isère, au lendemain des annonces du Président de la République annonçant une nouvelle étape dans le déconfinement pour les élèves à partir du 22 juin. Il dénonce un manque d'anticipation de l'éducation nationale.

Au lendemain des annonces du Président de la République promettant une nouvelle étape dans le déconfinement et demandant aux écoles et collèges d’accueillir obligatoirement tous les élèves à partir du 22 juin, un professeur de mathématiques du lycée Ella Fitzgerald de Vienne nous livre ses réflexions. Agacé, désabusé, il s'interroge : "C'est où que ça dérape ?", "L'école ne serait-elle qu'une simple garderie ?"
 
Professeur de mathématiques depuis presque 20 ans, Jérôme Munier ne croit pas au retour de tous les élèves à partir du 22 juin. "Ils ne reviendront pas. Une année normale, on a du mal à les ternir jusqu'à fin juin alors là... "

La première étape du déconfinement n'a déjà pas été un succès selon lui. Il constate : "cet après-midi, je devais voir une moitié de classe de 2nde (ayant vu l’autre moitié lundi dernier). Aucun élève n'est venu. Pire, sur les 127 élèves qui devaient être accueillis dans l'établissement, il n'y en avait que 12".

L'école, une simple garderie ?

"Je me suis retrouvé à "garder" 12 élèves que je ne connaissais pas pendant 1h !", explique Jérôme Munier qui se désole : "quand on sait le travail d’organisation que cette reprise partielle a demandé à tout le personnel… Quand on sait le travail que ça nous demande, à nous professeurs, de jongler entre les élèves que nous voyons en classe et ceux qui restent à la maison (notre hiérarchie nous abreuvant d'expressions fumeuses du genre « pédagogie hybride »)… Quand les tutos vidéos que j’ai construit pour mes élèves ont un nombre de vue oscillant entre 24 et… 3 ! (sur 66 élèves de 2nde quand même)."

"Quand les classes virtuelles que je donnais n’ont jamais atteint les 50% de présence (en 2nde, les 1ère, eux, étant bien plus investis), poursuit le professeur de mathématiques, sachant que seuls 2 ou 3 élèves nous ont été signalés au début du confinement comme ayant des problèmes de matériel informatique...
On a de quoi s’interroger sur la motivation de nos élèves et de leurs parents !"

Un manque d'anticipation et de communication

Jérôme Munier s'interroge sur la gestion de la crise sanitaire par l'éducation nationale, regrettant le manque d'anticipation et de communication. "On n'a pas fait de scénario en fonction des dates de reprise" regrette-t-il. Résultat, entre la crise sanitaire et la réforme des lycées, le professeur affirme n'avoir "jamais vu des élèves aussi angoissés".

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L’éducation nationale n’a jamais affirmé qu’il y avait 40 000 professeurs « décrocheurs »...

16 Juin 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

L’éducation nationale n’a jamais affirmé qu’il y avait 40 000 professeurs « décrocheurs »...

EXTRAITS

Plusieurs médias font état de ce chiffre tiré de l’éducation nationale qui recouvre en réalité les absences justifiées.

C’est un reportage de « L’Œil du 20 heures » de France 2 diffusé le 9 juin qui a (re)lancé le sujet. Dans ce sujet consacré à l’absentéisme parmi les enseignants, un chiffre a été lâché : entre 4 % et 5 % des profs n’auraient pas travaillé pendant le confinement, une catégorie que le texte à l’écran qualifie, sans nuance, de « profs “décrocheurs” ». Les journalistes l’estiment à environ 40 000.

Depuis, le chiffre est repris dans de nombreux médias (dont L’Opinion, Le Point ou Le Figaro) comme la part des enseignants n’ayant assuré aucun cours sans raison ou « justificatif particulier ». Leur source, écrivent-ils, est le ministère de l’éducation nationale. L’usage de ce chiffre est pourtant très problématique, car la Rue de Grenelle n’a jamais affirmé que ces 5 % représentaient des « décrocheurs ». De fait, cette dernière quantifie les enseignants n’ayant pas assuré leurs cours pour des raisons justifiées.

Contacté par Le Monde, le ministère de l’éducation nationale précise que ces 5 % sont des personnels empêchés de travailler, c’est-à-dire qu’ils incluent les enseignants en arrêt maladie, les enseignants vulnérables en ces temps d’épidémie ou vivant avec des personnes vulnérables, ou encore les enseignants empêchés par la garde de leurs enfants.

(...)

... « Les inspecteurs d’académie, inspecteurs pédagogiques régionaux que nous sommes peuvent attester non seulement du travail réalisé par les enseignants pendant toute la période du confinement mais aussi de l’énergie qu’ils ont appliquée aux heures de la reprise », ont-ils affirmé.

Les inspecteurs académiques, qui insistent dans leur lettre sur les difficultés rencontrées par les enseignants pour assurer un suivi pédagogique, s’étonnent du « silence » de M. Blanquer « sur ce qui touche pourtant à la conscience professionnelle des enseignants et à leur engagement ».

(...)

Gary Dagorn

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«On a un peu l’impression que le gouvernement se sert des écoles comme garderie»...

16 Juin 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

«On a un peu l’impression que le gouvernement se sert des écoles comme garderie»...

A Bordeaux, l'école primaire Henri-IV se prépare au retour de l'ensemble des élèves le 22 juin, avec un assouplissement des conditions d'accueil et quelques points d'interrogation du côté des parents.

A Bordeaux, devant les grilles de l’école primaire Henri-IV, une dizaine d’élèves patientent en file indienne sur de grosses fleurs colorées dessinées au sol, toutes espacées d’un mètre de distance. Rehaan, 8 ans, se plante naturellement dessus avec d’autres enfants de CE2. «On est habitués maintenant», glisse-t-il tandis qu’il s’engouffre dans un couloir pour se laver les mains avant de démarrer la journée. Un mois après la reprise des cours, les gestes barrières sont toujours respectés à la lettre, à l’extérieur comme à l’intérieur, sans aucun relâchement. Mais maintenant que ce nouveau quotidien est bien rodé, une question brûle les lèvres de quelques parents : «Les annonces d’Emmanuel Macron vont-elles à nouveau chambouler toute l’organisation, à seulement deux semaines des grandes vacances ?» La réponse de la directrice, Véronique Dubès, ne varie pas : «Nous attendons les consignes. Pour l’instant, rien ne change.» Seule certitude ce lundi matin : le retour des enfants sera obligatoire à compter du 22 juin, avec un assouplissement des conditions d’accueil.

«Nous ferons attention aux plus fragiles»

Malgré l’absence de protocole concret, la cheffe d’établissement assure ne pas être inquiète : «On a déjà une bonne partie de l’effectif. Et si la distance d’un mètre latéral entre chaque élève est avérée, ça simplifiera la logistique. Nos salles de classe sont assez spacieuses pour accueillir tout le monde dans ces conditions. Nous ferons attention aux élèves les plus fragiles», explique Véronique Dubès tandis qu’elle remplit minutieusement la liste de présence. Depuis la réouverture, 80% des élèves ont repris le chemin de l’école à Henri IV, soit environ 180 enfants de la maternelle au CM2. Du côté des parents d’élèves, on le prend également avec philosophie. «Même si on a encore des questions sur l’organisation, cette reprise pour tous est une bonne chose. Les enfants vont pouvoir raccrocher les wagons avec le retour des semaines de quatre jours. C’est important à cet âge d’avoir des repères. Et il faut avouer qu’ils tournent vite en rond à la maison», commente la mère de Gwenaëlle, 8 ans.

«Que vont faire ceux qui reviennent le 22 juin en deux semaines ?»

A quelques mètres, une jeune maman abonde : «Ils vont retrouver un rythme quasi normal et tous leurs copains. Ça permet de maintenir un équilibre dans leurs vies, d’autant plus qu’avec le travail, on n’a pas toujours le temps d’être là pour eux. Ils peuvent avoir l’impression d’être délaissés». Depuis la réouverture de l’établissement, ses deux filles – scolarisées en petite section de maternelle et en CE2 – vont à l’école deux fois par semaine, le lundi et le mardi. Le jeudi et vendredi, elles ont cours en distanciel. «Avec cet emploi du temps particulier, j’ai dû prendre une nounou pour pouvoir jongler. Ça me fera ça de moins à payer à partir du 22 juin», précise-t-elle. Mais si l’accueil de ces nouvelles mesures reste globalement positif à Henri-IV, des parents s’interrogent quand même : «Mes enfants ont hâte, oui, mais on se demande quand même ce que vont bien pouvoir faire ceux qui reviennent le 22 juin en deux semaines ?» ou «On a un peu l’impression que le gouvernement se sert des écoles comme garderie».

Pas de quoi déstabiliser la directrice de l’établissement, pour qui ce nouveau temps est aussi l’occasion de penser à l’après : «Les règles vont visiblement être assouplies pour pouvoir accueillir tout le monde, mais il faut souligner que certaines d’entre elles ont eu un impact très positif. On réfléchit même à les pérenniser. Je pense par exemple à l’échelonnement des temps de récréation.» Selon l’équipe enseignante, il permettrait un apaisement dans la cour de récré, tout en donnant plus d’espace aux enfants. «Pareil pour le matin, complète Véronique Dubès. Avant le confinement, les enfants étaient réunis dans la cour avant de rentrer en classe. Maintenant qu’ils vont directement dans leurs salles, on constate qu’ils sont beaucoup plus calmes et concentrés.»

Eva Fonteneau

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Agir pour l’école veut imposer sa « méthode » d’apprentissage de la lecture dans le cadre du dispositif « vacances apprenantes ».

16 Juin 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education

 Agir pour l’école veut imposer sa « méthode » d’apprentissage de la lecture dans le cadre du dispositif « vacances apprenantes ».

Treize syndicats et associations, dont le CRAP-Cahiers pédagogiques signent un communiqué commun pour dénoncer le soutien affiché du ministère à la tentative de l’association Agir pour l’école d’imposer auprès de municipalités sa « méthode » d’apprentissage de la lecture dans le cadre du dispositif « vacances apprenantes ».

Dans le contexte sanitaire que nous connaissons, où les enseignements ont dû se faire à distance à partir du 13 mars dernier, l’association Agir pour l’école [1] tente de présenter son opération « Un été pour préparer le CP » comme la solution miracle, « au chevet » des futurs élèves de CP de certains quartiers populaires.

Ce projet de « vacances apprenantes » pourrait se déployer dans plusieurs endroits (dont le Nord et le Pas-de-Calais) avec l’objectif affiché de « permettre aux enfants de grande section de maternelle en REP/ REP+ de rattraper le travail de la phonologie, habituellement mené en mars-avril en GS, au mois de juillet, grâce aux outils numériques de l’association ». À une période de trois semaines de stage, tous les matins de juillet, encadrée par des membres de l’association aux compétences pédagogiques non reconnues, succéderait une période de cinq semaines de sessions courtes et quotidiennes à la maison, sur support numérique. Contournant ainsi la résistance des enseignants, Agir pour l’école veut s’adresser directement aux parents et s’appuyer sur l’enseignement distanciel qui continue d’isoler les élèves.

Les organisations signataires rappellent qu’Agir pour l’école, contrairement aux mouvements d’éducation populaire, n’est pas agréée comme association complémentaire de l’école et que ses protocoles suscitent de nombreuses réserves et critiques : la focalisation de l’enseignement de la lecture sur la seule dimension phonologique, l’entraînement mécanique à l’oralisation de syllabes et pseudo-mots coupé de tout objectif de compréhension, la mise en œuvre de protocoles techniques sans lien avec la culture écrite n’offrent qu’une entrée appauvrie dans l’univers de l’écrit à des enfants qui en sont déjà très éloignés. L’efficacité présumée de la méthode n’a jamais fait l’objet d’une validation scientifique indépendante ou issue de l’institution. Toute méthode fondée sur une individualisation excessive comme celle prônée par Agir pour l’école accentue les inégalités.

Au sortir de longs mois où toutes et tous les élèves ont été éloignés, et parfois complètement coupés de l’école, ce type de protocole, en lieu et place de vacances qui pourraient être source de découvertes culturelles et de pratiques éducatives enrichissantes et émancipatrices, ne manquera pas de reconvoquer le même type de difficultés que beaucoup d’enfants et leurs familles ont rencontré lors du confinement (conflits intrafamiliaux autour du travail scolaire, évitement, décrochage…). Ce protocole est contreproductif pour des enfants qui ont droit à de vraies vacances et ont avant tout besoin de ressourcer leur envie d’apprendre par la socialisation et l’ouverture, en particulier dans les accueils collectifs de loisirs et colonies de vacances proposés par les acteurs et les actrices reconnus de l’éducation populaire.

Enfin, le dispositif « Un été pour préparer le CP » est présenté aux municipalités opératrices des « vacances apprenantes » par les services de l’Éducation nationale : il est inadmissible que l’institution puisse faire la promotion d’Agir pour l’école. Les organisations cosignataires dénoncent avec force ces pratiques contraires à la déontologie et aux valeurs du service public, tout entier mobilisé pour préparer une rentrée 2020, qui pourra compter sur le professionnalisme des enseignants, comme sur celui des acteurs et actrices de l’éducation populaire.

Nous appelons les élus à bien se renseigner sur ce projet avant de valider un dispositif qui maintient les enfants des quartiers populaires dans des apprentissages appauvris, très éloignés de l’ambition partagée de les faire accéder à une culture commune. De même, nous appelons les personnels de l’Éducation nationale à résister aux pressions exercées par Agir pour l’école ou par l’institution elle-même dans ou autour de l’école.

Signataires :
CEMEA – CRAP-Cahiers pédagogiques – CGT Educ’Action – GFEN – FCPE - ICEM – JPA – Ligue de l’Enseignement – SE UNSA – SGEN CFDT – SNPI FSU – SNUipp FSU – Sud Éducation

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