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Vivement l'Ecole!
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Jean Zay... Assassiné par la milice le 20 juin 1944. Un grand ministre de l'Education...

20 Juin 2020 , Rédigé par Divers Publié dans #Education, #Histoire

Lettre de Jean Zay, en date du 19 juin 1944, lue par Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l'Education Nationale en hommage à celui qui devait être assassiné le 20 juin de la même année.

Jean Zay, l’un des pères de la démocratisation de l’École – Préface de l’ouvrage d’Antoine Prost et Pascal Ory

Retrouvez ici la préface de l'ouvrage d'Antoine Prost et Pascal Ory consacré à Jean Zay, préface signée Najat Vallaud-Belkacem. L'ouvrage est co-édité par Tallandier et Canopé.

Certains individus accomplissent très jeunes ce que d’autres mettent une vie à construire : Jean Zay fut de ceux-là.

Engagé politiquement dès ses études secondaires, député à 27 ans, ministre à 32 ans, responsable d’un large périmètre englobant à la fois l’éducation nationale, la recherche, les beaux arts, le sport et les loisirs, Jean Zay a fait bouger les lignes en faisant ce qu’aucun autre n’avait fait avant lui, et à un âge où personne ne l’avait fait.

Car au fond, Jean Zay est, après Jules Ferry, le deuxième à avoir jeté les bases de l’école républicaine telle qu’on la connaît aujourd’hui. Il n’était pas un expert, mais un homme politique charismatique porteur d’un esprit réformateur et capable de convaincre, autour de lui, de la nécessité de faire évoluer l’École de la République.

Dans l’esprit collectif, Jean Zay reste aujourd’hui le jeune ministre brillant, foudroyé en pleine ascension ; un symbole du Front Populaire, conscient très tôt des dangers liés à la montée du fascisme et de l’antisémitisme dont il fera personnellement les frais, d’abord victime d’une campagne de haine et de dénigrement, avant de payer de sa vie, dans des conditions tragiques en 1944, tout ce qu’il représentait.

Mais tous ne le savent pas, Jean Zay fut aussi l’un des pères de la démocratisation de l’École. Celui qui, avant beaucoup d’autres, a compris que la France ne pouvait se satisfaire d’un système scolaire à deux vitesses déterminé socialement, avec un lycée réservé à une élite, et a fait évoluer l’Ecole vers un système unique, fondé sur les degrés. Celui qui aura fait passer la durée de la scolarité obligatoire de 13 à 14 ans, le 9 août 1936. Celui, également, qui aura su imposer sa méthode pour assurer une transformation rapide de la société : c’est par une politique minutieuse et volontariste de décrets, d’arrêtés et de circulaires que Jean Zay a contribué à bâtir, pas à pas, un système scolaire plus égalitaire.

Précurseur, Jean Zay n’a pas hésité non plus à réformer l’éducation en passant d’abord par des expérimentations, là aussi pour convaincre, pour tester des pédagogies nouvelles, pour avancer.

Il aura de plus créé un évènement aujourd’hui constitutif du patrimoine culturel français, le Festival de Cannes. Homme de culture et visionnaire, désireux de permettre à chaque enfant d’accéder à la culture, il crée le musée d’art moderne et celui des Arts et des Traditions populaires, en même temps qu’il développe les loisirs dirigés, parce qu’il a à cœur, déjà, « [d’]ouvrir la maison de la jeunesse à la vie ».

Un grand ministre réformateur, ouvert sur le monde et féru de déplacements internationaux, un soldat courageux de la Seconde guerre mondiale, un prisonnier stoïque victime d’un procès politique ; un homme aussi avec sa part d’intimité et sa famille : c’est l’ensemble de ces aspects de la vie de Jean Zay que retrace cet ouvrage, au moment où nous nous apprêtons à célébrer son entrée au Panthéon en même temps que trois autres grandes figures qui incarnent l’esprit de résistance comme autant de modèles pour les élèves d’aujourd’hui : Pierre Brossolette, Geneviève De Gaulle Anthonioz et Germaine Tillion.

Cette cérémonie sera l’occasion, j’en forme le voeu, d’un grand moment de commémoration nationale autour des valeurs de Jean Zay, qui restent actuelles dans l’Ecole que je tâche de construire. Une Ecole dans laquelle, comme l’écrivait Jean Zay, « on élève un enfant pour qu’il vive et achève pleinement sa destinée, pour qu’il tire le meilleur parti de ses aptitudes ».

Najat Vallaud-Belkacem

55ème Congrès international de la Ligue de l’Enseignement
Nice – Dimanche 28 mai 1939
Séance de clôture du Congrès

Discours de Jean Zay, Ministre de l’Education Nationale

(...)

Mesdames, Messieurs, je veux ici rendre hommage à la Ligue Française de l’enseignement. Elle est si vraiment incorporée à l’existence de l’Ecole et du Ministère qui est chargé de veiller sur son destin, que j’ai pu, malgré la suppression des déplacements ministériels, être parmi vous sans autorisation spéciale de M. le Président du Conseil puisqu’il s’agit d’une manifestation technique de l’Ecole.

La Ligue Française de l’Enseignement remplit, en effet, bien souvent des fonctions qui devraient naturellement incomber à l’Etat, qu’il ne remplit pas, faute de moyens matériels, faute aussi d’avoir jusqu’ici porté à leur expression suprême certaines de ses institutions scolaires, mais que la Ligue, elle, assume avec une bonne grâce, une spontanéité, une générosité de cœur et d’esprit auxquelles je dois rendre hommage.

Vos fédérations, qui couvrent aujourd’hui la France d’un réseau serré et attentif, rassemblent tous les amis de l’école et vous entendez ce terme au sens large et complet. Or, le rôle de ces amis de l’école ne s’arrête pas aux limites d’une heure de classe ou au terme de la scolarité ; il se poursuit dans le domaine postscolaire, dans la vie toute entière, qu’il s’agisse des sports, du cinéma, des bibliothèques, des vacances, etc…

Nous avons travaillé ensemble. Récemment encore, la Ligue de l’Enseignement inscrivait à son actif des réalisations, telles que l’ouverture de ce Bureau de Documentation professionnelle, auquel nous avons été heureux d’assurer la subvention nécessaire, et qui, en collaboration avec le Bureau Universitaire de Statistique, donnera à tous les jeunes qui n’ont que la formation primaire, les indications utiles sur les professions qu’ils peuvent envisager, auxquelles ils peuvent accéder.

Vous avez ainsi formé, dans nombre de domaines, des réalisations dont vous comprendrez que tout à l’heure, je veuille dire un mot…Mais saluant tous les militants de cette œuvre admirable, je féliciterai d’abord le Président de la Ligue, mon ami Brenier, qui s’est consacré entièrement à cette tâche, qui lui donne, non seulement son temps, mais son intelligence, son don étonnant de construction et de réalisation, et une perspicacité qui font qu’on le rencontre toujours sur les chemins utiles à l’école, et, partant, au pays, et qui, avec un désintéressement total et une ardeur inégalable, remplit dans la France une des missions les plus élevées et les plus notables qui soient.

Je ne veux pas nommer ses collaborateurs, vous le comprendrez…Aussi bien un certain nombre sont-ils les miens, et les partageons-nous en commun ; mais si je résume en la personne de M. Brenier, l’hommage que j’adresse à tous les conducteurs de la Ligue, vous comprendrez que je veuille saluer spécialement les liens qui, à travers le monde, vous unissent à ceux qui pensent comme vous, et que je les souligne en disant avec quel plaisir, quelle joie et quelle émotion même, nous avons retrouvé – puisqu’il fut déjà des vôtres – M. Smelten, président de la Ligue Belge, qui apporte parmi vous, non seulement l’affection de ceux qui habitent hors de nos frontières, mais celle du noble et magnifique pays auquel nous nous sentons si étroitement associé.

Il y aura trois ans dans quelques jours, nous commencions, ou plutôt je continuais avec vous la collaboration qui m’avait rapprochée de mes prédécesseurs, trois années traversées de difficultés qui n’émanaient pas de l’Ecole mais qui se répercutait sur elle, difficultés financières, difficultés internationales. Nous pouvons les considérer avec la satisfaction d’y avoir dignement fait face. La collaboration de la Ligue de l’Enseignement avec toutes les institutions officielles de l’Ecole s’est poursuivie chaque jour. Il serait impossible, en cet instant, d’en résumer toutes les étapes. Laissez-moi, en quelques mois, évoquer les dernières circonstances où elle s’est manifestée.

(...)

Jean Zay

Le discours complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Et, couturière de mes souvenirs, il y avait l'école...

20 Juin 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

L'entrée du lycée Lyautey (Casablanca)

L'entrée du lycée Lyautey (Casablanca)

Quand je pense à mon enfance, ce qui revient très vite et toujours, ce sont ces moments accompagnés de visages, de bruits, de paysages, de parfums, de saveurs...

Je suis ému et sidéré à la fois. Etrange contradiction. L'émotion n'est-elle pas mouvements intérieurs et bouillonnements divers?... Pourtant elle m'arrête, m'immobilise agréablement dans la surprise du souvenir...

Un mouvement me paralyse. Amusant.

Des mes sept ans me reviennent les nuages de poussière nés devant moi à grands coups de pied, en allant ou en revenant de l'école. Le Maroc de ma jeunesse avait ceci d'extraordinaire, entre autres merveilles, qu'il aimait se couvrir, à intervalles réguliers, de fines couches de sable saharien apporté par les vents du sud. Ma mère avait beau me dire "Mais tiens-toi tranquille! Tu va te salir!", je continuais, têtu, à créer ces images empoussiérées dont j'étais seul à déchiffrer le sens...

De mes douze ans, je revois souvent les treilles en tonnelles des bougainvilliers en fleurs qui explosaient de couleurs dans la cour du collège. Sous le soleil de plomb dont j'avais depuis ma naissance apprivoisé les violences, je fermais les yeux, ébloui par les fleurs bien plus que par les rayons caressant les murs blancs de mes salles de classe...

De mes quinze ans, je retiens les saveurs et les parfums des épices de toutes sortes étalés devant moi dans les souks et les marchés de Casablanca. Avec elle, aux cheveux aussi noirs que le charbon éteint du kanoun servant à griller les épis de maïs, je rentrais du lycée. Avant d'aller plonger en riant dans les rouleaux de l'Atlantique, la tenant par la main, je m'enivrais des cris des marchands que son sourire radieux réduisait au silence...

Et, couturière de mes souvenirs, il y avait l'école... Toujours!...

Elle nous rassemblait dans les plis de son "vêtement": marocains, français, espagnols, portugais... Musulmans, chrétiens, juifs, orthodoxes, athées... Elle était le phare incontournable et nécessaire. Nous la vivions au quotidien... Avec elle, les symboles faisaient sens. Non pas comme des "valeurs" immobiles, enfermées dans et par un discours, dans et par des programmes. Encore moins comme des mythes figeant l'Histoire en statue de sel ! Non...

Liberté, Egalité et Fraternité étaient vécues, vivantes! La laïcité aussi. Nos professeurs et nous tous leur donnions VIE! C'est cette vie qu'il faut rendre à nos symboles, par des projets, par des actions communes, par des voyages, par des rencontres avec le monde... Par un "baiser" réveillant la princesse endormie... La princesse républicaine...

Quant au drapeau, nous n'en avions qu'un...

Celui du ciel toujours bleu... Du moins l'est-il dans mes souvenirs...

Christophe Chartreux

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En défense des profs, contre les discours-poisons...

20 Juin 2020 , Rédigé par SLATE Publié dans #Education

En défense des profs, contre les discours-poisons...

EXTRAITS

[TRIBUNE] Les enseignants ne sont pas des enfants. Ils n'étaient et ne sont pas en récréation, ni pendant le confinement, ni depuis, mais au travail, comme le reste de la population.

Il se distille en ce moment un poison dangereux contre les enseignants. Un discours insidieux s'installe, pour salir toute une profession, au moment où l'on sort un peu la tête d'une crise sanitaire sans précédent. Alors que notre société, déjà fragilisée par deux longs mois de confinement et d'angoisse, s'apprête à entrer dans une zone de turbulences économiques sans doute inédite, il peut être utile, et tentant, de lui désigner des boucs émissaires. Et ces fainéants d'enseignants, qui travaillent au mieux dix-huit heures par semaine et bénéficient de quatre mois de vacances, sont des cibles idéales.

On a eu beau les saluer quelque temps les premières semaines de la crise, le moment est venu désormais de relancer la machine à fantasmes. Il serait dommage que la société se réconcilie avec ses professeurs et reconnaisse une bonne fois que leur travail est aussi réel qu'indispensable, quoique étanche aux considérations de rentabilité qui dominent trop souvent notre pensée. Il serait dommage qu'on s'aperçoive que les défaillances de l'Éducation nationale, persistantes, ne sont pas la conséquence de la paresse invétérée de tout un corps de métier, ou de son conservatisme supposé.

Les enseignants ne veulent pas travailler, les enseignants ne veulent pas changer, voilà la source de tous les problèmes: on a constaté à la lumière de la crise que ces deux préjugés, bien ancrés dans les mentalités, étaient infondés. Ils n'ont pas compté leurs heures et ils se sont réinventés du jour au lendemain, sans véritable soutien de l'institution qui les a laissés se débrouiller tout en les inondant d'injonctions contradictoires.

Le 5 juin, le ministère annonce dans un communiqué que 55 à 60% des enseignants ont repris les cours en présence à l'école primaire et au collège. Sans explication. À chacun d'interpréter ce chiffre comme il le souhaite. Il s'agit peut-être d'une simple maladresse. Je ne trancherai pas sur ce point. Toujours est-il que, dans l'esprit de beaucoup, l'annonce est devenue: presque la moitié des enseignants refusent de reprendre les cours, préfèrent rester chez eux à ne rien faire, au lieu de permettre aux Français de retourner au travail pour relancer l'économie, et aux enfants de renouer avec un enseignement plus adapté.

Le soir même au JT de TF1, l'annonce devient: «Les parents sont de plus en plus nombreux à désespérer de pouvoir envoyer leurs enfants à l'école. 40% des professeurs ne sont toujours pas retournés physiquement en classe, d'après l'Éducation nationale. Une situation de moins en moins comprise alors que le reste de la population recommence à vivre presque normalement.» Les enseignants réfractaires, qui continuent à se la couler douce quand les autres ont repris le chemin du travail, sont la source du désespoir de parents déjà bien éprouvés.

Deux jours plus tard, dans un article de L'Opinion qui se prétend factuel, on passe au niveau supérieur: «La fin de la récré a été sifflée en fin de semaine dernière par Jean-Michel Blanquer. [...] De quoi secouer un peu la moitié [des enseignants] qui, encore aujourd'hui, n'a pas repris le chemin de l'école et dont une part non négligeable serait à ranger dans la catégorie des tire-au-flanc.» La journaliste fait bien d'utiliser le conditionnel, puisqu'on ne saura pas d'où provient son information: aucune source n'est citée, aucun chiffre précis pour estimer objectivement cette «part non négligeable» de «tire-au-flanc». Peu importe, c'est dit, et puisque c'est dans le journal, ce doit être vrai.

(...)

La formule «professeurs décrocheurs», qui a fait son apparition ces derniers temps, signale un phénomène encore plus inquiétant. Elle opère en effet un glissement entre «élèves décrocheurs» et enseignants. Elle instille ainsi l'idée que les enseignants sont les premiers –et peut-être les seuls– responsables du décrochage, bien réel, d'un nombre non négligeable d'élèves, et évite de penser ses causes véritables, parmi lesquelles, d'abord, les inégalités, que l'école renforce au lieu de les corriger et que la fracture numérique a, pendant le confinement, rendues encore plus flagrantes. On a trouvé les coupables, il n'est donc plus besoin de s'interroger sur les failles et les échecs systémiques de l'Éducation nationale, d'ailleurs souvent dénoncés, en vain, par les enseignants eux-mêmes.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. La barque est déjà bien chargée. Pourtant, certains veulent, semble-t-il, aller plus loin encore. Il s'agit maintenant de livrer les enseignants à la vindicte publique en révélant leur honteuse indignité. Il y a eu ce ministre anonyme qui a suggéré à Dominique Seux, lequel a rapporté ces propos sur France Inter le 8 juin, que, s'il avait fallu compter sur eux, les enseignants auraient laissé la population mourir de faim. L'attaque est tout de même d'une violence inouïe.

Et puis il y a eu cette tribune de la députée LREM (Paris) Anne-Christine Lang, parue dans le Journal du Dimanche du 13 juin. Madame Lang, comme d'autres avant elle, insinue que, si peu d'élèves sont accueillis en classe, c'est parce que les enseignants ne reprennent pas, de leur propre chef apparemment, les cours en présence: «L'effet d'entraînement sur lequel comptait l'Éducation nationale ne s'est pas produit: seul un enseignant sur deux est revenu à l'école, et même si ce chiffre est heureusement en augmentation, seuls 25% des écoliers y sont aujourd'hui présents.»

Elle consacre ensuite un paragraphe à la maltraitance et aux violences dont de nombreux enfants sont victimes dans leur famille, pour aussitôt déplorer que les enseignants ne sachent plus faire preuve de la même vocation que, «en d'autres temps» (on ne saura pas lesquels), ils ont pourtant montrée. Les enseignants, donc, sont indifférents aux situations dramatiques que certains de leurs élèves connaissent. La preuve: ils préfèrent rester égoïstement chez eux plutôt que les sauver de leur famille. La question se pose néanmoins: est-ce leur rôle? L'école peut recueillir la parole des enfants, elle le fait; elle peut signaler les cas de maltraitance, elle le fait; mais est-ce sa mission de résoudre les violences intrafamiliales? N'est-ce pas plutôt celle de l'État et, en premier lieu, de la justice? Quand l'école devient le seul refuge, c'est toute la société qui a failli.

Madame Lang parle ensuite des «centaines de milliers» d'enseignants qui «ne se sont pas sentis concernés» par la crise sanitaire. On compte quelque 800.000 enseignants: des «centaines de milliers», voilà qui commence à faire une grosse proportion d'indifférents indignes. Là encore, on ne saura pas d'où sort cette estimation, ni sur quels faits elle se base. Peu importe. Le poison se diffuse.

(...)

... L'œil du 20h de France 2, qui s'est penché le 9 juin sur les «enseignants décrocheurs» et a du même coup popularisé l'expression, permet de mesurer tout ce qu'il y a de malsain dans un certain discours public sur les enseignants aujourd'hui.

Le rédacteur en chef du JT s'est défendu devant le tollé provoqué par ce reportage: c'est son rôle, en tant que journaliste, d'informer aussi sur ce qui ne va pas. Certes. Mais une information digne de ce nom suppose d'abord une enquête, puis, et c'est aussi important, de penser la manière dont on transmet les résultats de son enquête. Or c'est bien ce qui pose un sérieux problème dans ce reportage, tout en étant riche d'enseignements.

D'abord, le seul témoignage de parent proposé est celui d'une mère infirmière «au contact des malades pendant toute la crise sanitaire»: on retrouve, insidieusement, l'opposition entre les héros et les lâches. On retrouve, aussi, le petit jeu qui applique des termes infantilisants aux enseignants: «bonnet d'âne», «sécher ses propres cours». La famille, qui a décidé de «briser un tabou», a requis l'anonymat «pour ne pas nuire à la scolarité de leur fille», et apparaît donc floutée, les voix sont modifiées: on se croirait devant le témoignage de repentis de la mafia qui craignent des représailles pour avoir brisé l'omerta. On se souviendra que les enseignants grévistes au moment du baccalauréat 2019 étaient communément désignés sur les plateaux de télévision comme des «preneurs d'otages».

Monsieur Blanquer s'en souvient d'ailleurs très opportunément qui, dans un entretien à Midi Libre le 14 juin, suggère que la carte des absentéistes du confinement épouse celle des grévistes de 2019: rapprochement très étrange puisqu'on parle d'un côté de tous les enseignants confondus (école, collège, lycée) et de l'autre des seuls professeurs de Terminale correcteurs du bac. On se demande par quel tour de passe-passe statistique ces deux cartes peuvent coïncider, mais soit. Le but est atteint: il s'agit d'assimiler les grévistes à des tire-au-flanc, et les tire-au-flanc à ceux qui contestent sa politique. Redoutable.

Premier message du reportage, donc: l'enseignant est un individu potentiellement dangereux, en tout cas revanchard, qui n'hésitera pas à se venger sur une enfant d'un témoignage qui lui a déplu.

(...)

Notre école est en danger, et il est temps que la société sorte de sa névrose collective à l'égard de ses enseignants, pour considérer vraiment ce qui la menace. Au tout début du déconfinement, le Café pédagogique a publié une tribune au vitriol assez inédite, écrite par des hauts fonctionnaires de l'Éducation nationale, qui aurait dû faire l'effet d'une bombe, par son contenu et par la fonction de ses signataires, mais dont on n'a, il me semble, guère parlé. Elle se termine par ces mots, qui résument bien la situation:

«Nous observons, consternés, un système éducatif détourné de ses fondements républicains et de ses valeurs et ne pouvons nous taire. Le terrifiant verrouillage en cours du débat démocratique sur les enjeux et les finalités d'une École pour tous ne se fera pas avec notre contribution car nous ne voulons pas, nous, enseignants, formateurs, chercheurs, inspecteurs du premier et second degrés, inspecteurs généraux, directeurs académiques, cadres de l'administration centrale, trahir l'École de la République et ses idéaux.»

Les enseignants sont le premier barrage pour la défense de ces idéaux: cessons de chercher à les abattre, ou c'est toute la société qui en souffrira.

Sophie Audoubert

Le texte complet est à lire en cliquant ci-dessous

Au sujet de ces "feignasses" de profs:

Message du logiciel @Pronote

14 626 034 devoirs donnés
17 588 804 copies rendues en ligne
526 400 QCM conçus
18,5 TO de documents transmis.
 
Du 17 mars au 12 juin... Sans commentaires.
 
Il faut bien entendu ajouter les autres logiciels utilisés: Sacoche, Arsène...
 
C Chartreux
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Réécouter E Macron candidat est toujours instructif... A propos des AESH... (Vidéo)

20 Juin 2020 , Rédigé par Youtube Publié dans #Education

Le discours et les promesses du candidat M. Macron depuis président de la République Française!

Les Aesh n'ont jamais été aussi précaires et pauvres !

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Revue de Presse Education... Quand ça veut pas — Orientaton — Edupédarique...

20 Juin 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Quand ça veut pas — Orientaton — Edupédarique...

La reprise du 22 ne s’annonce pas évidente. On parle des curiosité de l’orientation. Et on réfléchit toujours à propos de l’éducation, de la pédagogie et du numérique (édupédarique).

Quand ça veut pas

Nouveau protocole sanitaire à l’Education nationale : "L’appliquer dans sa totalité c’est illusoire", prévient un syndicat de chefs d’établissements
Audrey Chanonat, membre de l’exécutif national du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale et principale d’un collège à La Rochelle réagit au nouveau protocole sanitaire applicable dans les établissements scolaires à partir du lundi 22 juin, publié par le ministère de l’Education nationale mercredi.”

Protocole : "L’évolution encore possible" passe mal...
Comment faire quand le protocole sanitaire ne respecte pas la loi en vigueur ? C’est un nouveau problème pour les personnels de direction. Le ministre annonce une évolution à venir alors que la réouverture en principe complète est prévue pour le 22 juin.”

Rentrée du 22 juin : 56% des Français désapprouvent, selon un sondage Publié par Mehdi Bautier
Selon un sondage Odoxa pour Franceinfo et Le Figaro, 56% des Français estiment que la reprise scolaire obligatoire le 22 juin est une mauvaise décision.”

En défense des profs, contre les discours-poisons TRIBUNE de Sophie Audoubert
Les enseignants ne sont pas des enfants. Ils n’étaient et ne sont pas en récréation, ni pendant le confinement, ni depuis, mais au travail, comme le reste de la population.”

Orientation

Orientation : « Le sort de certains élèves a été tranché à huis clos » Par Marie Piquemal
Régis Félix, de l’association ATD Quart Monde, alerte sur une conséquence invisible du confinement : la hausse des orientations subies pour des élèves coupés de l’école pendant la crise sanitaire.”

Orientation et affectation entre proviseur et recteur
Le refus de réinscription dans un lycée n’apparaît pas justifiable. Redoubler ou déposer un recours en justice sont des issues au blocage.”

Edupédarique

Les portraits du jeudi, par Monique Royer Apprendre pour enseigner, enseigner pour apprendre : Stéphane Gort
Et si le sens du métier d’enseignant se dénichait en collectif, dans des projets qui vivent, se transforment et favorisent l’éclosion d’une réussite éducative ? Stéphane Gort, enseignant en sciences physiques au collège Sophie-Germain de Nantes, nous raconte son chemin pédagogique éclairé par les pratiques de coopération.”

Enseignement à distance : « Le contenu et les échanges lors d’un cours sont les deux faces d’une même pièce »
La chercheuse en sciences de l’information Marie Bénéjean redoute que l’enseignement à distance devienne la norme à l’université.” Propos recueillis par Soazig Le Nevé
« Je ne crois pas que les étudiants aient envie de tutoriels ni que les enseignants aient une vocation de youtubeurs », affirme Marie Bénéjean, enseignante-chercheuse en sciences de l’information et de la communication à l’université Rennes-2. Pour cette spécialiste des modes de communication, l’enseignement à distance ne doit pas devenir la norme alors qu’il correspond surtout à « du bricolage ».”

Faut-il renoncer au numérique pour l’éducation ? par Jean-François Cerisier, Professeur de sciences de l’information et de la communication, Université de Poitiers
Nous le savons, le numérique n’est pas seulement une technologie. Il correspond aussi et surtout à des transformations de nos sociétés et de nos cultures, de nouveaux « arts de faire » et de nouvelles manières de vivre. Il offre des opportunités pour le développement personnel de chacun et de celui du monde qui nous entoure. Il apporte aussi des menaces individuelles et sociales sur l’emploi, sur le respect de la vie privée et sur la démocratie.”

Réformer l’éducation (et non plus l’école ?)
L’avenir de l’éducation est-il hors de l’école ? C’est ce que donne à penser le dernier numéro de la Revue internationale d’éducation (n°83). Invités à donner leur vision de l’école en 2030, des experts du monde entier dessinent un système éducatif où la forme scolaire n’est plus qu’un élément mis en réseau avec d’autres acteurs. Un monde où la question de la réforme scolaire est dépassée par une "responsabilisation" et un jeu entre des acteurs variés qui adaptent un système éducatif aux contours fuyants. Alors que la pandémie vient de démontrer la nécessité de l’institution scolaire, les experts convoqués par la revue dessinent un monde où la part de l’Ecole décline au profit d’autres acteurs. Un univers éducatif où des dispositifs , comme le 2S2C, ont pris le dessus sur l’école pour tous.”

Réformer l’éducation Sous la direction de Jean-Marie De Ketele
Le 83e numéro de la Revue internationale d’éducation de Sèvres s’intéresse à un enjeu qui concerne tous les pays du monde : « réformer l’éducation ». Il poursuit la réflexion engagée lors du colloque international sur « les conditions de réussite des réformes en éducation », qui avait réuni à France Education International, en juin 2019, 60 intervenants – chercheurs, décideurs politiques et praticiens – venus de 30 pays.”
Avec un article de Jean-Michel Blanquer him self ! Les comparaisons internationales, la science et l’expérimentation au cœur des réformes en éducation

Bernard Desclaux

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Zaz...

19 Juin 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Carlos Ruiz Zafon...

19 Juin 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur...  Carlos Ruiz Zafon...

- Voilà un bon métier, dis-je : conducteur de funiculaires. Les ascenseurs du ciel.

Marina me regarda, sceptique.

- J’ai dit une bêtise ? lui demandai-je.

- Non. Mais si c’est là toute ton ambition…

- Je ne sais pas quelle est mon ambition. Tout le monde ne voit pas les choses aussi clairement que toi Marina Blau, prix Nobel de Littérature et conservateur en chef des chemises de nuit de la famille royale.

Je lus une telle sévérité sur le visage de Marina que je regrettai aussitôt ma réponse.

- Quand on ne sait pas où on va, on n’arrive nulle part, dit-elle froidement.

Je lui montrai mon billet :

- Mais moi, je sais où je vais.

Elle détourna les yeux. Nous montâmes en silence pendant quelques minutes. La silhouette de mon collège émergeait au loin.

- Architecte. Murmurai-je.

- Quoi ?

- Je veux être architecte. C’est ça mon ambition. Je ne l’avais encore dit à personne.

Du coup, elle sourit. Le funiculaire arrivait en haut de la montagne et cliquetait comme une vieille machine à laver.

- J’ai toujours rêvé d’avoir ma cathédrale personnelle, dit Marina. Tu as des suggestions ?

- Gothique. Donne-moi le temps et je te la construirai.

Le soleil frappa son visage et ses yeux brillèrent, rivés sur moi :

- Tu me le promets ? demanda-t-elle en tendant sa paume ouverte.

Je serrai sa main avec force.

- Je te le promets.

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100 000 enfants sont privés d'école dans notre pays, malgré les promesses du gouvernement...

19 Juin 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

100 000 enfants sont privés d'école dans notre pays, malgré les promesses du gouvernement...

Comme en septembre 2019, seront-ils à nouveau plus de 100 000, voire plus, à ne pas pouvoir accéder à l'école de la République ?

Tribune. Le président de la République a annoncé le retour à l’école obligatoire pour tous les enfants ce lundi 22 juin. Comme lors de la rentrée de septembre dernier, 100 000 d’entre eux resteront à la porte de l’école. Peut-être plus? Le ministre de l’Education nationale estime à 80 000 le nombre d’enfants qui ont été perdus par l’école pendant le confinement. Je suis la marraine du collectif #EcolePourTous qui regroupe des enfants, des jeunes et des parents exclus de l’école de la République française parce qu’ils habitent en bidonville, en squat, en hôtel social ou dans la rue, parce qu’ils sont des «mineurs non accompagnés», des anciens enfants placés, des enfants «du voyage». J’ai été une de ces enfants avant de devenir auteure et avocate, et c’est en leurs noms que j’ai une première fois alerté Emmanuel Macron sur leur sort alors qu’il était candidat à l’élection.

Lundi 22 juin, certains d’entre vous hésiteront à renvoyer leurs enfants à l’école. Durant le confinement, vous étiez angoissés de ne plus comprendre comment l’école fonctionne. Vous étiez inquiets de leur réussite aux examens. Vous ne saviez d’ailleurs pas si l’école reprendrait. Et vous ne savez toujours pas si vos enfants y seront en sécurité. Vous avez fait l’expérience temporaire de ce que les membres d’#EcolePourTous vivent toute l’année. Mais vous avez désormais la liberté de renvoyer vos enfants à l’école, maintenant ou en septembre, lors de la «vraie rentrée». Pour les enfants d’#EcolePourTous, le confinement, c’était le monde d’avant et c’est encore le monde d’après.

Comment préparer nos examens ?

Comment savoir quand commence l’école lorsque le maire de notre ville nous en refuse l’accès ? Comment préparer nos examens quand tous les trois mois nous sommes expulsés de là où nous habitons ? Comment finir notre année quand l’«aide sociale à l’enfance» nous remet à la rue à 18 ans ? Comment nous y sentir en sécurité quand nous y sommes quotidiennement victimes de harcèlement raciste ?

Depuis novembre 2018, #EcolePourTous fait la demande à Jean-Michel Blanquer de mettre en œuvre six mesures à même de garantir l’effectivité du droit à l’instruction pour tous. Avec le soutien notamment de Jean-Marie Dru, président d’Unicef France, Jack Lang, ancien ministre de l’Education, et de plusieurs député.e.s dont Sandrine Mörch, #EcolePourTous a obtenu l’adoption, en juillet 2019, de l’article 16 portant simplification des pièces exigibles lors de l’inscription scolaire dans la loi «pour une école de la confiance» ainsi que la promesse de l’ouverture d’une mission d’information parlementaire.

A ce jour, en dépit de nos demandes réitérées, ni la mission d’information n’a été nommée ni le décret d’application de l’article 16 n’ont été publiés. Ce dernier a pour finalité d’empêcher les refus illégaux d’inscription scolaire et de commencer de mettre en conformité les pratiques de la République avec ses idéaux. En attendant, chaque jour, dans le pays des droits de l’homme, des enfants se voient refuser l’entrée à l’école, comme ce fut le cas tout récemment dans les villes de Stains, Drancy ou Aubervilliers.

Sauver le rêve d’avenir de milliers d’enfants

Je ne peux pas me résoudre à croire que les représentants de la République française estiment que les vies et les rêves de certains enfants valent moins que d’autres. La simple publication d’un décret est un acte qui coûte peu et qui peut sauver le rêve d’avenir de milliers d’entre eux. Il a peu coûté au gouvernement de publier le 22 mars, au début du confinement, un décret accordant un crédit d’impôt aux parents favorisés ayant recours pour leurs enfants aux services privés de cours à distance. Il est maintenant en son devoir de publier le décret qui permettra le simple accès d’un enfant défavorisé à l’école de sa ville.

Lors de la rentrée scolaire de septembre dernier, le collectif #ecolepourtous avait porté la voix, au côté de Geneviève Avenard, Défenseure des enfants, de 100 000 enfants et jeunes discriminés dans l’accès à l’éducation en France. Il est urgent d’adopter les solutions que nous proposons si nous voulons éviter le constat dramatique de voir à la rentrée de septembre que nos rangs auront doublé.

Anina Ciuciu, avocate, auteure, marraine du Collectif #EcolePourTous
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"Ce qui est terrible pour les ados, c'est que se détruire marche à coup sûr, alors que réussir est aléatoire" - Philippe Jeammet

19 Juin 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

"Ce qui est terrible pour les ados, c'est que se détruire marche à coup sûr, alors que réussir est aléatoire" - Philippe Jeammet

Tu vois Julie (mais ils ou elles pourraient s'appeler Arthur, Maud, Laure, Stéphanie, Pierre, Hugo, Tom ou Sélim), les vacances cela sert aussi à ça: ralentir jusqu'à s'arrêter et faire le point... Réfléchir... Pendant ces neuf mois, dont trois bien étranges, qui nous ont réunis, de quoi avons-nous eu le temps? A-t-on pris le temps? Oui parfois nous avons profité de quelques minutes volées aux "bien nommés" (?) emplois du temps pour nous évader et échapper aux obligations nécessaires... Plus rarement, avons-nous délibérément choisi de ne pas céder aux injonctions des programmes: "Allez, tant pis pour ce petit retard! On pousse tables et chaises! On se pose et on se parle"... Tu te souviens? C'était tellement bien!

Tu vois Arthur, je ne te retrouverai pas dans deux mois. La retraite. Que ce mot est laid! Tu vas changer. On change vite à 14 ans. Tu seras moins timide, ou plus encore. Je ne sais pas. Oui tu vas changer et, alors que depuis des décennies, seuls les élèves se transformaient sans qu'aucun programme ni méthode ne varient vraiment, tu vas découvrir le lycée. Tu fais partie, avec tant d'autres, de ses atouts, cette jeunesse qui "fait peur" à bien des adultes quand elle devrait au contraire nous porter à l'optimisme! "La France ce vieux pays..." disait Dominique de Villepin dans un discours prononcé à New York au siège de l'ONU... A quand un autre discours commençant par: "La France, ce pays jeune et enthousiaste..."?

Vous voyez, toutes et tous, à quel point "réussir" est une longue marche et pas du tout un long fleuve tranquille. Y compris pour les excellents élèves qui parfois, devant des programmes ayant attendu un temps certain pour être renouvelés, s'ennuient à mourir.

Je vous souhaite de belles vacances, que vous changiez d'horizon ou pas pendant cette période qui est aussi un apprentissage. Je déteste, vous le savez, les "conseils d'adultes", ces recommandations dont nous-mêmes savions nous affranchir lorsque nous avions votre âge. Si je devais néanmoins me plier à l'exercice, je vous dirais ceci:

"Profitez de cet été pour vivre, rire, chanter, aimer et danser. Pour faire des rencontre loin des réseaux "sociaux" qui n'offrent que des profils quand on veut des amis! Ouvrez plutôt vos yeux et vos oreilles... Ils sont vos cahiers, bien moins évanescents...

Vous n'oublierez jamais le parfum délicat de cette joue embrassée, ni l'odeur matinale du pain posé sur la table et n'attendant que vous, ni le bruit du vent couvrant à peine le clapotis joyeux de la rivière toute proche...

Vous n'oublierez jamais la caresse intime de l'eau glissant entre vos doigts, apaisant votre soif...

Vous n'oublierez jamais ce regard appuyé dans le silence d'une rencontre éphémère...

Vous n'oublierez jamais ce livre, ce seul passage, ces quelques lignes, ce seul mot peut-être, qui feront de vous un autre ou une autre...

Dont vous vous souviendrez...

Alors, vous aurez réussi!

A jamais!

Christophe Chartreux

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