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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Ismaïl Kadaré...

28 Juin 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Ismaïl Kadaré...

Entre-temps, le mois d'avril se consumait rapidement. Les jours se succédaient sans trêve, et ce mois, qui, même sans cela, était pour lui le plus court de tous, se contractait, se consumait rapidement.

Il ne savait pas dans quelle direction marcher. Parfois il perdait son temps sur le mauvais chemin, et parfois il revenait involontairement dans un endroit par où il était déjà passé. Le doute qu'il n'avançait pas dans le bon sens le tourmentait toujours plus. Il finit pas avoir l'impression qu'il ne marcherait jamais que dans la fausse direction, jusqu'à la fin de cette poignée de jours qui lui restaient, à lui, malheureux pèlerin dans la lune, en son avril tronqué.

Ismaïl Kadaré - Avril brisé

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Ce qu’on oublie trop souvent de dire sur les cantines scolaires...

28 Juin 2020 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education

Ce qu’on oublie trop souvent de dire sur les cantines scolaires...

EXTRAIT

Après deux mois de confinement, les élèves du primaire retrouvent progressivement depuis le 11 mai le chemin de l’école. Avec les mesures d’hygiène et de distanciation, la réouverture des restaurants scolaires est un casse-tête pour de nombreuses municipalités : il leur faut repenser l’organisation des réfectoires, multiplier les règles d’hygiène, et privilégier les repas froids.

Quant aux élèves, ils doivent apprendre à renouer ce lien social qui leur a fait défaut pendant des semaines, tout en respectant les mesures de distanciation. Difficile pour des enfants de 3 à 10 ans de respecter l’écart d’un mètre avec leurs camarades, de ne pas se toucher en discutant ni d’échanger de la nourriture. Cela entre en contradiction avec l’une des fonctions tenues de longue date par le repas à la cantine, celui d’un moment de partage.

En général, lorsque l’on évoque les cantines dans le débat public, on a tendance à se focaliser sur le contenu des assiettes et la qualité nutritionnelle des repas servis. En attestent les nombreuses mesures pour la restauration collective promulguées à l’automne 2018 dans la loi Egalim.

Mais ces enjeux de sociabilité sont essentiels pour les 7 millions d’élèves qui mangent à la cantine au moins une fois par semaine. Ils s’intègrent dans la palette de questions sanitaires, économiques, environnementales ou éducatives qui se posent à la restauration scolaire, et plus largement à la restauration collective.

Amitiés et stratégies de placement

Si la cantine scolaire, souvent décriée, cristallise particulièrement les mécontentements, elle occupe une place centrale dans le quotidien des élèves : en termes de temporalité parce qu’elle scinde en deux la journée scolaire mais aussi au regard des interactions sociales qu’elle provoque.

La pause méridienne – ni tout à fait scolaire, ni extrascolaire – constitue un espace-temps singulier qui donne sa cadence à la journée des élèves. De la maternelle au lycée, elle permet aux enfants et aux jeunes de se retrouver autour d’une activité tant marquée par le quotidien et la routine que par les rites et les symboles : l’acte de manger. Que sait-on du sens que les élèves donnent à ce moment de cantine ? Qu’apprend-on des modes de construction des sociabilités enfantines en observant des élèves « manger ensemble » ?

Traiter de la fonction sociale du repas pris en collectivité, c’est s’intéresser au rôle de la cantine dans la construction des identités, c’est choisir d’observer les cantines sous l’angle des relations sociales qui s’y nouent, en se concentrant sur ce qui se déroule en parallèle de la consommation alimentaire.

(...)

Géraldine Comoretto

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La fracture numérique n'épargne pas les jeunes...

28 Juin 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

La fracture numérique n'épargne pas les jeunes...

Repères | Non, les jeunes ne sont pas intuitivement à l’aise avec les technologies numériques, et le confinement a encore permis de le mesurer. Manque d’équipements, de compétences… État des lieux sur une réalité souvent méconnue du grand public.

On les appelle parfois les “digital native”" mais l’expression est trompeuse, car la génération des “enfants du numérique”" (c’est la traduction québécoise) n’est pas épargnée par l’illectronisme. Cette forme d'illettrisme des temps modernes touchait 17% de la population française en 2019 d’après l’Insee, et pas seulement des vieilles personnes en milieu rural. L’âge est un critère bien sûr, avec le niveau de revenu et d'éducation, mais il n'y a pas de profil type et la période du confinement a permis de le constater plus encore.

Un phénomène loin d'être marginal

La pandémie de coronavirus a encore accentué l'importance de maîtriser les outils numériques. Pour faire la classe à la maison, étudier, chercher un emploi, télétravailler, accéder aux services publics ou tout simplement sortir (l'application de sortie dérogatoire et bientôt l'appli StopCovid pour se protéger du virus)... Le gouvernement annonce par ailleurs la dématérialisation de toutes les démarches auprès des services publics en 2022. Or, de nombreux Français sont encore loin du compte. Près de 12 millions sont "illectroniques (en incapacité d''utiliser le numérique dans leur vie courante) d'après l'Insee qui compte aussi 47% de personnes manquant d'au moins une compétence numérique de base (communiquer via une application, chercher une information, utiliser un traitement de texte ou résoudre un problème). 

Et les jeunes ne sont pas épargnés, tous milieux sociaux confondus : lors du début du confinement, 70% des enseignants interrogés par l'association SynLab redoutaient un décrochage scolaire de leurs élèves (du primaire au secondaire). D'après une étude sociologique sur "l'école à la maison" durant le confinement, 24,3 % des parents d'origine modeste jugent leur équipement et leur accès internet insuffisants (contre 17 % des familles plus aisées). Et les chiffres sont encore plus marquants concernant le sentiment de compétence informatique : "45 % des classes supérieures se sentent tout à fait capables de répondre aux exigences techniques numériques de l’école à la maison, contre seulement 31 % des classes populaires". Ce qui fait dans tous les cas une majorité de gens qui ne se sentent pas au niveau pour accompagner leur enfant. Or, des adultes en difficulté font bien souvent des enfants en difficulté.

Pour les associations qui travaillent à l'inclusion numérique, la période du confinement a d'ailleurs permis de détecter de nouveaux publics exclus de ces technologies. La directrice d'Emmaüs Connect Marie Cohen-Skalli l'explique : 

"Jusqu'à présent, nous nous adressions surtout aux 16-25 ans, ceux qu'on appelle les Neet ["not in education, employment or training", ni étudiant, ni employé, ni stagiaire] mais nous avons constaté que beaucoup de plus jeunes étaient aussi touchés par cette exclusion. Parce qu'ils n'ont pas d'équipement, pas de connexion ou des parents eux-mêmes éloignés du numérique... Beaucoup de familles sont sous-équipées ou sans connexion et peinent à accompagner leur enfant pour la scolarité en ligne."       
Marie Cohen-Skalli, directrice d'Emmaüs Connect

Avec la fermeture des universités, une partie des étudiants a décroché également. À tel point que l'Unef réclame l'annulation des notes inférieures à la moyenne à Panthéon-Sorbonne... L'affaire est devant la justice car la direction de l'université s'y oppose, y voyant une atteinte à la valeur des diplômes. D'après le syndicat étudiant, cette mesure s'impose car "seuls 73 % des étudiants disposent d'un équipement informatique personnel et que 40 % ne s'estiment pas en mesure de subir des épreuves à distance en un temps réduit".

À l'aise avec TikTok, beaucoup moins avec un traitement de texte

Mais l'illectronisme n'est pas qu'une affaire de manque d'équipements. La question de l'acquisition des compétences est aussi centrale : dans ce domaine, le secrétaire d'État au Numérique Cédric O cite une anecdote. Lors de la présentation du baromètre sur la confiance des Français dans le numérique le 24 février à Bercy, il racontait : 

"Nombre de jeunes savent très bien se servir des réseaux sociaux ou jouer à Fortnite. Mais dès qu'il s'agit de s'inscrire à Pole Emploi, faire une déclaration d'impôt en ligne, faire un CV ou forwarder un email [transférer], c'est plus compliqué. Cet exemple d'un jeune disant à son conseiller Pole Emploi qu'il ne savait pas forwarder un email m'est revenu plusieurs fois."     
Cédric O, secrétaire d'État au Numérique

Interrogé sur l'anecdote, un conseiller du secrétaire d'État développe : "Nous avons régulièrement ces témoignages de la part d'accompagnateurs auprès de certains jeunes et les enquêtes barométriques le montrent bien. Le terme 'digital native' est une construction sociale ; il n'y a d'ailleurs pas un seul type d'exclusion avec des inclus d'un côté et des exclus de l'autres. Il y en a plusieurs. On peut être à l'aise avec certaines technologies et beaucoup moins avec d'autres".

Le diagnostic est confirmé par les associations. "On constate que certains jeunes ont un usage récréatif du numérique et qu'il n'y a pas forcément de transfert de compétence vers des usages à visée professionnelle ou d'insertion", explique Thomas Vandriessche, responsable des solutions numériques chez WeTechCare, association qui travaille à l'inclusion numérique via l'accompagnement des structures au contact des jeunes (et des moins jeunes). "Ça n'est pas parce qu'on utilise YouTube qu'on sait chercher un emploi en ligne ou écrire un mail de candidature correctement", complète Thomas, "il y a donc un besoin d'accompagnement"

Le mot-clef est ici l'employabilité. Un but que poursuit également la Quincaillerie numérique, une structure dédiée à l'inclusion numérique et implantée à Guéret en Creuse depuis 2015. Ce "tiers-lieu" (ça n'est ni chez soi, ni le travail) dépend de la communauté d'agglomération et propose des ateliers chaque semaine, du grand débutant au confirmé. Concernant les jeunes, la Quincaillerie s'adresse principalement aux décrocheurs scolaires, en lien avec la Mission locale : "Nous les sensibilisons à la e-réputation pour bien séparer leur vie personnelle et l'image qu'ils donnent sur les réseaux sociaux", raconte Kévin Hizembert, coordinateur numérique, "c'est important vis à vis des recruteurs. On leur apprend aussi à se servir de réseaux sociaux professionnels comme LinkedIn ou de créateurs de CV en ligne comme Canva".

Mais Kévin avance aussi un argument en forme de contrepoint :

"Parfois, le problème ne vient pas d'un manque de compétence. Aujourd'hui, il n'est plus nécessaire de maîtriser un traitement de texte pour créer un CV de A à Z car les outils en ligne le font très bien. Mais encore faut-il que les recruteurs de la génération précédente acceptent de recevoir des CV originaux. Ils n'ont tout simplement pas les mêmes codes et ça n'est pas forcément une question d'illectronisme ou de fracture numérique des jeunes... "    
Kévin Hizembert, coordinateur à la Quincaillerie numérique à Guéret (Creuse)

Des solutions pour arriver à l'inclusion

Emmaüs Connect, créé en 2013, s'adresse avant tout à ceux qui n'ont pas les moyens d'être accompagnés ailleurs. L'association a ouvert des permanences dans plus d'une dizaine de lieux en France : Paris, Saint-Denis, Antony, Créteil, Lille, Béthune, Roubaix, Strasbourg, Bordeaux, Lyon, Grenoble et Marseille. Les bénéficiaires peuvent y acquérir du matériel ou acheter des connexions mobile et internet à prix solidaire. L'association propose aussi des ateliers à ceux qui souhaitent apprendre à utiliser un clavier, une souris ou une boîte mail : "Le numérique est partout, en être exclu est stigmatisant", remarque Marie Cohen-Skalli.

Pendant le confinement, l'association a lancé deux programmes "connexion d'urgence"à destination des jeunes et des publics les plus précaires. Concernant les jeunes, Emmaüs Connect a réussi à distribuer 16 000 tablettes et ordinateurs avec parfois des cartes SIM contenant des recharges en données. Plus de 1 100 jeunes ont aussi été accompagnés pour un suivi et un coaching quotidien en partenariat avec le collectif Mentorat (qui regroupe huit associations spécialisées dans l'accompagnement des jeunes) et la fondation Break Poverty. "Ce nouveau réseau associatif nous a permis de détecter de nouveaux publics éloignés du numérique et que nous voulons continuer d'aider", ajoute la directrice d'Emmaüs Connect.

De son côté, WeTechCare a proposé plus de 250 sessions de formation en ligne, des webinaires, aux structures qu'elle accompagne. "Nous avons eu plus de 450 inscrits", précise Thomas Vandriessche, "nous avons continué notre travail auprès des structures locales : écoles de la deuxième chance, centres EPIDE, Missions locales... Continuer nos actions de formation auprès des conseillers de ces structures." WeTechCare propose aussi un site internet utilisé en atelier avec les jeunes pour les familiariser avec la recherche d'emploi en ligne : CLICNJOB. Car le numérique peut aussi être une solution pour améliorer l'inclusion, notamment grâce au "Déclic", une nouvelle plateforme qui met en relation des cadres et salariés avec des jeunes dans une relation de type parrainage ou mentorat. La mise en relation est très rapide via Facebook Messenger.

À Guéret, la Quincaillerie numérique propose aussi des ateliers destinés aux grands débutants mais le tiers-lieu offre également des formations de haut-niveau car la structure appartient aux réseaux des "FabLab" (laboratoire fabuleux) avec de l'impression 3D, de la découpe laser, de la broderie numérique et de la domotique. La structure ne se résume pas à des formations à "l'informatique pour les nuls" et peut même ouvrir des horizons à des jeunes en quête de formation.

Quant aux pouvoirs publics, ils financent la plupart de ces structures via le pass numérique lancé en 2019. Doté de dix millions d'euros en phase de test la première année, le dispositif grimpe à trente millions en 2020, financé à parts égales par l'Etat et les collectivités. Les jeunes peuvent demander des coupons auprès des structures qui les accompagnent : un coupon comporte cinq chèques de dix euros. "On espère aller bien au-delà de 30 millions d’euros, par la participation de certains opérateurs comme Pôle emploi, ou des entreprises privées", lançait Cédric O en février.

Maxime Tellier

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Stop Fisha: cybersexisme et faiblesse de l’arsenal juridique...

28 Juin 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Société, #Femme

« Les corps des femmes et des filles ne doivent pas être source d’exploitation et de divertissement à leur insu ». Contre l'explosion des comptes “fisha” (“affiche” en verlan) qui diffusent photos et vidéos à caractère sexuel majoritairement de filles et de femmes pour la plupart mineures, un collectif s'est créé. Avec un grand nombre de soutiens, il tire la sonnette d’alarme face à grande faiblesse de l’arsenal institutionnel et juridique pour lutter contre le cybersexisme. 

Elyse, 16 ans, a mis fin à ses jours au Havre, mercredi 1er avril 2020, à cause d’un compte fisha. Depuis le confinement, les violences faites aux filles et aux femmes ont augmenté et le cyberharcèlement sexuel a explosé. Bien que virtuelles, ces attaques ont de graves conséquences et force est de constater que les comptes fisha tuent.

Slut-shaming de masse

Des comptes dits “fisha” (“affiche” en verlan) ont été massivement créés sur les réseaux sociaux dans le but de diffuser des photos et vidéos à caractère sexuel majoritairement de filles et de femmes, pour la plupart mineures, sans leur consentement. Appelés “nudes”, ces contenus sont souvent divulgués avec le nom de la victime, son adresse, son établissement scolaire… Si cette pratique existait déjà, cette vague est sans précédent. 

Sur ces comptes fisha, sont publiés chaque jour des messages incitant à la diffusion de “dossiers” pour humilier et punir : « vous avez d’autres dossiers sur cette pute ? », « Faut afficher mon ex, cette sale chienne », ou bien « afficher des dossiers de gens ça rend service à tout le monde. Les personnes affichées peuvent changer de voie ou rester dans leur puterie ». Ils les traquent, les persécutent, et les condamnent systématiquement, publiquement - puis se félicitent. Certains nudes sont monétisés par les agresseurs, d’autres sont publiés sur des sites pornographiques sans que les victimes ne soient au courant. On y a aussi trouvé des photos et vidéos pédocriminelles, de viols en réunion, d’agressions sexuelles. Les diffuseurs veulent toujours plus de contenu trash pour attirer toujours plus de monde. Un compte fisha Instagram nommé “les putes de Liège” a publié la vidéo d’un viol en réunion - d’une jeune fille, mineure, qui avait été droguée. Le contenu est resté disponible plus de 16 heures. Et ce, malgré les milliers de signalements.

Les diffuseurs deviennent des agresseurs et s’auto-proclament juges : c’est du revenge-porn* et du slut-shaming* de masse.

#STOPFISHA : l’auto-organisationface à un système défaillant 

Notre collectif auto-organisé Stop Fisha s’est créé en urgence, en mars 2020. Depuis, nous nous battons nuit et jour pour agir contre ces délits impunis qui ne cessent de prendre de l’ampleur et contre ces comptes fisha qui ne cessent de se multiplier. Les membres du collectif mènent deux types d’actions :

  • Traque, dénonciation des comptes fishaet veille sur les réseaux sociaux ;
  • Soutien aux victimes trop souvent seules et isolées face aux cyber-violences qu’elles subissent. 

Mais qui sommes-nous ? Nous avons entre 16 et 50 ans. Et nous sommes épuisé·e·s. Nous sommes étudiant·e·s ou salarié·e·s et en peu de temps, nous sommes devenu·e·s la nouvelle brigade numérique, qui remplace celle censée nous protéger. En deux mois, le collectif est parvenu à fédérer plus de 12.000 membres actif·ve·s prêt·e·s à nous aider. L'existence de notre combat est la preuve d’un système défaillant.

Le cybersexisme mis à l'abandon

Le confinement a accéléré la digitalisation de notre quotidien : la société se numérise à une vitesse éclair, les cybercrimes et le cybersexisme aussi. Triste est de constater qu’il n’y a à ce jour aucun moyen mis en place pour nous en protéger, tant dans la sphère digitale que physique.  

PHAROS, la plateforme de signalement de contenus dangereux sur internet, compte une centaine de policiers·ères et gendarmes pour lutter contre la cybercriminalité. Parmi ces agent·e·s, seule une vingtaine traite les affaires de cyberviolences. Depuis le début du confinement, le site reçoit 45 000 signalements par mois, 1500 par jour, plus d’un par minute! C’est sans compter les signalements de comptes Snapchatque Pharos refuse de comptabiliser depuis plusieurs semaines. Y aurait-il un “bug” ? Du côté des réseaux sociaux, Instagram ne prend que peu de signalements en compte : “En raison [du] COVID-19, […] nous ne pouvons examiner que les contenus qui présentent le plus grand risque de préjudice”. Quant à Snapchat, les signalements sont toujours trop vagues : la pédopornographie n’est catégorisée que de  “malveillante”. Pourtant, c’est un délit, puni de 7 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende.  

Notre seul allié institutionnel est Net Ecoute (e-Enfance) qui a constaté une explosion de 60% des comptes fisha depuis mars et des appels qui ont bondi à plus de 350 par semaine, soit 50 par jour.Le tout, géré par 6 personnes.

Si les réseaux sociaux ne prennent pas en compte nos signalements, la police non plus. L’état d’urgence sanitaire a servi de justification aux refus - déjà trop nombreux - de dépôts de plaintes. « Il y a des priorités ». Nous sommes en état d’urgence sanitaire, « les plaintes ne peuvent plus être prises ».  

La situation, en plus d’être pathétique, est dangereuse. 

Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations a proposé, afin de pallier l’inaction des réseaux sociaux, de créer une chaîne Snapchat ayant pour vocation de sensibiliser au revenge-pornNous souhaitons aller plus loin et que ces chaînes soient créées sur tous les réseaux sociaux. 

Du côté de la Belgique, le pays s’est saisi du problème des fishas en avril 2020 en votant une loi contre le revenge-porn. La France, a récemment voté la loi AVIA dite de « lutte contre les contenus haineux sur Internet », en plus d’être insuffisante, elle a été partiellement censurée par le Conseil Constitutionnel

Nous pointons du doigts son inefficacité : Pharos était censée collaborer avec les réseaux sociaux, à qui toute la responsabilité a été reléguée. Cependant, le sous-effectif de Pharos, pourtant au coeur de la loi, n’a pas été évoqué. Comment pouvait-elle être appliquée ? 

Face à la faiblesse de l’arsenal juridique actuel, nous tirons la sonnette d’alarme : Nous demandons des mesures concrètes, fortes, urgentes.  

Agir, maintenant.  

Notre collectif s’est créé suite à un constat, une urgence : nous n’avions plus le temps d’attendre que les choses se passent, il a fallu agir. Nous alertons de nouveau face à la passivité et le manque d'intérêt des pouvoirs publics : il faut agir.  

Lutter contre le (cyber)sexisme, c’est empouvoirer la protection numérique, l’éducation à l’égalité de genre, et la justice. 

Lutter contre le cybersexisme, c’est s’attaquer à la sensibilisation dans les milieux scolaires et professionnels. C’est donner des cours de responsabilisation et de protection numérique. C’est former les forces de l’ordre à ces nouvelles violences, et augmenter l’effectif et les moyens d’action des plateformes concernées. C’est prendre en charge différemment les victimes d’infractions d’un nouveau genre.  

Lutter contre le cybersexisme, c’est créer les outils nécessaire au système judiciaire pour reprendre le dessus sur les schémas de dominations sociétaux, tant dans la rue que sur la toile.  

Parce que les corps des femmes et des filles ne doivent pas être source d’exploitation et de divertissement à leur insu, parce que les diffuseurs n’ont pas à jouir de leurs actes sous prétexte que c’est la victime qui en serait coupable, parce qu’une photo ne doit pas prendre une vie, la honte doit changer de camp et justice doit être faite.

*Revenge porn : ou encore “vengeance pornographique” est la diffusion de contenus intimes d'une personne sans son consentement dans le but de se “venger” et l’humilier.

*Slut-shaming : rabaisser ou humilier une femme en la ramenant à la figure de la "salope".

Signataires :

Famille de Élyse Emo : Cindy Emo, Arnaud Deschamps, Sandrine Emo. 
Collectif StopFisha: Shanley Clemot McLaren, Hajar Outaik, Hana Outaik, Zakarya Ait Ouaid, Iman El Hakour, Maeva Janvier, Davy Beauvois, Sara Pellegrin, Léa Reynaud, Chloé Bourne, Mickael Ferreira, Mhawa Grandiere, Laura Pereira Diogo, Sabrina Haouari. 
Association En avant toute(s)
HumansForWomen, association féministe intersectionnelle 
Association HandsAway, application contre le harcèlement sexuel de rue
Collectif des collages féministes de Tours
Collectif des collages féministes de Poitiers
Collectif féministe lycéenne et enragées, du lycée Dumont d'Urville de Toulon
Association Volar (Poitiers)
AssociationChafia, contre les violences faites aux femmes
P8 Féministe dtr, collectif féministe de l’université Paris 8 
Equipe de "Maintenant Assume"(@mtn_assume)
Anna Toumazoff alias @memespourcoolkidsfeministes, militante féministe
Elvire Duvelle-Charles alias @clitrevolution, militante féministe
Sarah Constantin, activiste féministe, co-créatrice de Clit Revolution
Illana Weizman, militante féministe et membre du collectif #MonPostPartum
Selma Anton, activiste féministe et créatrice du compte @ca_va_saigner
Fatima Benomar, féministe, dessinatrice, cofondatrice des@effrontees
Marie Laguerre, étudiante et militante féministe 
Masha Sexplique, militante féministe et blogueuse sexo
Camille Aumont Carnel, militante @jemenbatsleclito - @jedisnonchef
Ginevra Bersani, militante féministe et co-Présidente @Politiqu’elles Paris
Sophia Antoine, activiste, cyberactiviste, militante féministe
Noémie de Lattre, activiste féministe 
Marie-Elise Vidal, activiste féministe
Luce Villemin, activiste féministe
Judith, alias @tapotepute 
Laura Jovignot, militante #NousToutes et fondatrice du collectif #PasTaPotiche
Rebecca Amsellem, Les Glorieuses
Rokhaya Diallo, journaliste, militante antiraciste et féministe
Fiona Schmidt, journaliste et autrice 
Sofia Fischer, journaliste
Paloma Clément-Picos,journaliste
Arnold Nguenti, journaliste, collectif @echobanlieues
Chahinaz Berrandou, étudiante, collectif @plumebanlieue
Baptiste Beaulieu, romancier
Vincent Lahouze, travailleur social, romancier
Yseult, chanteuse 
Inas Chanti, actrice
Marion Seclin, actrice
Tay Calenda, photographe professionnelle 
Rachid Sguini (Rakidd), auteur et illustrateur 
Bouchera Azzouz, réalisatrice et présidente Féminisme Populaire
Laura Berlingo, gynéco-obstétricienne
Olga Pérez, professeure d'espagnol et référente égalité filles/garçons au lycée Dumont d'urville de Toulon
Marion Castellani, professeure de Mathématiques au lycée Dumont d’Urville, Toulon
Camilya Othmani, consultante en stratégie de communication
Rachel-Flore Pardo, avocate
Joachim Scavello, avocat
Ines Seddiki, fondatrice et présidente de GHETT'UP
Ouarda Sadoudi, présidente Home et cofondatrice Féminisme Populaire 
Élu.e.s Conseil National de Vie Lycéenne : Yannis Perrier-Gustin, Alcyone Bernard, Emanuela Periers, Nina Sevilla, Amélie Four, Maxime Rodrigues, Clairanne Dufour
Élu.e.s Conseil Supérieur de l’Education: Teddy Wattebled, Zoé Perochon-De Jametel, Camille Galvaire
Union Nationale Lycéenne, syndicat lycéen
Lyes Louffok, Membre du Conseil National de la Protection de l'enfance
Laurence Rossignol, Sénatrice PS de l'Oise
Esther Benbassa, sénatrice EELV
Sophie Taillé-Polian, Sénatrice Génération-s du Val de Marne 
Michelle Meunier, Sénatrice PS de la Loire-Atlantique
Laurence Cohen, Sénatrice PCF du Val-de-Marne. 
Danièle Obono,députée LFI de Paris
Mathilde Panot, députée LFI du Val-de-Marne 
Leïla Chaibi, députée européenne France Insoumise
Caroline Fiat,député LFI de Meurthe-et-Moselle
Marie Toussaint, eurodéputée EELV
Danielle Simmonet, conseillère de Paris
Clémentine Autain, Députée LFI
Manon Aubry, Députée Européenne LFI
Anne Vignot, conseillère municipale de Besançon 
Léonore Moncond’huy, militante écologiste, candidate à la mairie de Poitiers 
Laura Slimani, conseillère municipale de Rouen et membre du collectif national Génération-s
Collectif national de Génération-s: Jimmy Behague, Joséphine Delpeyrat, Corinne Acheriaux, Sorayah Mechtouch, Sandrine Lelandais, AlexisDebuisson, Alice Brauns, William Leday, Michel Bock, Margot L’Hermite, Nicolas Braemer, Marie Luchi, Isabelle Couradin, Zerrin Battaray, Anne Joubert, Eric Mauger, Bruno Gavarri
Alice Bosler, coordinatrice des Jeunes Génération-s
Roberto Romero, conseiller régional d'île de France Génération-s
Claire Monod, coordinatrice Nationale de Génération-s 
Manon Aubry, Députée Européenne LFI
Youth For Climate Paris
Quidam, Association d'éducation populaire
NPA Nanterre

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Au revoir les enfants... Un jour, un souvenir... (Suite)

28 Juin 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Au revoir les enfants... Un jour, un souvenir... (Suite)

Ma carrière prendra fin vendredi 3 juillet.

Chaque jour je publierai ici un texte de souvenirs, choisi très arbitrairement.

Beaucoup ont été écrits pour le site de Philippe Meirieu qui a eu la gentillesse de m' "accueillir" depuis 2006! Je l'en remercie chaleureusement!

Christophe Chartreux

                             __________________________________

18 novembre 2007

Croisements

La salle des professeurs, c’est souvent un hall de gare, une salle des pas perdus. On y est en transit, on attend le cours suivant, on récupère si besoin est de la séance précédente. Les conversations y sont brèves, entrecoupées par l’arrivée des uns, le départ des autres. Un mouvement lent, rythmé par les sonneries. Et toutes les activités enseignantes s’y croisent. Les uns corrigent, les autres revoient une préparation, photocopient. D’autres encore jettent un œil distrait ou attentif au panneau syndical. Certains, une tasse de café à la main, évoquent Marion qui s’est encore faite prendre à fumer aux toilettes ; on l’a pourtant souvent punie… Alexis qui n’a jamais ses affaires ; il est en troisième quand même ! Que va-t-il devenir ? La quatrième 1, la « bonne classe », celle qui avance, qui tourne… Ils n’auront pas de problèmes ceux-là… En principe. Et les heures passent, tournent elles-aussi… Tiens, Pierre ! Comment vas-tu ? Tu étais absent ces jours-ci. Une sciatique qui l’a cloué au lit pendant trois jours… On s’enquiert de sa santé et on passe à autre chose. Les deux ordinateurs tournent à plein régime, l’un permettant d’enregistrer les dernières notes de contrôles, l’autre de consulter des sites Internet. Ceux du Monde, de Libé tiennent la corde. Vous avez vu, les grêves continuent… Oui on a vu, mais la province normande est moins affectée. Nous, les bouchons, les files d’attentes sur des quais de gares, on ne connaît pas. La France est bloquée, les usagers « pris en otages »… Les médias ont l’étrange manie de croire que Paris, c’est le pays.  Dehors il doit faire moins deux ou moins trois… Je vais quand même m’en griller une avec un jeune collègue. Il travaillait à EDF en centrale nucléaire. Il a voulu changer, a eu le courage de préparer le CAPES de lettres, le talent de l’obtenir. Je les admire. Et m’enrichis à leur contact. Leur vision est différente, nouvelle. Tu as cours à quelle heure ? Là, tout de suite…Moi aussi, allez je t’accompagne…

On se croise… On s’accompagne aussi, souvent, en passant devant la grande table jonchée de brochures, de documents divers, objets immobiles, parfois inutiles au milieu du mouvement régulier des professeurs du collège... Mes collègues...

Christophe Chartreux

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Fabienne Thibeault (et Mouloudji)...

27 Juin 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Andrée Chedid...

27 Juin 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Après

tanières d'ombres

Quand le jour n'offre que tanières d'ombres je m'abrite encore sous le sommeil et ses rameaux veinés de sèves

Je fais halte

J'étreins l'image féconde

Je me charpente pour le retour

Plus souvent au matin
J'accède à marée basse à la plate-forme de vie

Mes univers se rassemblent.

Réparé reconstruit
Je me replante

Je touche des parois
Je me lie aux visages
Je baise le sol reconnu

Exister m'est propice!

                      _____________________________________

Jeunesse

Tu chantes!

Pour un temps s'apaise

L'univers en tornade

que tu portes dans tes flancs

Tu danses!

Ton corps brûle ses frontières
T'emporte hors de ton corps

Tu cries!

Ta fureur attise l'âme des univers éteints

Tous les appels du monde te traversent jeunesse!

Tu enfantes le feu.
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Epreuve de la beauté
 
En ces aubes où fermente la nuit

De quel élan

gravir?

De quel œil contempler

villes visages siècles douleurs espérance?

De quelles mains creuser un sol toujours fécond?

De quelle tendresse chérir vie et terre
Abolir la distance
Cicatriser l'entaille?

A quelle lumière découvrir la beauté des choses
Obstinément intacte sous le squame des malheurs?
 
Andrée Chedid
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Au revoir les enfants... Un jour... Un souvenir...

27 Juin 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Au revoir les enfants... Un jour... Un souvenir...

Ma carrière prendra fin vendredi 3 juillet.

Chaque jour je publierai ici un texte de souvenirs, choisi très arbitrairement.

Beaucoup ont été écrits pour le site de Philippe Meirieu qui a eu la gentillesse de m' "accueillir" depuis 2006! Je l'en remercie chaleureusement!

Christophe Chartreux

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16 septembre 2006

La machine à café et le tic de Pierre…

Lorsqu’il fait beau en Normandie, c’est qu’il a plu ou qu’il va pleuvoir… Le temps est franchement mauvais, je sais que les élèves seront différents. Parqués sous le préau, à l’abri du déluge ou du crachin qui vous transperce, il s’énervent, se bousculent, s’insultent parfois. Et les débuts de séance sont tendus… De l’influence de la météo sur les cours de français en somme…

Quant à nous, les « profs », la machine a café nous sert de point d’ ancrage, en attendant l'heure. Très importante la machine à café ! Un haut-lieu stratégique où les confidences vont bon train, où les amitiés se nouent et se dénouent, où certains, à voix basse, complotent on ne sait quel « mauvais coup », où l’on commente la dernière perle d’un élève, où la pédagogie à très peu sa place. Et le temps s’écoule, rythmé par les sonneries successives.

« Oh non déjà ! ». « Bon, allez, on y va… On se voit à la cantine ? »… Plus rarement, il faut bien l’avouer : « Ah enfin ! ». C’est humain.

La cantine… Un endroit essentiel également de la vie d’un collège. On y est ensemble, réuni en « famille ». Et là, souvent, tout y passe ! Les élèves, la famille, la principale, l’émission télé de la veille, les petites médisances, les émerveillements, la politique. Cette année est électorale et le sanctuaire scolaire n’est pas fermé au message des candidats : l’autorité, la carte scolaire, les incivilités, la formation des enseignants… On refait le monde en mangeant. Une de mes collègues, très à droite - vraiment très, très à droite ! - ne met plus le bout de son tailleur parmi nous entre midi et treize heures. Elle s’est mise à l’écart, d’elle même… J’ai toujours trouvé ces quarantaines, volontaires ou imposées , très excessives. Lorsque les esprits s’ échauffent, j’attends la sonnerie avec impatience… Je redécouvre des sixièmes. Je n’en avais plus depuis trois ou quatre ans.

Après les présentations d’usage (très rapides avec moi car je me refuse à demander des fiches individuelles ; j’apprendrai à les connaître sans ce moyen), l’explication du plan de la 1ère séquence : Lectures de fables ; types de textes (narratifs, descriptifs, argumentatifs) ; écriture de fables "à la manière de" ; lectures de fables à voix haute et récitations ; travail sur la ponctuation ; classe de mots et typologie des verbes ; types et formes de phrases, après tout cela donc, et en évitant soigneusement tout jargon que certains nous accusent d’ utiliser en 6ème, je termine ma séance en leur lisant à voix haute le chapitre 1 de Vendredi ou la vie sauvage de Tournier. Ce titre n’est pas au programme mais j’ai pris l’habitude, sans doute en lisant Pennac, de lire le plus souvent possible et à haute voix, des extraits d’œuvres parfois difficiles mais là n’est pas, à mes yeux et à leurs oreilles, l’important. Ma réussite est totale lorsque quelques jours plus tard, ayant fait exprès de ne plus lire, des mains se lèvent pour me demander :

« Monsieur, vous nous lisez un extrait ? » Je sais alors que j’ai gagné quelque chose, qu’ils ont gagné quelque chose… Dans quelques jours, ce sera à l’un d’entre eux de lire un passage qu’il aura choisi, comme ça, pour le plaisir de partager un moment de lecture. Et sans les noter.

Ça sonne !

«Monsieur, j’ai quelque chose à vous dire… »

Je me retourne. Je dois baisser la tête pour voir, là, près de mon bureau, juste avant la récréation de dix heures, un petit bonhomme blond, à lunettes lui dévorant le visage d’ une pâleur extrême.

« Oui, Pierre, je t’ écoute. Tu veux me parler seul ou devant tes camarades ?
- Seul Monsieur . »

En une fraction de secondes me reviennent en mémoire ces si nombreux élèves venus se confier à moi. J’ai eu droit à tout ! L’enfant frappé par ses parents, l’envie de suicide d’une gamine de treize ans, le désir de fugue d’ une autre et qui est passée à l’acte, l’aveu du premier rapport non protégé… « Qu’est ce que je dois faire Monsieur ? »… Et nous sommes démunis, peu ou pas préparés à ces drames, aux attitudes à adopter, aux réponses à donner. Dans ces cas là, il ne faut rien dire aux parents, rien à personne. « Vous promettez Monsieur ! ». Et nous mentons parfois! Car notre devoir nous oblige à signaler ces cas extrêmes. « Je crois que je suis anorexique Monsieur ! ». Tout, j’ai tout entendu ! Je ne suis pas le seul.

« Voilà Monsieur, j’ai un tic. » Ah, ça c’est nouveau. « Je me mets à trembler et dans ces moments là, il faut dire mon prénom à haute voix et tout s’arrête. J’étais comme ça déjà l’an dernier au CM2 et même avant .
- D’accord Pierre. J’y ferai attention. Mais dis moi, tu es soigné ? Tu vois un médecin ou un spécialiste ?
- Non, parce qu’on m’a dit que ça servait à rien.
- Tu as prévenu ton professeur principal ?
- Oui, oui je préviens tous les professeurs.»

Je lui souris… « Allez, sauve toi en récréation ». Immédiatement, par réflexe, je cherche fébrilement parmi les feuilles d’un court exercice que les 6èmes viennent de me rendre. Celle de Pierre est, comment dire…lisible mais incompréhensible au premier coup d’ oeil. Les mots sont coupés en leur milieu ou attachés anarchiquement les uns aux autres ! La ponctuation est inexistante. Pourtant, en reconstruisant, les réponses sont justes, parfaitement justes !

Pierre… Notre métier se situe là.... Toute sa difficulté aussi. En descendant l’escalier, je croise la Principale, une femme à trois mois de la retraite et avec laquelle on peut discuter, débattre même. Elle a son caractère, parfois « ses têtes », mais j’ai connu bien pire !

« Vous êtes au courant du problème de Pierre en sixième ? Il a un tic dont il vient de me parler
- Ah non, du tout ! »

Je l’informe, me dirige vers le hall et sors fumer ma cigarette. Oui je sais, mauvais exemple, mauvaise habitude… Mais on ne me voit pas…

Il pleut toujours et le ciel est plombé…

Je remonte mon col.

Christophe Chartreux

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Et maintenant les "badges"... Sans commentaire... (Vidéo)

27 Juin 2020 , Rédigé par Youtube Publié dans #Education

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Najat Vallaud-Belkacem, professeure affiliée à l'Université Mohammed VI Polytechnique de Marrakech...

27 Juin 2020 , Rédigé par Jeune Afrique Publié dans #Education

Najat Vallaud-Belkacem, professeure affiliée à l'Université Mohammed VI Polytechnique de Marrakech...

Ancienne élève et enseignante de Sciences Po Paris, l’ex-ministre PS sous François Hollande et directrice France de l’ONG ONE est désormais professeur affiliée à l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguerir, près de Marrakech.

Ce 16 juin, l’Africa Business School de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) annonçait l’organisation d’un webinar en collaboration avec le cabinet McKinsey & Company sur le thème : « Diversité et inclusion dans le contexte de la crise du Covid-19 ». Parmi les trois invités, l’ancienne ministre française de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem, d’origine marocaine, que Jeune Afrique a récemment interviewée dans le cadre de ses nouvelles fonctions de directrice France de l’ONG ONE.

Dans un post de l’Université sur Linkedin, Vallaud-Belkacem est aussi présentée comme « professeure affiliée de l’UM6P ». Une source à l’Université de Benguerir (dans la région de Marrakech) confirme que l’ancienne ministre socialiste compte bien parmi les nouvelles recrues de l’institution qui compte assurer une rentrée en présentiel en septembre.

Ouverte en 2013 et inaugurée en 2017 après une période de rodage, l’UM6P est adossée à une fondation liée au groupe OCP, le géant du phosphate marocain. L’Africa Business School symbolise, elle, la volonté de la direction de l’université de s’imposer comme une institution reconnue à travers le continent. Lors d’une visite de Jeune Afrique à l’Université en mars 2019, Hicham El Habti, son secrétaire général, expliquait vouloir « fonder l’agenda de recherche sur les défis posés au continent » et ouvrir, par exemple, au plus vite un centre d’études sur la fertilité des sols africains.

Une nomination logique

Najat Vallaud-Belkacem, diplômée de Sciences Po Paris, a a priori peu à voir avec l’univers de l’engrais et des types de sol. « Elle interviendra sur plusieurs sujets en relation avec les filières proposées », nous explique sobrement un membre des équipes. L’ancienne ministre ne découvrira pas l’enseignement : elle a déjà assuré des cours auprès des étudiants du master en affaires publiques de Sciences Po Paris.

Sa nomination fait donc sens. « Nous ne comptons pas négliger les sciences humaines », nous déclarait Hicham El Habti en 2019. En 2014, l’École de gouvernance et d’économie (EGE) à Rabat était rattachée à l’UM6P et a depuis déménagé vers Benguerir, où elle propose un cursus de gouvernance, sciences économiques et sociales.

"En enrichissant son corps enseignant et son offre pédagogique, l’Université veut notamment attirer les Marocains de la diaspora"

Jules Crétois

Et pour couper court définitivement aux rumeurs et fake news annonçant le "départ définitif" de Najat Vallaud-Belkacem pour le Maroc:

"merci Purepeople de m’apprendre tant de choses sur moi même. Alors non en fait, je vis bien en France et suis bien directrice France de l’ONG One. A côté de mes fonctions, j’interviens également dans des universités sur l’#EgaliteFemmesHommes . De rien."

Najat Vallaud-Belkacem

https://twitter.com/najatvb/status/1276770007821795328

C Chartreux

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