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Vivement l'Ecole!

Norah Jones...

23 Mai 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Gustave Flaubert...

23 Mai 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Cependant elle n’était plus aussi pâle, et son visage avait une expression de sérénité, comme si le sacrement l’eût guérie.

Le prêtre ne manqua point d’en faire l’observation ; il expliqua, même à Bovary que le Seigneur, quelquefois, prolongeait l’existence des personnes lorsqu’il le jugeait convenable pour leur salut ; et Charles se rappela un jour où, ainsi près de mourir, elle avait reçu la communion.

— Il ne fallait peut-être pas se désespérer, pensa-t-il.

En effet, elle regarda tout autour d’elle, lentement, comme quelqu’un qui se réveille d’un songe ; puis, d’une voix distincte, elle demanda son miroir, et elle resta penchée dessus quelque temps, jusqu’au moment où de grosses larmes lui découlèrent des yeux. Alors elle se renversa la tête en poussant un soupir et retomba sur l’oreiller.

Sa poitrine aussitôt se mit à haleter rapidement. La langue tout entière lui sortit hors de la bouche ; ses yeux, en roulant, pâlissaient comme deux globes de lampe qui s’éteignent, à la croire déjà morte, sans l’effrayante accélération de ses côtes, secouées par un souffle furieux, comme si l’âme eût fait des bonds pour se détacher. Félicité s’agenouilla devant le crucifix, et le pharmacien lui-même fléchit un peu les jarrets, tandis que M. Canivet regardait vaguement sur la place. Bournisien s’était remis en prière, la figure inclinée contre le bord de la couche, avec sa longue soutane noire qui traînait derrière lui dans l’appartement. Charles était de l’autre côté, à genoux, les bras étendus vers Emma. Il avait pris ses mains et il les serrait, tressaillant à chaque battement de son cœur, comme au contrecoup d’une ruine qui tombe. À mesure que le râle devenait plus fort, l’ecclésiastique précipitait ses oraisons ; elles se mêlaient aux sanglots étouffés de Bovary, et quelquefois tout semblait disparaître dans le sourd murmure des syllabes latines, qui tintaient comme un glas de cloche.

Tout à coup, on entendit sur le trottoir un bruit de gros sabots, avec le frôlement d’un bâton ; et une voix s’éleva, une voix rauque, qui chantait :

Souvent la chaleur d’un beau jour
Fait rêver fillette à l’amour.

Emma se releva comme un cadavre que l’on galvanise, les cheveux dénoués, la prunelle fixe, béante.

Pour amasser diligemment
Les épis que la faux moissonne,
Ma Nanette va s’inclinant
Vers le sillon qui nous les donne.

— L’Aveugle s’écria-t-elle.

Et Emma se mit à rire, d’un rire atroce, frénétique, désespéré, croyant voir la face hideuse du misérable, qui se dressait dans les ténèbres éternelles comme un épouvantement.

Il souffla bien fort ce jour-là,
Et le jupon court s’envola !

Une convulsion la rabattit sur le matelas. Tous s’approchèrent. Elle n’existait plus.

Flaubert - Madame Bovary - Extrait de la troisième partie, chapitre VIII

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"Nos Lendemains" - Un blog participatif, un espace neuf pour nourrir d'idées le paysage politique...

23 Mai 2020 , Rédigé par Nos Lendemains

"Nos Lendemains" - Un blog participatif, un espace neuf pour nourrir d'idées le paysage politique...

Le blog Nos lendemains.

Un de plus, direz vous ? Non.

Un espace différent, ouvert, pluraliste, parce  que  nous ne voulons pas nous laisser voler le jour d’après qui ne peut pas et ne doit pas être le jour d’avant.

Alors, qui que vous soyez, quelle que soit votre profession, votre sensibilité politique, votre parcours, vous êtes les bienvenus pour nous lire, nous écrire, relayer, rédiger, proposer, débattre avec une seule exigence : le respect de la dignité de chaque personne.

L’objectif est simple : nous emparer massivement de tous les sujets, proposer, amender et construire un véritable manifeste citoyen qui influencera les décisions politiques et économiques à venir.
Nos lendemains sont dans nos mains. À nous de jouer.

Participez vous aussi à noslendemains.fr !

Ce blog vous est ouvert à toutes et tous. Vos textes, contributions, commentaires et relais sont les bienvenus pour nous emparer ensemble de ce fameux jour d’après. Malveillants s’abstenir.
En avant !

Pour nous écrire, rien de plus simple, c’est par ici.

Un compte twitter à suivre: @NosLendemains

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Oui ou non, les profs français gagnent-ils moins qu’ailleurs ?

23 Mai 2020 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Oui ou non, les profs français gagnent-ils moins qu’ailleurs ?

EXTRAIT

Surprise, à la lecture de certains articles qui ont suivi la parution annuelle des « Regards sur l’éducation » de l’OCDE. Alors même qu’il était enfin entré dans les esprits d’à peu près tous que les profs français gagnent moins que leurs collègues étrangers, voici que plusieurs médias affirment le contraire ! « La moyenne des salaires des enseignants est plus élevée qu’ailleurs » (Les Echos), « Non, les enseignants français ne sont pas « bien moins bien payés que dans la moyenne des pays de l’OCDE » (le JDD), « Surprise, les profs français gagnent plus que leurs homologues de l’OCDE » (Capital).

En face, la majorité des médias explique exactement l’inverse, y compris ceux traditionnellement peu tendres avec les profs : « Les profs français sous-payés par rapport à la moyenne de l’OCDE » (Le Point), « Salaire des profs, la France sous la moyenne de l’OCDE » (Le Figaro), « En France, les enseignants victimes d’un "véritable déclassement salarial" » (France 24)…

Comment expliquer cette différence d’interprétation ? Et au final, les profs français gagnent-ils plus, ou moins que leurs homologues ?

Salaire statutaire et salaire effectif

La cause de cet écart d’interprétation est simple : tout dépend de ce qu’on considère. Dans son rapport, l’OCDE compare d’une part le salaire statutaire (les grilles salariales), d’autre part le salaire effectif, incluant primes et indemnités diverses. Le salaire statutaire des profs français est nettement inférieur à la moyenne de l’OCDE : ainsi un prof français gagne en élémentaire 30 872 $ en début de carrière contre 33 058 $ en moyenne dans l’OCDE, un prof de collège 32 492 $ contre 34 230 $ et un prof de lycée 32 492 $ contre 35 859 $. Après 15 ans de service, l’écart augmente pour les profs d’élémentaire (37 700 $ contre 45 947 $ en moyenne dans l’OCDE), au collège (39 320 $ contre 47 675 $) et au lycée (39 320 $ contre 49 804 $). A ce stade de carrière, le salaire d’un prof français est inférieur de 22% à celui pratiqué dans l’OCDE. Il faut atteindre l’échelon maximum en fin de carrière pour voir l’écart se réduire. Mais il faut insister sur un point : une minorité d’enseignants atteint ce dernier échelon.

Si on compare le salaire effectif, alors les profs français se replacent sensiblement par rapport à leurs homologues : un prof d’élémentaire reste en dessous de la moyenne OCDE (39 426 $ en France contre 40 580 $), mais les profs de collège et de lycée se situent un peu au-dessus : 45 375 $ au collège contre 42 553 $ et 51 007 $ au lycée contre 45 803 $ ailleurs.

C’est cette façon de comparer les salaires qui explique les titres des Echos, du JDD, de Capital (qui ne reprend d’ailleurs que le contenu des Echos). Sans être erronée, elle pêche par omission et approximation et ne rend pas compte de la réalité.

(...)

Lucien Marbeuf

A suivre en cliquant sur le lien de bas de page

Salaire = primes + pension + sécu + retraite… ??

Comparer avec un prof slovène, vraiment ?

Évolution des salaires : les profs français parmi les plus lésés

Conditions de travail : les profs français enseignent davantage, dans des classes plus chargées

Le mal est fait…

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« Cinq à six mois sans école, c’est une catastrophe annoncée »

23 Mai 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

« Cinq à six mois sans école, c’est une catastrophe annoncée »

EXTRAITS

Jean-Paul Delahaye, inspecteur général honoraire de l’éducation nationale, auteur d’un rapport sur l’école et la grande pauvreté qui a fait date en 2015, défend la réouverture des établissements scolaires y compris en zone rouge.

Selon Jean-Paul Delahaye, inspecteur général honoraire de l’éducation nationale et ancien conseiller de Vincent Peillon au ministère de l’éducation, la crise sanitaire accélère le décrochage des enfants de milieux populaires.

Depuis la mi-mai, les écoles rouvrent dans tous les départements, même si ce n’est que pour une minorité d’enfants. Ce n’est pas le cas des collèges, qui restent fermés en zone rouge. Faut-il, comme le demandent certains élus, passer à la vitesse supérieure ?

Oui, en particulier dans les quartiers difficiles, et sans perdre de vue les précautions sanitaires, il me semble urgent de rappeler les adolescents dans les établissements. Arrêtons de nous bercer d’illusions : le retour en classe ne se fera pas à l’identique. Attendre septembre n’y changera rien. Je ne défends pas une « rescolarisation » en tant que telle : cela n’aurait aucun sens de reconvoquer toute une classe pour « boucler » les programmes…

Non, ce qui est prioritaire, c’est de resserrer le lien qui s’est distendu. Si l’on ne fait rien pour une reprise de contacts rapide entre les jeunes et l’institution scolaire, on multiplie le risque de les voir perdre pied à la rentrée. Cinq ou six mois sans école, c’est une catastrophe annoncée.

(...)

« Enfants de milieux populaires = enfants décrocheurs »… Est-ce qu’on ne force pas un peu le trait ?

Dans toutes les familles, des enfants privés depuis deux mois de transmission des enseignements dans un cadre interactif, mais surtout sans lien social, perdent intérêt, énergie, motivation… Il n’empêche : on sait que le confinement a placé la jeunesse dans une situation terriblement inégalitaire, parce que l’équipement numérique n’est pas le même d’un foyer à un autre, parce que l’encadrement familial diffère. Quand possibilité d’encadrement il y a.

Un enfant sur cinq vit dans une famille en situation de pauvreté, dont la moitié en grande pauvreté. Et ces estimations cachent de profondes disparités : dans certains quartiers populaires, dans certains territoires ruraux, ce sont 30 %, 40 % d’enfants qui connaissent des conditions de vie très difficiles. Sans compter les milliers de familles hébergées en hôtel social. Nous sommes le pays où l’origine sociale pèse le plus sur les destinées scolaires. Comment imaginer que, pour ces enfants, la fermeture des établissements n’est pas une double peine ?

(...)

Mais les chefs d’établissement disent que, là où les cours ont repris, ce sont ces jeunes en difficultés qu’ils ne voient pas revenir, et leurs familles qui sont les plus hésitantes…

L’inquiétude face à la maladie traverse toute la société. Pourquoi en serait-il autrement des familles populaires ? Le concept du « volontariat » a complexifié la donne, un peu comme si on déléguait aux parents d’élèves la responsabilité de la prise de risques. C’est au contraire à l’institution de faire le premier pas, et c’est ce qu’elle fait déjà en maints endroits en contactant ces parents, en leur donnant des garanties, en leur expliquant que le retour en cours n’est pas massif mais peut bénéficier, en premier lieu, à leurs enfants. Pourquoi ne pas ouvrir les établissements aux familles, ou à leurs représentants, qu’ils viennent constater par eux-mêmes les conditions de la reprise (« Les enfants seront assis là, les enseignants là ») et repartent, rassurés, en parler aux autres parents dans les quartiers ? Il faut aussi discuter avec eux du « fond », leur expliquer ce qui peut être fait sur ces temps d’accueil.

(...)

Mattea Bataglia

L'entretien complet est à lire en cliquant ci-dessous

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L'impossible reprise sereine de l'école...

23 Mai 2020 , Rédigé par Slate Publié dans #Education

L'impossible reprise sereine de l'école...

EXTRAITS

Avec les mesures sanitaires, le retour en classe est-il vraiment possible?

Depuis l'annonce de la réouverture des écoles, nombre d'enseignant·es et des personnalités du monde de l'éducation comme le professeur émérite Philippe Meirieu ont dénoncé les consignes imposées et affirmé qu'avec les protocoles sanitaires «il n'y avait plus d'école possible»... Un refrain repris en chœur sur les réseaux sociaux, particulièrement après la publication de photos d'enfants en récréation postées sur les réseaux sociaux par un journaliste de BFMTV, source d'une énième polémique.

Ces prises de positions très partagées ont cependant un point commun avec les prises de parole du ministre Blanquer: la mise en avant de l'intérêt de l'enfant, la lutte contre les inégalités ou la difficulté de suivre l'école à la maison. Une impossibilité à se mettre d'accord qui aboutit à des dissensions publiques qui finissent par couvrir les (bonnes) intentions: faire que l'école remplisse au mieux son rôle malgré les conditions difficiles.

(...)

Dans ce contexte nébuleux le ministre Jean-Michel Blanquer a beaucoup pris la parole mais semble avoir peu écouté et sous-estimé la peur des personnels enseignants. Fait marquant, le premier Français mort après avoir été infecté par le coronavirus, était enseignant d'un collège, à Crépy-en-Valois (Oise). Dans cet établissement, 43% des enseignant·es et 59% du personnel administratif auront été infectés. Beaucoup d'enseignant·es ont craint de se mettre en danger. Et, même si beaucoup de professions non médicales sont exposées, il paraît très exagéré pour les profs de se comparer aux médecins et d'invoquer un risque mortel quoique dans l'organisation du retour à l'école, les situations pratiques d'enseignement n'ont pas été appréhendées.

Couacs à répétition

La difficulté de l'exercice a été sous-estimée au profit d'une injonction à aller de l'avant. Comment faire cours toute la journée avec un masque qui étouffe sa voix, comment consoler un enfant en détresse avec les gestes barrière, que faire si les élèves manquent de discipline et se touchent quand même? Comment, avec tout le travail supplémentaire lié à l'application des nouvelles normes, les directeurs et directrices d'école peuvent-elle avoir le temps de refaire le marquage au sol à la craie tous les matins? Ces questions –les questions du quotidien–, c'est au terrain de les régler. Souvent livrés à eux-mêmes, nombre de profs se sont émus de la situation et la colère s'est accrue.

Difficile d'avoir une image apaisée de l'école pour des familles qui entendent que le ministre ferait une question d'honneur de la réouverture des écoles (quel honneur? le sien? le notre? on ne sait pas...) et voient le mécontentement de nombre d'enseignant·es sur les réseaux sociaux.

D'autant que pour la profession les couacs se multiplient, comme la bourde de Sibeth Ndiaye sur les enseignant·es en vacances et donc prêt·es pour la cueillette des fraises ou les prises de parole du ministre de l'Éducation autour du retour à l'école présenté comme essentiel, qui semblent faire fi de l'énorme investissement qu'a constitué l'organisation des cours à distance. Étonnant, d'ailleurs, car le ministre avait pourtant mis beaucoup d'énergie à diffuser son concept de «Nation apprenante» pour porter la continuité pédagogique qui se faisait grâce aux personnels enseignants mais aussi aux médias (France 4 avec Lumni ou France Culture par exemple).

(...)

... Reste une question: que pourra demander le ministre aux professeurs et que seront-ils en mesure d'accepter à la rentrée prochaine pour enfin accueillir les millions d'élèves qui auront été privés de douze semaines d'école?

Louise Tourret

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Revue de Presse Education... Le bac — Après — Supérieur...

23 Mai 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Le bac — Après — Supérieur...

Une petite revue pour ce jour. La recette du bac se précise. On trouve toujours des réflexions sur l’après et des infos sur le supérieur bousculé lui aussi par la crise sanitaire.

Le bac

Comment va être noté le bac 2020 ? Par Pauline Verge
Pour compenser l’absence d’épreuves écrites, le ministère de l’Éducation nationale prévoit des modalités d’harmonisation inédites.
Comment va être attribué le bac 2020 ? En raison de la crise sanitaire, le gouvernement a en effet décidé de supprimer les épreuves du bac, remplacées par les notes du contrôle continu. Une décision historique annoncée par Jean-Michel Blanquer le 3 avril dernier. Ce sera à un jury d’examen d’attribuer les notes finales et d’accorder le précieux sésame. Selon quels critères ? Le ministère de l’Éducation nationale a présenté au Conseil supérieur de l’Éducation les projets des textes qui organiseront la session 2020 du bac. Un décret sera publié en fin de semaine dont les contours sont déjà connus
.”

Après

Les profs qui ont accueilli les enfants de soignants vont-ils recevoir une prime ? Par Emma Donada
Le ministère de l’Education nationale a présenté mardi un barème aux organisations syndicales. L’objectif est de verser une gratification à 65 000 agents particulièrement impliqués pendant le confinement.”

Ecole à distance : quelle place pour l’affectif ? sur France Culture
Malgré un retour à l’école partiel, l’école à la maison continue pour la plupart des élèves. Mais comment bien apprendre sans la présence réelle de ses professeurs ni de ses camarades ? Et côté enseignants, comment réussir à tisser des liens avec ses élèves, ou à les faire perdurer, en dépit de la distance ?

L’école d’après ne s’en laissera pas « compter » ! Par Un collectif (marseillais d’après les signateurs)
Les inégalités scolaires ne sont pas nées avec le confinement mais celui-ci les a révélées et renforcées. La mise en place d’un plan d’urgence pour l’éducation est indispensable à l’exigence de justice sociale.”

Et puis le portrait du jeudi, par Monique Royer : La focale de la coopération, Laurent Reynaud, pourrait donner quelques idées pour l’après.
Choisir le cheminement plutôt que la routine, Laurent Reynaud, enseignant en SVT au lycée Feyder d’Epinay-sur-Seine, a emprunté cette voie qui l’a mené du bonheur de transmettre des savoirs à celui de contribuer à l’émancipation par la coopération. Récit de la mise en œuvre de classes coopératives en lycée.”

Supérieur

Parcoursup, les rouages de cette grande loterie par Olivier Chartrain
Depuis le 19 mai au soir, les premières réponses de Parcoursup aux vœux des lycéens arrivent. Cette année plus encore que les deux précédentes, l’accès à l’enseignement supérieur s’apparente à un parcours du combattant.”

La fronde inédite des étudiants d’HEC contre la surveillance de leurs examens en ligne par Olivier Bénis
Avec le coronavirus, universités et écoles sont obligées de repenser l’organisation de leurs examens. À HEC, on a opté pour des examens à domicile, avec un système de surveillance que les étudiants estiment intrusif. Il permet notamment de scanner la pièce où ils se trouvent ou de suivre le mouvement de leurs yeux...

Coronavirus : imbroglio autour de la télésurveillance des examens à l’université Rennes-I Par Soazig Le Nevé
En donnant la possibilité de recourir à une surveillance en ligne des épreuves en raison de la crise sanitaire, l’établissement a suscité une levée de boucliers parmi les étudiants.”

Concours enseignants : « une salle distincte pour les candidats ayant des symptômes de la maladie » Publié par Mehdi Bautier
Le ministère de l’Education nationale a publié le protocole sanitaire détaillé pour les concours de recrutement des enseignants.”

Bernard Desclaux

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Mélanie de Biasio...

22 Mai 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... .Claudie Hunzinger..

22 Mai 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Mais je n'imaginais absolument pas que le roman de nature qui commençait à m'habiter allait prendre le visage de la société elle-même, moi qui avais voulu lui fausser compagnie ; et que j'allais me retrouver dans un imbroglio consternant, avec partis opposés, propagande dans les journaux et jusque dans les écoles, et révélation finale sur le charnier du monde ; et que toute sa malfaisance, comme un catalyseur, allait mettre en question mon amitié avec Leo. Je ne savais pas que j allais me retrouver face à l'insoluble, moi qui m'étais retranchée dans ma parcelle de beauté et de refus, dans la radicalité de la solitude, sa simplicité, sa facilité ; moi qui avais relevé le défi de gagner ma vie à l'écart. Qui étais sortie du monde. Mais c'est quand on en est sorti qu'on s'aperçoit que le reste du monde a la peste. Ça crève les yeux. Le reste du monde et nous aussi, voilà ce que j'apprendrai. Nous aussi, nous avons la peste même si nous prétendons à l'innocence.

Non, je ne savais pas que j'allais me retrouver face à la mine, au gâchis, aux dégâts. Et que tout ce que j'avais fui allait me revenir en plein dans la poitrine, en plein cœur, je ne le savais pas, allait me revenir comme un nuage chargé de neige et de derniers temps, chargé des préludes de la fin, durant les mois qui allaient suivre.

Claudie Hunzinger - Les grands cerfs

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Confinement : avec les enfants en foyer...

22 Mai 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Confinement : avec les enfants en foyer...

EXTRAIT

Dans le huis clos des foyers de l’Aide sociale à l’enfance, le confinement est une épreuve durement ressentie. Enfants placés et éducateurs racontent le poids du quotidien et les tensions intimes et collectives.

(...)

Quand Nadia se sent triste, elle écrit des lettres la nuit. Elle a accepté d'en partager une : 

Dans une semaine, le 11 mai, lundi , les jeunes du groupe qui sont retournés chez eux vont commencer à revenir, les éducateurs en arrêt vont reprendre leur poste. Ce qui veut dire que dans une semaine à peine, fini les moments où on peut rester dans sa chambre des heures et des heures sans être dérangé, fini le calme, celui qu'il y a eu ces deux derniers mois. J'imagine déjà les portes qui claquent, les cris, les insultes, les chahuts, et j'en passe. Après tout c'était et c'est mon quotidien depuis maintenant huit ans. Ça peut vous paraître dingue mais je n'imagine pas ma vie sans tout ça. J'ai été habituée, élevée dans un foyer. Je me suis faite à l'idée que c'était là ma place, le foyer fait partie de moi, donc je dois le prendre avec tout ce qui s'ensuit. C'était mon quotidien il y a deux mois, et ça le sera encore quelques années, avant qu'on me lâche je ne sais où encore, et que je me réhabitue à mon environnement. Après tout, l'être humain est fait pour s'adapter non ? Alors ça ne devrait pas être très difficile. 

Enfin je l'espère, ce qui est dommage c'est qu'aujourd'hui je dépends de l'Aide Sociale à l'Enfance, aujourd'hui, j'ai dix-sept ans et n'ai pas de famille sur qui compter, pas de plan pour la suite, après mes dix-huit ans. Vous vous imaginez vous ? Vivre dans le doute et en vous disant que dans trois mois peut-être, votre contrat jeune majeur, qui en réalité, est pour moi une assurance vie, ne sera pas renouvelé, parce que vous avez invité une amie dans un endroit qui est sensé être chez vous. Vous vous imaginez être mis à la rue parce que vous n'avez pas trouvé d'emploi ? Vous vous imaginez dépendre d'une simple signature ? Ou d'une feuille, je ne sais pas, prenez le comme vous voulez. 

Toute ma vie m'est imposée. Je pense que c'est un peu le cas de tout le monde. On ne choisit pas sa famille, ni le mode de vie qui s'ensuit. Alors dites-vous que je n'ai pas choisi d'être là. Aujourd'hui, j'ai à faire des choix qui auront des répercussions sur moi, sur mon avenir. 

On est tous amenés à faire des choix, à un moment de votre vie on vous a demandé de commencer à trouver votre voie, si je puis dire, mais la plupart d'entre vous aviez la possibilité de rester en toute sécurité chez papa et maman, vous saviez que, quoiqu'il arrive, la plupart de vos parents ne vous lâcheront pas. 

Toute cette chance que vous avez, c'est tout le doute que j'ai en moi. Il faut absolument que je trouve quoi faire de ma vie, sinon à dix-huit ans je serai dehors car je suis perdue. Aujourd'hui Je ne sais pas quoi faire de ma vie. La plupart des jeunes non placés en réalité, n'ont pas à s'inquiéter de demain - bien sûr je ne n'inclus pas tout le monde. La vérité c'est que j'ai eu de la chance durant mon enfance et mon adolescence, je suis tombée dans un un foyer plutôt bien dans l'ensemble. Comme je vous le dis, je dépends de l'Aide Sociale à l'Enfance. Alors je prends cette réalité avec tout ce qui s'ensuit. Je n'ai pas le choix. Je ne peux pas me permettre de bloquer sur certaines choses parce que je me dis que j'ai eu la chance de tomber dans un foyer comme celui-ci, un foyer où je n'ai pas vraiment rencontré des soucis avec les autres jeunes. Bien sûr, il y en a eu des soucis. Des très graves, et des très traumatisants, mais j'ai décidé de ne pas m'arrêter là-dessus. 

Oui, j'ai eu des éducateurs qui en avaient rien à foutre de nos vies et qui nous en faisaient voir de toutes les couleurs et qui ne disaient rien quand les plus grands nous faisaient du mal, à nous les plus petits. Oui j'ai eu des chefs de services qui ne prenaient pas en compte ce qu'on leur disait quand il se passaient des choses, d'autres qui nous accusaient de choses dont on était pas forcément coupables, parce qu'ils avaient besoin de rendre des comptes aux personnes au-dessus d'eux. Ils accusaient les jeunes les plus instables dans leur comportement. Mais de toutes façons, qui aurait pris le temps de nous écouter ? Oui j'ai pleuré des nuits et des nuits en espérant que je puisse un jour avoir une vie normale même si au fond de moi, je savais que ce n'était pas possible, tout simplement parce que ma famille m'avait abandonnée. Je faisais avec les moyens du bord. Oui, j'ai eu des problèmes de comportement avec les jeunes de l'école, parce que moi j'étais celle qui n'invitait jamais ou celle sur qui on ne pouvait pas compter, car une fois que je franchissais les portes du collège, on n'avait plus de nouvelles de moi jusqu'au lendemain, et quand c'était le week-end, après le week-end, et quand c'était les vacances après les vacances. J'ai aussi été harcelée au primaire et au foyer. 

Oui, j'ai aussi fait du mal à certains jeunes, parce que dans le foyer c'est bouffer ou être bouffé. Parce que face à la violence, certains éducateurs ne savent pas comment réagir ou font les aveugles. J'ai eu des terreurs nocturnes étant petite, on m'a aussi droguée pour que je reste calme. Je parle des calmants que les éducateurs demandaient aux médecins de nous prescrire. Et à chaque fois qu'il y avait une crise, ils augmentaient la dose. Il y en a qui n'en avaient rien à à foutre de ce qui pouvait nous arriver, là où ils nous laissaient. Et j'en passe tellement. J'ai aussi rencontré des personnes formidables, des éducateurs et éducatrices, et des professeurs en or, des camarades de dingue, des copines de chambres super mignonnes, des amis exceptionnels dignes de ce nom, des référents adultes sur qui je n'ai rien à dire, des médecins exceptionnels et une juge en or etc. Alors oui, aujourd'hui je m'estime heureuse, car ayant traversé tout ce qu'une fille de mon âge n'aurait jamais dû connaître, ça a forgé mon caractère. Ça aurait pu être un désastre, mais grâce à ma persévérance, et mon envie de ne prendre que le bon côté des choses- ce que je fais très bien pour le moment, j'ai réussi et je réussirai à sortir de tout ça. Bien sûr, je vais devoir travailler plus que quelqu'un de normal - entre guillemets.

Pourquoi je dis ça ? Tout simplement parce que je suis la petite fille noire du foyer. Et toutes les discriminations qui vont s'ensuivre. Je n'aurais pas forcément la chance de me fondre dans les codes sociaux. Même si je fais mon maximum. L'humain n'aime pas ce qui est différent.  Aujourd'hui, je suis consciente que je vais devoir suivre une thérapie pour pouvoir mettre des mots sur ce que j'ai vécu, vu et subi. D'ailleurs je commence ma thérapie après le confinement. Alors oui je fais avec ce qu'on me donne et ce que je reçois, et j'essaie de me comporter du mieux possible pour avoir un toit sur la tête. Et avec un peu de chance de quoi payer mes études. Je prie pour que mon contrat dure le plus longtemps possible et encore une fois, je prendrai ce contrat avec tout ce qui s'ensuit, tout simplement parce que je n'ai pas le choix.

Sonia Kronlund

L'émission intégrale est à retrouver en cliquant ci-dessous

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