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Vivement l'Ecole!

"Si les enfants n'ont rien le droit de faire, ça ne vaut pas le coup" : quel protocole sanitaire pour les colonies de vacances ?

30 Mai 2020 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

"Si les enfants n'ont rien le droit de faire, ça ne vaut pas le coup" : quel protocole sanitaire pour les colonies de vacances ?

Les colonies de vacances pourront rouvrir dès le 22 juin, a annoncé le Premier ministre. Mais dans quelles conditions ?

"C’est déjà une très bonne nouvelle, c’est un feu vert qu’on attendait depuis longtemps", se réjouit auprès de franceinfo vendredi 29 mai Sabine Bonnaud, la déléguée générale de l’Unosel (l'union nationale des organisations de séjours éducatifs, linguistiques et formation en langues). Dans son discours sur la deuxième phase du déconfinement jeudi 28 mai, le Premier ministre a effectivement affirmé que les colonies de vacances pourraient rouvrir à partir du 22 juin prochain.

Voilà pour l’annonce, mais pour le détail, il faut attendre encore : "De manière très concrète, les organismes sont dans l’expectative car on n’a pas eu connaissance du protocole sanitaire", décrit Sabine Bonnaud. Le gouvernement a donné rendez-vous aux professionnels en début de semaine prochaine.

On attend vraiment ces documents-là avec beaucoup d'impatience, car les échéances approchent à grand pas, les colonies commençant en général fin juin ou début juillet. Il y a très peu de temps pour que les organismes s’organisent", précise la représentante de l’Unosel. Car au-delà de la bonne nouvelle de la réouverture le 22 juin, les inquiétudes sont nombreuses. Comment mettre en place des séjours avec de nouvelles règles (encore inconnues), dans un délai si court ?

"Je ne vous cache pas que c’est très compliqué. La nouvelle est prise avec pas mal de prudence." Sabine Bonnaud, déléguée générale de l’Unosel à france info

"La plupart de nos organismes travaillent avec des comités d’entreprises, des collectivités locales et beaucoup se sont retirées. Il reste principalement les inscriptions individuelles, gelées depuis le mois de mars, explique Sabine Bonnaud. Donc concrètement, ça va être compliqué pour les organisateurs de monter des colonies rentables dans ce délai très court, tout en mettant un œuvre un protocole."

Les enfants testés avant le début du séjour ?

Parmi les pistes pour organiser des colonies de vacances en toute sécurité, il y a notamment l’idée de tester chaque enfant avant le début du séjour. C’est l’une des mesures évoquées par l’Unosel, dans une proposition de protocole envoyée au gouvernement il y a plusieurs semaines. "On considérerait ensuite la colonie comme une bulle confinée, dans laquelle les enfants pourraient évoluer sans masque, sans distanciation au sein même de la colonie, décrit Sabine Bonnaud. On ne remettrait en place les mesures de type geste barrière que si les enfants étaient amenés à sortir, ou si quelqu'un de l'extérieur devait entrer. Avec un suivi bien-sûr quotidien, et une exclusion ou une fermeture si besoin en cas de suspicion de cas de Covid-19." Ce n’est pour l’heure qu’une proposition des professionnels, sans validation du gouvernement.

Parmi les autres pistes, il y a la prise de température matin et soir. "On irait vers le port du masque sur la partie transport et sur toute la partie extérieure à la colonie (balade en ville, pour se rendre à une activité ou un spectacle), le port du masque serait préconisé, complète Olivier Ducelier, président de Viva, un organisme de colonie. On va aller vers un niveau d’hygiène, de lavage des mains plus récurrent, plus précis. Le temps passé à l’hygiène sera plus prégnant."

"Sur l’installation des chambres, il est évident qu’on va diminuer de manière importante les capacités d’accueil. Il est probable qu’on nous interdise de mettre plusieurs enfants sur des lits superposés." Olivier Ducelier, président de Viva à france info

Le ménage serait évidemment accru, avec désinfection régulière des interrupteurs et des poignées de porte. "C’est quelque chose qu’on faisait quand il y avait des cas de gastro, explique Olivier Ducelier. Mais là on pourrait le faire une ou plusieurs fois par jour. On va aussi très probablement limiter les camps sous toile (tipi, lodge). Les sports collectifs on ne voit pas comment ça pourrait reprendre. On parle de groupes d’activités à 10 maximum..." Quid donc des grands jeux, emblématiques des colonies de vacances ?

Dans ces conditions, le président de Viva n’est pas sûr du tout d’ouvrir ses séjours cet été. De par leur organisation, les colonies de vacances devraient respecter le protocole sanitaire des restaurants, le protocole des hôtels, le protocole des transports, le protocole des fédérations sportives, le protocole de la culture, de l’école...

"Ouvrir les colos avec un protocole trop contraignant, c’est amener les jeunes vers un espoir qui sera une frustration terrible, et qui du coup sera difficile à gérer je pense." Olivier Ducelier, président de Viva à france info

"À l’heure qu’il est, je n’en sais rien... Le problème de la colo, c’est que le collectif est son ADN. Si les enfants n’ont rien leur droit de faire, ça ne vaut pas le coup, estime le président de Viva. Vu les derniers mois, les enfants ont besoin de sortir, de s’éclater."

Ne pas oublier la "sécurité affective" des enfants

Pas question effectivement pour les professionnels de reproduire le protocole sanitaire sur ce qui se fait aujourd’hui dans les écoles : "La priorité des organismes, c’est de garantir la sécurité affective des enfants, au-delà de la sécurité sanitaire évidemment, explique Sabine Bonnaud, la représentante de l’Unosel. Ce dont les organisateurs ont peur, c’est que ce soit un protocole calqué sur celui des écoles, avec la distanciation physique. Ce ne serait pas possible d’organiser des colonies dans ces conditions."

Concrètement, si le protocole est le même, certains organisateurs annuleront purement et simplement leurs offres d’été. C’est le cas d’Aquarelle, un autre organisme de colonies de vacances, qui reçoit habituellement 1 200 enfants. Il y a deux semaines déjà, ses dirigeants ont décidé de fermer tous leurs séjours estivaux. "On n’avait aucune info du gouvernement, ce n’était pas leur préoccupation. Il y a des questions qui restent sans réponse : comment par exemple gérer en cas de Covid-19 dans le centre de vacances ?", explique le président, Hervé Michel. Notre assureur, Europe assistance, nous a écrit noir sur blanc qu’il refusait de prendre en charge des rapatriements sanitaires d’adultes ou d’enfants. C’est impossible à gérer pour nous."

"Que se passerait-t-il si un directeur ou une directrice est atteint du Covid, qu’il faut remplacer dans l’urgence ? Une quatorzaine sera-t-elle mise en place ?" Hervé Michel, président d'Aquarelle à france info

Le professionnel ne souhaite prendre aucun risque : "Personnellement, en tant que responsable d’un organisme, je ne souhaitais pas être le vecteur qui relancerait cette pandémie qui a l’air de s’atténuer. C'est pour moi prématuré de remettre les enfants en colonies de vacances telles qu’on les conçoit, estime Hervé Michel. D’autant que tous nos enfants quasiment viennent d’Île-de-France, encore en zone orange. Tous nos séjours sont en zone verte. Je me voyais mal envoyer des enfants, peut-être vecteurs du Covid, contaminer les gens qui nous accueillent. Il y a encore trop de choses en suspens. En temps normal, ça prend trois ou quatre mois de préparer nos séjours d’été. On n’est pas des amateurs, on ne peut pas faire les choses au dernier moment."

Noémie Bonnin

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La (dis)continuité pédagogique a été un désastre pour l'école et doit s'arrêter là...

30 Mai 2020 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education

La (dis)continuité pédagogique a été un désastre pour l'école et doit s'arrêter là...

La crise du coronavirus n'a pas été le laboratoire d’une nouvelle pédagogie numérique. Elle a révélé que le numérique crée une collection d'expériences douloureuses au bilan inquiétant. Nous n'en resterons pas là.

Nous avons vécu et vivons encore un moment exceptionnel à bien des égards. De cette épreuve collective a surgi une colère légitime liée à la remise en question de droits fondamentaux: droit à la subsistance, droit à l’accès aux soins, droit à une éducation de qualité, droit à la justice, droit à une information fiable.

Dans le champ qui nous concerne ici, c’est-à-dire la défense du droit à une éducation de qualité pour tous, nous avons la nécessité de bâtir un avenir sur des principes et des valeurs réaffirmés et partagés par la communauté éducative, les parents et les enfants. 

Nous souhaitons tout d’abord être précis sur le sens des mots. De quelle continuité parle-t-on?

"Les outils numériques atomisent les classes et les équipes pédagogiques, renvoyant chacun à soi-même dans le travail et dans l’étude."

S’ il y a eu une continuité durant le confinement, et il y en a eu une, il ne s’agit pas de la continuité pédagogique mais de la continuité de conscience professionnelle des enseignants et des personnels de direction. Cette continuité de conscience professionnelle s’est exprimée par un engagement quotidien dans plusieurs champs: aide alimentaire, financière, juridique, psychologique et tentatives pour maintenir un lien pédagogique.

 

En réalité, c’est une discontinuité pédagogique que nous constatons au sens où les outils numériques et le distanciel n’ont absolument pas pu remplacer l’essence de notre métier: la relation pédagogique vivante au sein d’un groupe-classe entre le professeur et les élèves.

Le bilan est extrêmement inquiétant et nous ne laisserons pas les remerciements et les discours d’héroïsation occulter la réalité.

Au fond, nous sommes face à une collection d’expériences douloureuses: isolement professionnel, perte de sens, découragement lié à l’écart croissant entre l’intensité du travail des enseignants et la mobilisation des élèves, épuisement généralisé.

Nous observons que les outils numériques, s’ils ont apporté des solutions limitées à des difficultés techniques de communication, créent surtout, à un autre niveau, plus fondamental, de multiples problèmes: outre les failles technologiques considérables, ils atomisent les classes et les équipes pédagogiques, renvoyant chacun à soi-même dans le travail et dans l’étude. Les outils numériques transforment la construction vivante et collective du sens et du savoir en un vague échange d’informations. Enfin, les outils numériques creusent les inégalités.

Remettons donc l’outil à sa juste place et résistons aux sirènes qui voudraient utiliser cette période de crise comme le laboratoire d’une pédagogie au service du numérique.

Si à l’avenir il advenait que nous devions, par exemple, concevoir des organisations pédagogiques faisant la part belle au distanciel en direction d’un certain profil d’élèves, ou s’il advenait que l’utilisation de ces outils, méthodes et organisations, nous soient suggérées puis imposées en dehors des circonstances exceptionnelles auxquelles nous devons faire face actuellement, nous ne laisserions pas faire!  

"Nous réaffirmons le primat de la relation pédagogique vivante sur l’algorithme!"

Nous réaffirmons, ici, collectivement, devant vous et avec vous, le primat du vivant sur la machine, de la pensée sur l’outil et de la relation pédagogique vivante sur l’algorithme!

Ce confinement de l’école, cette catastrophe sanitaire s’inscrivent également dans un contexte plus large. 

Une crise ne devant pas en cacher une autre, nous rappelons que cette année a été marquée antérieurement par des mois de luttes sociales contre la réforme des retraites engagée par notre gouvernement. Soulignons le passage en force de cette réforme en mars 2020 par le recours à l’article 49-3 au cœur même de la crise sanitaire. De là, une autre espèce de continuité est mise en lumière. Il s’agit de la continuité de politiques conduisant à la désagrégation du corps social et à la destruction des services publics: santé, éducation, justice, transports, énergie.

Or, avec la crise du Covid-19, chacun a pu saisir que les services publics sont fondamentaux et indispensables à la préservation de la société en temps de crise et bien sûr hors temps de crise. Chacun a pu voir aussi, pendant cette période, que malgré les efforts des personnes qui servent le bien commun, nos services publics n’étaient pas à la hauteur de leurs missions d’intérêt général faute de moyens.

Depuis trop longtemps, les enseignants et les membres de la communauté éducative, entre autres, sont réduits à être de simples administrateurs de la pénurie: manque d’heures, de personnels, de formation, de temps, d’espace, de matériel. Nous sommes empêchés! Empêchés d’exercer notre métier comme un métier c’est-à-dire avec sa rigueur, ses exigences et dans le respect de sa déontologie. Nous sommes contraints au contraire à une activité professionnelle dégradée. Tout ceci se fait, et nous n’avons cessé de le répéter, au détriment de l’épanouissement des élèves, de nos enfants! 

"Une autre espèce de continuité est mise en lumière. Il s’agit de la continuité de politiques conduisant à la désagrégation du corps social et à la destruction des services publics: santé, éducation, justice, transports, énergie."

Alors, que faire? Il n’ y a pas plusieurs solutions. L’alternative est claire: soit nous nous aplatissons devant l’ampleur de la tâche et la puissance des forces d’empêchement, soit nous avançons ensemble pour sortir d’une logique budgétaire imposée. 

Comment agir sur notre terrain, avec toutes ses composantes? Nous en connaissons bien les difficultés et les potentiels.

Nous savons d’abord que pour avancer sur le chemin d’une reconstruction, nous ne pourrons faire l’économie d’une concertation réellement collective et démocratique. Nous avons des instances qu’il nous faut pleinement revitaliser dans le sens d’un dépassement du “je” pour aller vers un “nous” au service du  bien commun. Alors, quelle articulation refonder entre nos instances: CA, Commission permanente, conseil pédagogique, CVC? Et quel usage démocratique en ferons-nous? Nous savons ensuite que pour retrouver du sens à ce que nous faisons et à notre présence dans ces murs, parents, enfants, membres de la communauté éducative, nous avons des devoirs.

Nous devrons, d’une part, cultiver précieusement la vitalité du dialogue et l’échange d’idées et de points de vue parfois divergents. Nous devrons, d’autre part, nous assurer avec la plus grande vigilance de la réalité effective d’une totale transparence des objectifs et des moyens.

Nous n’en resterons pas là…

Cette tribune est publiée au nom d’un collectif d’enseignant-e-s d’un collège du centre-ville de Marseille.

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Elèves accueillis dans les écoles : la Ville de Paris pointe un manque d'enseignants...

30 Mai 2020 , Rédigé par Les Echos Publié dans #Education

Elèves accueillis dans les écoles : la Ville de Paris pointe un manque d'enseignants...

Le premier adjoint à la maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a répondu vertement aux propos du ministre de l'Education qui avait accusé Anne Hidalgo de mobilisation insuffisante pour accueillir des élèves en nombre dans les écoles de la capitale. La responsabilité incombe, selon lui, à l'Education nationale et à un manque d'enseignants présents physiquement.

Si les écoles parisiennes ne peuvent pas accueillir massivement les élèves, c'est parce qu'il manque d'enseignants : telle est l'explication qu'a donnée Emmanuel Grégoire, le premier adjoint à la maire de Paris, Anne Hidalgo, ce vendredi, lors d'une conférence de presse. « Si on veut jouer à qui est le plus responsable que l'autre [du faible nombre d'élèves accueillis dans les écoles], nous le disons : le premier facteur concerne les personnels de l'Education nationale », a affirmé Emmanuel Grégoire, qui a jugé « honteux » et « déplacé » les propos du ministre visant, selon lui, à « se défausser sur le dos des collectivités territoriales ».

Le ministre de l'Education nationale avait mis en cause la maire de Paris , vendredi matin, sur France Info. « A Paris, c'est plus difficile qu'ailleurs, car dans beaucoup de cas, il n'y a pas la mobilisation des personnels municipaux, parfois il y a même la recommandation de ne pas envoyer les enfants », avait critiqué Jean-Michel Blanquer. Le gouvernement a annoncé un élargissement de la réouverture des établissements scolaires mais le protocole sanitaire très strict empêche un retour massif des enfants dans les écoles.

55 à 60 % des enseignants présents physiquement

Le ministre avait indiqué mardi, sur LCI, que 55 à 60 % des enseignants étaient physiquement présents dans les écoles et collèges, à l'échelle nationale. « On n'a pas besoin de plus » d'enseignants, avait-il ajouté, en affirmant que le système actuel était encore « très fortement » ancré dans l'enseignement à distance, avec des professeurs en télétravail. « Cela peut arriver, au cas par cas », qu'il manque d'enseignants, avait-il admis, du bout des lèvres. Interrogé sur d'éventuelles résistances au sein du corps enseignant, il avait balayé l'argument, en indiquant : « Certains syndicats ont été résistants à cela, mais c'était il y a un siècle, c'était il y a trois semaines. Aujourd'hui, les mentalités évoluent. »

A Paris, 19 % des enfants sont accueillis, indique Patrick Bloche, adjoint à la maire de Paris en charge de l'éducation. Ils le sont en alternance, par demi-semaine, dans des groupes de neuf élèves par classe. La moyenne nationale est à 22 %. « A Paris, qui était jusqu'ici classée en rouge, on était déjà à 19 %, reprend-il. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi on fait de Paris un cas particulier. La semaine prochaine, 97 % des écoles seront rouvertes, contre plus de 93 % aujourd'hui. Paris n'est pas le mouton noir de la réouverture des écoles en France. » La Ville affirme qu'elle pourrait « monter à 30 ou 35 % d'élèves accueillis physiquement », « mais pour ouvrir une classe, il faut un enseignant ». La Ville renvoie donc la responsabilité vers l'Education nationale.

« A Paris, enseignants et directeurs sont dans une situation intenable, car les parents ont des demandes légitimes de remettre leurs enfants à l'école, réagit Elisabeth Kutas, porte-parole du SNUipp-FSU Paris, le principal syndicat d'enseignants du premier degré. Mais, si on veut respecter le protocole sanitaire in extenso, on ne peut pas mettre 15 élèves par classe en élémentaire et 10 en maternelle. »

Des moyens budgétaires

La Ville de Paris affirme avoir mobilisé des moyens budgétaires pour rouvrir les écoles : recrutement de 300 agents supplémentaires en contrat à durée déterminée pendant trois mois « pour soutenir les personnels de service », appel à des prestataires extérieurs pour un montant de 350.000 euros par semaine « pour que l'entretien et le ménage ne soient pas un obstacle à l'accueil d'un plus grand nombre d'enfants », 6.000 agents de la Ville mobilisés dans les 609 écoles rouvertes (sur 652), 2.000 agents de ménages, 603 responsables éducatifs Ville et 3.476 animateurs. Globalement, 46 % seulement des agents spécialisés des écoles maternelles (ASEM) et 40 % des agents techniques qui assurent l'entretien et le ménage sont présents physiquement dans les écoles. Un taux qui monte à 93 % pour les responsables éducatifs de la ville. Quant aux activités périscolaires qui démarrent habituellement à 15h les mardis et vendredis, elles ont été avancées à 13 h 30. La Ville affirme pouvoir « aller au-delà » de 9 élèves par classe tout en restant sous la barre des 15.

Jean-Michel Blanquer avait cité l'exemple de Vincennes, avec un taux de retour des élèves dans les écoles bien supérieur à celui de Paris. Mais Vincennes, c'est 9 écoles maternelles et 7 écoles élémentaires, contre 652 à Paris, a commenté Emmanuel Grégoire. « Nous ne parlons pas du tout des mêmes ordres de grandeur », a-t-il conclu.

Marie-Christine Corbier

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Revue de Presse Education... Mode d’emploi - Commentaires - Réflexions

30 Mai 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Mode d’emploi - Commentaires - Réflexions

L’essentiel de l’actualité éducative est consacré à la reprise. On explique et on commente. Quelques réflexions pédagogiques pour finir.

Reprise, mode d’emploi

Déconfinement : le gouvernement amplifie la réouverture des écoles, collèges, lycées
“A partir du 2 juin, « toutes les écoles seront ouvertes », a annoncé le ministre de l’Education nationale, même si les effectifs en classe resteront limités. En zone verte, les collèges seront rouverts aux élèves de 4 e et de 3 e, tandis que la priorité sera aux 6 e et 5 e en zone orange. Pour les lycées, la reprise sera progressive, et quasi nulle en zone orange. L’oral de français des élèves de première est annulé.”

Les lycées rouvriront dès le 2 juin et l’oral du bac de français est annulé
“Les lycéens pourront retourner en classe avant cet été. Ce jeudi 28 mai, le premier ministre Édouard Philippe a annoncé la réouverture des lycées à partir du 2 juin.”

Déconfinement : Ecoles et collèges ouverts en juin, pas d’oral du bac de français, annonce Blanquer
“EDUCATION « Toutes les familles qui le souhaitent doivent pouvoir scolariser leurs enfants au moins sur une partie de la semaine », a indiqué le ministre de l’Education”

Les réglements d’examen publiés
“Alors que les enseignants doivent remplir les livrets scolaires des élèves, la publication officielle des modalités d’évaluation était attendue. Deux décrets et deux arrêtés sur le brevet et le bac publiés au JO du 28 mai fixent les conditions d’évaluation à ces examens. Sans surprise ils attribuent les examens au controle continu y compris pour les candidats du privé hors contrat. Ces textes concernent la session 2020 et ne disent donc rien de l’oral de français du bac 2021.”

Reprise, commentaires

Déconfinement : Une "amplification" très limitée
« "Il y aura accélération de la réouverture des écoles et collèges et des lycées en zone verte". Edouard Philippe a annoncé le 28 mai une amplification de la réouverture des écoles et établissements scolaires à partir du 2 juin. A cette date tous les collèges vont rouvrir. Ce sera le cas des lycées en zone verte et des lycées professionnels en zone orange (Ile de France, Guyane, Mayotte). JM Blanquer a promis aux familles qui le souhaitent que leurs enfants seront accueillis dans les écoles et établissements. Il a présenté la date du 2 juin comme celle d’une véritable réouverture des écoles, collèges et lycées. Or le protocole sanitaire reste strictement en vigueur. Partout, et encore plus en Ile-de-France, peu d’élèves pourront revenir en classe ou ce sera pour très peu de temps. Ainsi, il laisse les acteurs de terrain gérer l’écart entre sa promesse et les capacités d’accueil réelles des écoles et établissements. Il laisse aussi les acteurs de terrain se débrouiller avec les élèves perdus de vue. »

Le bac de français recalé à l’oral
“Jean-Michel Blanquer a annoncé l’annulation de la dernière épreuve du bac encore programmée. Une décision saluée par syndicats, enseignants et lycéens, qui craignaient une aggravation des inégalités entre candidats.”

Oral du bac de français : une annulation inévitable
“La dernière épreuve du baccalauréat encore programmée jusqu’à ce matin n’a finalement pas survécu à l’épidémie du coronavirus. Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé ce jeudi que l’oral du bac de français serait évalué sur la base du contrôle continu.”

Une réouverture des écoles et des collèges en trompe-l’œil depuis le déconfinement
“A la veille de la deuxième phase du déconfinement, qui pourrait accroître la pression sur les établissements, 20 % des écoliers seulement ont pu reprendre le chemin de l’école.”

Déconfinement : Quel est l’intérêt de rouvrir les lycées pour un mois ?
“EDUCATION La reprise sera différenciée selon que les établissements sont en zone verte ou orange.

Réflexions

La continuité pédagogique à l’épreuve du temps
“L’école à la maison |Depuis le début de l’épidémie et la mise en place de l’école à la maison, les professeurs tentent d’assurer au mieux la continuité pédagogique, et ce malgré la distance, le manque d’échanges avec les élèves et les disparités sociales. Mais comment assurer cette continuité sur le long terme ? Et comment aider les élèves à rester motivés sans la présence de leurs camarades ni de leur professeur ?”

L’école du changement : filmer les pédagogies alternatives
“Le confinement et la complexité d’un retour à l’école avec les protocoles sanitaires nous rappellent, si cela était encore nécessaire, l’importance des échanges et des liens humains qui se tissent entre enseignants et enfants.
Alors qu’on s’interroge beaucoup sur le « monde d’après » fleurissent les appels à un renouvellement des pédagogies ou des espaces scolaires – on peut notamment citer la tribune publiée dans Le Monde invitant à faire classe à l’extérieur.
Toutefois, ce besoin d’horizons nouveaux ne s’est pas manifesté subitement avec le confinement. C’est une ambition des pédagogies alternatives apparues dès le début du XXe siècle, et qui rencontrent toujours un large succès, en témoigne l’engouement pour la pédagogie Montessori.”

La (dis)continuité pédagogique a été un désastre pour l’école et doit s’arrêter là par Véra B. Professeure de lettres depuis 17 ans, actuellement dans un collège du centre-ville de Marseille et Maximilien U. Professeur d’histoire-géographie depuis 15 ans, actuellement dans un collège du centre-ville de Marseille
“La crise du coronavirus n’a pas été le laboratoire d’une nouvelle pédagogie numérique. Elle a révélé que le numérique crée une collection d’expériences douloureuses au bilan inquiétant. Nous n’en resterons pas là.”

Géraldine Duboz

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Florentin Ginot joue Marin Marais et Bach...

29 Mai 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Régis Jauffret...

29 Mai 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Ils [les parents] bavent sur leurs bambins des baisers qui les trempent, les plongent dans des baignoires où il les ébouillantent, les gavent de lait de femme, de vache, de brebis, oublient de changer leurs couches, pommadent leurs fesses rendues écarlates comme on badigeonne un fond de tarte avec du beurre sorti une heure avant du réfrigérateur afin qu'il soit plus malléable, et en font au bout du compte des esclaves bâtés qui servent une économie acéphale, dont l'inventeur était si honteux qu'il a plongé aussitôt après sa découverte dans un anonymat opaque comme le goudron. Une économie dont chaque mois on leur balance la sciure en salaire, qu'ils se prennent dans la tronche avec reconnaissance, comme ces imbéciles passionnés de coprophilie qui remercient le ciel quand par bonheur ils reçoivent en pleine poire le contenu des toilettes d'un avion aux réacteurs enrhumés obligé de lâcher du lest pour éviter de raser les étages supérieurs d'une ville aux habitants trop ladres pour accepter de mourir sans contrepartie pécuniaire.

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-La vie est une maladie dont on guérit.
Sans séquelles. Le traitement est prompt. Il ne donnera lieu à aucune récidive. Traitement non invalidant par ailleurs. Ni troubles de la vision, de l'audition, de la locomotion, de la sexualité, ne sont à redouter. Il est d'une telle innocuité qu'on pourra le prescrire aussi bien aux enfants de moins de quinze ans, qu'aux femmes enceintes, et au vieillards souffrant d'une inflammation de la prostate. Il peut être prescrit par un professionnel de la santé, mais l'automédication est recommandée. Aucune ordonnance n'est nécessaire pour le suivre avec succès et obtenir une guérison plénière. J'attire cependant votre attention sur le fait, qu'étant irréversible, on ne le laissera qu'exceptionnellement à la portée des bébés et des animaux domestiques. Notez également, qu'étant considéré comme un traitement de confort par les autorités sanitaires, il n'est malheureusement en aucun cas remboursé.

Régis Jauffret - Microfictions

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La « continuité pédagogique » s’est révélée largement illusoire...

29 Mai 2020 , Rédigé par Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme Publié dans #Education

La « continuité pédagogique » s’est révélée largement illusoire...

EXTRAITS

L’avis «État d’urgence sanitaire : le droit à l’éducation à l’aune de la Covid-19 »alerte sur l’urgence de garantir l’égalité des chances et le droit à l’éducation pour tous et offre de nouvelles perspectives pour construire une école plus respectueuse des droits. Cet avis formule onze recommandations à l’attention des pouvoirs publics parmi lesquelles une recommandation sur la nécessité d’augmenter les effectifs des enseignants et une autre invitant à l’élaboration d’un plan vacances favorisant la mixité sociale et l’égalité des chances.

(...)

La « continuité pédagogique », au cœur de la communication du ministère de l’Éducation nationale, s’est révélée largement illusoire et a contribué à renforcer les inégalités entre les élèves. S’il était normal que le ministère cherche à pallier les dommages créés par la fermeture des établissements scolaires, et si un indéniable effort a été fait par ses services dans ce but, la mise en œuvre a largement témoigné d’une méconnaissance des réalités sociales et familiales. Le professionnalisme et le dévouement du personnel éducatif ont été essentiels pour assurer cependant une continuité du service public d’éducation.

Les familles doivent être reconnues comme des partenaires à part entière de l’institution scolaire. Déjà particulièrement mal reconnu en France pour les familles vivant dans la plus grande pauvreté ou français n’ayant pas une totale maîtrise de la langue française, ce droit a été encore plus compromis du fait que la promotion officielle de la « continuité pédagogique » n’a pas été fortement accompagnée du rappel que l’acte éducatif suppose une relation humaine entre enseignant et élève qui est irremplaçable. L’impact des inégalités économiques et sociales a été multiplié par le confinement et l’injonction de continuité pédagogique faites aux parents ne pouvait dans ce cadre que créer un désarroi rarement exprimé et dont les répercussions sur les jeunes peuvent être dramatiques. Un cas extrême de perte de ce droit fut celui des familles en totale précarité, vivant en bidonvilles, pour qui le faible lien social conservé par une présence minimale des enfants à l’école a été totalement rompu.

Les familles devraient bénéficier des moyens assurant à leurs enfants un bon cadre favorisant leur intégration à l’école. Ce soutien a été, plus encore que d’ordinaire, insuffisant car elles ont dû faire face à des difficultés matérielles accrues. Cela a été tout particulièrement le cas en ce qui concerne les outils numériques, lesquels reposaient largement sur l’usage d’internet et de moyens d’enseignement à distance, posant à la fois des questions d’éducation au numérique et d’accessibilité aux familles8notamment quand leurs conditions matérielles d’existence ne permettent pas aux jeunes d’en faire usage ou d’être accompagnés à cet effet.

Si le ministère affirme n’avoir perdu trace que d’environ 4% des élèves, il faut souligner cependant qu’il existe de très fortes variations selon les territoires ou les secteurs d’enseignement. Il semblerait que les décrocheurs seraient plus nombreux dans les milieux populaires à faibles ressources économiques/culturelles, en particulier chez les jeunes orientés contre leur gré. La situation a été particulièrement dramatique dans les SEGPA9 et les lycées professionnels, où les enseignants ont déjà bien du mal en temps ordinaire à convaincre leurs élèves qu’ils ont leur place dans une structure qu’ils n’avaient souvent pas choisie.10

Même pour des familles qui ne sont pas parmi les plus défavorisées, l’écart s’est creusé entre d’une part celles où l’un au moins des parents avait la disponibilité pour suivre les travaux des enfants et d’autre part les familles monoparentales ainsi que celles dans lesquelles les deux parents étaient contraints de continuer à travailler à l’extérieur et ne disposaient pas de ce fait d’un temps suffisant pour effectuer le suivi pédagogique de leur enfant.La Commission s’inquiète particulièrement des conséquences de cette période sur l’avenir de ces enfants.

Si des mesures fortes de soutien ne sont pas mises en place rapidement, ces difficultés risquent de perdurer, voire de s’accentuer, créant chez certains jeunes le sentiment d’être encore plus « hors du coup », voire suscitant leur colère devant les inégalités à l’occasion du retour en classe. L’écart risque aussi de se creuser entre les sections générales et les sections professionnelles où les spécificités de l’enseignement en atelier rendent l’enseignement à distance illusoire.

(...)

Texte complet à lire en cliquant ICI

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Education prioritaire : pourquoi ne reviennent-ils pas à l’école ?

29 Mai 2020 , Rédigé par Venir d'ailleurs Grandir ici Publié dans #Education

Education prioritaire : pourquoi ne reviennent-ils pas à l’école ?

EXTRAITS

Les écoles ont donc rouvert leurs portes. Mais partout c’est le même constat : ce ne sont pas les enfants dont on estime qu’ils en ont le plus besoin qui en ont les premiers franchi le seuil.

Ce constat-là vaut qu’on s’y arrête un instant en réfléchissant aux raisons qui ont amené certaines familles à décider que leurs enfants retourneraient en classe cependant que d’autres estimaient préférables de les garder à la maison.

Reconnaissons d’abord qu’une telle décision n’est pas facile à prendre. On peut d’un côté admettre que les enfants ne peuvent rester cloîtrés à la maison très longtemps sans en subir des dommages. Mais admettre dans le même temps que l’appréhension des familles n’est en rien illégitime. Et qu’elles n’ont pas non plus tort de penser qu’une école toute entière soumise aux règles sanitaires, une école où les enfants ne peuvent plus jouer ensemble à la récréation ni se prêter un stylo n’est guère engageante. L’arbitrage repose donc sur les sensibilités personnelles et sur les alternatives possibles : pour beaucoup de parents il ne s’agit sans doute pas de faire le bon choix, mais le moins mauvais !

Reste ensuite à se demander pourquoi le choix du retour à l’école est moins souvent posé pour les enfants dont on dit qu’ils en ont le plus besoin. Ou, pour le dire en d’autres termes, pour les enfants de ces familles que l’on dit « éloignées de l’école », c’est à dire en grande difficulté sociale.

Ces raisons sont assurément multiples et enchevêtrées les unes dans les autres.

Un monde anxiogène

Le premier faisceau est probablement lié à ce sentiment très prégnant d’insécurité qu’engendrent les difficultés sociales : vivre sans trop savoir de quoi demain sera fait, c’est vivre en équilibre instable, dans la peur permanente du lendemain. Tout peut arriver et face à ce tout, on se sent, on est démuni. On sait ne pas disposer d’un filet de sécurité. Mieux vaut donc limiter les risques, tous les risques. Le monde est pour les précaires fortement anxiogène. Il l’est pour chacun de nous, bien sûr. Mais admettons qu’une situation sociale tant soit peu stable aide à penser que sous nos pieds, le sol est relativement stable.

La précarité sociale engendre ainsi fréquemment le repli sur soi et sur la seule sphère familiale : la famille, quand elle n’est pas dysfonctionnelle, fait plus qu’ailleurs encore office de refuge. En temps normal, on envoie sans problème les enfants à l’école. Mais sitôt qu’un danger se profile, on préfère les garder près de soi.

(...)

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la question n’est pas, ou pas seulement, celle de l’école : la question est celle du rapport au monde, celle de la confiance ou de la méfiance qu’on entretient à son égard. Elle est aussi celle d’un rapport à la vie, au futur, à l’avenir … Sur ces différents plans, la question du retour en classe met puissamment en lumière l’immense fossé qui sépare les familles les plus populaires de celles des classes moyennes et supérieures.

Sylvie Blanchet

Texte intégral à lire en cliquant ci-dessous

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Déconfinement : à quoi faut-il s'attendre dans les collèges et les lycées à partir du 2 juin ?

29 Mai 2020 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Déconfinement : à quoi faut-il s'attendre dans les collèges et les lycées à partir du 2 juin ?

Tous les collèges de France métropolitaine rouvriront en juin, tout comme les lycées des départements situés en zone verte. Mais cette reprise des cours s'annonce complexe, selon les syndicats. 

"Nous voulons qu'aucun élève, que ce soit au collège ou au lycée, et bien entendu à l'école, ne se trouve en situation d'être sans lien physique avec l'école entre le mois de mars et le mois de septembre." C'est ce qu'a expliqué Jean-Michel Blanquer sur franceinfo, vendredi 29 mai, au lendemain de la présentation de la deuxième phase du déconfinement. Cette étape prévoit la réouverture de tous les collèges et lycées en zone verte et celle des lycées professionnels en zone orange, sans pour autant alléger le protocole sanitaire. Le ministre de l'Education a également annoncé l'annulation de l'oral du bac de français. Si cette mesure est saluée par les syndicats, ils sont plus réservés sur l'accueil d'un nombre plus important d'élèves dans les établissements. Explications. 

Dans les collèges

Ce qui est prévu. Après une réouverture partielle des collèges dans les zones vertes depuis le 18 mai ("à 95,5%", selon le ministre de l'Education nationale), c'est désormais "l'ensemble des collèges qui vont ouvrir, que ce soit en zone verte ou en zone orange". Jusqu'à présent, seules les classes de sixième et de cinquième étaient prioritaires (soit 28% des collégiens accueillis) dans les zones vertes. Les établissements vont désormais accueillir également les élèves de quatrième et de troisième, tout en maintenant les règles du protocole sanitaire et donc la présence par alternance. "Chaque semaine, tous les élèves de collège, et particulièrement les plus fragiles, doivent être allés au moins une fois au collège", peut-on lire sur le site du ministère de l'Education.

En zone orange, c'est-à-dire en Ile-de-France, à Mayotte et en Guyane, les deux premiers niveaux restent prioritaires. Les 4e et 3e n'entreront donc qu'après les 6e et les 5e dans les établissements concernés, et uniquement si "les conditions matérielles sont réunies". Si tel n'est pas le cas, Jean-Michel Blanquer assure que "les élèves de quatrième et de troisième pourront avoir un contact avec leur collège, même en zone orange, pour des entretiens individuels avant les vacances d'été qui commencent le 4 juillet". 

Le ministre de l'Education mise également sur le développement d'activités "sport, santé, civisme et culture (2S2C)" par les collectivités locales, pour permettre un accueil complémentaire des collégiens en-dehors du cadre scolaire. Concernant les élèves en situation d'handicap, les classes Ulis reprendront totalement dès la semaine du 2 juin

Ce qu'en pensent les syndicats. Interrogée sur franceinfo, Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU, "a du mal à voir comment concrètement", dès mardi 2 juin, "tous les niveaux, de la 6e à la 3e, pourraient être accueillis" dans un collège en zone verte. Car le protocole sanitaire "doit être appliqué strictement" dans les établissements. "Accueillir tout le monde ne sera pas possible à partir de mardi", tranche de son côté sur france info Philippe Vincent, secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l'Education nationale (SNPDEN).

"Les capacités maximum d'accueil vont être très vite atteintes", confirme Bruno Bobkiewicz, secrétaire national du SNPDEN chargé de la communication. Ce proviseur d'une cité scolaire à Vincennes s'était par exemple organisé pour accueillir de nouveaux élèves en "croisant les demandes des familles et les publics prioritaires".

"L'idée de devoir potentiellement faire revenir tout le monde change considérablement la donne. Je ne sais pas comment je vais faire". Bruno Bobkiewicz

Quant au dispositif "sport, santé, civisme et culture" censé pallier l'absence de cours pour certains, seule une centaine de communes ont signé une convention pour sa mise en place, affirme Agnès Le Brun, porte-parole de l'Association des maires de France (AMF), en charge de l'éducation. "Il ne faut pas oublier qu'on est dans un entre-deux électoral et que les communes n'ont que très peu de temps pour mettre en place ce dispositif", note-t-elle.

Dans les lycées 

Ce qui est prévu. La réouverture des lycées sera également différenciée. Dans les départements en zone verte, les lycées généraux, technologiques et professionnels rouvriront la semaine prochaine avec l'accueil de tous les élèves sur au moins un des trois niveaux. "La plupart des proviseurs sont prêts" à rouvrir les portes de leurs lycées mardi 2 juin dans les zones vertes, "puisque ça fait un mois que nous disons qu'il est fort possible que nous ouvrirons" à cette date, a assuré Jean-Michel Blanquer sur franceinfo. Néanmoins, "il peut y avoir des exceptions" dans des lycées qui vont organiser une pré-rentrée mardi, donc les élèves "n'arriveront que le lendemain, le 3 juin, ou le surlendemain le 4 juin", a reconnu le ministre de l'Education.

En zone orange, les établissements professionnels seront prioritaires. Car ces lycées connaissent, d'après le ministre, "plus de décrochage" et ont "des besoins particuliers en ce mois de juin". Ces derniers accueilleront en priorité les classes en cours de "certification", c'est-à-dire les élèves en terminale et en CAP. Les élèves des lycées généraux et technologiques seront accueillis sur convocation de l'équipe éducative pour des entretiens individuels ou un travail en petits groupes. D'ici à la fin de l'année, tous les élèves devraient avoir bénéficié de cet entretien afin de faire le point sur leur scolarité, leur projet d'orientation et leur suivi de Parcoursup, précise le ministère sur son site.

Quant à l'oral du baccalauréat de français, seule épreuve de l'examen à ne pas avoir été remplacée par le contrôle continu jusque-là, il est à son tour annulé. "J'ai entendu les inquiétudes face à une situation exceptionnelle qui entraînait une inégale préparation" de cette épreuve, a expliqué Jean-Michel Blanquer. L'évaluation se fera donc à partir des "notes des deux premiers trimestres de l'année".

Ce qu'en pensent les syndicats. Pour Philippe Vincent, cette reprise "envoie un signal positif". Il estime toutefois que les établissements ne sont pas prêts. "On était tous en train de bâtir des scénarios divers et variés, mais il nous manquait quelques éléments, a-t-il expliqué sur france info. Par conséquent, je pense qu'on aura plutôt des retours partiels d'élèves en petits groupes à compter de jeudi et vendredi, voire de la semaine d'après." S'agissant de voir tous les élèves de tous les niveaux, de toutes les classes, au moins une fois, tel que l'a suggéré le ministre, "je ne suis pas certain que ce soit le bon choix à faire", estime le secrétaire général du SNDPEN, qui s'interroge sur "l'intérêt d'avoir vu une fois tous les élèves une heure".

"Si on veut que cette reprise soit positivement porteuse, je pense qu'il faut laisser les établissements cibler les élèves qui en ont vraiment le plus besoin. D'autant plus que ce sera forcément sur un temps court" Philippe Vincent sur france info

Il lui semble par ailleurs impossible d'accueillir ne serait-ce que tous les élèves d'un même niveau : "Sur un effectif de classe qui tourne plutôt autour de 35, il faut accueillir des groupes plutôt de 12. (...) Ça va quand même nous obliger à des accueils très partiels parce qu'on ne pourra pas de toute façon accueillir ensemble tous les élèves d'un même niveau. C'est impossible avec le protocole sanitaire."

La décision d'annuler l'oral du bac de français est en revanche unanimement saluée. "Cela faisait plusieurs semaines maintenant que tout le monde réclamait cette annulation", souligne Sophie Vénétitay, évoquant les conditions sanitaires. "L'attente devenait insupportable pour tout le monde, pour les élèves, les familles, les professeurs, ajoute la secrétaire générale adjointe du Snes-FSU. Enfin, Jean-Michel Blanquer a écouté et entendu les organisations syndicales."

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Architecture des écoles : aux grands maux les modèles oubliés...

29 Mai 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Architecture

EXTRAIT

Au moment où les élèves reprennent la classe dans des établissements pas vraiment adaptés aux consignes sanitaires actuelles, l’exposition «Batir l’école» dans les Hauts-de-Seine montre que d’anciennes méthodes d’agencement auraient pu répondre à de tels besoins.

Avant le confinement, l’exposition Bâtir l’école était déjà fort intéressante. Deux mois plus tard et alors que le retour des enfants à la vie scolaire semble si compliqué, elle devient essentielle (1). Le musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes (Hauts-de-Seine) où elle se tient relève de la catégorie «petit musée». Il a donc pu rouvrir et ce récit, sous-titré «architecture et pédagogie 1830-1939», montre à quel point dans l’art d’enseigner, la qualité des lieux compte au moins autant que celle des enseignants. A l’heure où les communes bricolent leurs locaux scolaires avec des scotchs au sol pour diriger les flux, des rubalises pour interdire l’accès aux jeux ou aux livres et des effectifs d’élèves réduits de moitié, d’autres modèles auraient-ils pu accueillir le bouleversement d’une pandémie ? La réponse est oui.

Dès l’entrée, la clé est donnée. Au sol, une marelle. Dans les cases, des dates. La taille de chaque case correspond à la surface par élève à cette époque-là. Or la nôtre n’est pas la plus généreuse, loin de là… On comprend tout de suite le problème auquel les maires se sont heurtés pour cette rentrée scolaire atypique : le manque de mètres carrés. Mais les superficies ne font pas tout. C’est aussi la façon dont elles sont pensées et agencées qui va permettre à l’école d’être plus ou moins adaptable à une situation sanitaire inédite mais aussi à un banal dédoublement des groupes d’élèves.

Terrasses solariums

Il faut commencer la visite par la fin. Plus exactement par les années 30. A cette époque apparaît en France «l’école de plein air», fruit des préoccupations d’un urbanisme hygiéniste. L’idée d’extraire les populations les plus pauvres des ravages de l’insalubrité des villes anciennes remonte à bien plus loin car dès le XIXe siècle, le socialisme utopique du familistère de Guise (Aisne) fondé par l’industriel Jean-Baptiste Godin ou de la cité-jardin des chocolatiers Menier à Noisiel (Seine-et-Marne) tente de l’éradiquer. Au siècle suivant, c’est le modèle de la cité-jardin à l’anglaise qui inspire les tenants d’une ville saine, aérée, moyen de lutte contre la tuberculose, le rachitisme et aussi, il faut le reconnaître, l’alcoolisme.

Cette nouvelle manière de loger le peuple, Henri Sellier, maire de Suresnes entre 1919 et 1941 mais surtout administrateur délégué de l’office public des habitations à bon marché du département de la Seine, l’a découverte en Angleterre. Dès 1915, ce socialiste importe le modèle en France. La cité-jardin mélange les maisons et les petits immeubles dans un cadre de verdure avec écoles, commerces, dispensaires, mais aussi une piscine et un gymnase. Quant aux logements, ils comportent des éléments de confort rares pour l’époque, comme les WC, l’eau sur l’évier…

Dans chacun de ces modèles urbains, l’école tient une place centrale. Toutefois, un pas supplémentaire est franchi quand Sellier, toujours novateur, fait construire à Suresnes une école de plein air. Le sujet est au cœur des réflexions théoriques de l’époque, avec l’organisation du premier congrès des écoles de plein air. Celle de Suresnes est dessinée par les architectes Eugène Beaudouin et Marcel Lods, tous deux fervents activistes du mouvement moderne, portant une vision sociale du droit au soleil et à un air purifié des miasmes.

Le plan de l’école de plein air de Suresnes est en rupture totale avec ce qui se faisait avant. Sur un terrain en pente du mont Valérien orienté plein sud, l’établissement s’organise en huit pavillons de plain-pied, sans escaliers, avec des terrasses solariums pour faire la classe dehors, une pataugeoire et des douches. «Durant cette période, l’exigence de l’hygiène transforme profondément la façon dont seront conçues les écoles, lit-on dans le catalogue de l’exposition. Désormais, les nouvelles structures scolaires, bénéficient d’espaces ensoleillés.» Et les salles de classe font 52 mètres carrés avec 4 mètres de hauteur sous plafond. L’exposition montre plusieurs exemples de ces écoles de plein air qui, pour la plupart, existent toujours même si les douches, la pataugeoire, la classe en plein air ou mieux encore, la piscine (à l’école Marius-Jacotot de Puteaux, Hauts-de-Seine), ne sont plus utilisées. L’école de plein air de Suresnes est protégée au titre des monuments historiques mais reste sans affectation.

(...)

Sibylle Vincendon

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