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Vivement l'Ecole!

Vangelis - Irène Papas...

26 Avril 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Per Olov Enquist...

26 Avril 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Par la même occasion, termina le roi, je voudrais gracieusement vous signifier que j'ai bien voulu ce jour nommer mon chien Vitrius Conseiller du royaume et que, dorénavant, il devra être traité avec le respect qui revient à ce titre.

Per Olov Enquist - Le Médecin personnel du roi

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Il cherchait à comprendre Marie. Il lui semblait qu’elle avait plusieurs visages. Marie fréquente, en toute simplicité, Paul et son épouse Jeanne Langevin, et leurs quatre enfants. Marie se fait du souci lorsque Jeanne se plaint des manières brusques de son mari. Elle s’indigne ! quand elle apprend que Jeanne a brisé une bouteille sur la tête de Paul. Elle note « des scènes effroyables » entre les époux. Rien de tout cela n’indique cependant qu’un amour est sur le point de détruire la vie de Marie, elle se fait simplement du souci pour lui et, selon toute apparence, il ne joue pas un rôle important.

Et le tic-tac de la bombe de l’amour ? Rien de tel ?

Peut-être. Dans le Livre des questions de Blanche, seulement des notes éparses et insolites sur Paul jusqu’au printemps 1910, seuls des entrefilets flous – (les règles !) – indiquent qu’il va jouer un rôle.

Il repose tranquille et indolore dans la vie de Marie comme une tumeur cancéreuse de l’amour.

Per Olov Enquist - Blanche et Marie

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Déconfinement: Macron rouvre les écoles envers et contre tous...

26 Avril 2020 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education

Déconfinement: Macron rouvre les écoles envers et contre tous...

En Italie, les classes ne reprendront qu'en septembre. C'est aussi ce que préconisaient les scientifiques qui conseillent le chef de l'État.

Ce sont deux événements, bien distincts, qui viennent contredire la stratégie de l’exécutif sur la réouverture des écoles, point majeur du plan de déconfinement qui sera soumis au vote des députés mardi 28 avril.

En Italie d’abord. Ce dimanche 26 avril, le chef du gouvernement italien, Giusseppe Conte, a fait savoir au cours d’un entretien au quotidien La Reppublica que les écoles ne rouvriraient pas avant septembre sur la péninsule pour ne pas mettre “en jeu la santé des enfants”.

La veille au soir, en France, la publication d’une note du conseil scientifique du gouvernement disait déjà la même chose. “Le conseil scientifique propose de maintenir les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités fermés jusqu’au mois de septembre”, préconisaient le 20 avril les membres de cette instance qui conseille Emmanuel Macron. Avant de prendre acte de la “décision politique” de l’exécutif.

Bien que l’Italie soit le pays d’Europe le plus frappé par l’épidémie de Covid-19, les chiffres français (22.614 décès enregistrés le 25 avril) ne sont pas si éloignés du bilan italien qui s’élève à 26.000 morts. De même, le conseil scientifique est en général suivi par l’exécutif qui s’était par exemple appuyé sur son avis pour ouvrir les bureaux de vote lors du premier tour des élections municipales, le 15 mars.

Conséquences économiques et sociales

Alors, pourquoi ne pas suivre ces recommandations? “La crise que nous traversons a des implications qui vont au-delà du sanitaire. On réalise les conséquences du confinement sur les autres maladies, et il y a des conséquences économiques qui sont aussi très importantes”, expliquait Arnaud Fontanet, membre du conseil scientifique, sur Europe1 ce 26 avril.

Pour l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, membre du conseil scientifique, a dit “tout à fait comprendre que le gouvernement ait des arbitrages à faire qui puissent être différents de nos positions qui elles sont strictement limitées au champ sanitaire, expliquait-il. “Pour moi ce n’est pas choquant qu’on puisse être sur certains points en porte-à-faux”, assurait le directeur de l’unité d’épidémiologie des maladies émergentes de l’Institut Pasteur.

Les violences intrafamiliales ont aussi explosé depuis le début du confinement. Le Conseil scientifique reconnaît ainsi l’existence d’“enjeux sociétaux”, “en particulier pour les enfants ayant fait l’objet d’un signalement et leur famille, l’absence d’école pouvant favoriser des situations de maltraitance”.

Ce dimanche, toujours sur Europe1, le Défenseur des droits Jacques Toubon a ainsi soutenu cette réouverture des établissements scolaires car il “mesure ce que cette fermeture crée ou exacerbe comme inégalités”. Des inégalités “sociales, culturelles, économiques, qui frappent particulièrement les enfants considérés comme pauvres ou très pauvres”.

“La santé des enfants variable d’ajustement”?

En revanche, si la gestion du déconfinement et l’ouverture des écoles provoque une hausse des cas de personnes infectées et relance la propagation du virus, viendra ensuite, forcément, la critique politique. Et celle-ci a déjà commencé.

Ce dimanche 26 avril, sur Twitter, le député socialiste Boris Vallaud s’étonnait de découvrir cet avis du conseil scientifique. ”Nous apprenons que le conseil scientifique préconisait de ne pas rouvrir les crèches et les écoles avant septembre. Je comprends mieux le sentiment de gêne de son Président lorsque je l’interrogeais sur ce qui avait guidé le choix du 11 mai”, pointe-t-il en relayant une question qu’il avait posée à l’Assemblée nationale à ce sujet le 15 avril. 

Plus sévère encore: le maire de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes) et ancien député LR, Lionnel Lucas, qui cite l’exemple de l’Italie toute proche et qui estime qu’“En France, la santé des enfants est une variable d’adaptation aux intérêts économiques!”. “C’est inadmissible!”, lance-t-il.

L’élu va plus loin en rappelant la décision de l’exécutif de maintenir le premier tour des élections municipales le 15 mars alors que les bars, restaurants et cinémas avaient fermé la veille. “L’histoire retiendra qu’Emmanuel Macron a suivi l’avis du conseil scientifique pour le maintien du 1er tour des élections municipales et qu’il ne l’a pas suivi pour ouvrir les crèches, écoles, collèges et lycées...”, note l’édile.  

Le gouvernement sera sans doute sommé dans les prochains jours de justifier son choix et la commission d’enquête de l’Assemblée nationale qui reviendra sur les failles de cette gestion de crise ne manquera sans doute pas de se replonger dans ce moment critique où les arbitrages politiques sont plus importants et délicats encore que d’ordinaire.

Astrid de Villaines

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"T'as voulu voir le salon" - Les Goguettes (en trio mais à quatre)...

26 Avril 2020 , Rédigé par Les Goguettes Publié dans #Musique

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Le Conseil scientifique recommande le masque « obligatoire » pour les collégiens et lycéens...

26 Avril 2020 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Le Conseil scientifique recommande le masque « obligatoire » pour les collégiens et lycéens...

Collégiens, lycéens et enseignants munis de masques anti-projections, déjeuner en classe, prise de température à la maison : le Conseil scientifique a publié samedi ses préconisations drastiques pour la rentrée scolaire du 11 mai, à la levée progressive du confinement.

« Le Conseil scientifique considère que pour les collégiens/lycéens pour lesquels la compréhension est bonne et l’éducation au port de masque est possible, le port de masque doit être obligatoire », indique le Conseil dans ce rapport mis en ligne samedi en soirée, considérant en revanche le port du masque « impossible » en maternelle.

Lorsqu’ils ne peuvent pas porter de masque, notamment pendant les repas, « les élèves et le personnel des établissements scolaires devront s’organiser pour respecter la règle de distanciation sociale », selon ce rapport de dix pages transmis vendredi aux autorités.

Le jour de la rentrée, les enfants devront bénéficier d’une information pratique sur la distanciation sociale, les mesures barrières et l’hygiène des mains.

Le Conseil recommande également une stratégie visant à réduire « le brassage des élèves », pour éviter « la fermeture de tout un établissement en cas de découverte d’un cas positif ».

Les établissements devraient faire en sorte que les élèves d’une classe ne croisent pas les élèves d’une autre classe ou que les élèves d’un même niveau ne croisent pas les élèves d’un autre niveau. Et « si c’est possible », qu’ils déjeunent tous en classe, à leur table.

Les règles de distanciation sociale devraient être adoptées dans tout l’établissement, les tables étant notamment écartées d’un mètre en classe.

Si l’espace est insuffisant, les établissements scolaires « devront réfléchir avant ouverture au rythme auquel ils peuvent accueillir les enfants dans de bonnes conditions sanitaires (un jour sur deux, une semaine sur deux, le matin vs. l’après-midi...) ».

Pour aller à l’école, « une multiplication de l’offre » devrait « permettre de réduire la densité des élèves dans les transports scolaires ».

Les parents sont invités à prendre la température des enfants chaque jour avant le départ pour l’école. En cas de symptômes, l’enfant ne devrait pas s’y rendre et les parents devraient prendre avis auprès de leur médecin traitant.

Concernant les tests, le Conseil scientifique considère qu’un dépistage massif des élèves et de l’ensemble du personnel « n’est pas envisageable », car il concernerait plus de 14 millions de personnes et devrait être renouvelé régulièrement (tous les cinq-sept jours) pour être efficace.

Le Conseil scientifique est par ailleurs « favorable » à ce que « le principe de volontariat et de non-obligation de la part des familles soit retenu, avec la possibilité d’une poursuite de l’enseignement à distance ».

La note intitulée « Enfants, écoles et environnement familial dans le contexte de la crise Covid-19 » peut être consultée ici. Le Conseil scientifique a publié une seconde note intitulé « Avis 6 du Conseil du 20 avril 2020 », que l'on peut consulter là.

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Education - "Ce que recommande le conseil scientifique pour la reprise des cours" - (Bon courage)

25 Avril 2020 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Education - "Ce que recommande le conseil scientifique pour la reprise des cours" - (Bon courage)

Coronavirus : nettoyage des établissements, port du masque obligatoire pour les collégiens et les lycéens... Ce que recommande le conseil scientifique pour la reprise des cours

Le Conseil scientifique a rendu public, samedi, son avis au gouvernement, notamment pour la réouverture des établissements scolaires.

Le Conseil scientifique a remis vendredi ses recommandations au gouvernement pour la réouverture des écoles dans de bonnes conditions. Cet avis, essentiel dans le cadre du plan de déconfinement qui doit être présenté mardi, a été rendu public, samedi 25 avril, et il aborde de nombreux points concrets sur la vie des établissements scolaires durant l'épidémie de coronavirus. Les experts réclament notamment des nettoyages réguliers dans les écoles et un port du masque obligatoire dans les collèges et lycées.

Le Conseil scientifique est notamment "favorable au principe de volontariat et de non obligation des familles", avec une possibilité de poursuivre les enseignements à distance. Les scientifiques estiment que tout doit être fait pour éviter le rassemblement des enfants et des parents à l’entrée des établissements scolaires. Ils évoquent notamment un échelonnement des horaires d'arrivée et de sortie des classes "pour que les élèves d'un même niveau ne croisent pas les élèves d'un autre niveau". Les établissements devront réfléchir eux-mêmes au rythme le plus adapté pour accueillir les enfants dans de bonnes conditions (un jour sur deux, une semaine sur deux...).

Des repas dans les salles de classe

Les recommandations évoquent par ailleurs les mesures sanitaires nécessaires dans les établissements. Au-delà des gestes barrières, il est demandé à chaque élève et membre du personnel de se laver les mains au minimum à l'arrivée à l'école, avant le début de la classe, à la fin des cours, mais aussi avant et à la fin de chaque repas. Le Conseil scientifique recommande également un "binettoyage de l'établissement "plusieurs fois par jour" avec des lingettes désinfectantes si possible. Les scientifiques préconisent également que les "enfants mangent dans la salle de classe à leur table".

Le port du masque retient enfin l'intérêt du Conseil scientifique. Celui-ci considère que le port de cette protection respiratoire doit être obligatoire pour les collégiens et les lycéens, mais qu'il est en revanche impossible pour les élèves en école de maternelle. Pour les enfants en élémentaire, le Conseil scientifique considère qu'il est difficile de fixer précisément un âge où "la compréhension serait suffisante pour recommander le port du masque de façon adaptée", d’autant qu’ils apparaissent "comme faiblement transmetteurs". Le rôle des parents est donc jugé "essentiel". 

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-nettoyage-des-etablissements-port-du-masque-obligatoire-pour-les-collegiens-et-les-lyceens-ce-que-recommande-le-conseil-scientifique-pour-la-reprise-des-cours_3934599.html#xtor=CS2-765-[autres]-

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Hummel...

25 Avril 2020 , Rédigé par Youtube Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Albert Camus...

25 Avril 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Ce sont souvent des amours secrètes, celles qu'on partage avec une ville. Des cités comme Paris, Prague, et même Florence sont refermées sur elles-mêmes et limitent ainsi le monde qui leur est propre. Mais Alger, et avec elle certains milieux privilégiés comme les villes sur la mer, s'ouvre dans le ciel comme une bouche ou une blessure. Ce qu'on peut aimer à Alger, c'est ce dont tout le monde vit : la mer au tournant de chaque rue, un certain poids de soleil, la beauté de la race. Et, comme toujours, dans cette impudeur et cette offrande se retrouve un parfum plus secret. À Paris, on peut avoir la nostalgie d'espace et de battements d'ailes. Ici, du moins, l'homme est comblé, et assuré de ses désirs, il peut alors mesurer ses richesses.

Il faut sans doute vivre longtemps à Alger pour comprendre ce que peut avoir de desséchant un excès de biens naturels. Il n'y a rien ici pour qui voudrait apprendre, s'éduquer ou devenir meilleur. Ce pays est sans leçons. Il ne promet ni ne fait entrevoir. Il se contente de donner, mais à profusion. Il est tout entier livré aux yeux et on le connaît dès l'instant où l'on en jouit. Ses plaisirs n'ont pas de remède, et ses joies restent sans espoir. Ce qu'il exige, ce sont des âmes clairvoyantes, c'est-à-dire sans consolation. Il demande qu'on fasse un acte de lucidité comme on fait un acte de foi. Singulier pays qui donne à l'homme qu'il nourrit à la fois sa splendeur et sa misère ! La richesse sensuelle dont un homme sensible de ce pays est pourvu, il n'est pas étonnant qu'elle coïncide avec le dénuement le plus extrême. Il n'est pas une vérité qui ne porte avec elle son amertume. Comment s'étonner alors si le visage de ce pays, je ne l'aime jamais plus qu'au milieu de ses hommes les plus pauvres ?

(...)

Il est des lieux où meurt l'esprit pour que naisse une vérité qui est sa négation même. Lorsque je suis allé à Djémila, il y avait du vent et du soleil, mais c'est une autre histoire. Ce qu'il faut dire d'abord, c'est qu'il y régnait un grand silence lourd et sans fêlure - quelque chose comme l'équilibre d'une balance. Des cris d'oiseaux, le son feutré de la flûte à trois trous, un piétinement de chèvres, des rumeurs venues du ciel, autant de bruits qui faisaient le silence et la désolation de ces lieux. De loin en loin, un claquement sec, un cri aigu, marquaient l'envol d'un oiseau tapi entre des pierres. Chaque chemin suivi, sentiers parmi les restes des maisons, grandes rues dallées sous les colonnes luisantes, forum immense entre l'arc de triomphe et le temple sur une éminence, tout conduit aux ravins qui bornent de toutes parts Djémila, jeu de cartes ouvert sur un ciel sans limites. Et l'on se trouve là, concentré, mis en face des pierres et du silence, à mesure que le jour avance et que les montagnes grandissent en devenant violettes. Mais le vent souffle sur le plateau de Djémila. Dans cette grande confusion du vent et du soleil qui mêle aux ruines la lumière, quelque chose se forge qui donne à l'homme la mesure de son identité avec la solitude et le silence de la ville morte.

(...)

Mais les hommes meurent malgré eux, malgré leurs décors. On leur dit : « Quand tu seras guéri... », et ils meurent. Je ne veux pas de cela. Car s'il y a des jours où la nature ment, il y a des jours où elle dit vrai. Djémila dit vrai ce soir, et avec quelle tristesse et insistante beauté ! Pour moi, devant ce monde, je ne veux pas mentir ni qu'on me mente. Je veux porter ma lucidité jusqu'au bout et regarder ma fin avec toute la profusion de ma jalousie et de mon horreur. C'est dans la mesure où je me sépare du monde que j'ai peur de la mort, dans la mesure où je m'attache au sort des hommes qui vivent, au lieu de contempler le ciel qui dure. Créer des morts conscientes, c'est diminuer la distance qui nous sépare du monde, et entrer sans joie dans l'accomplissement, conscient des images exaltantes d'un monde à jamais perdu. Et le chant triste des collines de Djémila m'enfonce plus avant dans l'âme l'amertume de cet enseignement.

Albert Camus - Noces

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Académie nationale de Médecine : mesures sanitaires pour la réouverture des écoles, collèges, lycées et crèches

25 Avril 2020 , Rédigé par Académie Nationale de médecine Publié dans #Education

Académie nationale de Médecine : mesures sanitaires pour la réouverture des écoles, collèges, lycées et crèches

Mesures sanitaires pour la réouverture des écoles, collèges, lycées et crèches

Communiqué de l’Académie nationale de Médecine

23 avril 2020

Parmi les premières mesures de sortie du confinement, la réouverture progressive des crèches et établissements scolaires à partir du 11 mai a été annoncée par le Gouvernement suivant un calendrier qui reste à préciser. Une telle décision doit s’appuyer sur des mesures de prévention adaptées à la situation de l’épidémie de Covid-19 dans chaque région du territoire national.

L’infection par le SARS-CoV-2 est moins fréquente chez les enfants que chez les adultes : dans les grandes séries étudiées en Chine et en Italie, les cas pédiatriques ne représentent que 1 à 3% de l’ensemble des cas. Ce sont le plus souvent des formes pauci-symptomatiques (rhinorrhée, toux, fièvre) voire asymptomatiques, les formes graves étant très rares (moins de 1%). Les infections à Covid-19 sont donc difficiles à distinguer des infections saisonnières banales, mais font courir un risque théorique de contamination de l’entourage. En fait, le rôle des enfants dans la transmission n’a pas encore été bien évalué. En Chine, la plupart des cas pédiatriques ont succédé à une contamination par l’entourage adulte. Malgré l’absence d’étude concluante publiée à ce jour, il semble que la contagiosité des enfants soit inférieure à celle des adultes.

La réouverture des établissements scolaires et des crèches doit être progressive et encadrée par des mesures sanitaires strictes.

Parents et enseignants redoutent que l’infection se transmette à partir de cas indétectés car inapparents. Les mesures sécuritaires proposées peuvent paraître insuffisantes ou difficiles à maintenir par les enseignants et le personnel scolaire si une mise en œuvre trop hâtive néglige une indispensable et rigoureuse préparation. La crainte est de favoriser une transmission intrafamiliale et une exposition secondaire des parents fragiles à la contamination par leurs enfants.

S’agissant des écoles, des collèges et des lycées, l’Académie nationale de médecine recommande :

  • avant la réouverture,
  • de prévoir une formation sur les gestes barrière pour les enseignants et le personnel, à relayer pour les enfants dès l’ouverture, avec des explications imagées, adaptées et répétées ;
  • de prévoir une information des parents pour éviter les rassemblements à la sortie de l’école.

d’assurer le meilleur niveau d’hygiène individuelle et collective :

  • lavage des mains systématique et pluriquotidien, à l’eau et au savon, dans des lavabos adaptés, avec essuie-mains jetables en papier pour le séchage ;
  • installation de distributeurs de solutions hydro-alcooliques dans les toilettes, les salles de classe, à l’entrée et à la sortie de l’établissement ;
  • nettoyage et désinfection des locaux au moins une fois par jour et pluri-quotidiennement pour les sanitaires, les rampes d’escalier, les tables en salle de classe, les poignées de porte et les supports pédagogiques ;
  • aération des locaux plusieurs fois par jour ;
  • sécurisation du stockage et de l’élimination des déchets ;
  • maintien d’une réserve suffisante de masques anti-projection (ou de masques alternatifs) pour les adultes (enseignants, personnel, parents) et pour les élèves dès l’âge de 6 ans, à partir du cours préparatoire (CP), à porter lors des activités récréatives en dehors de la classe et à la sortie de l’établissement.

de respecter les règles de distanciation:

  • aménager les horaires avec les enseignants pour un accueil espacé des enfants ;
  • assurer un écartement d’un mètre au minimum entre les tables de classe ;
  • assurer une disposition sécurisée des places dans les cantines ;
  • organiser les récréations par petits groupes, composés si possible des mêmes enfants ;
  • ne pas autoriser les rassemblements de parents et d’enfants à la sortie.

de détecter rapidement tout cas suspect :

  • en prenant la température par thermomètre frontal chaque matin, avant l’entrée dans les locaux ;
  • en dirigeant tout enfant fébrile vers le médecin traitant ou, à défaut, vers le médecin scolaire.

S’agissant des crèches, l’Académie nationale de médecine recommande en outre :

  • d’accueillir un seul parent dans un sas d’entrée pour prendre la température du nourrisson ;
  • en cas de fièvre, de le renvoyer à son domicile et de prendre un avis médical ;
  • de porter impérativement un masque et une surblouse changée quotidiennement pour prodiguer les soins et donner les biberons ;
  • d’observer une hygiène rigoureuse avec lavage des mains répété entre chaque nourrisson lors des soins et avant la préparation des biberons ;
  • de prendre en considération la possibilité d’une élimination fécale du Sars-CoV-2 lors de la manipulation et de l’élimination des couches.

CONTACT PRESSE :
Virginie Gustin : +33 (0)6 62 52 43 42 | virginie.gustin@academie-medecine.fr

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Covid-19 : pour une mémoire ordinaire de l’extraordinaire...

25 Avril 2020 , Rédigé par Libération Publié dans #Histoire

Covid-19 : pour une mémoire ordinaire de l’extraordinaire...

Ce que nous retiendrons de la période actuelle ne doit pas se réduire à une affaire de grands hommes et d’arbitrages politiques, ni au caractère sensationnel de l’événement. Il faudra donner la voix à celles et ceux qui gèrent la crise au quotidien et éclairer le vécu des populations.

Tribune. En raison de la pandémie mondiale de Covid-19, la majorité de l’humanité est appelée à pratiquer une forme de confinement et fait face à la réduction de ses libertés individuelles. C’est pourquoi, nous, historien·ne·s, sociologues et archivistes, appelons les particuliers, les institutions et les pouvoirs publics à conserver des archives sur cet évènement qui rompt avec le quotidien des sociétés industrialisées à l’échelle planétaire. Son analyse doit mettre en lumière des «vies minuscules», d’ordinaire invisibles, mais qui participent à la grande histoire des sociétés humaines.

La construction d’une mémoire n’est jamais neutre. Les sciences sociales qui traitent du passé restent tributaires des traces laissées par les contemporains, puis conservées dans des fonds d’archives. Or, ces traces peuvent surreprésenter ou invisibiliser des groupes sociaux, suivant les méthodes de collecte qui ont été choisies et les documents qui ont été privilégiés. Ce point n’est pas anecdotique : les choix d’archivage orientent la manière de faire de l’histoire chez les historien·ne·s et pèsent sur la manière de se représenter le passé parmi les citoyens.

Comme l’ont précisé plusieurs chercheur·euse·s, la crise sanitaire actuelle touche plus particulièrement les classes sociales qui sont d’ordinaire invisibles. En soignant ou en assurant la continuité des services de base – alimentation, propreté et maintien de l’ordre public – elles se trouvent en première ligne de la lutte contre le Covid-19.

Pour ne pas oublier leur rôle, la période qui entoure cette pandémie doit être appréhendée sous l’angle de l’histoire sociale. Elle ne doit pas se réduire à une affaire de grands hommes et d’arbitrages politiques, ni au caractère sensationnel de l’évènement. Le recours à l’histoire sociale vise à mettre en lumière les expériences contrastées et multiples de la pandémie selon les lieux, les genres et les âges et ainsi à écrire une histoire ordinaire de l’extraordinaire. L’enjeu est, d’une part, de donner la voix à celles et ceux qui gèrent la crise au quotidien. Parmi ces actrices et ces acteurs, il est essentiel de souligner le rôle des femmes, qui se trouvent en première ligne dans les services de santé, les services sociaux et la grande distribution. L’enjeu est, d’autre part, d’éclairer le vécu de populations, qui suivant les configurations politiques, font face à l’arrêt de leur activité économique, à la généralisation du télétravail, ou bien, ont un accès limité aux biens de première nécessité.

Afin de ne pas reproduire une histoire des dominants, il est primordial de conserver la mémoire des gens ordinaires : caissier·ère·s, parents, postier·ère·s, soignant·e·s, ouvrier·ière·s, agent·e·s de transports, camionneur·euse·s, prisonnier·ère·s, infirmier·ère·s, travailleur·euse·s migrant·e·s, réfugié·e·s ou enfants ; autrement dit, de collecter des récits citoyens et de ne pas s’en tenir aux seuls documents administratifs. Cet archivage pourrait s’inspirer des actions menées par les Archives de Paris, les Archives de la ville de Bruxelles et la Manchester Art Gallery and Archives respectivement après les attentats de 2015, de 2016 et de 2017. Ces centres ont pris l’initiative de récupérer et de numériser un grand nombre de messages déposés par la population dans des lieux de mémoire éphémères. Concernant la pandémie de Covid-19, plusieurs projets commencent à voir le jour. Des initiatives de documentation du confinement ont déjà été entreprises dans de nombreux endroits, par des musées, des chercheur.euse.s ou des centres d’archives locaux (1).

Cependant, il est nécessaire d’aller plus loin. D’abord, nous invitons chacun d’entre nous à conserver des témoignages personnels et professionnels sur la pandémie. Ces témoignages sont multiples : photographies, vidéos, récits de vie et de confinement, sites de solidarité, affiches, correspondances numériques, registres d’hôpitaux ou encore articles de presse. Ensuite, et surtout, nous appelons les centres d’archives, affiliés à des municipalités, des universités ou des organisations internationales, à créer des fonds dédiés à la pandémie. Ces institutions pourront par la suite lancer une collecte auprès des gestionnaires invisibles de la crise et de leurs lieux de travail, mais aussi recenser les récits qui sont actuellement publiés par des journaux, des blogs et des Tumblr. Il est également primordial de recourir à l’histoire orale et de mener une série d’entretiens auprès du personnel de première ligne et des populations touchées, soit par téléphone soit à la sortie de la crise sanitaire (2).

Pour nous, historien·ne·s, sociologues et archivistes, la pandémie liée au Covid-19 constitue un fait social total et une occasion d’exploiter les réflexions qui ont animé la recherche ces cinquante dernières années. Loin d’être l’objet d’une histoire confinée, elle pourra éclairer d’autres phénomènes sociaux et ainsi nourrir une multitude de champs historiographiques, tels que l’histoire des solidarités et des politiques sociales, l’histoire des politiques publiques ou l’histoire des épidémies.

L’enjeu est, enfin, de contribuer à la construction d’une mémoire « ordinaire », inclusive et citoyenne de la pandémie. A ce titre, nous espérons que cet appel constituera un pont entre des donateurs potentiels et des centres d’archives et qu’il encouragera une collaboration internationale entre ces institutions.

 (1) En français, le blog L’histoire contemporaine à l’ère numérique recense les projets de ce type. Aux États-Unis, en Suisse, ou encore en Finlande, des musées ont commencé à récupérer des objets et des photographies. En Chine, le projet «Reporting, Non-fiction and Personal Narrative» récupère des témoignages.

(2) A titre d’exemple, le programme 13-11, qui a été mis en place après les attentats de novembre 2015 en France, a lancé le recueil de témoignages d’un groupe de 1000 personnes volontaires sur une dizaine d’années.

Myriam Piguet , historienne (Université de Genève) et Caroline Montebello, historienne (Université de Genève, EHESS)

La liste des signataires est à découvrir en cliquant sur le lien ci-dessous

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