Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

« Même un cours virtuel est préférable à une fausse présence »

28 Avril 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

« Même un cours virtuel est préférable à une fausse présence »

EXTRAITS

Au-delà de la crainte qu’inspire l’épidémie, porter un masque pour enseigner dénature le principe fondamental de la pédagogie : incarner un savoir, estime dans une tribune au « Monde » la professeure de français Annabelle Martin Golay, qui recommande que les cours en visioconférence soient maintenus.

Tribune. Enseigner, c’est une relation incarnée, vivante, qui passe par l’expressivité du visage, par le sourire et la voix. Tel est le principe fondamental de la pédagogie : pour accéder au savoir, il faut se sentir en confiance au sein d’un environnement bienveillant et rassurant.

Quand je préparais mon doctorat aux Etats-Unis, nous apprenions, dans le cadre d’un séminaire, à penser et à développer une « philosophie de l’enseignement », une sorte d’éthique de la transmission du savoir. Ce que j’ai retenu de mes études en France comme à l’étranger, de ma formation comme de ma pratique, c’est une priorité absolue : la nécessité de créer un environnement favorable aux apprentissages.

D’où l’importance du contexte : une salle de classe pensée et organisée pour offrir cet espace de travail sécurisant, l’attitude mentale d’un professeur qui laisse tous ses soucis personnels de côté au moment où il franchit le seuil de sa salle de classe pour être entièrement présent à ses élèves. Comme en psychanalyse, se produit alors une sorte de transfert, une relation affective. L’enseignant incarne de façon animée et vivante ce qu’il transmet.

(...)

Comme des comédiens

Je parle de littérature mais je crois que pour la grammaire ou les mathématiques, le problème est essentiellement comparable. Nous sommes un peu comme des comédiens, des comédiens parfaitement sincères cependant, qui incarnent le savoir qu’ils ont à transmettre. La princesse de Clèves, c’est moi. Mais la proposition subordonnée conjonctive circonstancielle, c’est moi aussi. Je rends ce savoir vivant et accessible. Sinon, mes élèves n’ont plus besoin de moi. Tout est dans les livres.

En somme, si je conçois d’une certaine façon mon métier comme une comédie parfaitement sincère où j’incarne le savoir que je veux transmettre, je refuse toutefois de jouer une comédie insincère où je travestirais mes émotions et mes craintes. Et je suis profondément mal à l’aise et inquiète à l’idée de reprendre les cours « en présence » dans des conditions tellement incertaines, face à une épidémie encore mal connue et mal maîtrisée. Je prétendrais transmettre un savoir, non de façon authentique, mais uniquement parce que j’y suis contrainte. La mission que nous considérons comme un bienfait deviendrait plutôt le vecteur d’une mauvaise transmission, dans les deux sens du terme.

(...)

C’est pourquoi il me semble nettement préférable de continuer pour le moment les cours en visioconférence, de chercher des solutions efficaces pour la vraie priorité immédiate (les « décrocheurs »), jusqu’à ce qu’on ait progressé à la fois dans la connaissance sur le virus et son traitement et dans une préparation raisonnée et mûrie des conditions nouvelles de l’enseignement au vu de la situation d’ensemble.

Annabelle Martin Golay est professeure de français dans un lycée en Ardèche. Docteure en littérature de l’université Lyon-II et de l’université Tulane (Etats-Unis), elle est auteure de « Beauvoir intime et politique. La fabrique des Mémoires » (Presses du Septentrion, 2013).

La tribune est à lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous

Lire la suite

CP : Quel effet des réformes Blanquer ?

28 Avril 2020 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

CP : Quel effet des réformes Blanquer ?

EXTRAITS

Fleuron des réformes menées par JM Blanquer depuis 2017, le dédoublement des classes de CP et la réforme pédagogique menée dans ces classes portent-ils des fruits ? Deux Notes de la Depp (Division des études du ministère de l'éducation nationale), montre que les progrès sont maigres voir inexistants. Si les enseignants des classes de CP dédoublés se sentent plus confiants,  il n'est pas possible de dire que cela a quelque chose à voir avec les dédoublements eux-mêmes. Par contre l'étude de la Depp montre le maintien d'un fort écart entre les classes de rep et rep+ et hors éducation prioritaire. Alors que les réformes Blanquer ont couté des milliers de postes, les grands progrès promis ne sont pas au rendez-vous.

(...)

Malgré les dédoublements pas de réduction des inégalités

Mais ce n'est pas sur ces résultats très globaux qu'on a vendu à l'opinion les réformes Blanquer. La promesse était celle du 100% réussite et donc d'une très forte amélioration des résultats dans l'éducation prioritaire avec une nette réduction des écarts entre éducation prioritaire et hors éducation prioritaire.

Or à en croire la Depp, on a "des écarts stables entre l'éducation prioritaire et le public hors éducation prioritaire entre mi cp 2019 et mi cp 2020". Ainsi si l'on prend la compréhension de phrases à l'oral, 63% des élèves de Rep+ réussissent le test en 2020. Ils étaient 64% en 2019 : la situation s'est (légèrement) dégradée. C'est d'ailleurs la même chose en rep : 72% contre 73% en 2019. Hors éducation prioritaire on a 86% de réussite. L'écart est en gros resté le même. Il a en fait augmenté de 1%.

La situation est identique pour la compétence "lire à voix haute un texte". Là aussi les résultats sont un peu moins bons en 2020 qu'en 2019 et l'écart entre éducation priroitaire et non prioritaire a un peu augmenté.

En maths on a quelques progrès dans la compétence écrire un nombre sous la dictée. Mais en résolution  de problèmes les résultats osnt un peu moins bons en Rep+ qu'en 2019. En gros c'est la stabilité.

Malgré la maitrise des évaluations par les services ministériels, la promesse d'une amélioration des résultats des élèves les plus fragiles n'est pas tenue. Ne parlons pas du 100% réussite… Les écarts entre les écoliers de l'éducation prioritaire et les élèves plus favorisés restent les mêmes. Cela alors qu'on a deux années de CP dédoublés en Rep et Rep+. Pour mémoire, ces classes dédoublées ont absorbé des milliers de postes pris en supprimant les maitres surnuméraires et en remplissant les classes des autres niveaux.

(...)

F Jarraud

Le billet est à lire dans son intégralité en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Revue de Presse Education... Consignes — Réactions — Ailleurs — Ressources...

28 Avril 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education

Revue de Presse Education... Consignes — Réactions — Ailleurs — Ressources...

L’horizon de la reprise le 11 mai envahit l’actualité éducative. On ira également ailleurs pour voir comment d’autres s’y prennent. Désolé si la revue est un peu indigeste en ce moment.

Consignes

Exclusif : les consignes du Ministère de l’Education nationale aux enseignants pour le 11 mai
C’est un document de 9 pages adressé par mail dans la soirée du 23 avril par l’Académie de Montpellier aux “personnels accueillant des élèves dans le contexte d’épidémie due au COVID 19” qui “nécessite d’adapter les conditions d’accueil des élèves et les conditions de travail des personnels”. Il tient en 8 points.”

Collèges et lycées : vers un masque "obligatoire" pour les élèves à partir du 11 mai  ?
Dans un rapport, le Conseil scientifique estime également qu’il est préférable que les élèves déjeunent tous en classe à leur table.”

L’interview de J.-M. Blanquer : "Non, le retour à l’école sur la base du volontariat n’est pas un accroc à la loi de 1882"
Dans un entretien accordé à France 24 et RFI, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, revient sur la reprise progressive de l’école prévue à partir du 11 mai 2020 et basée sur le volontariat. Il met également en garde contre les conséquences du décrochage scolaire, qu’il qualifie de "catastrophe éducative mondiale".”

École, commerces, dépistages, seniors… Ce que recommande le Conseil scientifique pour le déconfinement
Le comité a rendu deux avis, dont l’un porte exclusivement sur la réouverture des établissements scolaires, qu’il déconseillait jusqu’à septembre.”

Sur le site du Ministère des solidarités et de la santé, voir la page COVID-19 :Conseil scientifique COVID-19 qui présente les avis du Conseil scientifique COVID-19.

Nettoyages, masques et prise de température à l’entrée des écoles : "C’est mission impossible"
Alors que la date de déconfinement approche, le Conseil scientifique a recommandé le port du masque pour tous les collégiens et lycéens, ainsi qu’un nettoyage régulier des écoles. Philippe Vincent, président du Syndicat national des personnels de direction de l’Education nationale (SNPDEN), parle sur Europe 1 d’une "mission impossible".”

Reprise : Le "non mais" du Conseil scientifique
Dans deux avis rendus au gouvernement les 20 et 24 avril, mais que celui-ci n’a rendu publics que le 25 au soir, le Conseil scientifique Covid-19 émet un avis défavorable à la réouverture des écoles et établissements scolaires avant septembre mais propose des consignes pour la réouverture. Dans une lettre adressée au gouvernement le 17 avril, une large intersyndicale de l’enseignement lui avait demandé de suivre l’avis du Conseil scientifique. Elle se trouve maintenant face à la position ambiguë du conseil. Le gouvernement fera connaitre son plan pour l’école le 28 avril.”

Le Conseil scientifique préconisait de fermer les écoles jusqu’en septembre
"Le Conseil scientifique prend acte de la décision politique prenant en compte les enjeux sanitaires mais aussi sociétaux et économiques", peut-on lire dans le rapport.” Le HuffPost avec AFP

Ecoles : le désaccord entre gouvernement et conseil scientifique "pas choquant" (membres du conseil) par AFP
"Pour moi ce n’est pas choquant qu’on puisse être sur certains points en porte-à-faux (...) Je comprends tout à fait que le gouvernement ait des arbitrages à faire qui puissent être différents de nos positions qui elles sont strictement limitées au champ sanitaire et c’est très important que les rôles restent séparés", a déclaré sur Europe 1 Arnaud Fontanet, directeur de l’unité d’épidémiologie des maladies émergentes de l’Institut Pasteur.”

Retour à l’école le 11 mai : le gouvernement est allé contre l’avis du Conseil scientifique
Depuis le début de la crise sanitaire, le Conseil scientifique avise le gouvernement sur les mesures qu’il serait bon de prendre, ou pas, afin d’endiguer la propagation du virus. Alors qu’une levée progressive du confinement approche, certains désaccords apparaissent.”

Réactions

Déconfinement : François Rebsamen, maire de Dijon, encourage le retour à l’école
Alors que le Premier ministre Edouard Philippe présentera ce mardi devant l’Assemblée nationale "la stratégie nationale du plan de déconfinement", les maires de France réfléchissent à la reprise de l’école le 11 mai, sur la base du volontariat. Avec quinze jours seulement pour l’organiser, à Dijon François Rebsamen comptait sur des directives précises. Ce samedi 25 avril, avec 41 autres élus de l’association France Urbaine qui regroupe les grandes villes du pays, il exposé ses questionnements au ministre de l’Education Nationale. Dans la foulée, le conseil Scientifique a dévoilé ses préconisations en vue de la réouverture des établissements scolaires. Dans ces conditions, François Rebsamen espère que les Dijonnais seront nombreux à revenir à l’école.”

Réouverture : mission impossible ? pour les personnels de direction et les inspecteurs d’académie, menaces de SUD, de la FSU, du SNES et du SNUEP. Paru dans Scolaire le dimanche 26 avril 2020.
Selon une information recueillie par ToutEduc, le SNPDEN-UNSA devrait faire valoir au ministe qu’il était déjà extrêmement compliqué de respecter chacune des préconisations du Conseil scientifique pour rouvrir les collèges et lycées, mais qu’il sera impossible aux personnels de direction de les respecter toutes ensemble.
Le syndicat des inspecteurs d’académie "prend acte de la décision d’une rentrée scolaire au 11 mai", mais "doutent de la garantie d’une sécurité sanitaire au 11 mai dans tous les contextes d’enseignement". Les inspecteurs s’inquiètent de "la protection juridique de l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale et des collectivités territoriales". Comment faire en sorte que chaque intervenant "ne voie pas sa responsabilité individuelle engagée" suite à une "transmission identifiée de la maladie" ou au non-respect des normes" ? Le refus d’ouvrir un établissement sera-t-il considéré comme "un acte de désobéissance" ? Mais ils s’inquiètent aussi du sens donné à la "continuité pédagogique". "Quel public accueillir, quand l’accueillir, comment l’accueillir et pour faire quoi quand il ne restera que 6 à 8 semaines voire moins pour certains ?"

Reprise : Syndicats et personnels face au risque sanitaire
Après avoir remarquablement échoué à gérer la crise sanitaire, le gouvernement s’acharne à louper la reprise. Là où il faudrait de la concertation, il méprise l’avis du conseil scientifique qu’il a lui-même institué et des professionnels et multiplie la communication brouillonne. Le sentiment d’insécurité et de défiance est à son comble. Jetés dans cette aventure, les syndicats veulent gagner du temps. Certains sont dans le refus de la reprise. Tous sont face à leur responsabilité. Tous sont pris au piège du possible. Dans l’enseignement, comme dans la société, on s’approche du point de rupture.”

Reprise des cours : Ce que vous nous dites
Est-ce une bonne idée de reprendre le 11 mai ? Qu’en pensez-vous ? Le Café pédagogique a sondé ses lecteurs enseignants à travers deux réseaux sociaux : notre groupe Facebook et notre fil Twitter. Cette consultation express sur 24 heures ne prétend pas valoir un véritable sondage d’opinion. Mais, avec près de 10 000 réponses (9303 pour le premier sondage), elle atteint un volume de réponses qui fait qu’on ne peut pas l’écarter. Et ce que vous dites c’est que cette reprise n’a pas d’intérêt pédagogique mais que vous rejoindrez malgré tout l’Ecole le 11 mai la peur au ventre…

Ecoles et collèges : « mission impossible »Les préconisations du conseil scientifique pour gérer une réouverture le 11 mai relèvent du casse-tête.

SCANDALEUX : EN ARIÈGE ; L’ACADÉMIE FAIT LA CHASSE AUX "MAUVAIS" PROFS par Émilien Urbach
Des fiches qui permettront de « garder mémoire nominative des engagements remarquables et remarqués ; l’inverse est aussi vrai… ». L’inspection d’académie du département pyrénéen demande aux établissements de traquer les enseignants pas assez impliqués pendant le confinement.”

Ailleurs

Belgique : Coronavirus : enseignement supérieur, le gouvernement valide les mesures
Le gouvernement de Fédération Wallonie-Bruxelles a adopté vendredi l’arrêté précisant les mesures à respecter dans l’enseignement supérieur pour l’organisation de la fin de l’année académique et, entre autres, les examens. Un certain nombre de "balises" ont été définies "pour protéger les étudiants" et veiller à une égalité de traitement, assure le lendemain en soirée le cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Glatigny (MR).”

En Fédération Wallonie-Bruxelles, seuls les élèves de 6e primaire et 6e secondaire sont attendus le 18 mai
La reprise progressive des cours dans les établissements scolaires a été décidée lors du Conseil national de Sécurité (CNS) qui s’est réuni ce vendredi pour poser les premiers pas du déconfinement en Belgique. Il ne sera pas question de remettre tous les élèves dans les classes en une fois et des règles d’hygiène strictes seront appliquées dans les écoles.
Pour le reste, chaque communauté, compétente en matière d’enseignement, met en œuvre cette rentrée selon ses modalités. Il y aura donc quelques différences entre élèves du pays.
L’intégralité de la circulaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles est à lire ICI

Tizi-Ouzou - Malgré les retards dans les cours et les examens Etudiants et enseignants excluent l’année blanche
"Les étudiants attendent des précisions sur une éventuelle réouverture des universités pour éviter l’année blanche. Sarah, étudiante en sciences économiques à l’université de Tipasa, nous a confié ses inquiétudes à ce sujet."

Coronavirus en Italie : les écoles rouvriront en septembre
“Le Premier ministre italien livre dans une interview publiée ce dimanche par le quotidien La Republica quelques pistes pour le déconfinement en Italie. Un plan détaillé doit suivre ce dimanche soir et au début de la semaine prochaine. Giuseppe Conte promet la réouverture des écoles en septembre seulement pour ne pas mettre "en jeu la santé des enfants". Certains déplacements seront possibles à partir du 4 mai, mais il faudra encore attendre avant que les Italiens retrouvent toute leur liberté de mouvement et notamment le chemin des restaurants et cafés, avertit le chef du gouvernement. L’Italie commencera à rouvrir ses usines le 4 mai dans le cadre de ses mesures de déconfinement, annonce aussi Giuseppe Conte.”

Coronavirus : Au Danemark, la vie scolaire réinventée pour le déconfinement par Jean-Baptiste François
Depuis la reprise progressive de l’école le 15 avril, le Danemark expérimente de nouvelles solutions. Alors que l’espace manque pour faire respecter la distance de sécurité sanitaire, les cours en extérieur sont privilégiés, et certains locaux inutilisés pourraient être convertis en établissement scolaire.”

VIDEO. "Il y a beaucoup d’inquiétude mais nous devons continuer à éduquer" : en Suède, les écoles n’ont pas fermé malgré le coronavirus
En France se pose la question de la méthode de reprise des cours, pour les écoliers, collégiens, et lycéens. Côté suédois, cette problématique ne se présente pas car les établissements scolaires n’ont pas fermé et se sont contentés d’aménagements pour limiter les contaminations au Covid-19.”

Confinement : le gouvernement espagnol demande « pardon » aux enfants Par Le Figaro avec AFP
L’un des vice-présidents du gouvernement de gauche espagnol a demandé jeudi 23 avril « pardon » aux enfants qui ont dû rester enfermés chez eux depuis la mi-mars en raison du confinement et qui pourront sortir à partir de dimanche.”

Ressources

10 MOOC pour repenser son orientation ou sa reconversion professionnelle pendant le confinement
Avec le prolongement du confinement, on s’est dit que vous alliez avoir du temps à revendre. Voilà pourquoi nous vous proposons, en plus de notre traditionnelle sélection mensuelle, un deuxième "best of", qui cette fois vous aidera à répondre aux questions existentielles que vous vous posez en ce moment sur votre vie pro.”

Bernard Desclaux

Lire la suite

Stevy Mahy...

27 Avril 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de coeur... Anna Hope...

27 Avril 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

« Elles sont toutes différentes, et pourtant toutes pareilles. Toutes redoutent de les laisser partir. Et si on se sent coupable, c’est encore plus dur de relâcher les morts. On les garde près de nous, on les surveille jalousement. Ils étaient à nous. On veut qu’ils le restent. » Il y a un silence. « Mais ils ne sont pas à nous, poursuit-elle. Et dans un sens, ils ne l’ont jamais été. Ils n’appartiennent qu’à eux-mêmes, et seulement à eux. Tout comme nous nous appartenons. Et c’est terrible par certains côtés, et par d’autres… ça pourrait nous libérer. » Ada se tait, absorbant ces paroles, puis : « Où croyez-vous qu’ils sont ? demande-t-elle. — Qui ça ? — Tous ces garçons morts. Où sont-ils ? Ils ne sont pas au paradis, n’est-ce pas ? C’est impossible. Les vieux, les malades, les bébés, et ensuite – tous ces jeunes hommes. Un instant ils sont jeunes, ils sont vivants, et celui d’après ils sont morts. En l’espace de quelques heures ils sont tous morts. Où sont-ils allés ? — Avez-vous jamais été croyante ? — Je pensais l’être à une époque. » Le visage de la femme change, il semble plus vieux tout à coup, ses contours sont moins nets. « Je ne sais pas où ils sont, répond-elle. Je peux écouter, avec les objets que les gens m’apportent, je peux essayer d’entendre. Et parfois, certains semblent… calmes, je le sens. Et je peux transmettre cette impression. Et ça aide, je crois. D’autres sont plus difficiles. » Ada se lèche les lèvres. Elles sont gercées, sèches. « Et Michael, alors ? Et mon fils ? » La femme fronce les sourcils, revient à la table et y pose les mains. Elle reste là un instant. Puis elle secoue la tête, comme pour l’éclaircir. « Je crois, répond-elle, que vous devez apprendre à le laisser partir. »

Anna Hope - Le chagrin des vivants

Lire la suite

Blanquer voit midi à sa porte...

27 Avril 2020 , Rédigé par Liberation - Chez Pol Publié dans #Education

Blanquer voit midi à sa porte...

C’est un peu la théorie de la relativité appliquée à la politique : en prenant les exemples qui arrangent, on peut toujours trouver des faits pour aller dans son sens. Jean-Michel Blanquer l’a parfaitement démontré ce week-end, en manipulant les faits pour coller à sa position, et celle du Président, de rouvrir les écoles à la date - qui fait débat - du 11 mai, même si certaines dernières études affirment que les enfants sont moins contagieux. 

Premier exemple : samedi, le fameux Conseil scientifique, qui conseille l’exécutif, voit ses deux derniers avis enfin rendus publics sur le site du ministère de la Santé. Dans l’un de ces avis, ceux qui ont orienté jusqu’ici les décisions d’Emmanuel Macron s’opposent à une réouverture des crèches, écoles, collèges et lycées le 11 mai et recommandent une reprise en septembre. Mais, bizarrement, le ministre de l’Education nationale ne communique pas sur cet avis par ailleurs publié tardivement, mais sur le second, qui «prend acte» de la décision politique du 11 mai en ajoutant ses préconisations si cette date était finalement choisie. «Avec cette note du Conseil scientifique, nous avons la base pour l’élaboration du protocole sanitaire annoncé pour donner un cadre sûr au déconfinement scolaire», se réjouit pourtant Blanquer dans un tweet, omettant sciemment l’autre avis qui ne va pas dans le sens du vent présidentiel.

Le tweet supprimé de Jean-Michel Blanquer.

Deuxième exemple : hier, Jean-Michel Blanquer se lève comme un dimanche, lit le JDD et est tout content de voir un article expliquer pourquoi le Danemark rouvre déjà ses écoles. Ni une ni deux, le ministre se dit que c’est une bonne matière «pour nourrir la réflexion», comme il le tweete, et répondre aux critiques nombreuses et variées sur le retour en classe, certes progressif, le 11 mai. Bizarrement (bis), ce tweet sera ensuite supprimé. L’exemple danois n’était peut-être pas le plus pertinent pour soutenir une réouverture précoce des écoles françaises. La situation hexagonale (nombre de cas avérés de contaminations au Covid et nombre de décès) est bien plus proche de celle de l’Italie (26 000 morts) que du Danemark (418 morts). Le jour même, le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte annonçait lui que «l’école rouvrira en septembre», pour ne pas mettre «en jeu la santé des enfants», soulignant que «tous les scénarios préparés par un comité d'experts prévoyaient des risques élevés de contagion en cas de réouverture avant septembre». Via @chez_pol

Lire la suite

Lettre ouverte au Président Emmanuel Macron : Enfants en danger, halte au massacre! (2 avril 2020)

27 Avril 2020 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Lettre ouverte au Président Emmanuel Macron : Enfants en danger, halte au massacre! (2 avril 2020)

Je suis scandalisé - le mot est faible - de lire la Macronie soudain soucieuse des "décrocheurs" et enfants maltraités.

Jamais la majorité n'a autant parlé d'eux.

Aujourd'hui pour justifier une reprise scolaire qui est une folie sanitaire et pédagogique!

Christophe Chartreux

                           ___________________________________

Lettre ouverte au Président Emmanuel Macron : Enfants en danger, halte au massacre.

Monsieur le Président,

Notre pays traverse une période de crise sanitaire sans précédent. Vous l’avez vous-même répété à de nombreuses reprises « nous sommes en guerre ». La guerre tue : toutes ces victimes du Covid19, tous ceux et celles qui ne peuvent pas se faire soigner comme ils le pourraient en dehors de cette pandémie. Et puis il y aura les autres morts, celles liées à l’épuisement professionnel, au traumatisme vicariant des sauveteurs, aux suicides d’agents, comme après les attentats. Vous ne pouvez pas l’ignorer.

En contexte de crise, il y a d’innombrables choses à penser et à concevoir pour maintenir un minimum de cohésion sociale et limiter les polémiques qui ne sont que des réactions défensives face à l’angoisse liée à cet ennemi invisible. Et votre rôle est fondamental, mais très délicat.

Vous pensez à beaucoup de monde et mettez en place beaucoup de choses en particulier pour les soignants, les patients et tous ces professionnels de l’ombre. Mais il y a une catégorie de la population que vous semblez totalement passer en second plan : les enfants.

Il aurait été nécessaire que vous leur fassiez une allocution dédiée pour leur expliquer ce qu’ils vivent, pourquoi ne pas l’avoir fait ?

Il serait indispensable que le Ministère de l’Éducation nationale lâche sur ses programmes et évaluations et se concentre davantage sur la façon dont les enseignants vont récupérer les élèves après deux mois de confinement et porte attention aux vécus de ces professeurs ; réalité totalement déniée actuellement.

Et il y a tous ces enfants maltraités, totalement sacrifiés dans l’indifférence générale.

Des chiffres sortent sur l'augmentation de plus de 30% d’appels pour des cas de maltraitance. Mais la réalité est bien pire, car n’appellent que ceux qui le peuvent ce qui excluent tous les petits et les enfants qui n’ont pas accès au téléphone. Vos secrétaires d’État habitués aux annonces bien rodées d’enfumage collectif et de fausse réassurance, expliquent par exemple que les pharmaciens pourraient devenir des personnes-ressources ou rappellent le numéro d’appel de secours : mais est-ce bien sérieux ? Savez-vous ce que vit un enfant maltraité, une femme victime de violences conjugales ? Comment ces personnes que vous laissez à ces postes peuvent-elles un seul instant penser que ces mesures auront la moindre efficacité ? C’est une méconnaissance TOTALE de ce qu’est un enfant maltraité et une femme qui vit sous l’emprise d’un homme violent : la terreur, la honte, la culpabilité, le secret imposé. Non seulement ils sont confinés, mais ils étaient déjà séquestrés dans leur vie familiale. Comment s’imaginer qu’ils pourront solliciter l’aide d’un pharmacien ? Qu’ils parviendront à appeler ? C’est du grand n’importe quoi. Entourez -vous de conseillers qui savent réellement ce qu’est la maltraitance, et qui ne sont pas là juste pour se donner bonne conscience et multiplier les inepties ; cela éviterait bien des drames.

Ce n’est pas à un enfant maltraité ou à une femme victime de violences conjugales de solliciter de l’aide : ils ne le PEUVENT pas. C’est à la société de les protéger, de les repérer, de les prendre en charge. Et là, c’est le désert total de toute mesure adaptée.

Comment justifiez-vous que certains conseils départementaux aient suspendu toutes les évaluations de signalement « sauf urgence » et interdit les visites à domicile alors même que nous savons cette période à haut risque pour ces enfants et ces femmes ? C’est comme si dans les EHPAD nous avions abandonné les personnes âgées, sans plus aucun professionnel pour intervenir. Il y a dans ces lieux, et bien heureusement, une continuité du secteur public, pourquoi l’avoir rompue en protection de l’enfance ?!

C’est un véritable scandale d’État. Des générations d’enfants sacrifiés par économie de personnels que l’on préfère laisser en télétravail plutôt que d’organiser des visites dans les domiciles alors même que nous savons ce confinement très critique.

Et que dire ces enfants placés en MECS avec tous ces travailleurs sociaux qui s'épuisent sans que jamais personne ne prennent soin d’eux, n'aient le moindre mot de reconnaissance réelle ?

Bien évidemment les impératifs économiques sont essentiels et votre préoccupation à ce sujet est totalement compréhensible. Mais vous ne pourrez pas bâtir la France de demain sur une génération sacrifiée.

Les enfants de 2020 ont déjà vécu les attentats, la crise avec les dégradations des blacks-bloc et maintenant le confinement. Quant aux enfants maltraités, totalement abandonnés par l’État un certain nombre sortiront de ce confinement tués, ou morts psychiquement. Et il ne s’agira pas alors d’agiter le terme « résilience » pour vous rassurer, comme une pensée magique pour avoir l’illusion qu’ils se répareront tout seuls.

L’État les a lâchés face à d’autres priorités.

La situation est catastrophique dans le huis clos de ces familles qui peuvent violer, frapper, massacrer en toute impunité pendant encore au moins plusieurs semaines.

Monsieur le Président, il serait urgent de remettre en place en urgence les visites à domicile qui sont un des éléments de repérage essentiel des maltraitances et soutenez le secteur de la protection de l’enfance avec des mesures réellement efficaces et non conçues pour satisfaire l’ego communicationnel de certains de vos secrétaires d’État totalement à côté de ce qu’est la réalité de la maltraitance et des violences conjugales.

Vous répétez que vous êtes le Président de tous les Français.  Les bébés, les enfants et les adolescents maltraités sont des citoyens de ce pays eux aussi, ne l’oubliez-pas.

Hélène Romano

Dr en psychopathologie-HDR, psychothérapeute, Dr en droit privé et sciences criminelles

Lire la suite

Un "droit de retrait'' mis en retrait ou en avant lors des retours à l'Ecole? - Par Claude Lelièvre

27 Avril 2020 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education

Un "droit de retrait'' mis en retrait ou en avant lors des retours à l'Ecole? - Par Claude Lelièvre

Les enseignants vont devoir retourner dans leurs établissements, et leurs principales organisations syndicales mettent en avant qu'ils ont cette arme-là s'ils s'estiment en danger. Par contre le ministre Jean-Michel Blanquer tente de ''mettre en retrait'' au maximum la possibilité de son exercice. Quid des renvois vers les tribunaux administratifs en l'occurrence?

Un précédent lors de la pandémie de la grippe HIN1 de 2009

Dans le cadre du plan national "pandémie grippale", une circulaire du ministère du Travail en date du 3 juillet 2009 avait déjà soutenu que "les mesures de prévention, la prudence et la diligence de l’employeur privent d’objet l’exercice d’un droit de retrait qui se fonderait uniquement sur l’exposition au virus ou la crainte qu’il génère".

Cette fois ci, c'est le ministre de l'Education nationale qui tente la même opération

En effet, dans la "Foire aux questions" liées au coronavirus mise à jour le 4 avril 2020 sur le site du ministère, il est dûment indiqué que "dans la mesure où le ministère de l’Education nationale et de la Jeunesse a adopté les mesures destinées à assurer la sécurité et préserver la santé de ses personnels en mettant en œuvre les prescriptions des autorités sanitaires, le droit de retrait ne devrait pas trouver à s’exercer"

Et on en a eu confirmation lors d'une concertation tenue au rectorat de La Réunion la semaine dernière si l'on en juge par l'intervention du recteur telle qu'elle a été reproduite par l'un des participants:"Le Recteur rappelle que le Ministre a annoncé que le recours au droit de retrait dans la situation actuelle ne serait pas possible, et que les personnels iraient devant le tribunal administratif"

Du côté syndical il en va tout autrement.

Par exemple, le SNUipp (le principal syndicat d'enseignants du primaire) a annoncé déjà depuis quelque temps que ''le SNUipp-FSU diffusera un protocole du droit de retrait pour permettre aux collègues qui estiment que les conditions sanitaires sont insuffisantes de ne pas se rendre sur leur lieu de travail à partir du 11 mai".

Et le 20 avril dernier, Benoît Teste, le secrétaire général de la FSU (la principale fédération syndicale du système éducatif) a déclaré : "On ne voudrait surtout pas donner l'impression d'être rétifs à une reprise. On verra si c'est possible.  Par contre, si les protections ne sont pas là et si c'est dangereux, on prendra nos responsabilités en termes de droit de retrait et de préavis de grève"

Le ''droit de retrait ''existe bien, mais il est sous conditions

Par le décret du 9 mai 1995 relatif à l’hygiène, à la sécurité du travail et à la prévention médicale, les agents de la Fonction publique (et donc les enseignants) peuvent mettre en oeuvre un ''droit de retrait'':"si un agent a un motif raisonnable de penser que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou pour sa santé ou s’il constate une défectuosité dans les systèmes de protection". Et cela sans qu'aucune sanction ou aucune retenue de salaire ne puisse être prise à l'encontre de cet agent si ce retrait est justifié.

Mais attention: pour cela, cet agent doit informer et lancer individuellement une "alerte" auprès de son autorité administrative ou de son représentant (inspecteur de l’Education nationale ou chef d’établissement). Par ailleurs il ne peut s'agir que de ''tout danger susceptible de se réaliser brutalement dans un délai rapproché". C'est donc l'imminence de la réalisation du dommage et non celle de l'existence d'une menace qui est prise en compte .

Selon Francis Lec (l'avocat-conseil national de la Fédération des ''Autonomes de Solidarité laïque", une mutuelle venant au secours des enseignants exposés aux "risques du métier"), "trop souvent l'exercice du droit de retrait invoqué par les enseignants est considéré par leur hiérarchie comme excessif voire abusif au regard de la réglementation et doit être assimilé à un droit de grève entraînant la retenue de salaires. Il en va de même des juridictions administratives qui n'accueillent qu'avec parcimonie les demandes présentées par les fonctionnaires ayant usé de leur droit de retrait et qui sollicitent la restitution des salaires pendant cette période (en considérant notamment que les circonstances de fait ne justifient pas du bien fondé de l'exercice de ce droit de retrait)" (Lettre du 15 avril 2020 aux délégations départementales de la FAS: "Le droit de retrait, une arme légale à rude épreuve")

Que va-t-il se passer en l'occurrence lors du retour des enseignants dans leurs établissements scolaires? Il y a fort à parier que le repère majeur pour les différents protagonistes (enseignants, syndicats, ministre et administration de l'Education nationale, juges des tribunaux administratifs) soit dans le proche avenir l'avis rendu samedi dernier par le Conseil scientifique.

Même si cet avis du Conseil scientifique ne fait pas consensus parmi les différents protagonistes, il sera sans doute la référence majeure de l'administration et des juges des tribunaux si le processus suit son cours pour apprécier la légitimité on non des ''droits de retrait'' qui ne manqueront pas d'avoir lieu. Et ils devraient être nombreux (surtout si les principaux syndicats d'enseignants continuent de mettre en avant le ''droit de retrait'' en l'occurrence) car les recommandations faites ne seront pas toutes faisables partout et tout le temps, loin s'en faut.

Jusqu'alors, les tribunaux administratifs n'avaient eu à traiter que des cas rassemblés dans tel ou tel établissement (ou un petit nombre d'établissements), quelques dizaines au plus. Là, cela pourrait atteindre des milliers, voire des dizaines de milliers de ''cas'' à traiter, sans commune mesure avec ce que l'on a déjà pu connaitre.

Décidément, la pandémie de Covid-19 nous projette dans l'inconnu, et même l'incertitude scolaire et juridique...

Claude Lelièvre

Lire la suite

En ces temps de confinement, ce fantastique récit de voyage par un fou du désert saharien... (+ vidéo)

27 Avril 2020 , Rédigé par Babelio Publié dans #Littérature

En ces temps de confinement, ce fantastique récit de voyage par un fou du désert saharien... (+ vidéo)

Arthur Rimbaud (celui du Harrar) et la petite Isabelle Eberhardt avaient un frère, et nous l'avions oublié ! Michel Vieuchange, dont les carnets de route furent publiés en 1932, soit deux ans après sa mort survenue à l'issue d'un voyage insensé au coeur des solitudes mauritaniennes, est en effet de ces poètes de l'errance dont le dernier mot et l'accomplissement ultime obéissent à la seule injonction du désert. Et pourtant Smara, récit parfaitement météorique, avait été salué à sa sortie par les voix les mieux autorisées - Paul Claudel, Louis Massignon, Émile Benveniste - et le jeune Théodore Monod. Paul Bowles écrivait encore tout récemment, à l'occasion de la réédition du livre en anglais - « Smara : un pèlerinage monstrueux au royaume de Nulle part! Voilà plus d'un demi-siècle que j'ai lu ce livre, et j'ai encore exactement en mémoire les péripéties de cette partie d'échecs qui se joue sous nos yeux entre Vieuchange et son destin. » Le fait est que la sécheresse d'une écriture réduite à l'essentiel confère aux cent épisodes de cette histoire déraisonnable et fascinante un caractère proprement inoubliable : nuits passées au fond du désert, campements balayés par le vent, oasis inespérées, rencontres inquiétantes ou fraternelles autour d'un feu de broussailles, découverte émerveillée de cités enterrées par le Temps; mais aussi la soif ardente, les blessures lentes à se cicatriser, la menace des pillards et des mauvais compagnons de route prompts à vendre ou à égorger le voyageur sans défense - et pour finir, l'épuisement, la maladie, la mort. Jamais en notre langue le désert n'avait été décrit, célébré, avec cette âpreté, cette violence - et cette poésie.

Correction:

Michel Vieuchange, contrairement à ce qui est affirmé dans la seconde vidéo, ne part pas d'Essaouira - à l'époque appelée encore Mogador. Il s'y préparera.

C'est en fait à El Jadida - la ville de toute mon enfance - où il vit, qu'il décide de quitter les hommes pour les sables...

Christophe

Lire la suite

Reprise de l'école le 11 mai : le président de la FCPE dénonce "une vision assez militaire"...

27 Avril 2020 , Rédigé par RTL Publié dans #Education

Reprise de l'école le 11 mai : le président de la FCPE dénonce "une vision assez militaire"...

INVITÉ RTL - "On fait rentrer des contingents par niveau et par classe d’âge, sans qu’il n’y ait de cohérence avec les réalités de terrain", regrette Rodrigo Arenas.

Le ministre de l’Éducation a donné les grandes lignes de la rentrée des classes progressive à partir du 11 mai. Les classes de grandes sections, CP et CM2 seront les premières concernées, à certaines conditions, et dans la limite de quinze enfants par classe. Mais les syndicats d’enseignants et de parents d'élève sont perplexes.

"On ne comprend pas les objectifs à atteindre, et quand les objectifs ne sont pas clairs, c’est très difficile de se projeter", explique Rodrigo Arenas, co-président de la FCPE. "Au début c’était sur des critères sociaux, maintenant c’est une vision de l’école qui est assez militaire, on fait rentrer des contingents par niveau et par classe d’âge, sans qu’il n’y ait de cohérence, notamment avec les réalités de terrain", regrette ce parent d'élève. 

Jean-Michel Blanquer a pourtant précisé qu'une "forte autonomie" sera laissée "aux établissements dans la manière de faire pour tenir compte d'un certain nombre de réalités". Mais Rodrigo Arenas dénonce des volontés ministérielles “extrêmement floues et qui ne correspondent pas forcément à la réalité”. "Ce que nous avons compris c’est que l’accueil se fera en fonction des réalités de terrain. Or, y compris le savon dans les toilettes n'est pas une réalité", explique-t-il. "La question c’est de faire au cas par cas, établissement par établissement, en faisant confiance à ceux qui font l’école."

Comme les syndicats d'enseignants, il regrette également un manque de concertation et de transparence. "Nous avons participé aux auditions et nous n’avons pas eu de retours sauf à travers la presse", s'étonne-t-il. "Ce qui est sûr c’est que si l'objectif est de s’occuper des enfants "décrocheurs", c’est-à-dire éloignés de l’école, qui sont dans des situations qui sont compliquées socialement, ce n’est pas forcément l’école qui est la bonne réponse", développe-t-il encore, plaidant notamment pour l'ouverture de "centres de vacances" pour "faire sortir" les enfants qui vivent "dans des appartements exigus". 

"Les mesures qui sont mises en place ne sont pas de nature à atteindre les objectifs qui sont fixés parce que les objectifs sont fluctuants et changent au gré des interventions ministérielles", conclut-il, assurant que "tous les acteurs" de l'école "sont surpris et dubitatifs".

Thomas Sotto

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>