Tel est le théorème de Blanquer : si Blanquer = x et Réalité = y, alors y ≠ x. Autrement dit : lorsque le ministre de l’Education nationale s’avance sur la suite des événements liés au Covid-19, c’est généralement l’inverse qui se produit.

Un nouvel exemple est venu confirmer ce théorème mardi, à l’occasion du discours d’Edouard Philippe devant l’Assemblée nationale. Alors qu’il présentait sa stratégie de sortie de crise, le Premier ministre a prévenu : les collèges pourront rouvrir «à compter du 18 mai, mais seulement dans les départements où la circulation du virus est très faible, en commençant par les cinquièmes et sixièmes». Quant aux lycées, une décision sera prise fin mai pour une réouverture en juin. Voilà pour la réalité, voilà pour y.

Nouvelle confirmation

Suivant le théorème sus-cité, l’énoncé de Blanquer est donc différent. Le 21 avril, lors d’une audition en vidéo par l’Assemblée, le ministre avait détaillé les modalités de retour à l’école. Et avait précisé : «On aurait l’enseignement secondaire en semaine 2, c’est-à-dire la semaine qui commence le 18 mai. Avec le collège, pour lequel ce serait la classe de sixième et la classe de troisième [qui débuteraient], ainsi que le lycée, la classe de première et la classe de terminale, et enfin le lycée professionnel pour lequel on commencerait par les ateliers industriels. Et enfin, en semaine 3, le 25 mai, l’ensemble des classes pourraient rentrer mais le système serait organisé pour que ce soit toujours des groupes de pas plus de 15 élèves.» Voilà pour Blanquer, voilà pour x.

Caramba, cela se vérifie donc : y ≠ x.

Si la date du 18 mai pour la réouverture des collèges est exacte, elle ne concerne pas les classes de sixième et troisième comme l’indiquait le ministre, mais celles de sixième et cinquième. Et quant au lycée, aucune classe ne rouvrira en «semaine 2» ni en «semaine 3». Il faudra vraisemblablement attendre juin (la semaine 4 ?) pour voir les lycées accueillir à nouveau des élèves.

(Extrait de Chez Pol, notre newsletter politique quotidienne réservée aux abonnés)

Sylvain Chazot