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Vivement l'Ecole!

Nova... Elle chante le Brésil...

23 Mars 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Didier Daeninckx...

23 Mars 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Elle s’était levée au moment où l’ambulance Ford manoeuvrait pour se garer sur la place, le faisceau des phares balayant la façade de grès. Elle était montée sur un banc pour apercevoir le médecin et le photographe qui se dirigeaient vers l’arrière du véhicule, leurs pas imprimés dans le tapis blanc qui déjà recouvrait le gravier. Une jeune femme en était sortie la première, le visage encadré par une épaisse chevelure noire, enveloppée dans une ample cape, puis un homme vêtu d’un pardessus croisé, les traits obscurcis par l’ombre portée de son chapeau, était apparu. Il s’était légèrement incliné pour allumer une cigarette, et la flamme vacillante avait éclairé un regard curieux, presque inquiet, celui que l’on promène sur ces endroits inconnus où l’on arrive sans les avoir choisis.

Didier Daeninckx - Caché dans la maison des fous

A lire aussi cette nouvelle très actuelle, parue ce jour dans Libération

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Revue de Presse Education... Ministères - Enseignants - Parents - Ressources...

23 Mars 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Ministères - Enseignants - Parents - Ressources...

Une revue qui tourne (et c’est normal) autour du confinement, vu de différents points de vue. Des ressources pour terminer.

Ministères

Coronavirus : « Le scénario privilégié, un retour en classe le 4 mai », annonce Blanquer
« Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, souhaite la poursuite de la classe à la maison et nous présente en exclusivité une série d’initiatives pour souder les classes dispersées. »

Faux, cette lettre du ministre de l’Education annonçant le report des vacances d’été est un pastiche
“Une lettre attribuée au ministère de l’Education nationale annonçant le report des vacances d’été au 31 juillet, alors que les cours sont suspendus depuis le 16 mars pour lutter contre la propagation du coronavirus, a été partagée près d’un millier de fois en quelques heures le 20 mars sur Facebook. Plusieurs indices montrent qu’en réalité, cette lettre est un faux grossier. Le ministre de l’Education l’a confirmé lui même en fin d’après-midi sur Twitter.”

Education : Blanquer promet « des sessions de rattrapage » cet été
“Le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer a assuré vendredi qu’il ne prévoyait pas de rogner sur les vacances d’été malgré la fermeture actuelle des écoles, mais que des modules scolaires gratuits de « rattrapage » seraient proposés en juillet et en août. Depuis lundi, tous les établissements scolaires sont fermés à cause de l’épidémie de coronavirus. C’est donc aux familles, grâce aux ressources éducatives en ligne et aux documents que leur transmettent les enseignants de faire la classe à la maison. Cette situation « ne devrait pas m’amener à changer les vacances d’été », a assuré le ministre de l’Education nationale, interrogé sur BFMTV.”

Coronavirus : Frédérique Vidal annonce un ensemble de mesures pour les étudiants Publié par Mehdi Bautier
“La ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche annonce dans un communiqué des mesures pour les étudiants face au coronavirus.”

Enseignants

Dossier : Avec le coronavirus, le défi de l’école à distance… pour tous
« Si la crise rappelle combien les inégalités sociales pèsent sur les trajectoires scolaires, elle invite aussi à inventer de nouvelles solidarités et à remettre en perspective le temps des apprentissages. C’est ce que pointent les trois analyses que nous vous proposons de relire. »

Enseigner "au mieux", sans "culpabiliser" : des enseignants racontent
« Du "chaos" de la mise en place inédite de la continuité pédagogique en tout début de semaine avec la fermeture des établissements scolaires, à la "solidarité" installée au fil de l’eau entre enseignants, trois d’entre eux témoignent de leur volonté de faire "au mieux", en essayant de ne "pas culpabiliser". »

Confinement : "L’école 2.0 ne remplacera jamais un professeur"
Par Corentin Bechade
« Comment se passent les cours quand les élèves ne sont pas obligés de se rendre à l’école ? Cette question s’est imposée avec l’épidémie de coronavirus et la fermeture des établissements scolaires. Mais qu’en pensent les profs ? »

Enseigner derrière son écran
Par Thomas Roller sur son Blog : Le blog de thomas Roller
“Je suis enseignant spécialisé dans une SEGPA du Sud de la France. Face à une situation si particulière, nous, enseignants, cherchons à accompagner au mieux nos élèves. Derrière l’ordinateur, sur le téléphone, l’enjeu est de continuer à créer de l’interaction et du lien avec eux et à assurer la continuité pédagogique.”

"Rien à voir" avec les cours habituels : une prof découvre l’éducation en ligne
“Comment limiter le temps d’écran ? Permettre aux élèves de se parler ? Dix jours après être passée aux cours en ligne pour cause de coronavirus, Constance Du Bois, professeure de français et d’espagnol à New York, constate que cela "n’a rien à voir avec l’enseignement +présentiel+".
Mme Du Bois, 37 ans, donne 16 heures de cours par semaine à l’école internationale des Nations unies, une école privée de 1.600 élèves proche du siège de l’ONU à Manhattan et aux moyens bien supérieurs à ceux des écoles publiques.
Mais même dans cet établissement, qui disposait déjà de nombreux outils de communication en ligne, les débuts "ont été difficiles", explique à l’AFP cette enseignante franco-américaine, lors d’un entretien par visioconférence pour éviter tout risque de contamination.”

Tribune : Continuité pédagogique ou rupture d’égalité ?
« L’enseignement à distance ne doit pas être la mise à distance de notre projet éducatif
L’impérieuse et immédiate « continuité pédagogique » a été promulguée le 12 mars au soir, après des semaines de déni, sans préparation ni réflexion ni consultation. Nous mesurons peu à peu combien ce télé-enseignement fait écran à toute tentative de réflexion éthique et pédagogique, déjà parasitée pendant trois jours par des injonctions aussi médiatisées qu’anxiogènes et contradictoires. Pour le ministre Blanquer et sa chaîne de « commandement » administratif, l’urgence, c’était de mettre tout le monde au travail quels qu’en soient les risques. La « nation apprenante » se devait d’envoyer ses petits soldats sur le front de la bataille scolaire et pédagogique. »

Les services d’information et orientation de l’académie de Nancy-Metz restent mobilisés
“Cette période de l’année est habituellement propice aux réflexions, échanges, interrogations sur les choix d’orientation.
Cela est particulièrement vrai pour les élèves de 3ème de collège et de lycée professionnel et les lycéens.
C’est pourquoi l’ensemble des services d’information et d’orientation de l’académie de Nancy-Metz se sont organisés pour maintenir à distance leur mission d’accompagnement.”

Lunéville
“Malgré le confinement, la vie continue. Les élèves de terminale doivent finaliser leur dossier dans Parcoursup avant le 2 avril. Plus d’accueil au public rue des Bosquets, mais un accueil téléphonique assuré et des entretiens en visioconférence avec les conseillers.”

« Tout d’un coup, c’est le vide » : loin de leurs familles, la solitude des étudiants étrangers Par Jessica Gourdon
“Difficultés matérielles, stress lié à l’éloignement, isolement, impossibilité de rentrer chez eux… Pour ces jeunes venus étudier en France, la situation est particulièrement compliquée.”

Coronavirus : à l’école des enfants de soignants, « on se sent utile »
« Entre 20 000 et 30 000 élèves dont les parents sont des personnels soignants ont été accueillis la semaine écoulée dans des établissements scolaires, selon les chiffres du ministère. Comme ici, à Saint-Quentin, dans l’Aisne. » (abonnés)

Les parents

L’école à la maison, vue par les parents : « J’en apprends beaucoup sur mon fils »
« Après une semaine de fermeture des établissements scolaires pour lutter contre la propagation du coronavirus, deux mères de famille livrent leurs premières impressions, entre doutes et satisfactions. »

École à la maison : des millions de parents tâtonnent encore
« "Il faut être super discipliné et organisé", "on fait ce qu’on peut" : les parents des 12 millions d’élèves français qui ont dû s’improviser professeurs depuis une semaine sont encore nombreux à tâtonner et à chercher le bon rythme pour "tenir dans la durée".
Depuis lundi, tous les établissements scolaires sont fermés à cause de l’épidémie de coronavirus. C’est donc aux familles, grâce aux ressources éducatives en ligne et aux documents que leur transmettent les enseignants de faire la classe à la maison. »

Ressources

Ressources pour la continuité pédagogique sur eduscol
“Le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse met à disposition des enseignants et de leurs élèves un ensemble de ressources numériques éducatives permettant d’assurer une continuité pédagogique. Parmi les ressources disponibles figurent les banques de ressources numériques pour l’École (BRNE), les ressources de la plateforme ETINCEL ou les ressources d’éduthèque.”

Cinéma, sport, éducation... les services qui deviennent gratuits pendant le confinement Par Marie Descours
“Face aux mesures de confinement instaurées pour lutter contre la propagation du Covid-19, de nombreuses entreprises ont choisi de rendre gratuits certains de leurs services. Cinéma, culture, sport, loisirs... voici une liste non exhaustive de bons plans pour vaincre l’ennui et s’aérer l’esprit.”

L’expo Van Eyck est fermée au public, mais l’œuvre est visible en ligne grâce à l’IRPA
« Suivant les directives du gouvernement, le Musée des Beaux-arts de Gand a dû fermer ses portes, et par conséquent, refuser l’accès des visiteurs à l’exceptionnelle exposition consacrée à Van Eyck depuis le 1er février. Heureusement, en cette période de confinement, il reste encore la possibilité de découvrir l’œuvre de Van Eyck restaurée, telle qu’elle a été numérisée en haute résolution et mise en ligne par l’IRPA, Institut Royal du Patrimoine Artistique. Ici, pas de réservations, pas de distance entre votre œil et l’œuvre, les peintures apparaissent dans toute leur richesse.
Et grâce à la technologie mise en œuvre par l’IRPA, les tableaux sont documentés à l’aide de la macrophotographie (lumière normale, rasante, infrarouge et fluorescence UV) ainsi que, dans certains cas, de la radiographie. »

Lancement du catalogue de l’initiative France EduNum international
“L’initiative France EduNum international est une démarche collective et de co-construction des principaux acteurs publics et privés, pour promouvoir l’offre française dans le numérique éducatif et appuyer le développement de la filière à l’international.”

Formation à distance : la plateforme collaborative Glowbl s’envole par Lea Delpont
“La plateforme collaborative, partenaire du ministère de l’Enseignement supérieur, pourrait être déployée rapidement à grande échelle dans les grandes écoles et universités. Les employeurs se tournent aussi vers Glowbl pour organiser le télétravail.”

Photoshop et Premiere Pro sont gratuits : Adobe offre sa Creative Cloud aux étudiants par Bruno Clairet
“Adobe s’engage pour assurer la continuité de l’enseignement et le travail à distance. Les applications du Creative Cloud seront accessibles aux étudiants et aux professeurs jusqu’au 31 mai, ainsi qu’Adobe Connect pendant 90 jours.”

Ecole élémentaire, collège, lycée : les bons plans pour étudier à la maison Par Lily Sèbe
“Pas facile de suivre le programme scolaire quand on est enfermé à la maison, sans cours. Pour vous aider à tenir le rythme on vous dit où trouver des enseignements gratuits. Du CP à l’après bac !”

Les podcasts éducatifs dopés par le confinement
“Mis au point par une enseignante tourangelle pour se préparer aux épreuves de français, le site Clapotee voit sa fréquentation augmenter, en raison du confinement.
Cécile Cathelin n’a pas attendu le coronavirus pour promouvoir l’enseignement à distance. Professeure de français dans un lycée du centre de Tours, elle ne cache pas son « addiction » à tout ce qui concerne le numérique.”

La liste complète des livres à télécharger gratuitement pendant la période de confinement
“Suites des articles consacrés aux ressources en ligne utiles pour cette période de confinement et de fermeture des écoles. Je vous propose une liste complète des livres numériques à télécharger et à lire gratuitement pendant cette période…et pour la plupart d’entre eux même après.”

20 films cultes tombés dans le domaine public à découvrir en intégralité ici
“Le cinéma est depuis toujours un œil ouvert sur le monde, parfait mélange de vérité et de spectacle. Et c’est modestement ce que nous avons voulu mettre en lumière ici. A l’heure où plus rien n’est gratuit, on a voulu vous sélectionner des œuvres d’immenses réalisateurs tel que Alfred Hitchcock, Carl Theodor Dreyer, Luis Buñuel, Henri Verneuil, François Truffaut ou plus récemment Michel Hazanavicius, sans que cela ne vous coûte un seul centime. Ce qui va faire plaisir à Jean-Luc Godard qui avait déclaré, « quand j’entends le mot culture, je sors mon carnet de chèques… »”

Géraldine Duboz et Bernard Desclaux

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Pour une véritable école de la confiance! - Par Bertrand Gaufryau, Chef d’établissement

23 Mars 2020 , Rédigé par Bertrand Gaufryau Publié dans #Education

Pour une véritable école de la confiance! - Par Bertrand Gaufryau, Chef d’établissement

Pour une véritable école de la confiance!

A situation exceptionnelle, réponse elle aussi à la hauteur d’une situation singulière… Avant que ne soit déclaré le confinement, des éditeurs, les services de l’Etat, qu’il s’agisse de ceux du Ministère de l’Education Nationale ou bien de celui de l’Agriculture avaient commencé à se préparer à ce qui paraissait tellement improbable ! La fermeture des écoles, collèges, lycées et universités de l’ensemble du pays. La mobilisation de tous les acteurs associatifs, les fédérations de parents d’élèves, les enseignants et tous les services supports ont été exhortés à répondre à cet injonction de notre modèle jacobin, de construire de nouvelles modalités d’organisation de la transmission des savoirs, de l’accompagnement des élèves…Comment assurer l’école à la maison ? Déjà, en permettant, en facilitant, via des outils numériques qui se sont mis en place de manière plus ou moins poussive – sur le plan technique et de la capacité à absorber des connexions d’un volume inédit, il faut le dire, la rencontre d’enseignants eux aussi confinés. Mais la rencontre, outre le fait qu’elle est une condition nécessaire à l’innovation pédagogique, n’est suffisante que lorsque elle s’appuie sur des ressources existantes, suggérées, partielles et donc à enrichir et à s’approprier afin de les mettre à disposition des élèves dans les meilleures possibles. Cela est en cours, se fait pas à pas, en s’appuyant sur l’expertise, c'est-à-dire à la fois l’expérience accumulée des enseignants, mais aussi leur capacité d’innovation. Les outils publics, comme les médias aussi, ont ouvert, de manière certes parfois un peu timide, leurs chaînes, leurs ondes à des programmes spécifiques dont le contenu pédagogique, d’enrichissement est parfois indéniable. Musique, lecture, œuvres, vidéos sont autant de supports mis à disposition afin de faire de ces semaines inédites des opportunités pour que chacune et chacun ressorte enrichi de cette période : aussi bien les jeunes que les enseignants. Les échanges avec les parents et les collègues sont précieux ! Chacun joue sa partition, mais je veux le dire avec force aux parents : faites confiance aux experts de l’enseignement que sont les professeurs de vos enfants. Qu’ils écoutent, suivent, les consignes de ceux qui donnent chaque jour le meilleur afin de les accompagner autrement et avec justesse. C’est aussi cela, l’école de la confiance ! Les apprentissages scolaires font l’objet d’un véritable investissement des enseignants, la création de cours, exercices, documents bénéficient de l’appui des informaticiens…C’est aussi cela l’école de la République. D’ailleurs, pour celles et ceux pour qui la fracture numérique est réelle, des supports papiers ont été créés. Mais que diable, parents, restez chez vous! Aller chercher des devoirs à l’école ne peut être un devoir familial impérieux! La quatrième case du formulaire de déplacement dérogatoire n’est pas fait pour cela! Le dire, comme l’a fait Jean-Michel Blanquer, est une faute! La santé et la sécurité sont la priorité. Bref, les enseignants trouveront de quoi répondre à ces situations de fracture numérique et c’est aussi cela la prise en compte des différences ! Cette période est aussi cependant celle des risques, de tous les risques. Soyons y attentifs. Des officines privées peuvent profiter de cette situation inédite : offrir des services « d’apprentissage scolaire » gratuits qui deviennent ensuite rapidement payant, chers, très chers ! Les corbeaux rodent ! Il nous faut être vigilants C’est aussi le rôle de l’école de mettre en garde les parents contre ces pratiques indécentes ! Bien entendu, il y a celles et ceux qui imaginent que la solution du « précepteur » sera miraculeuse, et qu’il vaut mieux un soutien solitaire à des apprentissages solidaires. Nous pouvons collectivement être fiers des écoles qui dans notre République, y compris dans des circonstances extra-ordinaires, donnent le meilleur d’elles mêmes, en s’appuyant sur ses enseignants et personnels afin d’assurer une continuité pédagogique de qualité. Acteur de cette dernière, ou plutôt garant de celle-ci, à travers l’équipe que j’ai la chance et plaisir d’accompagner, c’est à chaque enseignante et chaque enseignant, chaque personnel de « nos maisons » que je veux rendre un véritable hommage. Je dis aux parents qu’ils peuvent et doivent être certains de l’investissement de chacune et chacun pour que soit assurée une continuité de grande qualité, rassurés quant à l’avenir de leurs enfants dans une école qui vise à donner le meilleur pour la réussite de tous. Plus rien ne pourra être comme avant ! L’école de la confiance, c’est celle des jeunes et des parents envers les enseignants…Mon école de la confiance, c’est bien celle-ci, de l’innovation, de la reconnaissance, du respect de tous ! « J’aimerais que l’on fasse un autre pari: celui de la réflexion et des savoirs d’aujourd’hui ». Vos mots sont justes, Najat Vallaud-Belkacem! Ils sonnent vrai. Pour construire demain…cette école de la confiance! Chiche!

Bertrand Gaufryau, Chef d’établissement

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La continuité pédagogique dans la tourmente...

23 Mars 2020 , Rédigé par Boursorama Publié dans #Education

La continuité pédagogique dans la tourmente...

EXTRAITS

Comment font les professeur.es de français pour assurer la « continuité pédagogique » ? Si les outils varient, les témoignages concordent, d’une académie à l’autre, au collège ou au lycée : engagement fort, pragmatisme, adaptabilité, inventivité, surcharge de travail pour les enseignant•es et potentiellement les élèves, difficultés d’utilisation des dispositifs institutionnels, problèmes pour joindre toutes les familles, peur de creuser une fracture scolaire et sociale, difficile porosité vie professionnelle / vie privée, exaspération face à certaines consignes ou propos de la hiérarchie, solidarités nouvelles, bonheurs pédagogiques inédits…  Peut-on se transformer du jour au lendemain en experts de l’e-learning ? Enseigner à distance avec le numérique, cela s’apprend : choix et maitrise des outils, élaboration des scénarios, réinvention de la relation avec les élèves, gestion de la temporalité … Cela est en train de s’apprendre. Et cela s’apprend parfois des élèves eux-mêmes…

(...)

Mes projets : essayer de ne pas m’écrouler et dormir la nuit.

Ian : Je me sens surmené

 « J'ai d'abord posté des travaux sur le cahier de texte Pronote de la classe, mais le serveur était très vite saturé. Une poignée d'élèves de mon (nouveau) lycée, a ouvert un serveur sur Discord et a réussi à réunir un très grand nombre d'élèves via les réseaux sociaux. Cela me semblait prometteur mais des collègues très vite nous reprochent pêle-mêle d'utiliser une plateforme californienne, de faire un travail que notre administration finira par exiger de nous plus tard, de donner trop de travail aux élèves, etc. (j'ai décroché de ce fil de discussion car j'ai vite eu le sentiment qu'on me reprochait de bosser).

J'ai proposé à tous les élèves du lycée un défi-lecture via Discord et sur Livraddict. J'ai proposé en téléchargement format epub les œuvres choisies. Une soixantaine d'élèves se sont connectés... J'ai pu échanger par mail avec presque toute ma classe de seconde et de première générale. Je n'ai par contre aucun retour de ma 1ère STMG.

Ma boîte mail a été submergée par les propositions d'outils et de plateformes pour le travail à distance. Difficile de faire le tri dans tout ça. Je préfère m'appuyer sur ce que je connais et utilise déjà. Les outils Google Classroom hélas ne sont pas disponible gratuitement. Des offres faussement gratuites ont été relayées par l'EN, c'est agaçant. Je constate que le travail en ligne me prend beaucoup de temps, plus que ce à quoi je m'attendais, et je me sens un peu surmené car je voulais répondre à tous mes élèves au plus vite pour les rassurer au milieu de ce moment déjà si anxiogène. J'ai aussi été surpris de courriels de parents qui me demandaient de justifier des choix pédagogiques, j'ai préféré ne pas répondre pour l'instant.

Pour la suite, je crois que je vais lever le pied et me consacrer à ma petite-fille et ma femme enceinte car la situation me semble très préoccupante. »

(...)

Cécile : J’ai décidé d’entrer dans l’illégalité

«  J'ai d'abord distribué le dernier vendredi de cours toutes les photocopies que j'avais prévues pour la séquence à venir dans mes trois niveaux : 2nde, 1ere, BTS2. Puis je leur ai indiqué que nous travaillerions via l'ENT. J'avais ouvert tous les outils possibles dont nous disposions. Dossiers partagés, pad, forum, chat... Bref, j'ai l'habitude de travailler avec l'ENT et les élèves aussi, notamment les pads. Mais ce fut impossible. Dès lundi, j'ai pu constater que les élèves de seconde et de première avaient travaillé quasi normalement. Et puis ce fut le black out. Cela a bloqué mardi et la direction a envoyé les adresses mails personnelles des élèves. J'ai donc décidé d'entrer dans l'illégalité au moins pour mes premières et j'ai créé un groupe Telegram pour eux le mardi soir vers 22h. J'ai envoyé un lien à trois ou quatre sur les adresses personnelles et j'ai attendu que le bouche à oreille fasse son œuvre. Le lendemain midi, ils étaient tous là. J'ai pu les rassurer, organiser le travail et répondre à leurs questions allant de "comment fait-on Madame si on a oublié son livre à l'internat ? " Jusqu'à, "Madame comment fait-on pour compléter le Pad sans pouvoir aller sur l'ENT?". J'en ai profité pour leur demander combien de temps ils travaillent en moyenne par jour. Ils m'ont répondu entre 5 et 6h. Pour les autres, depuis mardi, je n'ai aucune nouvelle.

La principale difficulté, c'est d'arriver à entrer en contact avec eux. J'ai l'impression de passer mon temps à envoyer des bouteilles à la mer. C'est pourquoi j'ai craqué et choisi Telegram pour mes premières. J'en ai aussitôt informé ma proviseure adjointe qui m'a dit de continuer, qu'il n'y avait pas de problème mais la RGPD nous interdit ce genre de pratiques.

On bricole, on bidouille, c'est la cacophonie la plus totale. Le seul qui pouvait avec assurance clamer partout que nous étions prêts était le ministre, sur le terrain, on savait bien que c'était faux. On se sent très seul, tiraillé entre le désir d'aider nos élèves à passer ce moment difficile et celui de nous protéger légalement. Nous n'avons pas non plus envie de compenser encore une fois l'incurie de nos politiques et de notre ministre en particulier. Par ailleurs, ce dernier joue la surenchère et la provocation dans les médias. En sous entendant qu'on pourrait reporter les congés d'été, il laisse entendre que ce que l'on s'échine à faire en ce moment avec les moyens du bord ne sert à rien. Quel camouflet ! quelle insulte, alors qu'on travaille comme des fous! J'ai été jusqu'à me connecter sur l'ENT à 23h30 pour voir si je n'avais de messages d'élèves, même chose à 6h du matin ! Mais cela ne semble pas avoir de valeur.

(...)

Propos recueillis par Jean-Michel Le Baut

(Les prénoms ont été modifiés)

D'autres témoignages à lire en cliquant ci-dessous

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Tribune : Continuité pédagogique ou rupture d’égalité ?

23 Mars 2020 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

Tribune : Continuité pédagogique ou rupture d’égalité ?

EXTRAITS - L'intégralité de cette tribune est à lire en cliquant sur le lien en bas de page

L’enseignement à distance ne doit pas être la mise à distance de notre projet éducatif

L’impérieuse et immédiate « continuité pédagogique » a été promulguée le 12 mars au soir, après des semaines de déni, sans préparation ni réflexion ni consultation. Nous mesurons peu à peu combien ce télé-enseignement fait écran à toute tentative de réflexion éthique et pédagogique, déjà parasitée pendant trois jours par des injonctions aussi médiatisées qu’anxiogènes et contradictoires. Pour le ministre Blanquer et sa chaîne de « commandement » administratif, l’urgence, c’était de mettre tout le monde au travail quels qu’en soient les risques. La « nation apprenante » se devait d’envoyer ses petits soldats sur le front de la bataille scolaire et pédagogique.

Combattre les inégalités, n’abandonner aucune famille sur les bas-côtés des autoroutes numériques, accueillir la vie et les angoisses liées à la mort dans le contexte de la pandémie ? Assurément, là n’étaient pas les préoccupations premières du ministre de l’éducation nationale.  Pourtant, l'accès à l'éducation, comme celui aux loisirs et à la culture, est un droit pour chaque enfant, chaque jeune.

Pour nous, l’indispensable réponse sanitaire ne saurait autoriser toutes les dérives marchandes ni acter le renoncement, y compris en période de confinement, aux valeurs communes d’égalité et de fraternité de l’école publique.

Nous sommes prêts, disait le ministre.

Prêt•es… sur le plan informatique ? Le ministre aurait mieux fait d'annoncer une semaine de transition, le temps de pouvoir s'organiser avec les familles et de ne pas laisser nos élèves sans boussole dans la jungle des plateformes numériques. Mais non, l’important était de communiquer sans fin : tout était sous contrôle…

Les innombrables bugs témoignent pourtant bien de cette impréparation : ENT (Espaces numériques de travail), logiciels et plateformes s’arrêtent, saturés par les milliers de connexions simultanées inédites. « Il y a des trous dans la raquette », reconnaît Monsieur Blanquer, oubliant que la raquette numérique de l’Éducation nationale est en réalité une vraie passoire (matériel insuffisant, obsolète et inadapté par rapport aux besoins, même en temps normal).

Depuis des années, l'Éducation nationale se retrouve coincée entre ses propres outils sous-dimensionnés et des plateformes privées qui tirent un juteux profit du désengagement de l’État. Ce qui prime pour les ministres, ce sont les supports dématérialisés qui aiguisent les appétits financiers de l’économie digitale.

Restent les problèmes essentiels sur lesquels l’institution ferme les yeux : en premier lieu le logement, puis les inégalités sociales et la fracture numérique.

Ces inégalités que nous tentons quotidiennement de combattre et d’atténuer se font criantes et sont préoccupantes, surtout si cette situation devait se prolonger. Inégalités dans l’accès à un logement permettant de vivre et d’étudier dignement, inégalités dans l’accès à un matériel informatique et à une connexion, inégalités dans l’accompagnement face au travail, entre les familles qui ne maîtrisent pas les codes et le langage de l’école – et qui bientôt seront pointées du doigt pour leur « démission » – , et celles qui réagissent en fonction de ce qu’elles en connaissent, recherchant batteries d’exercices et d’évaluations.

Mais aujourd’hui, nous voilà seul•es posté•es devant un ordinateur, soumis•es à une exigence productiviste et techniciste : produire du cours, mettre en ligne, appliquer les vieux schémas « exercices-contrôle, exercices-contrôle ».

Prêt•es… sur le plan pédagogique ? Les enseignant•es ont répondu présent•es pour honorer la promesse de continuité pédagogique à laquelle le ministre Blanquer s’est engagé, à leur place.

Conscient•es de l’importance de leurs missions, les enseignant•es passent des heures à transformer leurs cours pour qu’ils soient accessibles à distance, se forment sur le tas aux multiples outils informatiques qui leur sont proposés (ou imposés), sous la pression continuelle de l’institution, mais aussi du désarroi des parents et des jeunes angoissé•es par le travail que l’école continue à imposer, même en confinement sanitaire, même à distance.

Et pourtant, les notions de « pédagogie » et de « distance » sont-elles seulement compatibles, surtout lorsque cela se fait dans l’urgence ? Les professionnel•les du télé-enseignement, dont nous ne sommes pas, nous diront assurément que tout cela ne s’improvise pas.

Une pédagogie digne, inclusive et au service de tou•tes ne se résume pas à des supports ou à des outils. Contrairement à son homologue belge qui a communiqué sur les enjeux pédagogiques soulevés par le confinement, M. Blanquer ne nous parle que d’outils, de technique, de programme,  d'exercices et  surtout d’évaluations.

C’est bien là que se mesure le fossé abyssal entre notre vision de la pédagogie et celle du ministre qui, une fois de plus, la réduit à une unité de mesure et un instrument de contrôle de notre « rentabilité » où le quantitatif l'emporterait sur le qualitatif.

Parler « continuité pédagogique », c’est parler pédagogie : lier, délier, relier… les élèves, les enseignant•es et les savoirs. Avec des priorités : garder le contact avec toutes et tous, construire du collectif, former à l’autonomie, s’appuyer sur leur avis, faire découvrir le plaisir d’apprendre, créer de la solidarité, accompagner les jeunes – tou•tes les jeunes – les familles – toutes les familles –, et non pas se contenter de mettre à disposition du travail, sans penser à la manière dont il est reçu et perçu. Apprendre c’est faire quelque chose qu’on ne sait pas faire. Les jeunes ont besoin pour cela d’être en sécurité, d’être étayé•es par le groupe, par l’enseignant•e. Il ne suffit pas d’envoyer des « contenus » pour que l’apprentissage se fasse.

Tout comme le président Macron a mis le travail dans l’entreprise au centre de la vie des Français•es confiné•es, le ministre Blanquer met le travail au centre de la continuité pédagogique. Un travail assommant et lui-même anxiogène pour toutes et pour tous, adultes comme enfants car, il faut bien le dire, il serait sans doute inquiétant pour le pouvoir que chacun•e ait du temps pour penser à soi, pour observer l’école, la société et aiguiser son regard critique.

(...)

Ne nous laissons pas écraser, isoler, culpabiliser.

Donnons à nos élèves et à leurs familles les moyens intellectuels, pratiques, créatifs de réfléchir et d'agir sur leur condition, de se construire au mieux leur propre avenir, au-delà de ce que leur transmettent leur famille ou l’institution.

L' émancipation pour toutes et tous est et doit rester le cœur de notre métier, de la maternelle à l'université, en passant par les filières technologiques et professionnelles.

P.S. : Les premièr•es signataires, agréablement surpris par l’afflux de demandes de signatures et de témoignages qui les accompagnent ce seul jour proposent, pour prolonger cet appel, de créer une plateforme d’échanges de témoignages, aussi bien de situations problématiques que de réponses possibles, pédagogiques et/ou militantes, en lien avec la « continuité pédagogique ».

Pour commencer, si vous souhaitez en être, cela prend la forme d’une liste de discussion à laquelle il faut s’inscrire en suivant le lien suivant.

Premièr•es signataires

Billière Mathieu, enseignant, Questions de classe(s), Lettres Vives, SUD éducation 45.

Chabrun Catherine, militante pédagogique et des droits de l'enfant

Chambat Grégory, enseignant UPE2A, collectifs Questions de Classe(s) et Lettres vives, Sud éducation 78.

Cortesi Catherine, enseignante retraitée, ICEM

De Cock Laurence, enseignante, SNES-Ecole émancipée, collectif Aggiornamento histoire-géographie.

Decker Véronique

Grandserre Sylvain, Maître d'école, auteur et chroniqueur presse

Jacquemin Magali, Professeur des écoles, Paris 19e, ICEM - Pédagogie Freinet, Collectifs Questions de classe(s) et Faire Commune, Sud éducation Paris

Marsay Julien, professeur de Lettres, Collectifs Lettres Vives & Questions de classe(s)

Meirieu Philippe, professeur retraité, chercheur en pédagogie.

Pereira Irène, philosophe, IRESMO et Sud Education 93.

Serret Arthur, professeur des écoles, collectif Questions de classe(s), Sud Education Paris

Triguel Jacqueline, professeuse, collectif Lettres vives, collectif Questions de Classe(s), Sud éducation 78

Wagnon Sylvain, professeur en sciences de l'éducation

Collectifs, mouvements et organisations

AFEF (Association Française pour l'Enseignement du Français)

Aggiornamento-histoire-géographie

Chantier de recherche documentaire dans le second degré de l'ICEM pédagogie Freinet

Comité d'animation collégial de l'ICEM pédagogie Freinet

GFEN (Groupe français d’Éducation nouvelle)

Questions de classe(s)

ICEM 06 - Pédagogie Freinet

ICEM 75-Pédagogie Freinet

ICEM 85

Lettres Vives

LIEN (Lien international d’Éducation nouvelle)

SVT Égalité

Sud éducation 45

Ont également signé :

Abravanel Nathalie, enseignante

Albecker Marie-Fleur, enseignante, CGT Educ’action, collectif aggiornamento

Appenzeller Claudia Professeur des Écoles icem81

Bachelard Marie-Pierre, ICEM 44

Bantigny Ludivine, Historienne, Maitresse de conférence Université de Rouen, Collectifs Gilets Jaunes Enseignement Recherche et Faire Commune

Barrios Babeth

Baudonne Anne, enseignante second degré Lettres à Paris XXe

Bavière Véronique, directrice d’école honoraire, présidente de l’association d’éducation populaire Les Serruriers Magiques

Beaunis Claude, enseignant retraité, ICEM

Bellu Dominique, enseignante 1er degré, retraitée

Bellu Jean-Luc, professeur des écoles en retraite

Benbassat Laetitia, enseignante en REP, collectif Aggiornamento histoire-géographie

Bernard Judith, prof en BTS audiovisuel, metteuse en scène et journaliste Hors-série

Bertet Monique et Christian, enseignants retraités, ICEM

Besnard Damien, professeur d’HGEMC, collège REP à Aubervilliers, Snes-École Emancipée, collectif Aggiornamento

Biglione Christophe, Professeur des écoles, ICEM 13

Billard Sophie, PE et directrice classe unique

Blanchard Guillaume, enseignant du secondaire, SUD éducation 37.

Blottière Julien, prof d'HG en collège Saintes (17), SNES.

BoironCyril , professeur des écoles à Marseille, ICEM 13

Boisgibault Brigitte, Institutrice retraitée Mouvement Freinet Var

Bollengier Françoise, professeur formateur retraitée lettres-histoire, AFEF

Boncourt Martine, Professeure des écoles à la retraite, Laboratoire de recherche de l'ICEM nationale - Pédagogie Freinet

Bontemps Véronique, Anthropologue, CNRS, Collectifs Gilets Jaunes Enseignement Recherche et Faire Commune

Bontemps Véronique, Anthropologue, CNRS, Collectifs Gilets Jaunes enseignement recherche et Faire Commune.

Borgetto Christian, retraité PE, ICEM 31, Chantier JMagazine,

Bouchereau Clément, enseignant en lycée professionnel, Interlignes

Boussereau Caroline, cycle 1, Gauriagut (33)

Boza Alexandre, professeur d'histoire-géographie en lycée à Paris, Aggiornamento

Braun Claudine, enseignante, ICEM

Brunet Pierre, professeur honoraire de LP, Lettres-Histoire.

Brunetti Michel, Professeur des écoles retraité, ICEM

Bucheton Dominique, professeure honoraire à la faculté des sciences de l’éducation de Montpellier.

Camoreyt Sabrina, professeurs d’histoire-geographie en lycee à Saint-Denis, Snes-Ecole émancipée, Aggiornamento

Carre Marion, Professeure des écoles en REP, ICEM 35 - Pédagogie Freinet

Casabianca Denis (de), Professeur de philosophie, ICEM 13 - Pédagogie Freinet

Casanova Vincent, professeur d'histoire-géographie en Lycée à Créteil, Aggiornamento

Caussaint Fabienne, directrice d'école maternelle et enseignante

Cesbron Carine, professeur en lycée à Rezé (44)

Chanoine Céline Icem76

Chanteranne Emilie, enseignante, SVT, SUD Education Lorraine

Chapelle Antoine, Professeur des écoles, Seine-Saint-Denis

Chartreux Christophe, professeur de français et histoire-géographie-EMC

Chazelas Daniel instituteur-retraité (ICEM33)

Chevarin Alain, collectif Questions de classe(s)

Chice Leslie, professeure des école, ICEM 81

Cordonnier Jean-Louis, GFEN

Cormier Amandine, enseignante, mathématiques en collège à Montreuil (93), SNES - École émancipée

Cornec Olivier, enseignant, Orléans.

Cornette Caroline, PE, ICEM 75

Coste Nathalie, Professeure histoire géographie en Lycée à Mantes la jolie, AggiornamentoDartigue-Peyrou Françoise, enseignante second degré retraitée

Courtois Maryse, retraitée ICEM 75 et AEDE

Da Silva Valérie, Conseillère pédagogique, ICEM 75 - Pédagogie Freinet

Daubilly Stéphane, professeur des écoles à l'Ile-Saint-Denis , membre du secteur pratiques sonores et musicales de l'Icem-Pédagogie Freinet

Debard Magali, professeure des écoles, ICEM 13

Debrune Jérôme, enseignant documentaliste, Sud éducation

Dermont Magali, Professeure des écoles, Paris

Descottes Pierrick, ICEM

Desmortiers Marine, professeure

Diuzet François, enseignant, ICEM

Duparay Chantal, enseignante, ICEM

Durand Philippe, enseignant spécialisé en Rased Membre de l'ICEM-Pédagogie Freinet de Lorraine.

Durand Gasselin Joana, professeur de lettres, Orléans.

Duviallard Hélène, professeure-documentaliste , membre de l'ICEM-pédagogie Freinet

Eric Zeder, Vallauris (06), enseignant membre de l’ICEM (GD 06-ouest)

Faure Catherine, professeure des écoles spécialisée, CLISSON (44)

Favey Eric, militant de la Ligue de l’Enseignement

Fermen Sébastien, Professeur des écoles, ICEM  59 - Pédagogie Freinet

Fessart Virginie, ICEM 14

Fleury Xavier, enseignant de mathématiques, Collège les Petits Ponts (92)

Fontaine Liliane, institutrice retraitée maternelle

Forcadel Cédric, Icem76

Forcadel Cédric, maître d'école, militant Freinet

Fournier Eric, enseignant-chercheur, Aggiornamento

François Hilfiger, professeur des écoles en rep

Gadé Benjamin, certifié de Sciences Économiques et Sociales, Sud educ 45, Émancipation.

Gaillard-Siboni Pénélope, Professeure des écoles, ICEM 93

Gaultier Corinne, prof des écoles, enseignante Freinet (91) mater-CP

Gayme Evelyne, Professeure d’Histoire-Géographie en Lycée Hector-Berlioz à Vincennes (94), SNES et Aggiornamento.

Gayme Laurent, Prof d'HG, Lycée au Mans (72), SNES et Aggiornamento

Gendrin Coralie, professeur des école, ICEM 68

Girod Françoise, IA-IPR retraitée, AFEF, Interlignes

Go Henri Louis, maître de conférence HDR, Université de Lorraine

Gomez Marguerite, Professeure des écoles à la retraite, ICEM

Gostain Daniel, Professeur des écoles, ICEM 75 - Pédagogie Freinet

Goubayon Lucile, professeure certifiée, militante snes-fsu de l'essonne

Gracia Guillaume (de), prof. d'HG et docteur en Anthropologie, Sud éducation, région toulousaine, Aggiornamento

Graille Carole, enseignante.

Granoux Diane, enseignante.

Grégoire Nathalie, enseignante, SNES-Ecole émancipée, Aggiornamento

Guémard Emeline, professeure des écoles dans la Drôme, membre de l'ICEM34

Guilbot Fabienne, Professeur des ecoles

Guillin Frédéric, professeur des écoles

Hamm Jean-Louis, professeur retraité second degré, ancien responsable syndical FSU dans l'académie de Strasbourg

Henry Isabelle, enseignante et formatrice, AFEF

Herreman Serge, formateur PE retraité, AFEF

Huguin Patrice, professeur de STI2D, Toulon (83)

Huver Jean-Charles, Mouans-Sartoux (06), enseignant, ICEM pédagogie Freinet

Huver Jean-Charles, Mouans-Sartoux (06), enseignant, ICEM pédagogie Freinet

Huver-Furling Nadine, Mouans-Sartoux (06), enseignante, ICEM-pédagogie

Freinet 06

Muret Sandrine, Vallauris (06), enseignante, ICEM-pédagogie Freinet 06

Jeanmougin Clo, Professeur des Ecoles, ICEM - Pédagogie Freinet

Jeanneteau-Goalec Pierre, enseignant, CNT éducation, Aggiornamento

Joubert Thibault, professeur des écoles

Jourdanet Jacques, instituteur, IEN honoraire, ICEM-Pédagogie Freinet, Gattières (06)

Jouzeau Clothilde, enseignante à Perpignan, icem 66

Joyeux Agnès, enseignante retraitée, ICEM nord ouest francilien

Karine Risselin, enseignante et formatrice, AFEF

Knauss Noémie, enseignante en maternelle

Kolly Bérangère, maîtresse de conférence en Sciences de l’éducation à l’UPEC

La Rosas Pascale, professeure certifiée de Lettres modernes, collectif Lettres vives

Lacroix Anne-Charlotte, Icem76

Lafitte Grazziella,enseignante 1er degré

Lamigeon Ciarapica Agnès, enseignante directrice Ce1-Ce2 Membre Icem 31

Larrère Mathilde, enseignante-chercheuse, snesup, collectif Aggiornamento

Laux Sandrine, formatrice PE, AFEF

Layani Fanny, professeure d’histoire-géographie en lycée à Paris ; collectif Aggiornamento ; SNES - Ecole émancipée

Layec Claude, Professeur des écoles, ICEM - Pédagogie Freinet Morbihan

Le Cam Jean-Baptiste, enseignant en lycée à Lillebonne (76), SNES

Le Gal Jean, chercheur et formateur chargé de mission de la FIMEM « Droits de l’enfant et Démocratie participative »

Le Trocquer Olivier, Enseignant Histoire-Geographie-EMC, chercheur indépendant, Aggiornamento et CVUH

Le Van, enseignante Cycle 1, Sablons (33)

Lebrun Claire, enseignante, ICEM 95-78

Leconte Claire, Professeur Émérite de Psychologie de l'Éducation. Université de Lille 3.

Legay Martine, professeur des écoles, ICEM 14-pédagogie Freinet

Leibovici Marianne, PE maternelle Eugénie Cotton Paris 19

Caroline Leininger-Frézal, maitre de conférences, Université de Paris

Letessier Stéphanie, professeure de lettres à Cholet (49)

Loignon Aurélie, PE de GS de maternelle, abonnée au groupe educ19

Lopez David, enseignant

Lozinguez Nathalie, Prof des écoles, ICEM38

Magot Alexandre, professeur, co-fondateur SVT Égalité

Mangione Erwin, collectif Questions de classe(s)

Marciniak Mathieu, Sud éducation, groupe Freinet 2nd IDF

Marin Charlotte, professeure des écoles, ICEM 75

Marin Graziella, enseignante Histoire géographie en lycée à Maisons-Alfort (94), SNES, Aggiornamento

Markoum Jimmy, enseignant en lycée (93), SNES-Ecole émancipée, collectif Aggiornamento

Marsault Nathalie, professeur des écoles, Paris 19 ème

Martin Joëlle, ICEM 38, FREM centre est

Martinelli Caroline, Professeure des écoles

Marzin Servane, enseignante HGEMC en Lycée ZPV Académie de Créteil, vacataire Paris Nanterre, collectif Aggiornamento

MESLIER Amélie, PE adjointe EPPU Célestin Freinet ICEM Pédagogie Freinet - groupe départemenntal 14

Moranis Aurélie, enseignante 1er degré

Moreau Stéphanie, professeure des écoles, pédagogie Freinet

Mulat Michel, enseignant, ICEM

Muret Sandrine,prof des écoles à Mouans-Sartoux (06), membre de l’ICEM-pedagogie Freinet (GD 06-ouest)

Neumayer Michel, GFEN Provence

Odier Delphine, Professeure des écoles, ICEM

Pallot Alice, enseignante en SEPGA (paris 20ème), CNT éducaction Paris

Pau Christine, enseignante histoire géographie en lycée, CGT Educ’action, aggiornamento

Pavis Clément, professeur des écoles, Saint-Ouen-sur-Seine, GD95 ICEM

Payan Jean-Marie, Icem76

Percherancier Karine, enseignante CP

Perrin Cédric, enseignant en histoire-géographie en lycée à Grandmont Tours, collectif Aggiornamento

Picot Hélène, enseignante, ICEM

Pignol Marie-Claude, enseignante

Pineau Marlène, professeur de lettres, ICEM 85

Planques Thomas, Enseignant vacataire en game design, Directeur du projet Ikigai, Sorbonne Université, Syndicat des travailleurs et travailleuses du jeu vidéo

Poggi Ande, conseillère pédagogique 1er degré; formatrice, AFEF

Poncet Cyril, enseignant, Sud éduc 45.

Pornin Stan, Enseignant directeur d'école - Thénezay (79), ICEM

Pouyanne Olivia, enseignante CE2 à Bordeaux (33)

Proust Déborah, enseignante, CGT Educ'Action du 35

Quilling Jean-Luc, enseignant, SUD Educ 67

Quinsac Patricia, professeure

Quoniam Muriel, Icem76

Rebière Maryse, professeur de français, formatrice, chercheuse honoraire en sciences du langage, AFEF

Riceputi Fabrice, enseignant, collectif Aggiornamento

Robbes Bruno, professeur des universités en Sciences de l’éducation, coprésident de l’AECSE

Robert André D., professeur émérite de Sciences de l’éducation, ancien président de CENU 78

Robert Anne, Professeure des écoles, ICEM 75

Robin-Gaufichon Nathalie, Professeure des écoles, Sud éducation

Roblet-Barreau Claire, Professeure des écoles et militante de sud éducation Paris

Rodriguez Cléa, PE,  ICEM Marseille - Pédagogie Freinet

Rolley Jocelyne, Profeseure des écoles

Roul Stéphanie, prof. de français, CLISSON (44)

Roumier Théo, syndicaliste SUD éducation en lycée professionnel

Roy Ségolène, co-fondatrice SVT Égalité

Ryckebusch Fabrice, SNES, collectif Aggiornamento

Saboy Delphine, ICEM 66

Sage Damien, Professeur des écoles, Paris 19, GFEN

Sanna Maria Eleonora, PE école maternelle Victor Hugo Saint-Ouen, ICEM 75

Sassi Thierry, CNT, enseignant en Physique-Chimie en collège

Scalbert Louise, PE, Comité de lutte educ19

Servat Véronique, enseignante HGEMC en collège à Montreuil (93), Aggiornamento

Simon-Lorière Hélène , professeure de géographie et d’histoire en lycée à Sceaux (92), syndiquée SNES, membre du collectif Aggiornamento

Soltani Bénédicte, PE adjointe , trésorière icem 31

Soltani Bénédicte, Professeure des écoles, ICEM 31

Sorin Jacqmin Charlotte, lycée Paris XIe, Aggiornamento

Souvay, François, enseignant, Lycée Benjamin Franklin, Orléans

Spinner François, Questions de classe(s), Sud éducation 91

Strauch Dubuc Isabelle,  enseignante spécialisée

Talbot Christelle, Icem76

Tarento Nastasia, Professeure des écoles, ICEM - Pédagogie Freinet

Thomas Olivier, enseignant, ICEM 26

Toscano Roberto, militant syndical SUD Education Lorraine

Touchane Nadia, Pe en rep

Tuil Emmanuelle, Icem 44

Vaucelle Fanny, Directrice d'école maternelle, ICEM

Vellas Etiennette, Groupe Romand d’Education Nouvelle

Verdier Julie, Professeure des écoles

Wanecq Charles-Antoine, professeur d'histoire-géographie en lycée à Saint-Denis (93), Aggiornamento

Wu-Rousseau Danièle, PE, sans affiliation

Youx Viviane, présidente de l'AFEF

Zafon Eric, enseignant, CNT-SO

Zhn Ulrike, SUD Education

Zeder Éric, prof des écoles à Vallauris (06), membre de l’ICEM-pedagogie Freinet (GD 06-ouest)

Zerrouki Rachid, professeur des écoles

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Franz Schubert...

22 Mars 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Thomas Bernhard...

22 Mars 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Thomas Bernhard...

Oui, dit le comédien du Burg en se levant de table et en s'apprêtant à partir après avoir pressé dans la main de la Auersberger qui s'était levée en même temps que lui, sa tasse à café vide, comme je hais au fond ce genre de réunion où l'on ne cesse de déprécier tout ce qui signifie quelque chose à mes yeux, de traîner effectivement dans la boue tout ce qui a du prix à mes yeux, et où l'on ne fait qu'exploiter mon nom et le fait que je suis comédien au Burg, et comme j'aspire effectivement non pas tant à la tranquillité qu'à être effectivement laissé tranquille. Oui, ai-je toujours pensé, si seulement j'avais pu naître autre que ce que je suis, et si seulement j'étais en somme devenu quelqu'un de tout à fait autre que celui que je suis devenu, si seulement j'étais finalement devenu un de ceux qu'on laisse tranquille. Mais pour cela, j'aurais dû être engendré par d'autres parents et j'aurais dû grandir dans des conditions tout à fait différentes, dans la nature sauvage, comme je l'ai toujours souhaité, et non dans la nature domestiquée, dans la nature tout bonnement, et non dans l'artifice. Car nous avons tous grandi dans l'artifice, dans l'irrémédiable folie de l'artifice, et non seulement moi qui ai toujours souffert de cela, dit tout à coup le comédien du Burg, mais vous tous, dit-il, et là-dessus, il chercha des yeux la Jeannie et lui dit, et vous aussi, ma chère, vous qui me poursuivez de votre haine, vous qui me méprisez. Il se tourna ensuite vers moi, mais sans rien me dire, puis vers Auersberger qui dormait, complètement saoul, dans son fauteuil, et à Auersberger, il dit que c'était un malheur d'être né, mais que le plus grand des malheurs, c'était d'être né pour devenir finalement quelqu'un comme ce M. Auersberg.

Thomas Bernhard - Des arbres à abattre

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Le tapis de mon enfance...

22 Mars 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Le tapis de mon enfance...

Fils unique dans un monde sans télévision, ni téléphone, ni Internet, mais ensoleillé, parcouru par les parfums de fleurs d'oranger que les vents marins portaient jusque dans ma chambre, je jouais souvent seul sans éprouver jamais le poids de l'isolement.

Seul mais avec l'imaginaire nourri de mes lectures. J'étais chevalier, espion, bandit, pirate. Souvent amoureux de la jeune fille qui immanquablement venait en aide à mes héros. Je pense au moment où j'écris ces lignes à mes élèves auxquels notre ministre a conseillé récemment de cultiver l'ennui. Hélas, c'est oublier bien vite que pour cultiver, il convient de posséder les semences nécessaires aux récoltes futures. L'ennui pour l'ennui n'est que dépression accompagnée d'angoisses. Et parmi mes élèves, aujourd'hui confinés, il m'en vient quelques-uns à l'esprit. Ceux-là, socialement et culturellement laissés sur le bord du chemin, n'ont rien à cultiver. Même peut-être pas l'ennui.

Dans ma chambre - je la revois encore, à El Jadida, dans "mon" Maroc, écrin de mes souvenirs les plus splendides - dont l'unique fenêtre donnait sur un jardin intérieur où poussaient un oranger et un citronnier, il y avait mon lit, une penderie et un tapis.

Ah ce tapis! Il me semblait immense! Bleu profond, "bleu de Fès", ciel posé au sol, tissé par des artistes à la vie difficile, il accueillait mes combats, mes assauts, mes morts imaginées pour revivre aussitôt. Un tapis volant pour mille et une aventures. J'inventais tout, réinventais mes lectures. Metteur en scène de ma propre vie avec toujours le même clap de fin: "Christophe, à table!". Ce pouvait être aussi l'amie qui depuis la rue m'appelait. Je ne résistais jamais.

C'était il y a plus de cinquante ans. Pourtant c'était hier. C'est maintenant! Je suis dans ma chambre et j'attends la voix de ma mère, la voix de mon amie. J'attends aussi les voix de mes élèves, seuls souvent en cet instant.

Et, pour un certain nombre, sans rêves ni tapis...

Je les attends. Je les entends!

Christophe Chartreux

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Confinement : "L'école 2.0 ne remplacera jamais un professeur"...

22 Mars 2020 , Rédigé par Les Numériques Publié dans #Education

Confinement : "L'école 2.0 ne remplacera jamais un professeur"...

EXTRAIT

Comment se passent les cours quand les élèves ne sont pas obligés de se rendre à l'école ? Cette question s'est imposée avec l'épidémie de coronavirus et la fermeture des établissements scolaires. Mais qu'en pensent les profs ?

Depuis le 16 mars, les écoles maternelles et primaires, les collèges, les lycées et les universités de France sont fermés. Les établissements scolaires font en effet partie des premiers lieux recevant du public à avoir été clos en raison de la pandémie de coronavirus. En tout, 13 millions d'élèves vont donc rester chez eux pendant de longues semaines.

Pourtant, pas question de considérer ça comme des vacances. Quelques jours avant la fermeture des établissements, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale, explique à un tas de parents anxieux que tout sera mis en place pour "continuer à accompagner les élèves dans leurs apprentissages". Pour cela, une plateforme "Ma classe à la maison" a été mise en place par le CNED, et l'Espace Numérique de Travail (ENT) de chaque établissement a été mis à profit, non sans quelques problèmes. Après une semaine de confinement, que pensent les professeurs des mesures mises en place ?

Discord, WhatsApp et Skype à la rescousse

"L'école 2.0 ne remplacera jamais un prof", annonce d'emblée Lucie1, professeure de lycée en région parisienne. "On peut faire des sortes de cours magistraux, mais c'est à peu près tout", continue celle qui doit s'occuper de ses deux enfants en primaire en parallèle. Isabelle, une contractuelle dans un lycée, abonde : "on nous vend une école 2.0, mais rien n’est fait pour faciliter la vie des profs et des élèves." Les cours à distance exigent en effet beaucoup plus de travail pour une bonne partie du corps enseignant. "Au lieu de gérer une classe de 35 élèves, tu fais du cas par cas", ajoute Isabelle.

Pour Célia, prof dans un lycée privée sous contrat, cette explosion de l'unité de la classe n'a pas que des mauvais côtés, "avec les 3e, je peux plus facilement faire une pédagogie différenciée selon les niveaux", avance-t-elle. Elle précise quand même travailler "deux fois plus que d'habitude", mais trouve dans ce côté "sur-mesure" quelques avantages.

La question des outils mis en place pour pallier l'absence de salle de classe revient elle aussi souvent. Après un début chaotique pour les ENT, les choses sont tout de même retournées un peu à la normale. En aménageant des plages horaires pour la connexion de chaque tranche d'âge, les profs comme les élèves peuvent échanger sans trop de problèmes. Manque tout de même une certaine polyvalence dans les outils mis à disposition. Beaucoup d'enseignants et d'enseignantes expliquent passer par des forums, des boucles WhatsApp ou des groupes Discord pour garder contact et fluidifier les discussions. Pour faire réciter une leçon à un élève, Célia est même passé par Skype.

Rupture d'égalité

"On a des élèves qui aident les profs à trouver des moyens de communiquer, mais on est surveillé par le RGPD, du coup on ne peut pas faire exactement ce qu’on veut", explique Isabelle qui ajoute que cela témoigne d'un certain degré "d'impréparation". De plus, si dans certains établissements les élèves ont la chance d'avoir des tablettes qui facilitent l'accès aux outils pédagogiques, ce n'est pas le cas de tout le monde. "S’il y a un mot à retenir, c’est inégalité. Tous les élèves n'ont pas toujours l’appareil et la connexion qu’il faut, certains parents se demandent comment on fait pour enregistrer des documents sur l’ENT, certains élèves ne savent pas se servir des outils informatiques", s'inquiète Isabelle.

"Le fait d’être dans une famille favorisée ou culturellement aisée facilite nettement les choses, on ne va pas se mentir"

Cela touche d'ailleurs particulièrement les familles moins aisées. Devant le confinement, la grande mission égalisatrice de l'Éducation nationale s'effrite. "Le fait d’être dans une famille favorisée ou culturellement aisée facilite nettement les choses, on ne va pas se mentir", pointe Célia. Ces cercles-là ont non seulement plus d'outils à disposition, mais souvent aussi plus de temps pour s'occuper de leurs enfants. "Quand on s'adresse à des parents faisant partie du personnel médical ou qui télétravaille toute la journée, c'est beaucoup plus difficile d'être sûr que les enfants suivent bien", ajoute Virginie, institutrice en maternelle dans la région de Strasbourg.

(...)

Corentin Bechade

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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