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Vivement l'Ecole!

Najat Vallaud-Belkacem n'a pas aimé les annonces de Macron sur les ELCO...

18 Février 2020 , Rédigé par Huffington post Publié dans #Education

Najat Vallaud-Belkacem n'a pas aimé les annonces de Macron sur les ELCO...

Alors que le président de la République annonçait mettre un terme à ces conventions, l'ancienne ministre de l'Éducation nationale est "tombée de sa chaise".

Elle en est “tombée de sa chaise”. Ce mardi 18 février, Najat Vallaud-Belkacem écoutait à la radio le discours prononcé par Emmanuel Macron à Mulhouse sur le thème du “séparatisme islamiste” lorsqu’un détail l’a fait bondir. 

En effet, dans cette allocution très attendue sur l’islam de France, le président de la République a annoncé la fin des ELCO, ces enseignement de langue étrangère dispensés dans certaines classes françaises par des professeurs venus du Maroc, d’Espagne ou de Turquie, à destination des enfants immigrés depuis ces pays (neuf au total). 

Une mesure en réalité lancée il y a quatre ans par... Najat Vallaud-Belkacem. Qui figurait accessoirement dans le même gouvernement qu’Emmanuel Macron. 

Captures d’écran à l’appui, l’ancienne ministre de l’Éducation nationale a effectivement déploré que le successeur de François Hollande s’attribue une mesure sur laquelle elle avait déjà largement été interrogée en 2016, à l’époque où elle l’avait prise. 

Najat Vallaud-Belkacem a par exemple déploré que l’exécutif de 2020 n’ait même pas pris la peine de trouver un nouveau nom au dispositif qu’elle avait enclenché. Comme en 2016, Emmanuel Macron a effectivement expliqué que les ELCO allaient être remplacés par des EILE (Enseignements Internationaux de Langues Étrangères), sous le contrôle de l’Éducation nationale.

Les ELCO sont le fruit de conventions bilatérales reposant sur une directive européenne, qui ont été signées dans les années 1970. Passées avec neuf pays (Portugal, Maroc, Algérie, Tunisie, Turquie, Italie, Espagne, Serbie et Croatie), elles permettent à ces États d’envoyer des professeurs enseigner leur langue à des enfants récemment immigrés en France. 

Mais dès 2016, donc, la France avait enclenché des discussions avec les pays concernés, dans le but de mettre un terme à ce système pour permettre au système éducatif français de reprendre la main sur ces cours. 

Un dispositif que ce serait donc entièrement approprié Emmanuel Macron, au grand dam de l’ancienne ministre. “Qu’a fait ce gouvernement pour finir le travail préparé ainsi de longue haleine avec les 7 autres pays depuis 3 ans?”, a-t-elle tweeté.  

Paul Guyonnet

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Alexandra Whittingham joue Albeniz, Tarrega, Jorge Morel...

18 Février 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Gustave Flaubert à Louise Colet...

18 Février 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Dimanche matin 10 heures. 9 Août 1846.
 
Enfant, ta folie t'emporte. Calme-toi ; tu t'irrites contre toi-même, contre la vie. Je t'avais bien dit que j'avais plus de raison que toi. Crois-tu aussi que je ne sois pas à plaindre ? Ménage tes cris, ils me déchirent. Que veux-tu faire ? puis-je quitter tout et aller vivre à Paris ? C'est impossible. Si j'étais entièrement libre, j'irais ; oui, car toi étant là, je n'aurais pas la force de m'exiler, projet de ma jeunesse et qu'un jour j'accomplirai. Car je veux vivre dans un pays où personne ne m'aime, ni ne me connaisse, où mon nom ne fasse rien tressaillir, où ma mort, où mon absence ne coûte pas une larme. J'ai été trop aimé, vois-tu, tu m'aimes trop. Je suis rassasié de tendresses, et j'en veux toujours, hélas ! Tu me dis que c'est un amour banal qu'il me fallait : il ne m'en fallait aucun, ou le tien, car je ne puis en rêver un plus complet, plus entier, plus beau. Il est maintenant dix heures, je viens de recevoir ta lettre et d'envoyer la mienne, celle que j'ai écrite cette nuit. A peine levé, je t'écris encore sans savoir ce que je vais te dire. Tu vois bien que je pense à toi. Ne m'en veux pas quand tu ne recevras pas de lettres de moi. Ce n'est pas ma faute. Ces jours-là sont ceux où je pense peut-être le plus à toi. Tu as peur que je ne sois malade, chère Louise. Les gens comme moi ont beau être malades, ils ne meurent pas. J'ai eu toute espèce de maladies et d'accidents : des chevaux tués sous moi, des voitures versées, et jamais je n'ai été écorché. Je suis fait pour vivre vieux, et pour voir tout périr autour de moi et en moi. J'ai déjà assisté à mille funérailles intérieures ; mes amis me quittent l'un après l'autre, ils se marient, s'en vont, changent... à peine si l'on se reconnaît et si l'on trouve quelque chose à se dire. Quel irrésistible penchant m'a donc poussé vers toi ? J'ai vu le gouffre un instant, j'en ai compris l'abîme, puis le vertige m'a entraîné. Comment ne pas t'aimer, toi si douce, si bonne, si supérieure, si aimante, si belle ! Je me souviens de ta voix, quand tu me parlais le soir du feu d'artifice. C'était une illumination pour nous, et comme l'inauguration flamboyante de notre amour.
 
Ton logement ressemble à un que j'ai eu à Paris pendant près de deux ans, rue de l'Est, 19. Quand tu passeras par là, regarde le second. De là aussi la vue s'étendait sur Paris. Dans l'été, la nuit, je regardais les étoiles, et l'hiver, le brouillard lumineux de la grande ville qui s'élevait au-dessus des maisons. On voyait, comme de chez toi, des jardins, des toits, les côtes environnantes.
 
Quand je suis entré chez toi, il m'a semblé me retrouver dans mon passé et que j'étais revenu à un de ces crépuscules beaux et tristes de l'année 1843, quand je humais l'air à ma fenêtre, plein d'ennui et la mort dans l'âme. Si je t'avais connue alors ! Pourquoi donc cela n'a-t-il pas eu lieu ? J'étais libre, seul, sans parents ni maîtresse, car je n'en ai jamais eu de maîtresse. Tu vas croire que je mens. Je n'ai jamais rien dit de plus exact, et la raison la voici.
 
Le grotesque de l'amour m'a toujours empêché de m'y livrer. J'ai quelquefois voulu plaire à des femmes, mais l'idée du profil étrange que je devais avoir dans ce moment-là me faisait tellement rire que toute ma volonté se fondait sous le feu de l'ironie intérieure qui chantait en moi l'hymne de l'amertume et de la dérision. Il n'y a qu'avec toi que je n'ai pas encore ri de moi. Aussi, quand je te vois si sérieuse, si complète dans ta passion, je suis tenté de te crier : «Mais non, mais non, tu te trompes, prends garde, pas à celui-là !...»
 
Le ciel t'a faite belle, dévouée, intelligente ; je voudrais être autre que je ne suis pour être digne de toi. Je voudrais avoir les organes du coeur plus neufs. Ah ! ne me ranime pas trop ; je flamberais comme la paille. Tu vas croire que je suis égoïste, que j'ai peur de toi. Eh bien oui ! j'en suis épouvanté de ton amour, parce que je sens qu'il nous dévore l'un l'autre, toi surtout. Tu es comme Ugolin dans sa prison, tu manges ta propre chair pour assouvir ta faim.
 
Un jour, si j'écris mes mémoires, la seule chose que j'écrirai bien, si jamais je m'y mets, ta place y sera, et quelle place ! car tu as fait dans mon existence une large brèche. Je m'étais entouré d'un mur stoïque ; un de tes regards l'a emporté comme un boulet. Oui, souvent il me semble entendre derrière moi le froufrou de ta robe sur mon tapis. Je tressaille et je me retourne au bruit de ma portière que le vent remue comme si tu entrais. Je vois ton beau front blanc ; sais-tu que tu as un front sublime ? trop beau même pour être baisé, un front pur et élevé, tout brillant de ce qu'il renferme. Retournes-tu chez Phidias, dans ce bon atelier où je t'ai vue pour la première fois, au milieu des marbres et des plâtres antiques ?
 
Il doit venir bientôt, ce bon Phidias. J'attends un mot de lui, qui me serve de prétexte pour m'absenter un jour. Puis, vers les premiers jours de septembre, j'en trouverai un pour aller jusqu'à Mantes ou à Vernon. Puis après nous verrons. Mais à quoi bon s'habituer à se voir, à s'aimer ? Pourquoi nous combler du luxe de la tendresse, si nous devons vivre ensuite misérables ? A quoi bon ? Mais si nous ne pouvons faire autrement !
 
Adieu, chère âme ; je viens de descendre dans le jardin, et sur une haie de rosiers j'ai cueilli cette petite rose que je t'envoie. Je dépose dessus un baiser ; mets-la de suite sur ta bouche et puis devine où...
 
Adieu, mille tendresses ; à toi, à toi du soir au matin, du matin au soir.
 
Gustave Flaubert - Correspondance
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Grand oral : Le retour des questions de cours...

18 Février 2020 , Rédigé par Le Cafe Pedagogique Publié dans #Education, #Baccalaureat

Grand oral : Le retour des questions de cours...

EXTRAIT

Le Grand Oral devait être l'emblème du renouveau du bac et porter les ambitions gouvernementales d'adapter le lycée à l'orientation dans le supérieur. Finalement la note de service publiée au BO du 13 février réduit l'exercice à la récitation d'une question de cours devant deux enseignants.

Le BO spécial du 13 février publie les deux notes de service relatives au grand oral dans les séries générale et technologique. L'épreuve comprend 3 périodes. La première est un exposé de 5 minutes où le candidat présente une "question" choisie par le jury parmi deux "questions" relatives au programme de terminale des deux enseignements de spécialité de terminale. " Les questions sont transmises au jury, par le candidat, sur une feuille signée par les professeurs des enseignements de spécialité du candidat et portant le cachet de son établissement d'origine. Le jury choisit une des deux questions. Le candidat dispose de 20 minutes de préparation pour mettre en ordre ses idées et réaliser, s'il le souhaite, un support qu'il remettra au jury sur une feuille qui lui est fournie."

(...)

F Jarraud

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Revue de Presse Education... Réformes — Ressources...

18 Février 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Réformes — Ressources...

L’actualité est centrée sur les “discussions” des réformes de Blanquer. Quelques ressources.

Réformes

Effets de la réforme Blanquer sur le lycée en général, et les SES en particulier Par Jean-Marc B sur le Blog : Le blog de Jean-Marc B
Ce texte a été rédigé par le Bureau national de l’APSES (Association des professeurs de sciences économiques et sociales) pour présenter les résultats de leur enquête sur les conséquences de la réforme Blanquer, et plus spécifiquement sur les conditions d’enseignements des SES en lycée aujourd’hui,”

Tribune Au lycée, des sciences sociales émancipatrices Par L’association des professeurs de sciences économiques , et sociales (Apses)
N’en déplaise au ministre de l’Education nationale l’enseignement de la sociologie n’a pas pour vocation d’inciter à l’optimisme ou au pessimisme mais à interroger les réalités sociales.”

Comment la réforme du bac ronge le lycée de l’intérieur par Olivier Chartrain
À travers l’exemple d’une discipline, les sciences économiques et sociales, une enquête révèle les effets délétères des mesures du ministre Blanquer dans le secondaire, pour les professeurs comme pour les élèves.”

Tribune La réforme du baccalauréat est une nécessité par le Collectif « Tableau XXI – Penser l’école »,
Le baccalauréat est ce que l’on appelle une institution républicaine. Comme toute institution, elle a un caractère immuable et identitaire ; personne n’imagine un mois de juin sans ce rituel. Si l’examen est souvent dénigré par ceux qui l’ont eu, il demeure une source majeure d’anxiété pour des milliers d’élèves et leurs familles. Pour autant, de temps à autre, une institution doit être repensée pour garder sa vigueur. C’est à cette tâche que s’est attelé Jean-Michel Blanquer, à la demande du président de la République.”

L’échec des maths ?
Alors que se profile la semaine des mathématiques le 09 mars prochain, Etre et savoir interroge l’enseignement de cette discipline, notamment suite à la réforme du lycée, et pose la question : comment redonner la place qu’elles méritent aux mathématiques à l’école et après ?

Les enseignants affrontent trois crises en même temps Par Philippe CADIOU sur son Blog : Le blog de Philippe CADIOU
A la baisse habituelle des moyens depuis 15 ans se sont rajoutées deux autres crises : la crise des retraites et la crise de la réforme Blanquer. Trois crises qui, mises bout à bout, forment une rupture historique et continuent d’endommager gravement le modèle humaniste de l’éducation. Nous rajoutons une quatrième crise liée aux impasses du discours capitaliste : la crise de la pensée.”

J’avais raté la Chronique de Cécile Blanchard Rédactrice en chef des Cahiers pédagogiques, E3C : vers le chaos et au-delà ! datée du 11/02/2020 dans Alternatives économiques
La réforme du lycée et du baccalauréat était censée « simplifier » l’examen. Mais pour les élèves de première cette année, la toute première session d’« épreuves communes de contrôle continu », plus connues sous le doux nom d’E3C, est tout sauf… simple.”

Ressources

Un dispositif de médiation culturelle au collège Rosa Parks à Nantes / film documentaire de Florence Mary (version courte)
Depuis 4 ans au collège Rosa Parks, chaque journée des élèves de 6ème débute par une heure de médiation culturelle animée par l’ensemble des enseignants de l’équipe pédagogique.
En nous appuyant sur les propositions du psychopédagogue Serge Boimare et sur son concept de l’empêchement de penser, nous utilisons la médiation des mythes grecs pour lutter contre l’échec scolaire et le décrochage
.”

Repenser la sanction, un défi pour l’école par Eirick Prairat, Professeur de Philosophie de l’éducation, membre de l’Institut universitaire de France (IUF), Université de Lorraine
Ce n’est jamais en décryptant les grands et beaux principes inscrits en lettres d’or au frontispice des écoles que l’on comprend ce qu’éduquer veut dire, à un moment donné, pour une société donnée. C’est plutôt en examinant ce que l’on pourrait appeler « la banlieue du travail éducatif », ces marges qui entourent la transmission des savoirs, et dans laquelle on trouve la question des sanctions.”

Bernard Desclaux

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Débat : Laïcité à l’école, des impasses historiques - Par Claude Lelièvre

18 Février 2020 , Rédigé par The Conversation Publié dans #Education, #Laïcité

EXTRAIT

Dans une lettre adressée au Président de la République le 4 février 2020, le président du parti Les Républicains, Christian Jacob, renouvelle sa demande, formulée en novembre 2019, d’« un acte II de la laïcité en référence à l’initiative prise par Jacques Chirac en 2003 lorsqu’il avait installé la commission présidée par Bernard Stasi ».

Cette commission, rappelons-le, avait débouché sur la loi de 2004, et l’interdiction dans les établissements scolaires des signes manifestant une appartenance religieuse.

Il s’agit de lancer « une réflexion approfondie sur la mise en œuvre du principe de laïcité dans la société française », assure Christian Jacob. Mais où en est-on vraiment dans ce dossier si complexe, voire explosif ? La laïcité est en proie à une valse des métaphores (qu’on la qualifie de « ferme » ou « souple », « ouverte » ou « intransigeante ») qui relève davantage de la posture que d’une pensée rationnelle et cohérente.

Or, ce qui est profondément sous-jacent, c’est souvent la perte de vue du principe de non-contradiction. Une perspective historique nous montre que les incohérences perdurent, et peuvent même s’accroître dans un certain aveuglement. S’il n’est sans doute pas facile de les réduire, encore convient-il de ne pas les ignorer, au risque d’aggraver les incompréhensions.

Exceptions à la loi de 1905

Il est étrange que l’on puisse envisager d’aller « plus loin » dans la séparation des Églises et de l’État instituée par la loi de 1905, alors même que des enseignements religieux sont dispensés dans les écoles publiques de trois départements.

En effet, lorsque la loi de 1905 a été adoptée, l’Alsace-Lorraine était alors annexée à l’empire allemand. Lorsqu’elle est redevenue française, en 1918, c’est le régime du Concordat adopté en 1802 qui y a été maintenu. Le gouvernement du Bloc des gauches a tenté en 1924 de l’y supprimer, mais a échoué. La situation n’a plus évolué depuis un siècle, signe qu’il est sans doute difficile de sortir de cette impasse historique.

On peut à cet égard rappeler le pas de clerc de François Hollande à l’élection présidentielle. Fin 2011, il dit vouloir « constitutionnaliser » la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État. Mais les vives réactions rencontrées le conduisent à préciser le 26 janvier 2012 que cette mesure s’appliquerait « sous réserve des règles particulières en Alsace et Moselle »… En tout état de cause, cette incohérence montre que la logique et le souci de cohérence en prennent beaucoup à leur aise.

(...)

Claude Lelièvre

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"C'était mieux avant"... et ça fait 2 000 ans que ça dure!...

18 Février 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education, #Histoire

"C'était mieux avant"... et ça fait 2 000 ans que ça dure!...

EXTRAIT

Le passéisme, ça vous parle ? C'est cette certitude que le monde tournait bien mieux avant, que l'humain avait de plus hautes aspirations, que l'intelligence n'avait pas encore capitulé... Contrairement à ce que pourrait laisser croire notre époque, le passéisme ne date pas d'aujourd'hui.

"Les jeunes n'ont plus aucun respect et plus rien ne les intéresse", "La fin de l'humanité est pour bientôt et c'est tant mieux", "Le QI de la population est en baisse", etc.

Qui n'a jamais entendu (ou ne s'est jamais laissé aller à...) ces récriminations ? Les temps semblent plus que jamais angoissants à l'aune (bien concrète) du changement climatique et des inquiétudes sociales... mais le sentiment prégnant que "c'était mieux avant" a probablement agité nos ancêtres avant nous.

De fait, le poète latin Horace en témoignait déjà il y a presque 2 000 ans, dans son _Art poétique (_v. 173-174) : "Mille incommodités assiègent le vieillard… Quinteux, râleur, vantant le temps passé, quand il était gosse, toujours à censurer les jeunes…" Parmi de nombreuses imprécations antiques et atemporelles, nous pouvons aussi citer celles de Valerius Caton dans ses Poetae minores (v. 178-182.) : "Est-ce ma faute si nous n’en sommes plus à l’âge d’or ? Il m’aurait mieux valu naître alors que la Nature était plus clémente. Ô sort cruel qui m’a fait venir trop tard, fils d’une race déshéritée !" ; ou encore les lamentations de Juvénal, dans ses Satires (v. 69-70) : "Déjà du temps d’Homère notre race baissait. La terre ne nourrit plus aujourd’hui que des hommes méchants et chétifs."

Pourquoi le passéisme (préférence exclusive pour le passé) semble-t-il à ce point anthropologique ?

Non, tout n'était pas mieux avant (loin s'en faut)

Pour le psychologue Serge Ciccotti, ce sentiment a probablement toujours existé, nourri notamment par les religions et le mythe du paradis perdu, mais la communication étant bien plus importante aujourd’hui avec les réseaux sociaux et la diffusion scientifique, elle produit un effet de loupe sur ce phénomène. Et ce, même si de nombreux contre-exemples pragmatiques viennent contrecarrer l'idée d'un monde forcément plus noir qu'hier, comme le soulignait avec force l'historien des sciences et philosophe Michel Serres dans son manifeste C'était mieux avant, en 2017 : avant, "les usines sans contrainte, répandaient leurs déchets dans l'atmosphère, ou la mer, ou la Seine, le Rhin ou le Rhône", avant "on ne connaissant pas les antibiotiques, on mourait de vérole ou de tuberculose", avant, il n'y avait pas de soins palliatifs, avant "les chambres à coucher restaient glaciales tout l'hiver", etc.

Chères Petites Poucettes, chers Petits Poucets, ne le dites pas à vos vieux dont je suis, c'est tellement mieux aujourd'hui : la paix, la longévité, les antalgiques, la paix, la Sécu, la paix, l'alimentation surveillée, la paix, l'hygiène et les soins palliatifs, la paix, ni service militaire ni peine de mort, la paix, le contrat naturel, la paix, les voyages, la paix, le travail allégé, la paix, les communications partagées, la paix... Michel Serres

(...)

Hélène Combis

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Georges Brassens...

17 Février 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... La Bruyère...

17 Février 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Arrias a tout lu, a tout vu, il veut le persuader ainsi ; c'est un homme universel, et il se donne pour tel : il aime mieux mentir que de se taire ou de paraitre ignorer quelque chose. On parle à table d'un grand d'une cour du Nord : il prend la parole, et l'ôte à ceux qui allaient dire ce qu'ils savent ; il s'oriente dans cette région lointaine comme s'il en était originaire ; il discourt des moeurs de cette cour, des femmes du pays de ses lois et de ses coutumes ; il récite des historiettes qui y sont arrivées ; il les trouve plaisantes, et il en rit le premier jusqu'à éclater. Quelqu'un se hasarde de le contredire, et lui prouve nettement qu'il dit des choses qui ne sont pas vraies. Arrias ne se trouble point, prend feu au contraire contre l'interrupteur : "Je n'avance rien, lui dit-il, je ne raconte rien que je ne sache original : je l'ai pris de Sethon, ambassadeur de France dans cette cour, revenu à Paris depuis quelques jours, que je connais familièrement, que j'ai fort interrogé, et qui ne m'a caché aucune circonstance." Il reprenait le fil de sa narration avec plus de confiance qu'il ne l'avait commencée, lorsque que l'un des conviés lui dit : "C'est Sethon à qui vous parlez, lui même, et qui arrive fraichement de son ambassade."

Jean de la Bruyère, Les Caractères, De la société et de la conversation, 1688.

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E3C : vers le chaos et au-delà !...

17 Février 2020 , Rédigé par Alternatives Economiques Publié dans #Education

E3C : vers le chaos et au-delà !...

La réforme du lycée et du baccalauréat était censée « simplifier » l’examen. Mais pour les élèves de première cette année, la toute première session d’« épreuves communes de contrôle continu », plus connues sous le doux nom d’E3C, est tout sauf… simple.

En novembre dernier, pourtant, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, annonçait : « Nous sommes prêts ! » Ce n’était pas du tout l’avis des enseignants, dont tous les syndicats (fait rarissime !) estimaient, dans un courrier commun deux semaines avant les premières épreuves, que « rien n’[était] prêt » et demandaient l’annulation de la première session des E3C. Sans succès.

Le ministre n’en démord pas, les blocages sont le fait d’une minorité radicale, tandis que dans la majorité des lycées, les E3C se déroulent sereinement. Il était d’ailleurs invité le 19 janvier sur France Inter, et la station résumait son intervention sur le sujet du bac en un tweet : « Il n’y a pas de climat anti-Blanquer dans l’Education nationale. La réforme du baccalauréat a recueilli l’adhésion, après un énorme travail d’écoute. A chaque étape, il y a des secteurs radicaux qui contestent l’étape suivante. » Interpellé sur le sujet à l’Assemblée nationale le 4 février, il assurait encore : « Les E3C se déroulent actuellement dans l’ensemble des lycées de France et dans 85 % des établissements, cela se passe sans problème. »

Différentes formes de résistance

De deux choses l’une. Soit, les incidents produits dans 15 % des établissements ont un retentissement sacrément impressionnant. Soit, c’est le syndicat des proviseurs, qui, lui, compte 43 % de lycées perturbés, qui est dans le vrai.

Etablir une liste complète desdits incidents serait fastidieux. En croquer quelques-uns est instructif voire savoureux : cela a un petit air d’inventaire à la Prévert…

Refus des enseignants de choisir les sujets des épreuves (dans une banque nationale) ? Pas de problème ! Des chefs d’établissement ou des inspecteurs ont procédé au choix, parfois par tirage au sort. Résultat : des candidats se sont retrouvés face à des sujets portant sur des parties du programme qu’ils n’avaient pas encore traitées.

Des épreuves ont été annulées pour cause de blocus ? Pas de problème, elles seront reportées après les vacances de février ! Pourront-elles vraiment se tenir ? Qui vivra verra, notamment les élèves de terminale, qui passent encore l’« ancien » bac, dont les cours et bacs blancs sont aussi perturbés.

Une partie des élèves a pu composer, l’autre non ? Pas de problème, ceux qui ont été empêchés par un « cas de force majeure » pourront recomposer ! Oui mais… comment distinguer ceux qui ont bloqué de ceux qui ont été bloqués sans risquer l’erreur et la sanction abusive ? Et si les appels à l’annulation pure et simple des E3C pour cette session se font entendre, que fera-t-on des copies et des notes de ceux qui ont passé les épreuves ?

Les enseignants refusent de surveiller ? Pas de problème, on mobilise pour cela des personnels non enseignants, ou du personnel venu du rectorat.

Les blocages deviennent trop longs ou violents ? Pas de problème, les CRS interviennent, jusque dans l’enceinte des établissements, pendant que les élèves composent dans cette joyeuse ambiance, sans stress ni inconvénient.

(...)

Cécile Blanchard - Rédactrice en chef des Cahiers Pedagogiques

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