Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Bruce Springsteen...

21 Février 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de coeur... Marie Nimier...

21 Février 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Cauchemar, toujours le même cauchemar. Impression de tourner en rond. Envie de tout arrêter. Le livre et les leçons de conduite. Envie de tout mettre de côté, le crissement de la plume, les peurs enfantines et les lames d'acier sur les poignets fragiles. Envie de prendre congé, patins de feutre et parquet ciré. Ça glisserait sans un bruit. Pas de repli, pas de question. Pas de racine, pas de crampon. Seule, inexorablement, la glace qui fond. On imagine l'histoire s'effaçant, comme les rayures ou les stries de cutter au passage de la réglette d'une ardoise magique, à croire que la vie pourrait exister au présent, calmement. L'allure change, le corps se libère de la pesanteur.

Marie Nimier - La reine du silence

Lire la suite

La guerre des mots, un combat très politique - France Culture, samedi 22 février - 12h/12h30 (Invitée: Cécile Alduy)

21 Février 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Politique

La guerre des mots, un combat très politique - France Culture, samedi 22 février - 12h/12h30 (Invitée: Cécile Alduy)

"Féminicide", "écocide" : les mots des militants se sont imposés dans le débat public ces dernières années. Ce combat sémantique est loin d'être symbolique : qui impose ses mots maîtrise les termes du débat. Qu'en sera-t-il du "séparatisme islamiste" dénoncé par Emmanuel Macron ?

Dans un monde politico-médiatique où la parole semble peser davantage que les actes, le combat des idées n’en passe que davantage par le vocabulaire.

Celui qui impose ses mots et le sens qu’il leur associe obtient un avantage concurrentiel conséquent sur ses adversaires : il maîtrise les termes du débat. C’est un peu comme jouer à domicile pour une équipe de foot.

Exemple le plus récent : le "séparatisme islamiste" d’Emmanuel Macron.

Le chef de l’Etat était à Mulhouse cette semaine pour annoncer des mesures visant à lutter contre ce phénomène.

En imposant, avec une facilité déconcertante, ce terme de "séparatisme", il donne l’impression de décrire une réalité objective, alors qu’il s’agit tout autant de défendre, à travers lui, une politique. "Dire, c’est faire".

Mais ceux qui détiennent le pouvoir ne sont pas les seuls à malaxer le vocabulaire dans le sens qui leur convient.

On a vu ainsi ces derniers mois apparaitre des termes comme "féminicide", "écocide", "effondrement" : là encore, il ne s’agit pas seulement d’approcher la vérité d’une situation mais de mener un combat, contre les violences faites aux femmes, contre la destruction de l’environnement.

Est-ce à dire que la lutte politique en sort régénérée ?

Cela se discute. Car en parallèle de ces mots très offensifs s’est installée une sémantique beaucoup plus fade, une novlangue bureaucratique teintée de culture "start-up" qui, en donnant l’illusion du renouvellement, appauvrit considérablement la pensée.

Au point qu’on finit par perdre le sens d’autres mots que l'on croyait universels comme la "démocratie" par exemple.

A lire :

« Séparatisme islamiste » : « Le mot et son contenu sont loin de pouvoir nommer toute la réalité », tribune de l'islamologue Rachid Benzine parue dans Le Monde

Féminicide : mot masculin qui tue. Article paru dans M, le Magazine du Monde

Ruffin, les boules Quies et le "core business", chronique de Daniel Schneidermann dans Libération

Lire la suite

Revue de Presse Education... La fin des enseignements de langues et de cultures des communautés d’origine (Elco)...

21 Février 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... La fin des enseignements de langues et de cultures des communautés d’origine (Elco)...
La fin des enseignements de langues et de cultures des communautés d’origine (Elco)

Enseignement, imams : Emmanuel Macron annonce des mesures pour lutter contre le « séparatisme islamiste »
Le chef de l’Etat veut mettre fin aux cours facultatifs de langue et de culture d’origine et au système des imams détachés par d’autres pays.
Par Mattea Battaglia dans Le Monde.
L’enseignement des langues étrangères Elco est-il contrôlé par l’Education nationale ?
“Emmanuel Macron a annoncé le 18 février la suppression à la rentrée scolaire de cours facultatifs de langues étrangères dispensés par des enseignants désignés par les gouvernements d’autres pays (Elco), estimant que l’Education nationale n’avait "aucun regard" sur ce dispositif, dont la transformation a été lancée dès 2016. Une affirmation à nuancer, selon les syndicats.”

Fin des enseignements Elco : Macron, du vol et du plagiat

Najat Vallaud-Belkacem a critiqué Emmanuel Macron mardi après que le Président a annoncé, pour combattre « le séparatisme », la fin des enseignements de langues et de cultures des communautés d’origine (Elco). Une mesure actée en... 2016, et non mise en œuvre à partir de 2017 s’indigne libération.

Lutte contre le séparatisme : que sont les Elco, dont Macron annonce la disparition ?
Ce dispositif, facultatif, permettait l’enseignement dans la langue maternelle d’enfants récemment immigrés. Sa transformation avait déjà été entamée sous le quinquennat précédent.

VIDEO. Jean-Michel Blanquer annonce avoir "empêché" 27 ouvertures d’écoles hors contrat "à la rentrée dernière"

Trois rebonds et réactions à cette annonce

Brighelli : Mieux vaut étudier l’arabe à l’école qu’à la mosquée
FIGAROVOX/TRIBUNE - Pour Jean-Paul Brighelli, développer l’enseignement de l’arabe littéraire favoriserait une lecture critique des textes sacrés et la transmission d’un patrimoine culturel incontournable. (À condition de ne pas faire de cet enseignement le cheval de Troie d’un communautarisme déguisé.)
Article qui vaut la peine d’être lu, il est plus posé que ce que les parenthèses ne laissent supposer.

"Séparatisme islamiste" : à Maubeuge, les propos de Jean-Michel Blanquer ont du mal à passer auprès des habitants

Interrogé au lendemain d’un déplacement d’Emmanuel Macron consacré à la lutte contre le "séparatisme islamiste", Jean-Michel Blanquer a estimé mercredi 19 février sur franceinfo que, ce "séparatisme" s’est "fortement accentué dans certains quartiers" ou "certaines villes", comme Roubaix, Maubeuge ou encore Garges-lès-Gonesse. "Ce sont des endroits où certains ont, en quelque sorte, pris le pouvoir dans la rue, et ça se voit", a assuré le ministre de l’Éducation nationale.

Le communautarisme est en pleine expansion dans plusieurs villes dont Maubeuge, selon Jean-Michel Blanquer. D’après le ministre, "il suffit d’y aller" pour s’en rendre compte. franceinfo s’y est rendu.
"C’est n’importe quoi"
Il y a des femmes voilées comme Oria, d’autres non comme Jamila. Et des non musulmans comme Vanessa. Lorsqu’on demande à ces habitantes s’il existe un communautarisme dans le quartier, la réponse est sans détours. "C’est n’importe quoi", disent-elles. "La tolérance, le savoir-vivre ensemble, le partage, la solidarité, tout ça on essaie de le partager au quotidien, que ce soit dans notre vie personnelle ou professionnelle, et il y a des personnes qui ne comprennent pas ça", affirme Jamila. Oria non plus ne reconnaît pas son quartier dans les déclarations du ministre : "Emmanuel Macron, s’il fait des débats comme ça, je pense que c’est par rapport aux prochaines élections municipales."

Fin de l’enseignement des langues étrangères : pourquoi ça coince avec la Turquie

Les Elco ont été créés dans les années 1970 pour permettre aux enfants immigrés de suivre une formation pour garder contact avec leur culture d’origine. Les enseignements sont délivrés par des professeurs formés et engagés par le pays d’origine. La France compte ainsi neuf pays partenaires, l’Algérie, la Croatie, l’Espagne, l’Italie, le Maroc, le Portugal, la Serbie, la Tunisie et la Turquie. Emmanuel Macron annonce la suppression du système pour le remplacer par les enseignements internationaux aux langues étrangères (EILE), initiés par Najat Vallaud Belkacem sous François Hollande, et "inscrits dans le cadre de l’école laïque, gratuite et obligatoire", expliquait la ministre de l’époque.
La Turquie, contrairement au Maroc ou à l’Algérie, n’a pas donné son accord pour ce basculement vers les EILE. "Si aucune solution n’est trouvée avec la Turquie et qu’elle refuse ce dispositif, nous mettrons fin à tout enseignement obligatoire", a alors menacé le président. Et ce, dès septembre prochain. Selon le ministère de l’Education, entre 12 000 et 15 000 élèves suivent cet enseignement de la langue et culture turque, et 192 enseignants le délivrent.

Pourquoi ce refus ? Est-ce parce qu’il n’existe pas de CAPES de turc ? La Turquie prévoirait-elle de former elle-même des enseignants ? Article de Cécile de Sèze pour l’Express.

En vrac pour finir

Réforme des retraites : qu’est-ce que l’article 44.3 sur le "vote bloqué", petit frère méconnu du 49.3 ?
Le gouvernement exclut pour le moment de recourir à l’article 49.3 de la Constitution, qui lui permettrait de passer en force pour faire adopter sa réforme.

Au BO du 20 février 2020 : certificat d’aptitude professionnelle, baccalauréats général et technologique et association agréée

On peut relire l’article sur le Français en Bac pro.

Témoignages : ils ont échoué à l’école, mais réussissent dans la vie
De plus en plus de jeunes en décrochage scolaire s’« auto-éduquent » sur Internet et se créent une place dans les nouvelles technologies. Une vraie révolution ?
Cet article de Elle est bienvenu en ce jour où LCI insiste au contraire sur les difficultés scolaires de Maître Bouzrou,l’avocat de Pavlenski. Comme le dit crûment Oscar (@BlancheurO sur Twitter) :
“Tout en finesse et avec une médiocrité déconcertante, #LCI présente en infographie le parcours scolaire de Maître Bouzrou, l’avocat de #Pavlenski, coiffé d’un bonnet d’âne.” Mépris de classe ? Certains journalistes pourraient lire le livre de Bernard Lahire,Enfances de classe.

Points de vue

La « Revue du crieur » acte la fin de l’éducation nationale
C’est un long texte de l’écrivaine Nathalie Quintane qui ouvre le 15e numéro de la revue d’enquêtes sur le monde des idées de Mediapart et des éditions La Découverte. Forte de son expérience de professeur, la poétesse y décortique l’abandon d’une certaine conception de l’éducation nationale, toujours plus loin de ses élèves. Dans « Uber Eats. Comment le capitalisme dévore l’avenir », Timothy Mitchell cible la compagnie américaine pour montrer qu’elle recycle un principe capitaliste ancien : tout faire reposer sur la capitalisation d’un revenu à venir. La réalisatrice Isabelle Sylvestre revient sur l’aventure de Strip Tease : les documentaires sociologiques se voyaient à l’origine non pas comme un spectacle, mais comme une « critique acerbe du spectacle ». Un principe qui ne convenait pas aux mécanismes de la télévision, qui a doucement étouffé le programme.

Lettre aux professeur·es et au personnel des établissements d’enseignement de France
Nous sommes étudiant·es, lycéen·nes et collégien·nes, et nous avons décidé de ne pas rester les bras croisés face au changement climatique et à l’effondrement de la biodiversité. Nous entendons les différents messages toujours plus alarmants des scientifiques, tels que ceux du GIEC [1] et de l’IPBES [2], comme un appel à agir et à changer rapidement notre mode de vie.
C’est pourquoi la jeunesse – et avec elle des femmes et hommes de toutes les générations – est appelée à se mobiliser partout en France le 13 mars.

Le lien permet de signer une pétition pour soutenir cette démarche.

Et, pour finir, un hommage

On lui doit le "copier-coller", Lawrence Tesler est mort
L’inventeur de ce raccourci informatique que nous utilisons tous est décédé à l’âge de 74 ans.

Catherine Rossignol

Lire la suite

Jacques Higelin...

20 Février 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de coeur... Jules Verne...

20 Février 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

"La mer est le vaste réservoir de la nature. C'est par la mer que le globe a pour ainsi dire commencé, et qui sait s'il ne finira pas par elle ! Là est la suprême tranquillité. La mer n'appartient pas aux despotes. À sa surface, ils peuvent encore exercer des droits iniques, s'y battre, s'y dévorer, y transporter toutes les horreurs terrestres. Mais à trente pieds au-dessous de son niveau, leur pouvoir cesse, leur influence s'éteint, leur puissance disparaît ! Ah ! Monsieur, vivez, vivez au sein des mers ! Là seulement est l'indépendance ! Là je ne reconnais plus de maîtres ! Là je suis libre ! "

Jules Verne - Vingt Mille lieues sous les mers

Lire la suite

« La suppression de Canopé est la concrétisation de la méfiance et de l’arbitraire »...

20 Février 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education

« La suppression de Canopé est la concrétisation de la méfiance et de l’arbitraire »...

Monsieur le ministre de l’Éducation nationale,

Nous, co-auteurs d’un livre qui devait être publié par le réseau Canopé en janvier 2020, avons appris, début février, que non seulement ce livre ne verra pas le jour mais, en outre, qu’aucun autre livre ne sera plus jamais publié par les éditions Canopé. Cet ouvrage s’insérait dans une des collections d’ouvrages des éditions Canopé à destination des enseignants afin d’alimenter leurs réflexions sur leurs pratiques.

L’ironie de cette situation – si tant est que l’ironie est le terme qui convient quand il s’agit de plusieurs dizaines de salariés au chômage ; du démantèlement d’un savoir-faire ; de milliers d’heures d’écriture jetées aux oubliettes – est que cette violence institutionnelle s’exerce à l’encontre d’un ouvrage – Prendre soin de soi et des autres – dont l’objet est justement l’analyse de la violence dans l’institution scolaire et des moyens d’y remédier !

Bien sûr, vous n’êtes pas, monsieur le ministre, directement responsable de cette violence et de cette censure. Vous n’avez pas lu ce livre. Vous n’avez donc pas pu vouloir empêcher sciemment que les idées qu’il contient ne se diffusent. Il est d’ailleurs presque dommage que ce ne soit pas pour ses idées que ce livre soit avorté. La réalité est pire : les livres publiés par Canopé ne sont rien d’autre qu’une ligne de plus ou de moins dans un bilan comptable. Vous déploriez que les professeurs désabusés jettent des livres en signe de mécontentement. Que dire de la suppression d’un éditeur spécialisé dans les questions éducatives ?

Ce dont nous vous tenons responsable, Monsieur le ministre est la suppression d’une possibilité de penser, et la réduction de la pensée à une valeur comptable. Alors même que par ailleurs vous avez intitulé votre loi « l’école de la confiance » et que vous prônez le dialogue, la suppression de Canopé est la concrétisation de la méfiance et de l’arbitraire. La pensée et l’éducation ne sont pas possibles si elles ne sont portées par des valeurs d’ouverture et d’échanges. Le livre est une expression essentielle de notre humanité. En supprimant les éditions Canopé, vous portez atteinte à celle-ci.

Nous vous prions de croire, Monsieur le ministre, à nos sentiments dévoués à l’égard de l’Éducation nationale.

Le 12 février 2020

Mireille Cifali
Historienne et psychanalyste, professeure d’université honoraire de sciences de l’éducation à l’université de Genève, auteure de nombreuses publications en sciences de l’éducation

Catherine Gueguen
Pédiatre formée en haptonomie et communication non violente, autrice d’essais sur l’éducation et les neurosciences affectives et sociales.

Pierre Merle
Sociologue, professeur d’université à l’Institut National Supérieur du Professorat et de l’Education, auteur de nombreuses publications en sociologie de l’éducation.

Jean-Louis Le Run
Pédopsychiatre, ancien chef de pôle Paris Centre Est Enfants, rédacteur en chef d’Enfances & Psy, auteur de nombreux essais.

Stéphane Sanchez
Docteur en philosophie et en psychologie, psychopédagogue (en CMPP et en hôpital de jour), auteur d’un essai sur les enfants en échec scolaire.

Lire la suite

Jean Daniel est mort... Lisons-le!

20 Février 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Jean Daniel est mort... Lisons-le!

"Chacun, partout, parle de déclin parce qu'il n'a comme repère que la nostalgie. Par-dessus tout nous découvrons, comme jamais sans doute l'humanité ne l'a fait, le règne de l'imprévisible. Le sentiment se répand partout et à chaque moment que tout est possible : d'effroyables recours en arrière comme les génocides, les famines et les grandes épidémies et d'audacieux bonds en avant dès qu'il s'agit de calculer le parcours d'une nouvelle planète. Si tout est possible et si l'on ne peut rien prévoir, alors il ne nous reste plus rien qu'à vivre au présent avec les seuls appétits et les seuls principes que nous nous donnons à nous mêmes. Dans un certain sens, c'est ce que je crois avoir compris lorsque Camus préconisait que pour faire notre métier d'homme, il fallait arriver à être des Sisyphe heureux. Mais je sais de même, aujourd'hui, à l'aube convulsive du XXIe siècle, que les hommes n'y arrivent jamais vraiment et qu'ils sont tentés de chercher partout dans le passé les mythes identitaires qui leur donnent des raisons de vivre et, plus souvent de mourir."

Jean Daniel - "Avec Camus - Comment résister à l'air du temps"

Lire la suite

"Séparatisme islamiste" : à Maubeuge, les propos de Jean-Michel Blanquer ont du mal à passer auprès des habitants...

20 Février 2020 , Rédigé par France info Publié dans #Education

"Séparatisme islamiste" : à Maubeuge, les propos de Jean-Michel Blanquer ont du mal à passer auprès des habitants...

Le communautarisme est en pleine expansion dans plusieurs villes dont Maubeuge, selon Jean-Michel Blanquer. D'après le ministre, "il suffit d’y aller" pour s’en rendre compte. france-info s'y est rendu.

Interrogé au lendemain d'un déplacement d'Emmanuel Macron consacré à la lutte contre le "séparatisme islamiste", Jean-Michel Blanquer a estimé mercredi 19 février sur france-info qu'il était "normal aujourd'hui d'avoir du travail pour remonter cette pente-là". Selon lui, ce "séparatisme" s'est "fortement accentué dans certains quartiers" ou "certaines villes", comme Roubaix, Maubeuge ou encore Garges-lès-Gonesse. "Ce sont des endroits où certains ont, en quelque sorte, pris le pouvoir dans la rue, et ça se voit", a assuré le ministre de l'Éducation nationale.

Des propos qui ont du mal à passer auprès des habitants, plus précisément ceux du quartier de l’Épinette, souvent pointé du doigt comme étant un quartier "communautariste". On y voit surtout un quartier pauvre et populaire, avec un taux de chômage à 32%, ses cités, ses barres d’immeubles enclavées et quelques tags sur les murs. Quelques commerces et un terrain de sport, seul lieu de loisirs du coin, mais pas de signes apparents de "séparatisme".

"C'est n'importe quoi"

Il y a des femmes voilées comme Oria, d’autres non comme Jamila. Et des non musulmans comme Vanessa. Lorsqu'on demande à ces habitantes s’il existe un communautarisme dans le quartier, la réponse est sans détours. "C'est n'importe quoi", disent-elles. "La tolérance, le savoir-vivre ensemble, le partage, la solidarité, tout ça on essaie de le partager au quotidien, que ce soit dans notre vie personnelle ou professionnelle, et il y a des personnes qui ne comprennent pas ça", affirme Jamila. Oria non plus ne reconnaît pas son quartier dans les déclarations du ministre : "Emmanuel Macron, s'il fait des débats comme ça, je pense que c'est par rapport aux prochaines élections municipales."

Pas un "séparatisme cultuel" mais "de fait"

Au volant de sa voiture, Abdoullah Boughazi, 30 ans, nous le dit, "il fait très bon vivre à Maubeuge". Il nous fait visiter la cité des écrivains, dont on a beaucoup parlé il y a un an, lors des élections européennes. C’est dans ce bureau de vote que la liste communautaire de l’Union des démocrates musulmans français -l’UDMF- a recueilli 40% des suffrages. Un chiffre mis en avant notamment par l’extrême-droite et le Rassemblement national, preuve, selon eux, d’un communautarisme musulman en pleine expansion, ce que réfute le jeune homme : "40% c'est vrai que ça peut paraître impressionnant, mais c'était sur un bureau de vote à 170 votants, et sur ces 170 personnes, 70 ont voté pour l'UDMF. On a donné à un micro-parti une audience médiatique qu'il n'aurait jamais pu espérer sinon."

"Clairement, c'est une méconnaissance du terrain. On n'a pas ce fantasme ici du mouton égorgé dans la baignoire.

Abdoullah Boughazià franceinfo"

Selon lui, le problème "n'est pas théologique" : "Il y a une situation qui est plutôt économique, sociale, d'éducation. C'est là le problème. Il n'est pas dans un séparatisme cultuel, il est dans un séparatisme de fait vécu, subi par toutes les institutions de la République."

Le maire ne décolère pas

Fonctionnaire territorial, Abdoullah Boughazi s’est mis en disponibilité pour participer à la campagne des municipales, en rejoignant la liste "Maubeuge d’abord", une liste concurrente de celle du maire UDI de la ville, Arnaud Decagny. Ce dernier, candidat à sa propre succession, ne décolère pas d'ailleurs depuis mercredi matin. Il a même appelé le cabinet du ministre pour s’en plaindre. "Je pense que les propos de Monsieur Blanquer sont relatifs à sa venue à Maubeuge, où il est venu devant un collège, il est entré à l'intérieur et n'a pas fait plus de rues", lâche-t-il.

"Aujourd'hui, il n'y a pas de zones de non-droit à Maubeuge, je l'invite à venir sans escorte policière pour voir ce qu'est la réalité de Maubeuge, et voir que l'image qu'il peut en avoir n'est pas la réalité.

Arnaud Decagny à franceinfo"

Arnaud Decagny craint que ces effets d’annonce ne fassent le jeu du Rassemblement national, dont le candidat à Maubeuge est actuellement à 18% dans les sondages. "On voudrait le faire monter qu’on ne s’y prendrait pas autrement", aujoute le maire, hors micro, avant de rappeler qu’il n’a pas attendu les annonces d’Emmanuel Macron pour lutter contre le communautarisme dans sa ville, notamment pour prévenir l’évitement scolaire.

Rester vigilant et "ne pas banaliser"

Effectivement, "ça va mieux", concède la directrice de l’école du quartier, Laetitia Lerat. Elle se souvient qu’à son arrivée en 2016, c’était beaucoup plus compliqué.

"Il y avait des enfants qui refusaient les cours d'histoire parce que la datation se fait par rapport à Jésus Christ.

Laetitia Lerat, directrice d'école à franceinfo"

"On avait également des enfants qui refusaient de chanter en chorale parce que ce n'est pas bien, se rappelle-t-elle. J'avais beaucoup de certificats médicaux pour la piscine, et quand on interrogeait les enfants, ils étaient allergiques à l'eau. C'est vraiment depuis cette année qu'il y a beaucoup moins de problèmes", ajoute la directrice.

Aujourd’hui, il y a toujours environ 40 enfants qui ne sont pas inscrits à l’école pour des raisons religieuses. Une douzaine, scolarisés, posent encore de sérieux problèmes, ajoute la directrice. Preuve que, si ça va mieux, tout n’est pas gagné dans cette lutte contre le communautarisme. C’est que rappelle Patrice Gaspard, inspecteur académique à Maubeuge : "Il faut rester vigilant, ne pas banaliser toutes ces remises en cause des valeurs de la laïcité parce que ça reste prégnant dans certaines familles, ça reste prégnant autour de certaines écoles. La meilleure réponse, c'est effectivement de continuer le travail qui est engagé, un travail de fond et de confiance."

Une confiance qu’il ne faut pas rompre, par exemple en tombant dans le piège de la stigmatisation. Un entre-deux sans doute compliqué, mais tous s’accordent à dire ici que c’est la seule solution pour éviter de faire le jeu des extrêmes, quels qu’ils soient.

Édité par Pauline Pennanec'h

Matthieu MondoloniRadio France
Lire la suite

Témoignages : ils ont échoué à l'école, mais réussissent dans la vie...

20 Février 2020 , Rédigé par Elle Publié dans #Education

Témoignages : ils ont échoué à l'école, mais réussissent dans la vie...

EXTRAIT

De plus en plus de jeunes en décrochage scolaire s'« auto-éduquent » sur Internet et se créent une place dans les nouvelles technologies. Une vraie révolution ? Analyse et témoignages.

Au lycée, Elsa Cohen s’ennuyait ferme. « Je dormais tout le temps, je séchais les cours, j’étais très déprimée. » Au point de se déscolariser en première. Après avoir convaincu ses parents, elle s’est formée toute seule sur Internet et a passé le bac en candidate libre. En même temps, elle a fait des stages dans des start-up spécialisées dans les questions d’éducation et a travaillé immédiatement pour l’une d’entre elles, The Family. Aujourd’hui, à 19 ans, elle sort un livre « Hack ton bac » (éd. Massot), qui raconte son expérience d’« auto-éducation ». Une sorte de manuel de développement personnel à l’usage des jeunes fâchés avec l’école. Un ouvrage qui devrait parler à pas mal de monde.

En effet, en France, près de 100 000 « décrocheurs »* sortent chaque année du système éducatif sans diplôme. Et parmi eux, de plus en plus de profils comme celui d’Elsa. « On ne dispose pas encore de chiffres précis, mais il y a un vrai phénomène, explique Brigitte Prot, psychopédagogue, auteure de "J’suis pas motivé, je fais pas exprès !" ( éd . L’Harmattan). Depuis deux ou trois ans, je vois un nombre croissant de cas similaires. Ce ne sont pas forcément des "mauvais élèves", qui ont de graves problèmes d’apprentissage à l’école. Ce sont plutôt des jeunes qui rejettent en bloc le système scolaire, son fonctionnement vertical, les longues heures passées en cours, le principe du cours magistral. Et qui profitent des possibilités que leur offrent les nouvelles technologies. » Valentin Reverdi, 22 ans, consultant en communication, a ainsi quitté l’école en seconde pour lancer un site pour apprentis journalistes, Newsyoung. Il a ensuite travaillé pour Mouloud Achour sur Canal+, puis a cofondé l’appli Vertical. Un parcours express, sans temps mort. « J’étais littéralement dans un rapport de force avec le système scolaire, je ne comprenais pas à quoi ça pouvait servir et j’étais intimement persuadé de pouvoir m’en sortir seul. »           

(...)

Suite et fin en cliquant ci-dessous                               

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>