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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Nina Bouraoui...

15 Février 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

On nous fait croire que l'on est tous libres et égaux et que notre modèle est le meilleur des modèles, mais ce n'est que de la poudre aux yeux car finalement, nous les petits, on a aucun droit, sinon celui de se taire. Bien sûr on nous donne un travail, on nous fait confiance quand on est un peu plus malin qu'un autre, mais au final c'est toujours pareil, on se fait écraser par les plus forts, et on se tait car il faut bien bouffer ; alors on accepte, on continue, on suit la ligne toute tracée du berceau à la tombe, toujours dans l'humiliation, la main tendue, car on a pas les moyens de claquer la porte, et parfois on rêve de partir, de leur clouer le bec pour qu'il n' y ait plus d'humiliation car on a pu choisir, et le choix c'est la liberté.

Nina Bouraoui - Otages

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Supprimer des heures d'enseignement en pleine crise des lycées, est-ce cela la réforme, M. Blanquer?...

15 Février 2020 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education

Supprimer des heures d'enseignement en pleine crise des lycées, est-ce cela la réforme, M. Blanquer?...

"L’École de la Confiance" du Ministre Blanquer s’est bel et bien transformée en une "École de la Défiance"

BLOG - Le chaos sans précédent qui sévit depuis plusieurs semaines dans les lycées à l’occasion des épreuves E3C du baccalauréat est d’ores et déjà suivi d’une nouvelle crise qui commence à poindre dans les lycées: celle des Dotations Horaires Globales (DHG) des établissements.

Alors que la population scolaire va augmenter de 30.000 élèves dans le second degré à la rentrée 2020, ce sont des centaines de postes qui vont être supprimés dans les établissements, aggravant les conditions de travail des élèves et des enseignants.

Et ce ne sont ni les heures supplémentaires annoncées, ni les postes supprimés et récupérés dans d’autres secteurs comme le réseau CANOPE (Le réseau de création et d’accompagnement pédagogique) qui permettront de combler ces suppressions de postes et d’heures d’enseignement dans les lycées.

Déshabiller Pierre pour rhabiller Paul

En supprimant des postes dans le second degré pour pouvoir créer 440 postes dans le premier degré et donner ainsi l’illusion d’une priorité globale à l’éducation, le Ministre Blanquer perd toute légitimité et crédibilité quant à la réforme précipitée du lycée qu’il tente de mettre en œuvre.

Mais surtout, ce démantèlement des équipes éducatives va plonger les établissements dans des situations impossibles et insupportables, à l’instar des premières difficultés d’ores et déjà recensées dans des académies comme celles de Bordeaux ou de Strasbourg.

Rappelons que si des économies ont été réalisées en supprimant les séries, le Ministre aurait pu choisir de les réinvestir dans l’accompagnement personnalisé des élèves et la prise en charge de la difficulté scolaire, ce qui n’a pas été le cas.

Aggraver la réforme

Alors que la réforme du baccalauréat est vécue douloureusement et brutalement par les équipes éducatives et les élèves – changements de programmes et donc de manuels scolaires, imposition du numérique dans certaines régions comme l’Ile-de-France – et que des situations extrêmement tendues, voire violentes, se sont produites lors des épreuves des E3C organisées dans la précipitation et le chaos, le Ministre Blanquer poursuit à marche forcée sa stratégie de démantèlement du second degré pour tenir les promesses annoncées sur le premier degré mais non budgétisées.

Ajoutée à la question des retraites – les enseignants sont les principales victimes de la réforme -, et à l’absence d’une revalorisation effective –les sommes initialement annoncées sont revues à la baisse-, cette nouvelle gestion strictement comptable et injonctive des DHG va aboutir à une baisse des heures enseignées, accentuant plus encore la crise aigüe qui secoue la communauté éducative.

“L’École de la Confiance” du Ministre Blanquer s’est bel et bien transformée en une ”École de la Défiance” contraire à sa mission de service public et déconnectée de la réalité quotidienne de nos établissements.

Yannick Trigance - Conseiller régional IDF, Secrétaire National PS à l’Education et à l’Enseignement Supérieur

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A Voir... "La fille au bracelet"

15 Février 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Cinéma

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C'est la fin d'un mythe : l'homme utilise bien 100% de son cerveau...

15 Février 2020 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

C'est la fin d'un mythe : l'homme utilise bien 100% de son cerveau...

On utiliserait que 10% de notre cerveau. Si on l'utilisait à 100%, il paraîtrait qu'on aurait de super pouvoirs. Vrai ou Faux ?

C'est un mythe. On utilise bien la totalité de notre cerveau. L’imagerie médicale a fait beaucoup de progrès et elle montre qu'aucune zone de notre cerveau n’est inactive de façon permanente, même quand on dort. Si on bouge un doigt par exemple, une partie de notre cerveau s'activera plus que les autres, mais il existera quand même une sorte d'activité de fond.

Le cerveau gourmand en énergie

Le cerveau consomme 20% de nos ressources énergétiques. La nature n'aurait pas favorisé un organe aussi gourmand en énergie, mais aussi peu efficace. Un cerveau utilisé à 10% de ses capacités n'est pas très productif. Enfin, les médecins qui soignent les patients ont constaté qu'aucune partie du cerveau n'était inutile. Même une petite altération peut provoquer de graves séquelles. Si le cerveau n'était utilisé qu'à 10%, il n'aurait aucun problème à se réadapter après un traumatisme.

Retrouvez les vidéos de Linh-Land Dao sur sa chaîne YouTube

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L’éducation aux arts est un facteur de réussite scolaire et sociale...

15 Février 2020 , Rédigé par Le Devoir Publié dans #Education

L’éducation aux arts est un facteur de réussite scolaire et sociale...

L’art à l’école, un facteur de réussite ? Peut-être bien que oui. Une étude publiée par la firme de recherche canadienne Hill Strategies démontre que l’éducation aux arts chez les jeunes améliore non seulement les résultats scolaires des élèves plus défavorisés, mais augmente leurs chances de réussite professionnelle une fois adulte et en fait des citoyens plus engagés dans leur communauté.

La conclusion découle d’une analyse effectuée par le groupe Recherche sur les arts, qui a examiné en profondeur cinq méta-analyses réalisées ces dernières années en Angleterre, en Australie et aux États-Unis. La plus récente, effectuée en mars dernier par le National Endowment for the Arts (NEA) américain à partir de quatre bases de données des ministères de l’Éducation et du Travail, constate que les jeunes des classes les plus démunies sont ceux qui semblent tirer le plus profit de l’exposition aux arts en bas âge et à l’adolescence.

L’impact positif se répercute non seulement sur la réussite scolaire liée aux arts, mais sur les aptitudes rédactionnelles, la compréhension des mathématiques et le dossier scolaire global. L’étude trace même une corrélation entre l’initiation à la chose culturelle et de meilleurs taux de diplomation au secondaire, au collège et à l’université pour les élèves de milieux pauvres.

«Que les élèves aient participé à des activités artistiques à l’école, ou en parascolaire, plus le seuil d’exposition aux arts est élevé, plus l’impact semble important sur la réussite scolaire des élèves de milieux socio-économiques à risque», a expliqué hier Kelly Hill, le président de Hill Strategies et auteur de l’analyse.

L’intérêt des données colligées par le NEA est d’avoir pu suivre l’évolution de jeunes élèves pendant plusieurs années, notamment de la maternelle à l’âge de 13 ans pour une des bases de données, de 14 à 26 ans, de 16 à 20 ans, puis de 23 à 27 ans pour les trois autres bases de données.

Sus au décrochage

Les chiffres sont surprenants. Des exemples. Le taux de décrochage au secondaire atteint 22 % chez les élèves privés d’exposition aux activités culturelles, contre seulement 4 % de leurs collègues initiés aux arts à l’âge scolaire. Plus tard dans leur parcours, 71 % des élèves défavorisés initiés à l’art ont réalisé des études collégiales après le secondaire (high school), contre seulement 48 % des élèves de même niveau socio-économique dépourvus du même accès. Les élèves considérés à risque étaient plus que deux fois plus nombreux à avoir obtenu un diplôme collégial s’ils faisaient partie de la cohorte la plus exposée aux arts dans l’enfance (39 % contre 17 %).

Au niveau universitaire, seulement 6 % des jeunes provenant de milieux défavorisés parviennent à obtenir un baccalauréat, constate l’étude du NEA. Mais ce taux grimpe à 18 % chez ceux qui avaient pu participer à des activités culturelles en bas âge.

«L’art fonctionne», résume en guise d’introduction à l’une des études-chocs Rocco Landesman, le président du NEA, déplorant que depuis 40 ans, les arts soient de plus en plus évacués du cursus scolaire des élèves américains au profit des sciences ou de cours d’anglais.

Citoyens plus engagés ?

Par la bande, les mêmes données mènent à d’autres constats étonnants. Comme le fait que l’exposition à l’art augmente fortement la reconnaissance par les pairs, l’engagement dans des activités bénévoles ou communautaires, la lecture quotidienne d’un journal (!) et même la participation au vote dans leur région (29 % chez les non-initiés, contre 43 %).

Les répercussions se font sentir jusque sur le marché du travail, les jeunes défavorisés s’étant frottés aux arts étant deux fois plus nombreux à occuper des postes de direction ou dans l’enseignement à l’âge adulte, et trois fois plus nombreux dans les professions médicales.

Dans plusieurs cas, la chance d’avoir été initié tôt à la culture éliminait l’écart de réussite normalement observé entre les élèves démunis et ceux plus favorisés. « Je pense que l’éducation aux arts est non seulement importante pour les milieux artistiques et les comportements culturels futurs des jeunes, mais cela est important pour leur succès dans la vie en général. Être initié à l’art jeune veut dire plus qu’en apprendre sur les arts. Cela développe toutes sortes d’aptitudes fondamentales à d’autres types d’apprentissages », fait valoir M. Hill.

Isabelle Paré

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"Edgar Morin et Jean-Michel Blanquer, une insaisissable synthèse sur l’école" - Par Luc Cédelle

15 Février 2020 , Rédigé par Le Monde

"Edgar Morin et Jean-Michel Blanquer, une insaisissable synthèse sur l’école" - Par Luc Cédelle

EXTRAITS

Dans « Quelle école voulons-nous ? La passion du savoir » (Odile Jacob), le philophe et le ministre de l’éducation s’accordent sur les missions fondamentales de l’école, mais divergent sur les moyens de les accomplir.

L’affiche est prometteuse. D’un côté, un intellectuel mondialement connu, Edgar Morin. De l’autre, un ministre français de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, en poste depuis deux ans et demi, et qui veut rétablir – c’est son leitmotiv – la « confiance » en et au sein de l’école. Entre les deux, les questions de l’éditrice, Héloïse Lhérété. Le partenaire du ministre est ici un flamboyant nonagénaire dont les combats politiques – contre le fascisme, le colonialisme puis le stalinisme – l’associent à la gauche, et dont l’œuvre multiforme l’a mené de la « sociologie du présent » à l’élaboration d’une pensée de la complexité et de la globalité. Bref, un monument – que l’on approuve ou non toutes ses idées et sa conception parfois téméraire du dialogue (son dernier livre d’entretiens, L’Urgence et l’Essentiel, paru en 2017 aux éditions Don Quichotte, était avec l’islamologue Tariq Ramadan).

(...)

Au fil des questions, le livre fait affleurer ces dissonances. Sans surprise, c’est d’abord sur « l’interdisciplinarité pédagogique » dont Edgar Morin prône « un usage beaucoup plus fréquent » qu’elles s’entendent. Le philosophe s’est fait, depuis une vingtaine d’années, le chantre d’une « réforme de pensée ». Sa conséquence sur l’école serait le développement, dès le secondaire, de l’interdisciplinarité, ce dont la plupart des soutiens du ministre ne veulent pas entendre parler. « Lorsqu’on étudie Galilée, explique Edgar Morin, il faudrait solliciter à la fois le professeur de physique, le professeur d’histoire et celui de philosophie. »

Le « préalable nécessaire » de M. Blanquer

Se déclarant « morinien » le ministre approuve le principe « sous l’angle de la recherche ». Mais il renâcle « sous l’angle de la pédagogie » et s’appuie sur le classique argument du « préalable nécessaire » que représente la maîtrise des fondamentaux. Il a d’ailleurs réduit, au collège, les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) mis en place sous le ministère de Najat Vallaud-Belkacem et qui s’étaient heurtés à une rude impopularité, fortement appuyée par l’opposition politique d’alors. Cependant, l’échange sur ce sujet ne peut que tourner court, du fait des situations respectives des protagonistes : le philosophe ne s’est jamais passionné pour les moyens institutionnels qui feraient passer ses idées dans la pratique scolaire, alors que le ministre, par fonction et comme ses prédécesseurs, joue matin et soir avec les rapports de force.

(...)

Luc Cédelle

Le texte complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Revue de Presse Education... Le bac — Salaire — Divers...

15 Février 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Le bac — Salaire — Divers...

Le bac toujours en première ligne dans l’actualité éducative avec le choix des spécialités et le GRAND ORAL. L’interrogation sur l’évolution du salaire se poursuit. Quelques infos diverses pour clôturer cette revue de fin de semaine.

Le bac

Nouveau bac : d’angoissantes premières épreuves Par Louise Cuneo et Alice Pairo-Vasseur
Les élèves de première essuient les plâtres du nouveau bac en ouvrant cette semaine le bal des épreuves de contrôle continu. Lycéens, parents et professeurs sont inquiets.”

Réforme du lycée : choisir ses spécialités, un vrai casse-tête pour les lycéens
Maths, anglais, philo… les élèves de 1ère doivent décider quelles spécialités ils garderont en terminale. Un choix qu’ils craignent lourd de conséquences pour leur orientation post-bac.”

Nouveau bac : comment se passe le Grand oral ?
En voie générale et technologique, vous passez un Grand oral à la fin de votre année de terminale. Cette épreuve fait partie des 5 épreuves finales du baccalauréat (60% de la note finale) et compte avec un coefficient 10 en voie générale ou 14 en voie technologique. Cette épreuve dure 20 minutes et est précédée de 20 minutes de préparation.”

Le Grand oral et les postures de l’imposture : debout ou assis ? Par Claude Lelièvre sur Blog : Histoire et politiques scolaires
Le Grand Oral annoncé à grand fracas en son temps lors de la présentation du nouveau baccalauréat n’ayant pas trouvé une mise en place ad hoc de sa préparation effective est revu à la baisse. Mais pour détourner les regards, le ministre met en avant une mise en scène posturale bouleversifiante : debout et/ou assis ?

Quand le bac était un « grand oral »… par Claude Lelièvre
Enseignant-chercheur en histoire de l’éducation, professeur honoraire à Paris-Descartes, Université de Paris
C’est Napoléon Ier qui, en 1808, institue le baccalauréat tel que nous le connaissons. Avec une différence de taille par rapport à son organisation actuelle : à l’époque, l’évaluation des candidats repose sur une seule épreuve, un grand oral.”

Salaire

Jean-Michel Blanquer face à Jean-Jacques Bourdin en direct
A écouter........ un exemple de grand oral peut-être ?

L’augmentation de salaire des enseignants devrait se situer entre que tchi et walou par mois
Alors que Jean-Michel Blanquer promettait qu’on se mette tous bien, au final, le dossier de la revalorisation des enseignants génère du dègue chez les premiers concernés.”

Divers

Ethnologie de la cour de récré par Hélène Frouard
Demandez aux enfants : à leurs yeux, le moment le plus important de l’école, c’est la récré. Adorée par certains, redoutée par d’autres, que s’y passe-t-il exactement ?

Jack Lang : « N’abandonnons pas l’enseignement de l’arabe aux religieux »
INTERVIEW. “L’ex-ministre de la Culture et de l’Éducation nationale milite pour un enseignement de l’arabe à l’école afin d’affaiblir les séparatismes.”

Une réforme à l’encontre des attentes des chercheurs Tribune Par Philippe BUTTGEN, Philosophe, professeur à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne , Didier CHATENAY, Physicien, directeur de recherche au CNRS , Bastien François, Politiste, professeur à l’Université Paris-I Panthéon-Sorbonne et président de la Fondation pour l’écologie politique, EE-LV , Eric KERROUCHE, Politiste, directeur de recherche au CNRS et sénateur PS , Dominique Méda, Sociologue, professeure à l’université Paris-Dauphine , Frédéric SAWICKI, Politiste, professeur à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne , Isabelle This Saint-Jean, Economiste, professeure à l’université Sorbonne-Paris-Nord, secrétaire nationale aux études du PS , Daniel Goldberg , Mathématicien, maître de conférences à l’Université Paris-VIII et ancien député PS , Marion Fontaine, Historienne, maîtresse de conférences à l’Université d’Avignon , Olivier Christin, Historien, professeur à l’Université de Neuchâtel, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études , Michel Saint Jean, Physicien, directeur de recherches au CNRS , Pierre Ouzoulias , Archéologue, chargé de recherche au CNRS et sénateur PCF , Catherine Jeandel , Océanographe, directrice de recherche au CNRS , Olivier Gandrillon , Biologiste, directeur de recherche au CNRS, ENS-Lyon , Giancarlo Faini , Physicien, directeur de recherche au CNRS et Bruno Chaudret , Chimiste, directeur de recherche au CNRS, académie des sciences — 12 février 2020 à 20:11
Concurrence exacerbée entre établissements, CDI « de projet », atteinte à l’indépendance scientifique… Les dispositifs de la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche pourraient renforcer la précarisation du secteur, alerte un collectif de chercheurs et d’universitaires.”

Programmes scolaires : « Plaidoyer pour un gros mot : curriculum ! » Tribune de Roger-François Gauthier, Ancien inspecteur général, expert international en éducation
Lorsqu’on parle de programmes scolaires, que signifie le terme « curriculum » ? L’ancien inspecteur général et expert international en éducation Roger-François Gauthier défend ce concept, dont l’emploi répandu dans tous les pays du monde depuis une trentaine d’années, est « rejeté » en France.”

Bernard Desclaux

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"Café Zimmermann" joue Vivaldi...

14 Février 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Choderlos de Laclos...

14 Février 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Lettre CXXV

Le Vicomte de Valmont à la Marquise de Merteuil

La voilà donc vaincue, cette femme superbe qui avait osé croire qu’elle pourrait me résister ! Oui, mon amie, elle est à moi, entièrement à moi, et depuis hier, elle n’a plus rien à m’accorder.

Je suis encore trop plein de mon bonheur, pour pouvoir l’apprécier, mais je m’étonne du charme inconnu que j’ai ressenti. Serait-il donc vrai que la vertu augmentât le prix d’une femme, jusque dans le moment même de sa faiblesse ? Mais reléguons cette idée puérile avec les contes de bonnes femmes. Ne rencontre-t-on pas presque partout une résistance plus ou moins bien feinte au premier triomphe ? et ai-je trouvé nulle part le charme dont je parle ? ce n’est pourtant pas non plus celui de l’amour ; car enfin, si j’ai eu quelquefois, auprès de cette femme étonnante, des moments de faiblesse qui ressemblaient à cette passion pusillanime, j’ai toujours su les vaincre et revenir à mes principes. Quand même la scène d’hier m’aurait, comme je le crois, emporté un peu plus loin que je ne comptais ; quand j’aurais, un moment, partagé le trouble et l’ivresse que je faisais naître : cette illusion passagère serait dissipée à présent ; et cependant le même charme subsiste. J’aurais même, je l’avoue, un plaisir assez doux à m’y livrer, s’il ne me causait quelque inquiétude. Serai-je donc, à mon âge, maîtrisé comme un écolier, par un sentiment involontaire et inconnu ? Non : il faut, avant tout, le combattre et l’approfondir.

Peut-être, au reste, en ai-je déjà entrevu la cause ! Je me plais au moins dans cette idée, et je voudrais qu’elle fût vraie.

Dans la foule de femmes auprès desquelles j’ai rempli jusqu’à ce jour le rôle et les fonctions d’amant, je n’en avais encore rencontré aucune qui n’eût, au moins, autant d’envie de se rendre que j’en avais de l’y déterminer ; je m’étais même accoutumé à appeler prudes celles qui ne faisaient que la moitié du chemin, par opposition à tant d’autres, dont la défense provocante ne couvre jamais qu’imparfaitement les premières avances qu’elles ont faites.

Ici, au contraire, j’ai trouvé une première prévention défavorable, et fondée depuis sur les conseils et les rapports d’une femme haineuse, mais clairvoyante ; une timidité naturelle et extrême, que fortifiait une pudeur éclairée ; un attachement à la vertu, que la religion dirigeait, et qui comptait déjà deux années de triomphe, enfin des démarches éclatantes, inspirées par ces différents motifs, et qui toutes n’avaient pour but que de se soustraire à mes poursuites.

Ce n’est donc pas, comme dans mes autres aventures, une simple capitulation plus ou moins avantageuse, et dont il est plus facile de profiter que de s’enorgueillir ; c’est une victoire complète, achetée par une campagne pénible, et décidée par de savantes manœuvres. Il n’est donc pas surprenant que ce succès, dû à moi seul, m’en devienne plus précieux ; et le surcroît de plaisir que j’ai éprouvé dans mon triomphe, et que je ressens encore, n’est que la douce impression du sentiment de la gloire. Je chéris cette façon de voir, qui me sauve l’humiliation de penser que je puisse dépendre en quelque manière de l’esclave même que je me serais asservie ; que je n’aie pas en moi seul la plénitude de mon bonheur ; et que la faculté de m’en faire jouir dans toute son énergie soit réservée à telle ou telle femme, exclusivement à toute autre.

Ces réflexions sensées régleront ma conduite dans cette importante occasion ; et vous pouvez être sûre que je ne me laisserai pas tellement enchaîner, que je ne puisse toujours briser ces nouveaux liens, en me jouant & à ma volonté. Mais déjà je vous parle de ma rupture, & vous ignorez encore par quels moyens j’en ai acquis le droit ; lisez donc, & voyez à quoi s’expose la sagesse, en essayant de secourir la folie. J’étudiais si attentivement mes discours & les réponses que j’obtenais, que j’espère vous rendre les uns & les autres avec une exactitude dont vous serez contente.

Vous verrez par les deux copies des lettres ci-jointes, quel médiateur j’avais choisi pour me rapprocher de ma belle, & avec quel zèle le saint personnage s’est employé pour nous réunir. Ce qu’il faut savoir encore, & que j’avais appris par une lettre, interceptée suivant l’usage, c’est que la crainte & la petite humiliation d’être quittée avaient un peu dérangé la pruderie de l’austère dévote ; & avaient rempli son cœur & sa tête de sentiments & d’idées qui, pour n’avoir pas le sens commun, n’en étaient pas moins intéressants. C’est après ces préparatifs nécessaires, qu’hier jeudi 28, jour préfixé & donné par l’ingrate, je me suis présenté chez elle en esclave timide & repentant, pour en sortir en vainqueur couronné.

Il était six heures du soir quand j’arrivai chez la belle recluse ; car, depuis son retour, sa porte était restée fermée à tout le monde. Elle essaya de se lever quand on m’annonça ; mais ses genoux tremblants ne lui permirent pas de rester dans cette situation : elle se rassit sur-le-champ. Comme le domestique qui m’avait introduit eut quelque service à faire dans l’appartement, elle en parut impatientée & nous remplîmes cet intervalle par les compliments d’usage. Mais pour ne rien perdre d’un temps dont tous les moments étaient précieux, j’examinais soigneusement le local ; & dès lors, je marquai de l’œil le théâtre de ma victoire. J’aurais pu en choisir un plus commode : car, dans cette même chambre, il se trouvait une ottomane. Mais je remarquai qu’en face d’elle était un portrait du mari ; & j’eus peur, je l’avoue, qu’avec une femme si singulière, un seul regard que le hasard dirigerait de ce côté, ne détruisît en un moment l’ouvrage de tant de soins. Enfin nous restâmes seuls & j’entrai en matière.

Après avoir exposé, en peu de mots, que le père Anselme avait dû informer des motifs de ma visite, je me suis plaint du traitement rigoureux que j’avais éprouvé ; et j’ai particulièrement appuyé sur le mépris qu’on m’avait témoigné. On s’en est défendu, comme je m’y attendais ; et, comme vous vous y attendez bien aussi, j’en ai fondé la preuve sur la méfiance & l’effroi que j’avais inspirés ; sur la fuite scandaleuse qui s’en était suivie, le refus de répondre à mes lettres, celui même de les recevoir, etc., etc. Comme on commençait une justification qui aurait été bien facile, j’ai cru devoir l’interrompre ; & pour me faire pardonner cette manière brusque, je l’ai couverte aussitôt par la cajolerie. « Si tant de charmes, ai-je donc repris, ont fait sur mon cœur une impression si profonde, tant de vertus n’en ont pas moins fait sur mon âme. Séduit, sans doute, par le désir de m’en rapprocher, j’avais osé m’en croire digne. Je ne vous reproche point d’en avoir jugé autrement ; mais je me punis de mon erreur. » Comme on gardait le silence de l’embarras, j’ai continué : « J’ai désiré, Madame, ou de me justifier à vos yeux, ou d’obtenir de vous le pardon des torts que vous me supposez ; afin de pouvoir au moins terminer, avec quelque tranquillité, des jours auxquels je n’attache plus de prix, depuis que vous avez refusé de les embellir. »

Ici on a pourtant essayé de répondre. « Mon devoir ne me permettait pas… » Et la difficulté d’achever le mensonge que le devoir exigeait, n’a pas permis de finir la phrase. J’ai donc repris du ton le plus tendre : « Il est donc vrai que c’est moi que vous avez fui ? — Ce départ était nécessaire. — Et que vous m’éloignez de vous ? — Il le faut. - Et pour toujours ? — Je le dois. » Je n’ai pas besoin de vous dire que pendant ce court dialogue, la voix de la tendre prude était oppressée, & que ses yeux ne s’élevaient pas jusqu’à moi.

Je jugeai devoir animer un peu cette scène languissante ; ainsi, me levant avec l’air du dépit : « Votre fermeté, dis-je alors, me rend toute la mienne. Hé bien, oui, Madame, nous serons séparés ; séparés même plus que vous ne pensez : & vous vous féliciterez à loisir de votre ouvrage. » Un peu surprise de ce ton de reproche, elle voulut répliquer. « La résolution que vous avez prise, dit-elle… — N’est que l’effet de mon désespoir, repris-je avec emportement. Vous avez voulu que je sois malheureux ; je vous prouverai que vous avez réussi au-delà même de vos souhaits. — Je désire votre bonheur, répondit-elle. » Et le ton de sa voix commençait à annoncer une émotion assez forte. Aussi me précipitant à ses genoux, & du ton dramatique que vous me connaissez : « Ah ! cruelle, me suis-je écrié, peut-il exister pour moi un bonheur que vous ne partagiez pas ? Où donc le trouver loin de vous ? Ah ! jamais ! jamais ! » J’avoue qu’en me livrant à ce point j’avais compté beaucoup sur le secours de mes larmes : mais soit mauvaise disposition, soit peut-être seulement l’effet de l’attention pénible & continuelle que je mettais à tout, il me fut impossible de pleurer.

Par bonheur je me ressouvins que pour subjuguer une femme, tout moyen était également bon ; & qu’il suffisait de l’étonner par un grand mouvement, pour que l’impression en restât profonde & favorable. Je suppléai donc, par la terreur, à la sensibilité qui se trouvait en défaut ; & pour cela, changeant seulement l’inflexion de ma voix, et gardant la même posture : « Oui, continuai-je, j’en fais le serment à vos pieds, vous posséder ou mourir. » En prononçant ces dernières paroles, nos regards se rencontrèrent. Je ne sais ce que la timide personne vit ou crut voir dans les miens : mais elle se leva d’un air effrayé, & s’échappa de mes bras dont je l’avais entourée. Il est vrai que je ne fis rien pour la retenir : car j’avais remarqué plusieurs fois que les scènes de désespoir, menées trop vivement, tombaient dans le ridicule dès qu’elles devenaient longues ou ne laissaient que des ressources vraiment tragiques, et que j’étais fort éloigné de vouloir prendre. Cependant tandis qu’elle se dérobait à moi, j’ajoutai d’un ton bas et sinistre, mais de façon qu’elle pût m’entendre. « Hé bien ! la mort ! »

Je me relevai alors ; & gardant un moment le silence, je jetais sur elle, comme au hasard, des regards farouches, qui, pour avoir l’air d’être égarés, n’en étaient pas moins clairvoyants & observateurs. Le maintien mal assuré, la respiration haute, la contraction de tous les muscles, les bras tremblants & à demi élevés, tout me prouvait assez que l’effet avait été tel que j’avais voulu le produire : mais, comme en amour rien ne se finit que de très près, & que nous étions alors assez loin l’un de l’autre, il fallait avant tout se rapprocher. Ce fut pour y parvenir, que je passai le plus tôt possible à une apparente tranquillité, propre à calmer les effets de cet état violent, sans en affaiblir l’impression.

Ma transition fut : « Je suis bien malheureux. J’ai voulu vivre pour votre bonheur, & je l’ai troublé. Je me dévoue pour votre tranquillité, & je la trouble encore. » Ensuite d’un air composé, mais contraint : « Pardon, Madame : peu accoutumé aux orages des passions, je sais mal en réprimer les mouvements. Si j’ai eu tort de m’y livrer, songez au moins que c’est pour la dernière fois. Ah ! calmez-vous, calmez-vous, je vous en conjure. » Et pendant cette longue phrase, je me rapprochais insensiblement. « Si vous voulez que je me calme, répondit la belle effarouchée, vous-même soyez donc plus tranquille. — Hé bien ! oui, je vous le promets », lui dis-je. Et j’ajoutai d’une voix plus faible : « Si l’effort est grand, au moins ne doit-il pas être long. Mais, repris-je aussitôt d’un air égaré, je suis venu, n’est-il pas vrai, pour vous rendre vos lettres ? De grâce, daignez les reprendre. C’est encore un sacrifice qui me reste à faire ; ne me laissez rien qui puisse affaiblir mon courage. » Et tirant de ma poche le précieux recueil : « Le voilà, dis-je, ce dépôt trompeur des assurances de votre amitié ! Il m’attachait à la vie, reprenez-le. Donnez ainsi vous-même le signal qui doit me séparer de vous pour jamais. »

Ici l’amante craintive céda entièrement à sa tendre inquiétude. Mais, « Monsieur de Valmont, qu’avez-vous, & que voulez-vous dire ? la démarche que vous faites aujourd’hui n’est-elle pas volontaire ? n’est-ce pas le fruit de vos propres réflexions ? & ne sont-ce pas elles qui vous ont fait approuver vous-même le parti nécessaire que j’ai suivi par devoir ? — Hé bien ! ai-je repris ; ce parti a décidé le mien. - Et quel est-il ? — Le seul qui puisse, en me séparant de vous, mettre un terme à mes peines. — Mais, répondez-moi, quel est-il ? » Là, je la pressai de mes bras, sans qu’elle se défendît aucunement ; & jugeant, par cet oubli des bienséances, combien l’émotion était forte & puissante : « Femme adorable, lui dis-je en risquant l’enthousiasme, vous n’avez pas d’idée de l’amour que vous inspirez. Vous ne saurez jamais jusqu’à quel point vous fûtes adorée, et de combien ce sentiment m’était plus cher que mon existence ! Puissent tous vos jours être fortunés & tranquilles ; puissent-ils s’embellir de tout le bonheur dont vous m’avez privé ! Payez au moins ce vœu sincère par un regret, par une larme ; et croyez que le dernier de mes sacrifices ne sera pas le plus pénible à mon cœur. Adieu. »

Tandis que je parlais ainsi, je sentais son cœur palpiter avec violence ; j’observais l’altération de sa figure ; je voyais surtout les larmes la suffoquer, & ne couler cependant que rares et pénibles. Ce ne fut qu’alors que je pris le parti de feindre de m’éloigner ; aussi me retenant avec force : « Non, écoutez-moi, dit-elle vivement. — Laissez-moi, répondis-je. — Vous m’écouterez, je le veux. — Il faut vous fuir, il le faut ! — Non ! s’écria-t-elle… » A ce dernier mot elle se précipita, ou plutôt tomba évanouie entre mes bras. Comme je doutais encore d’un si heureux succès, je feignis un grand effroi ; mais tout en m’effrayant, je la conduisais, ou la portais, vers le lieu précédemment désigné pour le champ de ma gloire ; & en effet, elle ne revint à elle que soumise & déjà livrée à son heureux vainqueur.

Jusque-là, ma belle amie, vous me trouverez, je crois, une pureté de méthode qui vous fera plaisir ; & vous verrez que je ne me suis écarté en rien des vrais principes de cette guerre, que nous avons remarqué souvent être si semblable à l’autre. Jugez-moi donc comme Turenne ou Frédéric. J’ai forcé à combattre l’ennemi qui ne voulait que temporiser ; je me suis donné, par de savantes manœuvres, le choix du terrain & celui des dispositions ; j’ai su inspirer la sécurité à l’ennemi, pour le joindre plus facilement dans sa retraite ; j’ai su y faire succéder la terreur, avant d’en venir au combat ; je n’ai rien mis au hasard, que par la considération d’un grand avantage en cas de succès, & la certitude des ressources en cas de défaite ; enfin, je n’ai engagé l’action qu’avec une retraite assurée, par où je puisse couvrir & conserver tout ce que j’avais conquis précédemment. C’est, je crois, tout ce qu’on peut faire ; mais je crains, à présent, de m’être amolli comme Annibal dans les délices de Capoue. Voilà ce qui est arrivé depuis.

Je m’attendais bien qu’un si grand événement ne se passerait pas sans les larmes & le désespoir d’usage ; & je remarquais d’abord un peu plus de confusion & une sorte de recueillement ; mais j’attribuais l’un & l’autre à l’état de prude : aussi, sans m’occuper de ces légères différences, que je croyais purement locales, je suivais simplement la grande route des consolations, bien persuadé que, comme il arrive d’ordinaire, les sensations aideraient le sentiment, & qu’une seule action ferait plus que tous les discours, que pourtant je ne négligeais pas. Mais je trouvai une résistance vraiment effrayante, moins encore par son excès que par la forme sous laquelle elle se montrait.

Figurez-vous une femme assise, d’une roideur immobile, et d’une figure invariable ; n’ayant l’air ni de penser, ni d’écouter, ni d’entendre ; dont les yeux fixes laissent échapper des larmes assez continues, mais qui coulent sans effort. Telle était Mme de Tourvel pendant mes discours ; mais si j’essayais de ramener son attention vers moi par une caresse, par le geste même le plus innocent, à cette apparente apathie succédaient aussitôt la terreur, la suffocation, les convulsions, les sanglots, & quelques cris par intervalle, mais sans un mot articulé.

Ces crises revinrent plusieurs fois, & toujours plus fortes ; la dernière même fut si violente, que j’en fus entièrement découragé, et craignis un moment d’avoir remporté une victoire inutile. Je me rabattis sur les lieux communs d’usage ; et dans le nombre se trouva celui-ci : « Et vous êtes dans le désespoir, parce que vous avez fait mon bonheur ? » À ce mot, l’adorable femme se tourna vers moi ; et sa figure, quoique encore un peu égarée, avait pourtant déjà repris son expression céleste. « Votre bonheur ? » me dit-elle. Vous devinez ma réponse. "Vous êtes donc heureux ? « Je redoublai les protestations. "Et heureux par moi !… » J’ajoutai les louanges & les tendres propos. Tandis que je parlais, tous ses membres s’assouplirent ; elle retomba avec mollesse, appuyée sur son fauteuil ; & m’abandonnant une main que j’avais osé prendre : « Je sens, dit-elle, que cette idée me console & me soulage. »

Vous jugez qu’ainsi remis sur la voie, je ne la quittai plus ; c’était réellement la bonne, & peut-être la seule. Aussi, quand je voulus tenter un second succès, j’éprouvai d’abord quelque résistance, & ce qui s’était passé auparavant me rendait circonspect ; mais ayant appelé à mon secours cette même idée de mon bonheur, j’en ressentis bientôt les favorables effets : « Vous avez raison, me dit la tendre personne ; je ne puis plus supporter mon existence, qu’autant qu’elle servira à vous rendre heureux. Je m’y consacre tout entière : de ce moment je me donne à vous, & vous n’éprouverez de ma part ni refus, ni regrets. » Ce fut avec cette candeur naïve ou sublime qu’elle me livra sa personne & ses charmes & qu’elle augmenta mon bonheur en le partageant. L’ivresse fut complète & réciproque ; et, pour la première fois, la mienne survécut au plaisir. Je ne sortis de ses bras que pour tomber à ses genoux, pour lui jurer un amour éternel ; et, il faut tout avouer, je pensais ce que je disais. Enfin, même après nous être séparés, son idée ne me quittait point, & j’ai eu besoin de me travailler pour m’en distraire.

Ah ! pourquoi n’êtes-vous pas ici, pour balancer au moins le mérite de l’action par celui de la récompense ? Mais je ne perdrai rien pour attendre, n’est-il pas vrai ? & j’espère pouvoir regarder comme convenu entre nous, l’heureux arrangement que je vous ai proposé dans ma dernière lettre. Vous voyez que je m’exécute, & que, comme je vous l’ai promis, mes affaires seront assez avancées pour que je puisse vous donner une partie de mon temps. Dépêchez-vous donc de renvoyer votre pesant Belleroche, et laissez-là le doucereux Danceny, pour ne vous occuper que de moi. Mais que faites-vous donc tant à cette campagne, que vous ne me répondez seulement pas ? Savez-vous que je vous gronderais volontiers ? Mais le bonheur porte à l’indulgence. Et puis, je n’oublie pas qu’en me replaçant au nombre de vos soupirants, je dois me soumettre, de nouveau, à vos petites fantaisies. Souvenez-vous cependant que le nouvel amant ne veut rien perdre des anciens droits de l’ami.

Adieu, comme autrefois… Oui, adieu, Mon ange ! je t’envoie tous les baisers de l’amour.

P.-S. Savez-vous que Prévan, au bout de son mois de prison, a été obligé de quitter son corps ? C’est aujourd’hui la nouvelle de tout Paris. En vérité, le voilà cruellement puni d’un tort qu’il n’a pas eu, & votre succès est complet !

Paris ce 29 octobre 17…

Choderlos de Laclos - Les Liaisons Dangereuses

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Vers une "revalorisation" au mérite... Attention, danger!

14 Février 2020 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Vers une "revalorisation" au mérite... Attention, danger!

Revalorisation salariale des enseignants : Blanquer veut "accentuer" la "dimension de mérite" dans leur rémunération

Elle s'ajouterait à une part d'augmentation commune à tous les enseignants, promise en contrepartie des effets négatifs de la réforme des retraites sur leurs pensions.

La revalorisation salariale promise aux enseignants en contrepartie de la réforme des retraites se fera-t-elle en partie au "mérite" ? C'est l'idée avancée par le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, vendredi 14 février, sur RMC et BFMTV. De quoi tendre un peu plus les discussions déjà compliquées avec les syndicats.

"Il y a une dimension commune à tous qui va faire qu'il y a une augmentation pour tous, car il faut monter le niveau général des rémunérations, et bien entendu il y a une dimension de mérite, ça existe déjà en partie, et on va probablement l'accentuer", a déclaré Jean-Michel Blanquer. 

"Est-ce travailler plus pour gagner plus ? En vérité, c'est plus compliqué que ça. C'est mieux que ça", a-t-il estimé. "C'est plutôt comment on donne des horizons aux acteurs de l'éducation nationale, c'est un jeu gagnant-gagnant".

La rémunération des enseignants s'est imposée dans le débat sur la réforme des retraites, car ceux-ci seraient désavantagés par le nouveau mode de calcul des pensions qui prend en compte les primes, rares dans l'Education nationale. Le gouvernement s'est engagé à revaloriser les salaires pour compenser cet écueil. Des discussions avec les syndicats ont démarré mi-janvier, et doivent déboucher sur une loi avant l'été. La prochaine session est prévue le 24 février.

"Le mot 'mérite' n'avait jusqu'ici pas été prononcé"

Le ministère a déjà présenté aux syndicats quatre scénarios possibles pour la première étape de revalorisation des salaires, en 2021. Une partie de l'enveloppe serait consacrée à d'autres leviers d'augmentation, comme le financement d'heures supplémentaires sur des absences de courte durée ou encore l'indemnisation des enseignants qui acceptent de suivre des formations pendant les vacances scolaires. Un affront pour les syndicats, qui rejettent l'idée de contreparties en échange de ces revalorisations.

Vendredi, plusieurs d'entre-eux ont vivement réagi à la déclaration de Jean-Michel Blanquer. "Le mot 'mérite' n'avait jusqu'ici pas été prononcé lors des discussions et là on ne sait pas ce qui est mis derrière", a alerté Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CDFT, rejetant l'argument du ministre : "Nous ne sommes plus dans la revalorisation mais clairement dans le 'travailler plus pour gagner plus'".

Cette "revalorisation sous contreparties" va forcément amener "une défiance record des enseignants envers le gouvernement" alors que "la profession est dans un état de tension forte", a commenté de son côté Stéphane Crochet, secrétaire général du SE Unsa.

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