Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Marcel Proust...

15 Janvier 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

La mer fascinera toujours ceux chez qui le dégoût de la vie et l'attrait du mystère ont devancé les premiers chagrins, comme un pressentiment de l'insuffisance de la réalité à les satisfaire. Ceux-là qui ont besoin de repos avant d'avoir éprouvé encore aucune fatigue, la mer les consolera, les exaltera vaguement. Elle ne porte pas comme la terre les traces des travaux des hommes et de la vie humaine. Rien n'y demeure, rien n'y passe qu'en fuyant, et des barques qui la traversent, combien le sillage est vite évanoui! De là cette grande pureté de la mer que n'ont pas les choses terrestres. Et cette eau vierge est bien plus délicate que la terre endurcie qu'il faut une pioche pour entamer. Le pas d'un enfant sur l'eau y creuse un sillon profond avec un bruit clair, et les nuances unies de l'eau en sont un moment brisées; puis tout vestige s'efface, et la mer est redevenue calme comme aux premiers jours du monde. Celui qui est las des chemins de la terre ou qui devine, avant de les avoir tentés, combien ils sont âpres et vulgaires, sera séduit par les pâles routes de la mer, plus dangereuses et plus douces, incertaines et désertes. Tout y est plus mystérieux, jusqu'à ces grandes ombres qui flottent parfois paisiblement sur les champs nus de la mer, sans maisons et sans ombrages, et qu'y étendent les nuages, ces hameaux célestes, ces vagues ramures.
 
La mer a le charme des choses qui ne se taisent pas la nuit, qui sont pour notre vie inquiète une permission de dormir, une promesse que tout ne va pas s'anéantir, comme la veilleuse des petits enfants qui se sentent moins seuls quand elle brille. Elle n'est pas séparée du ciel comme la terre, est toujours en harmonie avec ses couleurs, s'émeut de ses nuances les plus délicates. Elle rayonne sous le soleil et chaque soir semble mourir avec lui. Et quand il a disparu, elle continue à le regretter, à conserver un peu de son lumineux souvenir, en face de la terre uniformément sombre. C'est le moment de ses reflets mélancoliques et si doux qu'on sent son coeur se fondre en les regardant. Quand la nuit est presque venue et que le ciel est sombre sur la terre noircie, elle luit encore faiblement, on ne sait par quel mystère, par quelle brillante relique du jour enfouie sous les flots.
 
Elle rafraîchit notre imagination parce qu'elle ne fait pas penser à la vie des hommes, mais elle réjouit notre âme, parce qu'elle est, comme elle, aspiration infinie et impuissante, élan sans cesse brisé de chutes, plainte éternelle et douce. Elle nous enchante ainsi comme la musique, qui ne porte pas comme le langage la trace des choses, qui ne nous dit rien des hommes, mais qui imite les mouvements de notre âme. Notre coeur en s'élançant avec leurs vagues, en retombant avec elles, oublie ainsi ses propres défaillances, et se console dans une harmonie intime entre sa tristesse et celle de la mer, qui confond sa destinée et celle des choses.
 
Marcel Proust - Les plaisirs et les jours
Lire la suite

Enseignants: Blanquer promet une revalorisation salariale sans préciser les contreparties...

15 Janvier 2020 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Enseignants: Blanquer promet une revalorisation salariale sans préciser les contreparties...

Le ministre de l’éducation nationale a commencé à recevoir les syndicats d’enseignants pour les négociations sur la revalorisation de leur rémunération, promise pour compenser les pertes engendrées par la réforme des retraites. 500 millions d’euros sont prévus dès janvier 2021, mais des zones d’ombre demeurent sur les contreparties éventuelles.

Tenir les deux bouts. Une partie des organisations syndicales est placée dans une délicate posture. Elles appellent à la grève et à manifester contre la réforme des retraites dont elles réclament le retrait, et doivent négocier en parallèle la revalorisation de la rémunération des enseignants destinée à compenser les pertes engendrées par l’instauration de ce régime universel à points. Par un tour de passe-passe inouï, le ministre de l’éducation nationale est parvenu à imposer le sujet à l’agenda, comme s’il était acté que la réforme passerait quoi qu’il arrive – alors qu'une nouvelle journée de mobilisation est prévue jeudi 16 janvier, à l’appel de l’intersyndicale.

Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU concède la difficulté d’agir face à cette forme de « chantage » : « C’est compliqué, on ne peut pas dire qu’on ne va pas y aller parce qu’il est prévu des changements sur notre métier. Et il y a des choses dont on ne veut pas. Donc on doit l’expliquer et surtout réussir à obtenir ce qu’on veut. Mais dans un même temps, on veut déconnecter la question de la revalorisation de celles des retraites, car on ne veut pas de cette réforme. Or, le ministre tient absolument à lier le tout. »

Dans l’avant-projet de loi du gouvernement, en effet, les deux sujets le sont. Il est inscrit noir sur blanc que la « mise en place du système universel de retraite » s’accompagnera d’une « revalorisation » de « la rémunération » des professeurs et des chercheurs, dans le cadre de lois de programmation qui concerneront spécifiquement l’Éducation nationale et la recherche. Il s’agit de garantir « un même niveau de retraite pour les enseignants et chercheurs que pour des corps équivalents de même catégorie de la fonction publique. »

Pour ce faire, Jean-Michel Blanquer reçoit depuis lundi 13 janvier, et jusqu’au 15 au soir, les organisations syndicales pour des rencontres bilatérales. Le ministre a présenté un calendrier de travail plus précis : dès fin janvier, après cette première phase de consultation, les premières mesures pour le budget 2021 seront présentées. Puis une phase de concertation aura lieu de janvier à la fin mars, avant une phase de négociation en vue du projet de loi de programmation. Objectif : acter celle-ci d’ici à la fin juin. Des réunions seront également organisées durant ces six mois pour réfléchir à l’évolution du métier d’enseignant, le ministère ayant annoncé une consultation en ligne des professeurs sur leurs attentes, au mois de mars.

Sur le plan des chiffres, Jean-Michel Blanquer a affirmé son intention de consacrer 500 millions d’euros à des hausses de salaires des enseignants dès janvier 2021. Rien de bien nouveau, le ministre confirme une somme déjà évoquée comme une option par le gouvernement en décembre. Ces augmentations progressives de budget, de l’ordre de 400 à 500 millions d’euros par an, ne sont qu’un début. Ces revalorisations doivent s’étendre jusqu’à l’horizon 2037.

Pour le moment, faute d’éléments concrets, il est impossible de connaître précisément le bénéfice pour chaque enseignant, sauf à diviser le montant par le nombre d’enseignants, ce qui donne un résultat dérisoire de l’ordre de 50 euros par mois.

Le ministre a par ailleurs précisé auprès des syndicats que le budget annuel consacré à cette mesure sera « cumulatif », ce qui signifie qu’il devrait atteindre entre 8 et 10 milliards d’euros en 2037.

Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa, ne demande pas le retrait du projet de loi, mais assure que son organisation reste « exigeante et vigilante. » Notamment parce que l’inquiétude règne dans les rangs des enseignants.

Il aurait voulu que cette concertation démarre « plus tôt », car pour le moment « personne n’est rassuré », tout étant fait dans un temps contraint. « Elle commence tard et l’exécutif a mis trop de temps à confirmer des chiffres annoncés de décembre. On est dans l’impatience, on attend d’en savoir plus sur les scénarios possibles. »

Stéphane Crochet explique aussi que son organisation trépigne d’impatience pour connaître les ordres de grandeur de la progression des salaires. « 500 millions c’est une annonce importante, mais c’est une première marche alors qu’ils annoncent un escalier dans la revalorisation. On a besoin de plus de perspectives et de visibilité sur les quatre premières années. »

De son côté, Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU ne s’explique pas comment cette négociation a pu se tenir de manière aussi précipitée. « Je n’arrive pas à comprendre comment Jean-Paul Delevoye a pu travailler deux ans sur la réforme et avoir oublié les enseignants. Nous ne sommes pas un petit corps, on n’est pas les petits rats de l’Opéra. Alors, le ministre essaie de colmater ce qui peut l’être. »

Frédérique Rolet explique que l’ambiance a été plus « détendue » que lors des précédentes rencontres.  « Ils essaient de nous demander d’être raisonnables, nous disent qu’ils sont de notre côté. Clairement, leur stratégie est de jouer les collègues contre les syndicats. Si les négociations échouent, ce sera de notre faute. »

Mais la responsable syndicale considère qu’il faut encore travailler et négocier sans relâche. « Une loi se travaille longuement, elle doit être détaillée année par année, corps par corps. Telle somme, telle mesure indiciaire doit être précisée. En principe, le budget est adopté année par année, là ça doit se faire sur dix-sept ans et engage les prochains gouvernements donc ça prend du temps et on met des conditions. »

En revanche, le ministère n’a pas apporté de précision sur la nature de la revalorisation ni sur le périmètre touché. « Elle devrait se concentrer principalement sur les enseignants nés après 1975, mais on insiste pour que tout le monde y trouve son compte », explique encore Frédérique Rolet.

Le ministre n’a pas voulu donner des détails sur la forme de cette revalorisation. Elle devrait se faire principalement sous forme de primes selon Les Échos. « Là-dessus, on est clair, la priorité est celle de la revalorisation indemnitaire », confie un conseiller cité par le quotidien économique qui explique aussi que le gouvernement plancherait « sur la création d’une prime générale qui serait versée à tous les enseignants à partir de 2022. »

De fait, la responsable syndicale attend des actes concrets, car des zones d’ombre demeurent. Notamment sur les contreparties éventuelles demandées aux enseignants. Même si le ministre réfute ce terme, rapporte Frédérique Rolet. « Il explique qu’il faut mieux rendre visibles les tâches invisibles des enseignants et parle de la nécessité d’assurer la continuité du service public, donc des remplacements. Il faut aussi améliorer l’efficacité du service public d’éducation, car c’est selon le ministre un préalable indispensable pour que le grand public accepte qu’on augmente les enseignants. »

Les organisations syndicales plaident surtout de manière unanime pour une amélioration des conditions de travail des enseignants. D’ores et déjà, le SE-Unsa sait qu’il n’acceptera pas la mise en place de « primes individualisées fluctuantes et attribuées à la tête du client », mais plaide en faveur « d’un régime indemnitaire qui couvre tout le monde et est sécurisé comme salaire ». Il voudrait que les enseignants aient une assurance et une visibilité sur les montants dont ils vont disposer et des points engrangés pour leur retraite.

Le SE-Unsa explique ne pas avoir édicté de ligne rouge précise, mais avoir « une alerte générale » concernant ces éventuelles contreparties. « Nous allons être vigilants, nous n’avons pas besoin d’un alourdissement de notre charge de travail. Nous voulons une meilleure prise en compte de la partie invisible de préparation et d’évaluation, mais aussi du temps de plus en plus conséquent que nous consacrons à créer un lien avec les familles, à l’accompagnement des élèves et à l’orientation au collège et au lycée. Nous sommes des optimistes, mais jamais naïfs », explique encore Stéphane Crochet.

Sur LCI, le 12 janvier, Jean-Michel Blanquer a indiqué vouloir « rendre visible l’invisible » travail des professeurs. Il a aussi expliqué réfléchir à certains sujets notamment les vacances d’été. Cela « ne signifie pas forcément des semaines en plus » pour le travail des enseignants, « mais il faut avoir une vision complète avec les moyens nouveaux que nous aurons pour garantir le droit à des vacances pour tous, pour garantir le soutien scolaire gratuit aux élèves des milieux défavorisés ».

Alors que les enseignants multiplient les actions, sous différentes formes, pour dire et redire leur opposition à la réforme, le Snes-FSU appelle aussi à maintenir la pression dans la rue.

Le SE-Unsa avait appelé à la grève les 5 et 17 décembre. L’organisation annonce être prête à le refaire si les négociations n’allaient pas dans un sens favorable. Jean-Michel Blanquer est prévenu.

Faïza Zerouala

Lire la suite

A Voir... "3 aventures de Brooke" - De Yuan Qing avec Xu Fangyi, Pascal Greggory, Ribbon, Kam Kia Kee...

15 Janvier 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Cinéma

Lire la suite

Revue de Presse Education... Retraites — Réformes — Divers...

15 Janvier 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Retraites — Réformes — Divers...

Les réformes de la retraite des enseignants et celles du système sont toujours dans l’actualité éducative.

Retraites

Enseignants, quelles contreparties à la revalorisation ? Explication par Denis Peiron
Le gouvernement a ouvert lundi 13 janvier avec les syndicats un deuxième round de discussions sur les retraites où il a annoncé son intention de consacrer 500 millions d’euros à des hausses de salaires des enseignants dès 2021. Cependant, Jean-Michel Blanquer entend conditionner cette nécessaire revalorisation financière à une refonte du métier.”

Réforme des retraites : 500 millions d’euros pour augmenter le salaire des enseignants en 2021 par Le Monde avec AFP
Le gouvernement a reconnu qu’avec la réforme les enseignants pouvaient perdre beaucoup. Une « avancée » pour les syndicats reçus lundi, même si « beaucoup reste à faire ».”

Revalorisation : Une avancée et quatre déceptions
500 millions s’approchent mais 10 milliards s’éloignent. A l’issue d’une rencontre avec JM Blanquer, le 13 janvier au soir, malgré la confirmation d’une revalorisation à hauteur de 500 millions, la FSU manifeste surtout de la déception et des inquiétudes. Déception car ni le volume ni le calendrier ni les modalités de la revalorisation ne sont connus. Inquiétude car JM Blanquer lie la revalorisation à des contreparties. La réunion a surtout établi un calendrier précis sur les missions des enseignants et leur évolution. Pour la FSU la revalorisation doit commencer maintenant. Et la mobilisation des enseignants doit continuer et s’approfondir.”

Réformes

Saumur. Réforme du bac : des enseignants de Duplessis-Mornay veulent empêcher la tenue des épreuves
Des enseignants du lycée Duplessis-Mornay annoncent qu’ils refuseront de faire passer les épreuves communes de contrôle continu prévues dès le 20 janvier pour les élèves de 1re. Ils demandent qu’elles soient annulées.” réservé aux abonnés

Formation des enseignants : un « chantier périlleux mais décisif » Tribune de Arnaud Pautet, Docteur en histoire contemporaine, professeur en classe préparatoire
A l’heure de la redéfinition de la formation des enseignants, Arnaud Pautet, docteur en histoire contemporaine et professeur en classe préparatoire, donne quelques-unes des conditions pour avoir de « bons » professeurs face aux élèves.”

Sport à l’école : inquiétudes autour de la formation des professeurs Par Séverin Graveleau
La future place de l’éducation physique et sportive dans le concours et la formation des instituteurs inquiète les professeurs d’EPS et formateurs d’enseignants.”

Le plaisir d’enseigner l’histoire et la géographie Publié par Olivier Van Caemerbèke
Alors que l’arrivée de la spécialité Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques (HGGSP) modifie l’enseignement de l’histoire-géographie au lycée, nous avons demandé à trois enseignants de nous parler de leurs parcours et de leur métier.”

« Le professeur est un savant contrarié » Tribune de Thibaut Poirot, Professeur d’histoire en lycée
Quelles relations les enseignants entretiennent-ils avec le savoir ? Un « rapport d’humilité et de révérence », selon le professeur d’histoire Thibaut Poirot.” Un point de vue très particulier de transmetteur du savoir.

Décrochage scolaire et nouvelle obligation de formation jusqu’à 18 ans : comment ça va marcher ? par Claire Chaudière
Pour "raccrocher" les jeunes mineurs sortis des radars de l’Éducation nationale, une obligation de formation jusqu’à 18 ans va s’imposer à partir de la rentrée scolaire 2020. Un rapport est remis aujourd’hui au Premier ministre. Les missions locales seront au cœur de ce nouveau dispositif.”

Les rapports de l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche
L’organisation et la passation des évaluations nationales dans le premier degré
Rapport IGÉSR - 21/12/2019
"À la rentrée 2019, des évaluations nationales exhaustives ont eu lieu à l’entrée en CP et enCE1. Ces évaluations sont conçues par la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) en collaboration étroite avec le conseil scientifique de l’éducation nationale (CSEN). Il s’agit de la deuxième année de mise en place de ce dispositif."

Divers

Série noire au lycée de Revin : un suicide, une tentative de suicide, un décès, une démission
En moins de trois semaines, le lycée Jean-Moulin de Revin a vu ses effectifs enseignants touchés par un suicide, une tentative, une crise cardiaque mortelle et une démission. Une cellule d’aide psychologique est en place et le rectorat choisit d’évoquer la situation en réunion d’instance académique.”

Erasmus + : légère hausse du budget pour 2020, année de "transition" par Pauline Bluteau
Dans une circulaire publiée en décembre dernier, l’Union européenne a réaffirmé son ambition de développer le programme Erasmus+. Le budget prévisionnel en 2020 augmente d’environ 200 millions d’euros par rapport à 2019. Une somme qui pourrait permettre plus de mobilités du côté des étudiants comme des enseignants.”

Pourquoi l’enseignement du fait religieux demeure un sujet hypersensible, Propos recueillis par Alice Raybaud -
Dans Peut-on parler des religions à l’école ?*, Isabelle Saint-Martin dresse un état des lieux de ce débat crispé où rejaillit la crainte, pour les uns, de mettre à mal la laïcité, ou celle d’une concurrence au ministre du culte pour d’autres.”

Ressources

Didier Fassin entre au Collège de France : « L’inégalité la plus profonde est celle devant la vie même » Par Didier Fassin
« Le Monde » publie un extrait de la leçon inaugurale que le sociologue doit prononcer le 16 janvier, intitulée « L’Inégalité des vies ». Ce spécialiste des questions d’inégalités, d’immigration et de châtiments occupera la chaire annuelle de santé publique.”

« La fracture numérique constitue une bombe à retardement dans la mesure où 100 % des services publics seront dématérialisés d’ici 2022 » Tribune de Jean-Philippe Mengual, Président de HYPRA, entreprise solidaire d’utilité sociale spécialisée dans l’accès des personnes handicapées et malvoyantes aux services numériques et de Corentin Voiseux, Directeur général de HYPRA
Rappelant dans une tribune au « Monde » que 100 % des services publics seront dématérialisés d’ici 2022, les experts de l’accès au numérique Jean-Philippe Mengual et Corentin Voiseux prônent un changement de méthode pour les publics en difficulté.”

Bernard Desclaux

Lire la suite

Sjaella... Belle découverte...

14 Janvier 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de coeur... Victor Hugo...

14 Janvier 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Quoi que je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un spectre de plomb à mes côtés, seule et jalouse, chassant toute distraction, face à face avec moi misérable, et me secouant de ses deux mains de glace quand je veux détourner la tête ou fermer les yeux. Elle se glisse sous toutes les formes où mon esprit voudrait la fuir, se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles qu'on m'adresse, se colle avec moi aux grilles hideuses de mon cachot ; m'obsède éveillé, épie mon sommeil convulsif, et reparaît dans mes rêves sous la forme d'un couteau.

Je viens de m'éveiller en sursaut, poursuivi par elle et me disant : - Ah ! ce n'est qu'un rêve ! Hé bien ! avant même que mes yeux lourds aient eu le temps de s'entrouvrir assez pour voir cette fatale pensée écrite dans l'horrible réalité qui m'entoure, sur la dalle mouillée et suante de ma cellule, dans les rayons pâles de ma lampe de nuit, dans la trame grossière de la toile de mes vêtements, sur la sombre figure du soldat de garde dont la giberne reluit à travers la grille du cachot, il me semble que déjà une voix a murmuré à mon oreille :

- Condamné à mort !

Victor Hugo - Le dernier jour d'un condamné

Lire la suite

Les profs changent de tactique contre la réforme des retraites...

14 Janvier 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Les profs changent de tactique contre la réforme des retraites...

Ce mardi, la grève a été peu suivie par les enseignants. Ce qui ne veut pas dire que la mobilisation s'épuise pour autant. Elle change seulement de forme.

Le nombre de professeurs grévistes était en nette baisse ce mardi. Cependant, la colère reste vive. Et se traduit par d’autres formes de mobilisation, qui pourraient vite placer le ministère de l’Education en difficulté. Démonstration en trois exemples.

Les prochaines épreuves du bac «repoussées»

Dans les lycées, les inquiétudes sur le nouveau calcul des retraites sont venues se greffer à un motif de colère, plus terre à terre : la mise en place de la réforme du bac qui s’applique pour la première année pour les élèves en classe de première. En principe, doivent se dérouler dans les prochains jours, les premières épreuves communes de contrôle continu (appelées les E3C) : en histoire-géographie, langues vivantes et maths pour les séries technologiques. Des appels au boycott ont été lancés dans plusieurs établissements, relayés par les syndicats qui demandent un report des épreuves infaisables dans ces conditions. «Les problèmes matériels ne cessent de s’accumuler, de l’ouverture tardive de la banque nationale de sujets aux difficultés posées par la correction dématérialisée», interpellent dans un communiqué commun les enseignants du lycée Auguste-Renoir à Asnières (93) ce mardi matin. «Nous demandons collectivement la suppression de cette première session d’épreuves», réclament-ils. Pareil dans l’agglomération de Rouen, comme le relate Paris-Normandie. Ou encore dans le sud, notamment à Montauban, où les enseignants étaient fortement mobilisés contre la réforme du lycée au printemps dernier.

Les remontées du SNPDEN, syndicat majoritaire des chefs d’établissement, interrogent. «Les collègues proviseurs font remonter des appels à la mobilisation de toutes sortes : grève de la surveillance des épreuves, de la correction ou encore des remontées de notes comme en juin dernier, indique Philippe Vincent, le secrétaire général du SNPDEN. Certes, pour l’instant ce ne sont que des "appels à", mais tout de même. A Lyon, 80% des proviseurs ont fait état d’appels à la mobilisation dans leurs troupes. Dans l’académie d’Aix-Marseille, les dernières prévisions font état de plus de 60% des lycées mobilisés la semaine prochaine.»

Sous pression, des chefs d’établissement ont déjà annoncé le report des épreuves, comme au lycée Honoré-de-Balzac à Mitry-Mory (Seine-et-Marne), où le proviseur a adressé un court message à son équipe, indiquant que compte tenu du contexte, les E3C étaient reportés. Son message se concluait par : «Nous restons tous attachés à la réussite des épreuves.»

Une grève reconductible… à Louis-le-Grand

Aussi symbolique que rare, voilà qu’une partie des professeurs de Louis-le-Grand – y compris des enseignants de classes préparatoires – se sont mis en grève reconductible. De grandes banderoles ont été suspendues dans l’école, et circulent sur les réseaux sociaux.

Dans un courrier, adressé à la fédération de parents d’élèves (FCPE), les professeurs grévistes de Louis-le-Grand s’expliquent : «Une grosse quinzaine de collègues a décidé d’entrer à partir de vendredi en grève reconductible. Nous souhaitons vous en expliquer les raisons. Nous demandons l’abandon du projet de réforme des retraites et la suppression de la première session des épreuves communes de contrôle continu (les E3C). Cette réforme des retraites ne pénaliserait pas les enseignants seulement, mais elle les pénaliserait plus lourdement que d’autres. […] Les mesures de compensation annoncées – augmentation des salaires, et surtout des primes, pendant la carrière – ne peuvent pas nous convaincre, et au moins pour deux raisons.
- Les sommes évoquées sont très inférieures à celles qui seraient nécessaires pour obtenir un maintien des pensions au niveau de ce qu’elles sont dans le système actuel.
- Ces augmentations ne seraient accordées qu’en contrepartie d’une redéfinition de "ce que sera le métier d’enseignant du XXIe siècle", redéfinition dont on ne sait pas grand-chose, sauf qu’elle passera par une augmentation du temps de travail.»

Une nuit des écoles avec les parents

A Bagneux, l’école Joliot-Curie est en plein préparatifs : à partir de 18h30 ce mardi, l’école ouvre ses portes toute la nuit aux profs mobilisés des écoles, collèges et lycées voisins, aux parents d’élèves qui soutiennent le mouvement. «Une partie des parents fait grève par procuration, ils nous soutiennent, nous laissent des mots pour nous dire qu’ils sont derrière nous. C’est précieux moralement, pour tenir», raconte un membre de l’équipe.

Cette fois, le mode d’action est différent. Plutôt que la grève, l’équipe organise une «nuit des écoles». «On cherchait un autre mode d’action pour gagner en visibilité. Cela permet aussi de se réunir, entre professeurs de différents degrés, d’avoir des parents avec nous et de réfléchir à la suite du mouvement.»

Des livres devant le rectorat

A Clermont-Ferrand, tôt mardi matin, des enseignants en colère ont empilé des livres devant le rectorat. «Ce mur a été construit à partir de manuels scolaires rendus inutiles par toutes les réformes dans le premier comme dans le second degré, explique Anne Roascio, cosecrétaire départementale CGT Educ’action, interrogée par France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. Ce n’est pas rien de jeter des livres, c’est le savoir, la culture, ce qui est notre mission. Cela montre vraiment que nous sommes à bout.»

Marie Piquemal

Lire la suite

Education nationale : le scandale des « panels » pour compter les grévistes...

14 Janvier 2020 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Education nationale : le scandale des « panels » pour compter les grévistes...

Leur journée de salaire, tous les enseignants grévistes la perdront. Mais tous ne seront pas comptabilisés comme grévistes. C'est que le Ministère utilise un « panel » grâce auquel il extrapole les chiffres qu'il communique ensuite à la presse. Pas payés, mais pas non plus comptés : les enseignants apprécieront le mépris porté y compris à leur révolte, massive pourtant...

C'est à la fin d'un article récent très documenté d'Anthony Cortès de Marianne que l'on trouve la confirmation de ce qui s'apparente clairement à un scandale : « Contacté, le ministère de l'Education nationale confirme à Marianne ne pas prendre en compte les statistiques de l'ensemble des établissements. Seuls les résultats d'établissements triés sur le volet et jugés "représentatifs" sont dénombrés pour établir rapidement les fameux taux qui doivent être communiqués à la mi-journée. Cependant, aucune information ne filtre quant aux modalités qui ont été prises en compte au moment de l'élaboration de ce panel. Non pas par mauvaise volonté, mais parce que la création de cet échantillon semble dater de plusieurs années et qu'il est difficile de "remettre la main" sur les modalités de sélection des différents lycées, écoles et collèges, nous dit-on. ».

Pourtant, plus haut dans l'article, on apprend que tous les grévistes sont répertoriés sur la plate-forme « Mosart » pour « Module de saisie des absences et des retenues sur salaire ». Tous. Et que le salaire donc de tous les grévistes sera amputé. Et donc que le Ministère a une vue très précise du nombre de grévistes.

Faire grève encore? Oui !

A l'heure où Jean-Michel Blanquer ne cesse de parler de parler d' « école de la confiance » et de de respect dû aux enseignants, une telle information risque de faire tache, si un quelconque enseignant avait encore quelque doute sur les capacités d'écoute de leur Ministre. Faut-il pour autant cesser de faire grève ? Non. Des chiffres bien plus justes remontent par les syndicats – et les médias seraient bien inspirés de plutôt relayer ceux-là, bien plus proches de la réalité vécue par le moindre parent d'élève – au demeurant citoyen...

Mais surtout, les enseignants seraient bien inspirés d'interpeller leur Ministre pour exiger que les chiffres connus de lui soient divulgués en vertu de la loi n° 2016-1321 du 7 octobre 2016 pour une République numérique, dite loi Lemaire, (L. n° 2016-1321, 7 oct. 2016, JO 8 oct. 2016), qui oblige l’ouverture des bases et données des autorités publiques.

Ils seraient bien inspirés de demander fermement à leurs représentants syndicaux actuellement en négociations avec le Ministre de l'Education Nationale d'exiger de lui qu'il divulgue le nom des établissements faisant partie du panel ou de cesser de l'utiliser- et de donner donc les vrais chiffres dont il a parfaitement connaissance au soir d'une journée de grève.

A défaut de réponse, pour que le Ministre puisse mieux les compter, ils seraient bien inspirés d'organiser soit une soirée commune d'occupation des établissements scolaires, soit des rassemblements à une même heure ( 18H?) le même jour devant les mairies .

Méprisés jusque dans leur refus de se faire tondre la laine sur le dos par le nouveau système de retraites voulus par l'exécutif sans qu'aucune augmentation salariale ou indemnitaire  ( et ) ne puisse compenser les pertes hallucinantes de retraite en vue – et cela tout en asséchant le système des retraites qui ne saurait être « à l'équilibre » avec l'incorporation des 1 546 685 fonctionnaires d'Etat et 309 142 militaires qui dépendant du Code des pensions civiles et militaires pour lesquels l'Etat cotise jusqu'à présent respectivement 74,28 % et 126,07% en lieu et place des  16,87% prévue pour tous les employeurs dans la réforme... La coupe sera sans doute plus que pleine pour les enseignants.

Pascale Fourier

Lire la suite

"Blanquer a-t-il raison de dire que la France représente 15% des dépenses sociales dans le monde?" (Non)

14 Janvier 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

"Blanquer a-t-il raison de dire que la France représente 15% des dépenses sociales dans le monde?" (Non)

Sur France 2, jeudi, le ministre de l'Education nationale a ressorti cette statistique que l'on voit beaucoup circuler. Elle est inexacte, en plus de ne pas être très signifiante.

Bonjour,

Vous nous avez interrogés sur Twitter à propos d’une déclaration du ministre de l’Education nationale, jeudi sur France 2. Evoquant les retraites et la générosité du modèle français, Jean-Michel Blanquer a affirmé : «La France à elle toute seule représente 15% des dépenses sociales dans le monde.»

Interrogé à plusieurs reprises par CheckNews sur la source de cette statistique, le ministère de l’Education nationale ne nous a pas donné de réponses. Mais CheckNews s’était déjà penché sur ce chiffre, après qu’il a été cité dans le Point en 2018. L’hebdomadaire, dans le cadre d’un dossier sur les dépenses sociales en France, avait confié une double page au sociologue Julien Damon. On y lisait un encadré présentant le calcul suivant :

«L’organisation internationale du travail (OIT) a calculé que le total des dépenses sociales représentait, en 2011, 9% du PIB global, soit en gros 4 500 milliards d’euros de retraite, d’assurance chômage, de prestations familiales, de couvertures santé, etc. En 2011, avec 670 milliards d’euros, la France représentait 15% de la dépense sociale mondiale.»

Une infographie complétait le texte avec cette légende : «La France ne représente que 1% de la population mondiale… mais 15% des dépenses sociales mondiales.»

Ces données avaient déjà été calculées par Julien Damon trois ans plus tôt, à l’occasion d’une tribune signée dans les Echos. La statistique circule donc depuis plusieurs années. Elle est pourtant très approximative, sinon fausse.

Une statistique qui repose sur une erreur méthodologique

Comme nous l’écrivions à l’époque, l’OIT, qui est communément présentée comme la source de cette statistique en réfutait la paternité. Contactée par CheckNews, l’Organisation internationale du travail nous avait fait cette réponse : «En aucun cas nous ne validons ce chiffre (qui nous semble surestimé) ni cette méthodologie.»

De fait, cette méthodologie repose sur une erreur. Il est d’ailleurs aisé d’en faire la preuve par l’absurde. En appliquant la méthode utilisée pour la France à d’autres pays, en partant des mêmes données, on arrivait aux résultats suivants :

L’Allemagne aurait représenté (pour l’année 2011) 16% des dépenses sociales mondiales. Les Etats-Unis, 45% des dépenses sociales mondiales. L’Italie, 9,9%, le Royaume-Uni, 9,5%, l’Espagne, 6%. En ajoutant la France (15%, donc), on arrivait ainsi à… plus de 100% des dépenses sociales mondiales. Avec seulement six pays. Bref, ça ne marche pas.

L’erreur consiste à partir de la donnée de l’OIT selon laquelle les dépenses sociales représentent 9% du PIB global, et de ce PIB mondial exprimé en dollars courants (73 000 milliards en 2011, environ 65 000 euros), pour en déduire le volume global des dépenses sociales mondiales (6 200 milliards de dollars, 4 500 milliards d’euros à la parité 2011).

Si on voulait mesurer le montant des prestations sociales d’un pays par rapport à aux prestations sociales mondiales (ce que l’OIT se garde de faire, estimant que la démarche revient à «compter des carottes et des poireaux»), il conviendrait au moins de le faire en «PIB à parité de pouvoir d’achat». Comme l’explique l’Insee, «la parité de pouvoir d’achat (PPA) est un taux de conversion monétaire qui permet d’exprimer dans une unité commune les pouvoirs d’achat des différentes monnaies. Ce taux de conversion peut être différent du "taux de change" ; en effet, le taux de change d’une monnaie par rapport à une autre reflète leurs valeurs réciproques sur les marchés financiers internationaux et non leurs valeurs intrinsèques pour un consommateur».

Par exemple, le PIB mondial PPA en 2016 était de 120 000 milliards de dollars (contre 75 800 milliards pour le PIB global). Le PIB-PPA français en 2016 était de 2 765 milliards de dollars (contre 2 465 milliards pour le PIB exprimé en dollars). Le PIB indien montait quant à lui à 8 700 milliards (contre 2 263).

Julien Damon le reconnaissait à CheckNews : «J’ai fait une règle de trois très simple. C’était pour donner un ordre de grandeur. Je suis d’accord qu’il faudrait partir du PPA.» En partant du PIB-PPA, on arriverait alors un poids des dépenses sociales françaises proche de 10%. Et non 15%. Interrogé par CheckNews, l’OIT se refusait à donner le moindre chiffre, réaffirmant ne pas travailler sur de telles statistiques.

Au-delà de l’erreur, une donnée sans aucune signification

Mais que la part des dépenses sociales de la France soit de 15%, 10%, ou encore un peu moins, ne change pas grand-chose. Que la France dépense plus d’argent pour la protection sociale que d’autres pays, c’est une évidence. Mais cela n’a guère de sens de se servir de cette évidence pour illustrer la générosité du modèle français.

L’enseignement principal des rapports successifs de l’OIT sur la protection sociale est en effet qu’une grande partie de la population mondiale ne bénéficie d’aucune protection sociale, ou presque.

Voici, par exemple, ce qu’on lit dans la présentation du rapport de l’OIT sur la protection sociale dans le monde, datant de novembre 2017 :

«Seuls 45% de la population bénéficient effectivement d’au moins une prestation sociale, tandis que les 55% restants – 4 milliards de personnes – sont laissés sans protection. Le nouveau rapport montre aussi que 29% seulement de la population mondiale disposent d’un accès à une sécurité sociale globale – en légère hausse par rapport aux 27% de 2014/2015 – tandis que les 71 autres pour cent, soit 5,2 milliards de personnes ne sont pas, ou alors partiellement, protégées.»

Cette disparité se retrouve évidemment quand on regarde les montants investis par les Etats. Le rapport de l’OIT indique que pour l’année 2011, les dépenses sociales publiques globales représentaient donc 8,6% du PIB mondial. Un pourcentage qui cache des disparités abyssales : dans les pays à «hauts revenus», les dépenses sociales pèsent en moyenne 21% du PIB (plus de 27% du PIB pour les pays d’Europe de l’Ouest). Pour les pays à bas revenus, le pourcentage tombe à 3,5%.

Mécaniquement, les pays développés (dont la France) qui financent un système de protection sociale représentent une part des dépenses sociales mondiales élevées, sans rapport avec leur population.

Mettre en lumière ce pourcentage de 15% (ou même de 10%) revient en fait à comparer le modèle social hexagonal avec celui de pays qui ne dépensent rien, ou presque, pour la protection sociale.

En résumé : le ministère de l’Education ne nous a pas donné d’éléments quant à la provenance de ce chiffre. Mais CheckNews s’était penché sur la méthode aboutissant à cette statistique. Pour aboutir à la conclusion qu’elle était à la fois inexacte et peu significative.

Cordialement

Cédric Mathiot

Lire la suite

Violences sexuelles: "Enseignants, éducateurs n'en parlent pas aux enfants de peur de passer pour des pervers"

14 Janvier 2020 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

Violences sexuelles: "Enseignants, éducateurs n'en parlent pas aux enfants de peur de passer pour des pervers"

EXTRAIT

Entretien | L'affaire Matzneff ou le procès du père Preynat qui s'ouvre ce 13 janvier ont mis le sujet de la pédocriminalité au centre du débat. Surmédiatisées, ces affaires masquent pourtant la banalité des violences sexuelles commises sur les enfants. Comment les sensibiliser et leur apprendre à dire non ?

Harvey Weinstein, Gabriel Matzneff, le père Preynat mis en examen depuis février 2016 pour agressions sexuelles sur mineurs... Que ce soit dans le milieu littéraire, cinématographique ou dans l'Eglise, ces affaires démontrent la terrible banalité des cas d'agression sexuelle sur les enfants. Depuis les années 1990, de plus en plus de psychiatres et de professionnels de la santé se sont spécialisés dans le suivi des agresseurs sexuels mais aussi dans la prévention, un sujet sur lequel la France semble avoir sensiblement progressé ces dernières années malgré des tabous persistants autour de la sexualité. 

Louise Tourret, productrice de l'émission Être et savoir, est partie rencontrer l’équipe Île-de-France des Centres ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles (CRIAVS). Leur maître mot ? La prévention, en évitant la caricature et les clichés qui se révèlent parfaitement contre-productifs.

Comment définir la prévention ?

Walter Albardier, médecin psychiatre, responsable du CRIAVS Île-de-France : Sur les violences sexuelles, on distingue trois types de prévention : primaire, secondaire et tertiaire. Tertiaire, c’est traiter le phénomène une fois qu'il est repéré afin d'éviter qu'il se reproduise. Le secondaire, c'est le dépistage des violences. Si vous êtes témoin de harcèlement ou de violence sexuelle, signalez-le surtout pour éviter que cela dure et ne s'aggrave. La prévention primaire elle, est très très large. Elle revient finalement à "apprendre l'autre", l'autre dans les relations. D'ailleurs, qu'ils soient en position de victimes ou d'auteurs, il faut apprendre aux enfants à dire non. Il ne s'agit pas de dire que toute la prévention des agressions sexuelles repose sur les enfants, mais par exemple nous militons pour que l'enfant qui souhaite éviter le gros bisou baveux de sa tante ait le droit de dire "non !", de refuser. Mais c'est aussi à apprendre à l'enfant à composer avec les envies des autres : repérer ses émotions, repérer ses envies, et de s'adapter.

(...)

Louise Tourret

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>