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Vivement l'Ecole!

"Qu'ils viennent me chercher"... au théâtre! (Vidéo)

21 Janvier 2020 , Rédigé par France Inter Publié dans #Politique

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Bac de français : « Les nouveaux programmes ressemblent à une entreprise de formatage »...

21 Janvier 2020 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Bac de français : « Les nouveaux programmes ressemblent à une entreprise de formatage »...

EXTRAITS

L’enseignante de lettres au lycée et auteure Sophie Audoubert dénonce, dans une tribune au « Monde », la « logique de rendement » des nouveaux programmes de français qui retirent à l’élève « le temps de la découverte et de l’errance intellectuelle » et au professeur sa « liberté pédagogique ».

Tribune. Il est temps de déconstruire un préjugé tenace sur les enseignants : non, ils ne refusent pas toutes les réformes. A vrai dire, ils ne cessent de les absorber, d’essayer de s’en emparer, de leur donner du sens, y compris lorsqu’elles se contredisent d’une année sur l’autre. Mais aussi ils les questionnent, parfois les contestent parce qu’elles leur semblent aller contre le sens de leur mission, ou apporter une couche supplémentaire et inutile de difficulté.

La réforme du lycée, mise en place en septembre 2019 et qui bouleverse la structure et les contenus d’enseignement, a été fortement contestée sur ces deux aspects. La lettre envoyée par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, au comité de suivi le 6 janvier semble prendre acte, quatre mois après la rentrée, de critiques formulées par des enseignants, notamment en mathématiques, en anglais et en lettres, qui alertaient dès 2019 sur la difficulté des nouveaux programmes.

(...)

Le temps de la découverte et de l’errance intellectuelle

Au fond, cette contradiction des nouveaux programmes entre l’objectif affiché, les contenus imposés et les contraintes de temps laisse penser qu’ils sont conçus pour des élèves déjà formés et non des jeunes en formation, auxquels il faut laisser le temps de la découverte, de l’erreur, de l’errance intellectuelle avant l’illumination ô combien satisfaisante. Aucune place, ici, pour les chemins détournés où l’élève, au lieu de recevoir la parole d’en haut, fait vraiment sien le savoir qu’on lui transmet et se met à penser par lui-même, quand le maître reste une présence rassurante mais discrète.

(...)

Désormais, les œuvres et les parcours thématiques pour les étudier sont imposés. Nous avons certes le choix, pour chaque genre littéraire, entre trois œuvres. Mais entre l’ensemble de la littérature française d’un côté, et trois œuvres de l’autre, la marge laissée à l’initiative est singulièrement réduite. Il était prévu, dans un premier temps, que ces œuvres soient renouvelées par moitié chaque année. Est-ce à dire qu’il faut contraindre les enseignants de lettres au changement, sans quoi ils referaient éternellement le même cours, par paresse ? Un cours s’améliore avec le temps, l’enseignant apprend de ses erreurs et aussi de ses élèves, enrichit sa réflexion au fil de ses lectures, ses recherches.

(...)

La littérature est par nature vivante : pensons à Homère qui inspire Joyce ou les frères Coen. Il n’y a pas les œuvres qui seraient de patrimoine, et les autres. C’est l’exploration littéraire elle-même, et l’ouverture qu’elle permet sur un imaginaire riche d’enseignements et d’expériences inattendues, qui fait patrimoine.

Pour amener leurs élèves à cette richesse immense, les enseignants ont besoin que l’institution ait confiance dans leur expertise professionnelle, qui s’élabore au quotidien dans la classe. Ils ont besoin de temps pour familiariser leurs élèves avec une littérature qui les impressionne parfois, dont ils ont du mal à croire qu’elle est écrite aussi pour eux, et qu’elle a, même venue des profondeurs des siècles, beaucoup à leur offrir.

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Revue de Presse Education... Secondaire — Supérieur...

21 Janvier 2020 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Secondaire — Supérieur...

Une revue essentiellement sur les conflits dans le secondaire et le supérieur.

Secondaire

L’Expresso du 20 janvier 2020 signale les conflits divers dans le domaine de l’éducation

Nouveau bac, crise au lycée ?
Alors que les premières épreuves de contrôle continu de la nouvelle formule du bac commencent ce lundi, et que les syndicats enseignants demandent leur report, Etre et savoir s’interroge : le nouveau lycée tient-il ses promesses ?” Emission de France Culture avec de nombreux intervenants.

Des profs veulent boycotter les épreuves du bac : tout comprendre à la crise des « E3C »
La réforme à tout prix… au risque de l’affrontement. Sept mois après la tragi-comédie du bac 2019, ses copies « prises en otage » et ses inspecteurs dépêchés à la va-vite pour remplacer les jurys grévistes, les couteaux sont à nouveau tirés entre Jean-Michel Blanquer et une partie du corps enseignant. A l’origine de ce énième regain de tension au lycée : les « E3C », un joli sigle comme les aime l’Education nationale désignant les « épreuves communes de contrôle continu » mises en place dans le cadre de la réforme du bac.
Des E3C – organisés et corrigés au sein des établissements - dont la première vague commence ce lundi 20 janvier avec des épreuves d’histoire-géographie et de mathématiques réservées respectivement aux premières de séries générales et à celles de séries technologiques
.”

Réforme du bac : les épreuves de contrôle continu démarrent dans un climat tendu
Les élèves des classes de première passeront, à partir de lundi, les épreuves de contrôle continu prévues dans le cadre du nouveau bac. De plus en plus de perturbations, à l’initiative d’enseignants en colère, sont annoncées dans les lycées. Le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, relativise.”

VIDEO. Épreuves de bac annulées à Clermont-Ferrand : "Il y aura des poursuites", affirme le ministre de l’Éducation nationale
Des épreuves de contrôle continu ont été annulées après que des manifestants sont entrés dans le lycée Blaise Pascal, à Clermont-Ferrand.”

Épreuves du nouveau bac perturbées : pourquoi les enseignants sont en colère
Depuis ce lundi matin, les épreuves du nouveau bac sont perturbées. Lycées bloqués, manifestation des élèves, refus des enseignants de corriger les copies... La nouvelle formule de l’examen voulue par Jean-Michel Blanquer est l’objet de vives tensions partout en France et en Occitanie où plusieurs établissements sont mobilisés.”

Réforme du bac : « On est trop avancés pour revenir en arrière »
Pierre Mathiot, directeur de Sciences-po Lille, codirige le comité de suivi de la réforme du lycée. Il revient sur le nouveau bac, qui devient une réalité à partir de ce lundi.”

L’oral, nouvel élément clé de la sélection dans l’enseignement supérieur Par Alice Raybaud
L’exercice va devenir l’épreuve phare de certains concours et du bac. A Gennevilliers, une association intervient auprès de lycéens pour les aider à développer leurs compétences dans ce domaine.”

Les psychologues d’orientation contre le démantèlement des CIO
Un « ras-le-bol », un de plus. Samedi, les psychologues de l’Éducation nationale du second degré étaient mobilisés devant les grilles du parc des expos de Tours, où se tenait le Forum de l’orientation. « Le service public que sont les centres d’information et d’orientation (CIO) est malmené », explique Julie Pascual, conseillère d’orientation au CIO de Joué-lès-Tours, et représentante Snes-FSU. En Indre-et-Loire, la restructuration de ces services a débuté en juin dernier, avec le regroupement du CIO de Tours avec celui de Joué-lès-Tours. Il devrait se poursuivre cette année avec la fermeture de ceux de Loches et Chinon, et une redistribution des permanences dans les établissements scolaires des secteurs, comme c’est déjà le cas à Amboise. « Nous partageons cette logique d’être plus proches des établissements, mais tout en gardant notre indépendance, et un lieu d’accueil ouvert à tous », précise Julie Pascual.”

Les enseignants revendiquent un "premier recul" de Blanquer sur la réforme de la formation
Le nouveau calendrier des concours des professeurs inclus dans la loi "Pour une école de la confiance" devait entrer en vigueur à la rentrée 2020. Ce ne sera finalement pas le cas.” Mais attention il s’agit seulement d’un report d’un an de la mise en place de la maquette du master MEEF...

Supérieur

"Parcoursup a mieux fonctionné cette année", assure le ministère
Dès mercredi, tous les candidats – 900.000 l’an passé – pourront enregistrer leurs vœux sur Parcoursup, la plate­forme d’admission dans ­l’enseignement supérieur. ­Frédérique Vidal décrypte les changements de cette édition. "La ­plateforme, désormais accessible dans une version adaptée aux smartphones, propose plus de 15.000 formations reconnues par l’État, soit 600 de plus que l’an dernier, et offre un outil complémentaire pour les personnes en reprises d’études : ParcoursPlus", explique la ministre.”

Pour Frédérique Vidal "les dirigeants de demain doivent ressembler à la France" Par Laurence Estival le 18.01.2020 à 10h19 Abonnés
INTERVIEW “En juin dernier, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a commandé aux huit plus grandes écoles de France un rapport sur l’ouverture sociale. Leur diagnostic et leurs propositions lui ont été rendus cet automne.”

La recherche est un bien commun Dans La vie des Idées
La Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche qui s’annonce rencontre une opposition de plus en plus grande, tant elle paraît vouloir consacrer une politique, menée ces dernières années, qui fragilise les laboratoires et ceux qui y travaillent. La Vie des Idées revient dans ce dossier sur cette évolution.” De très nombreux articles

Bernard Desclaux

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Antoine Elie...

20 Janvier 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Andrée Chedid...

20 Janvier 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Omar-Jo se leva, fit lentement le tour de la piste, posa la main sur le toit sculpté du carrosse. Au bout de quelques secondes, il s'adressa au forain qui s'évertuait à rafistoler l'étrier d'un des chevaux de bois :

- Ton manège est le beau. Mais moi, j'en ferai le plus beau de la ville. Le plus beau de tout le pays !

Sans attendre de réponse, l'enfant se dirigea vers la cabine, y pénétra, fouilla dans un coffre rouillé, en tira des chiffons et des produits d'entretien. Derrière le tiroir-caisse, il découvrit un plumeau, un balai. Amassant le tout, il revint sur la plateforme et se mit tout de suite au travail.

Passant du cheval gris moucheté au noir, au fauve, à l'alezan, au bai-cerise, il frotta leurs jambes, leur poitrail, leurs flancs ; les bouchonnant comme s'ils étaient vivants. Il lustra leurs crinières et leurs queues, fit étinceler brides et rênes. A califourchon sur chaque monture il rinçait, puis curetait l'intérieur de leurs oreilles, de leurs naseaux.

- Des nids à poussière! s'exclama-t-il à quelques pas de Maxime qui le fixait bouche bée. Finalement, il entreprit le nettoyage du carrosse.

Andrée Chedid - L'Enfant multiple

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Retraite des enseignants : la peur de l’entourloupe...

20 Janvier 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Retraite des enseignants : la peur de l’entourloupe...

Les profs craignent que la hausse des salaires promise compense à peine la baisse des pensions.

C’est assez rare pour le souligner. En promettant de faire des enseignants les futurs gagnants de la réforme des retraites, le gouvernement a acté dès le début du mouvement qu’ils étaient perdants pour l’instant. Mais s’engager à ce que les pensions des professeurs ne baissent pas - un chantier colossal ouvert formellement par le ministre de l’Education nationale la semaine dernière et qui doit durer six mois - pose deux problèmes majeurs. De mélange des genres d’abord. Les syndicats d’enseignants revendiquent de très longue date des augmentations pour leurs ouailles et apprécient moyen l’entourloupe consistant à parler argent dans le strict cadre de la réforme en cours. A leurs yeux, cela pourrait signifier que ne seraient augmentés que les personnels concernés par le nouveau mode de calcul.

Problème. Et plus globalement, ce qui les inquiète, c’est que la future hausse ne serve qu’à compenser la baisse de leurs pensions et basta. Le ministère s’échine à expliquer que tout le monde sera concerné, mais Jean-Michel Blanquer a fait passer les voyants au rouge en déclarant qu’il s’agirait d’augmenter «tout particulièrement les professeurs les plus jeunes, notamment ceux nés après 1975 puisque c’est en rapport avec la réforme des retraites».

Problème de clarté (et de sincérité) sur les chiffres ensuite. Pour l’instant, le ministre s’est engagé sur un seul : 500 millions d’euros de revalorisations pour 2021.

Hic. Sauf que pour compenser les effets négatifs de la réforme, il faut que cet engagement soit annuel et se cumule dans le temps. Martingale de Blanquer pour tenter de rassurer tout le monde : une loi de programmation (inscrite dans l’article 1 de l’avant-projet de loi sur la réforme des retraites) qui étalerait et sécuriserait cette revalorisation sur plusieurs années. Si bien qu’au terme du processus de transition, en 2037, le total représenterait 10 milliards d’euros de budget supplémentaire par an. Le hic, c’est que pour atteindre la barre des 10 milliards de rémunérations en plus en 2037, il va falloir remettre au pot chaque année. Les 500 millions de 2021 sont la toute première brique : il faudra 1 milliard en 2022, 1,5 milliard en 2023 et ainsi de suite… Du coup, les syndicats demandent des précisions et des engagements bien plus béton. Pas question non plus que cette revalorisation se substitue à l’augmentation naturelle du budget annuel de l’éducation nationale (53 milliards).

Dernier flou, les profs craignent qu’on leur demande des contreparties pour obtenir leur revalorisation. Déjà le Premier ministre a annoncé que le gouvernement entend «redéfinir le métier d’enseignant». Ce qui pourrait se traduire par une annualisation du temps du travail, et donc des heures en plus. Dans l’entourage du ministre, on réfute ce terme de «contreparties». Mais en insistant sur - on cite - «une opportunité historique de repenser la façon de rémunérer les professeurs à l’aune de ce qu’est un professeur au XXIe siècle». Ce qui revient à noyer le poisson et à ne rassurer personne.

Laure Gretton

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Réforme du bac : contre Blanquer, l’épreuve continue...

20 Janvier 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Baccalaureat

Réforme du bac : contre Blanquer, l’épreuve continue...

Latente depuis des mois, l’opposition des enseignants au nouveau baccalauréat pourrait éclater cette semaine avec l’organisation des premiers «partiels» pour les lycéens, comme à Clermont-Ferrand samedi. Une mobilisation qui se greffe sur la lutte pour les retraites.

Samedi, scotché devant sa télé, un prof marmonnait, un peu fébrile face aux images du lycée Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand envahi par des manifestants : «Un premier pas qui augure cette semaine… Sûr, ça va motiver des collègues.» La tenue des premières épreuves anticipées du nouveau baccalauréat a dû être annulée dans l’établissement. D’ici aux vacances de février, chaque lycée est chargé d’organiser les nouvelles épreuves communes de contrôle continu (E3C), sorte de partiels, pour les élèves de première. D’un établissement à l’autre, l’organisation est très différente.

Dans les lycées, des professeurs et parfois des chefs d’établissement déplorent le manque de préparation de cette réforme mise en place en peu de temps. Voilà que la colère, souterraine depuis l’épisode de la grève des notes du bac en juin, a repris du coffre ces dernières semaines avec le conflit sur les retraites. Des actions seraient envisagées dans de nombreux établissements. Elles pourraient vite mettre en difficulté le ministre. Mais Jean-Michel Blanquer fait peu de cas de ce mécontentement qui gagne du terrain. C’est «un effet de loupe», a-t-il commenté dimanche sur France Inter. «La réforme du baccalauréat suscite l’adhésion.»

En quoi consistent les E3C ?

L’éducation nationale raffole des sigles. Le petit dernier, «E3C», signifie «épreuve commune de contrôle continu». Une création du bac nouvelle formule, à mi-chemin entre un examen anticipé (comme l’est déjà le bac de français) et un devoir classique sur table. Cette réforme, qui s’applique pour la première année, vise à simplifier l’organisation du bac, jugée trop lourde et coûteuse. Pour diminuer l’examen final, il a donc été prévu qu’un certain nombre de matières seraient notées à partir des résultats obtenus au cours des années de première et de terminale.

Mais plutôt que de s’en tenir au seul bulletin (qui représente 10 % de la note du bac), ont été créées ces fameuses E3C : les élèves passent deux séries d’épreuves en classe de première et une autre à la fin du premier trimestre de terminale. Ils sont ainsi évalués en histoire-géographie, langues vivantes (et en maths pour les séries technologiques). Cela représente 30 % de la note finale au bac. Chaque établissement organise ces «mini-bacs» à sa sauce et cette session se déroule entre ce lundi et les vacances de février. Les sujets sont choisis dans chaque établissement parmi la «banque de sujets» mise en ligne par le ministère. Les conditions de passage sont très variables. Certains établissements ont prévu de mettre les élèves en mode examen : un par table, dans le calme, avec deux surveillants par salle. Dans d’autres lycées, les candidats passent l’épreuve en classe ordinaire, parfois à 38 par salle comme pour un devoir sur table lambda…

Pourquoi ces appels au boycott ?

Plusieurs raisons se combinent. D’abord, parce que ces E3C symbolisent la réforme du bac qu’une partie des enseignants conteste. L’un des arguments qui revient souvent est «cet état d’évaluation permanente» dans lequel on plonge les élèves. «Ils sont en stress continu, sans cesse évalués. Et nous, professeurs, on a l’impression de n’être là que pour les préparer aux épreuves. Quel temps reste-t-il pour enseigner ?» peste un enseignant de Haute-Garonne. Une autre, professeure d’espagnol à Paris : «On se retrouve à faire exactement ce qu’il ne faut pas : du bachotage. En langue, les E3C sont découpés en trois parties : une fois, ils sont évalués en compréhension orale, puis écrite, et enfin en expression orale. Ce qui veut dire que, pendant trois mois, on ne fait quasiment qu’un type d’exercice. C’est idiot.»

Surtout, au-delà même des positions des uns et des autres sur le fond de la réforme (notamment sur la suppression des filières que certains apprécient), la majorité s’accorde sur la précipitation avec laquelle les changements sont mis en place. Et l’impréparation qui va avec. En l’espèce, ces E3C sont un exemple parfait : les équipes ont appris très tard la façon dont les choses allaient se dérouler. La fameuse banque nationale de sujets a été mise en ligne il y a tout juste un mois. Un peu court pour potasser les sujets et se mettre d’accord ! Sans parler des incohérences ou coquilles trouvées dans les intitulés d’exercices confectionnés à la hâte. Ou encore ces bugs à répétition de la plateforme… La pression est vite montée dans les équipes, y compris parmi les chefs d’établissement, qui sont en première ligne pour organiser les épreuves. «On est devenus une annexe de la division des examens du rectorat, soupire une proviseure de l’académie de Toulouse. On choisit les sujets, on les photocopie, on prépare les convocations et il faut même scanner les copies. Une usine à gaz.» De leur côté, les syndicats d’enseignants, comme le Snes-FSU, ont appelé à «annuler la session de janvier [des E3C]». Les parents d’élèves de la FCPE ont, eux, demandé un ajournement des épreuves. En vain. Le ministère n’a pas cillé pour l’instant.

Y a-t-il un rapport avec le mouvement des retraites ?

Les deux motifs de colère sont bien distincts, mais ils se nourrissent mutuellement. Comme l’explique un professeur de Rouen en lutte contre les E3C, les appels au boycott «ont beaucoup plus de résonance dans le contexte de lutte contre la réforme des retraites». A l’inverse, les enseignants du primaire ou des collèges, très mobilisés dans le conflit des retraites, regardent avec attention cette contestation autour du bac. «Les collègues de lycée ont un pouvoir de nuisance que nous n’avons pas, analysait un prof d’un collège de l’est parisien. Eux ont les moyens de mettre en difficulté le ministère» en empêchant la tenue du bac. «C’est notre dernière cartouche», soufflait une enseignante de lycée, décidée à boycotter la surveillance des épreuves, «chose que je n’aurais jamais imaginé faire il y a encore un an». C’est l’une des particularités de ce mouvement, que l’on a constaté aussi en juin lors de la grève des notes du bac : les professeurs mobilisés ne sont pas forcément syndiqués et militants.

Que peut-il se passer ce lundi ?

Plusieurs inconnues demeurent, et autant d’hypothèses. Tout va dépendre d’abord de l’ampleur du mouvement. «Dans l’académie de Lyon, 80 % des proviseurs s’attendent à des perturbations dans leur établissement. Ils sont 60 % dans l’académie d’Aix-Marseille», recensait le SNPDEN (syndicat majoritaire des chefs d’établissement) la semaine dernière. Les modes d’action seront tout de même divers, avec un effet de nuisance variable. Une partie des équipes refuse par exemple de choisir le sujet d’examen, comme il leur est demandé. C’est le cas au lycée Antoine-Bourdelle de Montauban, où des élèves racontent comment le chef d’établissement les a convoqués dare-dare avec leurs cahiers de cours… pour que l’inspecteur d’académie choisisse lui-même le sujet de l’épreuve, en fonction des chapitres vus en classe. D’autres professeurs s’apprêtent à boycotter la surveillance des épreuves. Mais là encore, l’administration a des moyens de contourner. Comme lors de la grève de la surveillance du bac de juin, des proviseurs, sous pression de la hiérarchie, élaborent des plans de secours, en demandant à d’autres personnels (agent comptable, chef cuisinier, surveillants) de se tenir prêts au cas où.

Et puis, s’ajoute une minorité, qui se dit prête à franchir une étape supplémentaire en bloquant l’accès aux salles d’examen comme samedi à Clermont-Ferrand. «La ligne rouge a été franchie au moment de la grève des notes du bac. Des actions de ce type sont devenues possibles dans nos têtes», raconte un enseignant qui anime le groupe Facebook «Stop Blanquer, Stop E3C», qui recense toutes les actions à l’échelle nationale. Selon son thermomètre, une trentaine d’actions fortes, type blocage filtrant, sont prévues devant des lycées ce lundi.

La suite va aussi dépendre de la façon dont le ministre gère le conflit. Sollicité par Libération, son cabinet n’a pas souhaité répondre à nos questions, invitant à écouter son propos sur France Inter. «Il n’y a pas de climat anti-Blanquer dans l’éducation. C’est un effet de loupe. La réforme du baccalauréat suscite l’adhésion. A chaque étape, il y a des secteurs radicaux qui contestent l’étape suivante.» Il poursuit : «Il y a les gens qui voient bien qu’on essaie de rehausser le niveau et ceux qui sont pour l’immobilisme, et qui ont des intentions politiques. J’ai le calme des vieilles troupes et je ne cède pas aux intimidations.» Cela ne ressemble pas à un appel au calme.

Marie Piquemal

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Lettre commune "Evaluations CP CE1". Non aux pressions ! Une régression de l'éducation et de la formation.

19 Janvier 2020 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

Lettre commune "Evaluations CP CE1". Non aux pressions ! Une régression de l'éducation et de la formation.
Lettre commune « Évaluations CP CE1 »
 
A l’attention de M. Jean-Michel Blanquer, Ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse
 
Monsieur le Ministre,
 
Les évaluations standardisées imposées en CP-CE1 dépossèdent les enseignant·e· s de leur métier et génèrent du stress aussi bien pour les Professeur·e·s des Écoles, qui ne sont donc plus concepteurs ou conceptrices mais exécutant·e·s, que pour les enfants qui pour nombre d'entre eux et elles dès la rentrée scolaire sont placé·e· s en situation d'échec.
 
De surcroît, les résultats sont analysés par des logiciels qui disent aux enseignant·e·s comment travailler avec leurs élèves, alors même que leur métier consiste à interpréter les productions de leurs élèves pour adapter leurs enseignements.
 
A la suite, des pseudo-formations sont imposées non pas pour renforcer la professionnalité enseignante mais pour réduire la réflexion à l'examen des résultats de ces tests. Ces formations, au prétexte de répondre aux manquements de nos enseignements, s'emparent de tout l'espace de formation.
 
Par ailleurs, nous constatons des pressions sur les collègues de la part de leur hiérarchie, pouvant aller parfois jusqu'à des menaces, relatives à la non-passation de la première phase des évaluations et la non-remontée des résultats.
 
De plus, le ministère a communiqué les résultats comme étant très satisfaisants. Or, à la lecture attentive des données de la DEPP, il en est tout autrement ! Si quelques résultats positifs sont notés ils se révèlent être de très faible ampleur au vu des moyens déployés.
 
C'est l'ensemble de ce système d'évaluation et ses finalités que nous dénonçons, système qui génère un pilotage par l'évaluation de l’enseignement et de l’enseignant·e engendrant ainsi une mise en concurrence des équipes et des écoles. Par conséquent, c’est un resserrement du métier d’enseignant·e qui s'opère dès la formation sur des savoirs étriqués et des pratiques standardisées.
 
Le fait que l'immense majorité des enseignant.e.s ait fait passer les évaluations standardisées ne doit pas laisser entendre que ceux-ci et celles-ci les soutiennent ou les valident. Ce qui est dénoncé, c'est la négation de la professionnalité enseignante, c'est l'appauvrissement des contenus d'enseignement desservant particulièrement les enfants les plus éloignés de la culture scolaire, ce qui conduira inévitablement à une augmentation des inégalités scolaires.
 
Nous vous demandons de bien vouloir nous recevoir afin que nous puissions échanger avec vous sur tous ces retours et nos inquiétudes.
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The Cure...

19 Janvier 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... François Sureau...

19 Janvier 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Après chaque attentat, des ministres bien intentionnés recommandent de continuer à se distraire comme s'il s'agissait là d'un acte de résistance, alors que de l'autre main ils nous introduisent dans l'univers, si commode pour eux, si dégradant pour nous, de la servitude administrative. Je ne sais rien de plus triste ni de plus humiliant que cet abaissement et cette hypocrisie.

A ce point, un soupçon nous saisit. Si le législateur, et avec lui ceux qui l'approuvent, est si prompt à suspendre nos libertés, c'est que peut-être il ne s'en fait pas une idée très haute. En effet, si par liberté on entend simplement le fait d'aller au concert ou de boire des bocks en terrasse, alors il ne s'agit guère que de licence et l'on peut s'en passer puisque les circonstances l'exigent. Seulement voilà : la liberté est indivisible. Elle s'étend des formes les plus banales aux formes les plus exceptionnelles, et ce ne sont pas nécessairement les plus héroïques qui sont les plus utiles, ou plus exactement il est impossible de les distinguer entre elles. En atteindre une, c'est ruiner les autres.

(...)

Mais si les temps sont difficiles, ce que personne ne conteste, les principes dont je parle ne sont pas réductibles à de grands mots. Il y va de ce que nous sommes, si nous ne voulons pas finir, une loi après l'autre, par ressembler à cette Russie dont parlait Custine en disant : "J"ai senti au fond de cet exercice une volonté de fer employée à faux, et qui opprime les hommes pour se venger de ne pouvoir vaincre les choses." Et le soupçon peut, en effet, nous traverser l'esprit qu'il est plus facile de plaire à tout le monde en passant des lois excessives qu'en réformant la police pour la rendre mieux adaptée aux nécessités de l'heure.

François Sureau - Pour la liberté

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