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Vivement l'Ecole!

Eloge de la lenteur, du retard...

25 Janvier 2020 , Rédigé par christophe - France Culture Publié dans #Philosophie

J’ai laissé mon amie Porte d’Auteuil, près du Parc des Princes. Je la vois peu et chaque rencontre est un bonheur partagé, toujours trop court. Aujourd’hui nous avons réussi, avant de regagner la capitale, à nous offrir un détour par Varengeville et son cimetière marin. Georges Braque y repose pour l’éternité, Braque et ses vitraux ornant chaque ouverture de l'église posée là, sur la falaise. Il a offert à la lumière le plaisir de se parer de bleu.

Il y a une vingtaine d’années, la fatigue embrume aujourd’hui mes souvenirs, un peu plus peut-être, j’ai passé quelques jours, seul, dans une région saharienne proche du massif du Hoggar.

Vers la fin d’une de ces journées brûlantes, alors que j’installais mon bivouac, je sentis une présence derrière moi… Je me retournai et il était là, debout. Un « Homme bleu » juché sur son vaisseau du désert. D’où venait-il ? Où allait-il ? Je lui posai, par signes et dans un arabe très approximatif, la question. D’un geste évasif il me fit comprendre qu’il venait de « là-bas » et qu’il se dirigeait vers « là-bas ». Je n’en sus jamais plus.

Cet homme d’une beauté irréelle passa la nuit à mes côtés… Après m’avoir donné de l’eau, du lait et quelques fruits secs, il alluma un feu. Nous bûmes du thé. Comprenant ma volonté d’aller dormir, il se leva lentement et alla s’installer auprès de l’animal accompagnant sa vie. Nous nous saluâmes en nous serrant la main, longuement, comme le font les hommes, « là-bas »

Le lendemain matin, il m’offrit à nouveau du thé. Puis se leva, mit de l’ordre dans ses quelques affaires, enfourcha son dromadaire et me regarda fixement. Je lui demandai, toujours par signes, combien de temps il lui faudrait pour atteindre son but et rejoindre les siens. Il sourit et je compris alors l'inutilité de ma question. Celle-ci n’avait aucune importance à ses yeux… « Combien de temps ? » est une préoccupation d’occidental pressé…

Après quelques mots, mon amie est partie. Je la regarde quelques instants s’éloigner. Nous ne savons jamais quand nous nous reverrons. Elle marche d’un pas tranquille. Je la vois sortir son téléphone portable et consulter peut-être ses messages.

Ses enfants, son mari l’attendent. Sa vie…

Je remets le moteur en marche… Ma vie…

Et le temps nous accompagne.

Au Sahara, le temps est dans le sable… Il est « de sable ». Le Sahara, c’est le Grand Sablier… Mais « là-bas » on ne l’a pas enfermé dans ses petits objets de verre qui permettent de savoir si l’œuf est cuit ou pas. Le temps coule, fuit, s’échappe… Il ne passe pas car il n’existe pas… Il lisse les arrêtes de la vie comme le vent adoucit celles des dunes pour en faire des courbes parfaites, sensuelles, féminines… Au Sahara, de jour comme de nuit, on entend le temps chanter dans les glissements du sable sur les pentes… Oui, il chante…

La vie et ses épreuves viennent rythmer nos existences. Lorsqu’une épreuve vient frapper à notre porte, il convient de ne jamais oublier qu’elle n’est pas un arrêt, une fin, la mort d’un rêve… Elle est une étape…

Une étape entre « là-bas » et « là-bas »

Cet espace où le temps n’a plus l’importance faisant de nous les obligés des montres, des horloges, des pendules, des chronomètres, de tous les outils imaginables pour mesurer nos existences. Et plus les technologies contemporaines nous font « gagner » du temps, plus nous en manquons. Paradoxe inconnu de l’homme bleu. Il ne portait pas de montre au poignet.

Que reste-t-il aux humains des pays développés pour « contraindre » le temps ? Rien, sinon les durées incompressibles. L’enfant aura toujours besoin de neuf mois avant de remplir d’air ses poumons, avant de pousser son premier cri. Une loi aura toujours besoin de temps pour produire ses premiers effets. Une histoire d’amour, même commencée par un « coup de foudre », aura besoin de temps pour vivre. Ou pour mourir…

Au Sahara, aucune accélération du temps. Et pour cause. Il n'existe pas.

Aucune, en apparence non plus, dans les regards, les sourires, les gestes de mon amie…

Hélas, la France - et une grande partie du monde - semble poussée par la fièvre de la réussite rapide, des effets rapides d’une décision, de la fabrication rapide d’un objet, de l’éphémère succès d’un film, d’un livre, d’une chanson. La « start-up » nation court, se précipite, bouscule, écrase, réduit, résume. Il faut produire, il faut réussir. Vite, vite, vite…

J’ai vu disparaître l’homme bleu derrière les dunes et leurs mystères…

J’ai vu disparaître mon amie happée par la ville et ses tentacules…

Je conserve toujours les traces de leur sourire, la douceur de leur voix, la sagesse de leurs paroles…

À jamais hors du temps…

Christophe Chartreux

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Stromae...

24 Janvier 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Guillaume Apollinaire...

24 Janvier 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

La dame avait une robe
En ottoman violine
Et sa tunique brodée d’or
Était composée de deux panneaux
S’attachant sur l’épaule

Les yeux dansants comme des anges
Elle riait elle riait
Elle avait un visage aux couleurs de France
Les yeux bleus les dents blanches et les lèvres très rouges
Elle avait un visage aux couleurs de France

Elle était décolletée en rond
Et coiffée à la Récamier
Avec de beaux bras nus

N’entendra-t-on jamais sonner minuit

La dame en robe d’ottoman violine
Et en tunique brodée d’or
Décolletée en rond
Promenait ses boucles
Son bandeau d’or
Et traînait ses petits souliers à boucles

Elle était si belle
Que tu n’aurais pas osé l’aimer

J’aimais les femmes atroces dans les quartiers énormes
Où naissaient chaque jour quelques êtres nouveaux
Le fer était leur sang la flamme leur cerveau

J’aimais j’aimais le peuple habile des machines
Le luxe et la beauté ne sont que son écume
Cette femme était si belle
Qu’elle me faisait peur

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

                                  __________________________________

Au lac de tes yeux

Au lac tes yeux très profonds
Mon pauvre coeur se noie et fond
Là le défont
Dans l’eau d’amour et de folie
Souvenir et Mélancolie

Nîmes, le 18 décembre 1914

Guillaume Apollinaire, Poèmes à Lou

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Au prolétaire

Ô captif innocent qui ne sais pas chanter
Écoute en travaillant tandis que tu te tais
Mêlés aux chocs d’outils les bruits élémentaires
Marquent dans la nature un bon travail austère
L’aquilon juste et pur ou la brise de mai
De la mauvaise usine soufflent la fumée
La terre par amour te nourrit les récoltes
Et l’arbre de science où mûrit la révolte
La mer et ses nénies dorlotent tes noyés
Et le feu le vrai feu l’étoile émerveillée
Brille pour toi la nuit comme un espoir tacite
Enchantant jusqu’au jour les bleuités du site
Où pour le pain quotidien peinent les gars
D’ahans n’ayant qu’un son le grave l’oméga

Ne coûte pas plus cher la clarté des étoiles
Que ton sang et ta vie prolétaire et tes moelles
Tu enfantes toujours de tes reins vigoureux
Des fils qui sont des dieux calmes et malheureux
Des douleurs de demain tes filles sont enceintes
Et laides de travail tes femmes sont des saintes
Honteuses de leurs mains vaines de leur chair nue
Tes pucelles voudraient un doux luxe ingénu
Qui vînt de mains gantées plus blanches que les leurs
Et s’en vont tout en joie un soir à la male heure
Or tu sais que c’est toi toi qui fis la beauté
Qui nourris les humains des injustes cités
Et tu songes parfois aux alcôves divines
Quand tu es triste et las le jour au fond des mines

Guillaume Apollinaire

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Réforme des retraites : «Les jeunes profs se prennent tout en pleine figure» ...

24 Janvier 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Réforme des retraites : «Les jeunes profs se prennent tout en pleine figure» ...

Les enseignants sont nombreux ce vendredi dans le cortège parisien contre le projet gouvernemental. S'ils craignent pour leur profession, beaucoup se réjouissent d'une mobilisation qui ne faiblit pas et réfléchissent à de nouveaux moyens de faire fléchir l'exécutif.

Malgré le froid qui mordille les extrémités et la fatigue de sept semaines de mobilisation, les enseignants garnissent encore largement le cortège parisien contre la réforme des retraites, ce vendredi. «Profs en colère, solidaires et déter», résume une pancarte aux abords de la place de la République, point de départ du défilé. «On n’a encore rien obtenu mais on reste mobilisés», glisse Christopher, professeur d’EPS dans un collège de Villiers-le-Bel (Val d’Oise).

De toutes les manifestations et les grèves depuis le 5 décembre, l’homme de 35 ans tempête contre le projet de réforme des retraites porté par le gouvernement. «C’est dans la droite ligne de trente ans de politiques d’austérité, mais ce n’est pas une petite goutte d’eau. C’est un raz-de-marée qui s’attaque à un système de retraites qui fait la fierté de la France.» Eternel «optimiste», il veut croire qu’une «dynamique est créée», même si les «résultats ne sont pas tout de suite perceptibles dans la rue». «Les gens se repolitisent en accéléré», juge-t-il, un mouvement enclenché selon lui par les gilets jaunes.

«L’idée que notre mission est méprisée et méprisable»

Même sentiment chez Ludovic, professeur de philosophie au lycée Montaigne, dans le VIe arrondissement de Paris. «Le degré de combativité est en hausse depuis décembre», certifie-t-il. Anne-Laure, professeur en primaire à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine), a beau se sentir «en colère, fatiguée et déprimée», elle n’est pas prête à lâcher l’affaire. «Jusqu’à aujourd’hui, je ne m’étais jamais battue pour mon salaire, mais pour les conditions d’enseignement. Mais là, j’ai le sentiment qu’on s’attaque à mon avenir et à mon métier.»

Philippe, professeur d’EPS dans un collège de Maurepas (Yvelines), sera à la retraite dans quelques mois. Il a tenu à venir défiler, «par solidarité, pour [ses] enfants, [ses] élèves, [ses] collègues». Il décrit la génération de jeunes profs comme «profondément malheureuse» : «Depuis des années, ils endurent les mesures à leur encontre, ils prennent tout en pleine figure. Ils ont perdu la foi parce qu’ils n’ont plus les moyens d’enseigner correctement, d’offrir un avenir intellectuel et citoyen digne de ce nom aux enfants de ce pays. Alors forcément, c’est frustrant et désastreux.» Julie, une de ces nouvelles pousses, dresse un constat similaire : «Ce sont toujours des mesures qui nous dévalorisent et qui nous renvoient en plein visage l’idée que notre mission est méprisée et méprisable.»

Didier (1), qui enseigne les sciences économiques et sociales dans un lycée du XXe arrondissement, parle d’une mobilisation «inédite» dans le corps enseignant, la plus grosse depuis celle de 2003. Il considère qu’une prise de conscience est à l’œuvre : «J’ai l’impression que certains d’entre nous pensent encore appartenir à la classe moyenne, celle des Trente Glorieuses, alors que nous faisons partie de la classe moyenne inférieure, celle qui ne va pas être épargnée par la politique anti-sociale du gouvernement.» Un discours qui se rapproche de celui de Christopher. «Les collègues vivant à Paris soutenaient Macron il y a trois ans, ils se voyaient comme des gagnants potentiels. Mais ils sont en train de réaliser qu’on les décroche de la remorque.» Lecteur de Juan Branco et d’Emmanuel Todd, il fait sienne l’analyse de ce dernier sur le monde du travail. «La retraite restait le dernier bastion, celui du repos mérité, le paradis tangible des laïcs. Et la voilà menacée.»

Vers une grève reconductible ?

Face à ce constat, les profs se creusent la tête pour tenter de faire fléchir le gouvernement. Anne-Laure pense qu’il faudra mobiliser «au-delà des manifestations», par exemple avec «les retraites aux flambeaux organisées récemment». Ludovic, le professeur de philosophie, veut se saisir de la concomitance du mouvement contre les retraites et de celui contre les E3C, les épreuves anticipées du bac décriées par une bonne partie de la profession. «Une catastrophe, tranche-t-il. Cela crée des conditions d’examen inégales entre élèves. C’est inadmissible !» Dans son lycée, 100 professeurs sur 140 ont signé la pétition s’opposant à cette réforme et envisagent faire la grève de la surveillance la semaine prochaine. «Forcément, ça donne des ailes.»

 

Pour lui, même s’il sera «compliqué» de faire reculer le gouvernement, la bataille n’est «pas finie» : «Les gens sont suffisamment déterminés pour que ça puisse durer.» Et d’envisager un mouvement de grève reconductible dans l’Education nationale qui pourrait donner l’envie aux cheminots et aux agents de la RATP de s’y remettre…

A plus long terme, Christopher estime que les germes d’une remise en cause «systémique» sont bien enracinés. «Aujourd’hui, quand je ne peux pas venir en manif, je suis malheureux. En deux mois, j’ai tellement réfléchi sur mon métier, discuté avec mes collègues et d’autres corps de métier… On a plaisir à se retrouver. Cette force est tangible, c’est autre chose qu’un pouce levé sur Facebook.»

(1) Le prénom a été modifié.

Sylvain Mouillard , Tristan Berteloot , Anaïs Moran

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Le macronisme est un populisme. Les idées sont aux abonnés absents.

24 Janvier 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

Le macronisme est un populisme. Les idées sont aux abonnés absents.
7 mai 2017… Un jeune homme de trente-neuf ans était élu huitième Président de la Ve République. Face à Marine Le Pen parvenue au second tour, profitant de la faiblesse d’une gauche épuisée, divisée, en manque de forces de conviction.
 
Alors, c’est ce jeune homme qui fut déclaré vainqueur. Pourtant sans le début de commencement d’un programme politique, d’un « projet », même si lui et ses communicants ont réussi l’exploit – aidés par quelques médias mainstream – de donner l’illusion qu’il en proposait un. Il y eut bien quelques analystes affirmant que tout cela était quand même très peu précis, très flou. Ils furent très vite isolés, puis disparurent des plateaux.
 
L’effet « sidération » se mettait en place. Il allait durer près de deux ans. Avant de commencer à s’effriter.
 
À Dieppe, la plage est de galets. Des millions de galets, puis du sable et la mer. De part et d’autre de la ville, des falaises dont certaines s’effondrent. Une ville de pêcheurs, d’hommes rudes et attachants. Ici pas de faux-semblant. Le chômage est une réalité. Les fins de mois sont difficiles. Mais ces femmes, ces hommes se plaignent rarement. Ils ne montrent pas leurs douleurs. Ils la vivent. Sans simulacre… Dans les cafés du port, ils parlent. Débattent. Se disputent. Ne leur parlez pas de Macron ! Vous pourriez les fâcher. Oui, c’est vrai, certains d’entre eux ont fait le choix de Marine Le Pen. Pas par conviction. Par découragement. Hélas, le « macronisme » continue d’entretenir ce découragement, l’augmente. Marion se prépare. 2022, c’est demain… C’est DEJA demain ! Elle aussi sait y faire pour séduire les « innocents »…
 
Ah la séduction !… C’est joli la séduction… Tu étais jolie au restaurant, le visage éclairé par le soleil couchant
 
Tu étais belle à Varengeville, admirative devant les vitraux bleus de Braque… Tu étais sublime, pieds nus dans la voiture… J’étais séduit… Mais je l’étais par une réalité vivante ! Aucun simulacre ! Aucun mensonge !
 
Or qu’avons-nous élu le 7 mai 2017 sinon l’incarnation du vide ? Abusés par une séduction vulgaire…
 
Avant de proposer des idées qui, ensemble, feront « programme », il convient de faire prendre conscience aux citoyens, y compris à celles et ceux qui, très sincèrement, ont choisi Emmanuel Macron dès le premier tour de la présidentielle 2017, que la sidération ne peut plus durer ! Qu’il faut désormais rêver, bien sûr rêver, mais les yeux ouverts, la conscience aux aguets ! Il y va de la survie du débat politique, de la politique tout court. Le macronisme a la folle ambition d’abolir LE et LA politique. Pour une et une seule raison :
 
le macronisme est un populisme, un totalitarisme intellectuel. Ni l’un ni l’autre ne supporte débats ou clivages.
 
Mon amie commanda une soupe de poisson…
 
Je crois te l’avoir déjà dit mais j’ai souvent relu les discours du candidat Macron. Ceux du Président aussi. Tous, sans exception, absolument tous sont suffisamment flous, imprécis pour que chacun y trouve à picorer. Pour que les médias trouvent à commenter, à organiser des plateaux-télés comme autant de plateaux-repas. Toutes et tous autour de la table et chacun choisit son sujet. Des paroles partout, tout le temps… Des critiques, nulle part, jamais. Emmanuel Macron « a raison » puisqu’il n’affirme jamais rien, ne prend jamais parti. Quand par-dessus tout cela, ses troupes copient-collent le vide et le diffusent, alors tu auras tout compris du macronisme: une immense opération d’hypnose collective. « Aie confiance » disait Kaa à Mowgli…
 
N’attendons ni Bagheera ni Sher Khan pour nous réveiller…
 
Laissons-nous séduire par la beauté d’un regard, la douceur d’une voix, les lumières d’un paysage au couchant, par cette femme qui sourit en regardant l’enfant… Son enfant…
 
Sans CHERCHER à séduire, elle…
 
Fuyons les simulacres et revenons au réel! Mais un réel à imaginer...
 
Christophe Chartreux
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"Les lycéens s'organisent pour constituer leur propre banque de sujets E3C"...

24 Janvier 2020 , Rédigé par Huffington Post Publié dans #Education

"Les lycéens s'organisent pour constituer leur propre banque de sujets E3C"...

La "fuite" des sujets E3C sur les réseaux sociaux pose-t-elle un problème d'équité?

Google Drive, comptes Instagram... Les lycéens s'organisent pour constituer leur propre banque de sujets E3C. Le ministère dédramatise.

POLITIQUE - Le bac Blanquer, un bac inégalitaire? Depuis le lancement des épreuves anticipées dites “E3C” lundi 20 janvier, certains candidats publient sur les réseaux sociaux les sujets sur lesquels ils ont travaillé. Une habitude pour les lycéens qui se livrent à cette pratique chaque année. 

Problème: avec la nouvelle version du baccalauréat, ces sujets diffusés sur internet pourront également être donnés dans d’autres établissements quelques heures, jours ou semaines plus tard. De quoi poser un grave problème d’équité pour les syndicats de professeurs qui dénoncent de fait la fin du bac national et égalitaire.

Un élève pourra en effet consulter et préparer les énoncés déjà tombés dans l’espoir que ceux-ci “retombent” le jour de ses examens. Un privilège que n’auront pas eu les premiers lycéens à passer ces épreuves anticipées.

Le ministère de l’Éducation nationale se veut au contraire beaucoup moins alarmiste et tient à relativiser ces fuites en rappelant la très grande diversité de sujets disponibles dans la “banque nationale” où les établissements vont piocher les épreuves de leurs élèves .

Fuite organisée

Reste que certains élèves semblent particulièrement organisés dans la fuite des sujets. Comme le relèvent plusieurs professeurs sur les réseaux sociaux, des candidats au bac ont notamment créé un Google drive pour répertorier, matière par matière, les captures d’écran de sujet publiées sur Twitter, Instagram ou Facebook. 

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E3C : rupture d’égalité entre les élèves !...

23 Janvier 2020 , Rédigé par FCPE Publié dans #Education, #Baccalaureat

E3C : rupture d’égalité entre les élèves !...

EXTRAIT

Lundi 20 janvier 2020, les épreuves communes de contrôle continu (E3C) pour les élèves de première ont débuté dans de nombreux lycées. Lors d’une conférence de presse organisée mercredi 22 janvier 2020 dans ses locaux à Paris, les présidents FCPE de plusieurs départements réunis en visioconférence ont pu dresser un premier bilan des conditions de passation des épreuves et ont dénoncé une rupture d’égalité entre élèves. En Conseil supérieur de l’éducation, jeudi 23 janvier, la FCPE a exigé du ministre des réponses urgentes.

« Il y a un conflit ouvert mortifère entre les professeurs du second degré et leur ministre de tutelle. Sauf que les dommages collatéraux de ce manque de dialogue, ce sont nos enfants ! » C’est de cette façon que les coprésidents de la FCPE, Rodrigo Arenas et Carla Dugault, ont ouvert la conférence de presse organisée en urgence mercredi 22 janvier 2020, trois jours après le début des épreuves communes de contrôle continu (E3C) pour les élèves de première. Alors que la FCPE a lancé plusieurs alertes depuis le mois de décembre sur l’impréparation de la réforme des lycées et la nécessité de faire une pause, tout a continué et ses propositions n'ont pas été entendues.

Résultat : de nombreux dysfonctionnements sont constatés ici et là dans de nombreux établissements scolaires, comme l’ont indiqué les présidents FCPE de plusieurs départements réunis en visioconférence :
- Salles d’examen non surveillées en Seine-Maritime

- Report des épreuves pour des élèves dans certains établissements afin de leur laisser un temps de préparation mais pas dans les autres dans les Yvelines

- Des chefs d’établissement indiquant les chapitres à réviser en Seine-Saint-Denis

- Des menaces de sanction dans la notation dans les Pyrénées-Orientales

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La mobilisation reste importante chez les enseignants...

23 Janvier 2020 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

La mobilisation reste importante chez les enseignants...

Du primaire au supérieur, où en est la mobilisation des profs ?

Au-delà de la querelle de chiffres sur les blocages et perturbations, des signaux laissent à penser que la mobilisation reste importante chez les enseignants.

Ils envoient des messages, avec des listes à rallonge de bahuts mobilisés. S’énervent à coup de : «Nous restons mobilisés, pourquoi est-ce si peu médiatisé ?» «On va bloquer. Venez ! Il faut que ça se sache.» Dans les rangs des enseignants, une partie des troupes se décourage de crier dans le vide. D’autres, au contraire, envisagent des actions plus dures encore, pour être visibles. Le conflit dure, les motifs de colère se mêlent et s’emmêlent, avec le risque que plus personne n’y comprenne rien. Aux retraites sont venues se greffer la réforme du lycée et même les évaluations nationales du primaire. Pendant ce temps, rue de Grenelle, le ministre continue de dire, comme dimanche sur France Inter, que les actions relayées dans les journaux ne sont qu’un «effet loupe» qui ne représente pas la réalité. Pourtant, des signaux, de la maternelle au supérieur, interrogent.

Dans le primaire, confetti et écoles fermées

La journée de grève de vendredi devrait à nouveau être bien suivie dans les écoles maternelles et élémentaires. Le SnuiPP (principal syndicat du primaire) parle de 40% d’enseignants grévistes. A Paris, soixante-dix écoles devraient être complètement fermées et un enseignant sur deux s’est déclaré en grève. Le principal motif de mobilisation reste bien évidemment la réforme des retraites, mais tous le répètent dans les cortèges : cette réforme suscite d’autant plus de ras-le-bol qu’elle vient s’ajouter à beaucoup d’autres choses. Des directives, des injonctions contradictoires qu’ils encaissent, et là débordent. Illustration mercredi à Paris : une centaine d’instits, rassemblés près du ministère de l’Education, ont jeté en l’air une pluie de confettis… faits à partir de fiches d’évaluations d’élèves et de manuels scolaires déchiquetés ! Un geste symbolique fort, pour protester notamment contre ces fameuses évaluations nationales imposées à tous les élèves de CP et de CE1.

Dans les collèges, des cadenas et des blocages

Jusqu’ici, les collèges paraissaient «à l’abri» des perturbations. Pas tant parce que les professeurs étaient moins grévistes qu’ailleurs, mais plutôt parce qu’à la différence des écoles, les chefs d’établissement n’ont pas le droit de fermer les portes du collège sans l’accord du rectorat. Lors des grosses journées de mobilisation, certains collèges restaient donc ouverts, avec un tout petit nombre de profs et/ou de surveillants. Ces derniers jours, de nouvelles formes d’actions changent la donne. Dans l’Est parisien par exemple, des profs grévistes se réunissent chaque matin… pour aller bloquer le collège voisin : «On arrive avec des cadenas, et des parents d’élèves mobilisés, on empêche l’accès. Plutôt que de le faire dans notre collège et de risquer des sanctions du chef d’établissement, on le fait dans les collèges du quartier. Et vice-versa», explique une enseignante, qui raconte que l’idée est née en s’inspirant «des camarades de la RATP qui font ça pour bloquer les dépôts». A Bordeaux, aussi, des opérations «collèges morts» étaient organisées ce jeudi, comme le rapporte Sud-Ouest. En Martinique, le mouvement est très suivi, 42 collèges publics sur les 43 de l’île sont bloqués ce jeudi.

Dans les lycées, la mobilisation autour du bac continue

La situation est particulière dans les lycées, et assez difficilement lisible pour les non-initiés. Un autre motif de colère est venu supplanter le conflit des retraites : l’opposition d’une partie des équipes contre les conditions de mise en application de la réforme du bac.

Ce n’est pas tant la réforme sur le fond (notamment la suppression des séries S, ES et L) qui énerve les professeurs, mais plutôt la rapidité avec laquelle cette réforme, conséquente, est mise en musique. Avec ce sentiment, partagé dans les salles de profs, que le ministère n’a pas anticipé les conséquences concrètes et en cascade de cette réforme. L’organisation des E3C, sorte de partiels que les élèves de première passent en ce moment, en est le parfait exemple. Les profs avaient par exemple alerté sur l’évident risque de fuite des sujets sur les réseaux sociaux si tous les élèves ne passaient pas les épreuves le même jour…

Pour protester, des professeurs ont décidé de perturber ou d’empêcher la tenue des épreuves. Impossible d’avancer un chiffre précis sur l’ampleur des perturbations, l’écart entre les chiffres ministériels et syndicaux est tel qu’il n’a aucun sens… Un élément interroge cependant ce jeudi : ce communiqué très virulent du SNPDEN, le principal syndicat des chefs d’établissement, «qui dénonce vigoureusement les actes inadmissibles qui ont lieu depuis quelques jours à l’occasion des épreuves du baccalauréat en première (E3C) qui ne peuvent se tenir et doivent être reportées, parfois même après avoir été commencées».

Dans le supérieur, les enseignants-chercheurs s’y mettent

Si le mouvement reste peu suivi du côté des étudiants, les enseignants-chercheurs et doctorants, eux, sont de plus en plus visibles dans le mouvement contre les retraites. Mercredi soir, à Lille, des enseignants-chercheurs en lutte s’organisaient une cérémonie de vœux alternatifs, comme le raconte la correspondante de Libération.

Et puis, il y a ces images, qui tournent sur les télés et réseaux sociaux, de ce doctorant, le visage en sang en marge des vœux de la ministre de l’Enseignement supérieur : «La réponse de notre ministre, c’est mon visage. C’est simple, c’est la fac qui est en sang, c’est la recherche qui est en sang et ce sont les facs des périphéries, où vont les étudiants des milieux populaires, qui souffrent le plus.»

Marie Piquemal

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Depeche Mode...

23 Janvier 2020 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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