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Vivement l'Ecole!

Je n’ai jamais voulu maîtriser les horloges...

20 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Le temps de l’enfance…

Je n’ai jamais voulu maîtriser les horloges. Je ne porte pas de montre. J’ai un téléphone portable. Jamais je ne l'utilise. Souvent mes élèves me font remarquer que je ne sais pas l’heure. Ce n’est pas complètement vrai. Avec le temps – eh oui – l’enseignant s’habitue à se passer de lui. La séance se faufile dans le créneau imparti. Un petit miracle amusant, m’offrant le luxe d’entendre celles et ceux qui me connaissent bien, au moment de l’abominable sonnerie signifiant la fin du cours et alors que je viens de terminer telle ou telle activité :

« Pile poil ! Comme d’hab’ Msieur ! » Bonheur indicible ! Il m’en faut peu.

Enfant, j’étais toujours en avance, en retard ou à l’heure. Par hasard. Le temps ne m’intéressait pas. Il ne m’intéresse pas plus aujourd’hui.

Mon enfance, comme la tienne, n’avait pas le temps de s’intéresser à lui. Au temps. J’étais heureux. Le bonheur n’a nul besoin de montre ni d’horloge pour être mesuré. Mes journées s’étalaient au soleil, sous le ciel bleu, ou sous la pluie plus souvent que le croient les touristes et leur Maroc de cartes postales, de brochures d’agence de voyages. Mon jardin, mes livres, mes jouets, mes chats, la plage, la mer, le vent, les amis, l’école. Tout cela suffisait à faire de mes jours des instants privilégiés, des « moments d’être ». Même l’ennui des averses et des orages me retenant prisonnier passait vite. Tout pour moi était spectacle. Jusqu’à l’odeur de la terre assoiffée exhalant des parfums suaves et doux.

Quant aux jeudi et dimanche ainsi que les vacances, ils me permettaient d’offrir ma peau aux éclats de sel et aux étincelles de lumière, complices épousés pour transformer mon corps en statue de cuivre. Je quittais le sable aux premières étoiles. Je ne savais rien du temps. Il ne passait pas. Il me retenait !

Je croisais parfois, sur le chemin de l’école ou de la plage, cette petite fille vue avec son père, devant chez moi, dans le champ. Sans nous parler, nous jouions à reproduire les gestes de l’autre. Nous inventions, sans le savoir, le « copié-collé » vivant. Je courais… Elle courait… Je m’arrêtais… Elle s’arrêtait… Je riais… Elle riait… Je laissais filer mes doigts autour d’un tronc de palmier… Elle en faisait autant… Ma « petite sœur ». Avant l’heure. Avant toi aujourd’hui. Elle non plus n’avait pas de montre au poignet. Elle ne m’a jamais demandé l’heure, même pas par signes. Et puis elle disparaissait comme elle était venue, légère, mystérieuse, aussi belle qu’un concerto pour piano. Je ne savais jamais quand je la reverrais. Pourtant je la retrouvais toujours. J’aimais jusqu’à ses silences.

Et le temps filait. Sans rien m’annoncer d’autre que le réveil, le chocolat et les BN, le départ vers l’école. Le dimanche, les jeux solitaires ou entre amis dans la rue, chez l’un, chez l’autre, selon les envies et le temps, . Celui qu’il fait. Jamais celui qui tue. L’heure du déjeuner, l’arrivée de Khadija qui m’accueillait – car c’est elle qui m’accueillait chez moi – d’un sourire explosant de cette humanité que sa modestie, sa pauvreté offraient sans rien attendre d’autre que j’aille me jeter dans ses bras !

Ce dont je ne me privais pas tant elle était douce et belle… Dans son sarouel, assoupi, le temps n’existait plus. Une forme d’extase. Je retrouverai cela bien plus tard en écoutant, émerveillé, Sonya Yoncheva interprêtant le « Lascia ch'io pianga » d’Haendel. Ou Alison Balsom dans l’ouverture de l’ « Atalanta », encore d’Haendel. Ou encore Schubert par Irina Lankova. Ecoutez-les et vous me rejoindrez dans les bras de celle dont je n’ai jamais pu oublier la douceur de la main sur mon front, ni la voix veloutée qui me disait « Christophe, tu es le fils que je n’ai jamais eu ». Khadija, stérile, avait adopté une petite fille, orpheline du tremblement de terre d’Agadir en 1960. Elle n’a jamais été ma bonne. Elle fut la musique de mon enfance, ma Sonya Yoncheva, mon Alison Balsom avant l’heure aussi…

Hors du temps…

Qui pour moi n’a jamais existé…

Christophe Chartreux

Le souvenir est l'espérance renversée. On regarde le fond du puits comme on a regardé le sommet de la tour.”

Gustave Flaubert

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Le salaire étudiant existe en Europe et aurait déjà pu exister en France...

20 Novembre 2019 , Rédigé par Slate Publié dans #Education, #Université

Le salaire étudiant existe en Europe et aurait déjà pu exister en France...

Dans le message qu'il a laissé, l'étudiant qui s'est immolé par le feu a indiqué soutenir l'instauration d'un «salaire étudiant». Une revendication à peine commentée tant elle est jugée irréaliste.

Toujours dans le coma, dix jours après s'être immolé par le feu devant le Crous de Lyon, A., étudiant en sciences politiques, avait indiqué dans un texte largement partagé sur les réseaux sociaux qu'il s'apprêtait à «commettre l'irréparable» car il n'en pouvait plus de «survivre» dans la précarité. «Je reprends une revendication de ma fédération de syndicats aujourd'hui avec le salaire étudiant [...]», indiquait aussi le jeune homme de 22 ans dans ce message.

En mai 2018, la fédération de syndicats Solidaires étudiant-e-s dans laquelle il était très investi avait lancé un appel européen en ce sens aux côtés de l'Union syndicale étudiante (USE) en Belgique et de SUD étudiant-e-s et précaires en Suisse: «Nous exigeons un salaire étudiant, prenant effet dès la fin de la scolarité obligatoire, et permettant à la fois d'offrir une autonomie réelle aux personnes en formation, en les libérant de la tutelle étatique, familiale et/ou patronale, mais permettant aussi, et surtout, de reconnaître socialement le travail qu'ils/elles font et ont toujours fait, sur leurs lieux de formation», faisait valoir le texte.

L'Unef défend depuis des années une idée semblable sous l'appellation «allocation d'autonomie».

Être payé·e pour étudier; la piste trouve malgré tout peu d'écho en France et ne semble pas inspirer les politiques. Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a cependant proposé après le drame de Lyon la mise en place d'une «allocation d'autonomie» pour les étudiant·es, dans la lignée de sa promesse lors de la campagne présidentielle de 2017 de leur allouer 800 euros par mois.

Au Danemark, les études rémunérées

Cette idée de prime abord révolutionnaire est déjà une réalité dans certains pays scandinaves comme le Danemark. Comme tou·tes ses compatriotes, Thomas Kobber Panum, actuellement en doctorat à l'université d'Aalborg, dans le nord du pays, a ainsi reçu quelque 5.800 couronnes danoises (environ 750 euros) par mois pendant six ans. «Si l'on vit à Copenhague, il n'est pas possible de subvenir à ses besoins avec cette somme. Mais dans une ville comme Aallborg, la quatrième plus grosse ville du pays, cela permet de payer le loyer et la nourriture», raconte-t-il.

La seule condition pour être éligible à cette aide appelée «Statens Uddannelsesstøtte» (SU, «Soutien à l'éducation publique») est d'être inscrit·e à un cours d'enseignement supérieur. La situation financière de l'étudiant·e ou de celle de ses parents n'est pas prise en compte, et la personne ne perçoit l'intégralité de la somme que si elle ne vit pas chez ses parents. Par ailleurs, tou·tes les bénéficiaires de la SU ont accès à un prêt mensuel («SU-lån»), là encore indépendamment de leur situation financière. Selon l'OCDE, le pourcentage d'étudiant·es bénéficiant d'une aide financière au Danemark était de 83% en 2017-2018. Un taux comparable à celui de la Norvège (90%), la Suède (89%) et supérieur à celui de la Finlande (58%).

«Le Danemark est plus ou moins la définition même d'un État-providence, et cela rend chacun très responsable.»

Thomas Kobber Panum, doctorant au Danemark

Dans le cas de Thomas Kobber Panum, cette aide a sans doute été décisive: «Je viens d'une famille issue de la classe ouvrière dans laquelle je suis un des premiers à aller à l'université. Je suis actuellement en doctorat et je ne sais pas si mes parents auraient eu les moyens de me donner ce niveau d'éducation», confie-t-il. Pour lui, ce système «fantastique» participe de «la richesse de la société danoise». «Je pense que tous les pays développés devraient y aspirer car cela supprime efficacement toutes les barrières socio-économiques», suppose-t-il.

Dans un article intitulé «Pas de salaire pour étudier» publié quelques jours après le geste désespéré de l'étudiant de Lyon 2, un éditorialiste des Échos estimait: «La revendication d'un salaire étudiant qui pointe derrière les revendications de ceux qui instrumentalisent ce drame de la précarité est une manière de déresponsabiliser les jeunes.»

«Le Danemark est plus ou moins la définition même d'un État-providence, et cela rend chacun très responsable vis-à-vis de tous les services fournis par une telle société», affirme, pour sa part, Thomas Kobber Panum.

En tant que citoyen danois, il relève tout de même plusieurs inconvénients à ce système, à commencer par son coût pour la société «même si cela est bénéfique à long terme». Mais le plus gros désagrément, selon lui, est «l'afflux d'étudiants européens qui viennent bénéficier de ces aides et repartent aussitôt leurs études finies».

Autrefois débattu à l'Assemblée nationale

Dans son rapport «Regards sur l'éducation 2019», l'OCDE résume ainsi la stratégie des pays nordiques (Danemark, Finlande, Norvège, Suède) en matière d'enseignement supérieur: «frais de scolarité nuls et aides généreuses aux étudiants». Pour la France (mais aussi la Belgique, l'Italie ou la Suisse), l'approche est ainsi présentée: «frais de scolarité peu élevés ou modérés, et systèmes d'aide aux étudiants moins développés».

Ce choix de société a bien failli être différent en France. «La rémunération étudiante est un projet politique qui a perdu de l'audience aujourd'hui mais ce n'était pas le cas après-guerre. Même des étudiants gaullistes soutenaient cette idée», explique Aurélien Casta, chercheur associé à l'IDHES (Université Paris Nanterre) et auteur de Un salaire étudiant: financement et démocratisation des études. Après 1945, plusieurs organisations de jeunesse, comme l'Unef, ou de salarié·es prennent en effet position en faveur d'un «salaire» étudiant ou d'une «allocation d'études».

«Il est inenvisageable de rémunérer les étudiants parce qu'on les pense comme des investisseurs.»

Aurélien Casta, chercheur associé à l'IDHES

«Une proposition de loi en ce sens a d'ailleurs été à deux doigts d'être adoptée en 1951», relate le chercheur. La commission de l'Éducation nationale de l'Assemblée nationale avait ainsi adopté à l'unanimité le rapport Cayol en faveur d'une rémunération étudiante. Lors des débats en séance plénière, le ministre de l'Éducation nationale Pierre-Olivier Lapie (SFIO) souligne «la part d'inconnu du projet» tandis que le ministre des Finances, Edgar Faure, affiche sa réticence. Les député·es finissent par voter le renvoi en commission des Finances, qui enterrera la proposition.

Le contexte n'a, par la suite, pas été favorable à un tel projet: «En France, la théorie du capital humain a gagné en influence depuis vingt ans. Dans ce fonctionnement, il est inenvisageable de rémunérer les étudiants parce qu'on les pense comme des investisseurs: ils étudient pour avoir une meilleure rémunération future», analyse Aurélien Casta.

La rémunération plus égalitaire que la familiarisation des aides

Le projet d'instaurer une rémunération étudiante peut-il néanmoins refaire surface? «L'idée circule dans le cercle d'élaboration des politiques publiques», relève Tom Chevalier, chercheur au CNRS, spécialiste des politiques publiques en direction des jeunes et auteur de La jeunesse dans tous ses États qui qualifie même le projet de «serpent de mer».

Ainsi, en 2010, le think tank Terra Nova avait plaidé, dans un rapport, pour la mise en place d'un «capital de formation», conjuguant allocation et prêt contingent, garantissant un revenu universel de 600 euros par mois pendant toute la durée des études. «Le soutien familial est un facteur important d'inégalités et ne peut garantir une réelle émancipation en direction de la jeunesse», faisait valoir le rapport.

Pour Tom Chevalier, c'est le cœur du sujet: «Contrairement aux pays nordiques où il y a une individualisation des prestations sociales auxquelles les jeunes accèdent à partir de 18 ans, la France a fait le choix de la familiarisation des aides dont l'attribution dépend des revenus des parents.» Un héritage de la tradition catholique qui privilégie la solidarité familiale et qui explique que l'âge requis pour être éligible au RSA, par exemple, soit 25 ans.

«L'instauration d'une rémunération étudiante améliorerait assurément la précarité étudiante et l'égalité des chances dans l'accès à l'enseignement supérieur, estime Tom Chevalier. Cela nécessiterait de ré-allouer l'ensemble des dispositifs d'aides familiales avec nécessairement des gagnants et des perdants.» Si, selon lui, le coût financier serait plutôt moindre qu'une mesure comme la suppression de la taxe d'habitation par exemple, le coût politique serait réel.

Ainsi que le souligne Aurélien Casta, si la rémunération étudiante est qualifiée d'«utopie», c'est par ses adversaires.

Alcyone Wemaëre

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Entre Emmanuel Macron et la jeunesse, un dialogue difficile...

20 Novembre 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

Entre Emmanuel Macron et la jeunesse, un dialogue difficile...

EXTRAITS

Alors que le chef de l’Etat doit s’exprimer devant 200 jeunes de l’université de Picardie jeudi, les risques de mobilisation étudiante, après la tentative de suicide d’Anas K., inquiètent le gouvernement.

C’est son deuxième grand rendez-vous avec la jeunesse. A Amiens, jeudi 21 novembre, Emmanuel Macron devait s’exprimer devant 200 jeunes de l’université de Picardie et tenir un discours lors de la cérémonie d’ouverture d’« Amiens for Youth », capitale européenne de la jeunesse. La première fois, c’était dans un lycée de Saône-et-Loire, en février, dans le sillage de la crise des « gilets jaunes » et du grand débat convoqué pour en sortir.

(...)

Le SNU cristallise les critiques

A les écouter, le constat, à mi-mandat, est sévère. « On a du mal à voir ce qu’est la politique jeunesse du gouvernement », tacle Orlane François, de la FAGE, première organisation étudiante. A l’UNEF, syndicat de gauche, Mélanie Luce, sa présidente, épingle même le « profond mépris du gouvernement envers la jeunesse ». « On n’attend plus rien, on n’est jamais écouté », affirme Héloïse Moreau, de l’Union nationale des lycéens (UNL), qui reprend un reproche largement partagé : celui de l’insuffisance des moyens dévolus à l’université et à l’école.

Un sigle, le SNU – pour service national universel –, cristallise les critiques. Dans les rangs syndicaux, on n’a pas de mots assez durs contre ce dispositif en cours de déploiement, promesse de campagne du candidat Macron qui apparaît à beaucoup comme « l’alpha et l’oméga » de sa politique jeunesse. Pas de mots assez durs non plus contre le plan « Bienvenue en France », qui a prévu, il y a un an, d’augmenter les droits d’inscription des étudiants étrangers. D’autres réformes ont connu un baptême du feu difficile : celle de Parcoursup en 2018, qui a bouleversé les règles à l’entrée des facs ; celles du lycée et du bac en cette rentrée. Sans compter les grèves pour le climat qui ont vu une partie de la jeunesse se mobiliser au printemps.

« Le SNU, on s’y oppose tous depuis le début et rien ne bouge, s’indigne Orlane François. En plus, il va coûter au moins un milliard d’euros [1,6 milliard d’euros par an, selon les dernières estimations]. » La mise en place du dispositif, avec une période d’engagement obligatoire d’un mois (dont la moitié en internat) pour les 800 000 adolescents de 16 ans, a été renvoyée à l’horizon 2026. Mais une expérimentation a démarré, avec 3 000 volontaires en juin. « Le SNU, c’est l’opportunité de donner du sens, des repères, autour des valeurs et symboles de la République. C’est une manière d’incarner auprès des jeunes que la société a besoin d’eux, et donc de révéler chez eux un sentiment d’utilité », croit au contraire Gabriel Attal, le secrétaire d’Etat à la jeunesse qui martèle régulièrement que les jeunes y sont favorables.

(...)

Pour cette seconde partie du quinquennat, l’« agenda jeunesse » n’est pas plus clair, y compris pour ceux qui le suivent de près. Il y a « urgence », fait observer Antoine Dulin, du Conseil économique, social et environnemental, qui espère un engagement plus ferme sur le revenu universel d’activité (RUA), pour les 18-25 ans, toujours en cours de définition. « On banalise la précarité des jeunes, on fait valoir que c’était déjà le cas il y a dix ou vingt ans, mais est-ce normal d’avoir à installer des épiceries sociales dans les facs ?, interroge-t-il. On a aujourd’hui un “resto du cœur” sur chaque campus, je ne crois pas que le gouvernement ait pris la mesure de la situation. »

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Etudiants : les mesurettes du gouvernement ...

20 Novembre 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Université

Etudiants : les mesurettes du gouvernement ...

Réagir vite pour tenter de déminer. Onze jours après la tentative de suicide par le feu d’un étudiant lyonnais, brûlé à 90 % et toujours dans un état critique, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a annoncé mardi deux mesures qui paraissent, sinon cosmétiques, assez superficielles au regard des enjeux de précarité étudiante. Toute revalorisation des bourses, pourtant première demande des syndicats étudiants, a été balayée.

1- Un numéro d’appel pour les étudiants en situation d’urgence

Ce numéro vert devrait favoriser le recours aux «aides d’urgence», qui existent déjà mais ne sont pas toutes utilisées. «Il reste chaque année un peu plus de 15 millions d’euros», a précisé la ministre sur RTL mardi matin. A peine 50 000 demandent à bénéficier des aides d’urgence, alors que 125 000 étudiants seraient en situation de précarité selon l’enquête de l’observatoire de la vie étudiante. Avec ce numéro vert, promet la ministre, les jeunes pourront «prendre un rendez-vous», «avoir accès à une assistante sociale». La première aide est ponctuelle, versée en cas de difficultés momentanées pour un montant maximal de 1 669 euros. Elle peut s’ajouter aux bourses sur critères sociaux. Selon la Présidente du premier syndicat, la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), il s’agirait surtout de «renforcer la manière dont ces aides sont attribuées et les ressources en personnel pour gérer ces situations. [L’étudiant qui s’est immolé] en connaissait l’existence. Est-ce que le traitement des demandes est trop long ? Les critères d’attribution trop complexes ?»

Toutefois, la ministre a balayé la revalorisation des bourses réclamée par les syndicats étudiants. «On sort de plusieurs années de gel des bourses. Le gouvernement dit qu’il a déjà revalorisé les bourses cet été, mais c’était inférieur à l’inflation : nous on demande 20 %, pas 1 %. [L’exécutif] n’est pas à la hauteur du sujet», juge Mélanie Luce, présidente de l’Unef.

2- Instaurer la trêve hivernale dans les logements du Crous

«On va faire en sorte que la trêve hivernale s’applique dans les cités universitaires dès à présent», a promis la ministre. Jusqu’ici, les chambres universitaires, parce qu’elles appartiennent au domaine public, ont en effet un statut dérogatoire du droit commun. Pour ceux qui sont hébergés en résidence Crous, la trêve hivernale, suspendant les expulsions du 1er novembre au 31 mars, ne s’appliquait pas. Combien d’étudiants se retrouvent ainsi expulsés ? Il n’existe pas de chiffre précis. La Fage évoque «quelques cas». Pour les syndicats, cette mesure est mineure au regard de la crise du logement étudiant, avec l’envolée des loyers et des centres-villes de plus en plus accaparés par Airbnb. Mélanie Luce : «C’est une revendication qu’on portait depuis longtemps, mais ça reste insuffisant.»

Marie Piquemal et Kim Hullot-Guiot

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Revue de Presse Education... Le système — Supérieur — Pour sourire...

20 Novembre 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Le système — Supérieur — Pour sourire...

Petite revue sur le système avec beaucoup d’interrogations, un peu de supérieur, et surtout une vidéo pour sourire.

Le système

Éducation prioritaire : pour une prise en compte de tous les territoires
La politique d’éducation prioritaire remplit-elle correctement son rôle ? Ariane Azéma et Perre Mathiot, missionnés par le ministre de l’éducation nationale, mettent en évidence les limites du dispositif et présentent des orientations pour l’adapter à la diversité des besoins locaux.”

VIDEO sur FranceInfo. Les écoles oubliées de l’éducation prioritaire
Réduire les effectifs dans les classes de CP et CE1, c’est la grande mesure d’Emmanuel Macron dans les écoles des quartiers défavorisés. Mais ce dispositif est-il appliqué dans les établissements qui en ont le plus besoin ?

Ecole - collège : Peut on prescrire la coopération ?
"L’enjeu de la constitution des collectifs de travail est donc d’autonomiser la régulation entre enseignants... Il n’est pas certain qu’un tel collectif de travail soit l’objet de politiques publiques qui, tout en prônant le changement pédagogique au nom de la lutte contre l’échec scolaire, aboutissent de manière paradoxale à limiter ces transformations en amputant les capacités d’action collectives des acteurs". Si les instructions officielles en Rep et Rep+ mettent l’accent sur la liaison école collège et la coopération obligatoire des enseignants des deux niveaux, Chloé Lecomte, doctorante université Lumière Lyon 2, montre que cette coordination prescrite n’arrive pas à devenir une réelle coopération. Une analyse qui relativise aussi les idées simples qui voudraient que le rapprochement imposé école collège , par exemple en EPSF, résolve les problèmes…

Professionnel : Jugement négatif sur la réforme Blanquer
Réalisé par l’intersyndicale Cgt, Snuep Fsu, Snalc, Sud, Cnt, l’enquête menée auprès de 2500 enseignants de lycée professionnel dresse un bilan très négatif de la réforme du lycée professionnel. 91% des enseignants voient dans la réforme une dégradation de leurs conditions de travail et 93% celle du parcours des jeunes.”

« Le recours croissant aux contractuels produit d’ores et déjà de nombreux effets sur le système scolaire , Tribune de Xavier Pons, Chercheur en sciences de l’éducation
"L’augmentation du recours aux contractuels dans l’éducation nationale a déjà des effets politiques, institutionnels et professionnels, démontre le chercheur en sciences de l’éducation Xavier Pons."

Opinion
En dix ans, les réformes des rythmes scolaires se sont succédé, contraignant les communes à s’adapter. En 2008, Xavier Darcos supprime le samedi matin et répartit l’école sur quatre jours. (Par Jean-Michel Arnaud, vice-président de Publicis Consultants)

Choix de trois spécialités en première générale à la rentrée 2019 : 15 combinaisons pour 80 % des élèves
À la rentrée 2019, les 386 600 élèves de première générale ont choisi trois enseignements obligatoires de spécialité en plus des matières de tronc commun et des deux langues vivantes obligatoires.” On peut télécharger la note de la Depp ainsi que les données."

Supérieur

Comment l’enseignement supérieur accompagne les étudiants handicapés par Amélie Petitdemange, Dahvia Ouadia
L’accès à l’enseignement supérieur reste une gageure pour les jeunes en situation de handicap. Les défis à relever sont nombreux pour améliorer leur intégration et leur accompagnement.”

Précarité étudiante : la ministre de l’Enseignement supérieur annonce la création d’un numéro d’appel pour des aides d’urgence
"Il reste chaque année un peu plus de 15 millions d’euros d’aide d’urgence non-consommées" par les étudiants en situation de précarité, a déclaré Frédérique Vidal, mardi sur RTL.”

Et pour sourire

La faute de l’orthographe par Arnaud Hoedt et Jérôme Piron au TEDxRennes le 21 juin 2019

Bernard Desclaux

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Le gouvernement supprime 35 millions d'euros dans le budget de la vie étudiante...

19 Novembre 2019 , Rédigé par Public Senat Publié dans #Education, #Université

Pour boucler le budget 2019, le gouvernement a décidé de supprimer 35 millions d’euros de crédits réservés au financement de la vie étudiante et des bourses. Dans un contexte de précarité des étudiants, le Sénat a rétabli ce budget en adoptant un amendement PS.

Voici une décision qui ne devrait pas réjouir les étudiants. Pour boucler le budget 2019, le gouvernement a décidé de supprimer 35 millions d’euros de crédits réservés au financement de la vie étudiante. Cet argent est versé notamment aux CROUS (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires), et finance les bourses aux étudiants. Ce coup de rabot s’inscrit dans une annulation globale de 322 millions d’euros réservés au budget de l’enseignement supérieur. 

Le Sénat rétablit le budget de la vie étudiante 

Alors que la colère des étudiants monte contre la précarité, après la tentative de suicide d’un étudiant lyonnais, les sénateurs ont vivement dénoncé cette mesure et ont rétabli le budget de 35 millions d’euros réservé à la vie étudiante, grâce à l’adoption d’un amendement socialiste. Un amendement communiste similaire était défendu.

« Une annulation incompréhensible » pour le sénateur Pierre Ouzoulias

Pour le sénateur communiste Pierre Ouzoulias, « cette annulation est incompréhensible. Elle prive les CROUS qui ont les plus grandes difficultés à aider les étudiants. Cet argent aurait permis la réalisation de dispensaires de santé dans les universités », explique le sénateur, également universitaire. « En 2 ans, 100 millions d’euros de crédits ont été annulés. Les ministres Vidal et Attal assurent que le gouvernement agit depuis 2 ans pour les étudiants. Surtout qu’ils arrêtent d’agir! »

« En 2020, ces crédits augmenteront de 70 millions d’euros » rassure le ministre Olivier Dussopt

Le secrétaire d’Etat Olivier Dussopt a répondu aux sénateurs : « Il y avait 76 millions d’euros de crédits en réserve pour la vie étudiante. Outre les 35 millions d’euros annulés, il y a donc un dégel de 41 millions d’euros qui vont financer les bourses, soit 54% de cette réserve. En 2020, le budget de la vie étudiante augmentera de 70 millions d’euros » a assuré le ministre.

En marge des concertations avec les syndicats étudiants, la ministre Frédérique Vidal a annoncé la création d’un numéro d’urgence pour les étudiants, mais pas des moyens supplémentaires.

L'Assemblée nationale pourra toujours revenir sur le rétablissement du budget, voté par le Sénat.

Alexandre Poussart

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David Gilmour...

19 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coups de coeur... Louis Aragon...

19 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

J'ai rêvé d'un pays où dans leur bras rompus les hommes avaient repris la vie comme une biche blessée, où l'hiver défaisait le printemps, mais ceux qui n'avaient qu'un manteau le déchiraient pour envelopper la tendresse des pousses, j'ai rêvé d'un pays qui avait mis au monde un enfant infirme appelé l'avenir… J'ai rêvé d'un pays où toute chose de souffrance avait droit à la cicatrice et l'ancienne loi semblait récit des monstres fabuleux, un pays qui riait comme le soleil à travers la pluie, et se refaisait avec des bouts de bois le bonheur d'une chaise, avec des mots merveilleux la dignité de vivre, un pays de fond en comble à se récrire au bien.
    Et comme il était riche d'être pauvre, et comme il trouvait pauvres les gens d'ailleurs couverts d'argent et d'or ! C'était le temps où je parcourais cette apocalypse à l'envers, fermant l'œil pour me trouver dans la féérie aux mains nues, et tout manquait à l'existence, oh qui dira le prix d'un clou? mais c'étaient les chantiers de ce qui va venir, et qu'au rabot les copeaux étaient blonds, et douce aux pieds la boue, et plus forte que le vent la chanson d'homme à la lèvre gercée!
   
    J'ai rêvé d'un pays tout le long de ma vie, un pays qui ressemble à la douceur d'aimer, à l'amère douceur d'aimer.

Louis Aragon - La mise à mort

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Forum des enseignants innovants: «Pour gagner en énergie et en espoir»...

19 Novembre 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Forum des enseignants innovants: «Pour gagner en énergie et en espoir»...

François Jarraud, rédacteur en chef du Café pédagogique, revient sur le onzième forum des enseignants innovants, organisé samedi 23 novembre porte de Versailles, en partenariat avec Libération.

Bienvenue au Forum!

Nous sommes particulièrement heureux de vous accueillir avec Libération pour cette onzième édition du Forum des enseignants innovants.

Nous sommes fiers de pouvoir montrer le vrai visage de l’école. Celui d’une école soucieuse de la réussite des élèves, inventive, capable de transmettre non seulement les connaissances scolaires mais aussi la culture et les valeurs démocratiques qui lui donnent sens. Vous montrez au quotidien dans vos classes que l’école n’est pas immobile. Bien au contraire elle est en observation et en recherche permanente. C’est ce que perpétuera le site du forum.

Mais nous tirons encore d’autres espoirs de ce rendez-vous. Réunir 100 enseignants innovants, c’est permettre la création de nouveaux réseaux. Lors de ce forum, vous aurez l’occasion de faire connaître votre projet et de découvrir ceux des autres. Vous pourrez montrer votre créativité et vous appuyer sur celle des autres. Ce forum est avant tout un moment unique de rencontre entre des personnes, des enseignants pas ordinaires.

Réunir 100 enseignants innovants, c’est déjà faire changer l’école. Le forum est l’occasion de montrer la reconnaissance de la profession envers ses enseignants les plus investis. Nous espérons que cette force vous accompagne et vous aide dans votre établissement. Car seuls les enseignants sont capables de changer l’école. Ce sont eux les véritables leviers du changement. Aucune réforme ne peut être appliquée, rien ne peut se faire sans leur investissement.

C’est dans cette perspective de gagner en énergie et en espoir pour l’école que nous vous souhaitons un bon forum.

Infos pratiques

Déroulé de la journée du samedi 23 novembre 2019:

La matinée est réservée aux 100 enseignants sélectionnés.
Pour se rencontrer, découvrir les projets des uns des autres, créer des liens. (Les professeurs sélectionnés reçoivent toutes les informations nécessaires par mail).
L’après-midi:
Débat ouvert au public (dans la limite des places disponibles) Ouverture des portes à 13h30, parc des expositions porte de Versailles à Paris, au Pavillon 7, 2e étage.

14 heures - 15 heures:
Trois histoires inspirantes

-La vie de Germaine Tortel, une pédagogue de l’époque de Montessori qui mérite d’être plus connue, par Andrée Makédonsky.
-L’innovation pédagogique vue… d’Amérique Latine, où se trouve Philippe Meirieu.
-Lilia Ben Hamouda et Laaldja Mahamdi, deux directrices d’école racontent comment elles rusent d’idées pour associer les parents.

15 heures - 16 heures: 
Débat «L’innovation 
pédagogique peut-elle changer l’école?»

Avec
-Philippe Champy, institut national de recherche pédagogique (Vers une nouvelle guerre scolaire, La découverte).
-Yves Reuter, professeur émérite de didactique (Une école Freinet : fonctionnements et effets d’une pédagogie alternative. L’Harmattan).
-Catherine Robert, professeur de philosophie au lycée Le Corbusier, à Aubervilliers. Elle mène de nombreuses activités culturelles afin de permettre aux élèves (issus de milieux défavorisés et d’origines culturelles très diverses) de se familiariser avec les exigences culturelles et méthodiques de l’enseignement supérieur. Notamment autour du projet: Anthropologie pour tous.

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François Jarraud - Le Café Pédagogique

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De l’ethos de la laïcité. Réponse à Souâd Ayala (Président du Conseil Supérieur des Programmes)

19 Novembre 2019 , Rédigé par Telos Publié dans #Education, #Laïcité

De l’ethos de la laïcité. Réponse à Souâd Ayala (Président du Conseil Supérieur des Programmes)

EXTRAIT

Dans Le Monde du 26 octobre, Souâd Ayala, inspectrice générale de philosophie et présidente du Conseil supérieur des programmes[1], développe l’argumentation suivante :

  1. La laïcité ne se réduit pas à la production de lois. Dégager sa signification suppose que l’on détermine ce qui est souhaitable et ce qui ne l’est pas. Dans le présent débat, Jean-Michel Blanquer est fondé à considérer que le voile n’est pas souhaitable.
  2. L’idée même que l’affirmation précédente puisse être discutée est inquiétante pour la raison.
  3. La visibilité de l’islam est saturée par la question du voile et celle du terrorisme islamiste. Les « belles âmes » (sans plus de précision) ne perçoivent pas cette réalité.
  4. Il faut que les femmes musulmanes comprennent que le voilement ne peut être perçu que comme manifestation de l’affiliation aux « représentations de l’islam politique » et non comme l’accomplissement d’une obligation religieuse.
  5. Il convient donc de dire aux musulmanes de renoncer à porter le voile si nous voulons être solidaires des femmes qui, ailleurs, y sont contraintes.
  6. Eriger en droit le choix de se voiler, c’est adhérer à une vision patriarcale de la femme musulmane et, dès lors, être en contradiction avec un engagement féministe.
  7. Nous avons un devoir de vérité à l’égard des musulmans en général, sauf à endosser un discours décolonial aux « relents néocolonialistes ».
  8. Le dévoilement est congruent avec l’ethos de la laïcité, lequel réclame la sortie du religieux hors de la sphère publique.

Ces huit propositions méritent discussion.

Le point 1 pourrait paraître acceptable si toutefois il n’invitait pas à une réponse définitive (« le voile n’est pas souhaitable ») sans que soit esquissée la signification de la laïcité, telle que l’entend Souâd Ayala. Il nous semble qu’en atténuant la dimension juridique, ce qui peut s’entendre, elle nous dise surtout que la laïcité doit privilégier sa fonction d’émancipation. Or cette opposition est factice : l’abstention que prescrit la loi de 1905 est la garantie de la liberté de conscience et, dès lors, l’outil privilégié de l’autonomie. De fait, la laïcité émancipe. Et si ce processus conduit au choix d’un vêtement perçu, à tort ou à raison, comme une obligation religieuse, comment, sans contrainte, et en cohérence avec la valeur de liberté, l’empêcher ?

Le point 2, tout à fait décisif, laisse entendre que l’exercice de la raison suffit pour décider que « le voile n’est pas souhaitable ». Mais cette question se pose-t-elle vraiment ? S. Ayala ne peut avoir oublié le débat philosophique sur la tolérance, notamment celui entre Bossuet, partisan de l’uniformité religieuse, et Bayle, défenseur de la liberté de conscience et de culte. Elle a évidemment en mémoire la Lettre sur la tolérance de Locke, ou encore, le Traité sur la tolérance de Voltaire.

Mais c’est John Stuart Mill qui, dans De la liberté, a posé le problème dans sa forme moderne, c’est-à-dire celle des rapports entre tolérance et pluralisme. La question posée par le philosophe est précisément celle de la nécessaire intégration des minorités dans les démocraties. La défense millienne de la tolérance se fonde sur la valeur de la diversité. Il est bon, pense-t-il, qu’existent des « expériences de vie » différentes. C’est parce que les individus sont fondamentalement différents et qu’ils doivent être souverains sur eux-mêmes que la tolérance est une exigence morale. Bien entendu, Mill reconnaît qu’elle ne peut être illimitée, le mal fait à autrui en constituant les limites.

La tolérance, rappelons-le, consiste, selon l’excellente définition de Susan Mendus, à s’abstenir d’intervenir dans l’action ou l’opinion d’autrui, quoiqu’on ait le pouvoir de le faire, et bien que l’on désapprouve ou que l’on n’apprécie pas l’action ou l’opinion en question. Dès lors, il n’y a pas de tolérance sans intolérance préalable. Et c’est bien l’exercice de la rationalité qui conduit à privilégier les raisons de tolérer sur celles d’interdire. Nul ne prétend, au sein des laïques qui délibèrent depuis trente ans sur ce sujet, que le voile soit souhaitable.

(...)

Alain Policar Chercheur au CEVIPOF (Sciences Po)

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