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Vivement l'Ecole!

« La représentation médiatique porte à croire que le monde ouvrier n’existe plus »

3 Novembre 2019 , Rédigé par La Revue des Médias Publié dans #Médias

« La représentation médiatique porte à croire que le monde ouvrier n’existe plus »

EXTRAIT

En 2018, les ouvriers représentaient 4 % des personnes visibles à la télévision, contre 60 % pour les cadres. L’historienne Ludivine Bantigny, explique cette « invisibilisation » par un changement de discours politique et médiatique, alors que la classe ouvrière compte encore pour un quart de la population active en France.

Ludivine Bantigny est historienne, maîtresse de conférences à l’Université de Rouen et spécialiste de l’histoire de Mai 68. Elle est autrice de plusieurs ouvrages, dont La France à l’heure du monde. De 1981 à nos jours (Éditions Seuil, 2013) et Révolution (Anamosa, 2019). Elle est intervenue dans le cadre d’une conférence des Lundis de l’INA(1) intitulée « La classe ouvrière à la télévision : histoire d’une disparition ».

Lors de votre intervention, vous avez dressé le constat d’une disparition des ouvriers et ouvrières des écrans de télévision. Quelle est l’ampleur de ce phénomène et comment le mesurer ?

Ludivine Bantigny : Des mesures précises proposées par le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) établissent que 4 % des personnes interviewées et/ou visibles à la télévision sont des ouvrières et des ouvriers et 60 % des cadres. Des mesures équivalentes n’existaient pas il y a 50 ans, mais la représentation n'était pas non plus très importante. Mais la différence, c’est que dans les années 1960, une partie des journalistes de l’ORTF avait le souci de montrer les ouvriers et de prendre le temps de les interroger. La sociologie de celles et ceux qui font la télévision a aussi changé.

Comment s’est déroulé ce processus ?

Ludivine Bantigny : La société a connu un tournant dans les années 1980, qui a eu des effets dans la représentation télévisuelle. C’est une période au cours de laquelle s'est imposée, au niveau médiatique et politique, l'idée qu'il fallait en finir avec les conflits sociaux, les classes sociales, la lutte des classes, en prétendant qu’elles avaient disparu. Il a été répété qu'il fallait accepter le capitalisme et qu'il n'y avait pas d'alternative. Une partie de la gauche gouvernementale s’est aussi convertie au néolibéralisme. Elle s’est mise à défendre l’esprit d’entreprise, comme si les entreprises étaient des entités non conflictuelles. Il y a eu tout un discours de la gauche gouvernementale sur le marché, supposément « ni de gauche ni de droite ».

Ce processus s'est accompagné de délocalisations, de recours à la sous-traitance et, peu à peu, d'un chômage de masse. Selon l’Insee, il y avait 8 millions d’ouvrières et ouvriers en 1975, contre 5,5 millions aujourd’hui, soit un passage de 33 % de la population active à 24 % aujourd'hui. Cela reste notable : il n’est donc pas question de la disparition du monde ouvrier, mais de sa non-représentation.

Comment évoluent les termes employés à la télévision pour qualifier les ouvriers ? 

Ludivine Bantigny : Dans les années 1960 et 1970, le mot « ouvrier » est encore clairement évoqué et à la télévision, les ouvrières et ouvriers se revendiquent ainsi. Quand certains journalistes leur demandent s’ils et elles veulent devenir bourgeois, leur réponse est non : ce sont des ouvriers, avec cette fierté, cette conscience, cette histoire, la transmission d’une culture commune par-delà la variété des situations. Ce mot disparaît dans les années 1980, mais pas simplement dans les médias : ils relaient une transformation du vocabulaire qui est aussi politique.

En oubliant le milieu ouvrier, ce discours hégémonique pense qu’il est possible, du point de vue sociologique, de faire disparaître ce monde. Il y a une dimension performative à penser que les mots auront une efficacité agissante. Le mot « ouvrier » sera ainsi transformé par des euphémismes : les femmes de ménage deviennent des « techniciennes de surface », les ouvriers deviennent des « opérateurs », les salariés deviennent des « collaborateurs »… En faisant disparaître les mots, on prétend aussi faire disparaître cette conflictualité.

Ces ouvriers et ouvrières ne supportent pas ce vocabulaire, qui ne rend pas véritablement compte de leurs conditions de travail et parfois de la violence sociale qu'ils et elles subissent. La représentation médiatique porte ici à croire que, maintenant que tout est délocalisé, le monde ouvrier n’existe plus. C'est évidemment faux, une grande partie de la production est encore en France. La manière de parler des entreprises a changé, comme, par exemple, la façon de parler des réformes. « Réforme » est un mot abîmé : dans la tradition politique, la réforme améliore le sort des gens, leur bien-être individuel et collectif, alors qu'aujourd'hui, par les « réformes », on s'attaque au régime des retraites, à l'école, aux hôpitaux... Tout ce vocabulaire a aujourd’hui un sens qui n’a plus rien à voir avec sa signification historique.

(...)

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Juliette Labracherie

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Pour combattre le macronisme, d'abord le comprendre (Vidéo)...

2 Novembre 2019 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Politique

Pour combattre le macronisme, d'abord le comprendre (Vidéo)...
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Chers amis...

1 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Divers

Chers amis,

les vacances s'achèvent. Demain la route vers la Normandie...

Le blog reprendra vie dimanche.

CC

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Debout sur le zinc...

1 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Marcel Proust... Le mystérieux correspondant et autres nouvelles inédites...

1 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Ces lieux-là restent à jamais dans le petit monde de mes imaginations revêtus d'une grande douceur, d'une grande beauté. Quand même je serais resté des mois sans y penser, tout à coup je les aperçois, comme au détour d'un chemin montant on aperçoit un village, une église, un petit bois, dans la chantante lumière du soir. Cour de caserne, jardinet où l'été mes amis et moi nous dînions, le souvenir sans doute peint avec cette fraîcheur délicieuse, comme ferait l'enchanteresse lumière du matin ou du soir. Chaque petit détail est là tout éclairé et me paraît beau. Je vous vois comme de la colline. Vous êtes un petit monde qui se suffit, qui existe hors de moi, qui a sa douce beauté, dans sa claire lumière si inattendue. Et mon cœur, mon cœur gai d'alors, triste pour moi maintenant et pourtant s'égayant, car il ravit un moment l'autre, le malade et stérile d'aujourd'hui, mon gai cœur d'alors est dans ce jardinet ensoleillé, dans la cour de la caserne lointaine et pourtant si près, si étrangement près de moi, si en moi, et pourtant si hors de moi, si impossible à plus jamais atteindre. Il y est dans la petite ville de lumière chantante et j'entends un clair bruit de cloches qui emplit les rues pleines de soleil.

Marcel Proust - Le mystérieux correspondant et autres nouvelles inédites

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Merci, Monsieur le Président, de foutre en l'air des années de travail...

1 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Résultat de recherche d'images pour "fake news"

«- Passante: Monsieur le Président, je voulais vous dire à quel point votre couverture pour Valeurs Actuelles était vraiment répugnante. Merci beaucoup.

- Macron: Mais merci à vous.
- P.: Mais de rien. Ça me fait vraiment plaisir.
- M.: Il faut parler à tout le monde.
- P.:Il faut parler à tout le monde et à des gens qui propagent des fake news ?
- M.: Mais malheureusement, y en a partout.»

Via @chez_pol (Libération)

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Merci Monsieur le Président de bousiller des mois, des années de travail acharné permettant à nos élèves du premier comme du second degré de débusquer les fake news, de s'en préserver, de chercher et trouver la bonne information. 

Ces fake news que vous banalisez. Voire même, en vous écoutant bien, que vous justifiez. Alors que vous êtes à l'origine d'une "loi contre les fake news". Sans doute votre manie du "En même temps" vous aura-t-elle égaré.

"Il y en a partout" dites-vous. Ce qui revient à minimiser la portée des mensonges proférés par le magazine - il n'est pas le seul - Valeurs Actuelles qui "surfe" sur les fake news. Celles-ci polluant l'esprit critique de nos élèves, esprit critique si difficile à construire chez de jeunes élèves.

Merci Monsieur le Président de foutre en l'air des semaines de travail, l'an dernier, avec mes élèves de 4e, en compagnie de ma collègue professeur-documentaliste. Le tout finalisé par la venue d'Ariane Chemin - que je ne vous présente pas; je crois que vous la "connaissez" - journaliste au Monde, devant plus de 80 élèves attentifs et très intéressés. Encore merci à elle.

Un Président ne devrait pas dire ça. Vraiment pas.

Christophe Chartreux

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Menus végétariens obligatoires : des cantines scolaires dans les choux...

1 Novembre 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

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A partir de ce vendredi, les établissements scolaires devront proposer au moins un repas sans viande ni poisson par semaine. Mais faute de moyens, la loi risque d’être difficile à respecter.

Petite révolution dans les assiettes : de la maternelle à la terminale, toutes les cantines scolaires, publiques ou privées, doivent désormais prévoir au moins un repas végétarien par semaine. Cette disposition inscrite dans la loi Egalim (votée il y a un an à l’issue des états généraux de l’alimentation) doit être expérimentée pendant deux ans. Les porteurs de cet amendement pointaient plusieurs objectifs, comme évaluer l’incidence d’un repas végétarien hebdomadaire sur le gaspillage alimentaire, précisant que la viande, le poisson et les œufs représentent «près de 50 % du coût de ce gaspillage». Les députés à l’origine de cette disposition faisaient également valoir que les menus sans viande ni poisson permettent de respecter «les convictions de l’ensemble de la population». Ne dit-on pas du repas végétarien qu’il est le plus laïc de tous ?

Pourtant, à l’heure où les enfants s’apprêtent à reprendre le chemin de l’école, il semble que de nombreuses cantines ne soient pas en mesure de respecter cette loi, notamment dans les maternelles et les écoles élémentaires, dont la restauration est placée sous la coupe des maires.

Retard

«Le texte officiel débute par l’expression "à titre expérimental". Certains maires en ont déduit que ce dispositif n’était pas obligatoire, explique Isabelle Maincion, référente restauration scolaire à l’Association des maires de France (AMF). De plus, les élus sont confrontés à de multiples casse-tête : cette loi sur les menus végétariens implique le changement des habitudes de travail, la formation des cuisiniers, l’apprentissage des enfants à de nouveaux goûts, les réticences de certains parents… Sans parler des autres mesures légales qu’ils doivent également anticiper, comme la fin des matériels en plastique dans les cuisines.» Selon Isabelle Maincion, les maires devraient donc appliquer la mesure progressivement, «dans la mesure de leurs moyens». Au-delà des élus, c’est l’ensemble du dispositif qui a pris du retard. Dans un communiqué daté de jeudi, 21 organisations appartenant à la Plateforme citoyenne pour une transition agricole et alimentaire stigmatisent le «manque d’efficacité de la loi Egalim», pointant notamment l’(in)organisation de l’offre végétarienne dans les cantines. «La première réunion à ce sujet du groupe de travail "nutrition" du Conseil national de la restauration collective, organe créé pour la bonne mise en œuvre de la loi, n’a pas eu lieu le 4 octobre», dénoncent les signataires.

L’Association végétarienne de France (AVF), qui travaille depuis des mois sur la mise en œuvre de cette nouvelle disposition, témoigne de la même perplexité : «On a l’impression qu’il n’y a pas grand-chose de prêt, que l’exécutif ne s’est pas donné les moyens d’aider les acteurs à bien appliquer la loi», s’inquiète la présidente de l’AVF, Elodie Vieille-Blanchard. Cette structure a, de son côté, créé le site Vegecantines.fr, véritable boîte à outils visant à accompagner les collectivités et à informer les particuliers. On y apprend notamment que «la majorité des villes de plus de 30 000 habitants a déjà introduit des menus végétariens», pour tous les enfants ou à la demande. «Certaines cantines, surtout dans les grandes villes, ont anticipé la loi et déjà mis en place des menus végétariens ponctuels ou des alternatives végétariennes, confirme le docteur Sébastien Demange, membre de la commission nutrition-santé de l’AVF. Mais on constate aussi de grandes disparités dans l’organisation des cantines face à cette nouvelle loi, d’autant qu’il n’y a pas eu de décret d’application, ce qui laisse davantage de place à l’interprétation.»

«Formateurs»

A Greenpeace, où l’on s’est également fortement mobilisé autour de ces repas végétariens, on souligne qu’il est encore trop tôt pour avoir une vue d’ensemble sur ce qui va être proposé, ou non, dans les jours à venir. «Nous avions déjà lancé une enquête participative, en 2017-2018, afin d’obtenir une cartographie précise de ce qui est servi dans les cantines scolaires. Nous allons la relancer en janvier afin de réactualiser nos données, qui seront publiées en avril 2020», détaille Laure Ducos, chargée de campagne agriculture et alimentation à Greenpeace. Elle ajoute : «L’un des enjeux actuels repose sur la formation des cuisiniers, jusqu’ici habitués à construire des menus autour de la viande et du poisson. Or la France manque de formateurs.»

Selon un sondage BVA réalisé en 2018 pour Greenpeace, près de 6 Français sur 10 se disent favorables à l’introduction de repas végétariens dans les cantines scolaires. L’AVF affirme de son côté que la proportion de végétariens chez les jeunes est deux fois plus importante que chez les adultes : 11 % des 16-25 ans s’abstiendraient de manger de la viande ou du poisson.

Sarah Finger

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Lettre d’un fils de profs à la République...

1 Novembre 2019 , Rédigé par Libération Publié dans #Education

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Voilà plus d’un mois que Christine Renon, directrice d’école à Pantin, s’est donné la mort. Pourtant, le débat public esquive encore la question des conditions de travail des enseignants et d’accueil des enfants.

Tribune. «On ne jette surtout pas les pots de yaourt, ça pourra toujours servir pour un atelier bricolage.» Toutes les familles d’institutrices et d’instituteurs savent à quoi je fais référence. A ce dévouement sans faille pour une profession, qui s’infiltre dans tous les recoins de la vie privée. Auquel on a fini par s’habituer, parce qu’au fond, ça ne fait pas de mal. Mais aujourd’hui, le fils de profs que je suis a envie de dire stop. A envie que les choses changent. Parce que cette déformation professionnelle, détail par détail, finit par tuer. Au sens propre.

«Voilà maintenant plus d’un mois que Christine Renon, directrice d’école maternelle à Pantin (Seine-Saint-Denis), s’est volontairement donné la mort, épuisée par une fonction devenue intenable. La lettre qu’elle a adressée à ses collègues et à l’inspection d’académie avant le geste fatal est glaçante. Glaçante de tristesse, de sentiment d’impuissance, mais surtout glaçante de vérité. Pleine de ces actions du quotidien dont beaucoup d’instituteurs et institutrices peuvent témoigner, tant elles ont fini par faire partie de la profession au même titre que les compétences officiellement demandées à un·e professeur·e des écoles. Si bien qu’ils et elles en auraient presque oublié que cela n’est pas normal.

«Pas normal de devoir dépasser sa fonction à ce point, pour éviter que tout s’écroule.

«Pas normal de subir une charge mentale aussi forte, et qui ne laisse pas un instant de répit.

«Pas normal de devoir investir son propre argent dans du matériel de première nécessité pour une classe, que l’Education nationale ne fournit plus.

«Pas normal de devoir monter ses projets pédagogiques de A à Z, sans aide extérieure.

«Pas normal de devoir travailler jusqu’au milieu de la nuit chaque soir pour simplement répondre aux exigences d’un ministère déconnecté.

«Pas normal de devoir être financier qui gère la coopérative scolaire, psychologue avec les enfants et les parents, bricoleur·se pour simplement faire tenir debout des classes qui tombent en ruine, infirmier·e, AVS, Atsem ou assistant·e social·e, quand tous ces postes tendent à être supprimés.

«Mais la triste réalité des choses est que si les instituteurs·trices et directeurs·trices d’école ne faisaient pas au quotidien toutes ces actions pas normales, alors l’école fonctionnerait encore plus difficilement qu’elle ne fonctionne aujourd’hui. Si les professeur·es des écoles décidaient de faire la grève du zèle, de s’en tenir uniquement à leur rôle et à leurs obligations, alors l’Education nationale serait tout simplement à l’arrêt.

«Ce sujet me touche sûrement particulièrement parce que ma famille est estampillée «Education nationale», que mes parents, mes oncles et tantes, mes cousins et cousines sont tou·tes des profs dévoué·es. Mais ce sujet devrait tou·tes nous toucher. Parce qu’avec une école malade, on ne peut plus rien construire en société.

«Les profs sont critiqué·es pour avoir peu de temps de travail, pour avoir beaucoup de vacances, pour être tout le temps en grève.

«Mais ces critiques s’imaginent-elles que le temps en classe n’est que la partie émergée de l’iceberg, qu’une fois à la maison, il faut encore remplir des livrets, monter des dossiers, faire du suivi personnalisé ?

«Ces quolibets s’imaginent-ils que lors des week-ends et des vacances, les profs vont faire du repérage pour leurs projets, retournent à l’école pour avancer, quand ils et elles ne sont pas en train de donner des stages de remise à niveau, parce que leur salaire ne leur permet plus de s’en sortir et que les trop nombreuses exigences des programmes ne leur permettent plus d’amener leurs élèves au niveau attendu sur le temps de classe normal ?

«Ces médisances peuvent-elles simplement concevoir le fait que si parfois ils et elles font grève, c’est pour réclamer de meilleures conditions de travail (entendable), et le plus souvent pour demander une meilleure éducation pour leurs élèves, pour vos enfants, pour tous les enfants du pays ?

«Mais même cette somme de vies dévouées ne suffit plus à combler les lacunes laissées par l’institution. Parce que celle-ci est violente de son absence au quotidien, que l’on avait fini par l’oublier, mais que cette violence vient de nous revenir en pleine face, une fois de plus.

«Voilà maintenant plus d’un mois que Christine Renon, directrice d’école maternelle à Pantin, s’est volontairement donné la mort, épuisée par une fonction devenue intenable. Voilà maintenant plus d’un mois que le débat public devrait se concentrer sur la question de l’école. Sur les conditions de travail des enseignant·es, des directeurs·trices et de tous les personnels d’éducation. Sur les conditions matérielles et morales d’accueil des enfants, sur leurs possibilités d’épanouissement au sein d’une institution républicaine rongée de toutes parts.

«Raté. Nous parlons de voile, d’islam et de haine. Le gouvernement et les médias ont sciemment détourné l’attention sur un sujet qui cherche à nous diviser (alors qu’il ne devrait pas). Quand l’école, premier facteur d’inclusion, est encore laissée pour compte.

«L’école, qui enseigne la tolérance, le respect, la compréhension de l’autre.

«L’école qui ne refuse personne.

«L’école, qui aurait besoin de n’importe quel·le accompagnant·e en sortie scolaire, sans distinction aucune, puisque les moyens humains manquent cruellement.

«L’école, qui dans de nombreux quartiers abandonnés depuis longtemps par la République, est restée le dernier vecteur de lien social, le seul moyen de socialisation, de rencontre, d’organisation, de mobilisation, de partage.

«L’école, dont les acteurs en arrivent à se tuer à la tâche, pour faire vivre ces valeurs alors qu’ils n’ont plus les moyens pour cela.»

Noé Gauchard étudiant

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Seine-Saint-Denis... Education: la grande oubliée...

1 Novembre 2019 , Rédigé par christophe

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EXTRAITS

Le Premier ministre a annoncé ce jeudi à la préfecture de Bobigny 23 mesures adaptées à la Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre d’Ile-de-France. Parmi elles, seules deux concernent l’éducation

(…)

« La Seine-Saint-Denis est hors normes », a reconnu le chef du gouvernement, justifiant la mise en place de 23 mesures pour agir sur l'attractivité du territoire pour les fonctionnaires, la sécurité, la justice, la santé et l'éducation. Seules deux nouvelles mesures ont été présentées concernant ce dernier volet, qui apparaît comme le « parent pauvre » de ce plan Marshall pour le département de 1,6 million d’habitants au 1er janvier 2018, selon l’Insee.

Ont ainsi été annoncées : la création des groupes d’appui éducatif localisé (GAEL) dans les 57 niveaux de réseaux d’éducation prioritaire pour renforcer l’encadrement à l’intérieur et à l’extérieur des établissements et l’affectation de 20 millions d’euros en plus sur 10 ans aux établissements pour dédoubler les classes de CP. Deux autres mesures déjà existantes vont connaître une spécificité dans le département. En premier lieu, la mise en place du dispositif de pré-recrutement de 500 futurs enseignants dès le niveau bac +2 et ce, pendant trois ans ainsi que l’extension à tout le département du dispositif « le choix de l’école », qui accompagne les jeunes diplômés des grandes écoles vers l’enseignement en Seine-Saint-Denis.

Il faut également y ajouter l’annonce d’une prime de 10.000 euros touchée en une fois pour tous les fonctionnaires qui effectuent au moins 5 ans dans le département. « Les contours et modalités de cette mesure restent encore à définir », admet le Premier ministre. Malgré toutes ces annonces, les mécontentements demeurent.

« On se demande si le gouvernement a pris la mesure du mécontentement »

« Le pré-recrutement des enseignants, c’est très bien mais ça ne règle pas les problèmes d’effectifs que l’on rencontre dès maintenant avec les professeurs non remplacés, tacle Stéphane Troussel, le président socialiste du conseil départemental après l’allocution d’Edouard Philippe. 30 % des habitants de la Seine-Saint-Denis ont moins de 20 ans, l’éducation est une thématique très importante ici et c’est la raison pour laquelle nous avons fait construire 4 collèges cette année dans le département pour un coût de 100 millions d’euros. Un collège en plus c’est environ 40 à 50 professeurs par établissement et cette année, l’académie de Créteil a déployé 130 nouveaux professeurs pour toute l’académie… »

Un constat partagé par Mathieu Defrel, 1er adjoint DVG au maire de Stains, en charge de l’Education. « L’éducation est un sujet fondamental et on se demande si le gouvernement a pris la mesure du mal-être du personnel éducatif sur le territoire. Je ne pense pas que c’est une prime de 10.000 euros en 5 ans soit 166 euros par mois pendant 5 ans qui va changer quoique ce soit à l’attractivité de ce métier ici. »

(…)

Les chefs d’établissements absents des mesures

« C’est beaucoup plus dur et beaucoup plus violent d’être enseignant dans le 93, témoigne Gabriel Lattanzio, professeur d’anglais au collège Paul Robert aux Lilas et délégué syndical SNES-FSU. Cet établissement a connu un drame au début du mois d’octobre avec le décès de Kewi, un adolescent de 15 ans qui tentait de s'iterposer lors d'une rixe aux abords de son collège. Dans la pratique, nous avons trop de casquettes. On doit aider les élèves qui ont des difficultés sur Parcoursup, servir parfois de psychologue pour les élèves et aussi beaucoup parler aux familles qui connaissent aussi parfois des difficultés sociales… »

Les enseignants mais aussi les directeurs et directrices d’établissements subissent ces difficultés. Le récent suicide de Christine Renon, directrice d’une école maternelle à Pantin a mis la lumière sur leurs rudes conditions de travail. « On ne fait pas le même métier en Seine-Saint-Denis, explique Bruno Bobkiewicz, secrétaire nationale du Snpden-Unsa (1er syndicat du personnel de direction des lycées) proviseur du lycée Berlioz à Vincennes depuis la rentrée après dix-sept années à Saint-Denis. La difficulté n’est pas la même du fait du cumul des difficultés sociales, scolaires et environnementales… J’aurais aimé voir apparaître des mesures sur la reconnaissance de ce métier même si la prime va dans le bon sens. »

Charles-Edouard Ama Koffi

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A lire... "Je crois que tu me plais" - Ersi Sotiropoulos...

1 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

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Un huis clos strictement ­virtuel

Comment aimer à l’ère du numé­rique et des satisfactions immédiates, quand tout va vite et ne laisse aucune trace ? Comment, dans ce tourbillon d’événements et d’impressions, trouver le temps d’une pause – cette ­respiration exigée par l’amour qui lui permet de déposer son empreinte ?

Le nouveau roman d’Ersi ­Sotiropoulos aborde fronta­lement ces questions. De juillet 2013 à octobre 2016, une femme et son amant y échangent des centaines de courriels et de textos. Elle est écrivaine et parcourt le monde, lui est ­vigneron sur une île grecque. Ecriture, lectures, vin, voyages, familles, crise grecque, fantasmes sexuels, il n’est rien qui n’ait sa place dans leur correspondance. En dehors des mails que s’échangent l’homme et la femme, leurs rendez-vous ­clandestins ne sont jamais racontés. Je crois que tu me plais est un huis clos strictement ­virtuel animé uniquement par la ­splendide vitalité du vigneron et de la romancière.

La construction dramatique imaginée par Ersi Sotiropoulos est d’une rigueur imparable. Nul commentaire, nulle narration n’accompagnent les courriels que les amants adultères s’envoient quotidiennement ou même plusieurs fois par jour pour pallier l’insoutenable absence. Un choix audacieux, mais qui se révèle particulièrement adapté au propos du livre. Car le média électronique, en accentuant l’impression de proximité, aggrave le sentiment de frustration engendré par l’amour secret. Tandis que, dans le même temps, la dimension virtuelle de l’échange s’accorde parfaitement avec la qualité insaisissable du désir amoureux.

Eglal Errera

Extrait

« Objet : Retour au 38e parallèle nord
De : lafarce@hotmail.com
Envoyé : 21.02.2014
A : moineau@gmail.com
(…) alors que j’étais pleinement absorbée par ma tâche, en même temps je voyais resurgir des images fortes remontant à notre dernière nuit passée à Visby : les pulsations de ton cou, tes paupières mi-closes, ton éjaculation, puis la mienne, si douce… Je quittais ces images pour me repencher sur mes feuilles, rectifiais un adjectif, biffais surtout des mots. Puis, de nouveau, notre nuit se glissait entre les pages, la ligne de tes lèvres, et ton souffle de me brûler, tes mains de me caresser, et ta bouche, encore ta bouche. Les deux dimensions s’alimentaient l’une l’autre dans la même intelligence – les phrases lues, les choses vécues. »

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