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Vivement l'Ecole!

Les évaluations en CP/CE1, saluées par le ministre de l'Éducation, deviennent de la "propagande gouvernementale" estime la FCPE

4 Novembre 2019 , Rédigé par France Info Publié dans #Education

Les évaluations en CP/CE1, saluées par le ministre de l'Éducation, deviennent de la "propagande gouvernementale" estime la FCPE

"Ces évaluations ont été faites sur des critères académiques de français, d'anglais, qui permettent de redorer l'image de la France à l'étranger" sans permettre de servir "d'outil d'analyse et de perspective" estime Rodrigo Arenas, président de la FCPE.

Les évaluations nationales en CP et CE1 font apparaître des "progrès significatifs" chez les élèves, selon le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, qui révèle ses conclusions dans le JDD, dimanche 3 novembre. Pour Rodrigo Arenas, président de la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, invité de franceinfo ce dimanche, ces évaluations, "dévoyées", deviennent "de la propagande gouvernementale à peine voilée".

Selon le président de la FCPE, "les évaluations ne sont pas faites pour cela, elles sont faites comme un outil d'appui pour les enseignants, et certainement pas pour faire une évaluation qui devient de la propagande gouvernementale à peine voilée. Elles sont dévoyées". Pour lui, la FCPE les considère comme "des choses sérieuses" ; "l'année dernière elles n'étaient pas bonnes, et c'était la faute des prédécesseurs. Cette année, par miracle, elles sont devenues géniales, de son point de vue en tout cas car il y a des points qui ne sont pas au niveau attendu", relève-t-il.

Loin des préoccupations premières des parents 

"Les parents ne nous parlent pas de ça", assure Rodrigo Arenas. "Ils nous parlent de la pollution, du coût du périscolaire, des absences non remplacées, d'élèves qui n'ont pas de cours depuis de nombreuses semaines, des cas de harcèlement, de violences, de nourriture à la cantine scolaire avec des cas de santé publique, des ouvertures et fermetures de classes, le coût des transports. Tout cela, c'est sérieux, c'est autre chose que de se donner des autosatisfactions sur des évaluations qui portent sur des années qui ne sont même pas comparables. Par définition, des évaluations doivent s'analyser sur plusieurs années".

Pour le président de la FCPE, les enseignants font déjà un travail d'évaluation, notamment pour permettre d'individualiser leur enseignement en fonction des différents élèves qu'ils suivent

"Ce n'est pas une évaluation qu'on traite comme un sondage qui va permettre de changer les choses." Rodrigo Arenas à franceinfo

"Ces évaluations ont été faites "plutôt sur des critères académiques de français, d'anglais, qui permettent de redorer l'image de la France à l'étranger", estime-t-il, sans permettre de servir "d'outil d'analyse et de perspective". "J'en veux pour preuve la hausse extraordinaire des cours particuliers parce qu'on met la pression sur des évaluations qui n'apporteront pas de réponses à leurs préoccupations", assure Rodrigo Arenas.

"Tant mieux" si le gouvernement propose des mesures pour répondre aux problèmes spécifiques de territoires comme la Seine-Saint-Denis, avance Rodrigo Arenas, tout en estimant que le gouvernement est "en retard" sur ces propositions, formulées selon lui par la FCPE il y a plusieurs années. Mais le "problème numéro un", assure-t-il, est celui du recrutement. "Il faut des moyens humains, car l'école est une aventure humaine", faite d'enseignants "en recherche de reconnaissance de leur travail". "Enseignant, c'est un métier, ce n'est pas un emploi. Aujourd'hui nous assistons à une dévalorisation du métier, qui peut-être donnera de bons résultats dans les examens, mais ne réglera pas la question du bien-être à l'école", conclut Rodrigo Arenas.

France Info

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Réforme du lycée : les profs battus par chaos... (2)

4 Novembre 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Réforme du lycée : les profs battus par chaos... (2)
La disparition de la classe : conséquences en cascade

Cette réforme modifie en profondeur l’organisation des enseignements. Et notamment la notion de «classe», qui n’existe plus vraiment. D’un cours à l’autre, les élèves changent de groupe. C’était dans la genèse de cette réforme : dessiner un lycée à la carte, où chacun compose son cursus, sur le modèle de l’université. Une volonté assumée, mais avec des conséquences en cascade, plus ou moins anticipées. Les conseils de classe ne sont plus possibles dans leur forme classique. «Les équipes pédagogiques sont explosées, parfois jusqu’à 40 profs interviennent pour une même classe, témoigne Julien (1), prof de SVT dans la banlieue parisienne. Cela aurait pu être l’opportunité d’engager une réflexion sur nos pratiques. Sauf que tout est fait dans la précipitation. Et donc n’importe comment.»

La disparition des classes a aussi des répercussions dans la façon d’enseigner : les élèves ne se connaissent pas, ou très peu, ce qui complique le travail en groupe. «Cette réforme renforce à fond l’individualisme. C’est symbolique, mais les TPE disparaissent des notes du bac. Et avec elles, la reconnaissance par l’institution du travail collaboratif […]. Alors qu’on sait à quel point ces compétences sont importantes pour la vie professionnelle !» Il pointe une conséquence, très concrète : repérer les élèves en décrochage devient plus difficile. «Jusqu’ici quand on avait un doute sur un gamin, on en parlait aux collègues intervenant dans sa classe. Avec les équipes explosées, c’est moins évident.»

(1) Le prénom a été modifié.

Les nouveaux programmes : un rythme impossible

Patrice Roland est prof de maths dans le Val-d’Oise. Avec ses élèves en première STMG, il n’a pas encore entamé le programme de cette année. «J’en suis encore à rattraper les notions qui n’ont pas été abordées l’an dernier. C’est la première fois que je vois ça : ils ont changé les programmes de seconde et de première en même temps ! D’habitude, on modifie une année à la fois pour ne pénaliser personne.»

Comment ne pas y voir la preuve d’une réforme «qui répond à un agenda politique», plutôt qu’à l’intérêt des élèves, questionne-t-il. «J’ai préféré prendre du retard plutôt que de laisser une majorité d’élèves sur le bord.» Mais, dit-il, beaucoup de collègues sont désemparés, car les programmes sont beaucoup plus denses qu’avant. «Ce qu’on faisait en six heures, on est aujourd’hui censés le faire en quatre. Le rythme est intenable.» Interrogé, Jean-Charles Ringard, chef de projet de la réforme au ministère, «assume des exigences rehaussées. A partir du moment où les élèves choisissent leur matière, ils réussissent mieux, donc il est logique d’élever le niveau». Mais Jean-Charles Ringard précise également que, selon les premières remontées, 67 % des élèves de première en bac général ont pris la spécialité maths.

En français, le nouveau programme fait tiquer. Dans une pétition lancée mi-septembre, les profs de lettres regrettent les 24 textes au programme : «Notre discipline se résumerait alors à du bachotage et non à une découverte enthousiasmante des textes littéraires.» Ils regrettent aussi des œuvres imposées. «Laissez-nous maîtres de nos pratiques et de nos choix littéraires», réclament-ils.

Les épreuves communes de contrôle continu : dans le brouillard 

Pour aller plus vite, on les appelle les «E3C». Les «épreuves communes de contrôle continu» visent à alléger l’organisation du bac. Les enseignants craignent que ces E3C, étalées dans le temps, instaurent un climat anxiogène pour les élèves et grignotent du temps au détriment des apprentissages. Le flou sur les conditions d’organisation n’arrange rien. Fabian Berges, prof à Toulouse et secrétaire Sgen-CFDT, dénonce cette impréparation. «On est quand même début novembre, les premières épreuves doivent se dérouler en janvier, et il reste plein de questions. Par exemple, si on veut que les élèves soient dans les conditions du bac, avec les tables un peu espacées et deux surveillants par salle, alors que fait-on des autres élèves de seconde pendant ce temps ? Dans quelles conditions va-t-on corriger ? Jusqu’ici, pour le bac, nous avions du temps de décharge. Corriger une copie du bac, ce n’est pas comme pour une copie lambda. Il faut s’approprier les critères de correction établis par l’inspection, être concentré. Ce n’est pas quelque chose que l’on fait à 10 heures du soir, crevé, après la journée de cours. Il y va de l’avenir des élèves.» Ce brouillard dans lequel les équipes baignent depuis la rentrée entretient le sentiment d’une réforme conçue trop vite. «Le plus douloureux, c’est vis-à-vis des familles. Elles demandent comment les choses vont se passer, et nous, en face, on n’a pas de réponse à apporter. Cela suscite des réactions. ça dégrade la qualité de notre travail. Tout concourt pour nous planter.»

Les effectifs en fonction des spécialités : la grande loterie

Yvan (1) est professeur de sciences économiques et sociales à Paris. Il a de la bouteille, heureusement. Quand il a découvert son emploi du temps le jour de la prérentrée, surprise : son groupe de premières en spécialité SES comptait 45 élèves ! Ils sont désormais 42, «le proviseur a fait en sorte que plusieurs élèves changent de spécialité ou de lycée». Que sa spécialité soit beaucoup demandée est une bonne nouvelle, mais il s’interroge : «Etre si nombreux en classe n’offre pas des conditions d’apprentissage satisfaisantes. L’élève un peu réservé en pâtit. Plusieurs s’interrogent […] et hésitent à continuer cette spécialité dans pareilles conditions.» Interrogé, le ministère renvoie la responsabilité aux chefs d’établissement : «C’est de leur ressort, la constitution des classes. De la même façon que si la rentrée s’est bien passée, c’est grâce à leur travail

Les situations sont très variables d’un établissement à l’autre. Cette réforme est aussi utilisée dans les stratégies de différenciation entre établissements, notamment à Paris. Certains proviseurs ont ainsi choisi de financer deux heures de maths supplémentaires : «50 % d’heures de maths en plus pour les élèves, vous imaginez les différences ?», pointe Patrice Roland, prof du Val-d’Oise. Il est convaincu d’une chose : «Les proviseurs qui ont joué le jeu en offrant le plus de choix possible aux élèves ont utilisé une grande partie de leur DHG [enveloppe d’heures, ndlr], diminuant leur marge de manœuvre pour se différencier.»

(1) Le prénom a été modifié.

Marie Piquemal

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Réforme du lycée : les profs battus par chaos... (1)

4 Novembre 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Réforme du lycée : les profs battus par chaos... (1)

Organisation du contrôle continu, répartition entre spécialités, nouveaux programmes… Deux mois après la rentrée, les inquiétudes des enseignants se concrétisent face à la refonte orchestrée par le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer.

Alors, cette réforme du lycée ? Comment se met-elle en place concrètement ? On se souvient l’hiver dernier des inquiétudes d’une partie des enseignants. Leur mouvement de colère, longtemps invisible, a secoué l’institution au début de l’été. De façon inédite, un petit millier de profs, en dehors des rails syndicaux, ont fait la grève des notes, ne rendant pas les copies en temps et en heure. L’acte de protestation, touchant au symbole du bac, et la réaction autoritaire du ministre - il a demandé que soient prises en compte les notes du contrôle continu, plutôt que de décaler d’un jour la publication des résultats - laissaient présager une rentrée très compliquée…

De loin pourtant, tout semble rouler depuis septembre, les élèves sont en classe, le vent de révolte enseignant est retombé. Mais dès qu’on s’approche et que l’on tend l’oreille, de nombreux signaux d’inquiétude sont perceptibles.

«La tête dans le guidon»

Des enseignants racontent l’ambiance «lugubre» dans les salles de profs, cette espèce de résignation qui gagne les troupes et cette difficulté à tenir un discours rassurant devant les élèves et leurs parents. Beaucoup disent avoir «la tête dans le guidon», essayant de se dépêtrer de la charge de travail importante, dans un calendrier très serré.

Car pour coller à l’agenda politique, le nouveau bac s’appliquera dès 2021. Beaucoup de choses changent en même temps cette année : tous les programmes, dans toutes les matières, ont été revus, pour les classes de seconde et de première à la fois. Toutes filières confondues. La réforme concerne à la fois les bacs professionnels, les bacs généraux et technologiques. Il n’y a plus de filières (S, ES, L…) et à la place, les élèves ont des enseignements de spécialité, qu’ils sont censés avoir choisis librement.

Dans la pratique, c’est parfois un peu plus compliqué. Il semble y avoir autant de situations différentes que de lycées. Par endroits, plusieurs semaines après la rentrée, des proviseurs, englués dans des emplois du temps difficiles à faire, ont demandé à des élèves de changer de spécialité ou à défaut de changer de lycée ! Difficile de savoir si cette pratique a été répandue ou non.

Interrogations des élèves et parents

«Seuls 5 % des élèves de première n’auraient pas eu l’intégralité des spécialités qu’ils voulaient», se défend le ministère, s’appuyant sur un sondage réalisé mi-octobre par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp). Pour l’instant, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, a peu communiqué de données chiffrées. En attendant le bilan, la quasi-totalité des enseignants regrettent la précipitation avec laquelle cette réforme se met en place. Cette façon d’avancer dans le brouillard, sans avoir toutes les informations en main, ne leur permettant pas de répondre aux interrogations des élèves et leurs parents. Par exemple, on ne sait toujours pas à quoi ressemblera l’épreuve du grand oral, ni même concrètement la façon dont vont s’organiser les fameuses épreuves de contrôle continu, qui doivent débuter dès janvier.

«Une importante campagne de communication dans les lycées est prévue du 4 au 7 novembre», rassure Jean-Charles Ringard, inspecteur général et chef de projet de la réforme du bac. Il a été nommé il y a quelques semaines pour piloter «le comité de suivi», avec Pierre Mathiot, l’universitaire qui a planché sur la réforme en amont. Leur mission : éteindre tout départ de feu. Et ces derniers sont nombreux. Illustration en quatre exemples concrets.

Marie Piquemal

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''C'est historique, le niveau des élèves remonte'' dit Blanquer très remonté - Par Claude Lelièvre

4 Novembre 2019 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education

''C'est historique, le niveau des élèves remonte'' dit Blanquer très remonté - Par Claude Lelièvre

On pouvait s'y attendre, le ministre est ''remonté'' comme un coucou! Avec Blanquer, les historiens de l'éducation peuvent être ''heureux'' car ils ont du ''grain à moudre'': il ne se passe jamais longtemps entre deux de ses annonces qualifiées d'historiques. On n'est pas déçu suite aux évaluations CP et CE1

Jean-Michel Blanquer devrait pourtant être plus prudent dans son triomphalisme pro domo continuellement réitéré. J'en ai donné quelques exemples dûment circonstanciés dans l'interview qui paraît  cette semaine dans "Fenêtres sur cours'' (l'organe du SNUipp). Mais on peut continuer, car il y en a encore d'autres de la même eau.

Et le ministre actuel de l'Education nationale aurait dû être tout particulièrement prudent dans les propos qu'il a tenus dans le JDD du premier dimanche de novembre sur les évolutions des résultats des évaluations en lecture et en mathématiques pour les classe de CP et CE1. Les spécialistes et les praticiens de ce type de problème s'exprimeront mieux que moi sur le sens qu'elles peuvent avoir et les limites de confiance qu'on peut leur accorder. Mais, même en faisant l'impasse sur ces interrogations qui ne manqueront pas d'avoir lieu, on peut d'ores et déjà faire quelques remarques qui questionnent le triomphalisme affiché par l'incorrigible Jean-Michel Blanquer .

"Nous vivons un moment historique pour l'école: d'une part la maîtrise des savoirs fondamentaux est en hausse - autrement dit le niveau des élèves remonte - et d'autre part, l'amélioration est plus forte pour ceux qui viennent des territoires les plus défavorisés. Cela répond à mes deux objectifs principaux : hausser le niveau général, assurer plus de justice sociale" affirme-t-il glorieusement dans le JDD.

On passera (mais excusez du peu ) sur l'impertinence de l'équation faite par Blanquer: "la maîtrise des savoirs fondamentaux est en hausse, autrement dit le niveau des élèves remonte'' (seuls compteraient certains types de résultats, et seulement en lecture et en mathématiques, et seulement pour les CP et CE1) afin d'en venir aux chiffres tels qu'ils sont présentés dans un encart du JDD sous le titre déjà évocateur: "le niveau des CE1 s'améliore, celui des CP fluctue''.

On n'épiloguera pas longtemps cruellement (envers Blanquer ) sur'' le niveau qui fluctue pour les CP'' pour s'en tenir à ce qui serait le plus favorable pour'' l'annonce historique'' de Blanquer, à savoir les chiffres ayant trait à ''l'amélioration du niveau des CE1''

Pour ce qui concerne l'évolution des résultats en français aux évaluations CE1, cinq des six domaines évalués apparaissent effectivement en hausse (de 0,7 point à 5 points), un seul en baisse (de 1,4 point). En mathématiques, "deux progrès significatifs sont visibles en début de CE1, ainsi qu'une forte chute en représentation de nombres entiers (- 6,1%) ''

L'encart du JDD a aussi pour sous-titre: "REP-Rep+: l'écart se resserre''. Et il est pris pour exemple significatif que, pour ce qui concerne ''lire de façon satisfaisante,'' on est passé de 70 % des élèves (en secteur hors éducation prioritaire) en 2018 à 72% en 2019; alors que dans le même temps on est passé de 58% en 2018 à 62% en 2019 pour les élèves en REP-REP+.

Soit. Ce n'est pas tout à fait rien. Mais cette réduction d'écart de 12 points à 10 points apparaît sans aucune mesure avec l'effort d'encadrement fait (le dédoublement des classes de CP et CE1 en éducation prioritaire ). Et l'on pourrait soutenir que c'est finalement un résultat plus ''dramatique'' que ''positif''. En aucun cas ''historique'' (positivement)...

Au lieu de ''triompher'', un ministre de l'Education nationale soucieux vraiment de son ministère devrait interroger ces résultats en réalité contrastés afin que l'on puisse vraiment progresser.

Claude Lelièvre

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Marie Laforêt...

3 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

La chanson préférée de ma mère. Et c'était ce 45 tours avec cette photo... J'avais 10 ans...

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Coup de coeur... Marie Desplechin...

3 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Pour la plupart, nous apprécions l'amour de nos semblables, au titre de reconnaissance nécessaire ou de divine surprise. Nous avons été élevés pour ça, d'une façon ou d'une autre, selon la voie du manque ou celle du trop-plein, peu importe, au bout du compte nous aimons être aimés, et nous aimons aimer, à tort et à travers et à nos dépens, mais avec entêtement, avec récidive et avec préméditation. L'amour nous plaît, son bruit de chaînes et ses fruits de saison.

Marie Desplechin - Sans moi

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Les nouvelles formes de l'angoisse chez l'enfant et l'adolescent... (Vidéo)

3 Novembre 2019 , Rédigé par France Culture

Entre l’approche neuroscientifique qui méconnaît le sujet et le monde des réseaux sociaux qui laisse les passions d’amour et de haine se répandre entre les individus, quelles réponses apporter au désarroi de l’enfant et de l’adolescent ?

(...)

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Voile - "Son rejet arbitraire est un communautarisme déguisé en universalisme."

3 Novembre 2019 , Rédigé par Slate Publié dans #Laïcité

Voile - "Son rejet arbitraire est un communautarisme déguisé en universalisme."

EXTRAIT

Depuis l'incident du 11 octobre au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, je me demande ce que Roland Barthes, auteur de Mythologies et de Système de la mode, aurait écrit au sujet du voile islamique.

Dans les joutes verbales des talk-shows et de la politique française, le voile est d'abord cet objet magique qui sature le discours mais qu'on ne voit jamais sur les plateaux de télévision, ou si peu. Ceux qui en parlent, hommes et femmes, ne le portent pas. Celles qui le portent ne sont pas invitées à en parler ou déclinent l'invitation.

S'agit-il d'un vêtement, d'un accessoire? Ou plutôt, aurait dit Barthes, d'une métaphore? D'un signe? Mais alors, un signe de quoi? Un simple signe d'appartenance, un signe religieux, ou bien un signe de soumission, de communautarisme, de séparatisme?

L'honnêteté m'oblige à avouer d'emblée que je n'en ai pas la moindre idée. Les raisons pour lesquelles une femme choisit de se voiler lui sont particulières. À ce titre, et sauf à les lui demander sans douter a priori de sa bonne foi, elles me paraissent inconnaissables.

Le voile comme symbole

Comme tous les vêtements, le voile est un choix privé qui se donne à voir dans l'espace public. Mais, contrairement au jean skinny, aux baskets ou au pull mohair d'Anne Sinclair, il est chargé en France d'une signification à la fois univoque et multidimensionnelle (politique, sociale, culturelle, psychologique) qui lui est attribuée principalement par celles et ceux qui le voient sans l'avoir jamais porté.

Il y a dans cette intentionnalité d'office un arbitraire du signe: une femme voilée est nécessairement soumise et communautarisée –«non-française», pour reprendre l'expression d'Alain Finkielkraut. Aux yeux des adversaires du voile, ce signe détient un pouvoir de nuisance et constitue une menace a priori, il est la manifestation d'un projet sécessionniste, voire totalitaire: vivre en marge des lois de la République, envisager de les subvertir par la charia.

Les femmes voilées, en d'autres termes, transgressent la norme sociale. Comme autrefois, le procès en sorcellerie qui leur est intenté repose sur la conviction intime qu'elles ne se contentent pas d'être qui elles sont: différentes. On estime qu'elles sont animées de mauvaises intentions envers le reste de la communauté.

Mais ne peut-on renverser la perspective, en se demandant si le rejet du voile au nom de la laïcité n'est pas un communautarisme déguisé en universalisme?

Le voile est critiquable, soit: comme toute chose en démocratie, dans un pays où la liberté d'opinion est garantie par l'État de droit. Une fois ce postulat formulé, encore faut-il définir l'objet de la critique. S'agit-il de l'idée du voile, au sens platonicien, c'est-à-dire de son essence? Ou de la multiplicité de ses formes réelles, c'est-à-dire de ses expériences?

(...)

Julien Suaudeau

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A lire... La disparition des flâneurs - Ysé Sorel

3 Novembre 2019 , Rédigé par AOC Publié dans #Littérature

A lire... La disparition des flâneurs - Ysé Sorel

EXTRAIT

Pour dire sa critique du consumérisme, Pasolini regrettait les lucioles, lesquelles sont aussi en italien le petit nom des prostituées, autrement dit les péripatéticiennes, qui elles-mêmes, et comme le veut l’étymologie, se promènent en philosophant. Ici, la narratrice et son ami Fadi, révolutionnaire égyptien réfugié en France, sont ces promeneurs dans un Paris qui a vu passer tant de piétons, de Nadja, de cafés de la jeunesse perdue : mais comment vivre avec son temps quand les lucioles ont disparu ? Ysé Sorel nous avait habitués à ses textes de critique ; cette fois c’est une nouvelle que nous publions de cette jeune journaliste et cinéaste.

Je l’appelle le « promeneur des deux rives ». Il a vécu la ville par les pieds, trouvant sur le sol la fermeté qui lui manquait dans sa vie, quand tout branlait et se délitait autour de lui, comme du carton mouillé. C’est une des seules choses dont il est réellement satisfait de ses années à Paris. « J’ai plus marché que dormi ici », se plaît-il souvent à rappeler. Loin de l’horizon large du Nil, il s’est réconforté au maigre bras de la Seine – il cherchait dans les éclats des lampadaires, miroitant sur l’eau dormante, un phare, peut-être. Ou alors la pesanteur épaisse du fleuve, goudronneuse, reflétait son esprit lourd, dense. C’est à Paris que cet Égyptien a trouvé son désert.

Nous n’avons pas été ensemble sur les quais. Probablement parce qu’il trouvait avec moi, justement, un peu de légèreté, et que l’eau le rendait mélancolique. Durant ces dernières semaines en France, on se retrouve de façon préméditée ou, plus rarement, en suivant la pente du hasard. Dans ces cas-là, lorsque nos yeux se croisent en un échange inattendu, on les écarquille, on s’embrasse avec plus de vivacité, on ne peut s’empêcher de répéter oh c’est incroyable et de lire cela, ce clinamen produisant la rencontre joliment fortuite de nos trajectoires, comme un signe de quelque destin secret. Paris est tout petit, on le sait, mais tout de même.

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La politique éducative en Macronie? C'est surtout beaucoup de politique...

3 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

La politique éducative en Macronie? C'est surtout beaucoup de politique...

Quelques réflexions avant lecture de l'article du JDD.

Lors de toutes évaluations nouvelles, les progrès des élèves sont une quasi constante car les professeurs préparent leurs élèves à ces exercices spécifiques.  Par la suite les résultats - c'est toujours le cas et scientifiquement reconnu - stagnent.

Ces évaluations ne mesurent en aucun cas les acquis des élèves.  Elles sont destinées à repérer les élèves  en difficulté et/ou pouvant à terme l'être dans les apprentissages futurs.

Ces évaluations n'ont de "scientifiques" que le nom. Elles sont en effet passées en classe dans des conditions totalement différentes d'une classe à l'autre, d'une école à l'autre. Les conditions de passation sont toutes très différentes. Les résultats ne peuvent dont pas, scientifiquement parlant, être considérés comme des "mesures" fiables.

"Au moins une semaine de soutien sera offerte à tout élève qui en a besoin. Une opération "Je rentre en sixième" sera proposée aux élèves de CM2 pour s'assurer que chacun entre au collège avec des savoirs fondamentaux consolidés."

Par qui seront encadrés les élèves?

Cette opération présentée comme "nouvelle" n'existe-t-elle pas déjà? Pour quels résultats?

Voir lien en bas de page

Cette communication politique qui présente des résultats "évidemment positifs" - j'avais écrit ici et ailleurs, lors de la mise en place des dédoublements CP/CE1, que les résultats seraient jugés très positifs par la rue de Grenelle; c'est gagné et même au-delà de mes "attentes" - ne peut que déplaire aux professeurs des écoles. Ne serait-ce pas à eux et eux seuls qu'il conviendrait de donner la parole pour estimer, depuis le TERRAIN, le bien fondé des mesures mises en place? 

"On voit aussi les conséquences de l'amélioration des conditions d'apprentissage et de la mise à disposition de méthodes pédagogiques éclairées par les meilleures recherches scientifiques."

- de quelles améliorations des conditions d'apprentissage parle ici le ministre?

- de quelles "meilleures recherches scientifiques" parle ici le ministre?

Ce scientisme permanent appelé à la rescousse pour expliquer des progrès surligne à quel point les enseignants sont peu à peu dépossédés des "pédagogies de terrain" (inventivité/initiative/créativité/renouvellement des pratiques pour éviter toute routine/etc) pour être priés d'appliquer des méthodes "validées par la science".

Attention, danger...

Christophe Chartreux

Pour lire cette interview en intégralité et retrouver toutes les annonces de Jean-Michel Blanquer, retrouvez le JDD en kiosques, en numérique ou sur abonnement.

Extrait en cliquant ci-dessous

Pour compléter, dans le même article du JDD

La politique éducative en Macronie? C'est surtout beaucoup de politique...
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