Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Rodrigo Arenas, le coup du foulard...

8 Novembre 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Laïcité

Rodrigo Arenas, le coup du foulard...

Le coprésident de la FCPE revendique l’affiche de soutien aux mères voilées, accompagnantes de sortie scolaire, qui a fait polémique.

Les résultats de l’élection seront connus fin novembre. Mais les choses semblent bien se présenter pour la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE). «On a eu raison !» se félicite Rodrigo Arenas, son coprésident. «Raison» de concevoir fin septembre une affiche de campagne qui a mis le feu aux poudres. Elle montrait une mère coiffée d’un «foulard» à côté d’une enfant, avec ce slogan : «Oui, je vais en sortie scolaire, et alors ? La laïcité, c’est accueillir à l’école tous les parents, sans exception.» Il y eut une polémique, puis récemment le vote de sénateurs de droite en faveur de l’interdiction des signes religieux aux parents accompagnant les sorties scolaires. Historiquement de gauche, la FCPE affirme avoir agi au nom de la laïcité telle qu’elle la comprend. Puisque, selon Arenas, «certaines équipes pédagogiques», au mépris de la loi, s’arrangeraient pour éviter que des mères coiffées d’un «foulard» accompagnent leur enfant en sortie scolaire, l’association a soutenu celles-ci. Bénévole auprès de la FCPE, porté à sa tête à l’unanimité, «une première», Arenas a imposé une coprésidence pour instaurer une parité.

Il habite à Sevran, en Seine-Saint-Denis, et travaille comme cadre administratif pour le département. Nous le rencontrons dans un café à côté de la Bibliothèque nationale. Il entre avec un sourire et une écharpe violette, tous les deux aussi lumineux. Une salariée de la FCPE l’accompagne et assistera à tout l’entretien. Fils de réfugiés chiliens, arrivé en France à l’âge de 4 ans, Arenas n’a pas une once d’accent. De visage, il ressemble à Richard Anconina. Il est sympathique et nerveux, petit et fin, habillé de noir et chaussé de bottines en daim, et parle à la vitesse d’un commentateur sportif. La fameuse affiche relevait-elle de la provocation ou du prosélytisme ? Non, selon lui, elle traduisait un engagement en faveur, pas du «foulard», mais du droit de tous les enfants, y compris ceux dont les mères sont voilées. C’est «le côté laïque et républicain de la FCPE». Et cet athée de se mettre à faire l’inventaire des acceptions de la laïcité, ne reculant pas parfois devant son goût du calembour : «Certains invoquent les Lumières, mais les Lumières, faut les lire, et il y en a qui feraient mieux de remettre des ampoules.» Il consacre ses soirées à la fédération. Les tensions religieuses, ce père de quatre garçons les connaît bien : «Les mamans qui portent un foulard, ce sont mes voisines ! Ce sont elles qui s’occupent de nos enfants quand ma compagne ou moi avons un empêchement.» Et d’affirmer, sourire envolé, que «cette affiche a levé un tabou» et que ceux qui s’y opposent sont «racistes et xénophobes».

(...)

Virginie Bloch-Lainé

Suite et fin en cliquant ci-dessous

Lire la suite

Revue de Presse Education... Polémiques - Bien-être ? - Divers...

8 Novembre 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education

Revue de Presse Education... Polémiques - Bien-être ? - Divers...

On poursuit dans les médias sur le malaise des directeurs d’école mais aussi sur la laïcité. Le bien-être (ou pas) est au coeur de beaucoup d’articles : suicides chez les enseignants, harcèlement, etc.

Polémiques

« Un couteau suisse qui doit tout faire seul »… Profs et directeurs d’école crient à nouveau leur colère concernant leurs conditions de travail
“Le corps enseignant attend des mesures concrètes pour alléger la surcharge de travail des directeurs d’école et pallier la dégradation des conditions de travail des professeurs”

Ces directeurs d’école se seraient bien passés des injonctions sur le voile
“Quand Jean-Michel Blanquer appelle "à ne pas encourager le port du voile", les directeurs d’école désespèrent que les problèmes de pauvreté et de conditions de travail passent à la trappe.”

Voile en sortie scolaire : la polémique sur l’affiche de la FCPE n’a pas pesé
“La campagne controversée portée par la Fédération des conseils de parents d’élèves n’a pas eu d’impact dans les résultats des élections des délégués.”

« La laïcité n’a pas pour fin la neutralisation du religieux dans la sphère publique »
“L’historien et sociologue Jean Baubérot réplique, dans une tribune au « Monde », à celle de Souâd Ayada, présidente du Conseil supérieur des programmes de l’éducation nationale, dont il critique « l’approche rabougrie de la laïcité ».”

"Je fais du bénévolat illégal depuis six semaines" : des accompagnants d’élèves en situation de handicap décrivent leur "rentrée catastrophique"
“Les accompagnants interrogés par franceinfo racontent leur quotidien dans "l’école inclusive" voulue par Jean-Michel Blanquer.”

Bien-être ?

Fléau du harcèlement scolaire : les parents d’élèves appelés à jouer les vigies
“L’académie de Versailles, qui a connu un drame terrible avec le suicide de la petite Evaëlle en juin, va former des pères et des mères, qui à leur tour sensibiliseront d’autres parents.”

On peut présenter une information de plusieurs manière, ce qui ne lui donne pas le même sens. Ainsi pour le chiffre dévoilé des suicides dans l’éducation.

Dans le Huffington Post :
En moyenne, un agent de l’Éducation nationale s’est suicidé toutes les semaines durant l’année scolaire 2018-2019
“Ces chiffres ont été annoncés lors d’un CHSCT extraordinaire (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail). Une réunion organisée à la demande des syndicats, et consacrée à la souffrance au travail à l’école primaire, au collège et au lycée, un mois et demi après le suicide de Christine Renon, une directrice d’école de Pantin en Seine Saint-Denis.”
Inversement, dans le Figaro
Éducation nationale : le taux de suicide des enseignants inférieur à la moyenne
“En 2018-2019, 58 agents de l’Éducation nationale se sont donné la mort et 11 depuis la rentrée scolaire.” Une volonté de minimiser le phénomène ?

Quand les profs aiment les élèves, leurs résultats s’améliorent
“Dans son livre "Quand les profs aiment les élèves" (éditions Odile Jacob), Mael Virat, chercheur en psychologie spécialisé dans les mécanismes d’apprentissage et les pratiques éducatives, explique l’importance de cet enjeu. Entretien.”

Un petit tableau pour définir la bienveillance (ou comment être exigeant ET encourageant)

Divers

Le gouvernement veut réduire le coût du service national universel
“La généralisation du SNU - soit 800.000 jeunes concernés - avait été proposée pour 2026 dans le rapport réalisé par le général Ménaouine. Mais le secrétaire d’Etat en charge du dossier, Gabriel Attal, a toujours déclaré vouloir avancer cette date, à 2022 ou 2023. Emmanuel Macron avait par ailleurs souhaité, fin avril, « qu’on accélère le déploiement de cette initiative ». […] Sur le plan financier, le gouvernement espère aussi faire baisser le coût unitaire par jeune qui était de l’ordre de 2.000 euros cette année. Des économies d’échelle sont envisagées à partir de 2021”

Parents délégués de classe esseulés
“Des classes sans parents d’élèves, voilà qui résume assez l’époque puisque cela contraste avec le surinvestissement scolaire qui est aujourd’hui la règle. Jamais tant de parents ne se sont autant inquiétés pour l’avenir scolaire de leur rejetons, mais cette inquiétude individuelle ne se traduit pas sur le plan collectif, on s’angoisse chacun dans son coin, et, finalement, c’est le collectif qui a du mal à se déployer. La triste condition du parent d’élève esseulé reflète finalement le désinvestissement du collectif, syndicat, parti politique, toutes les fonctions de représentation sont en crise, plus personne n’a envie de les endosser.”

Réforme du lycée : pourquoi ça coince avec les mathématiques
“Avec la réforme du lycée, les mathématiques sont dorénavant enseignées comme une spécialité. Mais pour certains élèves, le programme est trop difficile.”

On parle encore de la réforme de l’éducation prioritaire.
« Le ministre cherche à effacer petit à petit la politique d’éducation prioritaire » “Marc Douaire, président de l’Observatoire des zones prioritaires, donne sa lecture du rapport rendu public mardi soir sur les pistes possibles d’une réforme de l’éducation prioritaire”

Les écoles « orphelines » privées des moyens de l’éducation prioritaire
« Près de 500 établissements scolaires n’ont pas accès à ce dispositif, alors qu’ils connaissent des difficultés similaires à ceux classés en REP. »

Géraldine Duboz

Lire la suite

Mozart... Violon... Piano...

7 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de coeur... Ernest Hemingway...

7 Novembre 2019 , Rédigé par Christophe Publié dans #Littérature

- Tu es une gosse épatante.

- J'ai tout simplement très faim. J'ai une faim de loup.

- Tu es une petite femme toute simple.

- Oui, je suis une petite femme toute simple. Tu es le seul à l'avoir compris.

- Un jour, peu de temps après t'avoir connue, j'ai passé un après-midi à imaginer que nous allions ensemble à l'hôtel Cavour... et tout ce qui s'y passait.

- Quel toupet ! Nous ne sommes pas au Cavour ici ?

- Non. On ne nous y aurait pas admis.

- On nous y admettra un jour. Mais tu vois, c'est en ça que nous différons, mon chéri. Moi je n'ai jamais rien imaginé.

- Jamais ? Jamais rien ?

- Un tout petit peu, dit-elle.

- Tu es une gosse épatante.

Je me versai un autre verre de vin.

- Je suis une petite femme toute simple, dit Catherine.

- Je ne le croyais pas au début. Je croyais que tu étais folle.

- J'étais un peu folle. Mais je n'étais pas folle d'une manière compliquée.

Ernest Hemingway - L'adieu aux armes

Lire la suite

Revue de Presse Education... Education prioritaire — Divers — Ressources...

7 Novembre 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Education prioritaire — Divers — Ressources...

L’actualité tourne particulièrement autour de la publication d’un rapport à propos de l’éducation prioritaire. Des infos diverses et quelques ressources.

Education prioritaire

Rapport Mission Territoires et réussite, Rapport- 05/11/2019
Mardi 5 novembre, Ariane Azéma, inspectrice générale de l’éducation nationale, du sport et de la recherche et Pierre Mathiot, professeur des universités, directeur de Sciences Po Lille ont remis à Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Julien Denormandie, ministre auprès de la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités locales, chargé de la Ville et du Logement, et Gabriel Attal, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse leur rapport intitulé Mission Territoires et réussite.”

Le rapport à récupérer en pdf

Education prioritaire : Trois ministres et un enterrement
"Ce rapport est un début pas un aboutissement". Jean-Michel Blanquer présentait le 5 novembre, avec Gabriel Attal et Julien Denormandie, ministre de la Ville, le rapport réalisé par Pierre Mathiot et Ariane Azéma. Chargés d’une mission "Territoires et réussite", P Mathiot et A Azéma réduisent dans leur rapport l’éducation prioritaire aux seuls réseaux Rep+. Avec les Rep, la prime Rep disparaitrait. Les recteurs disposeraient de moyens qu’ils affecteraient à leur guise entre établissements défavorisés, ruraux ou isolés. Si JM Blanquer prend garde d’affirmer "qu’aucune décision n’est prise aujourd’hui", le rapport Mathiot Azéma, qui vient après plusieurs autres, pourrait être appliqué dès 2021. C’est la France défavorisée qui perd des moyens. C’est aussi la France des minorités qui est visée par celle des terroirs.”

Un rapport compte revoir l’allocation de moyens de l’éducation prioritaire Par Violaine Morin
De nouvelles pistes pour réduire les écarts scolaires liés aux origines sociales des élèves vont être présentées au ministre Jean-Michel Blanquer ce mardi.”
A l’automne 2018, lors du lancement de la mission sur l’éducation prioritaire confiée par Jean-Michel Blanquer à Pierre Mathiot, directeur de Sciences Po Lille et Ariane Azéma, inspectrice générale, le ministre de l’éducation avait fait part de son souhait de sortir de la logique d’un système « binaire » où « si vous êtes dans l’éducation prioritaire, vous êtes sauvé et si vous n’y êtes pas, vous êtes en enfer ». La mission devait également se pencher sur la diversité des territoires, en prenant en compte le cas particulier des établissements ruraux.”

Vers la fin des zones d’éducation prioritaire, trop « stigmatisantes » ?
Un rapport qui sera remis ce mardi au ministre propose de sanctuariser l’aide aux écoles ultrasensibles, tout en donnant aux recteurs la possibilité d’attribuer, ou pas, des moyens supplémentaires aux autres.”

Education prioritaire : un rapport qui inquiète Par Marie Piquemal
Il était sur la table du ministre depuis un moment déjà. Le rapport sur l’éducation prioritaire, commandé il y a un an par Jean-Michel Blanquer, a enfin été rendu public ce mardi soir. Mais le ministre a déjà prévenu : aucune réforme ne sera annoncée avant les municipales, le sujet étant politiquement explosif.”

Education prioritaire : Trois questions à Marc Douaire (OZP)
Président de l’Observatoire des zones prioritaires, Marc Douaire voit dans le rapport Mathiot Azéma une véritable tentative d’effacement de l’éducation prioritaire. Et aussi un boute feu pour les banlieues populaires.”

Divers

Evaluation CP CE1 : L’analyse de Roland Goigoux
" Le principal résultat masqué est celui de l’échec de la politique du dédoublement des CP en éducation prioritaire, échec visible en étudiant les résultats CE1. Le ministre de l’Education nationale masque l’échec de sa politique de dédoublement des CP en éducation prioritaire. Cet échec est visible en étudiant les données fournies par la DEPP à propos des élèves à la rentrée du CE1", écrit Roland Goigoux sur son blog. Il analyse en finesse les données de la Depp.”

Éducation. 73 % des personnels du second degré ont vu leur santé dégradée par leur travail
Alors que le milieu enseignant exprime son mal-être depuis plusieurs semaines, après le suicide d’une directrice d’école en Seine-Saint-Denis, le syndicat Snes-FSU révèle, ce mercredi 6 novembre, que plus de 9 membres du personnel du second degré sur 10 estiment que leur charge de travail s’est intensifiée.”

Centre Bretagne. Le CIO, un phare dans l’orientation des élèves et des adultes
Au CIO de Pontivy, six psychologues de l’éducation nationale aident les élèves, comme les adultes en reconversion, à trouver leur voie, en se posant les bonnes questions. En plus de l’accompagnement individuel, une dizaine de rendez-vous orientation sont organisés sur l’année dans les pays de Pontivy et Loudéac (Morbihan).” En province, la presse se fait souvent l’écho de ce genre de rappel de l’utilité des CIO.

« La gauche et la société ont oublié que l’éducation pouvait être un levier de transformation sociale » Tribune de Thibaut Poirot Professeur d’histoire en lycée
En réponse à François Ruffin, qui évoque dans une récente interview un « divorce entre les profs et les prolos », le professeur d’histoire Thibaut Poirot parle, dans une tribune au « Monde », d’une « indifférence politique et programmatique de toute la gauche à l’égard de l’éducation ».”

Sélection post bac : vers la fin des concours ? Quelles conséquences sur les pratiques d’évaluation des élèves en établissement ? par Bruno Magliulo, Formateur/conférencier et auteur de livres et articles sur le thème de l’orientation ...
D’année en année, la liste des établissements d’enseignement supérieur qui recrutent leurs étudiants désireux d’entrer en première année post bac sur concours se réduit, au profit de procédures de sélection sur dossier, tout particulièrement du dossier Parcoursup. L’année dernière, ce fut par exemple le cas pour l’ensemble des Instituts de formation aux soins infirmiers (IFSI) et nombre d’autres formations aux diplômes paramédicaux et sociaux.”

À bas la sélection  ! Misère de la critique par François Dubet et Marie Duru-Bellat
La critique de la sélection à l’entrée de l’université repose sur une vision misérabiliste des étudiants de milieu populaire et ne remet pas en question les inégalités au sein du système d’éducation.”

Montpellier : un syndicat d’enseignants dépose plainte contre Jean-Michel Blanquer, Ministre de l’Education Nationale
Le Syndicat Action et Démocratie vient de déposer plainte contre Jean-Michel Blanquer face à la « souffrance chronique et croissante » de ceux qu’il représente. Il dénonce l’absence de suivi médical des enseignants. Dans l’Hérault, de nombreux cas témoignent d’une situation préoccupante.”

Ressources

Patrick Rayou : L’origine sociale des élèves et ses mythes
"Face à l’origine sociale des élèves, on ne peut rien faire". Voilà un des mythes les plus répandus sur l’origine sociale des élèves. Ses effets sur leur parcours scolaire est bien réel. Tout enseignant est forcément confronté aux inégalités sociales de réussite scolaire. C’est à cette montagne que Patrick Rayou, en bonne compagnie, s’attaque dans un petit livre édité par Retz (L’origine sociale des élèves, collection Mythes et réalités). Objectif : remettre en question des mythes qui invitent l’école à se débarrasser des inégalités sociales ou, au contraire, à croire qu’elle peut tout changer (par exemple : le mérite suffit). Pour les auteurs cette promenade des deux côtés des mythes ne doit pas amener à l’immobilisme ou au désespoir. Bien au contraire il s’agit de regarder avec lucidité ce que l’on peut espérer "pour que le mythe ne nous détourne pas de l’idéal". Patrick Rayou nous éclaire.”

Un site : ressources pour l’enseignement du français (FLE, FOS...)
Le CIEP est devenu France Education International et toujours à la même adresse,
France Éducation international propose une sélection de méthodes FLE, FOS, français langue d’accueil ainsi que des ressources en ligne.”

Pour réviser son PISA, avant la sortie le 3 décembre des prochains résultats : Compétences à l’écrit (PISA)
Dans l’enquête PISA, les compétences à l’écrit expriment la capacité de comprendre, d’utiliser et d’interpréter des textes écrits en vue de réaliser ses objectifs, développer ses connaissances et son potentiel et prendre une part active dans la société. L’indicateur utilisé est le score moyen.”

Bernard Desclaux

Lire la suite

Même à l'école, la lutte contre les pauvres continue...

7 Novembre 2019 , Rédigé par Le Monde Moderne Publié dans #Education

Jan Steen 1625/1626-1679

Jan Steen 1625/1626-1679

Encore une fois, une réforme sensible repoussée après les élections municipales, cette fois-ci, il s’agit de la réforme des ZEP, zones d’éducation prioritaires. Le rapport initial devait être rendu en juin dernier pour une application à la rentrée 2020 et initialement la refonte de la carte des ZEP devait voir lieu cette année… C’est encore raté pour des raisons de clientélisme.

C’est donc un rapport en cinq thèmes et 25 propositions, que le ministre de l’Education nationale a reçu mardi 5 novembre de la part de l’inspectrice générale de l’Education nationale Ariane Azéma et le directeur de Sciences-po Lille Pierre Mathiot.

Un rapport qui poursuit le travail amorcé en 2014 sur les Réseau éducation prioritaires REP et REP +, 350 réseaux qui regroupent un collège et des écoles en « situation dégradée ».  C’est aussi la suite des préconisations de la Cour des comptes en 2018 de donner le pouvoir aux recteurs d’académie d’allouer les moyens plus souplement pour les REP, en fonction des spécificités des territoires, tout en maintenant le réseau REP+.

L’idée est de donner aux recteurs le pouvoir d’arbitrage entre banlieues et zones rurales, dans une enveloppe budgétaire unique.

Selon l’Observatoire des zones prioritaires (OZP), une association des enseignants de REP, le gouvernement voudrait « liquider » le système, sans avoir évalué au préalable les effets positifs des actions menées sur le terrain par les professeurs.

Le travail des équipes enseignantes en REP est un travail de longue haleine sur les territoires, qui est soudainement remis en cause. Les décisions et arbitrages se feront d’abord avec un biais politique et surtout loin des réalités de terrain, dans les bureaux paisibles des recteurs.

Mais pourquoi vouloir réformer les ZEP en diminuant en parallèle de moitié  les fonds sociaux prévus pour les familles pauvres ?

Les fonds sociaux aident les élèves dont les familles sont en difficultés financières à s’équiper, participer aux activités, sans être stigmatisés par leur condition sociale.

Le budget consacré aux fonds sociaux des établissements, qui avait été porté à 59 millions d’euros par le précédent gouvernement et maintenu à ce niveau en 2018 et 2019, sera seulement de 30,6 millions d’euros en 2020 !

Bercy a décidé encore une fois d’arbitrer en défaveur des plus pauvres, en ciblant cette fois-ci les enfants pauvres. Et pourtant, on dénombre 1,2 million d’enfants pauvres sur le territoire, soit 10 % des élèves !

Alors, quelle justification pour le ministère ? Ces fonds ne sont jamais dépensés en intégralité, donc il est logique de les diminuer de moitié. En effet, trop de parents ignorent leur existence où tout simplement n’osent pas les réclamer par honte ou pensant ne pas y avoir droit.

Pour éviter ce non-recours aux aides, Jean-Paul Delahaye, ancien directeur général de l’enseignement scolaire sous Vincent Peillon, auteur en 2015 d’un rapport de référence, plaide pour que les rectorats accompagnent les établissements afin qu’ils intègrent un volet social dans leur projet.

Encore une sinistre illustration du « en même temps » macroniste à la manœuvre, où, sous prétexte d’aider les élèves de REP, le gouvernement diminue drastiquement les fonds sociaux aux établissements.

Le plan pauvreté de ce gouvernement se transforme en une véritable guerre contre les pauvres.

Alexis Poulain

Lire la suite

Louise Feron...

6 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de coeur... Charles Bukowski...

6 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Il n'a qu'à laisser tourner la minicassette, ou le pick-up. Non, il ne trouve rien de mieux que Johnny Cash, un concert live devant les taulards à Folsom.

"J'ai descendu un type à Reno, histoire de le regarder crever."

On dira que j'ai une sale mentalité, mais j'ai la nette impression que le Johnny frime un peu, comme Bob Hope, quand il part au Viêtnam amuser les troufions pour Noël. Les taulards applaudissent, puisqu'on les sort de leurs cellules. Cela dit, c'est comme jeter un vieil os au lieu d'une escalope à un pauvre affamé. Pas de quoi être fier. Pour les taulards, à mon avis, une seule solution : ouvrir les prisons. Et pour les troufions : arrêter les guerres.

"Arrête ça !

- Qu'est-ce qui te prend ?

- C'est bidon. Un truc d'agence de pub.

- Tu n'as pas le droit de dire ça. Johnny a fait ses preuves.

- Il n'est pas le seul.

- Nous on trouve ça bon.

- La voix n'est pas mal. Mais crois-moi, le seul type qui puisse chanter devant des taulards, c'est un taulard.

- Tant pis. On aime.

Charles Bukowski - Contes de la folie ordinaire

Lire la suite

58 suicides dénombrés au sein de l'Education nationale au cours de l'année 2018-2019...

6 Novembre 2019 , Rédigé par BFMTv Publié dans #Education

58 suicides dénombrés au sein de l'Education nationale au cours de l'année 2018-2019...

Onze suicides ont été enregistrés dans l'Education nationale depuis la rentrée scolaire de septembre 2019.

Commentaire:

Il manque un chiffre: le nombre de suicides 2017/2018.

La tragique comparaison aurait été signifiante.

CC

Lire la suite

Ecole : les maternelles au bord du burn-out...

6 Novembre 2019 , Rédigé par Elle Publié dans #Education

Ecole : les maternelles au bord du burn-out...

Après le suicide d'une directrice d'école fin septembre, les langues se délient. Institutrices et instituteurs de maternelle osent enfin parler de leur solitude, de l'absence de soutien de leur hiérarchie et du sentiment d'impuissance qui les anime...

Depuis qu'elle est en arrêt, Nathalie ne sort que rarement. Cette institutrice en grande section de 43 ans dit aujourd'hui préférer la tranquillité de son petit appartement à l'agitation de la ville. Un cri dans la rue la fait aussitôt sursauter. Sa voix douce devient à peine audible. Elle se raidit dans le fauteuil, au fond du café où elle a accepté de nous rencontrer. Elle aurait voulu faire autrement, ne pas témoigner mais les événements des dernières semaines l'ont convaincue de parler. Elle tient dans sa main une lettre imprimée. Les derniers mots de Christine Renon, la directrice de l'école maternelle Méhul, à Pantin, qui a mis fin à ses jours sur son lieu de travail le 21 septembre dernier. Nathalie dit se reconnaître dans son ras-le-bol et dans son épuisement. « Et encore, je ne suis qu'enseignante, pas directrice. Enfin, j'étais... » reprend-elle. Un matin d'avril dernier, elle n'a pas pu se lever. « Ma tête voulait, mais mon corps n'en pouvait plus. C'était impossible, je n'y arrivais pas. C'est mon mari qui m'a obligée à aller voir le médecin, cela faisait des mois qu'il me le répétait. Je n'écoutais pas, j'étais persuadée que la fatigue allait se dissiper pendant les grandes vacances. Il fallait juste tenir jusqu'à juin. » Quand on lui demande si quelque chose de grave s'est produit avant son burn-out, Nathalie ne trouve pas. « C'est davantage une accumulation de détails, de stress, de fatigue, l'impression constante de ne pas réussir à faire ce qu'on attend de moi malgré tous les efforts déployés, plutôt qu'un drame. » Alors, elle a craqué, épuisée. « Généralement, l'enseignant est un ancien bon élève, c'est quelqu'un de persévérant. Face à des injonctions paradoxales, il va s'obstiner sans demander d'aide ni à ses collègues ni à sa hiérarchie qui, par ailleurs, n'en a que très peu à apporter », explique Emmanuelle Piquet, psychopraticienne et fondatrice des centres Chagrin scolaire. Chaque semaine, des directeurs d'établissements, des psychiatres ou des médecins scolaires lui envoient de nouveaux patients, des instits au bord du gouffre. « Depuis quelques années, je constate un véritable glissement. En consultation, je reçois de plus en plus d'enseignants chevronnés qui envisageaient leur profession comme un sacerdoce. Ils ont adoré leur métier pendant vingt ans et, depuis cinq ans, ils ont la boule au ventre », poursuit-elle. Avant d'ajouter : « Il y a une volonté sociétale et parentale de faire de l'école un havre de paix totalement harmonieux où rien ne se passe en dehors de l'épanouissement des enfants, c'est absolument dingue puisque l'école ne peut être autre chose que le reflet de notre propre écosystème. Il y a de la violence évidemment, des frictions par moments, c'est la vie ! Sauf que l'enseignant est devenu le garant de cette harmonie-là sans avoir les outils et sans en avoir la réelle possibilité. »

Une situation qui semble s'être aggravée depuis la rentrée 2019 et la mise en place des mesures annoncées par Emmanuel Macron en avril dernier. Désormais, l'école est obligatoire dès 3 ans et qu'importe si les enfants sont propres ou non. « L'Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) passe son temps à changer les enfants et ne peut plus faire son travail. C'est l'enseignant qui doit le faire à sa place, mais qui fait le travail de l'enseignant ? » s'interroge une maîtresse sur les réseaux sociaux. À cela s'ajoutent des restrictions budgétaires. « Le dédoublement des classes de CP et CE1 dans les zones d'éducation prioritaires pour renforcer l'apprentissage de la lecture et de l'écriture, c'est une mesure formidable mais coûteuse. Il a fallu prendre de l'argent ailleurs. Le budget des maternelles en a pris un coup », témoigne Francette Popineau, secrétaire générale du syndicat SNUipp-FSU. Déshabiller Pierre pour habiller Jacques, surtout quand le premier était déjà mal vêtu, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. « Je suis institutrice depuis trois ans seulement et je réfléchis déjà à ma reconversion », déclare Elsa, enseignante et directrice dans l'académie de Poitiers. « On a de plus en plus besoin de nouveaux outils liés aux dernières réformes, mais on n'a pas de budget. On paie nous-mêmes nos fournitures, nos manuels de formation, nos ordinateurs. L'école dépend de la mairie, donc quand on fait des commandes de fournitures, on doit remplir des tas de papiers. Vous voyez la maison qui rend fou dans 'Les Douze Travaux d'Astérix' ? Eh bien ça, c'est l'Éducation nationale ! » dit-elle dans un éclat de rire nerveux. Elsa parle vite, comme si son temps était compté. Son ton jovial contraste avec la réalité qu'elle décrit. L'année dernière, son médecin l'a arrêtée après qu'un parent d'élève de moyenne section de maternelle l'avait insultée devant les enfants à la sortie de l'école. « C'était extrêmement violent. Mes collègues sortaient en retard ce soir-là et j'étais seule face à cette femme qui hurlait que j'étais maltraitante parce que j'avais osé punir son fils dissipé. » Choquée, Elsa accuse le coup. « Pendant mon arrêt, je me suis terrée chez moi. Et au lieu de me détendre, je comptais les jours qui me séparaient de la reprise des cours. On n'a aucun levier quand on est face à des parents odieux », confie-telle. Les relations entre les parents et les instituteurs se détériorent dès les premières années de scolarité. « Chaque parent a une demande particulière pour son enfant, analyse Emmanuelle Piquet. On est dans une société qui dit que l'enfant doit absolument rentrer dans le moule. Il faut qu'il soit bien, mince, avec les dents bien blanches, qu'il aime les maths, le français, les langues, l'histoire-géo, le sport, qu'il soit gentil mais pas soumis, qu'il soit curieux mais pas rebelle, qu'il ait les bons copains... C'est monstrueux ! Et donc forcément, les parents sont inquiets et cette inquiétude se porte, dès les toutes petites classes, sur l'enseignant à qui on demande de s'adapter. Mais les instits ne peuvent s'adapter à trente gamins avec trente particularités. Les dyspraxies, les dyscalculies, les troubles de l'attention, les hauts potentiels... c'est impossible », insiste la spécialiste. A fortiori depuis que la petite école doit accueillir des enfants en situation de handicap. « C'est une très belle initiative, salue la syndicaliste Francette Popineau. Bien sûr, il faut que l'école soit inclusive, mais on ne lui a pas donné les moyens de l'être réellement. On a dit à la maîtresse qui avait 27 élèves qu'il y en aura un 28 e , peut-être un 29 e et qu'ils seront handicapés. On ne lui dit pas quel handicap, c'est la surprise, et on ne lui dit pas non plus comment elle doit le gérer, elle n'y est pas formée. Résultat, elle se sent rapidement très seule. »

La solitude, Elsa connaît bien. Elle dit se sentir abandonnée par les pouvoirs publics et incomprise par la société. « Il y a toujours cette image du prof qui a beaucoup de vacances. Même dans ma famille, il y a des gens qui pensent que je ne fous rien. Pourtant, quand arrivent les vacances, je m'écroule. Déjà parce que j'ai attrapé toutes les maladies de mes élèves et ensuite parce qu'avec toutes les tâches administratives, les rendez-vous avec les parents et les préparations de projets pédagogiques, je n'ai aucun répit dans la semaine. Je suis en apnée de l'instant où je me lève au moment où je me couche, et quand je me couche, je pense encore aux problèmes des élèves, à la journée à venir. » Cette charge mentale, Aurélien, contractuel de 35 ans à Strasbourg, en sait quelque chose : « Pour les profs consciencieux, c'est énorme. On ne sort jamais vraiment de l'école. On se promène dans la rue, on voit un truc, on se dit que ce serait sympa de le faire avec les enfants. Le soir, on se demande ce qu'on peut faire pour aider un enfant en difficulté. C'est un tout et, seul, on peut facilement péter les plombs. » L'enseignant volontaire se heurte aussi à un système qui, à l'heure du numérique, peine à se moderniser. « La paperasse, c'est la spécialité de la maison Éducation nationale ! s'exclame Francette Popineau. On demande des choses sur informatique, ensuite on les redemande sur papier pour être bien sûr. Le lendemain, sous une autre forme encore. C'est plein de lourdeurs, de tâches qui n'apportent rien. Et pendant ce temps-là, on ne fait pas classe. Il y a forcément des choses à faire, dont l'institution a besoin, on ne rechigne pas à les faire. C'est la multiplication qui est dix fois trop lourde. » Aux contraintes administratives s'ajoutent les changements récurrents de programmes imposés par les ministres qui se succèdent rue de Grenelle. De nouvelles chartes, de nouveaux documents à remplir et l'impression que le fossé se creuse entre les hautes sphères qui exigent et le terrain qui exécute.

« Depuis plusieurs années, on parle de l'école de la bienveillance, mais cette bienveillance ne s'incarne pas au niveau de la hiérarchie », dénonce Aurélien qui a vu nombre de ses jeunes collègues démissionner peu après avoir obtenu le concours. La vocation seule ne suffit plus pour tenir. « Je forme les jeunes profs juste avant qu'ils prennent leur autonomie. Ce qui est tragique c'est que depuis cinq ans environ, il y en a beaucoup qui, à la fin de leur cycle, au moment où ils commencent à toucher le terrain du doigt, se découragent et disent 'Ce n'est pas ce que j'avais imaginé', rapporte Emmanuelle Piquet. Ils ont une image souvent positive et naïve de ce métier, des enfants épanouis, qui progressent, qui sont reconnaissants, des parents satisfaits, des collègues solidaires, une hiérarchie qui les soutient. Et ils se retrouvent avec le mot d'ordre 'pas de vague', comme le fameux hashtag de 2018 provoqué par l'affaire d'une professeure braquée par un élève en cours. » Si enseignants, syndicats et professionnels de santé s'accordent à dire que la parole tend à se libérer à la suite de ce tollé, le mal-être persiste. Lors de notre enquête nous avons cherché à connaître le point de vue du ministre de l'Éducation nationale, et, malgré de nombreuses sollicitations, il n'a pas souhaité répondre à notre demande. Les enseignants qui ont accepté de livrer leur témoignage ont insisté pour le rendre anonyme par peur des « représailles du rectorat ». « Aujourd'hui, il faut être solide pour affronter sa hiérarchie, gérer sa frustration au quotidien et continuer à développer de nouvelles méthodes pédagogiques pour intéresser les enfants et leur donner le goût d'apprendre », conclut Aurélien. En quittant Nathalie, maîtresse en burn-out, on ne peut s'empêcher de se remémorer cette phrase de François de Closets dans « Le bonheur d'apprendre et comment on l'assassine » (éd. Points) : « Un bon professeur peut captiver les classes rétives et rendre vivants les enseignements les plus mal conçus. Il peut tout sauver. » Pourvu qu'on lui en donne les moyens...

Au collège aussi, la souffrance est palpable

Le cocktail alcool et médicaments aurait pu lui être fatal. Dimanche 13 octobre, trois semaines après le suicide de Christine Renon, directrice de l'école Méhul à Pantin, la principale d'un collège du même département (Seine-Saint-Denis) a tenté de mettre fin à ses jours dans le logement qu'elle occupait au sein de son établissement. Fort heureusement, les pompiers ont pu intervenir à temps. À l'hôpital, cette femme de 59 ans aurait déclaré à la police « ne plus supporter l'Éducation nationale » et en vouloir davantage à l'institution qu'aux élèves. Après le suicide d'un professeur de sciences dans les Alpes-Maritimes, le 21 septembre, et celui d'un enseignant de services et commercialisation à Chamalières (Puy-de-Dôme), le 9 septembre, le ministère a été sommé dans une lettre ouverte signée par 200 chefs d'établissement de reconnaître la souffrance de ses employés et d'ouvrir « un dialogue réel et concret ». Invité sur France Inter, Jean-Michel Blanquer dit espérer « pouvoir annoncer des mesures au retour des vacances de la Toussaint ». Parmi ces avancées, le ministre de l'Éducation nationale a évoqué « une aide supplémentaire pour les directeurs d'école ». Pas sûr que cela suffise à traiter le profond malaise dont souffrent les enseignants du secondaire.

Sarah Lévy

Lire la suite
<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 > >>