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Vivement l'Ecole!

Lhasa de Sela...

30 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... René Barjavel...

30 Novembre 2019 , Rédigé par christophe

L'élevage, cette horreur, avait également disparu. Elever, chérir des bêtes pour les livrer ensuite au couteau du boucher, c'étaient bien là des moeurs digne des barbares du XXème siècle. Le "bétail" n'existait plus. La viande était "cultivée" sous la direction de chimistes spécialistes et selon les méthodes, mises au point et industrialisées, du génial précurseur Carrel, dont l'immortel coeur de poulet vivait encore au musée de la Société Protectrice des Animaux. le produit de cette fabrication était une viande parfaite, tendre, sans tendons, ni peaux ni graisses, et d'une grande variété de goûts. Non seulement l'industrie ofrait au consommateur des viandes au goût de boeuf, de veau, de chevreuil, de faisan, de pigeon, de chardonneret, d'antilope, de girafe, de pied d'éléphant, d'ours de chamois, de lapin, d'oie de poulet, de lion et de mille autres variétés, servies en tranches épaisses et saignantes à souhait, mais encore des firmes spécialisées, à l'avant garde de la gastronomie, produisaient des viandes extraordinaires qui, cuites à l'eau ou grillées, sans autre addition qu'une pincée de sel, rappelaient par leur saveur et leur fumet les préparations les plus fameuses de la cuisine traditionnelles, depuis le simple boeuf miroton, jusqu'au civet de lièvre à la royale.
Pour les raffinés, une maison célèbre fabriquait des viandes à goût de fruit ou de confiture, à parfum de fleurs. L'Association chrétienne des abstinents, qui avait pris pour devise : "Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger", possédait sa propre usine. Afin de les aider à éviter le péché de gourmandise, elle y cultivait pour ses membres une viande sans goût.

La Brasserie 13 n'était qu'une succursale de la célèbre usine du bifteck-frites, qui connaissait une grande prospérité. Il n'était pas une boûcherie parisienne qui ne vendit son plat populaire. Le sous-sol de la brasserie abritait l'immense bac à sérum où plogeait la "mère", bloc de viande de près de cinq cents tonnes.

Un dispositif automatique la taillait en forme de cube, et lui coupait, toutes les heures une tranche gigantesque sur chaque face. Elle repoussait indéfiniment. Une galerie courait autour du bac. Le dimanche, le bon peuple était admis à circuler. Il jetait un regard attendri à la "mère", et remontait à la brasserie en déguster un morceau, garni de graines de soja géant, coupées en tranche et frites à l'huile de houille. La fameuse bière 13, tirée de l'argile coulait à flots.

René Barjavel - Ravage

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L'addiction des ados aux smartphones: pas de conclusion hâtive...

30 Novembre 2019 , Rédigé par christophe

L'addiction des ados aux smartphones: pas de conclusion hâtive...

EXTRAIT

Une étude britannique affirme qu'un quart des ados serait accro à son téléphone. Mais les mots ont un sens...

D'après une étude britannique dévoilée cette semaine, l'addiction au smartphone concernerait 23% des ados. Un chiffre énormément partagé, qui contribue à alimenter la psychose autour du rapport des jeunes gens vis-à-vis de leurs appareils mobiles (comme si les adultes maîtrisaient totalement leur consommation d'outils numériques).

Dans un article publié par New Scientist, la journaliste Clare Wilson remet sérieusement en cause cette affirmation. Elle notamment que si le terme «addiction» est entré dans le langage courant pour désigner n'importe quelle passion un peu dévorante, il désigne avant tout une pathologie cérébrale, comme l'explique par exemple la page qui lui est consacrée par le ministère français des Solidarités et de la Santé.

Clare Wilson a disséqué l'étude en question, qui compile les travaux réalisés dans 41 études différentes. Elle dénonce le caractère alarmiste de l'annonce, les conclusions de l'étude ne faisant que «confirmer qu'il y a des ados qui passent énormément de temps sur leur téléphone», ce que «leur famille savait sûrement déjà».

La journaliste enfonce le clou: même si une partie des ados a déjà repoussé son travail à plus tard pour utiliser son smartphone, ou a déjà entendu ses proches lui reprocher son utilisation excessive, peut-on réellement parler d'addiction sur ces simples faits? Dans certaines phrases, elle propose de remplacer le mot «smartphone» par le mot «livre» afin de se faire une idée.

L'étude explique en fait qu'environ un quart des ados utilisent beaucoup leur portable, et même sans doute trop. En revanche, aucun chiffre n'est avancé concernant les jeunes gens qui se coupent de toute vie sociale ou finissent par négliger leur hygiène et leur santé.

Pour Amy Orben, de l'université de Cambridge, l'étude relayée cette semaine par de nombreux médias anglo-saxons ne serait même pas représentative: les 41 études compilées auraient été sélectionnées en utilisant le mot «addiction» parmi les mots-clés de recherche. Ce qui signifie que les travaux de recherche n'évoquant pas la prétendue addiction des ados, mais parlant de leur rapport au smartphone en d'autres termes, n'ont pas été pris en compte.

Le duo à l'origine de l'étude, Nicola Kalk et Ben Carter, du prestigieux King's College de Londres, se défend mollement en admettant le caractère «limité» de son travail, mais affirme avoir mis en place un modèle qui mérite maintenant d'être étudié de plus près.

(...)

Thomas Messias

Suite et fin à lire en cliquant ci-dessous

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A l’école du « grand écart » : le niveau des élèves français est-il si mauvais ?...

30 Novembre 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

A l’école du « grand écart » : le niveau des élèves français est-il si mauvais ?...

EXTRAITS

En attendant les résultats de l’enquête PISA, le 3 décembre, « Le Monde » s’est penché sur la galaxie d’évaluations qui rythment la scolarité. Elles dessinent un niveau général moyen, mais aussi un très grand écart entre les meilleurs et les moins bons.

Qu’en est-il réellement du niveau des élèves français ? Difficile d’en débattre sans céder à une forme de « déclinisme » qui affecte notre regard sur l’école, comme sur un peu toutes les institutions. Lors des repas de famille comme à la « une » des journaux, c’est la « dégringolade » qu’on déplore, l’« effondrement » qu’on épingle.

Les médias ont leur part de responsabilité : du flot de données chiffrées qui, depuis trois décennies, déferlent sur l’école, ils retiennent celles qui questionnent le système. Plus que celles qui révèlent l’envol du nombre de bacheliers au sein d’une génération. Ou la baisse, saluée au niveau européen, de la part des jeunes sans diplôme ni qualification.

« Les élèves de CM2 savent de moins en moins compter », écrivions-nous dans Le Monde au printemps 2019. « Le niveau en orthographe des écoliers plonge », en 2016. Ou encore, la même année : « L’inquiétant niveau des élèves en maths et en sciences ». Cette tendance, qui remonte à très loin, rebondit à chaque nouvelle mouture du Programme international pour le suivi des acquis des élèves à 15 ans. Plus connue sous l’acronyme de PISA, cette enquête triennale orchestrée dans 70 pays par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est devenue une sorte de norme mondiale de l’évaluation scolaire.

Les dernières éditions ont mis l’accent sur le poids croissant des inégalités sociales et scolaires, et sur l’absence en France de « choc PISA » – quand l’Allemagne ou le Portugal ont su, au fil du temps, résorber une partie de leurs difficultés. On saura le 3 décembre, avec la publication de « PISA 2018 », si un mieux s’observe. Ou pas.

(...)

« Champions des inégalités »

De la comparaison des données, un constat s’impose : « Les résultats moyens ne disent pas grand-chose… sinon que l’école française situe ses élèves plutôt dans la moyenne », résume Pierre Merle. Idem de sa position dans les classements : les derniers scores français à PISA sont stables et proches de la moyenne de l’OCDE ou de l’Union européenne dans les trois champs évalués (compréhension de l’écrit, culture scientifique et culture mathématique).

Les 496 points décrochés par les jeunes Français en compréhension de l’écrit à « PISA 2009 » renvoient en réalité, en raison d’« erreurs d’échantillonnage », explique-t-on à la DEPP, à des résultats compris entre 498 et 503 points. Autant dire que cinq places de gagnées – ou de perdues – ne disent pas grand-chose.

C’est l’« écart » de réussite entre élèves – et même le « grand écart », soulignent tous les chercheurs – qui doit retenir notre attention : si l’école française sait propulser vers les scores les plus élevés quelque 10 % de très bons élèves (qui sont aussi, la plupart du temps, les plus privilégiés socialement), elle bute sur un « noyau dur » de 20 % de jeunes en grande difficulté.

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Des « totems »

Côté parents, l’angoisse plafonne. « Autrefois, c’était la dissertation ou le niveau des études classiques dans le secondaire qui cristallisaient l’inquiétude des familles, souligne l’historien Claude Lelièvre. Aujourd’hui, l’orthographe, le calcul, l’histoire sont devenus des totems sur lesquels se reporte la peur de l’avenir. » Cette focalisation sur les « fondamentaux » occulte en partie les autres domaines évalués. Et c’est dommage, soufflent les enseignants : en histoire et en géographie, en anglais ou en informatique, des progrès sont perceptibles.

Rue de Grenelle, les projecteurs sont braqués sur les premières années de la scolarité. Dernières-nées des évaluations, celles pratiquées dans les classes de CP et de CE1 depuis deux ans ont fait apparaître, selon Jean-Michel Blanquer, des « progrès significatifs » en français et en mathématiques. C’est en tout cas ce qu’a tenu à souligner le ministre de l’éducation, début novembre, ajoutant que l’amélioration est « plus forte » pour les écoliers des « territoires les plus défavorisés » – ceux qui bénéficient des classes dédoublées en CP.

(...)

Mattea Battaglia

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

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A Lire... "Opération Macron" - Eric Stemmelen

30 Novembre 2019 , Rédigé par Le Monde Diplomatique Publié dans #Politique

Encore un livre sur l’ascension de M. Emmanuel Macron ? Oui. Mais celui-ci raconte avec la minutie d’un horloger les étapes successives de ce « tranquille coup d’État ». Le journal débute le 22 janvier 2012, lorsque M. François Hollande promet de s’attaquer au « monde de la finance » pendant que M. Macron pilote les fusions et acquisitions pour une banque d’affaires. Durant cinq années, l’auteur décrit la progression du futur chef de l’État, et surtout le rôle qu’y jouent les médias. Revenant sur chaque article élogieux, chaque portrait flatteur, Éric Stemmelen n’omet ni les tirs de barrage contre M. Jean-Luc Mélenchon ni le soutien des grands patrons de presse. « Au long de cette histoire, note l’auteur, sont passés auprès d’Emmanuel Macron, parmi les douze premières fortunes françaises : en première ligne, Xavier Niel et la famille Arnault, ainsi que Yannick et Vincent Bolloré, et aussi Patrick Drahi, la famille Pinault, la famille Bettencourt. Sans oublier Rothschild, Lagardère et quelques autres. »

Mathias Reymond - Le Monde Diplomatique

Voir également l'extrait de l'émission "Arrêt sur images" en cliquant ci-dessous

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Revue de Presse Education... En attendant ... — Système — Supérieur...

30 Novembre 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... En attendant ... — Système — Supérieur...

En attendant …. PISA, on explique son fonctionnement, son histoire… Quelques infos du système et du supérieur pour cette revue de fin de semaine.

En attendant

A l’école du « grand écart » : le niveau des élèves français est-il si mauvais ? Par Mattea Battaglia
En attendant les résultats de l’enquête internationale PISA, le 3 décembre, « Le Monde » s’est penché sur la galaxie d’évaluations qui rythment la scolarité. Elles dessinent un niveau général moyen, mais aussi un écart de réussite particulièrement important entre les meilleurs et les moins bons.”

Education : comment Pisa note les systèmes scolaires Par Laura Berny
”Le 3 décembre, vont être divulgués les résultats du Programme international pour le suivi des acquis des élèves, le fameux Pisa. Les « Echos Week-End » vous emmènent dans les coulisses de ce classement incontournable.”
C’est l’histoire d’un classement lancé en l’an 2000 par l’OCDE pour comparer les systèmes éducatifs et devenu, au fil de ses publications triennales, l’un des plus scrutés et commentés dans le monde. En vingt ans, le nombre de pays participants au Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa) est passé de 43 à près de 80. Pas moins de 600 000 élèves ont été testés pour le dernier classement dont les résultats sont publiés ce 3 décembre. Et ces chiffres vont encore augmenter puisque « près de 130 pays et économies souhaitent faire partie du programme », révèle Andreas Schleicher, directeur de l’éducation et des compétences à l’OCDE et le père de Pisa.” Un article très intéressant sur le processus

L’Ecole confrontée à la nouvelle gestion publique
La nouvelle gestion publique (ou New Public Management) va t-elle profondément modifier le métier enseignant ? Avec l’arrivée de JM Blanquer, l’entrée du système éducatif dans la nouvelle gestion publique (ou New Public Management) s’accélère. On assiste à un développement des autonomies locales en lien avec une responsabilisation accrue des acteurs locaux. Avec la multiplication des évaluations, la question du statut des directeurs d’école, en débat en ce moment, est représentative de ce glissement d’une gestion collective de l’école vers un management imposant des normes et des contraintes. Education & sociétés consacre son dernier numéro (n°43) à l’analyse des effets de cette transformation sur le métier enseignant. Plusieurs articles en relativisent l’impact. Ainsi en Belgique francophone c’est un mode hybride qui se développe avec le Pacte d’excellence. En France,H Buisson Fenet et X Pons montre qu’on assiste là aussi à des combinaisons locales qui limitent l’application théorique. Finalement en pronant l’autonomie et la responsabilisation, la NGP se heurte au mode du réel , beaucoup plus complexe et nuancé.”

Système

En France, les retenues et les exclusions toujours très pratiquées Par Marie-Estelle Pech
À l’école et au collège, les pratiques punitives sont toujours aussi fréquentes.”
“Laxiste, l’école française ? On en est loin. Les pratiques punitives sont fréquentes, tant à l’école primaire qu’au collège, selon une enquête menée auprès de quelque 20.000 élèves en 2017 : en primaire, ce sont environ six élèves sur dix qui sont punis chaque année, dont plus d’un sur quatre l’ayant été au moins trois fois
.”

Lycéens et étudiants inégaux face à leur orientation par Pauline Bluteau
Au-delà des résultats scolaires, selon leurs origines sociales et géographiques, les jeunes ne s’orientent pas de la même manière. C’est en tout cas ce qui ressort d’un sondage de l’IFOP. Cinq lycéens et étudiants nous ont fait part de leur expérience.”

Supérieur

Précarité étudiante : gel des loyers dans les résidences universitaires en 2020
Le Crous a annoncé jeudi le gel des loyers dans les résidences universitaires en 2020. L’organisme indique que ce gel des loyers a été décidé "en plein accord avec le ministère de l’Enseignement supérieur", pour répondre au début de mobilisation étudiante.”

Réforme des études de santé : les facultés de médecine sont sous tension par Mersiha Nezic
La mise en œuvre de la réforme du premier cycle des études de médecine, maïeutique, odontologie et pharmacie, suscite des tensions dans les universités. Désormais, chaque université doit mettre en place au moins deux des trois voies d’accès à ces études, dans un calendrier serré. Les moyens alloués à la réforme sont également estimés insuffisants par les facultés de médecine.”

Bernard Desclaux

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Pomme...

29 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Jean Contrucci...

29 Novembre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Coup de coeur... Jean Contrucci...

La première fois que j'ai vu Hélène Palmier, j'ai pensé : "ces Anglais sont fous !".

Je croyais qu'un agent secret devait être invisible - n'avoir sur soi ni en soi rien qui se remarque. Etre une ombre parmi les ombres. Surtout si cette ombre était celle d'une femme.

Or, c'était comme si Londres nous avait envoyé une vedette de cinéma en lui demandant de passer inaperçue !

Avez-vous vu le films La Bête humaine de Jean Renoir, avec Simone Simon dans le rôle de Séverine ? Hélène ressemblait beaucoup à cette actrice célèbre avant guerre pour son irrésistible sourire et son caractère "sauvage tendre", disait-on à l'époque.

Hélène Newman - c'était son vrai nom, je l'ai vu bien plus tard - avait une allure folle avec ses pommettes hautes, sa bouche bien dessinée soulignée par l'éclat du rouge à lèvres, son teint clair en contraste  avec le casque sombre de sa chevelure enroulée haut sur le crâne et ses yeux bleus-violet à faire craquer le héros du film dès la première scène.

C'est à cette créature de rêve que ses chefs  comptaient confier le rôle de courrier du réseau Junkman ? Autrement dit, son agent de liaison - comme on disait dans la Résistance ? C'est à cette gravure de mode qu'ils allaient confier des messages dont dépendrait le rôle des saboteurs, la survie du maquis ? Folie pure ! Les Fritz sont des hommes comme les autres, pensais-je. Les officiers voudront l'inviter  dans un restaurant de marché noir, le moindre Feldgrau lui emboiter le pas pour lui proposer " eine kleine promenade, Madmoizel". Bref, deux pas dans la rue et elle sera repérée même si le fridolin n'a pas fait ses classes dans l'Abwehr !

Décidément, à Baker Street où se nichait le siège du Special Operations Executive, à un jet de pierre du bureau où Conan Doyle avait logé le Sherlock Holmes, ils étaient fous de nous envoyer ce prix de beauté pour assurer les liaisons du réseau. Ou plutôt, le chef de la section France du SOE, le colonel Maurice Buckmaster, devait s'en foutre. Il ne s'embarrassait pas de tels détails : jeunes, vieux, beaux ou moches, hommes ou femmes, après quelques mois d'une formation expédiée à la Finishing School for secret Agents de Beaulieu, près de Southampton, il les déclarait bons pour le service. Entretemps, ils avaient appris par cœur les consignes de sécurité, à s'inventer une autre vie que la leur, à se comporter lors d'un interrogatoire musclé. Entre deux jets de grenade et trois sauts en parachute, Buckmaster leur faisait signer l'Official Secrets Act, l'engagement au secret absolu, leur demandait de prévoir de serrer les dents sous la torture au moins quarante-huit heures, pour que les autres membres du réseau aient le temps de se mettre à l'abri. Le reste n'était plus son affaire. Une nuit de pleine lune, le patron de la section F du SOE balançait ses agents depuis la carlingue d'un bombardier Lancaster prêté par la Royal Air Force. Ils touchaient le sol comme ils pouvaient dans un coin de préférence perdu de la France occupée, "in the Field", en terre ennemie, où les frizous grouillaient depuis qu'ils avaient mis le pays à genoux en trois semaines à la mi-juin 1940.

Jean Contrucci - N'oublie pas de te souvenir

 

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Regarde-nous, au coeur d'une classe médias... (Documentaire)

29 Novembre 2019 , Rédigé par France 3 Publié dans #Education, #Médias

Des collégiens s’interrogent sur leurs propres pratiques pour s'informer et développent leur esprit critique, leur confiance en eux et leur autonomie. En immersion pendant un an, le journaliste Lucas Roxo a laissé tourner sa caméra au collège Lucie Aubrac de Tourcoing.

Et tous les renseignements à lire en cliquant ci-dessous

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Au Maroc, dessiner contre le patriarcat...

29 Novembre 2019 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Culture

En arabe dialectal, « hshouma », c’est « la honte », c’est « honteux », et c’est le mot qu’on dégaine au Maroc (et ailleurs) pour ne pas aborder en société ou en famille les tabous liés au corps, au genre, à la sexualité, aux violences contre les femmes comme le harcèlement sexuel et le viol. Le mot est un bâillon : « Tais-toi, n’en parle pas », sinon le « mektoub », le destin, va s’abattre, ainsi que le qu’en-dira-t-on du cousin, du voisin, du village, du quartier…

Cette dictature de la hshouma, Zainab Fasiki, invitée de notre émission « Maghreb Express », l’endure depuis l’enfance et elle ne la tolère plus au Maroc où les corps et les relations sexuelles sont normés par les lois de l’État mais aussi par la religion, la culture, les traditions. Depuis quelques années maintenant, elle s’en libère à coups de crayon en dessinant des héroïnes nues ou voilées qui reprennent l’ascendant sur une société profondément patriarcale et sexiste.

Elle a publié ses premiers dessins accompagnés de courts textes d’abord sur les réseaux sociaux – Instagram et Facebook – qui la font rapidement connaître. Aujourd’hui, elle vit de son art et boucle un vaste projet hybride, artistique et militant, féministe et éducatif, baptisé Hshouma qui lui vaut de courir le monde et d’être classée « Next generation leader » par le magazine américain Time.

La version bande dessinée vient de paraître aux éditions françaises Massot : Hshouma, corps et sexualité au Maroc. Zainab Fasiki brise les non-dits en deux chapitres, le corps et la sexualité, aborde le consentement, l’identité de genre, le sexe hors mariage, l’égalité femme-homme, etc. Des parents font la queue dans les librairies pour la remercier de ce guide d’éducation sexuelle qui vient combler leurs propres lacunes et paralysies héritées de cette culture de la honte. Quand d’autres Marocains la conspuent de faire dans le « haram », le péché.

Il a fallu passer par la France parce qu’il est compliqué de publier un tel livre dans le royaume chérifien, et le faire en français, la langue de l’ancien colonisateur en perte de vitesse, qui reste réservée aux élites, parce que la darija, l’arabe populaire, que tout le monde parle, n’a même pas les mots justes pour parler de sexualité, et décrire avec objectivité les organes génitaux, un vagin avec respect.

Zainab Fasiki s’inspire de sa propre histoire. Elle a 25 ans, vient de la classe moyenne fassie. Seule fille au milieu de cinq garçons, elle découvre très tôt que, parce qu’elle a deux chromosomes X, elle n’a pas la même liberté et le même pouvoir que ses frères d’aller et venir dans l’espace public, construit pour exclure et violenter les femmes. Elle subit le sexisme à la maison, à l’école, mais aussi le harcèlement dans les rues, un fléau au Maroc, qui persiste malgré l’adoption en 2018 d’une loi contre les violences faites aux femmes et aux filles. 

Les chiffres sont édifiants dans ce pays où, jusqu’en 2014, les violeurs pouvaient échapper à la prison en épousant leur victime si elle était mineure. Une avancée toute symbolique, tant le fossé entre la loi et des coutumes ancestrales reste immense. Et c’est aussi cela que Zainab Fasiki dénonce à travers l’art.

Plus d’une Marocaine sur deux a été victime de violences. Deux tiers des cas de violences sexuelles se déroulent dans l’espace public marocain, selon des chiffres officiels. Dans plus de 90 % des cas, il s’agit de viols ou de tentatives de viol dont les victimes sont principalement des femmes de moins de 30 ans. Plus de 90 % des personnes qui ont subi des actes de violence ne portent pas plainte contre leurs agresseurs.

Régulièrement, des scènes, filmées et diffusées sur les réseaux sociaux, témoignent d’une violence systémique à l’égard des femmes : à l’été 2017, cette jeune femme à l’arrière d’un bus qui roule dans Casablanca, qui est agressée en pleine journée par quatre adolescents sans que personne ne bouge, ni les passagers ni le chauffeur ; ou encore cette adolescente traquée, encerclée par une horde de jeunes hommes alors qu’elle marche seule dans Tanger.

À l’été 2018, Khadija est violée, séquestrée, torturée, tatouée de force à 17 ans par une dizaine d’hommes de son village d’Oulad Ayad, au pied du Moyen Atlas. Très récemment, Hajar Raissouni a été jetée en pâture et en prison par le régime marocain pour relations sexuelles hors mariage et avortement illégal alors qu’elle crie son innocence. 

Pour ceux qui sont à Paris, Zainab Fasiki expose son travail de bédéiste du 3 au 13 décembre à la mairie du IVe arrondissement.

☞ Cette émission est également disponible en podcast (à retrouver ici).

☞ Toutes les émissions « Maghreb Express » de Mediapart.

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