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Vivement l'Ecole!

Plans numériques et neurosciences ou comment limiter la liberté pédagogique des enseignants...

17 Octobre 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Plans numériques et neurosciences ou comment limiter la liberté pédagogique des enseignants...

Education : manuel militari

Pourquoi tant de réformes ? Le pédagogue et ex-éditeur Philippe Champy est formel : à coups de plans numériques et de neurosciences, le ministère de l’Education nationale mène une «guerre scolaire» dont l’objectif est de reprendre la main sur les outils pédagogiques et de limiter la liberté des enseignants.

Contrôle surprise ! Prenez une feuille blanche et un stylo, notez votre nom en haut à gauche, voici le sujet : expliquez de manière claire et concise la logique qui sous-tend l’ensemble des réformes du système scolaire sur les vingt dernières années. Vous avez deux heures. Mission impossible ? Sans doute. C’est pourtant celle que s’est fixée Philippe Champy dans son essai Vers une nouvelle guerre scolaire. Celui qui, après un parcours dans la recherche à l’Institut national de recherche pédagogique, a dirigé pendant vingt ans les éditions Retz, spécialisées dans les manuels scolaires du primaire, a voulu disséquer les jeux de pouvoir et motivations implicites de ceux qui sont au sommet du ministère de l’Education nationale. Et le constat n’est pas reluisant. «Il ne s’agit pas de réformer un système vers plus d’égalité et d’équité, écrit-il. Il s’agit de le reformater vers plus d’efficacité, dans un sens purement gestionnaire, à rebours de tous les discours d’enrobage méritocratique.»

Liberté pédagogique

Même si le verbe est souvent incisif, cet ouvrage n’est pas un pamphlet, mais une enquête minutieuse, une démonstration qui s’articule en trois parties. Dans la première, rappel des fondements de l’enseignement en école primaire basés sur la liberté pédagogique. Et déjà apparaît ce qui servira de fil rouge au travail de Champy : le manuel scolaire. Le premier réflexe du lecteur sera peut-être de penser qu’il s’agit là d’une idée fixe pour quelqu’un qui a passé deux décennies à en concevoir. Mais on se rend bien vite compte que c’est l’inverse : le fait même de s’être trouvé au cœur du processus de création de cet outil si central a permis au pédagogue de mettre en lumière les rouages d’un système complexe. Car le manuel scolaire, par son écriture, sa sélection et son utilisation, est la base de cette doctrine mise en place au début de la IIIe République. Et cette liberté si centrale a toujours été un sujet de friction. Même, comme le rappelle Champy : «Ceux qui ont peur de l’autonomie (relative) des enseignants dans l’exercice quotidien de leur travail craignent en fait que la démocratisation de l’accès à l’enseignement primaire aille trop loin, que sous le mot d’ordre de "l’égalité des chances" se loge une contestation politique des hiérarchies sociales existantes.»

Sans que ça ne soit jamais explicité de cette manière, un des objectifs de ceux qui dirigent l’Education nationale a donc été de limiter autant que possible cette liberté. Et ce mouvement s’est accéléré ces dernières années avec la montée en puissance de l’efficacité scolaire comme critère principal pour juger de la validité du système. La deuxième partie de la démonstration s’attaque donc au cheval de Troie du numérique à l’école, censé rendre désuète toute utilisation d’un manuel en papier, jugé dépassé. Et tous les ministres de l’Education nationale de ces deux ou trois dernières décennies y sont allés de leur grand «plan numérique». «La vision d’avenir s’est focalisée sur l’innovation technologique, ce qui a eu pour effet de présenter l’avènement du numérique comme une sorte de "révolution", douce et virtuelle, qui apporterait de nouvelles perspectives et des "solutions disruptives" aux problèmes irrésolus de l’école.» Avec une gamme de résultats concrets qui s’étalent entre l’inexistant et l’anecdotique. Et l’auteur de citer le rapport de 02014 du Conseil national du numérique : «Nous pensons que le projet numérique ne peut émaner que de la pratique des enseignants, une pratique complexe et, typiquement, une pratique impossible à informatiser.» Mais rien n’y fait, le numérique continue encore d’être présenté comme un produit miracle. «Les bienfaits systémiques attribués à la "révolution numérique", écrit Champy, exercent une fascination quasi hypnotique.»

Imagerie cérébrale

La dernière partie de l’essai s’attaque à la marotte de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale : les neurosciences. En janvier 2018, celui-ci a mis en place le Conseil scientifique de l’Education nationale (CSEN) censé donner des orientations pédagogiques basées sur les résultats de la recherche en sciences cognitives. Difficile de faire plus sérieux. Sans remettre en cause l’intérêt d’en savoir plus sur les processus de cognition, Champy dénonce le régime de «surpromesses» qui accompagne toutes les communications autour du cerveau des enfants. Des communications d’autant plus efficaces que l’imagerie cérébrale, avec ces zones qui se colorent sous l’effet de stimuli extérieurs, a tendance à gommer tout sens critique chez les observateurs fascinés par cet organe si mystérieux. Et même si les résultats concrets sont tout aussi limités que ceux du numérique, cela n’empêche pas leur instrumentalisation, comme l’explique Champy : «Les arguments "neuros" servent aux politiques à légitimer des mesures qui tranchent les débats pédagogiques et imposent d’en haut aux praticiens des dispositifs nés dans le secret de laboratoires ou de groupes d’experts bien en cour. Le risque est de voir se dessiner les contours d’une sorte de "science d’Etat".»

Face à cette double offensive, la liberté pédagogique, pilier du métier d’enseignant, serait-elle en voie de disparition ? C’est la conclusion de l’auteur. «Après tant d’années de tangage, grâce à cette sévère prise de pouvoir "techno + neuro", l’Education nationale va pouvoir retrouver la verticalité qui lui faisait trop défaut, une verticalité pilotée par des chefs clairvoyants qui assurent la réussite du pays à chaque rendez-vous de l’histoire.» Difficile d’entrevoir à l’heure actuelle une porte de sortie favorable pour des enseignants «pris entre un discours général démagogique et une culpabilisation hypocrite». La guerre scolaire fait rage et la ligne de front se situe «au sein de la référence républicaine entre élitaires et égalitaires, entre pro-oligarchie et pro-démocratie, entre privilégiés et discriminés»

Erwan Cario

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Revue de Presse Education... Inégalités - Voile - Réformes - Supérieur...

17 Octobre 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Inégalités - Voile - Réformes - Supérieur...

Le traitement de l’inégalité, du voile et de la laïcité, des réformes et du supérieur, s’installent dans l’actualité éducative.

Inégalités

Le gouvernement impose la discrimination positive dans le supérieur, mais chuuuuut… Par Gurvan Le Guellec
Discrètement, le macronisme promeut un système d’égalité des chances d’inspiration anglo-saxonne. La mise en place de bonifications pour les étudiants boursiers aux concours des grandes écoles s’inscrit dans cette démarche.”

Ouverture sociale des Grandes Écoles : les ministres décident d’élargir la mission à toutes les filières
Alors que l’enseignement supérieur compte en moyenne 38 % de boursiers, et entre 11% et 19% dans les grandes écoles, une mission a été confiée en juin dernier aux dirigeants des Ecoles Normales Supérieures (Paris, Lyon, Rennes, Saclay), de trois écoles de commerce (ESSEC, ESCP et HEC), ainsi qu’à l’Ecole Polytechnique par Frédérique Vidal et Florence Parly, dont le Ministère est co-tutelle de l’Ecole Polytechnique. Les rapports issus de leurs travaux ont été rendus publics aujourd’hui.”

Démocratiser l’accès au supérieur : Qu’est ce qui marche ?
Alors que la ministre de l’enseignement supérieur a lancé le 14 octobre un plan pour favoriser l’ouverture sociale des grandes écoles et des universités, la question de la démocratisation s’inscrit dans l’actualité politique. Le 15 octobre, Estelle Herbaut, post doctorante de Sciences Po, a présenté au séminaire LIEPP de Sciences Po, dirigé par Elise Huillery et Carlo Barone, une étude réalisée avec Koen Geven , Banque mondiale, sur les politiques efficaces pour inciter les jeunes à s’inscrire dans le supérieur et permettre leur réussite. L’étude reste partielle : elle ne traite pas de tout ce qui devrait être fait dès l’école primaire pour réduire les inégalités sociales de réussite scolaire. Mais elle permet de trancher entre bourse sociale et bourse au mérite ou encore entre l’information sur l’orientation et l’information avec accompagnement personnalisé sur l’orientation.”

L’ouverture sociale des grandes écoles pas encore une réalité par Dahvia Ouadia
Un groupe de grandes écoles remettaient chacune leur rapport sur l’ouverture sociale à Frédérique Vidal, le lundi 14 octobre. Objectif assigné : augmenter le nombre d’étudiants boursiers dans les grandes écoles pour tendre vers le niveau national de 38%. Elles ont encore du chemin à parcourir...

Améliorer l’enseignement : perspectives internationales - Des sciences cognitives aux expérimentations de terrain en Inde
Intervention d’Esther Duflo, Massachusetts Institute of Technology, États-Unis « Des sciences cognitives aux expérimentations de terrain en Inde » au Congrès international « Les sciences cognitives dans la salle de classe - Construire des ponts pour une éducation fondée sur la recherche scientifique » (Paris, 28 et 29 mars 2019).” Vidéo de la conférence

La cité scolaire Elie-Vignal, passerelle vers l’inclusion des élèves en situation de handicap Par Séverin Graveleau
Dans ce collège-lycée près de Lyon, les élèves qui sont en rupture avec l’école à cause d’un handicap moteur ou cognitif, de troubles des apprentissages ou de raisons de santé, sont accueillis temporairement pour se remettre sur pied.”

Voile

Une sortie scolaire annulée à Creil en raison d’une accompagnatrice voilée Le Monde avec AFP
Un groupe d’une école maternelle de cette ville de l’Oise a dû rebrousser chemin après qu’un pompier de la caserne qu’il devait visiter a refusé l’entrée d’une femme voilée.”

Laïcité : JM Blanquer recadré par E. Philippe
Après 48 heures d’agitation politique, le premier ministre a tranché publiquement le différend porté par JM Blanquer dans la majorité. Le 15 octobre, répondant à une question d’un député LR, il a déclaré en termes non ambigus que son gouvernement ne reviendrait pas sur la question des accompagnatrices voilées. Des propos qui montrent le discrédit dans lequel Matignon tient Grenelle.”

Jean-Michel Blanquer ou la stratégie de la diversion Par Marie Piquemal
La méthode est très efficace, en politique et ailleurs. La stratégie de la diversion. L’art d’allumer - et d’entretenir - des contre-feux, pour ne pas parler des vrais problèmes. En la matière, le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a du talent. Dimanche, il a ainsi saisi la perche tendue par un élu du RN qui, deux jours avant, avait fait un esclandre en réunion du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, reprochant à une mère présente dans le public de porter le foulard alors qu’elle accompagnait des élèves de CM2 lors d’une sortie scolaire.”

Femme voilée prise à partie par un élu RN : 90 personnalités demandent à Emmanuel Macron de "condamner publiquement l’agression"
Des personnalités du monde du cinéma, mais aussi des sociologues et des journalistes, dénoncent la "haine" et la "violence" de la scène qui a été filmée et abondamment commentée sur les réseaux sociaux.”

Réformes

Éducation. La réforme qui pourrait faire exploser le lycée par Olivier Chartrain
Emplois du temps infernaux, classes éclatées, évaluations déstabilisantes : les deux premiers mois de mise en œuvre de la réforme du bac mettent à rude épreuve enseignants et élèves, au moral comme au physique. Pour les uns comme pour les autres, l’avenir s’inscrit dans un halo d’inquiétude. Décryptage.”

Interview, « Dans l’éducation nationale, il y a une culpabilité monstrueuse à s’arrêter, c’est un problème » Par Marlène Thomas
Pour Florence Gaboreau, psychologue dans un centre destiné aux personnels en souffrance, les enseignants ont du mal à laisser leurs élèves s’ils vont mal.”

L’inquiétude concernant la fermeture des CIO est relayée par la presse régionale.
Pays de la Loire. Centres d’orientation : les psy sous tension
Une cinquantaine de psychologues de l’Éducation nationale ont manifesté, mardi 15 octobre, à Nantes, contre l’éventuelle fermeture des CIO, les centres d’information et d’orientation des élèves.”
Mâcon
Mardi en fin de matinée, des représentants des centres d’information et d’orientation (CIO) du département se sont donné rendez-vous devant le siège des Services départementaux de l’Éducation nationale. Ils manifestaient contre le projet de fermeture des CIO, inscrit dans le rapport Charvet portant sur la refonte de l’orientation, dévoilé il y a maintenant deux ans.”
Rennes. Orientation : les personnels de l’Education nationale craignent la fermeture des CIO
Saint-Nazaire. Le personnel de l’orientation craint pour l’avenir
Mobilisation contre la fermeture des centres d’orientation à Lyon

En perdant son nom, le conseiller d’orientation n’a-t-il perdu que sa dénomination ? par Bernard Desclaux
Les conseillers d’orientation, en France viennent de rentrer dans une nouvelle période historique de leur profession.”

Supérieur

Le gouvernement met les universités sous pression financière
Dans un courrier adressé aux universités et aux grandes écoles, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, évoque « la maîtrise » nécessaire de leur masse salariale par « des mesures structurelles » et un « financement systématique » de l’évolution mécanique de leur masse salariale qui « ne sera plus assuré ».”

Enseigner l’innovation : il n’y a pas que le design thinking ! par Valérie Chanal Professeur, management de l’innovation et de la créativité, Université Grenoble Alpes et Olivier Irrmann Professor of Innovation Management and Codesign, Yncréa
Alors que le design thinking s’impose comme un outil pour développer la créativité, se diffusant dans de nombreux parcours de l’enseignement supérieur, des professionnels du design pointent le côté simpliste de la méthode, voire la supercherie d’un design sans designers.
En partageant plusieurs années d’expérimentations pédagogiques à l’Université Grenoble Alpes, à l’ENSCI-Les Ateliers et à Yncréa Hauts-de-France, nous proposons de faire le point sur la variété des pratiques de design et de voir comment elles peuvent ouvrir le champ des formations à l’innovation
.”

Bernard Desclaux

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« Les femmes voilées, on nous aime bien quand on doit voter, faire le couscous ou les gâteaux... »

17 Octobre 2019 , Rédigé par France Inter Publié dans #Laïcité

« Les femmes voilées, on nous aime bien quand on doit voter, faire le couscous ou les gâteaux... »

Paroles d'accompagnatrices scolaires voilées : "Cette vidéo a été un choc, je n'arrête pas d'y penser"

Après la vidéo montrant un élu RN du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté prenant à partie une femme voilée accompagnant son fils, France Inter donne la parole à quatre mères accompagnatrices scolaires voilées. Comment vivent-elles ces polémiques à répétition et quel lien entretiennent-t-elles avec l'école ?

Elles ont hâte de parler, très envie de dire ce qu'elles ressentent. Ces quatre femmes qui vivent à Argenteuil ont été contactées par le biais d'une association. Elles prennent la parole après les événements qui se sont déroulés vendredi dernier lors de l'Assemblée plénière du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté à Dijon.

Elles ont toutes vu la séquence vidéo dans laquelle une femme est prise à partie par un élu du RN de la région. Elles ont surtout retenu la réaction de cette femme qui prend son fils dans ses bras. Et les larmes du jeune garçon. Ces images, ces mots, les ont marquées. Elles se sont identifiées à cette femme et à son enfant. Comme elle, depuis des années, elles accompagnent ou ont accompagné leurs enfants lors de sorties scolaires.

Halima : "M. Blanquer, il va falloir qu'il explique aux enfants pourquoi leurs mamans voilées ne peuvent plus les accompagner en sorties scolaires"

Halima, 45 ans, a cinq enfants. Son aîné à 19 ans et son petit dernier a 5 ans. Elle vit à Argenteuil et depuis 16 ans, elles a toujours accompagné les sorties scolaires.

"Le plus souvent, ce sont les professeurs et les directeurs d'école qui nous demandent d'accompagner les enfants en sortie scolaire. Je n'ai jamais eu à quémander pour accompagner une sortie. Mon plus jeune est en maternelle, donc je fais encore des sorties. Je ne travaille pas, donc c'est normal que j'accompagne les enfants. C'est bien de le faire.

Quand on rentre à la maison, on peut discuter de ce que l'on a vu, c'est un moment pour moi et mon enfant. On accompagne aussi pour assurer la sécurité. Comme on les connait,  les enfants se tiennent tranquilles. Je ne me suis jamais fait agresser dans aucun lieu de sortie à cause de mon voile. Les seuls moments où je me fais embêter, c'est quand je conduis. Pendant les sorties scolaires, ça s'est toujours bien passé. Je veux être présente, suivre la scolarité de mes enfants. Je veux qu'ils respectent l'école.

L'élu du RN, il était au fond de la salle. Il a vu la maman voilée et il s'est dit 'tiens, je vais me faire remarquer'. Il a fait le buzz. Ma fille qui a vu la vidéo, ça lui a fait de la peine. Monsieur Blanquer, lui, il va falloir qu’il se rende dans toutes les écoles pour expliquer pourquoi les mamans qui sont voilées ne peuvent plus les accompagner en sorties scolaires. C'est du bénévolat qu'on fait... Ces gens n'aiment pas les musulmans, c'est tout."

Chérifa : "Je n'arrête pas d'y penser. Mes enfants ont vu la vidéo, ils étaient choqués"

Chérifa, 53 ans, maman de cinq enfants. Elle a été accompagnatrice à plusieurs reprises de ses enfants lors de sorties scolaires. Elle vit à Argenteuil.

"Très souvent, ce sont les mamans voilées qui font les sorties. Parfois, j'étais la seule. J’étais très contente de le faire, mes enfants aussi. En faisant cela, je peux aider et donner quelque chose à l'école. C'est très important pour moi. L'école est la base de leur vie. En Algérie, j'étais laborantine et je faisais du soutien scolaire, ici aussi. J'ai essayé de travailler mais je n'ai pas réussi à élever mes enfants seule en travaillant. Aujourd'hui trois de mes enfants ont du travail et les deux petits de 12 ans ont de bons résultats scolaires. Si on arrête d'accompagner, c'est une catastrophe. Qui va payer ? Les enfants qui ne pourront plus faire de sorties ? Les perdants seront les enfants.

La vidéo de la dame et de l'élu du RN, ça m'a touché vraiment. Ce jour-là, là-bas, il n'y avait pas d'humanité. Comment les enfants qui étaient là, ont vécu tout ça ? Je n'arrête pas d'y penser. Je ne voulais pas montrer la vidéo à mes enfants. Mais ça a vite tourné sur les portables. Mes enfants l'ont vu et ils étaient choqués. Le plus jeune m'a dit : 'Regarde, ce qu'il fait à la maman, regarde comment l'enfant pleure'... Mes enfants étaient choqués. C'est honteux, je n'ai pas de mots pour décrire ce que j'ai ressenti. Elle, elle a protégé son fils, elle n'a pas commenté. Elle a entouré son fils, elle l'a protégé. J'espère qu'on pourra effacer cette période et que ça ne recommencera plus jamais".

Zoulikha : "Cette fois, c'est l'interdiction d'accompagner les enfants en sortie scolaire, après ce sera l'interdiction de les emmener chez le médecin".

Zoulikha, 42 ans, a cinq enfants. Son aîné a 18 ans, sa plus jeune fille a 5 ans. Elle est mère au foyer et vit à Argenteuil. Depuis des années, elle accompagne des sorties scolaires.

"En ce moment, j'accompagne la classe de CE1 de mon fils à la patinoire. Les deux autres accompagnatrices et moi, nous sommes voilées. Si on n’est pas là, il n'y a pas de sorties, ils n'auront pas le droit à la patinoire. À l'école, on a toujours été les bienvenues. Les professeurs, le monde scolaire ne m'ont jamais fait la moindre remarque sur ma tenue.

La scène de la vidéo m'a replongée dans une scène que j'avais vécue, il y a dix ans. Je faisais des courses avec mes enfants qui étaient petits, une dame et son mari m'ont dit 'vous n'êtes pas chez vous, rentrez chez vous'. Ça a duré, les petits pleuraient… Depuis mes enfants ne sont plus jamais rentrés dans ce magasin. Ça a été douloureux pour eux et ils s'en souviennent. Donc aujourd'hui, j'imagine dans quel état doit être le petit qui est dans la vidéo. Lui c'est encore pire, ça a été médiatisé...

En tant que femmes arabes et musulmanes, nous sommes toujours montrées du doigt. On dit qu'on ne suit pas la scolarité de nos enfants, que nous ne sommes pas investies. Ces sorties, c'est quelque chose qu'on peut faire avec nos enfants, vu qu'on n'a pas le droit de travailler avec un voile... Moi je suis technicienne en informatique et personne n'a voulu m'embaucher avec mon voile. D'un côté, on dit qu’on n’est pas investie et quand on veut s'investir, ils nous en empêchent parce qu'on est voilées... Je ne comprends pas. Cette fois, c'est l'interdiction d'accompagner les enfants en sortie scolaire, après ce sera l'interdiction de les emmener à l'hôpital ou chez le médecin. Et après, pourquoi ne pas nous interdire d'avoir des enfants ?

On accompagne des enfants à la patinoire, au sport, à la piscine, la vente de gâteau, les enveloppes... On est là pour les élections de parents d'élèves... On n'aurait plus le droit de faire tout ça. Pourquoi ? On nous a collé une image, mais on ne nous connait pas.

Ils parlent de nous comme de femmes soumises mais c'est eux qui nous renvoient chez nous, à rien faire de notre vie. Il y a des mamans qui ne sortent pas à part lors des sorties scolaires avec leurs enfants. Et souvent c'est l'enfant qui l'encourage, "maman s'il te plait, maman s'il te plait". C'est important pour eux. Pour nous aussi, c'est un plaisir mais ça nous prend du temps, parfois la journée ou la demi-journée. On n'est pas obligées de le faire mais on le fait pour les enfants."

Souad : "Les femmes voilées, on nous aime bien quand on doit voter, faire le couscous ou les gâteaux…"

Souad, 48 ans, a quatre enfants. La plus grande a 26 ans, la plus jeune a 12 ans. Elle vit à Argenteuil.

"J'ai fait récemment une formation de deux jours sur la laïcité. C'était intéressant. J'ai mieux compris certaines choses. Et je sais que l'élu RN ne respecte pas les valeurs de la France : Liberté, égalité, fraternité... Cette femme voilée a le droit d'entrer dans une institution. Les politiciens mettent la peur dans la tête des gens. C'est l'islam qui est visé.

Les femmes voilées, on nous aime bien quand on doit voter, faire le couscous ou les gâteaux... Ils parlent de voter une loi, d'interdire les mamans voilées en sortie... Ils prennent le risque de nous priver de cette liberté. On ne peut pas être une femme comme on le veut. Ces hommes veulent décider pour moi. S'il passe une loi comme ça, on va bloquer les écoles, on va manifester et les professeurs nous soutiendront.

La vidéo m'a choquée. Je l'ai envoyée à plusieurs de mes amis. J’en ai parlé avec ma nièce, ma fille. Cet enfant va se sentir humilié, rabaissé devant ses autres camarades, ça va le marquer à vie. Ça l'a frappé ce petit bonhomme, et sa mère aussi. Ça aurait pu être n'importe laquelle d'entre nous. Ça nous a touché, comme un poignard dans le cœur.

J'ai toujours accompagné mes enfants. On était sollicités par les maîtres et maîtresses. Même quand je travaillais, que je n'avais pas beaucoup de temps, j'y allais quand même. On en a fait des sorties dans des institutions : à l'Assemblée nationale, on a été bien reçues. À Argenteuil, les choses se passent bien. On souffre surtout de ce qui est dit sur nous dans les médias. C'est une frustration de les entendre parler des femmes voilées. J'ai couru pour venir vous parler, je n'ai même pas fini ma vaisselle. Parler, ça me tenait à cœur. Le problème de l'école, c'est pas les femmes voilées, c'est les effectifs".

Ouafia Kheniche

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Eddy Mitchell... (et quelques potes)

16 Octobre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Crébillon fils...

16 Octobre 2019 , Rédigé par christophe

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Aurez-vous bientôt fait, interrompit le Sultan en colère ? Ne voilà-t-il pas vos chiennes de réflexions qui reviennent encore sur le tapis ? Mais, Sire, répondit Amanzéi, il y a des occasions où elles sont indispensables. Et moi, je prétends, répliqua le Sultan, que cela n’est pas vrai ; et quand cela serait… En un mot, puisque c’est à moi qu’on fait des contes, j’entends qu’on les fasse à ma fantaisie. Divertissez-moi, et trêve, s’il vous plaît, de toutes ces morales qui ne finissent point.

Crébillon fils - Le sopha

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Comment cultiver la curiosité des enfants?...

16 Octobre 2019 , Rédigé par France Culture Publié dans #Education

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Innée ou acquise, vilain défaut ou raison de vivre, la curiosité des enfants peut-elle se cultiver, pour apprendre à l'école... et après.

"La curiosité est un vice qui a été stigmatisé tour à tour par le christianisme, par la philosophie et même par une certaine conception de la science. Curiosité, futilité. Le mot, pourtant me plait ; il évoque le "souci"; il évoque le soin qu'on prend de ce qui existe et pourrait exister ; un sens aiguisé du réel mais qui ne s'immobilise jamais devant lui ; une promptitude à trouver étrange et singulier ce qui nous entoure ; un certain acharnement à nous défaire de nos familiarités et à regarder autrement les mêmes choses ; une ardeur à saisir ce qui se passe ; une désinvolture à l'égard des hiérarchies traditionnelles entre l'important et l'essentiel. Je rêve d'un âge nouveau de la curiosité." Ces quelques mots sont extraits d’un entretien de Michel Foucault qui date de 1980… 

Mais la curiosité, même bien aiguisée, est-elle un bon guide pour apprendre? Ne fait-elle pas courir le risque du papillonnage, de la superficialité, de la panique des désirs? Et l’enfant est-il naturellement curieux ou est-ce une vision d’adulte ? Et si cette curiosité existe au départ, comment la cultiver, et maintenir sa flamme chez les tous les enfants, en classe et après? Et même, comment rester curieux à tous les âges ? 

Trois auteurs avec nous autour de ce sujet aujourd’hui : Catherine l’Ecuyer, Denis Kambouchner et Jean-Pierre Martin, à qui j’ai emprunté la citation de Michel Foucault. Invités à qui nous demanderons ce qu’il en est de la curiosité à l’heure du numérique – le temps passé sur les internets augmente-t-il ou bride-t-il notre curiosité ?

Louise Tourret

Avec :

  • Jean-Pierre Martin, romancier et essayiste, auteur notamment de La curiosité, une raison de vivre, Autrement, 2019 (lauréat de la bourse Cioran 2019).

La curiosité c'est une attention au monde qui nous entoure, à tout ce qui nous est inconnu, un élan, une vitalité.

Nous avons presque le devoir éthique, vis à vis des enfants, de répondre à toutes les questions qu'ils nous posent.

La curiosité c'est aussi très proche de l'esprit d'enfance, c'est proche de l'esprit critique et de la liberté de penser.

Pour cultiver la curiosité il faut aussi se mettre au diapason d'une nouvelle ère de la curiosité.

Paul Valéry est un grand penseur de la curiosité.

Je n'envisage pas la curiosité seulement d'un point de vue cognitif, mais aussi sur le plan existentiel : tout est une énigme, du cosmos au cageot comme dirait Francis Ponge, Jean-Pierre Martin.

  • Catherine L’Ecuyer, docteure en sciences de l’éducation et en psychologie, conférencière et auteure de Cultiver l’émerveillement, Eyrolles, 2019.

L'émerveillement c'est le désir d'apprendre que l'être humain a par nature - c'est aussi ne rien tenir pour acquis. C'est une ouverture active face à la réalité telle qu'elle est, sans filtre, sans jugement. 

Un des ennemis de la curiosité c'est la surstimulation, notamment avec le numérique. La surconsommation c'est le contraire de l'émerveillement. 

Il est important de faire la différence entre la fascination, qui est plutôt passive, qui capte notre attention et où l'enfant n'a pas les rênes de la situation, et l'émerveillement, qui est une ouverture active face à la réalité.

Les enfants ont une affinité toute particulière avec le mystère, parce que c'est une opportunité infinie de connaître.

Dire que l'école tue la curiosité est un constat sans nuance. L'instruction n'est pas suffisante mais sans contenu, pas d'émerveillement, c'est le néant.

La question c'est, qui peut faire en sorte que l'information soit connaissance pour nos enfants? C'est évidemment le professeur, Catherine L'Ecuyer.

  • Denis Kambouchner, philosophe et historien de la philosophie, auteur de Quelque chose dans la tête, Flammarion, 2019.

Le procès de la curiosité est derrière nous, il a longtemps été lié à des motifs religieux. Malgré tout les Lumières l'ont emporté.

Le fait est que l'école, avec ce qu'elle impose de discipline, ne répond pas forcément de façon immédiate et naturelle aux questions que se posent les enfants. Mais tout dépend bien sûr de l'enseignant, et de si celui-ci a conservé sa propre curiosité.

L'enfant ne peut être dans l'émerveillement que s'il comprend le prix des choses, c'est là qu'il y a un déficit.

Tout dans l'éducation est une question de proportions, entre l'approche de contenus relativement normés et l'évocation de beaucoup d'autres choses, mais l'enseignant doit d'une manière générale montrer des horizons, Denis Kambouchner.

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Esther Duflo : "Repenser la pauvreté" - Vidéo/France Culture

16 Octobre 2019 , Rédigé par France Culture Publié dans #Economie, #Pauvreté

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Profs : «On se sent si seuls au quotidien»...

16 Octobre 2019 , Rédigé par christophe

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EXTRAITS

Sentiment d’impuissance, frustration, manque de reconnaissance, absence de soutien de la hiérarchie… Le suicide il y a près d’un mois d’une directrice d’école à Pantin a mis en lumière le malaise au sein des personnels de l’éducation nationale. Témoignages.

Au téléphone, elle parle d’une voix douce et un peu inquiète. Elle n’a pas l’habitude de s’épancher. «Je suis tourmentée par mon travail. Je suis très consciencieuse.» Annie (1) est enseignante depuis vingt ans et directrice d’une école élémentaire dans l’académie de Dijon. Cette rentrée, elle était confiante, c’est sa cinquième année comme directrice. «Je pensais que ce serait plus facile. Mais non. Le volume de travail augmente encore. On prend sur le temps à la maison, mais ça ne suffit pas, ça ne finit jamais.» Elle était à bout, son médecin l’a arrêtée pour huit jours. Elle continue malgré tout à travailler à distance, soucieuse de ne pas faire peser «la charge» sur ses collègues. «Je pensais tenir. Je n’ai pas réussi. La mort de Christine Renon m’a vraiment bouleversée.» Sa voix se trouble.

Le suicide de cette directrice d’une école maternelle de Pantin (Seine-Saint-Denis) le 21 septembre, et la lettre qu’elle a laissée pour expliquer son geste, a fait chanceler l’ensemble de la profession. Christine Renon avait pris la précaution d’adresser une copie de son courrier à chaque directeur d’école de sa ville et aux sections syndicales, pour s’assurer qu’il ne soit pas mis sous le tapis. Sa lettre circule depuis, sur Facebook et par mails, faisant le tour des écoles et des salles de profs. Certains passages semblent un peu décousus et obscurs pour les non-initiés. Pas pour les enseignants. Ils sont nombreux à se reconnaître dans ses mots, à s’identifier. Et tous postes confondus, qu’ils soient directeurs d’école comme Christine Renon, chefs d’établissement en collège et lycée ou bien enseignants, dans des quartiers difficiles ou non. Des profs des beaux quartiers ou des zones rurales souffrent aussi. D’autres cas de suicides (deux en septembre) ont depuis été relayés par les médias. Il faudra déterminer s’ils sont imputables au travail ou non.

«On est tous des Christine», résumait une prof de Seine-et-Marne rencontrée lors d’un rassemblement en sa mémoire. En faisant de grands gestes, elle expliquait : «D’un coup, tout remonte. Tout ce que je supporte et que j’essaie d’enfouir en moi. Cette lettre, ça a fait tout sortir.» Et d’ajouter, dans un soupir : «Ça fait du bien de parler. On se sent si seuls au quotidien.»

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Un autre chef établissement, en poste dans un gros lycée rural de l’est de la France, reconnaît lui aussi ces nuits à se réveiller toutes les heures parce qu’il pense à son établissement. «On est toujours le doigt sur la couture, pris entre le marteau et l’enclume. Il ne faut jamais lâcher, on est toujours sous stress.» Ça fait pourtant vingt-deux ans qu’il fait partie du personnel de direction. C’est un proviseur qui laisse la porte ouverte de son bureau, sa «façon de gérer». Et tous les problèmes finissent chez lui, qu’ils s’agissent des élèves, des parents, des profs, des locaux. «Je passe mon temps à régler des situations, c’est lourd. On n’a pas de RTT, on fait des heures pas possible, on se l’impose pour que ça tourne. Une fois j’avais râlé, la hiérarchie m’a dit que si je faisais 50 heures par semaine, c’est que j’avais un problème d’emploi du temps, que c’était à moi de m’organiser.» Il insiste sur ce ressenti, oppressant, du manque de soutien de l’institution. «Il ne faut pas faire de vagues. La hiérarchie est là pour donner des injonctions, c’est tout. Au niveau du ministère, c’est la com avant tout.»

La réforme du lycée est le parfait exemple, selon lui. Dans la quasi-totalité des lycées, les équipes, qu’elles soient d’accord ou non avec le fond de la réforme, déplorent le manque de préparation pour la mise en place. Résumé du proviseur : «Blanquer fait juste des vidéos, s’adresse directement aux parents pour expliquer la réforme du lycée, mais pour l’organisation concrète, on se débrouille seul.»

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Paperasse jugée inutile

Le sociologue Sylvain Broccolichi traduit : «Cette paperasse, les enseignants n’en voient pas l’intérêt. Comme l’institution n’investit pas, le moyen qu’elle a trouvé pour dire qu’elle agit, c’est de multiplier les documents à remplir. C’est une stratégie qui permet à l’institution d’avoir l’air de bien faire. L’enjeu premier, au fond, ce n’est pas réellement d’améliorer les choses mais de gérer la communication pour ne pas être tenu pour responsable.» A la paperasse jugée inutile s’ajoutent les misères informatiques, avec un réseau caillouteux et mal entretenu. Par exemple, au lycée Henri-Matisse, les élèves ont été équipés par la région en tablettes tactiles. Chic. «Sauf qu’on a un demi-poste en informatique pour gérer l’infrastructure et une enseignante référente qui fait ça en plus de son travail. Elles n’en peuvent déjà plus !»

Larmes aux yeux, un directeur d’une école maternelle de la région parisienne raconte que tous les matins, il part à l’école avec son ordi personnel sous le bras et qu’il utilise la connexion internet de son téléphone, faute de mieux. Ou encore cette enseignante de collège qui «tourne en bourrique» à cause de l’application pour les évaluations des sixièmes, qui est dans les choux depuis la rentrée. «Ça peut paraître anecdotique, mais c’est tout le temps. Quand vous perdez vingt minutes de cours sur une heure avant d’arriver à faire l’appel à cause d’une connexion, c’est à s’arracher les cheveux», insiste Anne-Charlotte Kiener, prof de français et coach pour enseignants.

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«Punching-ball»

Le manque de reconnaissance du métier dans la société revient aussi souvent dans les témoignages. Ces petites piques récurrentes : «toujours en vacances», «ça va, la vie», «jamais contents», «en grève à la moindre occasion». Elles s’ajoutent au millefeuilles. Les salaires, pas très élévés, n’aident pas non plus. Puis il y a la pression des parents d’élèves. Surtout en primaire. Christine Renon en parle dans sa lettre. Lors du rassemblement en sa mémoire, une instit d’une école du XVIIe arrondissement de Paris se compare à un «punching-ball». Ces parents qui se permettent tout, «qui vous insultent devant tout le monde» et «appellent l’inspection quand on ne leur ouvre pas la porte de l’école assez vite». Juliette, principale adjointe d’un collège en réseau priorité : «Ils se comportent comme des clients, comme si on leur devait quelque chose. J’ai l’impression de me battre contre des moulins à vent. On nous demande de plus en plus de choses, des missions éducatives nouvelles. L’école ne peut pas tout toute seule.»

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Pour cet article, tous les enseignants nous ont suppliés de garantir leur anonymat, avec une peur panique de représailles de leur rectorat. «De l’intérieur, on voit que ça dysfonctionne et on ne peut rien dire pour l’empêcher», soupire un directeur d’école. Une prof de lycée rencontrée la veille de la rentrée avait ces mots forts qui résument la situation : «Mon métier, c’était une vocation. Mais j’ai l’impression qu’on m’empêche de faire réussir nos élèves. On nous écartèle.»

1- les prénoms ont été changés

Marie Piquemal , Noémie Rousseau , Mathilde Frénois 

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