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Vivement l'Ecole!

Meimuna... La tristesse du diable... etc.

24 Octobre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Joris-Karl Huysmans...

24 Octobre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Eh! croule donc, société! meurs donc, vieux monde! s'écria des Esseintes, indigné par l'ignominie du spectacle qu'il évoquait; ce cri rompit le cauchemar qui l'opprimait

Ah! fit-il, dire que tout cela n'est pas un rêve! dire que je vais rentrer dans la turpide et servile cohue du siècle! Il appelait à l'aide pour se cicatriser, les consolantes maximes de Schopenhauer, il se répétait le douloureux axiome de Pascal "L'âme ne voit rien qui ne l'afflige quand elle y pense", mais les mots résonnaient, dans son esprit comme des sons privés de sens, son ennui les désagrégeait, leur ôtait toute signification, toute vertu sédative, toute vigueur effective et douce.

 

Joris-Karl Huysmans - A rebours

 

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Revue de Presse Education... Réformes et polémiques - Enseignement - Etudes - Ailleurs...

24 Octobre 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... Réformes et polémiques - Enseignement - Etudes - Ailleurs...

Aucun jour ne passe sans articles sur la réforme du lycée et la laïcité. On parlera aussi d’enseignement, d’études scientifiques et de ce qui se passe hors de nos frontières.

Polémiques et réformes

JEAN-MICHEL BLANQUER DOIT PARTIR !
“Des intellectuels et des professeurs estiment que la politique du ministre menace la mission des enseignants et la réussite des élèves. Un appel à l’initiative de la fondation copernic.”

À l’école, ces petits et grands accrocs à la laïcité
“Au-delà des polémiques sur le voile, que reste-t-il de la loi de 1905 dans les salles de classe ? La parole aux enseignants, chefs d’établissement, CPE…”

Laïcité : le député LREM Aurélien Taché s’est excusé auprès de Jean-Michel Blanquer “L’élu LREM avait critiqué les propos du ministre de l’Éducation qui avait considéré que le port du voile par les accompagnantes scolaires n’était pas "souhaitable".”

« La laïcité permet plus de choses qu’elle n’en interdit »
“Jérôme Damblant intervient dans les établissements scolaires de l’académie d’Amiens confrontés à des cas d’atteintes à la laïcité. Il préconise du dialogue et des mesures éducatives.”

Ferry : distinguer catholicisme religieux et catholicisme politique ; respecter le Coran
Par Claude Lelièvre
“Jules Ferry, le principal fondateur de l’école républicaine et laïque, a pris soin de distinguer entre ’’le catholicisme politique’’ (adversaire de la mise en place de la République) et ’’le catholicisme religieux’’ qui ’’a droit à notre protection’’.”

Réforme du lycée : le casse-tête du contrôle continu
“La première vague de partiels, prévue début 2020, cristallise les tensions. Certains enseignants pointent des risques de triche et d’inégalités entre candidats.” (abonnés)

Lycée : Comment appliquer la réforme ?
« La réforme du lycée pose des problèmes de fond dans son application. Deux éléments le montrent. Le Se Unsa pose la question de l’avenir du conseil de classe et propose une réforme de son fonctionnement. Id FO,un syndicat de personnels de direction, révèle les calendriers impossibles que l’institution balance sur les établissements. »

La filière technologique bousculée par la réforme du bac Par Marie-Christine Corbier
“Des professeurs de sciences et techniques industrielles déplorent « une chute » du nombre d’élèves qui s’orientent vers le bac STI2D, l’une des principales filières de la voie technologique. De source ministérielle, on évoque plutôt « un léger tassement » et « une vigilance ».”

EnTerminale : une rentrée intense et Parcoursup déjà en vue
“TIMELINE. ÉPISODE 1. Une première période de cours se termine pour Corentin, Juliette, Marine et Mattéo, les quatre lycéens que la rédaction de l’Etudiant suivra jusqu’en juin prochain ! Revenons avec eux sur ce début d’année dense, plus axé sur l’orientation que sur le bac. Quoique…”

Que se passera-t-il si vous ratez votre bac en 2020 ?En 2020, c’est la toute dernière fois que les élèves de terminale passeront le bac sous cette forme actuelle. Ceux qui le rateront devront alors repasser l’examen sous son nouveau format, mais auront la possibilité de conserver certaines notes”.

Enseignement

Sorties scolaires, quel est le rôle du parent accompagnateur ?
“Entretien La récente polémique sur le voile islamique a mis le parent accompagnateur sur le devant de la scène. Qui sont ces mères et ces pères qui aident au bon déroulement des sorties scolaires et quel est, concrètement, leur rôle ? Entretien avec Carla Dugault, présidente de la FCPE, la première fédération de parents d’élèves.”

La cité scolaire Elie-Vignal, passerelle vers l’inclusion des élèves en situation de handicap
“Dans ce collège-lycée près de Lyon, les élèves qui sont en rupture avec l’école à cause d’un handicap moteur ou cognitif, de troubles des apprentissages ou de raisons de santé, sont accueillis temporairement pour se remettre sur pied.”

Votre enfant a de mauvais résultats : faut-il miser sur du soutien scolaire dès le retour des vacances de la Toussaint ? “ Les parents étant de plus en plus soucieux de la réussite scolaire de leurs enfants, dès que les mauvaises notes s’accumulent sur leur bulletin, c’est la panique ! Faut-il pour autant miser sur du soutien scolaire alors que le premier trimestre n’est pas encore achevé ? Pour le savoir, nous avons interrogé Rodrigo Arenas, co-président de la FCPE.”

Etudes

Une enquête sociologique nous plonge dans le quotidien des jeunes ruraux
“Le sociologue Benoît Coquard publie Ceux qui restent. Faire sa vie dans les campagnes en déclin. Fruit d’une enquête ethnographique au long cours, ce livre tord le cou à de nombreuses idées reçues sur les nouvelles générations qui choisissent de vivre dans les campagnes dépeuplées.”

Boris Cyrulnik : « L’affectivité favorise l’apprentissage ‘facile’ et le plaisir d’apprendre »
“Boris Cyrulnik cosigne l’ouvrage « Préparer les petits à la maternelle » sorti aux éditions Odile Jacob. Le célèbre neuropsychiatre vient aussi d’être nommé à la tête de la Commission des 1000 premiers jours. Il fait pour nous le point sur cette actualité riche.”

Ailleurs

Débat.Est-ce que tout va bien à l’école primaire en Allemagne ?
“Non, selon un instit qui fustige le manque de respect de la part des parents et des élèves et le recours à des contractuels pas assez formés. Oui, selon un journaliste spécialisé pour qui le recours à des contractuels est une chance” .

Des cartons sur la tête des élèves, la mesure anti-triche qui choque en Inde
“Des rangées d’étudiants, penchés sur leur copie, la tête recouverte d’un carton : les images ont fait réagir sur les réseaux sociaux. Il s’agissait d’une mesure testée par une école pré-universitaire indienne pour lutter contre la triche. L’établissement affirme que les élèves concernés étaient consentants.”

Comment les écoles américaines espionnent leurs élèves
“Aux États-Unis, les établissements scolaires sont de plus en plus nombreux à s’associer avec des entreprises spécialisées pour surveiller les activités en ligne des élèves. Objectif affiché : anticiper des drames comme les fusillades, les suicides, l’auto-mutilation, le harcèlement… Mais cette surveillance numérique à l’école suscite de vives critiques.”

Les critiques négatives dans le bulletin, c’est fini ! (Belgique)
“Les commentaires dans les bulletins du secondaire devront être constructifs. Une nouvelle circulaire fixe le cadre : comparer un élève à ses camarades ou à la moyenne des résultats de la classe, c’est non !” pour abonnés

Géraldine Duboz

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« Madame, vous ne partirez pas avec votre foulard » en sortie scolaire...

24 Octobre 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

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EXTRAITS

Plusieurs mères portant le voile racontent leurs relations parfois difficiles avec l’école de leurs enfants.

« Cette maman qui serre son fils dans ses bras pour le protéger de la violence de l’hémicycle, ça m’a pris aux tripes. » Myriam [toutes les personnes citées ont préféré rester anonymes], mère de trois enfants aux Pavillons-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, est encore bouleversée par cette scène d’une femme, venue accompagner une sortie scolaire au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté le 11 octobre, invectivée par un élu d’extrême droite qui lui demande de retirer son foulard. D’un groupe d’enfants, en pleine formation à la citoyenneté, assistant, in fine, à une manifestation d’exclusion et de dévoiement de la laïcité dans une assemblée de la République. Sur Internet, la scène est devenue virale.

L’humiliation, Myriam l’a vécue en 2014. Ce jour-là, la maîtresse de CP dit à sa fille : « Ta maman ne peut pas nous accompagner parce qu’elle est voilée. » Effondrée, l’enfant la questionne : « Pourquoi, tu n’es pas comme les autres mamans ? » Dans cette école, cette année-là, les mères portant un foulard n’ont plus été autorisées à participer aux sorties scolaires. Pourtant la loi était claire, le Conseil d’Etat ayant levé toute ambiguïté un an plus tôt : les parents accompagnateurs n’étant pas « agents » mais « usagers » du service public, ils ne sont pas soumis au principe de neutralité comme le sont les fonctionnaires.
Myriam se souvient des mots sur les carnets de liaison. Sur ceux des familles non musulmanes, il était proposé d’accompagner les sorties. Pas sur ceux des musulmans. « J’étais parent déléguée, présente aux kermesses, à tous les conseils d’école, et d’un coup, on me rejetait comme une malpropre. » Un jour, un camarade de classe dit à sa fille : « Je ne t’invite pas à mon anniversaire parce que ta maman est voilée. »

(…)

« Rentrez chez vous ! »

Quand ce ne sont pas les sorties scolaires qui font polémique, ce sont les interventions en classe. A Meyzieu, près de Lyon, l’école des enfants de Bahija et Mounia avait l’habitude de solliciter les parents pour participer à des ateliers peinture, cuisine ou lecture. Mais au retour des vacances de la Toussaint, en 2014, changement de règles : pas de signes religieux lors des ateliers. C’était « la loi », leur avait-on indiqué. Le directeur avait fini par leur lancer : « Si vous voulez participer, faites des gâteaux. » Cette même année, Mounia a été agressée devant l’école par une parente d’élèves élue : « Rentrez chez vous ! Vous n’avez qu’à inscrire votre enfant dans une école coranique ! » Personne n’avait réagi.

(…)

Il y a ces interdictions formelles, et toutes ces petites choses du quotidien, insidieuses, qui font tant souffrir. Celles qu’on oublie presque tellement elles sont fréquentes. Amal habite à Besançon (Doubs). Parent déléguée, elle s’est toujours demandé pourquoi ce n’est jamais elle que les autres parents appellent au moment des conseils de classe. Elle ne comprend pas non plus pourquoi, sur les photos de sorties scolaires, elle n’apparaît jamais. Dans le même quartier, Sonia a remarqué que l’école l’avait toujours sollicitée pour faire la « petite main » – des gâteaux, de la couture. Jamais pour les voyages scolaires.

(…)

La violence des débats qui ont suivi, dans les médias, l’incident au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté ont sidéré ces mères de Besançon. Tant d’émissions, de nouveau, sur cette question du voile sans leur donner la parole. Et ces propos de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale, pour qui « le voile n’est pas souhaitable dans notre société ». Et ceux de cet animateur de LCI comparant le voile à l’uniforme SS…

« On décrit des femmes qui seraient soumises, ignorantes ; on parle de communautarisme, d’intégrisme… Et je me dis : “Mais de qui parle-t-on ?”, s’énerve Amal. Pas de nous, c’est impossible ! » « On fait de nous des femmes militantes, politiques, ajoute Inès. Mais il n’en est rien de tout ça ! Ce foulard, c’est un choix personnel, ma spiritualité. Pourquoi s’acharne-t-on sur nous ? Jusqu’où cela va-t-il aller ? »

Aurélie Colas

L'article complet est à lire en cliquant ci-dessous

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"Voile"... Ou plus exactement "hijab". Un "voile" sexiste?

24 Octobre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

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Le "voile" (hijab) serait sexiste. Lui et lui seul.

Mais ce n'est pas le "voile" qui est sexiste. 

PERSONNE n'a remarqué que les femmes voilées ne portent quasiment jamais ni robes, ni jupes.

C'est ce "voilement" du CORPS qui est sexiste.

PERSONNE ne s'y oppose pourtant.

Christophe Chartreux

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Jean-Sébastien Bach - Par Emmanuel Pahud à la flute traversière...

23 Octobre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Charles Dickens...

23 Octobre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

- Cela passera avec le temps.

- Jamais Estella !

- Dans une semaine, vous m'aurez chassée de vos pensées.

- De mes pensées ! Mais vous faîtes partie de mon existence, partie de moi-même. Vous avez été dans chaque ligne que j'ai lue depuis que je suis venu ici pour la première fois, pauvre gamin vulgaire et grossier dont vous torturiez déjà le cœur. Vous avez été présente dans chaque paysage que j'ai vu depuis lors, sur la rivière, dans les voiles des bateaux, dans les marais, dans les nuages, dans la lumière, dans l'obscurité, dans le vent, dans les bois, dans la mer, dans les rues. Vous avez été l'incarnation de toutes les gracieuses fantaisies dont mon esprit s'est rempli. Les pierres dont sont faits les plus solides bâtiments de Londres ne sont pas plus réelles ni plus impossibles à déplacer que votre présence et votre influence en moi, ici, et partout, et toujours. Estella, jusqu'à la dernière heure de ma vie, vous continuerez en dépit de vous-même à faire partie de moi, du peu de bien qu'il y a en moi, et aussi de ce qu'il y a de mauvais. Mais au moment de cette séparation, je ne veux vous associer qu'avec le bien, et je continuerai fidèlement à le faire, car vous devez m'avoir fait beaucoup plus de bien que de mal, quelle que soit la peine immense que j'éprouve en ce moment. Oh! que Dieu vous bénisse! que Dieu vous pardonne!

 

Charles Dickens - Les grandes espérances

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"Éducation nationale  : Jean-Michel Blanquer doit partir !" - Appel de la fondation Copernic

23 Octobre 2019 , Rédigé par L'Humanité Publié dans #Education

Des intellectuels et des professeurs estiment que la politique du ministre menace la mission des enseignants et la réussite des élèves. Un appel à l’initiative de la fondation Copernic. 

Le ministre Blanquer détruit les valeurs de l’École, brise le métier d’enseignant, bloque la réussite des jeunes issus de milieux populaires. Cela peut-il continuer ?

La réforme Blanquer du lycée général sépare les élèves entre de multiples spécialités. Cela casse le « groupe classe » qui perd toute stabilité, alors qu’il permettait entraide et dynamiques d’apprentissage. Cela casse l’égalité : seuls les parents les plus informés, c’est-à-dire les plus socialement favorisés, repèrent l’articulation des spécialités qui font les parcours d’excellence. Jusqu’à 30 enseignants peuvent désormais intervenir devant les élèves d’une même classe. Résultat d’un tel fractionnement : chaque enseignant a de plus en plus de mal à connaître ses élèves et à aider les plus fragiles à progresser.

C’est ainsi la mission même des enseignants qui est sabordée. Les enseignants s’étaient engagés par vocation : faire acquérir des savoirs, favoriser l’examen critique, faire patiemment progresser leurs élèves. Le bac en contrôle continu n’en laisse plus le temps. Ils doivent noter, noter, hiérarchiser, sélectionner le plus tôt possible. Quels élèves y gagnent ? Plus qu’hier, ceux qui héritent des capitaux culturels de leur famille, ou qui bénéficient d’un soutien scolaire privé onéreux. Le métier d’enseignant, dont la charge de travail s’intensifie, perd tout sens.

Mais l’école façon Blanquer n’est pas faite pour aider tous les enfants. Le budget par lequel les établissements soutiennent les familles en forte difficulté (pour les transports, le matériel scolaire, les lunettes, l’audition) va baisser de 59 millions d’euros à 30 millions.

Dans les beaux quartiers, les mamans en foulard Hermès accompagnent à loisir, et par loisir, les sorties scolaires. Dans les quartiers pauvres, pas de sortie scolaire si une maman affiche une identité culturelle qui déplaît à J.-M. Blanquer, ancien de l’école privée catholique ­Stanislas. Souci des femmes ? Non. J.-M Blanquer, à la direction de l’enseignement scolaire de 2009 à 2012, participa à la suppression de dizaines de milliers de postes stables dans l’éducation, très majoritairement occupés par des femmes. Depuis 2017, il poursuit la saignée dans l’enseignement primaire très féminisé et dans les disciplines des lycées professionnel ou général, où les femmes sont légion.

En fait, J-M. Blanquer, ex-patron de l’Essec, un temps recteur, aime l’ordre, le contrôle, la hiérarchie et les économies budgétaires. Les enseignants sont sous-payés, les postes ouverts aux concours réduits, mais en dix ans, le personnel d’enseignement précaire (en CDD, renouvelable six fois) a doublé. Et les inspections des enseignants deviennent des réquisitoires : la liberté pédagogique, l’autonomie des enseignants, est de moins en moins tolérée. Une directrice d’école, absolument dévouée, croule sous la charge de travail maintenant imposée, et se suicide. Nulle compassion mais par contre, en réponse, le ministre envisage que les directeurs dans le primaire deviennent les supérieurs hiérarchiques de leurs pairs, professeurs des écoles. Tout est dit.

J.-M. Blanquer n’a qu’une obsession : dociliser. Les rapports de pouvoir, d’exploitation ne doivent plus être questionnés. L’école doit produire une main-d’œuvre docile. En lycée professionnel, nombre d’heures de lettres et d’histoire ont été supprimées. Les jeunes des classes populaires sont, de la sorte, privés du droit d’accéder à la « science de leur malheur ». En lycée général, les sciences économiques et sociales, comme l’observe le Manuel indocile de sciences sociales, célèbrent maintenant l’entreprise privée, le marché, le « choix rationnel » d’individus soi-disant libres, négociant entre eux à égalité, et sans inégalités sociales préalables. Silence sur l’extorsion de la plus-value, les profits, la reproduction sociale. Exit les comparaisons ethnologiques montrant que d’autres mondes sont possibles. Rien sur les ségrégations urbaines et si peu sur le chômage, la précarité, qui structurent pourtant les rapports à l’emploi des moins dotés, et singulièrement des femmes et des jeunes.

On l’a compris, J.-M. Blanquer et son monde n’aiment ni l’école publique, ni ses valeurs, ni celles et ceux qui les font vivre. Ce ministre répand la défiance, la discorde dans l’institution scolaire. Formé par et pour les grands intérêts privés, venu de l’Institut Montaigne financé par AXA, il fait carrière contre le service public, divise, stigmatise, précarise, vide l’Éducation nationale de sa raison d’être. Dans la guerre du privé menée contre l’école, il est ce général au service de l’ennemi qui décourage et décime ses propres troupes.

Le monde de l’école n’en peut plus. Le monde de l’école n’en veut plus. Discrédité par ses propos et ses actes, J.-M. Blanquer doit partir.

Premières et premiers signataires : Christian Baudelot, sociologue, Jacques Bidet, philosophe, Philippe Boursier, professeur de sciences économiques et sociales, Philippe Chailan, professeur de lettres modernes, Alexis Cukier, philosophe, Clément Cordier, professeur de sciences économiques et sociales, Christine Delphy, sociologue, Clara Da Silva, professeure de philosophie, Christian de Montlibert, sociologue, Marianne Fischman, professeure de sciences économiques et sociales, Isabelle Garo, professeure de philosophie, Anthony Geffrault, professeur de sciences économiques et sociales, Jean-Marie Harribey, économiste, Rose-Marie Lagrave, sociologue, Olivier Lecour Grandmaison, historien, Alain Leveneur, professeur de mathématiques, François Lopez, professeur de lettres-histoire, Jean Malifaud, mathématicien, Morgan Marc, professeur d’histoire-géographie, Gérard Mauger, sociologue, Gérard Moreau, secrétaire général d’académie honoraire, Irène Pereira, philosophe, Willy Pelletier, sociologue, Fondation Copernic, Louis Pinto, sociologue, Dominique Plihon, économiste, Bernard Pudal, politiste, Régis Roussillon, professeur de sciences économiques et sociales, Nadia Taïbi, professeure de philosophie, Christian Topalov, historien, Sandrine Troquet, professeure de mathématiques

Pour signer avec nous cet appel : http://chng.it/mcnDqBsbfb
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A Voir... "Au bout du monde" - Kyoshi Kurosawa

23 Octobre 2019 , Rédigé par Liberation

Invité à tourner en Ouzbékistan, le Japonais Kiyoshi Kurosawa se livre à une mise en abyme belle et inattendue en filmant les pérégrinations de la pop star Atsuko Maeda, impressionnante en animatrice télé larguée dans des paysages inconnus.

Suite et fin en cliquant ci-dessous

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Michaël Fœssel : «Le mot "sécurité" a progressivement annexé l’ensemble des désirs politiques»...

23 Octobre 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Philosophie

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Pour le philosophe, la logique néolibérale du «marché» contamine peu à peu les rapports entre les individus, qui ne s’envisagent plus que comme «partenaires» ou «adversaires».

 

Michaël Fœssel est professeur de philosophie à Polytechnique et chroniqueur à Libé. Il a publié Etat de vigilance en 2010. Pour lui, la valorisation de cette notion peut créer un unanimisme non démocratique.

Que vous inspire l’expression «société de vigilance» ?

Je suis d’abord frappé par le caractère contradictoire de la formule. La vigilance est une attention motivée par une défiance à l’égard des autres. Elle consiste à interpréter des signes - cela, nous le faisons tout le temps -, mais selon le critère du soupçon, comme si le monde lui-même représentait une menace. De ce point de vue, j’avais déjà été surpris par le slogan de la RATP que l’on entend depuis plus de dix ans dans les couloirs du métro : «Merci de votre vigilance.» Il n’est pas possible d’être vigilants «ensemble», puisqu’on l’est toujours peu ou prou contre les autres. Hobbes l’a montré, la peur crée du lien social, mais à condition d’être canalisée, institutionnalisée et, pour tout dire, modérée. Or dans la valorisation de la vigilance, on mobilise les ressources psychiques liées à la peur, mais en laissant aux individus isolés le soin de leur usage. Si l’on n’est pas vigilants ensemble, on peut l’être contre d’autres, c’est-à-dire à l’égard d’une partie déterminée de la population. Cela peut mener, et d’ailleurs cela mène déjà, à une herméneutique folle : un voile, une barbe un peu trop longue, la pratique d’une prière sont autant de signes d’abord d’une foi, puis d’une radicalisation, enfin éventuellement d’un passage à l’acte terroriste imminent. Comme il n’y a plus d’institutions entre la peur des uns et les actions des autres, l’interprétation des signes n’a plus de limite raisonnable. L’horizon de la vigilance généralisée n’est pas seulement la délation, mais aussi la solitude paranoïaque.

En quoi cette demande de complicité des individus constitue-t-elle un danger pour la démocratie ?

Dans Etat de vigilance, j’ai essayé de montrer que la sécurité venait, depuis trois décennies, en lieu et place des promesses non tenues de la politique en matière de justice sociale et d’émancipation. On ne peut pas, selon moi, en rester à l’opposition liberté-sécurité. Le mot «sécurité» a progressivement annexé l’ensemble des désirs politiques. Sécurité comme «première des libertés», sécurité alimentaire, sécurité des corps, sécurité humaine : la liste est longue des attentes que ce terme permet de traduire. Mais il s’agit toujours d’attentes individuelles qui ne débouchent sur aucun horizon collectif.

La vigilance devient une vertu politique dans un univers où l’impératif de survie l’a emporté sur celui de la vie bonne. Avec cet effet négatif supplémentaire que les individus sont contraints d’être solidaires en tout de l’Etat qui est censé les protéger. Or la démocratie, même dans son acception libérale, repose moins sur la défiance à l’égard des autres que sur une défiance à l’égard des institutions politiques et économiques qui nous gouvernent. L’idée qu’il faut «faire bloc» derrière l’administration ou les forces de l’ordre vaut peut-être dans les instants qui suivent un attentat terroriste. Mais vouloir l’installer sur le long terme en période de paix (or il est bon de rappeler que la France se trouve actuellement en état de paix), c’est créer les conditions d’un unanimisme non démocratique. On ne «fait bloc» que contre un ennemi qui tend de plus en plus souvent à être défini comme un ennemi intérieur. Pour le coup, il n’est pas sûr que la vigilance garantisse la sécurité publique.

L’Etat néolibéral cesse-t-il de dispenser la norme, puisqu’il est demandé aux individus de le faire eux-mêmes ?

L’Etat néolibéral suppose que l’individu doit lui-même orienter sa conduite, c’est la part de liberté qui lui reste. Vigilants, nous sommes tous amenés à l’être sur le marché : en calculant en termes de coûts et de bénéfices, en anticipant sur la réaction des autres acteurs, en interprétant les prix comme des signes qui encouragent ou découragent l’achat, etc. S’il veut réussir, l’homme économique n’a pas d’autre moyen que d’être vigilant dans chacune de ses actions envisagées comme des investissements, y compris celles qui engagent son intimité. On assiste aujourd’hui à l’extension de cet impératif de calcul à la sphère politique, ce qui suppose que l’Etat et la société elle-même fonctionnent comme une entreprise. Je ne dirais pas pour autant que l’Etat cesse de dispenser la norme, simplement cette norme est calquée sur celle du marché, de la concurrence. On envisage l’autre soit comme un partenaire soit comme un adversaire, il ne passe plus rien de politique entre ces deux pôles de l’interaction. Le problème est que l’individu vigilant est tout le contraire d’un citoyen autonome. Ce n’est pas une loi élaborée en commun qui le gouverne, mais une norme émanant de la sphère économique et qu’il a intériorisée. De ce point de vue, ce n’est pas du tout un hasard si, en même temps que l’Etat rappelle son rôle régalien en matière d’ordre public, il délègue à des entreprises privées la gestion de pans entiers de la sécurité.

Recueilli par Simon Blin

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