Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Vivement l'Ecole!

Revue de Presse Education... Divers — Ressources...

29 Octobre 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pedagogiques Publié dans #Education, #Médias

Image associée

Une petite revue très éclectique pour ce lundi de vacances.

Divers

Enseignants : JM Blanquer lie revalorisation et redéfinition du métier
"La fonction professorale doit prendre un sens nouveau". Interrogé par la Commission de l’éducation de l’Assemblée nationale lors de la présentation de son budget, le 23 octobre, Jean-Michel Blanquer a du préciser ses intentions sur la revalorisation du métier enseignant. Il en ressort que comme E. Macron, il ne voit de "revalorisation" que dans une augmentation du travail enseignant.”

La loi ORE et Parcoursup passés au peigne fin par le comité de suivi par Pauline Bluteau
"Un an après sa mise en place, le comité de suivi de la loi ORE vient de rendre son premier rapport à la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. Rôle de la fiche Avenir, bilan des "oui, si", politique de quotas floue, dialogue avec le ministère… Au total, 16 préconisations sont ressorties.”

Débat démocratique en danger ÉDITORIAL de Sud-Ouest
L’université de Bordeaux a annulé la conférence de la philosophe Sylviane Agacinski, prévue jeudi 31 octobre.
"Sylviane Agacinski est bien connue pour ses travaux et pour son engagement contre la marchandisation du corps humain. Son éthique manifeste une grande honnêteté intellectuelle et un profond respect des personnes. Mais des collectifs étudiants ont voulu empêcher « la tenue d’un échange légitime et évidemment contradictoire […] dans le cadre des débats sur la PMA et la GPA », expliquent les organisateurs de la conférence.”

"Inégalitaire", "trop académique", "pas pertinent"... l’OCDE blâme le système scolaire français
"Dans un entretien accordé au "Monde", le directeur de l’éducation au sein de l’organisation internationale pointe du doigt les défauts de l’enseignement en France.”
L’OCDE met une très mauvaise note à la France. Interviewé par Le Monde, vendredi 29 août, le directeur de l’éducation au sein de l’organisation, Andreas Schleicher, passe au crible tous les pans du système éducatif français. Et le constat n’est pas tendre.
"L’enseignement n’est pas pertinent en France", résume le grand patron du classement Pisa qui évalue le niveau scolaire des élèves de quinze ans dans 65 pays. Pour l’année 2012, la France ne s’y place qu’à la 25e place, derrière nombre de pays européens et asiatiques. Francetv info répertorie les critiques de l’OCDE contre le système éducatif français
.”

Ressources

Que sait-on des jeunes ruraux ? Revue de littérature par Benoit Coquard, doctorant en sociologie à l’université de Poitiers. Il est rattaché aux laboratoires GRESCO et CMH. Ses recherches portent sur les classes populaires, les mondes ruraux et la jeunesse.
"La revue montre comment les jeunes ruraux ont été historiquement appréhendés par les sciences sociales. Du fait que le rural soit perçu comme relevant du traditionnel et du temps jadis, les jeunes ruraux ont surtout été décrits comme des paysans mal adaptés aux évolutions de la société moderne.e.” (document téléchargeable).

Les publications de la Depp. Les effectifs d’élèves à chaque heure de cours dans le second degré en 2018. Élèves et apprentis - Note d’information - N°19.39 - octobre 2019
Une documentation essentielle avec la sacro-sainte moyenne ! Et celle de la DEPP baisse avec cette publication. Dommage, le trimestre prochain sera déterminant.

Défendre une éducation inclusive dans un contexte néolibéral : l’apport des récits d’enseignant∙e∙s par Raquel Fernandez-Iglesias et Ana Iglesias Galdo
Cette contribution a comme point de départ un paradoxe : alors que les politiques éducatives suisses en matière d’intégration scolaire, au niveau inter-cantonal et genevois, déclarent une volonté inclusive, la séparation des élèves vers des structures spécialisées ne semble pas s’estomper.”

Bernard Desclaux

Lire la suite

Baden Powell...

28 Octobre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de coeur... Wendy Delorme...

28 Octobre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Résultat de recherche d'images pour "La Mère, la Sainte et la Putain"

Laisse-moi d'abord te parler de ton père. Comment on s'est connus, pourquoi on s'est quittés.
Te dire d'où tu viens, comment on t'a faite et comment on a posé ensemble un point final à cette histoire, pour que tu puisses naître.
Ce n'est pas qu'il ne te voulait pas. C'est qu'on n'est pas de la même espèce, lui et moi. Ta mère est une putain, lui est un bourgeois. Et puis c'était l'été, un amour de vacances, un amour de tournée. On t'a conçue plusieurs fois. À Paris, Bruxelles et Berlin. Mais ta ville natale est Helden, en Allemagne. Je te raconterai.
Laisse-moi te dire qu'on s'est aimé, un mois quinze jours. Au soleil. Il avait le regard le plus noir, le plus aiguisé, les reins les plus rapides. Il m'a chevauchée loin.
Laisse-moi te décrire où il m'a emmenée.
Te dire que ce qu'il m'a laissé en partant est plus précieux que tout ce qu'il ne m'a jamais donné.

Wendy Delorme - La Mère, la Sainte et la Putain

Lire la suite

A lire... "Vagabondes, voleuses, vicieuses : adolescentes sous contrôle, de la Libération à la libération sexuelle" - Véronique Blanchard

28 Octobre 2019 , Rédigé par Mollat - La Vie des Idées Publié dans #Histoire, #Sociologie, #Education

Lire la suite

Le masculin l’emporte accord et encore...

28 Octobre 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Résultat de recherche d'images pour "masculin feminin langue française"

La grammaire n’est pas apolitique. Notre langue reste un lieu où l’on assigne l’autre à la subordination. Où les femmes ne sont pas légitimes.

Je ne suis pas chez moi dans la langue où j’écris, la langue de mon pays, la langue qui m’a faite, dont j’ai fait mon métier, moi, qui suis enseignante, chercheure et écrivain. Ecrivain. Pas écrivaine. Parce qu’un jour un homme (un parmi beaucoup d’autres) a dit à la radio d’un ton très légitime qu’«écrivaine», ça n’est pas un mot de langue française, et que ce serait idiot de se dire écrivaine, car ça rime avec «vaine» (comme si «écrivain» ne rimait pas avec «vain»).

Ma langue me dit que «femme», ça n’est pas légitime. Que le masculin noble l’emportera toujours, même en minorité. Qu’il faut donc accorder 100 femmes à un seul homme, s’ils sont dans la même phrase. Allez faire l’expérience de grandir dans cette langue qui subordonne tout au masculin régnant, et revenez débattre ensuite de l’héritage, de la littérature, de la culture même. Voyez si vous trouvez vos phrases légitimes, autant que celles deceux qui peuvent tout accorder au genre qui est le leur.

L’hégémonie première que j’ai dû rencontrer, c’est celle du masculin dans une langue que j’adore, dont la finesse m’émeut, dont je tisse des textes, jonglant avec ses mots comme autant de trésors. Dans ma langue, je me sens, au mieux une passagère, pas vraiment clandestine mais jamais légitime. La langue ampute les femmes de l’estime de soi depuis qu’il fut admis en des temps reculés que le masculin règne pour cause de noblesse.

Maintenant que les femmes sont égales en droit aux hommes dans mon pays, et que le Haut Conseil à l’égalité recommande même l’usage de l’écriture inclusive, on me demande quand même, encore, presque partout, d’adhérer à l’idée que le masculin l’emporte. Rares sont les endroits où la langue se transforme. L’écriture non discriminante se pratique à l’université Lyon-II, où on écrit «étudiant·e·s», «enseignant·e·s». D’autres ont signé des chartes pour l’écriture inclusive - dont l’université Grenoble-Alpes, Aix-Marseille Université, l’université Lyon-I - (1). Le ministère de l’Education nationale promeut la féminisation des noms de métiers depuis presque vingt ans. Mais l’usage quotidien n’évolue pas vraiment, du fait des résistances et des oppositions parmi les locuteurs des administrations. La grammaire n’est pas une chose apolitique, et l’hégémonie mâle en son sein est solide.

L’hégémonie suppose des entités égales en droit mais inégales en capacités, si bien que les plus faibles adhèrent à la plus forte, lui demandent protection. L’hégémonie est une «servitude volontaire», «obéissance acceptée», rappelle le politiste spécialiste des relations internationales Bertrand Badie (2). On veut donc que j’adhère à la loi du principe mâle qui veut rester plus fort, au nom de «valeurs communes». Et si je ne veux pas, j’y suis pourtant forcée. L’écriture inclusive reste minoritaire, pour cause de patrimoine culturel national (là encore, l’autorité du Père, qui commande et régit). Et puis dans «inclusion», il y a cette idée de centre qui nous fait l’honneur de s’élargir (3). De maison habitée, ordonnée et régie par ceux qui la commandent, et qui veulent bien m’inclure. C’est la maison du maître qui veut bien m’inviter.

Je parle donc une langue qui est impérialiste. Qu’on a apprise de force aux peuples colonisés. Qu’on parle avec l’idée qu’elle est plus légitime que les langues d’origine de chacun des pays de la francophonie (qui est, si on y pense, fondée sur les reliefs de l’Empire colonial). Et on se gargarise que partout notre langue soit perçue comme si belle. La France a orchestré son hégémonie culturelle à l’extérieur de ses frontières à travers la colonisation, mais aussi à l’intérieur de ses frontières, en témoigne aujourd’hui encore l’injonction faite aux personnes immigrées ou issues de l’immigration de s’intégrer à la culture française. A une certaine idée de ce que serait la culture française. A une certaine idée de ce qu’est ce pays.

Barthes et Foucault l’ont dit, la langue fait violence. Ce sont nos grands penseurs, ils sont très légitimes, voyez, je n’invente rien. Notre langue est un lieu où on assigne l’autre : les cartons sur la table de la maison du maître, qui nous disent où s’asseoir selon le protocole. Mais puisqu’on nous invite, on ne va pas se plaindre, ce serait abuser de l’hospitalité.

(1) Qui a pourtant refusé récemment le titre de «doctoresse» à deux étudiantes ayant soutenu une thèse de mathématiques (bien que le jury ait employé le terme dans les deux PV de soutenance). (2) In l’Hégémonie contestée. Les nouvelles formes de domination internationale. Odile Jacob, 2019 (page 17). (3) C’est pourquoi on préférera l’expression «langue non discriminante». Dernier ouvrage paru : Le corps est une chimère, Au Diable Vauvert, 2018.

Wendy Delorme Ecrivain, enseignante et performeuse

Lire la suite

Macronisme... Réflexions diverses...

28 Octobre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education, #Politique

Résultat de recherche d'images pour "macronisme"

L'aviez-vous remarqué? La Macronie n'a souvent qu'un mot à la bouche: "Progressisme". Alors faites l'expérience. Demandez à un macronien ce que signifie "Progressisme", ce que ce mot contient. Et là, vous obtiendrez au mieux l'indigence, au pire la vacuité.

La Macronie n'est plus qu' une caricature d'elle-même. Elle résume ses interventions à des mots-clefs très start-up nation. E Macron discourt pendant des heures. La Macronie médiatique en tire 4 mots-clefs (les keywords). Et sature l'espace avec ce tout-petit-peu.

Le macronisme, depuis sa création mais désormais c'est un fait accepté, est une marchandise. Et avec cette marchandise se conjugue tout le marketing qui l'accompagne. Nous sommes noyés, avec la complicité des médias marchands, dans un "parti/package". Joli dehors. Vide dedans.

La Macronie et l'écologie: une machine à transformer une cause essentielle en "mode du moment". #makeplanetgreatagain Même ça, elle parvient à en faire une sympathique discussion de salon alors que l'écologie porte en elle une violence nécessaire contre des forces terrifiantes.

Commence à émerger - enfin! - la réalité du macronisme: une forme assez aboutie, voire sophistiquée, de la médiocrité. Mais une médiocrité construite, quasi consciente. Tellement bien vendue par le bateleur/candidat Macron que 2017 fut une hypnose collective puissante.

La Macronie est un effaceur. Tout ce qui est conflictuel, tout débat contradictoire lui fait horreur. Lui fait peur. Son intérêt est de rassembler en effaçant tous les conflits imaginables. Au bout du compte à se comporter à terme en anti démocrate redoutable et à redouter.

Le macronisme des débuts - la campagne puis l'an I - fut marquée par la "bisounourserie". "Aimons-nous les uns les autres. Nous vous aimons toutes et tous". Puis il y eut l'an II et les conflits sociaux. Alors le macronisme revint à ses fondamentaux: un "bourgeoisisme" violent.

La Macronie est le résultat d'un "plus" et d'un "moins": l'abstention massive des classes populaires - Le "moins"; le vote massif de la classe privilégiée/bourgeoise - Le "plus". Ou comment une minorité utilise le geste démocratique par excellence - le vote - pour devenir majorité.

Le macronisme est un avatar bourgeois. Il s'est construit sur l'abstention des classes populaires croyant à tort que ce geste (d'abstention) était une forme de protestation. Or il n'en est rien. La gauche DOIT convaincre ces classes en souffrance que leur "salut" passe par le vote.

La Macronie comme la bourgeoisie - oxymore - passe son temps à ignorer le réel, à le transformer à sa sauce, voire à l'éliminer: "Moi je traverse la rue et je te trouve un emploi" - E Macron à un jeune demandeur d'emploi. Moyen efficace de ne jamais aborder les "faits du réel".

Qu'est ce qu'un macronien? Je me pose souvent cette question. Un macronien, c'est un bourgeois qui lorsqu'il prend l'avion ne regarde JAMAIS par le hublot défiler le monde d'en-bas, absorbé qu'il est par sa propre "hauteur". Au-dessus… Surtout pas parmi…

Emmanuel Macron est ce bourgeois ultra contemporain branché, quasiment algorithmique et le copié-collé du bourgeois de Flaubert évidemment démodé en 2019. C'est ce bourgeois d'aujourd'hui et d'hier qu'une oligarchie d'affaires utilise au quotidien, lui faisant croire qu'il préside.

Souvent je lis, souvent je dis, que le Macronisme est une médiocrité. Mais l'essentiel n'est absolument pas là, dans cette réalité somme toute sans importance. L'essentiel est que le macronisme soit au pouvoir. Et ça, à l'usage quotidien des plus faibles, c'est gravissime.

Si la gauche veut convaincre les français de tourner le dos au macronisme en 2022, elle ne devra pas se contenter du débats d'idées. Celui-ci est EVIDEMMENT nécessaire, indispensable. Mais elle devra imposer l'idée que la gauche est l'inverse totale du macronisme. Trop souvent depuis quelques années, le débat est devenu une fin en soi. Les français ont peu à peu perdu le fil. N'ont plus entendu. N'ont plus écouté. Quand par-dessus tout cela, la Macronie a piétiné le débat contradictoire, ce dernier a disparu de l'horizon d'attente des citoyens électeurs. Tragique et dangereux. 

Enfin, la Macronie "Educative" a offert l'Education Nationale aux néo libéraux, aux neuroscientifiques et aux "seigneurs du numérique" comme Pierre Champy appelle les GAFAM et les BATX (numérique asiatique) dans son ouvrage: "Vers une nouvelle guerre scolaire"/La Découverte. (Un seul chiffre: la valorisation des GAFAM en 2018 a dépassé le PIB de l'Allemagne. C'est dire la puissance de ceux dont nous parlons). Cette dérive de l'Ecole - au sens large - vers le néo-libéralisme sans freins entraîne de fait l'effacement progressif des capacités d'inventions et des compétences des personnels enseignants. Le professeur en Macronie devient progressivement un "pion" chargé d'appliquer des injonctions, de servir la "matrice" anonyme et, de plus en plus, un fonctionnaire très fortement invité à ne pas "la ramener". Il ne manquerait plus que les professeurs se piquent de pédagogie.

Christophe Chartreux

Lire la suite

Bobbie Gentry...

27 Octobre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

Lire la suite

Coup de coeur... Seth Greenland...

27 Octobre 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Un Afro-Américain au volant d' une voiture de luxe doit respecter les limitations de vitesse s'il ne veut pas courir le risque d' être arrêté pour "conduite en état de négritude". Qu' importe sa réussite sociale, son degré de célébrité ou d' éducation, ce spectacle provoque chez un vaste échantillon de policiers américains une dissonance cognitive bien connue de presque tous les hommes de race noire. Pour cette raison, Lourawls prend soin, en ce début de soirée, de ne pas dépasser les 90 km/h en roulant sur Palissades Parkway à bord de la Cadillac Escalade.

Seth Greenland - Mécanique de la chute

Lire la suite

26 décembre 2017 - La laïcité à l'école bradée pour 10 millions d'euros... Mais là, cela ne dérange personne...

27 Octobre 2019 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Laïcité, #Education

Le gouvernement vient de prendre dix millions d'euros à l'école publique pour les donner à l'enseignement privé, en majorité confessionnelle. Pourquoi aucun débat public n'a-t-il lieu sur cette disposition ? Quel sens ont les annonces du ministre de l'éducation au sujet de la laïcité alors que le gouvernement la brade en catimini? Une tribune du Cercle des enseignant-es laïques.

Le 7 décembre dernier, un arrêté (voir à ce lien), signé par le premier ministre Édouard Philippe et le ministre de l'action et des comptes publics Gérald Darmanin, annonce un virement de crédits. Vingt millions d'euros d'engagement sont annulés sur la dotation de l'enseignement public du second degré. Sur cette somme, dix millions sont reversés à l'enseignement privé du premier et du second degré.

L'école publique serait-elle si riche qu'il faille à nouveau rogner sur le principe de séparation des églises et de l'État pour qu'on finance ainsi l'enseignement confessionnel ? La réalité est que, même quand les budgets ont comptablement augmenté lors de la dernière décennie, les hausses n'ont jamais couvert l'augmentation démographique. Les réformes (rythmes scolaires, collèges, enseignement prioritaire, lycées...) se sont faites dans le meilleur des cas à moyens constants, la plupart du temps en baissant les moyens.

Passée sous silence par celles et ceux qui défendent une vision dévoyée de la laïcité exclusivement tournée contre l'islam et les usager-es des services publics assigné-es à cette religion, la question des financements publics de l'école privée est pourtant cruciale. Directement liée a à la défense de la laïcité mise à mal par le gouvernement, elle pose immédiatement l'enjeu de l'égalité. Non pas de cette égalité toute abstraite, qu'on invoque en bombant le torse sur un plateau télévisé. Mais bien une égalité concrète, qui se défend, se vit et se pratique au quotidien.

L'école de la République est l'école des inégalités. La Cour des comptes l'a documenté en 2012. En 2015, le défenseur des Droits, saisi par des parents d'élèves de Saint-Denis, a décrit « une rupture du principe (...) d'égalité des usagers devant le service public. » Postes non pourvus, professeur-es non remplacé-es, locaux et matériels vétustes, sureffectifs dans les classes, surveillant-es et agent-es d'entretien en moins, obligations de la médecine scolaire non remplies : dans les territoires abandonnés par la République où nous enseignons, nous ne considérons pas que dix millions d'euros soient un luxe. Surtout s'il s'agit de les reverser à des écoles privées en majorité catholiques qui font payer les familles pour garantir le droit à la scolarité.

La question du financement de l'école privée ne se limite pas à l'État. Il est temps d'avoir un débat national sur les subventions apportées par les collectivités territoriales à l'enseignement confessionnel ou assimilé. Issu de la mouvance de la Manif pour tous, cautionné par Emmanuel Macron qui s'est affiché à ses côtés lors de la présidentielle, ou par le ministre Jean-Michel Blanquer qui avait participé à un de ses colloques en 2016, le réseau Espérance Banlieue est un bon exemple des atteintes à la laïcité dont se rendent responsables les élu-es de ces collectivités. Le conseil régional, d'Ile-de-France présidé par Valérie Pécresse, lui a attribué une subvention de 50 000 euros, alors même qu'il supprime de nombreux postes d'agents d'entretiens dans les lycées publics de la région parisienne, notamment dans le 93 ; en Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez a versé 260 000 euros à cette structure sous influence du catholicisme le plus réactionnaire et au cœur de nombreuses polémiques sur le traitement des enfants et la piètre qualité des enseignements (voir un article de synthèse à ce lien).

Comment peut-on se réclamer des combats laïques et passer sous silence les détournements de l'argent public dont se rendent responsables ces élu-es et le gouvernement ? Face à l'urgence d'un tel débat, le ministre s'est contenté de faire diversion. A quoi bon des « unités laïcité » quand il existe déjà des « référentEs laïcité » ? Quel sens cette mesure a-t-elle quand la politique budgétaire est antilaïque ?

L'autre annonce a concerné les sorties scolaires. Et les propos du ministre, favorable à l'exclusion des mères portant un voile, n'ont pas manqué de réveiller les habituel-les polémistes islamophobes, de l'extrême-droite ou de groupes dits « républicains », qui contribuent, depuis deux décennies, à masquer les inégalités structurelles au sein de l'école, à empêcher tout débat public sur les atteintes réelles à la laïcité – comme l'est le décret du 7 décembre – tout en stigmatisant des mères d'élèves soucieuses de la scolarité de leurs enfants et engagées dans une relation constructive avec l'école de la République. Nous appelons médias, intellectuel-les, professionnel-les de l'éducation et responsables politiques à en finir avec cette fausse laïcité, qui n'est qu'un masque d'un racisme profond dont nous devons toutes et tous prendre la mesure pour le combattre. Nous appelons aussi à un débat centré sur les questions prioritaires de l'école : celle des moyens, des inégalités structurelles de l'école et du financement public de l'école privée.

Mérôme Jardin

Anaïs Flores, Paul Guillibert, Jérôme Martin et Florine Leplâtre sont des enseignant-es membres du Cercle des enseignant-es laïques et co-auteur-es du Petit manuel pour une laïcité apaisée (Editions La Découverte ; 2016)

Lire la suite

Les quartiers populaires? Mais c'est aussi littérature, partage, inventivité! Qu'on en parle!!!!

27 Octobre 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education, #Littérature

 

 

A Montpellier, un quartier populaire invente la boulangerie littéraire

Samedi soir, une modeste boulangerie coincée entre des HLM va se métamorphoser une nouvelle fois en salon littéraire. Ce projet, porté à bout de bras par deux bénévoles, réenchante le quartier populaire de La Paillade.

L’étroite boulangerie d’Ahmed est plantée en plein cœur de La Paillade, vaste quartier populaire et excentré de Montpellier. C’est là, entre les confiseries, les viennoiseries et un vieux photomaton, que samedi soir ils vont lire et écouter, rire et peut-être pleurer. Ensemble. A la fois ceux du quartier – des Pailladins qui vivent ici depuis toujours, des gamins et leur mère, des gars plus vieux mais toujours curieux – et ceux d’ailleurs – des Montpelliérains du centre-ville, lettrés ou pas, des gens connus et des gens de peu –, tous séduits par l’idée d’échanger et de se rencontrer.

Car depuis quelques mois, le «point chaud» d’Ahmed se transforme régulièrement en café littéraire. «J’ai appelé ce rendez-vous «Dites-le avec un livre», raconte Nourdine Bara, 43 ans, initiateur de ces rencontres, et également auteur de romans et de pièces de théâtre. L’idée, c’était d’aller à la rencontre de l’autre avec un livre à la main. Les gens peuvent venir parler de n’importe quel ouvrage qu’ils ont aimé. Tout ça raconte quelque chose d’eux, de nous, de nos aspirations communes.»

Le code de la route, un dictionnaire, Sénèque ou Camus

L’aventure littéraire a ainsi démarré à tâtons, en mars. Depuis, on s’y presse dans un joyeux melting-pot. L’événement intrigue, fait causer, surprend et séduit. A tel point que la réalisatrice Laure Pradal est venue filmer ces échanges pour immortaliser ces instantanés.

Car tous ceux qui ont participé à ce que l’on appelle ici désormais «la boulangerie» ont vécu des moments forts. Nourdine raconte ainsi comment Ali, moniteur d’auto-école, s’est levé devant l’assistance avec un simple code de la route à la main. «Il nous racontait qu’il s’agissait là du livre le plus lu, que c’était un livre très ancien… Puis sa voix s’est brisée quand il a évoqué cette femme tuée ici, à La Paillade, par un chauffard, en marge d’un match de foot. C’était son ancienne voisine.» Nourdine se souvient aussi de cette mère du quartier, venue avec un dictionnaire : «Elle aussi était en pleurs, parce qu’elle voulait qu’on arrête de maltraiter la langue française. Le rejet de la langue, disait-elle, ce n’est pas notre culture.»

De Sénèque à Céline, de Camus à Dumas, du génocide des Juifs à celui des Gitans, on parle de tout et sans tabou à la boulangerie. Les interventions sont parfois aussi ponctuées de moments de grâce. Comme lorsque Narimène Bey, une cantatrice de Montpellier, se lève pour interpréter la Sonnambula de Bellini… La voix puissante de cette jeune femme voilée inonde alors la cité, si peu habituée à baigner dans un air d’opéra. «Ces soirées offrent une dynamique remarquable, estime Souad Sebbar, déléguée du préfet dans le quartier. Leur thème, les échanges, même le lieu : tout est pertinent.»

Ces boulangeries, qui font toujours salle comble, sont animées par Lazreg Ghenaim, 40 ans, chargé de mission dans le handicap. Copain et complice de longue date de Nourdine, lui aussi a grandi à La Paillade. Des accidentés de la vie, Lazreg en voit tous les jours. Et à la boulangerie aussi : des personnes marginalisées, handicapées, désorientées, à qui il donne la parole avec tact et sans réserve. «Ma formation m’a beaucoup aidé à gérer, dit-il. Mon rôle, durant ces rencontres, c’est de faire passer le ballon, de laisser faire le jeu… Les uns surmontent leur crainte, ou leur handicap, pour parler devant les autres, qui les écoutent avec bienveillance. Certains nous disent en fin de soirée "On m’a écouté !", comme si on leur avait ainsi donné de la valeur. Tous ces gens sont comme des petites lumières qui brillent ensemble.»

Un «sas sécurisé» où chacun peut s’exprimer

Ensemble, Nourdine et Lazreg ont par le passé organisé d’autres rencontres, comme ces «agoras» toujours placées sous le signe de l’ouverture et de la mixité. «Ce qui m’a motivé, au départ, c’est de voir comment les gens du quartier s’exprimaient lorsque des politiciens venaient nous parler à La Paillade, raconte Nourdine. Je voyais des copains qui perdaient leur français ou tronquaient leur pensée, apparaissaient parfois même comme des perturbateurs, parce qu’ils étaient mis dans une situation d’urgence : on voulait qu’ils s’expriment, là, tout de suite, avant de leur voler le micro.» Blessé de voir ses amis ainsi mis en difficulté, il commence, avec Lazreg, à imaginer un «sas sécurisé» où chacun pourrait sereinement s’exprimer. Ceux d’ici, mais aussi ceux d’ailleurs.

Les deux amis réfléchissent à présent à s’adresser plus particulièrement aux enfants du quartier, les plus vulnérables face à ce qu’ils appellent le «piège de l’isolement». Quant à Ahmed, il s’étonne encore que son petit «point chaud» puisse attirer autant de monde. Tout en servant des pizzas et des thés à la menthe, il raconte, presque gêné : «Maintenant, des gens viennent me demander si c’est bien ici, les rencontres littéraires…»

Sarah Finger

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>