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Vivement l'Ecole!

Derrière les «neuropédagogies», une idéologie individualiste...

28 Août 2019 , Rédigé par Mediapart Publié dans #Education

Derrière les «neuropédagogies», une idéologie individualiste...

(Vidéo en cliquant sur les liens de bas de page)

Alors que les enseignants reprennent la classe vendredi prochain, entretien filmé avec Michel Blay, coauteur de Neuropédagogie. Le cerveau au centre de l’école (Tschann, 2019). Il critique une vision de l’apprentissage qui le réduit à un entraînement individuel du cerveau, négligeant le poids de l’Histoire, des échanges et des interactions entre élèves.

C’est un des mantras de l’action de Jean-Michel Blanquer au ministère de l’éducation nationale : rendre la pédagogie plus scientifique en l’appuyant sur les travaux des neurosciences. Le Conseil scientifique de l’Éducation nationale, installé le 10 janvier 2018, est ainsi présidé par le neurobiologiste Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France.

Mais ces prétentions typiques du nouvel impérialisme neuronal sont bien exagérées, observe le philosophe des sciences Michel Blay, coauteur avec le sociologue Christian Laval de Neuropédagogie. Le cerveau au centre de l’école (Tschann, 2019). Au mieux, les neurosciences n’ont fait que confirmer ce que savaient déjà les pédagogues. Surtout, elles sont porteuses d’une vision très idéologique de l’apprentissage, conçu comme un entraînement individuel du cerveau, et passant outre les échanges et interactions entre élèves. 

☞ Une émission à (ré)écouter en module audio (à retrouver ici).

☞ Toutes les vidéos de Mediapart, dont celles de la collection Science friction.

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L'école de Blanquer... Un modèle à bout de souffle...

28 Août 2019 , Rédigé par Parti Socialiste Publié dans #Education

L'école de Blanquer... Un modèle à bout de souffle...

La politique du ministre Blanquer est rejetée de manière massive et inédite. Dans le dernier baromètre Unsa, seulement 6 % des enseignants sont en accord avec les réformes ministérielles, et à peine 5 % chez les professeurs des écoles.

Face à ce désaveu cinglant, et après le mouvement des professeurs contre la réforme du baccalauréat, l’illusion Blanquer s’est à présent dissipée et le ministre tente de jouer la carte de l’apaisement. S’il faut se féliciter de ce changement de ton, encore affiché ce matin lors de sa conférence de presse de rentrée, il ne faut pas être dupe.

Après une année marquée par une frénésie de réformes, toutes contestées –  budget insuffisant, réforme du bac, évaluations au CP et au CE1, et la réforme du lycée sur laquelle il est obligé de lâcher du lest… – le ministre Blanquer semble dorénavant vouloir prendre son temps, c’est-à-dire gagner du temps, pour répondre aux revendications des syndicats et de la communauté éducative – salaires, retraites, mixité sociale à l’école, scolarisation des enfants de moins de 3 ans…

Jugeant « essentielle » la question de l’environnement, le ministre Blanquer a fait une rare annonce ce matin en indiquant que 250 000 « éco délégués » seraient nommés – un par classe au collège et au lycée – pour favoriser la mise en œuvre d’actions concrètes. Cette mesure n’est pas à la hauteur des enjeux, en particulier climatiques.

Après un été marqué par deux épisodes de canicule, et alors que les experts annoncent que ceux-ci seront à l’avenir plus fréquents et surtout plus précoces – dès le mois de mai, donc pendant la période scolaire – le Parti socialiste demande au ministre d’étudier le coût de la transition du parc des bâtiments scolaires en vue de répondre à de fortes chaleurs ; de mettre en place un fonds spécial pluriannuel pour aider les collectivités, et en particulier les communes, à financer les travaux pour créer de bonnes conditions de travail pour les élèves et les enseignants ; et de veiller à ce que les écoles, collèges et lycées situés dans les zones d’éducation prioritaire puissent pleinement en bénéficier pour assurer la réussite de tous les élèves.

Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste et Député de la 11ème circonscription de Seine-et-Marne (77)

Yannick Trigance, Secrétaire nationale à l'éducation et à l'enseignement supérieur

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A Voir... "Une fille facile", de Rebecca Zlotowski...

28 Août 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Cinéma

«Une fille facile», une classe au-dessus

Jalonné de références sixties, de Bardot à Rohmer, le film de Rebecca Zlotowski révèle en Zahia Dehar une actrice ultramoderne et subtile, au service d’une radieuse chronique sociale qui a la douceur d’un conte d’été.

Difficile d’évoquer Une fille facile sans commencer par souligner, car c’est là le cœur du film, le rôle principal qu’y tient Zahia Dehar, autrefois devenue célèbre malgré elle comme la victime d’une bruyante affaire de mœurs sur laquelle le film de Rebecca Zlotowski ne nous incite pas à nous étendre plus. Car ce préambule est là pour préciser aussitôt que ce qui pouvait sembler être un choix douteux s’avère immédiatement un pari très réussi - on y reviendra.

(...)

Revanche

Parce que le film ne juge jamais son personnage, il fait aussi sonner creux tout le moralisme qu’une figure comme Zahia Dehar peut éveiller en ces temps parfois puritains. Avec panache et détachement, Sofia vit ce que certains assimileraient à de la prostitution comme une forme de souveraineté, presque comme un acte politique : répondre au mépris de classe et à la phallocratie en se servant chez les hommes riches. Sans illusions, elle sacrifie le romanesque sur l’autel de la lutte des classes. Et il faut qu’il se dégage d’elle beaucoup de candeur pour qu’elle ne paraisse pas le moins du monde cynique lorsqu’elle dit : «Pour moi, les sentiments, ça ne compte pas du tout. On doit jamais rien attendre, on doit toujours tout provoquer par nous-mêmes.» Bien sûr, ce qui nous touche ici, c’est aussi ce que Zahia Dehar paraît dire d’elle-même à travers Sofia (même s’il faudrait se garder de les confondre), qui relève d’une autre forme de revanche : celle d’une jeune fille lavée de la boue de la presse people pour révéler au cinéma une certaine grandeur.

Marcos Uzal

Article complet en cliquant ci-dessus

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On va voir enfin que Blanquer n'a pas simplifié le baccalauréat... Par Claude Lelièvre...

28 Août 2019 , Rédigé par Mediapart - Claude Lelièvre Publié dans #Education, #Baccalaureat

On va voir enfin que Blanquer n'a pas simplifié le baccalauréat... Par Claude Lelièvre...

Des épreuves vont être programmées dès cette année scolaire en première; et on va voir concrètement qu'au lieu d'une «simplification» on a une usine à gaz «éprouvante», notamment parce que Blanquer n'a pas osé aller jusqu'au bout de la logique de contrôle continu annoncée par Macron.

Dès cette année scolaire, en classe de première, il y aura - en outre des épreuves de français qui auront lieu comme d'habitude en juin - la passation d'''épreuves communes de contrôle continu''.

Elles concerneront l'histoire-géographie, la langue vivante A, la langue vivante B, l'enseignement scientifique (pour ce qui concerne la voie générale) ou les mathématiques (pour ce qui concerne la voie technologique). Avec en outre l'éducation physique et les enseignements de spécialité (ceux qui auront été suivis uniquement pendant la classe de première). Excusez du peu...

Il est indiqué dans la circulaire définissant les épreuves de contrôle continu publiée au BO du 25 juillet dernier que "la note obtenue pour chacun de ces enseignements est constituée de la moyenne des notes obtenues lors des différentes épreuves communes , quel que soit leur nombre". On apprend ainsi qu'il est fort possible qu'il n'y ait pas une seule ''épreuve commune ''par matière, mais plusieurs.. ( à la discrétion sans doute de chaque établissement...)

Ce n'est pas du tout ce qui avait été envisagé et annoncé par Emmanuel Macron au cours de la campagne de l'élection présidentielle. On ne saurait trop le rappeler (d'autant que c'est généralement laissé dans l'ombre). Lors d'une interview parue dans « L'Etudiant » le 30 mars 2017,"Emmanuel Macron avait été très clair : « Nous faisons confiance au contrôle continu et au jugement des professeurs pour l'entrée dans les formations sélectives (écoles préparatoires aux grandes écoles, sections de techniciens supérieurs, IUT, écoles post-bacs). Pourquoi en seraient-ils incapables pour le baccalauréat? ». Il s'agissait bien du ''contrôle continu'' entendu comme l'ensemble des évaluations ordinaires faites au fil des années (en première et terminale) présentes dans les dossiers des postulants examinés. Et on se souvient de sa conclusion : « Je souhaite donc simplifier le baccalauréat. Quatre matières seront passées en contrôle terminal, les autres seront validées en contrôle continu ».

Il s'agissait donc de mettre en oeuvre pour une partie du baccalauréat ce qui est mis en oeuvre depuis longtemps par les professeurs du secondaire lorsqu'ils ont à choisir les élèves qui pourront venir dans leurs classes préparatoires ou leurs STS. Ces professeurs font leur choix sur la base de dossiers ''maison'', à partir des notes et appréciations ordinaires obtenues en première et terminale par les candidats dans leurs établissements respectifs; et en toute connaissance de cause (le baccalauréat restant à obtenir comme condition certes nécessaire mais non suffisante pour être sélectionné). Sur la base d'un ''vrai contrôle continu'' donc.

Ce ''vrai contrôle continu'' a été retenu pour une part ( 10% de l'évaluation totale) par Jean-Michel Blanquer. La circulaire du 25 juillet dernier précise pour la classe de première que la note de ce "contrôle continu est constituée de la moyenne des moyennes annuelles des enseignements (obligatoires ou optionnels) suivis par l'élève, attribuées par ses enseignants habituels en classe de première (coefficient 5)''. Il est indiqué aussi que cette note "ne prend pas en compte les notes obtenues par l'élève au titre des épreuves communes de contrôle continu". Il doit être clair que les enseignants devront continuer à faire les évaluations habituelles en sus des "épreuves communes de contrôle continu''

Le ''vrai contrôle continu'' ( le contrôle continu traditionnel) ne compte que pour 10% dans l'évaluation totale du baccalauréat, alors que les "épreuves communes du contrôle continu'' ( le nouveau contrôle continu) comptent pour 30%.

La circulaire du 25 juillet indique que "les chefs d'établissement déterminent les modalités des épreuves communes de contrôle continu [...]. L'organisation de ces épreuves se fait, dans la mesure du possible, dans le cadre des emplois du temps normaux des élèves. Il est conseillé d'éviter la banalisation d'un ou plusieurs jours pour l'organisation des épreuves. En fonction de enseignements concernés, les épreuves peuvent être organisées à des moments différents (jours,semaines). Plusieurs établissements peuvent organiser tout ou partie de ces épreuves". II est précisé que les épreuves écrites "sont corrigées sous couvert de l'anonymat'' et que les épreuves orales sont évaluées par un enseignant qui n'enseigne pas pendant l'année en cours à l'élève examiné .

Contrairement à sa légende (selon laquelle il serait ''droit dans ses bottes'') Jean-Michel Blanquer a été pusillanime: il n' a pas assuré une simplification du baccalauréat (bien au contraire) qui passait par un ''vrai contrôle continu'' (sans épreuves ad hoc); et il n' a pas non plus réassuré (bien au contraire aussi) la continuité d'un baccalauréat n'ayant pas des aspects ''maison''. Il n'est donc pas étonnant que sa réforme soit mise en cause d'un ''côté'' ou de l'autre; et parfois même des deux (à l'instar du SNES qui lui reproche à la fois de faire la part belle aux aspects ''maison'' et d'être une ''usine à gaz'' compliquant la passation du baccalauréat au lieu de la simplifier)...

Claude Lelièvre

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Revue de Presse Education... La rentrée par le ministre - Par les profs - Divers...

28 Août 2019 , Rédigé par Les Cahiers Pédagogiques Publié dans #Education, #Médias

Revue de Presse Education... La rentrée par le ministre - Par les profs - Divers...

Aujourd’hui c’était la rentrée du ministre de l’éducation avec conférence de presse et annonces. Mais du côté des enseignants, le ton n’est pas le même !

La rentrée par le ministre

Pour tout savoir des annonces du ministre lors de sa conférence de presse de ce matin on peut consulter FranceTVinfo.
Le ministre de l’Education nationale donnait, ce mardi matin à 9 heures, sa traditionnelle conférence de presse de la rentrée. « "L’école est à la pointe du progrès social dans notre pays", a lancé le ministre de l’Education lors de sa traditionnelle conférence de presse de rentrée. Jean-Michel Blanquer a réaffirmé, mardi 27 août, la priorité donnée à l’école primaire et a poursuivi la promotion de sa réforme du bac, dont la mise en oeuvre au lycée cette année suscite des inquiétudes. A quelques jours de la rentrée, le 2 septembre, des quelque 12,4 millions d’élèves et 870 000 enseignants, il a défendu ses réformes en parlant de trois grands défis : "l’égalité des chances", "le bien-être des professionnels" et "la question environnementale" »

Pour Europe1, Jean-Michel Blanquer joue la carte de l’apaisement pour sa conférence de rentrée. « Lors de son allocution, Jean-Michel Blanquer a longuement insisté sur la nécessité de renforcer le bien-être des professeurs. Accusé à maintes reprises par les syndicats de rester sourd à leurs revendications, le ministre a souligné "la nécessité de travailler en profondeur avec les partenaires sociaux". En vue de la réforme des retraites qui pourrait notamment pénaliser les enseignants, il s’agira donc de "revaloriser cette profession", a-t-il assuré. Les professeurs, eux, espèrent obtenir rapidement des revalorisations salariales. »

Apaisement ? Pas si sûr. Jean-Michel Blanquer peut-il renouer le dialogue avec les enseignants ?
« À une semaine de la reprise des cours, le ministre de l’éducation reçoit, depuis lundi 26 août, les syndicats enseignants. Après la « crise du bac » qui a marqué le début de l’été, il s’agit de soigner l’entrée en vigueur de plusieurs réformes d’ampleur, notamment celle du lycée, débarrassé de ses filières. Analyse de Bernard Toulemonde, inspecteur général honoraire de l’éducation nationale »

Notamment sur le sujet des retraites, un problème épineux. Blanquer se saisit de la question des retraites des enseignants
« Plusieurs syndicats évoquent une « réunion spécifique » sur les retraites des enseignants d’ici à octobre. Les questions sont nombreuses avec, en arrière-plan, le sujet de la revalorisation des rémunérations des professeurs.
C’est l’un des sujets les plus épineux de cette rentrée. La réforme des retraites soulève des questions de taille pour des enseignants qui ont peu de primes et donc une meilleure pension par rapport à d’autres agents de la fonction publique. Les syndicats de l’Education nationale redoutent des « décrochages » importants des niveaux de pensions entre l’ancien et le nouveau système . »

La rentrée par les profs

On sent beaucoup moins l’apaisement du côté des enseignants.
Des professeurs prêts à se mettre en grève
« Le ministre de l’Éducation nationale fait ce matin sa traditionnelle conférence de presse de rentrée, avec comme consigne de l’Élysée de rassurer. Mais certains professeurs veulent repartir au combat »
Des professeurs anti-Blanquer font leur rentrée militante
« Dans la foulée des mobilisations de l’an dernier, et notamment de la grève des correcteurs du bac, se tient à Vincennes (Val-de-Marne), du 26 au 28 août, une université d’été enseignante organisée en marge des syndicats et placée sous le signe de la contestation des réformes gouvernementales. »
Université d’été de l’éducation : les leçons d’une année de luttes
« Pendant que Jean-Michel Blanquer reçoit les organisations syndicales au ministère, des professeurs se sont donné rendez-vous à Vincennes, pour la première édition de leur université d’été. « Enseigner », « dialoguer », « lutter », au sommaire des nombreuses tables rondes organisées pendant trois jours. » Pour les abonnés.

Philippe Watrelot signe un papier sur les différentes oppositions à Blanquer.
Tous ensemble contre Blanquer ? Oui, mais...
“On a senti l’exaspération monter au cours de l’année scolaire passée contre le ministre de l’Éducation nationale, on la retrouve dès cette fin d’été dans des rassemblements qui revendiquent la « convergence des luttes ». Pour l’auteur de cette tribune, il convient déjà de clarifier les revendications des uns et des autres afin de voir si elles peuvent vraiment être unitaires.”

Divers

Sur le blog de Claude Lelièvre
On va voir enfin que Blanquer n’a pas simplifié le baccalauréat
« Des épreuves vont être programmées dès cette année scolaire en première ; et on va voir concrètement qu’au lieu d’une ’’simplification’’ on a une usine à gaz ’’éprouvante’’ , notamment parce que Blanquer n’a pas osé aller jusqu’au bout de la logique de contrôle continu annoncée par Macron. »

La Société des Agrégés publie un dossier spécial sur la place des femmes dans l’enseignement
« L’enseignement est perçu comme une profession féminisée, pourtant, dans son dossier “Enseignement, recherche : où sont les femmes ?” la Société des Agrégés montre que l’égalité de carrière avec les hommes n’est pas encore au rendez-vous. »

Fake news
Non, les CE1 et CE2 ne vont pas étudier un livre sur la pénétration anale et vaginale (lien signalé sur Facebook)
« Un post Facebook partagé plus de 4 500 fois prétend que les élèves de CE1 et de CE2 vont apprendre à l’aide d’un livre ce qu’est la pénétration anale et vaginale. La brochure présentée est en réalité destinée à des adolescents à partir de 12 ans. »

Les écoles en langue régionale « craquent » sous la demande Par Mattea Battaglia et Michel Garicoïx
“”Au Pays basque notamment, les établissements qui pratiquent un enseignement dit « immersif » anticipent une rentrée des classes « sous tension ».”

Refus d’orientation : la justice valide le choix des parents
“Parents d’un enfant autiste, ils refusent les orientations qui leur sont proposées et se retrouvent face à un juge dans le cadre d’une mesure d’investigation éducative. Mais la justice a finalement tranché en leur faveur et validé leur choix…”

Business schools : en route pour l’uberisation des enseignants-chercheurs ?
“Depuis une interview donnée fin 2014 par Maurice Lévy au Financial Times, l’expression « uberiser » fait florès. La question s’est même invitée dans les débats de la dernière élection présidentielle, c’est dire.”

Géraldine Duboz

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Brahms... (+ interview d'Hélène Grimaud)

26 Août 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Virginia Woolf...

26 Août 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Ainsi la maison se trouvant vide, les portes fermées à clef et les matelas roulés, ces airs vagabonds, avant-gardes de grandes armées, entrèrent tumultueusement, frôlèrent des panneaux nus, mordillèrent, soufflèrent, ne rencontrèrent aucune résistance sérieuse dans les chambres à coucher ou le salon, rien que des tentures qui s'agitaient, du bois qui craquait, les pieds nus des tables, des casseroles et de la porcelaine déjà noircies, ternies, craquelées. Ce que l'on avait jeté, abandonné - une paire de souliers, une casquette de chasse, des jupes et des vestons défraîchis dans des garde-robes - ces objets-là seuls gardaient une forme humaine et, dans ce vide général, indiquaient qu'ils avaient été jadis gonflés par de la vie ; que des mains avaient manié des crochets et des boutons ; que le miroir avait jadis contenu un visage, un monde, creusé, semblait-il, dans sa profondeur, dans lequel parfois une forme humaine s'était tournée, une main avait passé comme un éclair, une porte s'était ouverte, des enfants s'étaient précipités en trébuchant, étaient repartis. Maintenant, tous les jours, la lumière tournante projetait sa claire image sur le mur d'en face, comme une fleur se mirant dans l'eau. Les ombres des arbres cependant, dont le vent agitait les panaches, faisaient des révérences qui, apparaissant sur ce mur, obscurcissaient un instant le lac où se réfléchissait la lumière ; ou encore des oiseaux en fuyant promenaient à travers le plancher une tache au doux frémissement.

Virginia Woolf - La promenade au phare

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Grandes écoles : au-delà de la discrimination positive...

26 Août 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Grandes écoles : au-delà de la discrimination positive...

Par Arthur Moinet, vice-président étudiant à Sciences Po

La lutte contre les inégalités dans l’enseignement supérieur devra passer en premier lieu par de nouvelles réformes dans l’enseignement secondaire. 

Tribune. Le 4 juin, la ministre de l’Enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation, Frédérique Vidal, annonçait dans le Monde son intention d’imposer une plus grande diversité sociale au sein des différentes grandes écoles. Avec 11% de boursiers à l’Ecole polytechnique, 19% au sein des Ecoles normales supérieures, et des grandes écoles de commerce aux frais exorbitants, il semble en effet clair que ces établissements entretiennent un entre-soi dépassé. Nous ne pouvons d’ailleurs pas manquer d’y voir une nouvelle limite au cloisonnement franco-français de notre enseignement supérieur…

Pourtant, ces écoles et plus globalement l’enseignement supérieur auraient tout intérêt à s’ouvrir davantage. Là où elles ont été menées, les politiques d’ouverture sociale, souvent associées à des politiques de discrimination positive, ont sans nul doute porté leurs fruits. A Sciences Po, la dynamique lancée par Richard Descoings en 2000 produit aujourd’hui des résultats indéniables. L’école admet désormais chaque année 160 étudiants issus des conventions d’éducation prioritaire (CEP) et compte désormais 30% d’étudiants boursiers. S’inspirant de cet exemple, l’instauration de la Classe préparatoire à l’enseignement supérieur (CPES) au lycée Henri-IV, de la classe préparatoire intégrée de l’ENA ou bien plus récemment du droit d’accès de bacheliers modestes aux filières sélectives, instauré sous la présidence de François Hollande et reconduit depuis, produisent des résultats très encourageants pour augmenter la diversité sociale.

Toutefois, nous devons réaffirmer qu’une réelle diversité sociale ne saurait uniquement se mesurer à un simple taux d’étudiants boursiers. En effet, sous l’effet de l’élargissement de l’accès aux premiers échelons de bourse, décidé sous le précédent quinquennat, l’origine des étudiants boursiers est désormais plus hétérogène, et d’autres critères devront être davantage pris en compte dans le futur par les établissements d’enseignement supérieur. Citons la diversité géographique (notamment d’étudiants originaires d’Outre-mer), la diversité culturelle et internationale ou bien encore l’origine socioprofessionnelle des parents.

D’autre part, l’exemple de Sciences Po démontre d’ailleurs bien que de bonnes statistiques, si l’on peut évidemment s’en réjouir, ne sauraient toutefois suffire à assurer un réel dépassement des clivages sociaux. Dans le détail, les différentes enquêtes démontrent ainsi que les étudiants issus de la procédure CEP s’orientent moins vers les concours de la haute fonction publique, partent en échange universitaire dans des destinations moins lointaines ou bien encore touchent un salaire moyen à la sortie de l’école moins élevé que la moyenne (1). En outre, il est régulièrement pointé que la violence de classe reste encore parfois une réalité pour certains étudiants.

Face à ce constat, il apparaît donc nécessaire d’aller encore au-delà de simples politiques statistiques afin de permettre une véritable disparition des frontières sociales au sein de l’enseignement supérieur. La lutte contre les inégalités dans l’enseignement supérieur devra passer en premier lieu par de nouvelles réformes dans l’enseignement secondaire. Un article récent de Jean-Paul Delahaye nous rappelle que notre système scolaire, cloisonné à l’extrême dès le collège, est le premier facteur d’inégalités à l’entrée de l’enseignement supérieur. Que l’on soit élève d’un établissement de centre-ville ou de banlieue, d’outre-Mer ou de métropole, en section internationale ou non, les inégalités de destin et les différences culturelles se forment bien souvent bien avant l’entrée dans l’enseignement supérieur. La réforme du collège (2015) et celle plus récente du lycée présentent des pistes intéressantes pour diminuer les frontières scolaires sociales et géographiques entre les élèves.

Toutefois, cette dernière manque toujours d’ambition dans le rapprochement des différents établissements du secondaire, et pire encore, instaure un contrôle continu qui pourrait encore renforcer la concurrence précoce entre eux. A défaut de cours de philosophie pour tous, l’instauration de cours de culture générale pour tous les lycéens serait en outre un minimum afin d’esquisser une appétence commune pour découvrir le patrimoine littéraire, cinématographique, musical… Dans le même esprit, la généralisation et le développement du Pass Culture à destination des jeunes, promesse du président de la République, est une nécessité.

Enfin, l’exemple de Sciences Po, qui met en place depuis deux ans un programme d’accompagnement «Premier Campus» à destination des lycéens boursiers est un exemple intéressant de renforcement du lien entre l’enseignement secondaire et les établissements d’enseignement supérieur, afin de combattre l’autocensure et la frontière entre deux univers parfois trop distincts. Réaffirmons donc que la discrimination positive, aujourd’hui cruciale, ne saurait rester le seul moyen pour atteindre les fins de mixité de sociale et de réussite pour tous. Ces quelques propositions pourraient donc contribuer à l’enrichir et la dépasser.

(1) Sciences Po, enquête jeunes diplômés 2018

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Quelles suites donner à l’affichage des drapeaux et de la Marseillaise? Par Claude Lelièvre...

26 Août 2019 , Rédigé par EducPros Publié dans #Education

Quelles suites donner à l’affichage des drapeaux et de la Marseillaise? Par Claude Lelièvre...

Les affiches sont déjà à disposition chez certains éditeurs scolaires. Qui va les commander et les placer? Qui va les financer? Dans les salles de classes où elles seraient absentes, les chefs d’établissement et/ou les professeurs "responsables" seront-ils rappelés à l’ordre voire sanctionnés? Et par qui?

L’article 4 de la loi « Pour une école de la confiance » publiée au BO du 26 juillet indique en effet que « l’emblème national de la République française, le drapeau tricolore bleu blanc rouge, le drapeau européen, la devise de la République et les paroles de l’hymne national sont affichés dans chacune des salles de classe des établissements du premier et du second degrés publics et privés sous contrat ».

Ces affiches seront-elles offertes simplement au regard des élèves et censées agir en quelque sorte par magie? On bien y aura-t-il des explications sur le sens de leurs éléments (avec replacement dans leurs contextes)? Sur quels aspects? Dans quel ordre? Décidé par qui (dans la succession des classes) aussi bien pour le secondaire que pour le primaire; et selon quelles responsabilités des différents professeurs au collège et au lycée?

Le 11 février dernier, à une proposition du député LR Eric Ciotti de mettre un drapeau tricolore dans chaque salle de classe, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer avait répondu dans un premier temps en s’inscrivant dans la continuité de ses prédécesseurs (et en faisant valoir des arguments qui méritent d’être connus et rappelés):  "Que les enfants connaissent la Déclaration des droits de l’homme, qu’ils chantent La Marseillaise et que le drapeau soit présent dans l’école est un objectif fondamental. Comme vous le savez, le code de l’éducation prévoit déjà chacun de ces éléments à l’échelle de l’école.

Vous proposez qu’ils soient dorénavant présents à l’échelle de la classe. Je ne dis pas que c’est une proposition absurde, mais je ne pense pas qu’il soit souhaitable de multiplier les affichages en classe pour des raisons pratiques assez évidentes. Nous devons, en revanche, nous attacher à ce que les élèves acquièrent une véritable connaissance de ces éléments. Or cela ne dépend pas tant  d’une présence dans la classe que dans les programmes et dans la formation continue des professeurs, et tout simplement du fait que les inspecteurs de l’éducation nationale s’assurent de l’effectivité de ces apprentissages.C’est exactement le sens des consignes que j’ai pu donner depuis que je suis au ministère, dans la continuité des mesures importantes prises au cours des deux quinquennats précédents. J’ai approfondi ce sillon, notamment au travers des repères annuels que nous avons fixés pour l’école primaire".

Mais d’autres députés  »LR » prennent la parole et soutiennent l’amendement présenté par Eric Ciotti. Il y a une suspension de séance à l’issue de laquelle est proposé (et voté) un  »compromis historique »(?) à la suite de  "propositions faites par le Gouvernement, avec l’aval du premier signataire de l’amendement n102 (Eric Ciotti)."

Après avoir d’abord réagi en ministre homme d’Etat, Jean-Michel Blanquer a finalement décidé en politicien (en se dérobant à l’affrontement politique avec la droite LR); et l’on se trouve quelques mois plus tard avec les difficultés d’application de cet article de sa loi… (chercher l’erreur, ou la faute)…

On doit espérer qu’il ne se dérobera pas une seconde fois en la matière: ce serait le comble qu’il ne donne aucune indication pour résoudre les problèmes d’application de ce qui est désormais l’un des points d’une loi, alors même qu’il n’a pas hésité ( par exemple) à signer et à publier le 28 mai dernier une note de service de plusieurs pages pour « Guider l’apprentissage des gestes graphiques et de l’écriture » (comme si les professeurs des écoles n’étaient pas au fait plus que lui depuis longtemps des "bonnes pratiques" dans un domaine par ailleurs peu clivant).

Après la dénégation (et finalement un certain mépris) envers l’expertise des professeurs des écoles dans un domaine qu’ils pratiquent depuis longtemps, l’absence de clarifications et de références minimum dans un domaine qui leur est assez étranger (comment faire appréhender le contenu de l’affiche, et en particulier les 7 strophes de La Marseillaise) serait de fait une dénégation des difficultés dans lesquelles les professeurs vont se retrouver en raison d’un choix ministériel foncièrement politicien . Un nouveau mépris.

Claude Lelièvre

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Tribune du Grand Conseil coutumier des peuples amérindien et bushinengé...

26 Août 2019 , Rédigé par France Info

Tribune du Grand Conseil coutumier des peuples amérindien et bushinengé...

Depuis plusieurs semaines les regards du monde entier sont tournés vers la forêt amazonienne. Cependant, il est souvent vite oublié, volontairement ou pas, que cette forêt est habitée, et gérée raisonnablement par les peuples autochtones depuis des millénaires. Le lien fraternel qui nous lie entre peuples autochtones d'Amazonie transcende les frontières administratives.

Depuis la Guyane, nous observons avec une grande tristesse les incendies qui ravagent notre forêt dans les différents pays. L'Amazonie est le territoire ancestral des peuples Amérindiens. L’Amazonie a servi de refuge au moment de la rébellion face au système esclavagiste.

La forêt est bien plus qu’un ensemble d’arbres et d’animaux. Nous y avons, nous peuples Amérindiens et Bushinengé, un attachement particulier au niveau culturel, spirituel, économique, etc.

Quand nous voyons les flammes, c’est tout cela qui brûle et c’est ce qui crée cette profonde compassion et solidarité avec les peuples et les communautés qui font directement face à ce drame.

Le président brésilien Jair Bolsonaro a déclaré le 12 avril 1998 : "Quel dommage que la cavalerie brésilienne ne soit pas montrée aussi efficace que les Américains. Eux, ils ont exterminé leurs Indiens". Il est évident que ce personnage profondément raciste a une grande part de responsabilité, néanmoins le Grand Conseil coutumier refuse de céder à la facilité et de personnifier le véritable problème qui est politique et économique et qui est soutenu par la majorité des dirigeants au niveau mondial.

Ce ne sont pas de simples feux, c’est l’œuvre du capitalisme.

Le feu n’est pas le seul danger qui menace ou qui détruit l’Amazonie. L’extractivisme a sa grande part de responsabilité. Et nous sommes dans l’étonnement face au positionnement du président Emmanuel Macron qui consiste à dénoncer la destruction de l’Amazonie brésilienne ou bolivienne mais qui parallèlement attribue 360 000 hectares de forêt aux multinationales minières, en Guyane, en Amazonie française.

Le Grand Conseil coutumier a pour responsabilité de représenter et défendre les intérêts des peuples amérindiens et bushinengé de Guyane.

Nous tenons à ré-affirmer notre solidarité avec les peuples directement touchés par ces incendies et nous demandons à la population de prendre enfin conscience de l’importance de la forêt.

Nous avons refusé de cosigner la tribune de madame la ministre Annick Girardin car il manque des engagements au niveau de la reconnaissance des droits des peuples autochtones et leur rôle dans la préservation de la biodiversité. Nous soutenons sa proposition d’augmenter les fonds alloués par l’Union européenne sur le développement de l’Amazonie mais la participation pleine des peuples autochtones à sa gestion doit être garantie. Nous soutenons sa proposition de créer un fonds international pour l’Amazonie mais qui devra être directement géré en Amazonie par les peuples autochtones et les communautés.

Nous notons les engagements du président de la République Emmanuel Macron "d’associer les peuples autochtones", néanmoins cela doit se traduire par la participation pleine des peuples autochtones à l’ensemble des décisions concernant la Guyane et l’Amazonie, donc le renforcement du Grand Conseil coutumier en instance décisionnaire avec de véritables moyens de fonctionnement.

Nous demandons une nouvelle fois au gouvernement français de ratifier la Convention 169 de l'OIT afin de reconnaître véritablement le droit des Peuples autochtones. 

Pour finir, l’Amazonie est bien plus qu’une forêt, c’est notre "chez-nous", elle est vivante et elle est en train de mourrir, par l’action de l’homme. Ensemble changeons le destin de notre planète et ayons le courage de prendre des virages pour l’avenir et pour l’espoir.

Le Grand Conseil coutumier des peuples amérindien et bushinengé

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