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Vivement l'Ecole!

Coup de coeur... Guy de Maupassant - En Sicile

10 Août 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

La forme de Palerme est très particulière. La ville, couchée au milieu d'un vaste cirque de montagnes nues, d'un gris bleu nuancé parfois de rouge, est divisée en quatre parties par deux grandes rues droites qui se coupent en croix au milieu. De ce carrefour, on aperçoit par trois côtés, la montagne, là-bas, au bout de ces immenses corridors de maisons, et, par le quatrième, on voit la mer, une tache bleue, d'un bleu cru, qui semble tout près, comme si la ville était tombée dedans !

Un désir hantait mon esprit en ce jour d'arrivée. Je voulus voir la chapelle Palatine, qu'on m'avait dit être la merveille des merveilles.

La chapelle Palatine, la plus belle qui soit au monde, le plus surprenant bijou religieux rêvé par la pensée humaine et exécuté par des mains d'artiste, est enfermée dans la lourde construction du Palais royal, ancienne forteresse construite par les Normands.

Cette chapelle n'a point de dehors. On entre dans le palais, où l'on est frappé tout d'abord par l'élégance de la cour intérieure entourée de colonnes. Un bel escalier à retours droits fait une perspective d'un grand effet inattendu. En face de la porte d'entrée, une autre porte, crevant le mur du palais et donnant sur la campagne lointaine, ouvre, soudain, un horizon étroit et profond, semble jeter l'esprit dans des pays infinis et dans des songes illimités, par ce trou cintré qui prend l'oeil et l'emporte irrésistiblement vers la cime bleue du mont aperçu là-bas, si loin, si loin, au-dessus d'une immense plaine d'orangers.

Guy de Maupassant - En Sicile

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"En France, qui prétend être le pays du « vivre ensemble », on ne scolarise pas ensemble" par Jean-Paul Delahaye

10 Août 2019 , Rédigé par Observatoire des inégalités Publié dans #Education

"En France, qui prétend être le pays du « vivre ensemble », on ne scolarise pas ensemble" par Jean-Paul Delahaye

EXTRAITS

Comment l’élitisme social est maquillé en élitisme républicain

L’élitisme du système scolaire français favorise les enfants de diplômés. Leurs parents, de droite comme de gauche, défendent une école qui fonctionne à leur profit. Le point de vue de Jean-Paul Delahaye, inspecteur général de l’Éducation nationale honoraire.

Notre école fonctionne plutôt bien pour 70 à 75 % des élèves. La moitié des élèves âgés de 15 ans comptent même parmi les meilleurs élèves du monde selon les évaluations internationales Pisa [1] de l’OCDE. Il faut s’en réjouir. Mais il faut dans le même temps observer le grand écart qui existe entre les résultats de ceux qui réussissent, le plus souvent issus des classes moyennes et favorisées, et les difficultés lourdes rencontrées aux mêmes évaluations par le quart des jeunes de la même génération, issus pour la plupart des milieux populaires. On le sait, la France est l’un des pays où l’origine sociale pèse le plus sur les destins scolaires. Notre élitisme est tout sauf républicain, il est essentiellement un élitisme social qui ne veut pas dire son nom. Cette injustice sociale qui est à l’œuvre au sein de l’éducation nationale ne date pas d’aujourd’hui. Notre système éducatif n’a jamais vraiment été programmé pour faire réussir tous les élèves. L’échec scolaire massif des enfants des milieux populaires n’est pas un accident, il est inhérent au système éducatif français qui a été conçu pour trier et pour sélectionner les meilleurs, ce qu’il fait très bien.

Certes, aujourd’hui, 44 % des sortants du système éducatif ont un diplôme de l’enseignement supérieur, soit deux fois plus que la génération qui vient de prendre sa retraite. Notre pays a été transformé par le processus de développement de son système éducatif. Sans l’école, les inégalités sociales seraient bien pires. Ou, pour le dire autrement, ce n’est pas l’école qui creuse les inégalités : elle ne parvient pas à les réduire, ce qui n’est pas la même chose. Le problème, c’est que la démocratisation, bien réelle, a été différenciée et que les inégalités scolaires se sont déplacées. Parmi les « décrocheurs », beaucoup moins nombreux aujourd’hui qu’il y a dix ans, 5 % sont des enfants de cadres, 45 % sont des enfants d’ouvriers. Certes encore, 80 % des jeunes obtiennent le baccalauréat aujourd’hui. Mais si 90 % des enfants d’enseignants et de cadres supérieurs qui entrent en 6e obtiennent un baccalauréat sept ans après, ce n’est le cas que pour 40 % des enfants d’ouvriers. Et ce n’est pas le même baccalauréat pour tous les jeunes : les enfants d’ouvriers obtiennent, pour 70 % d’entre eux, un baccalauréat professionnel ou technologique, tandis que 75 % des enfants de cadres et d’enseignants décrochent ce diplôme dans la filière générale.

Une école qui procède par élimination

En France, qui prétend être le pays du « vivre ensemble », on ne scolarise pas ensemble. La partie de la population dont les enfants réussissent si bien dans une école qui procède par élimination, et qui sont surreprésentés dans les classes préparatoires aux grandes écoles, – s’est réservé de fait la voie générale. Elle valorise, dans les discours, l’apprentissage et l’enseignement professionnel, mais n’en fait pas une voie de réussite pour ses propres enfants : elle y oriente les enfants des milieux populaires, ce qui a l’avantage de protéger ses enfants du contact des enfants des autres. Ces inégalités dans les scolarisations ont évidemment un impact sur la suite. Une étude de l’OCDE [2] montre que 73 % des enfants de diplômés de l’enseignement supérieur en France ont à leur tour un diplôme de l’enseignement supérieur, contre seulement 17 % des enfants de non-diplômés du secondaire (la moyenne dans l’OCDE est de 21 %). En France, on échappe moins qu’ailleurs au déterminisme social.

Pourquoi est-ce si difficile en France de bâtir un système éducatif qui soit organisé pour que tous les enfants réussissent et qui ne soit pas essentiellement concentré sur la sélection des meilleurs ? Pourquoi est-il si difficile dans notre pays de concevoir des modes d’évaluation qui encouragent, plutôt que de pénaliser, et qui font progresser dans les apprentissages ? Pourquoi sommes-nous le seul pays au monde à laisser les adultes concentrer le temps scolaire des enfants de l’école primaire sur seulement quatre journées de classe ? Pourquoi les décisions d’orientation sont-elles si dépendantes des origines sociales ? [3] Ces questions sont autant de problèmes à résoudre et de défis à relever pour notre pays. Y apporter des solutions nécessite davantage de partage et de fraternité et oblige à dépasser certains intérêts particuliers pour privilégier l’intérêt général, ce qui est loin d’être la tendance actuelle. Ceux dont les enfants réussissent bien aujourd’hui dans l’école telle qu’elle est n’ont pas besoin et donc pas intérêt à ce que l’école se réforme pour la réussite des autres, ce qui prive le système éducatif de mesures qui lui permettraient de mieux lutter contre les inégalités et d’œuvrer pour l’intérêt général. Prenons quelques exemples.

(…)

Au fond, une des difficultés rencontrées pour réformer l’école vient du fait que les intérêts particuliers, portés à la conservation d’un système éducatif inégalitaire, se retrouvent sur les deux côtés de l’échiquier politique et s’expriment beaucoup dans les médias, savent se faire entendre, défendent les positions acquises – y compris s’agissant des choix budgétaires – et ont un pouvoir de retardement des réformes, voire de blocage. Peut-on se contenter de souhaiter que la partie de la population française qui a organisé l’école essentiellement pour ses propres enfants comprenne qu’il est dans son intérêt de mieux organiser l’école pour la réussite de tous ? Dans le cas contraire, nous allons au-devant de grandes difficultés. Tant de privilèges, d’un côté, et de scolarités difficiles, d’échecs humiliants, de l’autre, mettent en danger notre pacte républicain. Ceux qui, à tort ou à raison estiment qu’ils n’ont pas accès aux mêmes droits que les autres, auront des difficultés à accepter longtemps d’avoir les mêmes devoirs que les autres.

Jean-Paul Delahaye

Inspecteur général de l’éducation nationale honoraire, ancien directeur général de l’enseignement scolaire

Texte complet à lire en cliquant ci-dessous

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A Voir... «La liberté nous aime encore»: témoignages pour que cessent les guerres...

10 Août 2019 , Rédigé par christophe

Il y a les mots que prononça Albert Camus lorsqu’il reçut le prix Nobel en 1957 ; il y a aussi des extraits du livre de Job tiré de l’Ancien Testament ; et il y a surtout, dans ce documentaire, les témoignages directs d’un psychiatre général des armées, d’un photo-reporter, de correspondants de guerre (dont le journaliste Jean-Pierre Perrin, qui collabore régulièrement à Mediapart), d’un jeune sergent-chef tireur d’élite français, d'un ancien résistant…, qui tous évoquent, posément, la folie de la guerre, sa barbarie, ce dont l’homme est capable autant en bien qu’en mal.

Sur des images d’archives souvent inédites et très bien montées, ces récits viennent rappeler la fragilité de l’humanité, la troublante et effrayante capacité de destruction des hommes. Une réflexion avant tout sur l’essence même de la vie et ce qu’elle implique de courage et d’engagement à mener pour combattre l’inhumanité. Non encore sorti en salle, ce film est plus que nécessaire aujourd’hui.

Film documentaire 2018, VOST, 111 min, France // Réalisation, scénario, image, montage, son : Sarah Franco-Ferrer // Production L'Atelier Quetzal-Sarah Franco-Ferrer.

Lire aussi la critique de Jean-Claude Guillebaud (TéléObs) : La guerre et son récit hollywoodien

https://www.mediapart.fr/studio/documentaires/international/la-liberte-nous-aime-encore-temoignages-pour-que-cessent-les-guerres?utm_source=20190810&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-20190810&M_BT=16590131223

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Woodstock, l'éternel été...

10 Août 2019 , Rédigé par France Culture Publié dans #Musique, #Culture

par Natacha Triou, Antoine Lachand, Marie Richeux, Lise-Marie Barré, David Unger, Romain Boulet, Etienne Menu, Elodie Maillot, Simon Rico et Mattéo Caranta

Il y a cinquante ans, plus de 500 000 jeunes se rassemblent dans un champ dans l’Etat de New York. Des pubs dans le New York Times leur promettent un rêve : des hectares de nature et des heures de musique sans gratte-ciel à l’horizon… Et puis il y a eu la boue, le LSD, les décibels, la gratuité et l’utopie. Et Woodstock devient une légende estivale, un rêve qui a ébranlé le monde à jamais. Comme l’été, Woodstock est mythique et fondateur. En mêlant archives, interviews cette série revisite cette expérience mais surtout les murs qu’elle a fait tomber, aux frontières de la poésie et du réel, de la politique et de l’histoire. Et ce que ce mythe incarne cinquante plus tard...

Woodstock, l'éternel été (1/5) : Rêver une autre route
58 min
LE 05/08/2019

Avant le festival, on a marché sur la Lune, lancé le Concorde et Kerouac n’était pas encore mort. Avant l’été 69, la route est déjà une promesse de liberté,...

Woodstock, l'éternel été (2/5) : Vivre un autre monde
58 min
LE 06/08/2019

Le festival de Woodstock fait tomber les murs du son en amplifiant la musique devant un public inédit et inattendu : des centaines de milliers de personnes....

Woodstock, l'éternel été (3/5) : Faire tomber les portes de la perception
59 min
LE 07/08/2019

Qu’est-ce qui survit encore de l’imaginaire de Woodstock ?

Woodstock, l'éternel été (4/5) : Woodstock hors les murs, et autres escales estivales
58 min
LE 08/08/2019

En 2019, le label "Woodstock" marche encore pour vendre des concerts et du rêve.

Woodstock, l'éternel été (5/5) : Woodstock hors du temps
58 min
LE 09/08/2019

Encore aujourd’hui, Woodstock est une matrice d’inspiration et de fantasme de générations d’artistes.

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Roberta Mameli chante Vivaldi, Monteverdi...

9 Août 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Yves Bonnefoy...

9 Août 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

La pluie d'été

 

Mais le plus cher mais non

Le moins cruel

De tous nos souvenirs, la pluie d'été

 

Soudaine, brève.

 

Nous allions, et c'était

Dans un autre monde,

Nos bouches s'enivraient

De l'odeur de l'herbe.

 

Terre,

L'étoffe de la pluie se plaquait sur toi.

 

C'était comme le sein

Qu'eût rêvé un peintre.

                                            __________________________________________

 

Dans le leurre des mots

Et le rossignol chante une fois encore

Avant que notre rêve ne nous prenne,

Il a chanté quand s'endormait Ulysse

Dans l'île où faisait halte son errance,

Et l'arrivant aussi consentit au rêve,

Ce fut comme un frisson de sa mémoire

Par tout son bras d'existence sur terre

Qu'il avait replié sous sa tête lasse.

 

Je pense qu'il respira d'un souffle égal

Sur la couche de son plaisir puis du repos,

Mais Vénus dans le ciel, la première étoile,

Tournait déjà sa proue, bien qu'hésitante,

Vers le haut de la mer, sous des nuées,

Puis dérivait, barque dont le rameur

Eût oublié, les yeux à d'autres lumières,

De replonger sa rame dans la nuit.

                                        ___________________________________________

 

Hier, l'inachevable

Notre vie, ces chemins

Qui nous appellent

Dans la fraîcheur des prés

Où de l’eau brille.

 

Nous en voyons errer

Au faîte des arbres

Comme cherche le rêve, dans nos sommeils,

Son autre terre.

 

Ils vont, leurs mains sont pleines

D’une poussière d’or,

Ils entrouvent leurs mains

Et la nuit tombe .

 

Yves Bonnefoy- Les Planches Courbes

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Macronie: quand l'image remplace idées et actions...

9 Août 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Politique

Macronie: quand l'image remplace idées et actions...

                                                                                                 "L’aliénation du spectateur au profit de l’objet contemplé s’exprime ainsi : plus il contemple, moins il vit ; plus il accepte de se reconnaître dans les images dominantes du besoin, moins il comprend sa propre existence et son propre désir… C’est pourquoi le spectateur ne se sent chez lui nulle part, car le spectacle est partout. "

Guy Debord - La société du spectacle

La France, depuis mai 2017, depuis l’avènement « Macron », manque singulièrement d’imagination. En revanche que d'images! Que de photos! Que de fausses idées: commissions, rapports, tables rondes, "Grenelle"! Qui seront autant d'occasions de produire de "belles" images en compagnie de français, jeunes et moins jeunes, souvent sans le moindre commentaire. L'image se suffit à elle-même: un ministre, quelques sourires, le soleil et le tour est joué. 

Je m’amuse souvent sur les réseaux sociaux. Sur Twitter en particulier que je squatte plus que de raison. L’affaire « Benalla », pendant l’été 2018, d'autres plus récentes, ont provoqué un tsunami de micro-messages. Parmi eux, ceux des soutiens du président de la République. Quelle tristesse de lire cette suite de copiés-collés d’éléments de langage, sans même que les ministres, secrétaires d’Etat, députés, autres élus et soutiens divers prennent la peine d’inclure quelques variantes pour masquer la martingale. Certains de leur toute-puissance, ils méprisaient même l’imagination.

Ce ne sont pas les « ouvrages » - gloire à l’inventeur des guillemets - parus après l’élection du dernier locataire de l’Élysée qui ont relevé le niveau. Les Brice Couturier, Régis Debray, Olivier Duhamel, Pierre-André Taguieff, Philippe Reynaud, Alain Touraine ont tous taquiné leur souris – on ne trempe plus sa plume – pour proposer des dithyrambes plus ou moins enamourés. Laissant peu de place au rêve, la « Macronie » a installé sa « start-up nation » qui est à l’imagination ce qu’André Rieu est au violon : une faute de goût.

Pour tuer l’imagination,  le candidat Macron a usé d’un subterfuge.

Qui tient en une expression : « En même temps ». Elle élimine l’altérité, la confrontation, le débat contradictoire. Vous vous trouvez embrassés dans une opinion généralisante, enveloppante, attrape-tout. Cette expression, tic de langage mais aussi arme de destruction massive, fut reprise par la journaliste Apolline de Malherbe pour titrer une émission régulière de BFM TV. C’est dire son succès.

Le candidat et Président Macron, c’est l’homme « favorable à une intervention militaire en Syrie et en même temps qui refuse le départ immédiat de Bachar el Assad ».

Qui « invite à renforcer nos frontières et en même temps à répondre pleinement de notre devoir d’accueil ».

Qui « veut multiplier les investissements d’avenir et en même temps faire preuve de sérieux budgétaire. »

Collationner les phrases prononcées ou écrites par Emmanuel Macron, utilisant toutes l’expression « En même temps » serait fastidieux tant elles sont nombreuses.

Et l’imagination, l’invention, le débat, la dispute disparaissent peu à peu dans un monde neutre, plat. Une banquise uniforme, monocolore. « Ni droite ni gauche ». «Plus de clivages ». Ne pas adhérer à la Macronie, c’est être déviant. C’est ne pas comprendre que l’avenir n’appartient pas à celles et ceux qui s’opposent, qui contredisent, qui projettent autre chose que l’horizon d’attente imposé par le « chef ». Le déviant contestataire n’a pas sa place en France macronienne. Il empêche la construction d’un pays lisse d’où sont absents les opposants, tous rangés dans le camp des extrémistes. D’où est absente l’imagination. C’est dangereux l’imagination pour un pouvoir tel que celui qui installé sous nos yeux.

Il est pourtant si doux, si nécessaire et vital, dans un monde où souvent la réalité est sombre, de coudre ensemble les fils de l’élégance, de la poésie et du rêve.

À la place de l’imagination, Emmanuel Macron et ses affidés nous proposent le « rien ». À l’intérieur de ce « rien », la Macronie offre des images auxquelles nous sommes priés d’adhérer. Images qui nourrissent les médias et réseaux sociaux. Elles provoquent immanquablement des commentaires au kilomètre, aussi inutiles et vains que les images elles-mêmes. Mais elles occupent des « parts de cerveaux disponibles » pour reprendre une formule devenue tristement célèbre. La critique s’efface. Le rêve disparaît. L’imagination est morte ! Vive la start-up nation, ses slogans et son peuple de « collaborateurs » ! Soyez consentants, ne vous occupez de rien, nous créons POUR vous ! Malheur évidemment aux vaincus. Car il y en aura mais de ceux-là, il n’est jamais question en Macronie.

Un cauchemar ! Le petit monde de l’arrivisme érigé en système ayant pour seules « valeurs » l’activisme et l’efficacité.

Un cauchemar ! Le petit monde où ne règnent plus que les trois « extrêmes » : l’extrême gauche, l’extrême droite et l’extrême centre macronien. Un extrême centre désormais de droite.

Un cauchemar où, sans que personne encore s’en soit alarmé, le président de la République est imposé comme le "maître des horloges". 

Que reste-t-il quand l’imagination est menacée ? Tout !

Tout ce que celles et ceux voulant s’opposer à un modèle de société à ce point éloigné de l’humain auront à proposer.

À commencer par ces mots que j’écris.

À commencer par la capacité qu’ont les Français à refuser, démocratiquement et légitimement, ce qu’on leur impose aussi médiocrement.

À commencer par dénoncer le pouvoir d'images faciles, paresseuses et trompeuses lorsque celles-ci n'existent que pour remplacer les idées et masquer l'absence d'actions.

Christophe Chartreux

 

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Tu es l’image éternelle de mes « étés invincibles »...

9 Août 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Moi, la petite fille que tu étais, je l'ai rencontrée. Je l'ai croisée. J'ai joué avec elle dans la poussière ensoleillée transformée en nuages à grands coups de pieds nus dans des sandales en plastique. Nous avions toi et moi huit ans, neuf ans. Nous vivions baignés dans la lumière « si éclatante qu'elle en devenait noire et blanche ». Camus encore.

Avec toi j'ai lancé des pierres sur des cibles imaginaires ou visant des boîtes de fer abandonnées là, sur le chemin qui menait du village à la ville en contrebas. J'ai aimé tes yeux sombres, immensément ouverts malgré la violence du soleil asséchant tout, sans pitié, dans des étés torrides. J'ai vu avec toi les troupeaux, maigres, de quelques vaches énervées par les mouches, sauvées par les pique-bœuf venant festoyer sur le dos des pauvres bêtes. Je les ai vues ces chèvres et ces poules, devant chez moi, dans ce champ que je traversais enfant pour rejoindre l'école. Je te croisais souvent.

Nous parlions sans toujours nous comprendre. Pourtant mes parents avaient pris soin de me faire apprendre et comprendre l'arabe. Mais nous préférions rire dans un langage commun, celui du bonheur des enfants insouciants. Nos doigts glissaient sur les murs blancs de chaux, couverts des longs chapelets de bougainvilliers en fleurs.

J'ai rêvé si souvent, blotti dans le large sarouel de celle que je n'ai jamais pu appeler ma "bonne", encore moins ma "fatma", d'être de ces femmes et de ces hommes travaillant une terre aride qui prenait leurs forces bien plus qu'elle ne donnait d'épis. Les sillons creusaient les visages et les mains. Et moi, endormi entre les jambes de Khadija assise par terre sur le carrelage bleu et blanc de la cuisine, j'attendais sa main peinte au henné sur mon front. Elle commençait toujours par caresser mon visage avant de me raconter des histoires de djinns, invisibles esprits facétieux et malins. Mélangeant le français et l'arabe, j'étais au monde. Le mien.

Et soudain ton rire dans la rue ! "Va Christophe" me disait-elle.

J'abandonnais la douceur et les parfums de Khadija pour te rejoindre. Pour retrouver les deux rives des sentiments élémentaires. Aimer et admirer. Aimer ce que nous étions, admirer ce que nous regardions. Tout ce que beaucoup ne savent plus faire aujourd'hui.

C'est ton regard, ton rire, c'est Khadija et son visage peint, ce sont les fleurs et les vagues, la poussière et le bleu du ciel, les nuits étoilées comme les pluies d'automne qui ont été ma chance. Ces souvenirs-là ne m'ont jamais abandonné.

Tu es l'image éternelle de mes "étés invincibles"...

Christophe Chartreux

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Charles Aznavour...

8 Août 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Coup de coeur... Christophe Boltanski...

8 Août 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

Nous avions peur. De tout, de rien, des autres, de nous-mêmes. De la nourriture avariée. Des oeufs pourris. Des foules et de leurs préjugés, de leur haines, de leurs convoitises. De la maladie comme des moyens mobilisés pour la contrer. Du comprimé absorbé après une lecture attentive du dictionnaire Vidal. De l'asphyxie au gaz de ville. D'une noyade en mer. D'une avalanche en montagne. Des voitures. Des accidents. Des porteurs d'uniforme. De toute personne investie d'une autorité quelconque, donc d'un pouvoir de nuire. Des formulaires officiels. Des recours administratifs. De la petite comme de la grande histoire. Des joies trompeuses. Du blanc qui présuppose le noir. Des honnêtes gens qui, selon les circonstances, peuvent se muer en criminels. Des Français qui se définissent comme bons, par opposition à ceux qu'ils jugent mauvais. Des voisins indiscrets. De la réversibilité des hommes et de la vie. Du pire, car il est toujours sûr.

Christophe Boltanski - La Cache 

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