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Vivement l'Ecole!

2019/2020 - Un milliard pour l'éducation... En 2017, avec Najat Vallaud-Belkacem, c'était TROIS milliards...

15 Juillet 2019 , Rédigé par Le Café Pédagogique Publié dans #Education

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EXTRAITS

Publiés le 11 juillet, les premiers documents budgétaires annoncent une hausse d'un milliard du budget de l'éducation nationale en 2020. L'éducation nationale connaitrait la plus forte hausse après les armées. Mais cette somme ne devrait pas épargner des tensions pour l'éducation nationale compte tenu de la croissance des besoins en 2020 du fait des décisions d'E Macron et de la montée du SNU.

(...)

Une hausse importante ?

Cette hausse d'un milliard en 2020 est importante dans des dépenses ministérielles totales qui ne vont augmenter que de 4.85 milliards. En fait l'éducation nationale est le second ministère qui voit son budget progresser, derrière les armées (+1.53 milliard) et devant la santé (+0.82), l'intérieur (+0.72) et l'écologie (+0.64). Mais , compte tenu de sa masse budgétaire, cela ne  représente qu'une croissance de 2%. C'est moins que la santé (+6%), les armées (+4%) et l'intérieur (+4%) et autant que l'écologie (+2%). Somme toute l'éducation nationale augmente à peine plus que le budget total des ministères (+1.8%).

La vraie question est de savoir si la hausse d'un milliard  va vraiment "donner de l'air" à l'éducation nationale et si elle permet de faire face aux besoins.

Pour situer cette hausse il faut la comparer à celle des années précédentes. En 2017, N Vallaud-Belkacem avait arraché 3 milliards à Bercy. En 2018, JM Blanquer avait obtenu une hausse de 1.3 milliard, qui s'est avérée insuffisante pour que les premiers dédoublements se fassent sans peser sur les autres classes. D'autant que le ministre ne dépensait pas 260 millions. Résultat : en 2019 le budget de l'éducation nationale augmentait de seulement  0.9 milliard. C'est pratiquement cette hausse qui est renouvelée en 2020.

Un apport suffisant pour les nouvelles charges de l'éducation ?

Il faut aussi l'évaluer par rapport à la hausse des charges de l'éducation nationale en 2020. On peut déjà retirer du milliard environ 400 millions correspondant à la hausse automatique du glissement vieillesse technicité (le fait que les fonctionnaires "montent" en ancienneté et gagnent plus) et à l'application du PPCR. Le doublement des primes Rep+ devrait couter environ 100 millions. Plus difficile à évaluer est la prise en charge des AESH sur le budget éducation nationale. En 2019 cela représentait 200 millions. Il y a aussi le SNU dont les effectifs vont passer de 2000 jeunes en 2019 à 40 000 en 2020. Le cout estimé pourrait être un peu inférieur à 100 millions. On a déjà presque dépensé le milliard.

(...)

Avec un milliard supplémentaire, JM Blanquer devrait se trouver devant un double mécontentement. Celui des enseignants qui demandent des hausses de salaire. Et celui des enseignants du second degré qui devraient voir de nouvelles suppressions de postes alors que le second degré voit le nombre d'élèves augmenter et que les classes sont déjà chargées. On comprend mieux pour quoi la seconde heure supplémentaire devient obligatoire dès la rentrée 2019...

François Jarraud

Le tiré à part et le rapport

Le billet complet est à lire en cliquant ci-dessous

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Baccalauréat : « C’est l’entêtement du ministre qui a généré ce chaos »...

15 Juillet 2019 , Rédigé par Le Monde Publié dans #Education

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EXTRAITS

Professeure de lettres à Saint-Denis (93) et présidente de l’association Sauver les lettres, Fanny Capel dans une tribune au « Monde » s’insurge contre le « gigantesque retournement des rôles » qui voit les grévistes du bac accusés d’avoir perdu le sens du service public.

Tribune. « Merci encore pour tout ce que vous faites ». J’ai reçu les vœux vidéo de mon ministre, qui me souhaite des vacances bien méritées, à moi, l’un de ces « piliers de la République » qui exerce un métier si difficile… Il me remercie, m’invitant dès septembre à réembarquer à bord de l’école « de la confiance » à laquelle il croit tant.

En 2 minutes 49 d’un discours aussi creux que promet de l’être le futur « grand oral » du nouveau bac, voilà le baroud d’honneur du blocage du bac noyé dans la première anisette juillettiste. Je ne sais si j’ai envie d’en rire ou d’en pleurer.

Cette année, les candidats que j’ai interrogés à l’oral du bac de français m’ont souvent parlé de l’Antigone de Jean Anouilh. Et ça m’est venu, devant ce costume sombre et ces yeux las : Blanquer, c’est Créon !

(...)

Proclamer des résultats tronqués ?

Fallait-il vraiment, comme Créon, « mener cette barque qui prend l’eau de toutes parts », coûte que coûte ? Fallait-il, le jour fatidique du 5 juillet, proclamer des résultats tronqués ? Fallait-il accepter que l’on ait, ça et là, bricolé ou carrément inventé des notes, bafoué l’anonymat des copies, nommé des proviseurs présidents de jury, fait délibérer des personnels non habilités ? Fallait-il pousser les agents non-grévistes à outrepasser les dispositions en vigueur, au risque de l’illégalité ? Fallait-il menacer les grévistes de sanctions dont la validité juridique est encore moins établie ? Tout cela s’est vu ces jours derniers.

Rien de bien surprenant, après tout : ces bidouillages ne permettent-ils pas d’inaugurer, avec un peu d’avance, le nouveau bac qui se mettra en place l’an prochain ? Un bac non seulement court-circuité par Parcoursup mais désormais délivré sur la base d’inégalités locales flagrantes, un simple diplôme de fin d’études à la valeur douteuse.

(...)

Les mots n’ont décidément plus aucun sens

Cependant, nous ne sommes que de braves petits fonctionnaires habitués à fonctionner, alors, les quelque 100 000 copies retenues, au lieu de les brûler dans un geste grandiose, nous nous sommes contentés de les garder au chaud un week-end de plus, dûment corrigées, annotées comme à l’accoutumée de nos plus beaux stylos rouges. « Une exaction »« un sabotage » a tonné Créon à la télé. Les mots n’ont décidément plus aucun sens.

Qui a été sacrifié ? Les quelques milliers d’élèves qui risquaient de voir leur inscription à la fac retardée - ou les centaines de milliers de lycéens qui, dès l’an prochain, plancheront sur le bac six fois en deux ans, sans qu’on leur laisse le temps de progresser, sur des épreuves élaborées localement, au mépris de la plus élémentaire égalité républicaine ? Qui a pris les lycéens « en otage » ?

(...)

Trois jours après ses vœux, Créon a promis « des procédures » à l’encontre de ceux qui ont osé braver son autorité. Parions, pour la rentrée, qu’Antigone n’ait pas dit son dernier mot. Bonnes vacances, Monsieur le ministre.

Fanny Capel Agrégée de lettres modernes, enseigne depuis 1998, en zone sensible depuis 2009. Auteure de plusieurs ouvrages sur l’école, dont Prof, et fière de l’être (éditions du Rocher, 2008), elle est présidente de l’association Sauver les lettres. Fanny Capel a été en grève les 17 et 18 juin 2019.

La tribune est à lire en cliquant ci-dessous

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Les bons manuels de lecture...

15 Juillet 2019 , Rédigé par Catherine Chabrun Publié dans #Education

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Dans son guide Enseigner la lecture et l’écriture au CP, le ministre préconise : « L’élève, dans l’apprentissage, ne doit jamais être confronté au déchiffrage des graphèmes qui ne lui ont pas été enseignés (principe de déchiffrabilité) ».

Eh bien, la plupart des manuels en méthode syllabique ont des départs globaux, même si c’est peu. Ils utilisent des mots repères, de références, voire de courtes phrases…

Et peu d'entre eux tiennent compte de cette autre recommandation : « Le rythme des CGP (Correspondance graphème phonème) étudiées est suffisamment soutenu les premières semaines : un tempo de 14 ou 15 CGP étudiées pendant les neuf premières semaines ».

Les manuels possibles : 

La Méthode Boscher, (Belin) pas tout jeune 1906, mais toujours édité et utilisé, surtout par les parents.

En riant, R. Joly, 1935 (Nathan), d’occasion seulement…

Léo et Léa, 2009, (Belin)

Le manuel de lecture, 2007 (Librairie des écoles)

Même Rémi et Colette, Ratus, Taoki…  ne correspondent pas, départ trop global.

Selon les recommandation des scientifiques et des enseignants après une étude dans l’académie de Paris entre 2017 et 2019, on peut ajouter, car ils respectent eux aussi la démarche syllabique avec un enseignement rapide et systématique du décodage :

 - Lecture piano (Retz)  

- Je lis, j’écris (Les Lettres bleues)

Vraiment peu de choix pour les enseignants !  

Que faire des conseils du ministre pour « aider les professeurs à bien choisir leurs manuels » ?

- Soit l’enseignant tombe sous le charme et change tout, il tente alors de se procurer l'un des manuels de lecture. S’il n’a pas assez de budget, il pourra « improviser sans manuel »  en construisant lui-même ses leçons, les enfants colleront des fiches sur des cahiers ou rempliront des porte-vues.

- Soit l’enseignant décide de continuer ce qui fonctionnait très bien dans sa classe (méthode mixte, naturelle…)

- Soit il n'en prend pas connaissance et rien ne change.

Mais si la hiérarchie s’en préoccupe et pour éviter que la classe de CP ne soit confiée à un enseignant favorable à la méthode syllabique, ne serait-il pas possible d’utiliser un manuel sans suivre la méthode ?

Je l’ai fait dans une classe de CP, il y avait Daniel et Valérie dans la classe, c’était une méthode mixte, mais je souhaitais que les enfants apprennent à lire à partir de leurs textes écrits (sens, analogie et combinatoire), le manuel a servi comme ressources pour ceux qui lisaient et pour le soutien individuel pour ceux qui en avaient besoin.

Là, il s’agit d’utiliser un manuel syllabique – qu’il soit déjà présent dans la classe ou qu’il vienne d’arriver – tout en continuant ce qu’on faisait précédemment.

Pour conserver sa méthode de lecture

Les manuels sont bien là dans la classe, mais ne sont pas distribués. Ils sont sur une étagère (ou une table) à la disposition des enfants, un peu comme un répertoire… ils deviennent une banque de syllabes et de mots à utiliser. L’entraide et la coopération entre pairs sont là pour que chacun puisse s’y retrouver : l’utilisation du sommaire par exemple.

Ainsi à l’initiative de l’enfant ou de l’enseignant, le manuel est un outil de révision, de consolidation, de remédiation ou tout simplement d’aide à l’écriture quand il veut rechercher ou vérifier la graphie d’une syllabe, d’un mot quand il écrit un texte.

Ainsi la méthode de lecture utilisée les années précédentes conserve toute sa place.

Parfois, le manuel ira à l’étude, à la maison si l’enfant souhaite réviser ou montrer à sa famille ce qu’il sait y lire. Seul le livre (ou le cahier) de la méthode de lecture utilisé en classe sera présent tous les soirs dans le cartable et fera l’objet de consignes de l’enseignant.

On peut procéder ainsi avec tous les autres manuels présents dans les classes, ils deviennent des outils à disposition des enfants (entraînements personnalisés, révisions, remédiations…) et non une méthode à suivre.

Catherine Chabrun

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Les plans Mercredi profitent davantage aux enfants des villes qu’à ceux des campagnes...

15 Juillet 2019 , Rédigé par Banque des territoires Publié dans #Education

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À l'issue de sa première année, le plan Mercredi sur le périscolaire a atteint près de 4.200 communes, surtout urbaines. Sur les quelque 454.000 places labellisées, un tiers se trouvent en Île-de-France. Dans un rapport remis au gouvernement le 9 juillet, le Conseil d’orientation des politiques de jeunesse appelle à concentrer les efforts sur les communes les moins outillées.

Un rapport du Conseil d’orientation des politiques de jeunesse (COJ) sur le "plan Mercredi" a été remis le 9 juillet en toute discrétion au ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, Jean-Michel Blanquer, et à son secrétaire d’État en charge de la Jeunesse, Gabriel Attal. On y trouve des éléments quantitatifs et qualitatifs d’évaluation de ce plan gouvernemental lancé en juin 2018 (voir nos articles ci-dessous) avec, selon le COJ, "un double objectif de qualité des activités proposées et de continuité éducative entre les temps scolaires et périscolaires". À la clé pour les communes qui s’engageaient dans cette démarche partenariale : une bonification de la prestation de service ordinaire délivrée par les CAF, passant de 54 centimes à 1 euro par enfant et par heure, pour les "heures nouvelles" assurées le mercredi.

Un plan Mercredi dans 20% des communes dotées d'une école publique

Selon le COJ qui a exploité les données de l’application dédiée, 2.129 plans Mercredi ont été validés et 454.099 places labellisées depuis le lancement. Ces plans concernent 4.167 communes, soit près de 20% des 21.500 communes dotées d’une école publique. "Les grandes communes urbaines signataires d’un plan Mercredi" se trouveraient "à peu près autant en semaine de 4 jours et de 4,5 jours", alors qu'il restait à la rentrée 2018 environ 20% de communes organisant le temps scolaire en 4,5 jours.

De taille supérieure à la moyenne nationale, ces quelque 4.200 communes représenteraient 45% des enfants scolarisés. "Les plans Mercredi profitent davantage aux enfants des villes qu’à ceux des campagnes : l’Île-de-France concentre un tiers des places ouvertes", observe ainsi le COJ. Autre signe de ce "tropisme urbain" : des "pics de concentration autour des pôles urbains de niveaux national et local".

"Les communes possédant des accueils bien structurés se sont plus aisément appropriées la démarche", remarque encore le COJ. À l’inverse, les financements sont "jugés insuffisants par les communes les moins structurées en accueils de loisirs et en particulier en milieu rural". Il en résulte des "disparités importantes entre les communes, entre les départements".

"Cibler en priorité les communes volontaires les moins outillées"

Le COJ formule plusieurs recommandations pour que le plan Mercredi soit utile aux territoires qui en auraient le plus besoin. Il invite d’abord à "cibler en priorité les communes volontaires les moins outillées" au niveau départemental et à favoriser l’échange de pratiques au niveau régional. Sur le plan national, le COJ recommande notamment le lancement d’un appel à projets en direction des associations nationales d’éducation populaire pour accompagner les collectivités dépourvues d’ingénierie. Autres propositions : la "création d’une banque de ressources périscolaires sur le site de Canopé" et l’évaluation du dispositif.

Sur le plan qualitatif, le COJ appelle en particulier à davantage de coordination entre les dispositifs, dont les cités éducatives, en généralisant les projets éducatifs territoriaux (PEDT). Destiné à "structurer la cohérence des projets et l’action des différents intervenants", le PEDT - dont le plan Mercredi deviendrait une "annexe" - "serait le document unique pour définir et piloter l’ensemble de la politique éducative sur un territoire".

Caroline Megglé pour Localtis

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Coup de coeur... Pierre Lemaître... Au revoir là-haut...

14 Juillet 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Littérature

C'est moins "beau" les armées lorsqu'elles ne défilent pas. Lorsqu'elles font la guerre voulue par des gens qui mourront dans leur lit!

Novembre 1918 

Ceux qui pensaient que cette guerre finirait bientôt étaient tous morts depuis longtemps. De la guerre, justement. Aussi, en octobre, Albert reçut-il avec pas mal de scepticisme les rumeurs annonçant un armistice. Il ne leur prêta pas plus de crédit qu'à la propagande du début qui soutenait, par exemple, que les balles boches étaient tellement molles qu'elles s'écrasaient comme des poires blettes sur les uniformes, faisant hurler de rire les régiments français. En quatre ans, Albert en avait vu un paquet, des types morts de rire en recevant une balle allemande. 

Il s'en rendait bien compte, son refus de croire à l'approche d'un armistice tenait surtout de la magie: plus on espère la paix, moins on donne de crédit aux nouvelles qui l'annoncent, manière de conjurer le mauvais sort. Sauf que, jour après jour, ces informations arrivèrent par vagues de plus en plus serrées et que, de partout, on se mit à répéter que la guerre allait vraiment prendre fin. On lut même des discours, c'était à peine croyable, sur la nécessité de démobiliser les soldats les plus vieux qui se traînaient sur le front depuis des années. Quand l'armistice devint enfin une perspective raisonnable, l'espoir d'en sortir vivant commença à tarauder les plus pessimistes. En conséquence de quoi, question offensive, plus personne ne fut très chaud. On disait que la 163e DI allait tenter de passer en force de l'autre côté de la Meuse. Quelques-uns parlaient encore d'en découdre avec l'ennemi, mais globalement, vu d'en bas, du côté d'Albert et de ses camarades, depuis la victoire des Alliés dans les Flandres, la libération de Lille, la déroute autrichienne et la capitulation des Turcs, on se sentait beaucoup moins frénétique que les officiers. La réussite de l'offensive italienne, les Anglais à Tournai, les Américains à Châtillon... on voyait qu'on tenait le bon bout. Le gros de l'unité se mit à jouer la montre et on discerna une ligne de partage très nette entre ceux qui, comme Albert, auraient volontiers attendu la fin de la guerre, assis là tranquillement avec le barda, à fumer et à écrire des lettres, et ceux qui grillaient de profiter des derniers jours pour s'étriper encore un peu avec les Boches. 

Cette ligne de démarcation correspondait exactement à celle qui séparait les officiers de tous les autres hommes. Rien de nouveau, se disait Albert. Les chefs veulent gagner le plus de terrain possible, histoire de se présenter en position de force à la table des négociations. Pour un peu, ils vous soutiendraient que conquérir trente mètres peut réellement changer l'issue du conflit et que mourir aujourd'hui est encore plus utile que mourir la veille. 

C'est à cette catégorie qu'appartenait le lieutenant d'Aulnay-Pradelle. Tout le monde, en parlant de lui, laissait tomber le prénom, la particule, le "Aulnay", le tiret et disait simplement "Pradelle", on savait que ça le foutait en pétard. On jouait sur du velours parce qu'il mettait un point d'honneur à ne jamais le montrer. Réflexe de classe. Albert ne l'aimait pas. Peut-être parce qu'il était beau. Un type grand, mince, élégant, avec beaucoup de cheveux ondulés d'un brun profond, un nez droit, des lèvres fines admirablement dessinées. Et des yeux d'un bleu foncé. Pour Albert, une vraie gueule d'empeigne. Avec ça, l'air toujours en colère. Un gars du genre impatient, qui n'avait pas de vitesse de croisière: il accélérait ou il freinait; entre les deux, rien. Il avançait avec une épaule en avant comme s'il voulait pousser les meubles, il arrivait sur vous à toute vitesse et il s'asseyait brusquement, c'était son rythme ordinaire. C'était même curieux, ce mélange: avec son allure aristocratique, il semblait à la fois terriblement civilisé et foncièrement brutal. Un peu à l'image de cette guerre. C'est peut-être pour cela qu'il s'y trouvait aussi bien. Avec ça, une de ces carrures, l'aviron, sans doute, le tennis. 

Ce qu'Albert n'aimait pas non plus, c'étaient ses poils. Des poils noirs, partout, jusque sur les phalanges, avec des touffes qui sortaient du col juste en dessous de la pomme d'Adam. En temps de paix, il devait sûrement se raser plusieurs fois par jour pour ne pas avoir l'air louche. Il y avait certainement des femmes à qui ça faisait de l'effet, tous ces poils, ce côté mâle, farouche, viril, vaguement espagnol. Rien que Cécile... Enfin, même sans parler de Cécile, Albert ne pouvait pas le blairer, le lieutenant Pradelle. Et surtout, il s'en méfiait. Parce qu'il aimait charger. Monter à l'assaut, attaquer, conquérir lui plaisaient vraiment. 

Depuis quelque temps, justement, il était encore moins fringant qu'à l'accoutumée. Visiblement, la perspective d'un armistice lui mettait le moral à zéro, le coupait dans son élan patriotique. L'idée de la fin de la guerre, le lieutenant Pradelle, ça le tuait. 

Il montrait des impatiences inquiétantes. Le manque d'entrain de la troupe l'embêtait beaucoup. Quand il arpentait les boyaux et s'adressait aux hommes, il avait beau mettre dans ses propos tout l'enthousiasme dont il était capable, évoquer l'écrasement de l'ennemi auquel une dernière giclée donnerait le coup de grâce, il n'obtenait guère que des bougonnements assez flous, les types opinaient prudemment du bonnet en piquant du nez sur leurs godillots. Ce n'était pas seulement la crainte de mourir, c'était l'idée de mourir maintenant. Mourir le dernier, se disait Albert, c'est comme mourir le premier, rien de plus con. 

Or c'est exactement ce qui allait se passer. 

Alors que jusqu'ici, dans l'attente de l'armistice, on vivait des jours assez tranquilles, brusquement tout s'était emballé. Un ordre était tombé d'en haut, exigeant qu'on aille surveiller de plus près ce que faisaient les Boches. Il n'était pourtant pas nécessaire d'être général pour se rendre compte qu'ils faisaient comme les Français, qu'ils attendaient la fin. Ça n'empêche, il fallait y aller voir. À partir de là, plus personne ne parvint à reconstituer exactement l'enchaînement des événements. 

Pour remplir cette mission de reconnaissance, le lieutenant Pradelle choisit Louis Thérieux et Gaston Grisonnier, difficile de dire pourquoi, un jeune et un vieux, peut-être l'alliance de la vigueur et de l'expérience. En tout cas, des qualités inutiles parce que tous deux survécurent moins d'une demi-heure à leur désignation. Normalement, ils n'avaient pas à s'avancer très loin. Ils devaient longer une ligne nord-est, sur, quoi, deux cents mètres, donner quelques coups de cisaille, ramper ensuite jusqu'à la seconde rangée de barbelés, jeter un oeil et s'en revenir en disant que tout allait bien, vu qu'on était certain qu'il n'y avait rien à voir. Les deux soldats n'étaient d'ailleurs pas inquiets d'approcher ainsi de l'ennemi. Vu le statu quo des derniers jours, même s'ils les apercevaient, les Boches les laisseraient regarder et s'en retourner, ça serait comme une sorte de distraction. Sauf qu'au moment où ils avançaient, courbés le plus bas possible, les deux observateurs se firent tirer comme des lapins. Il y eut le bruit des balles, trois, puis un grand silence; pour l'ennemi, l'affaire était réglée. On essaya aussitôt de les voir, mais comme ils étaient partis côté nord, on ne repérait pas l'endroit où ils étaient tombés.

Pierre Lemaître - Au revoir là-haut

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Ni pas cadencés, ni armées, ni guerres...

14 Juillet 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Education

Dans le cimetière de Varengeville, pendant que mon amie admirait les vitraux bleutés de Braque, je me suis arrêté devant la tombe d’un homme. 1889-1917… Mort à 28 ans donc… Légèrement effacée, la mention « Mort pour la France ».

C’était un jour d’août… Les années soixante… 1965 peut-être. Les vacances d’été dans le Pas-de-Calais permettaient à mes parents de revoir les leurs. Mon grand-père maternel, né lui aussi en 1889, avait été soldat pendant la « Grande Guerre ». Il avait connu les combats, l’horreur des assauts pour cent mètres gagnés et trois mille vies perdues, les poux, les rats, la peur à se pisser dessus, l’absurdité de l’attente, le bonheur du courrier et de nouveau la boue, le silence avant les bombes et, bien pire encore, le silence après les bombes. Verdun, Douaumont, le Chemin des Dames… Il ira jusqu’aux Dardanelles. L’unique voyage à l’étranger de toute sa vie d’ouvrier agricole. Il s’en serait volontiers passé. Mais au moins en était-il sorti vivant…

Tout cela, et rien que cela, je le tiens de ma mère. Son père ne parlait jamais des quatre années passées loin de sa femme, elle aussi ouvrière agricole. Évoquer cette période devant lui vous exposait à une remarque immédiate, indiscutable… « Ça suffit ! C’est loin tout ça »

Ce matin d’août 1965, il faisait très beau. Un ciel aussi bleu que celui tutoyant les falaises de Varengeville en ce mois juin 2018. Mon grand-père me prit la main et me dit, avec la brièveté qui caractérisait cet homme silencieux : « Viens, je vais te montrer quelque chose. Mais faudra pas le dire hein ! Ce sera notre secret ! »

Partager un secret avec mon grand-père adoré, admiré, à sept ans. J’étais fier ! Oh non, je ne dirai rien… J'ai toujours su conserver les confidences en autant de secrets…

Il m’emmena au fond du jardin où étaient disposés quelques clapiers à lapins. Il ouvrit une des portes, écarta doucement le locataire et plongea la main sous la paille qui servait de litière. Après avoir tâtonné quelques secondes, il retira sa main…

« Tu viens ? »

Mon amie me rappelait que nous avions peu de temps. Paris l’attendait… Nous remontâmes l’allée du cimetière pour retrouver le parking, la voiture, la route… Je n’ai pas pensé lui parler de mon grand-père et de ses lapins. Elle aime pourtant tellement que je me raconte…

« Regarde… Sais-tu ce que c’est ? »

Mon grand-père tenait à la main une sorte de long couteau, rouillé avec deux anneaux aux deux extrémités de ce qui me sembla être une poignée. L’objet, inquiétant, mesurait une quarantaine de centimètres. Je ne savais pas ce que c’était.

Mon grand-père, devenu soudain très grave, me dit :

«On appelle ça une baïonnette. Quand j’étais soldat, pendant la guerre, on la mettait au bout du fusil. Et parfois, quand y’avait plus de cartouches à tirer, on se défendait avec. Mais ça je te raconterai pas. Quand la guerre a été finie, j’ai volé la baïonnette. Oh, pas pour la garder en souvenir ! Les souvenirs de cette guerre, j’en ai trop dans la tête ! Comme c’était la victoire, que tout le monde était heureux, j’ai raconté à mon lieutenant que je l’avais perdue. J’ai pas été puni. Mais je l’avais pas perdue ! Je l’avais glissée dans la grande poche de mon manteau et je l’ai ramenée avec moi ».

- Mais puisque tu ne voulais pas te souvenir, pourquoi est-elle là?

- Ah, ça, c’est une bonne question ! Elle est là parce que lorsque j’ai été démobilisé – ça veut dire que j’étais plus militaire; je redevenais un homme – je me suis juré de la montrer un jour à ceux qui viendront après pour que ça recommence jamais ! Tu vois, ce bout de fer, c’est la guerre ! C’est ça la guerre ! Un couteau au bout d’un fusil. Pour faire du mal. À des gens qu’ont rien demandé par d’autres gens qu’ont rien demandé non plus ! Je te le montre mais je ne te le donne pas. C’est pas un cadeau à faire à un enfant ! Tiens, remets-la dans le fond du clapier ».

J’ai délicatement posé l’objet près du lapin. Mon grand-père a recouvert sa baïonnette de paille, a refermé la porte et m’a emmené voir le colombier où roucoulaient des couples d’oiseaux amoureux. Je n’ai plus jamais entendu parler ni revu cette arme.

Le « Père Maurice », comme l’appelait tout le village, n’a jamais assisté à aucun défilé du 14 juillet ni à aucune cérémonie du 11 novembre. Il pleurait ses camarades « morts pour la France » tous les jours, en silence, dans le secret de sa mémoire, dans son « Chemin des Dames ».

La route défilait… Elle aussi… C’était un moment heureux, dans le soleil de juin. Mon amie passait d’une chanson à l’autre. Dans les champs commençaient à poindre les coquelicots. Ceux que les soldats de 1914, ceux que mon grand-père a vus en partant combattre l’ennemi. En pantalon rouge !

1914-1918… Mais il y eut 1939-1945… 1940… La débâcle… L’exode. À nouveau les Allemands… Et cette fois triomphants… Le Père Maurice a dû endurer ça. Avec lui, tous ceux qui avaient connu l’enfer vingt-cinq ans seulement avant.

1940… La maison de mon grand-père servira de logement à un capitaine allemand. Avec le « Père Maurice », il était mal tombé. Il lui rejouera "Le silence de la mer" de Vercors. Pas un mot pendant environ quarante-huit mois !

À son départ, ce capitaine viendra saluer mon grand-père :

« Je sais que vous avez été un soldat de la Grande Guerre. Je comprends votre silence. Vous êtes l'honneur de votre pays ». En français, presque sans accent.

Un matin de 1962, un homme s’est présenté à la grille de la maison. C’était « lui »... Mon grand-père lui a enfin parlé… J'étais présent C'était en août. Hélas, le « Père Maurice, un homme "rude", m'a dit : « Laisse-nous. Nous devons parler entre grandes personnes ». Je n'ai jamais su ce qu'ils s'étaient raconté… Peut-être lui a-t-il parlé d’une jeune fille que tout le monde voyait chaque jour enfourcher son vélo pour des « promenades ». La jeune fille avait quatorze ans. Elle assurait des missions de liaison entre des groupes appartenant à son réseau. C’était ma mère…

Ce capitaine appartenait à la Wermacht. Ce n'était pas un SS, ni même un nazi. Comme l'officier allemand de Vercors, il récitait des poèmes français entiers… Il était l’ennemi imposé par l’Histoire…

Lorsqu’ils sont sortis de la pièce qu’ils occupaient pour se dire ce qu’ils avaient à se dire, leurs yeux brillaient, humides…

Mon grand-père est mort, un hiver de 1970. Loin de moi.

J’ai la guerre en horreur. Mon enfance et mon adolescence furent « bercées » par des récits de guerre d’Algérie. Par ces photographies découvertes dans Paris-Match. Les soldats américains épuisés dans les rizières du Viet Nam, pupilles dilatées par la consommation de haschich. Ces paysans, la terreur dans le regard… Les bombardements depuis les B-52 et les tapis de bombes au napalm…. Et puis, en 1972, à Tran Bang, une petite fille courant nue, brûlée, hurlante, les bras écartés du corps car elle ne peut supporter le contact avec sa peau… La photo, prise par Nick Ut Cong Huynh, photographe de l'agence Associated Press, fera le tour du monde. Je n’ai jamais pu oublier Kim Phuc, sauvée après dix-sept opérations et quatorze mois d’hôpital. Elle deviendra Ambassadrice de Bonne Volonté (Goodwill Ambassador) de l'UNESCO en 1997.

Dans la voiture, j’aurais aimé faire écouter Jimmy Hendrix, Bob Dylan ou Joan Baez à mon amie… Ou La Chanson de Craonne…

Mais j’aurais fait disparaître son sourire. Les guerres ont fait et font encore assez de mal comme ça… Syrie, Libye… Tragédie en Méditerranée… Réfugiés que même la France hésite à accueillir. Je n’oublierai jamais l’Aquarius et son « Odyssée »…

Lorsque mon grand-père a retrouvé ma grand-mère, quelques jours après l’armistice, sur un quai de gare, il l’a embrassée bien sûr. Puis il a eu ces mots :

« Allez, on rentre. Il doit y avoir de l’ouvrage »

C’est tout…

Il reprit le chemin avec sa dame… Il n'a plus jamais assisté à aucun défilé militaire.

Mon amie souriait et chantait...

Il faisait si beau...

Christophe Chartreux

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2022... Quelques idées neuves...

14 Juillet 2019 , Rédigé par christophe - L'Obs Publié dans #Education

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De quoi sera fait l'avenir? Nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui ont rêvé pouvoir lire le futur.

Pourtant, il ne faut pas tenter de le deviner. Encore moins l'attendre. 

Il faut le construire. Anticiper. Sans patienter jusqu'à 2049, 2068 ou je-ne-sais quelles calendes grecques. Les idées sont là. En germe pour certaines, déjà fleuries pour d'autres. 

Dès 2022, offrons-les à la cueillette...

Alors, en forme d'inventaire à la Prévert, en voici quelques-unes à saisir, à faire connaître, à développer, à enrichir! Pour nous aider à choisir entre:

- un monde sombre et violent, un "Mad Max" planétaire où la guerre permanente entraînerait le monde dans une formes d' "anarchie conflictuelle" (Loïc Blondiaux, professeur en sciences politiques à la Sorbonne;

- un gouvernement des algorithmes;

- une terre parsemée d' éco-mégapoles soucieuses du climat et du bien-être des habitants (Catherine Dufour, auteure de science-fiction;

- des sociétés ouvertes à des formes de démocratie délibérative "adaptée à la transition écologique" (Najat Vallaud-Belkacem, ex Ministre de l'Education Nationale).

Pour répondre:

quelques idées évoquées lors du cycle de conférences "2049" consacrées au futur de la politique:

- expérimenter d'autres procédures démocratiques comme le tirage au sort. Sans se substituer au vote, cela "légitimerait la décision politique" (Loïc Blondiaux);

- défendre les médias. Leur rôle est crucial pour l'exercice de la démocratie;

- revivifier les partis politiques;

- prôner l'écoute et la bienveillance face aux haines étalées sur les réseaux que l'on appelle "sociaux";

- comprendre enfin - il serait temps - que la politique est une "affaire de compromis créatif" (Najat Vallaud-Belkacem)

- un monde sans "homme" providentiel, sans sondages. (Najat Vallaud-Belkacem)

- une démocratie locale du quotidien accompagnant une "gestion intelligente des communs"; ce monde existe déjà avec:

  • les "fablab"
  • les espaces de coworking
  • le covoiturage
  • les "jardins partagés"
  • les réseaux d'éducation

(Najat Vallaud-Belkacem)

- s'appuyer sur la génération qui vient, qui défile chaque vendredi pour le climat. Ils auront entre 18 et 25 ans en 2022. Citoyens électeurs certes, mais auxquels il faudra permettre de s'emparer des moyens de décisions et d'actions, de créer, d'inventer, d'imaginer, de proposer, d'AGIR. 

- sortir de l'emprise des GAFA et des "filter bubbles" (filtres d'opinions convergentes);

- se libérer des algorithmes "qui se basent toujours sur le passé pour prévoir l'avenir". Nous enfermant donc dans le passé. Imaginer "de nouveaux contrats sociaux. (Nicolas Miailhe, spécialiste de l'intelligence artificielle et fondatrice du Think Tank "The Future Society");

- donner davantage de place encore à l'éducation, à l'école. C'est elle, l'école, qui donne aux citoyens le pouvoir d'agir. Pour cela, elle doit transmettre aux générations futures les moyens de construire ce monde-là fondé sur des valeurs d'empathie, d'hospitalité (Najat Vallaud-Belkacem), de volonté de transformer la démocratie (Loïc Blondiaux). 

Tout cela à condition  - comme c'est le cas hélas depuis deux ans -  de ne pas enfermer l'institution scolaire dans un système "où l'on forme les gens à reproduire l'existant" (Loïc Blondiaux).

2022, cela commence maintenant!

Christophe Chartreux (d'après l'article de Thomas Statius et Sébastien Salom-Gomis, in L'Obs du jeudi 11 juillet 2019, p 56/57)

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"Le jour du 14-Juillet, je reste dans mon lit douillet"...

14 Juillet 2019 , Rédigé par christophe Publié dans #Musique

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Enseignants de la République française, pas preneurs d'otages...

14 Juillet 2019 , Rédigé par Liberation Publié dans #Education

Enseignants de la République française, pas preneurs d'otages...

Plus de 450 enseignantes et enseignants, soutenus par de nombreuses personnalités, rappellent à Emmanuel Macron que leur mobilisation contre la refonte du baccalauréat est un devoir, et non pas une «prise d'otages».

Tribune. «Monsieur le président de la République,

Vous affirmez sur la chaîne de télévision France-info que nous, enseignantes et enseignants mobilisés, aurions effectué une prise d’otages des élèves et de leurs familles. Vous rappelez : "Quand on est enseignant de la République française, on a des droits mais l’on a des devoirs aussi."

Monsieur le président de la République, quand on est enseignant de la République française, on a le sens du devoir, car on choisit de servir le bien commun en s’engageant pour un service public qui doit garantir à chacun, quelle que soit sa condition sociale, l’égalité d’accès à des savoirs d’égale qualité.

Quand on est enseignant de la République française, on respecte les élèves en défendant notre mission de transmission des moyens de leur émancipation intellectuelle et de leur réussite sociale. On respecte les familles en mesurant la responsabilité qui est la nôtre : s’occuper de tous et veiller sur chacun.

C’est pourquoi, Monsieur le Président, quand on est enseignant de la République française, on n’est pas preneur d’otages, mais citoyen exerçant son droit de grève. Faut-il vous rappeler que les mots ont un sens et une histoire ? Ce droit de grève, tout comme les personnels soignants, de la Poste ou des transports en commun, nous ne l’exerçons pas par caprice, mais par devoir. En effet, notre premier devoir n’est-il pas de défendre nos élèves et ce service public d’éducation qui constitue la seule richesse de ceux qui n’en ont pas d’autres ?

Oui, Monsieur le président de la République, c’est bien par devoir que nous luttons depuis des mois auprès de nos élèves, contre les réformes voulues par le ministère de l’Éducation nationale car nous pensons que l’égalité républicaine est mise en danger. En effet, comment cette égalité peut-elle être garantie si vos réformes suppriment le caractère national du baccalauréat, organisent la concurrence entre les établissements et entre les disciplines, et ont des effets graves sur la qualité de l’enseignement dans le but de faire des économies (classes surchargées, socle de disciplines réduit, diminution des horaires disciplinaires dans la voie professionnelle, évaluations permanentes, fermeture de classes, des programmes imposés sans concertations, etc.) ?

Oui, Monsieur le président de la République, c’est donc bien par devoir que nous exerçons notre droit de grève. C’est encore par devoir que nous dénonçons aujourd’hui les décisions irresponsables de votre ministre, qui préfère ignorer l’État de droit, nier l’égalité de traitement des candidats à un examen national, produire des situations injustes et pénibles pour les élèves et leur famille, plutôt que d’accepter d’ouvrir le dialogue avec des fonctionnaires plus inquiets que jamais non de leurs intérêts particuliers, mais de l’intérêt général.»

Retrouvez ici la liste complète des signataires.

Listes des premiers signataire en cliquant ci-dessous

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